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28 août 2010

Les acteurs politiques malgaches ne parviennent pas à sortir de la crise

 


Madagascar.

Madagascar.
L. Mouaoued/RFI


Par RFI

 

Le dialogue politique organisé par la société civile malgache dans l’espoir d’une sortie de crise a échoué. Les trois mouvances qui soutiennent d’anciens présidents de Madagascar, refusent toujours d’adhérer à l’accord politique signé il y a quinze jours par plus de 160 partis. D’où l’idée de prolonger les discussions le 30 août, dans l'espoir d’aboutir à un rapprochement.




C’est le dialogue politique le plus large depuis le début de la crise, mais chacun a campé sur ses positions. Les représentants des anciens présidents ont même posé comme condition le retour d’exil de leur patron, ce qui a ulcéré Ando Parson, pourtant ancien partisan de Marc Ravalomanana : « Les pré-requis n’ont rien à voir avec le fond du problème. Par exemple, le retour des deux chefs de file pour conduire la négociation à leur place. Ce n’est pas possible de faire une négociation dans ces conditions là… »

 

Au bord de la rupture

Depuis le début, le consensus était recherché. Ando Parson s'interroge : « On a eu un accord politique. Plus de 160 partis ont signé cet accord. Comment se fait-il qu’aujourd’hui, les trois mouvances qui sont maintenant composées de quelques partis politiques osent dire que l’inclusivité doit impérativement passer par eux ? » Sous l’œil des émissaires internationaux de la SADEC (La Communauté des Etats d'Afrique Australe pour le développement économique) qui encourage désormais une solution « malgacho-malgache », les partis politiques sont une nouvelle fois au bord de la rupture.

 

Une nouvelle chance au dialogue ? 

Alain Rakotomavo, le secrétaire général du Leader-Fanilo, qui a toujours soutenu Andry Rajoelina, veut pourtant donner une nouvelle chance au dialogue : « Nous avons décidé, par mesure d’apaisement, de revenir le lundi 30 août. Et aussi, parce que nous espérons que cette fois-ci, il y aura un accord. Mais on compte bloquer une journée pour arriver si possible dans cette même journée à des conclusions ». Que va-t-il se passer si cette journée n’aboutit pas au rapprochement espéré ? Les signataires de l’accord politique semblent résolus à le mettre en œuvre, quitte à laisser les trois mouvances sur le bord du chemin.
 


tags: Andry Rajoelina - Madagascar







14:05 Publié dans Politique | Tags : madagascar, sortie de crise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

18 août 2010

Tentative d`assassinat de Méité Sindou : Qui veut tuer le porte-parole de Soro ?


Publié le mercredi 18 aot 2010   |  Nord-Sud









Gouvernement


© Primature par DR














 


 

La famille Méité est encore sous le choc. De même que tous les proches du porte-parole du Premier ministre. Méité Sindou a échappé à un assassinat mardi, au petit matin.

Vers 5h20 mn, trois individus non identifiés se sont présentés devant le domicile du collaborateur de Guillaume Soro, sis aux Jardins de la Riviera.

Les visiteurs nocturnes ont tambouriné le portail, en proférant des menaces claires. «Méité Sindou, sors ici on va te faire la peau… Dans tous les cas, si ce n`est pas aujourd`hui, ce sera d`ici une semaine », lancent-ils. De l`intérieur du domicile, les vigiles distinguent deux individus, armes au poing (des pistolets automatiques), qui font pression sur le portail.

Devant le domicile, ils aperçoivent une BMW de couleur noire, avec à son bord un troisième individu.

Face au danger, l`un des vigiles
fait un tir de sommation en l`air. Surpris, les deux visiteurs indésirables baissent le ton.

Les vigiles envoient un deuxième tir de sommation en l`air. C`est seulement en ce moment que les deux bandits rejoignent leur compère dans le véhicule qui démarre.

Alerté par le porte-parole du Premier ministre, le commissaire Ali Ouattara, commandant adjoint du COS (Centre des Opérations de Sécurité), en charge de la sécurité du périmètre présidentiel au Plateau, a procédé, le matin même, aux premiers constats d`usage. Une plainte a été ensuite déposée à la Police criminelle. En attendant les conclusions de l`enquête, il convient d`analyser cette tentative d`assassinat dans son contexte. En effet, le pays négocie actuellement une phase délicate du processus de paix. Sous la pression du Premier ministre, la Commission électorale indépendante (Cei) a pu accoucher de la date du 31 octobre pour le premier tour de l`élection
présidentielle. Au grand dam de certains acteurs politiques. La liste électorale est sur le point d`être acquise, malgré les tensions provoquées par les demandes de radiations massives. Une fois cette liste établie, plus rien ne saurait retarder davantage le scrutin. Guillaume Soro et ses hommes sont même prêts à des sacrifices supplémentaires afin que la question du désarmement ne soit pas un obstacle à l`élection.

Une curieuse coïncidence

Est-ce à cause de ces progrès spectaculaires qu`il faut s`attaquer au Premier ministre ? Car, il ne faut pas s`y méprendre. Se débarrasser de son porte-parole, l`un de ses plus proches collaborateurs, c`est avec le secret espoir d`atteindre le Premier ministre. Une manière de le déstabiliser afin de le détourner de son objectif : organiser des élections transparentes, libres et ouvertes. Guillaume Soro qui maintient le cap qu`il s`est fixé, à savoir être un arbitre impartial,
gêne donc certains milieux extrémistes. Il faut rappeler que les mêmes adeptes de la manière violente de résolution de la crise s`étaient déjà signalés de la plus sinistre des manières le 29 juin 2007, tout juste quelques semaines après la signature de l`Accord politique de Ouagadougou (Apo, 4 mars 2007). En effet, alors que le Premier ministre allait installer des magistrats à Bouaké, dans le cadre du redéploiement de l`administration, le Fokker 100 présidentiel qui le transportait avec les magistrats et la presse, a essuyé des tirs de roquettes sur la piste d`atterrissage. Quatre personnes de sa délégation y laisseront la vie. Malgré tout, Guillaume Soro a maintenu la manifestation. Une façon, pour lui, de montrer sa détermination à conduire le processus de paix, selon l`accord qu`il venait de signer dans la capitale burkinabé avec le président ivoirien. Même s`il est, pour le moment, impossible d`établir un lien entre les
deux évènements, il convient de noter la similitude des deux contextes. L`intention de faire dérailler le processus de paix dans une phase critique est perceptible. De là à conclure que l`attaque manquée contre Méité Sindou préfigure le climat qui prévaudra jusqu`au vote du 31 octobre, il n`y a qu`un pas à franchir. Et, seuls les acteurs politiques ont le contrôle de ce petit pas si important pour la paix.

Kesy B. Jacob