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18 octobre 2016

Côte d’Ivoire/Littérature: Sanoudja, une histoire indélébile…

« Aurore d’Afrique à Sanoudja » est une poésie rythmique. C’est une histoire indélébile, une poésie de la douleur qui donne naissance à l’espoir. On y relève les morsures de la faim, les affres de la dispersion, du mépris social. Il indique sans détour que le jeune poète Toh Bi est prometteur et prolifique par son ingéniosité créative en matière de poésie. Ainsi l’on relève à la page 19 de l’œuvre une série de référents dont le trait sémantique est fortement marqué. Cela veut dire que la douleur des enfants de Sanoudja a su être surmontée. A la page 16 « Dabou, la terre de mes mythes, que j’ai héroïquement bue à l’ombre de Jeannot. Mon âme bénit l’Eternel », l’auteur Toh Bi témoigne de sa maitrise des techniques de l’écriture. Ici, le jeu énonciateur parle de Dabou. L’œuvre de Toh Bi est de la poésie de la destruction, du divorce. L’on y note à partir de la page 20 la ruine matérielle du couple, la diaspora des enfants, l’organigramme alimentaire. Tout cet univers infernal nous laisse entrevoir la poétique de la souffrance des enfants abandonnés.
C’est un simple jugement de réalité, nous osons croire. Car la poésie elle-même de son étymologie est l’art de combiner les sonorités, les rythmes, les mots d’une langue pour évoquer des images, suggérer des sensations, des émotions. L’originalité du l’auteur réside dans l’effort de transformation ces faits constitués en texte pour se convertir en un produit fini. « Le style ‘’sérieux’’ cotoie, sans sourciller, le ton du badinage. La langue courante, voire, ‘’familière’’ fait bon ménage avec un lexique sublime… Des fragments de discours ou langages socio politiques et religieux, sont marinés dans des vers (ets) spirituels, par une détermination farouche du poète de renouveler l’écriture. » Sanoudja est tiré du langage populaire ivoirien, et traduit « ça peut nous tuer. » Le poème de Toh Bi est relaté dans le ton de la narration d’un conte gouro.

Patrice Kouakou Wanset

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11 octobre 2012

À quoi sert le Nobel de littérature ?

06:20 Publié dans Culture | Tags : a, quoi sert, nobel, litterature | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

25 août 2010

"Le pont de la honte" de Faustin Toha

Après "Devoir de mensonges", essai politique de 242 pages, l'auteur Faustin Toha vient de terminer son second ouvrage.

C'est un roman de 252 pages intitulé " Le pont de la honte" à paraitre en début d'année 2011.

Faustin Toha est également journaliste politique ivoirien.






14:24 Publié dans Culture | Tags : littérature, faustin toha | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

24 août 2010

Devoir de mensonges

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Présentation du livre
L’analyse que vous aller découvrir en parcourant cet essai politique  de 242 pages n’aurait jamais été faite avec tant de rigueur et d’indépendance, si je n’avais pas moi-même eu la chance de couvrir la plupart des événements en ma qualité de journaliste politique,  au plus fort de la crise  armée déclenchée le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire.  Mon choix s’est porté  de façon particulière  sur les discours des politiques aussi bien au pouvoir que dans l’opposition civile et armée en Côte d’Ivoire. Sans oublier ceux de l’étranger qui s’exprimaient au nom de la fameuse communauté internationale. Il s’agissait  dans ce livre d’analyser les variations de discours et leur impacte sur la sortie de crise. Mais comment projeter d’écrire un  livre sur une actualité meurtrière dont personne ne connaissait l’issue ? Une idée presque surréaliste. Les années sont
passées sans toutefois faire disparaître la passion d’instruire les uns et les autres sur  ce que je qualifie d’orgasme de la pagaille qui a gagné la société ivoirienne. Depuis le 19 septembre 2002, la littérature sur la crise militaro-civile en Côte d’Ivoire, a été abondante et particulièrement  enrichissante. Mais elle est restée militante et très partisane au point d’être loin d’objectiver  dans la présentation des faits et des analyses. L’objectif étant de permettre à tout un chacun de se faire une idée de ce qui convient d’appeler la crise à l’ivoirienne. Le pays  cherche encore ses marques pour une sortie de crise à travers un dialogue inter-ivoirien. Mais dans un pays où tout le monde campe sur sa position, où l’on décide de se compromettre  pour tout juste  parvenir à ses fins, il était impérieux  d’analyser sans complaisance la crise dans ses formes multiples et de
surtout mettre à nu les agendas cachés des uns et des autres. C’est le défi relevé par ‘’Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne’’. Je me suis permis d’analyser un présent en constante évolution, compte tenu de la nature de la crise.  Cet essai politique  n’a pas la prétention d’avoir perçu tous les pans de la crise  à l’ivoirienne. Mais il peut s’apparenter à un ‘’détecteur de mensonges’’  dans une sphère de brutes où tous les coups sont permis.

 






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14 août 2010

Les littératures africaines sont entrées dans la bibliothèque du monde

 

Bernard Magnier : «Les littératures africaines sont entrées dans la bibliothèque du monde»





Actes Sud


Par Tirthankar Chanda

 

Les Congolais Emmanuel Dongala et Wilfried N’Sondé, le Tchadien Nimrod, la Franco-Ivoirienne Véronique Tadjo et les Sud-Africains André Brink et Lewis Nkos viennent d'être publiés dans la collection Lettres africaines, d'Actes Sud. Entretien avec le responsable de cette collection, Bernard Magnier. Depuis dix ans, il nous a habitués à une littérature de haut vol émanant tout autant de jeunes talents que d’écrivains prestigieux tels André Brink, Wole Soyinka ou Breyten Breytenbach.

 



 

RFI : L'intense attention critique reçue par la collection Lettres africaines s’est-elle répercutée sur les ventes ?











 




Bernard Magnier.
Alliance française
 
Bernard Magnier : Intense pour certains titres, c’est vrai, mais plus modeste pour d’autres, hélas. Mes bifurcations, les mémoires d’André Brink, a bénéficié d’un réel intérêt à cause de la trajectoire de cet écrivain. De même, le roman d’Emmanuel Dongala, Portrait de groupe au bord du fleuve, a eu un accueil remarquable… et mérité. Le second roman de Wilfried N’Sondé, Le Silence des esprits, était également attendu. Avec Loin de mon père, Véronique Tadjo est désormais une romancière reconnue. C’est un peu plus difficile pour le pourtant très bon roman du Sud-Africain Lewis Nkosi, Mandela et moi. Un roman qui, avec humour, revient sur le
quotidien des années d’apartheid, vécu par un jeune homme qui a deux passions : Nelson Mandela et les femmes…L’attention critique a son incidence sur les ventes, mais le rôle des libraires, le bouche à oreille des lecteurs, les rencontres et débats auxquels participent les écrivains assurent aussi à certains livres une vie, certes plus « discrète », mais parfois très efficace en terme de vente, souvent sur le moyen terme.
 
RFI : En quoi la réception des littératures africaines a-t-elle changé?
 
B.M. : Les littératures africaines sont entrées dans la bibliothèque du monde. Les écrivains africains ne sont plus seulement édités, critiqués et lus par des « initiés » mais par un large public curieux et heureux de trouver de nouveaux horizons de lecture.
 
RFI : Qu'est-ce qui différencie la 4e ou la 5e génération d’écrivains
africains de celle des Kourouma et Sony Labou Tansi ? Quel regard portez-vous sur ces nouvelles générations ?

 
B.M. : Kourouma, Sony Labou Tansi et quelques autres ont ouvert des portes. Les écrivains sont aujourd’hui dédouanés des combats qui ont été menés et qu’il est inutile de reconduire. Les littératures du « nous »  ont laissé la place aux littératures du « je » ; ce qui ne signifie pas un abandon de la vigilance et des combats politiques, mais il y a sans doute moins d’urgence militante immédiate. Les écrivains s’autorisent davantage d’audaces thématiques et stylistiques.
 
RFI : Vous avez publié dans votre collection plusieurs auteurs anglophones…
 
B.M. : Nous publions non seulement des anglophones mais aussi des lusophones, des « afrikaanophones », et je l’espère, bientôt, des
écrivains s’exprimant dans d’autres langues africaines… La définition de la collection Lettres africaines n’est pas linguistique, encore bien moins raciale, mais tout simplement géographique. Il s’agit de l’Afrique subsaharienne. Un ensemble géographique pertinent, comme pourraient l’être également les espaces maghrébin, méditerranéen, caribéen ou scandinave.
 
RFI : Diriez-vous qu'ils sont plus inventifs que leurs confrères francophones ?
 
B.M. : Il y a des individualités talentueuses dans toutes les langues. Pour ce qui est de l’inventivité anglophone, il y a un phénomène démographique et économique dont il faut tenir compte. Le Nigeria est à lui seul quasiment aussi peuplé que l’ensemble des Etats francophones. Il est donc logique que la littérature nigériane s’octroie une belle place dans la bibliothèque africaine. Si l’on ajoute que les
infrastructures éditoriales au sens large - maisons d’édition, presse, libraires, bibliothèques - d’un pays comme l’Afrique du Sud, et de quelques autres pays anglophones, sont infiniment plus développées que dans n’importe quel autre pays africain, on peut trouver-là des raisons d’une plus grande présence anglophone.
 
RFI : Combien de titres publiez-vous par an ? 
 
B.M. : Il n’y a pas de quota. Et je ne crois pas nécessaire qu’il y en ait. Ce sont les coups de cœur, les contraintes du calendrier et la cohérence éditoriale d’ensemble de la maison qui en décident. A ce rythme, nous allons bientôt atteindre le cinquantième titre publié dans la collection.
 
RFI : Quels seront les grands rendez-vous de 2010-2011 ? 
 
B.M. : Des auteurs dont nous allons suivre le parcours comme nous l’avons fait cette année
avec Wilfried N’Sondé ou avec Véronique Tadjo… Ainsi, parmi les nouveautés, un deuxième roman de la Nigériane Sefi Atta, dont nous avons publié la première traduction, Le meilleur reste à venir, en 2009 et quelques autres…
 



 
Bonheur et désespoir dans la collection Lettres africaines
 
Dans la collection Lettres africaines, la promesse du bonheur cohabite avec le désespoir. Un exemple avec cette scène d’ouverture du roman magique de Wilfried N’Sondé, Le Silence des esprits. Extrait :
« Marcelline me prit par la main, se coucha près de moi pour que nous fusionnions de nouveau, et elle me raconta longuement son histoire. J’écoutai attentivement, versai quelques larmes en lui baisant les mains, parce que les traumatismes de la guerre et les désillusions en série pendant sa clandestinité avaient anéanti ses rêves de bonheur… »
 
2010 dans la collection Lettres africaines d’Actes Sud
 
Photo du groupe au bord du fleuve, par Emmanuel Dongala. 334 pages. 22,80 euros.
L’or des rivières, par Nimrod. 126 pages. 13 euros.
Le silence
des esprits
, par Wilfried N’Sondé. 171 pages. 17 euros.
Loin de mon père, par Véronique Tadjo. 189 pages. 18 euros.
Mandela et moi, par Lewis Nkosi. 254 pages. 21 euros.
Mes bifurcations, par André Brink. 542 pages. 24,80 euros.

 

 

 




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