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23 septembre 2010

Royaume Uni : Une visite « historique », affirme Benoît XVI

ROME, Mercredi 22 septembre 2010 (ZENIT.org) - « La voie de la conscience n'est pas une fermeture à son propre «moi» », fait observer Benoît XVI en revenant ce mercredi matin, place Saint-Pierre, sur son voyage au Royaume Uni et la béatification du cardinal Newman. Le pape lui-même qualifie cette visite « d'historique » en soulignant les événements inédits qui ont marqué son voyage.


C'est en effet la tradition que le pape résume son voyage lors de l'audience générale qui suit une visite apostolique. Benoît XVI a fait l'aller et retour en hélicoptère de sa résidence estivale de Castel Gandolfo.

« Je reviens le cœur rempli de joie du voyage effectué au Royaume-Uni, événement historique et important jalon sur le chemin des relations entre ce peuple et le Saint-Siège. Ces quatre journées denses de rencontres diverses, en particulier, avec la reine, lors de son accueil si cordial en Écosse, puis avec le premier ministre à Londres, ont manifesté le rôle indiscutable que la Grande Bretagne continue de tenir sur la scène internationale », a souligné le pape.

Benoît XVI insiste sur l'héritage chrétien des nations : «  En partageant un souci commun pour l'avenir de l'humanité, j'ai rappelé que le message chrétien fait partie intégrante de la culture des populations de ces îles : les fruits de paix qu'il a produit, et continue de produire en témoignent ».

Le pape évoque aussi les rapports avec l'Anglicanisme en disant : « La rencontre avec l'archevêque de Cantorbéry a montré quel lien unit catholiques et anglicans pour manifester l'importance essentielle de la religion dans le débat public : elle donne le fondement éthique capable d'orienter les choix à tous les niveaux de la vie sociale. Puis nous avons prié intensément pour l'unité avec toutes les communautés chrétiennes du Royaume-Uni dans l'abbaye de Westminster, où un Successeur de Pierre entrait pour la première fois ! »

A propos de la béatification du cardinal Newman, le pape a ajouté : « Le but de mon voyage était la béatification du cardinal John Henry Newman, illustre anglais, insigne théologien et homme d'Église épris d'absolu. Sa vie tout entière montre comment raison et foi peuvent dialoguer harmonieusement ».

A propos de la veillée à Hyde Park, le pape a ajouté : « A la multitude de fidèles, en particulier aux jeunes, j'ai voulu reproposer la figure lumineuse du cardinal Newman, intellectuel et croyant, dont le message spirituel peut être synthétisé dans le témoignage que la voie de la conscience n'est pas une fermeture à son propre «moi», mais est ouverture, conversion et obéissance à Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie ».

« Le rite de béatification a eu lieu à Birmingham, a continué le pape, au cours de la célébration eucharistique solennelle dominicale, en présence d'une vaste foule provenant de toute la Grande-Bretagne et de l'Irlande, avec des représentants de nombreux autres pays. Cet événement touchant a encore davantage mis en lumière un intellectuel d'une grande envergure, un éminent écrivain et poète, un sage homme de Dieu, dont la pensée a illuminé de nombreuses consciences et exerce encore aujourd'hui une fascination extraordinaire ».

Le pape a souhaité « que les croyants et les communautés ecclésiales du Royaume-Uni s'inspirent en particulier de lui, pour que de nos jours également cette noble terre continue à produire des fruits abondants de vie évangélique ».

Il a encouragé les francophones à lire Newman en reprenant sa devise « Le cœur parle au cœur » : « Chers amis, puissent son enseignement illuminer notre conscience et son intercession ouvrir notre cœur à Celui qui est la Vérité ! Puisse le cœur parler au cœur ! (...) Puisse l'enseignement et l'exemple du bienheureux John Henry Newman nous inspirer ! Bon pèlerinage à tous ! »

Anita S. Bourdin







06 septembre 2010

Le pape aux jeunes : seul Jésus peut donner la sérénité pour affronter la vie

ROME, Dimanche 5 septembre 2010 (ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI a rappelé ce dimanche aux jeunes que seule la confiance en Jésus Christ et une amitié authentique avec Lui peuvent leur permettre de faire face à la vie avec sérénité et leur donner une stabilité intérieure.

Avant la prière de l'Angélus, qu'il a récitée du balcon de la cour intérieure de la résidence pontificale de Castel Gandolfo, le pape est revenu sur le Message qu'il a choisi d'adresser aux jeunes pour la Journée mondiale de la jeunesse de Madrid 2011, et qui vient d'être publié.

Benoît XVI a expliqué que dans ce Message il invite les jeunes à aller à « contre-courant ». Le thème de son message est tiré de la Lettre de Paul aux Colossiens : « Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi ».


« Qui propose en effet aujourd'hui aux jeunes d'être 'enracinés' et 'fermes' ? On exalte plutôt l'incertitude, la mobilité, la légèreté... autant d'aspects qui reflètent une culture indécise concernant les valeurs de fond, les principes de base à partir desquels on peut orienter et régler sa vie », a souligné Benoît XVI.


Le pape a expliqué que dans son Message, il a choisi les images de l'arbre et de la maison car le jeune « est comme un arbre en croissance : pour bien se développer il a besoin de racines profondes qui, en cas de tempête de vent, le maintiennent bien planté dans le sol. De même, l'image du bâtiment en construction rappelle la nécessité de fondements valables pour que la maison soit solide et sûre ».


Pour Benoît XVI « le coeur » du Message « se trouve dans les expressions 'en Christ' et 'dans la foi' ».


« La pleine maturité de la personne, sa stabilité intérieure, ont leur fondement dans la relation avec Dieu, une relation qui passe à travers la rencontre avec Jésus Christ », a-t-il expliqué.


« Une relation de confiance profonde, d'amitié authentique avec Jésus peut donner à un jeune ce dont il a besoin pour bien affronter la vie : la sérénité et la lumière intérieure, l'attitude de penser de manière positive, la grandeur d'âme envers les autres, la disponibilité à s'engager personnellement pour le bien, la justice et la vérité », a-t-il ajouté, en précisant que le jeune « est soutenu par la foi de l'Eglise ».


Le pape a conclu en faisant observer que le Message porte la date du 6 août, fête de la Transfiguration. Il a souhaité « que la lumière du visage du Christ resplendisse dans le coeur de chaque jeune ! »


Gisèle Plantec





20:52 Publié dans Education | Tags : pape benoit xvi, jeunes, jésus | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

Nous sommes tous appelés à la sainteté et à la mystique

ROME, Dimanche 5 septembre 2010 (ZENIT.org) - Le père Luigi Borriello est un grand expert des mystiques. Il est membre de la famille carmélitaine qui a le privilège d'avoir également compté parmi ses membres : sainte Thérèse d'Avila, saint Jean de la Croix et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein), mais il est aussi professeur de théologie dans de nombreuses universités à Rome, consulteur de plusieurs dicastères du Vatican et, en outre, co-directeur du « Dictionnaire du Mysticisme » de la Libreria Editrice Vaticana.

Pour le père Borriello, la mystique n'est pas simplement un aspect secondaire de la théologie, et il est important, selon lui, de clarifier ce qu'est la « mystique chrétienne », à un moment où le mysticisme connaît un engouement dans toutes les religions.

Dans cet entretien accordé à ZENIT, le père Borriello refuse que l'on fasse passer les mystiques pour des « illuminés » ou des personnes déconnectées de la réalité, car pour lui, la mystique est ce qu'il y a de plus enraciné dans le monde, ce qui existe de plus sublime : l'union avec Dieu.

C'est ce qu'il explique dans « Expérience mystique et théologie mystique » ("Experiencia mística y teología mística"), de la Libreria Editrice vaticana, ouvrage faisant partie d'une collection qu'il dirige avec la spécialiste Maria Rosaria del Genio, intitulée « Expérience et phénoménologie mystique ». Le
livre est préfacé par l'archevêque Luis F. Ladaria, SJ, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Q : Les mystiques sont connus pour être d'un autre monde. Mais vous dites que ce n'est pas le cas...
P. Borriello : Les mystiques sont des femmes et des hommes de ce monde. Aujourd'hui on observe une tendance à banaliser la mystique, comme s'il s'agissait de quelque chose d'un autre monde, qui ne nous concerne pas. Mais ce n'est pas vrai. De plus, l'expérience des mystiques se manifeste dans le cadre de l'Eglise. Elle est liée à la foi. Elle n'est pas en dehors de la foi.

L'expérience mystique est inséparable de la foi ; elle ne peut se vivre que dans la foi. L'expérience mystique requiert une théologie mystique, une réflexion qui repose sur la mystique même.

On observe aujourd'hui une persistance du fait mystique. Il fait partie de la société post-moderne. On retrouve cette richesse mystique universelle dans la religiosité occidentale et orientale. Et le mysticisme oriental a exercé une grande fascination en Occident.

De même, dans le climat actuel de crise, de confusion et de syncrétisme, on est tenté de confondre la nature authentique de la mystique avec les réalités du New Age et du Next Age. Religion et mysticisme sont des réalités différentes, et il faut faire la distinction.

Q : En fait, beaucoup cherchent en Orient ce que la mystique chrétienne contient déjà, non ?

En effet. Il y a là un paradoxe. Beaucoup de chrétiens ne connaissent pas la richesse de leur propre tradition mystique et se tournent vers l'Orient, en quête de ce qui se trouve à l'intérieur de cette tradition.

En outre, il importe de rappeler qu'il y a une mystagogie dans toute expérience mystique : tu peux, toi aussi, vivre l'expérience comme l'autre. Même si le mystique est réservé, ce qu'il dit est pour les autres. En ce sens, nous devons nous dire que nous sommes tous appelés à la sainteté et à la mystique. Et l'expérience mystique est une invitation au témoignage.

La mystique chrétienne, bien que fusion, reconnaît toujours le « Tu » de Dieu...

Oui, elle n'est pas dissolution, elle est rencontre. La mystique chrétienne se caractérise par l'Incarnation, qui est toujours un don, ce n'est pas quelque chose que l'être humain conquiert. En elle, le « Tu », la dualité de Dieu qui se donne et de l'homme qui accueille, même s'il y a fusion, reconnaît toujours l'autre. Nous parlons de dualité dans l'unité, une sorte de mariage spirituel, les deux se reconnaissent toujours, ne se confondent pas, conservent leur identité propre.

Est-il bon de désirer vivre une expérience mystique ?

Il ne s'agit pas de le demander, mais de l'accueillir quand elle vient, si elle vient. L'expérience est une catégorie utilisée dans toutes les disciplines. Je préfère parler d'expérience mystique, quelque chose que Dieu donne à l'homme qui la reçoit passivement, et
en réalité fait un effort en l'accueillant. C'est ce que saint Jean de la Croix appelle « la nuit ». Il y a une collaboration dans l'accueil, mais l'initiative est toujours de Dieu, qui se fait connaître. Et la révélation majeure a lieu en Jésus Christ. Par conséquent, l'expérience mystique est toujours christocentrique et trinitaire. Et elle ne se révèle que dans la gratuité, sans mérites de notre part.

Miriam Díez i Bosch