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18 novembre 2016

« Le CFA apparait comme étant un frein à la croissance » Entretien avec Michel Abdelouhab, Professeur de Sciences économiques

 

« Le CFA apparait comme étant un frein à la croissance »  Entretien avec Michel Abdelouhab

Le débat sur la pérennité du Cfa en Afrique centrale et Afrique de l’ouest a été relancé cette année, par les déclarations du président Deby et par le patron de l’UEMOA. La pérennité de cette monnaie est régulièrement remise en cause, et ce pour deux raisons : La première étant historique. En effet, le Cfa apparait comme étant une monnaie coloniale. Comme l’affirmait feu le Professeur camerounais Joseph Tchundjang Pouemi, dans son ouvrage « monnaie, servitude et liberte » : « la France a réussi l’extraordinaire exploit d’imposer sa monnaie à des pays politiquement indépendants». Le reversement de 50% des réserves de changes des pays membres sur un compte d’opération spécial au Trésor français, l’impression des billets à la Banque de France de Chamalières par exemple, sont autant de facteurs apparaissant comme étant un déni de souveraineté des pays membres de la CEMAC et de la CEDEAO et une vassalisation économique et monétaire de ces pays vis-à-vis de la France. La seconde raison est bien économique. Michel Abdelouhab, professeur de sciences économiques répond à Financial Afrik

Quelles sont, selon vous, les conséquences de la dévaluation du dollar sur les économies CEDEAO et Cemac ?

L’Afrique subsaharienne a enregistré un taux de croissance de 5,5 % ; celui des pays partageant le franc CFA n’a pas excédé 4 %, / an sur une longue période. Au regard de cette situation, de plus en plus de voix dénoncent les effets de l’euro fort face au dollar. Handicapés par la valeur du CFA indexé à la monnaie européenne, les produits africains perdent de leur compétitivité sur les marchés internationaux, les exportations marquent le pas, les balances commerciales souffrent et, au final, les économies ont une croissance poussive, alors qu’elle devrait être maximisée.

23 ans après la dévaluation de 1994, la question est de nouveau sur la table. Et si la valeur du franc était trop élevée ? Et si la parité fixe établie le 1er janvier 1999 (1 euro = 655,957 F CFA) était devenue trop contraignante pour être maintenue ? Le cas de la filière coton, qui fait vivre près de 30 millions d’Africains illustre parfaitement les conséquences d’un euro fort sur le dynamisme d’une filière. La baisse du dollar face à l’euro au milieu des années 2000, et devise de référence pour cette fibre naturelle, a fait chuter de plus de 25 % la valeur des récoltes africaines. À parité égale dollar/euro, les sociétés cotonnières auraient vendu cette année le kilo de coton à 820 F CFA sur le marché international. Au cours actuel, elles l’ont écoulé à 616 F CFA, alors que les coûts de production varient entre 630 F CFA à 650 F CFA par kilo. Les cotonculteurs africains achetant leurs intrants en euros et vendant leur récolte en dollars : l’effet de « ciseau » est redoutable.

Quelle est la politique monétaire appliquée dans l’UEMOA ?

En fait, la politique monétaire appliquée dans l’UEMOA est élaborée par la Banque centrale européenne (BCE), à Francfort. L’objectif macroéconomique fixée par la BCE est la lutte contre l’inflation, alors que l’objectif macroéconomique des pays de la CEMAC et de la CEDEAO est la croissance économique. En effet, seule une croissance économique importante permet de réduire le taux de pauvreté dans ces pays et d’enclencher, toute chose égale par ailleurs, une dynamique de développement. De fait, la politique monétaire appliquée dans la zone CFA est à l’inverse de ce qui devrait être fait : On lutte contre l’inflation alors qu’il faudrait stimuler la croissance, tout en s’accommodant d’une remonté des prix. (Courbe de Philips). A cet égard, le CFA apparait donc comme étant un frein à la croissance.

Selon certains experts de la question, la zone franc souffre d’un réel déficit de gouvernance. Quel est votre commentaire ?

La politique monétaire devrait être définie au sein du conseil des gouverneurs des deux banques centrales (zone CEMAC et zone CEDEAO), or ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de démarche collective. « C’est aux chefs d’État de fixer la ligne, mais on ne les entend pas », déplore amèrement un ancien ministre des Finances ouest-africain. Et comme la nature a horreur du vide, les experts français du ministère de l’Économie et des Finances, ou ceux de la Banque de France ont une fâcheuse tendance à s’approprier le dossier. L’ensemble de ces facteurs inhérents au CFA nuisent à la croissance économique de la zone CFA tout en laissant un arrière gout de francafrique.

Mais ne noircissons pas totalement le tableau. Ils existent effectivement des effets vertueux à l’arrimage du CFA à l’euro. La zone franc réalise 60 % de son commerce extérieur avec les pays de l’Union européenne. La majorité de ces échanges n’est donc pas affectée par la baisse du dollar. Mieux encore, les opérateurs économiques n’ont aucun risque de change, ce qui est bon pour les affaires. La hausse de l’euro face au dollar a par ailleurs contribué à contenir la poussée inflationniste, principalement alimentée par la hausse des prix des produits énergétiques. D’une façon générale, la stabilité monétaire et la garantie de l’euro ont permis de juguler l’inflation en zone franc, dont le taux s’est établi à 3,8 % en 2006 contre 11,8 % pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Le recours à la planche à billets est proscrit et les réserves de change battent des records.

Quel système de change serait le plus efficient pour les économies de la zone CFA ?

Sachant que l’objectif macroéconomique premier est la maximisation du taux de croissance économique ; même au-delà de son taux de croissance potentiel, facteur de diminution du taux de pauvreté. La théorie économique identifie 3 systèmes de change : le système de taux de change fixe, où la monnaie est ancrée à une devise ou un stock d’or, un système de change intermédiaire, qui est un système de change flottant corrigé par la banque centrale lorsque le taux de change s’éloigne trop d’un cours pivot pré défini, et le système de taux de change flottant, où le taux de change de la devise est fixé par le marché. Le CFA s’inscrit dans un système de taux de change fixe, le naira nigérian, le cedi ghanéen ou le kwanza angolais s’inscrivent quant à eux, dans un système flottant.

Robert Mundell, prix Nobel canadien, caractérisait les systèmes de change flexible et fixe par le triangle d’incompatibilité où seuls deux critères sur trois était réalisables. L’Etat doit choisir deux des trois critères suivants : La mobilité des capitaux (1), la stabilité du taux de change( 2) et l’indépendance de la politique monétaire (3).

En système de change fixe, les critères 1 et 2 sont réalisés, au détriment de l’indépendance de la politique monétaire. C’est le cas de la zone CFA.

En système flottant, les critères 1 et 3 sont réalisés. On y retrouve la revendication anti coloniale des économistes de la zone CFA : le Nigeria, l’Angola ou encore le Ghana ont opté pour des systèmes de changes flottants.

Quel bilan pour ces économies après l’adoption d’un tel système ?

En période de stabilité économique et de croissance, ces économies surperforment la zone CFA, les taux de croissance dépassant parfois les 10%/an, alors que les taux de croissance en zone CFA tournent autour de 4%/an. Mais en cas de choc d’offre négatif, comme par exemple une forte chute de matières premières, les monnaies sont fortement attaquées, perdant jusqu’à 40% de leur valeur, renchérissant de fait le coût des importations (inflation importée), développant un marché informel de la devise, et stoppant de fait la croissance économique. Il s’ensuivrait une fuite massive des capitaux que la banque centrale serait bien en peine d’enrayer malgré ses énormes réserves de change. Cette situation aboutie souvent à un recours au contrôle des changes et au FMI qui, avec ses thérapies fortement dosées en austérité, paupériseront des populations déjà fortement fragilisées par le sous développement. A cet égard, les performances économiques ont été inversées, la zone CFA ferait 7% de croissance en 2016 alors que le reste de l’Afrique subsaharienne tournerait autour de 4% sur la même période.

A l’heure actuelle, la question qu’il est nécessaire de se poser est alors la suivante. Quel système de change serait pertinent en Afrique pour maximiser son taux de croissance économique, tout en amortissant les chocs négatifs ?

Le schéma le plus souvent évoqué repose sur une gestion souple de la parité. Le franc CFA serait ainsi raccroché à un panier de monnaies comprenant non seulement l’euro, mais aussi le dollar et le yuan. « La monnaie est avant tout un instrument d’échange, il est normal d’associer celles des pays avec lesquels l’Afrique fait du commerce », explique un expert. Cette formule permettrait de laisser flotter le CFA et donc de corriger en permanence les gains ou les pertes de compétitivité. Avec ce système, le renchérissement du franc CFA serait moindre quand l’euro s’envole. Mais encore faudrait-il que le Trésor français accepte de continuer à garantir la convertibilité du CFA. Dans le cas contraire, les marchés pourraient spéculer à la baisse et provoquer une chute du CFA. « Les règles de la zone franc sont parfaitement compatibles avec une gestion souple de la parité.

Entretien réalisé par Youcef MAALLEMI / financialafrik.com

 

03:46 Publié dans Economie, Société | Tags : afrique, cfa, frein, à, la croissance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

15 août 2016

Coups d’État en Afrique : ces présidents chassés du pouvoir

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Blaise Compaoré n’est pas un cas isolé. Avant lui, d’autres chefs d’État africains ont dû abandonner le pouvoir. Petit tour d’horizon.

Avant Blaise Compaoré au Burkina Faso, il y a eu François Bozizé en Centrafrique. Arrivé au pouvoir par un coup d’État le 15 mars 2003, le Centrafricain sera, à son tour, déposé le 24 mars 2013. Il prendra la route de l’exil. Son homoloque bissau-guinéen, Carlos Gomes Junior, subira le même sort en 2012. Au total, vingt-trois chefs d’Etat ont été forcés à quitter le pouvoir ces 15 dernières années.

1999 : de Maïnassara à Bédié

Le 9 avril 1999, le président Ibrahim Baré Maïnassara est assassiné lors d’un coup d’Etat par des éléments de la garde présidentielle alors dirigée par le commandant Daouda Mallam Wanké. Le 30 avril, l’armée dirigée par son chef d’état-major, Azali Assoumani, prend le pouvoir. Le 7 mai, Joao Bernardo Vieira est renversé par une junte en rébellion depuis 1998 dirigée par Ansumane Mané. Le 24 décembre, une mutinerie de soldats se transforme en coup d’État, le premier du pays. Robert Gueï annonce la destitution du président Henri Konan Bédié.

2003 : de Patassé à Yala en passant par Charles Taylor

Le 15 mars 2003, Ange-Félix Patassé, au pouvoir depuis 1993, est renversé par le général François Bozizé, entré en rébellion fin 2001.

Le 16 juillet, le coup d’Etat à Sao Tomé et Principe sera bref. Profitant de l’absence du président Fradique de Meneze, Fernando Pereira tente de s’emparer du pouvoir. De Meneze reprend ses fonctions une semaine plus tard, grâce à une médiation internationale.

Au Liberia, le tout puissant, Charles Taylor est contraint à l’exil. Il abandonne son pouvoir, le 11 août 2003, sous la pression de la communauté internationale et d’une rébellion qui frappe aux portes de son palais.

Un an plus tard, en Guinée Bissau, Kumba Yala n’est plus tard à la tête de son pays. Il est renversé, le 14 septembre 2003, par une junte dirigée par Verissimo Correia Seabra.

Deux coups d’Etat en trois ans en Mauritanie

Le 3 août 2005, une junte renverse le régime de Maaouyia Ould Taya en Mauritanie. Trois ans plus tard, toujours en Mauritanie, le président élu, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, est renversé par une junte dirigée par Mohamed Ould Abdel Aziz. Nous sommes le 6 août 2008.

La même année, le 23 décembre, tout précisément, une junte dirigée par Moussa Dadis Camara prend le pouvoir en Guinée, quelques heures après l’annonce de la mort du président Lansana Conté.

Le 2 mars 2009, en Guinée-Bissau, le président Joao Bernardo Vieira est tué par des militaires à Bissau, quelques heures après l’assassinat du chef d’état-major de l’armée.

À Madagascar, Marc Ravalomanana est lâché par l’armée. Le 17 mars 2009, il démissionne et transfère les pleins pouvoirs à un directoire militaire, qui les remet à Andry Rajoelina.

Au Niger, l’armée prend le pouvoir le 18 février 2010. Elle dépose le président Mamadou Tandja et dissout le gouvernement

2011 : Ben Ali, Moubarak, Gbagbo et Kadhafi

Le 14 janvier 2011, le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali est chassé par une révolte populaire déclenchée par l’immolation par le feu d’un marchand excédé par la pauvreté et les humiliations policières.

Le 11 février 2011, en Égypte, après 18 jours de révolte, la rue finira par avoir raison d’Hosni Moubarak. L’armée s’installe à la tête du pays.

En Afrique de l’Ouest, le monde entier à les yeux rivés sur Abidjan où la conquête du pouvoir a quitté les urnes pour la rue et les casernes. Un pays, deux présidents. Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo revendiquent la victoire à la présidentielle de novembre 2010 en Côte d’Ivoire. Le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo finit par être arrêté après plus de quatre mois de crise et plusieurs jours de bombardements de la force française Licorne et de l’ONU. On comptera 3.000 morts lors de cette crise.

Le dernier chef d’État africain à tomber en 2011 vient de Libye. Confronté à un soulèvement transformé en conflit armé, le guide libyen Mouammar Kadhafi est tué le 20 octobre 2011 à Syrte.

Six présidents qui tombent en deux ans

Le 22 mars 2012, au Mali, un coup d’Etat dirigé par le capitaine Amadou Sanogo renverse le président Amadou Toumani Touré.

Un mois plus tard, en Guinée-Bissau, un putsch mené par le chef d’état-major, le général Antonio Indjaï, renverse, le 12 avril 2012, le régime de l’ex-Premier ministre Carlos Gomes Junior.

Le 24 mars 2013, en Centrafrique, François Bozizé est renversé par les rebelles de la Séléka.

En Égypte, Mohamed Morsi, successeur d’Hosni Moubarak et premier chef d’Etat issu d’un scrutin démocratique est renversé, le 3 juillet 2013, par le général Abdel Fattah al-Sissi.

En Centrafrique, Michel Djotodia qui s’est auto-proclamé président de la République le 24 mars 2013 après le renversement et la fuite du président François Bozizé est évincé à son tour le 10 janvier 2014.

Au Burkina Faso, l’entêtement de Blaise Compaoré à se maintenir au pouvoir a fini par le perdre. Au pouvoir depuis 27 ans, le « Beau Blaise » a dû démissionner, le 31 octobre 2014, sous la pression de la rue, avant de prendre la chemin de l’exil. Selon un communiqué de la présidence ivoirienne, le 1er novembre 2014, « le Président Blaise Compaoré, sa famille et ses proches ont été accueillis en Côte d’Ivoire ».

Source: afriquenewsinfo.net

Par Alain Aka

LE POINT

08:05 Publié dans Politique | Tags : afrique, coups d'etat, présidents chassés du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

01 août 2016

APE : Bruxelles fait monter la pression sur les pays d’Afrique de l’Ouest

Si l'Accord de partenariat économique (APE) avec les pays de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) n'est pas ratifié avant le 1er octobre 2016, la Côte d'Ivoire et le Ghana perdront les préférences douanières dont ils bénéficient, selon une décision de la Commission européenne, consultée par "Jeune Afrique". Seule alternative : signer à temps les APE ou rétablir, en ordre dispersé, les accords bilatéraux antérieurs.

L’Union européenne semble bien décidée à voir entrer en vigueur les Accords de partenariats économiques (APE) conclus avec les pays africains.

Seule option, selon Bruxelles, pour mettre ses relations commerciales avec plusieurs pays africains en conformité avec les règles commerciales internationales de l’OMC et pour s’éviter d’éventuelles litiges avec des pays tiers — États-Unis et Chine en tête — qui pourraient contester des régimes d’exception qu’ils considèrent injustes.

Signe de cette détermination, la Commission européenne a approuvé la sortie à partir du 1er octobre 2016 du Botswana, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, de la Namibie et du Swaziland du système de préférences douanières favorables prévu par le Règlement d’accès au marché (RAM).

Cette décision, en date du 08 juillet et que Jeune Afrique a pu consulter, doit encore être approuvée par les députés européens et le Conseil des ministres européens, dans un délai de deux mois.

 

DR

 

Un régime temporaire

Entré en vigueur en 2008, le RAM a instauré un régime qui garantit de façon temporaire l’accès de plusieurs pays africains au marché européen sans droits de douanes ni quotas. Un tel accès est déjà garanti par défaut aux 48 Pays les moins avancés — dont une trentaine sont africains* (0 % sur toutes les lignes de produits à l’exception des armes), dans le cadre de l’initiative Tout sauf les armes, approuvée par l’Union européenne en 2000.

Le RAM a été mis en place dans l’attente du bouclage des longues et laborieuses négociations des APE, entreprises avec les 79 pays de la zone Afrique Caraïbes Pacifique (ACP), comme le prévoyait l’accord conclu à Cotonou au Bénin en 2000.

Si les APE ont été approuvés, ils n’ont pas encore tous été ratifiés par les législations et les exécutifs des pays africains concernés. Et ne peuvent donc pas entrer en vigueur, pour l’instant.

Retour à un système de préférences moins avantageux pour les pays africains

Or le régime du RAM ne peut pas être maintenu indéfiniment, puisqu’il est jugé très faible juridiquement par les juristes bruxellois. D’où le coup de pression supplémentaire décidé par la Commission européenne le 08 juillet dernier.

Les échanges commerciaux entre l’UE et l’Afrique de l’Ouest ont atteint 56,4 milliards d’euros en 2015.

Si à la date limite du 1er octobre, les APE ne sont pas définitivement ratifiés, tous les pays africains qui ne sont pas PMA et ne sont pas couverts par un accord bilatéral spécifique à cette date, tomberont dans une catégorie moins avantageuse, celle du Système généralisé de préférences qui prévoit des réductions de droits de douanes sur environ 66 % des exportations des pays en développement.

Dans le cas du Botswana, de la Namibie et du Swaziland, les services européens disent avoir déjà l’assurance d’une ratification avant l’échéance d’octobre. Mais en Afrique de l’Ouest, si la plupart des pays ont signé l’APE régional, le Nigeria, la Mauritanie et la Gambie ne l’ont pas encore fait.

Malgré les assurances d’Aisha Abubakar, la ministre nigériane de l’Industrie, du Commerce et des Investissements, qui s’est rendue à Bruxelles en mars, les autorités européennes prennent pour acquis que l’APE ouest-africain ne sera pas ratifié au 1er octobre.

Or les enjeux sont importants : les échanges commerciaux entre l’UE et l’Afrique de l’Ouest ont atteint 56,4 milliards d’euros en 2015, dont 29 milliard d’euros d’exportations européennes.

Pour parer aux conséquences de leur sortie du RMA, certains pays de la région, la Côte d’Ivoire et le Ghana notamment, se prépareraient déjà à revenir à des accords bilatéraux antérieurs, conclus avec l’Europe en 2007. Un choix qui est toutefois lourd de conséquences pour la cohésion régionale.

Les accords bilatéraux créent le risque d’un retour des droits de douane entre les pays de l’Uemoa.

Un risque sur l’intégration régionale ouest-africaine

« Ces pays sont libres de revenir aux accords bilatéraux. Mais la conséquence immédiate serait un recul grave de l’intégration régionale », avertit Cheikh Tidiane Dieye, directeur exécutif du Centre africain pour le commerce, l’intégration et le développement, basé à Ouagadougou.

« La Côte d’Ivoire est dans l’Union douanière de l’Uemoa et n’a donc plus droits de douanes avec ses voisins. La Cedeao vient pour sa part de mettre en œuvre un tarif extérieur commun qui la fait évoluer vers une union douanière », rappelle l’analyste, pour qui un retour en ordre dispersé aux accords bilatéraux fait courir le risque d’un rétablissement des droits de douane entre les pays d’Afrique de l’Ouest.

L’Afrique de l’Ouest n’est pas la seule région actuellement sous pression pour la ratification à temps des APE.

La signature de l’APE par les pays d’Afrique de l’Est (dont le Kenya) était prévue le 18 juillet dernier à Nairobi en marge de la 14e session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Elle a été annulée, la Tanzanie ayant choisi de s’en dissocier dans la foulée du vote pour le Brexit.

Les trois APE régionaux en cours de négociation entre l’UE et la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC)

Si vous consultez cet article depuis notre application mobile, veuillez cliquer ici pour voir l’infographie.

* En 2015, les PMA africains qui bénéficiaient par défaut du « Tout sauf les armes » sont les suivants : Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Centrafrique, Tchad, Comores, RDC, Djibouti, Guinée équatoriale, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Togo, Ouganda, Tanzanie et Zambie.

Benjamin Polle

06:28 Publié dans Intégration Africaine | Tags : bruxelles, ape, pression, sur pays, afrique, de l'ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

18 octobre 2015

Elections: Exercice citoyen et Libre désignation par le vote des électeurs

Les élections, une véritable problématique qui polarise les consciences partout. Les élections constituent un élément crucial dans les processus de gouvernance de toute démocratie. Les élections consacrent de la manière la plus parlante les choix des citoyens quant à la gestion de leur destin commun.

La démocratie n'étant jamais un acquis mais toujours une quête, les élections sont presque pour chaque pays un rendez-vous fiévreusement attendu.

Le constat est clair, çà et là, ce sont des calculs électoralistes. Des projections semblent souvent hors sujet. Et alors qu'en est-il de l'intérêt de l'interaction entre l'élection et la démocratie? Le respect des règles du jeu par des scrutins libres et pacifiques, et l'acceptation des résultats par tous demeurent un problème majeur. Ces conséquences affectent inexorablement le tissu social et la vie économique dans son ensemble.

Demeurons unis et solidaires, chers frères et sœurs, pour promouvoir une gouvernance démocratique et inclusive, des institutions transparentes et responsables, et une citoyenneté active à travers le monde, en Afrique notamment en Afrique de l'Ouest. Après la Libye, l’Algérie, la Guinée Bissau, l’Afrique du Sud, le Malawi, l’Égypte, la Mauritanie et le Sénégal en 2014, une quinzaine de pays africains passent par la case élection en 2015.

Tout en respectant le jeu électoral, que chacun soit là où il se trouve, un instrument de paix.

Là où il peut y avoir l'offense, qu'il mette le pardon.

Là où il peut y avoir la discorde, qu'il mette l'amour.

Là où il peut y avoir l'erreur, qu'il mette la vérité.

Vive les élections, Vive la paix sociale en Centrafrique, en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Burundi, au Nigéria, au Congo et dans le monde.

Patrice Kouakou

 

14:29 Publié dans Politique | Tags : elections, afrique, paix, democratie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

10 août 2015

Conflits: L’Union Africaine reconnait un "fossé entre l’alerte précoce et la réponse rapide"

ua,fossé, alerte precoce, reponse rapide, conflits , afriqueLe Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), en sa 527ème réunion, a tenu une séance publique, le 29 juillet 2015, sur le thème: "la capacité d'Alerte précoce de l'Union africaine et sa pertinence’’.

Le Conseil a pris note, avec satisfaction, de la présentation faite par M. Vasu Gounden,  Directeur exécutif du Centre africain pour la résolution constructive des conflits (ACCORD). Le Conseil a également pris note des déclarations faites par les Représentants des États-Unis d'Amérique, de la délégation de l'Union européenne auprès de l'Union africaine et du Bureau des Nations Unies auprès de l'Union africaine.

Le Conseil a rappelé ses communiqués antérieurs sur l'alerte rapide et la prévention des conflits, en particulier, les communiqués [PSC/PR/COMM.2 (DII)] et [PSC/PR/2.(CDLXIII)] adoptés lors de ses 502ème et 463ème réunions sur la prévention structurelle des conflits en Afrique, tenue, respectivement le 29 avril 2015 et le 27 octobre 2014. Le Conseil a également rappelé le communiqué de presse [PSC/PR/ BR.(CDXXX)] sur «‘’Faire taire les armes : conditions préalables pour réaliser une Afrique exempte de conflits d'ici 2020'', adopté lors de sa 430ème réunion tenue le 24 avril 2014 et le communiqué [PSC/PR/COMM (CCCLX)] sur "la pleine utilisation de tous les outils disponibles dans la diplomatie préventive», adopté lors de sa 360ème réunion tenue le 22 mars 2013.

Le Conseil a reconnu qu’aux termes de l'article 3 du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, l'un des principaux objectifs du Conseil est d'anticiper et de prévenir les conflits. Dans ce contexte, le Conseil a rappelé l'article 12 du Protocole relatif à la création du CPS, qui prévoit le Système continental d'alerte rapide (SCAR) comme mécanisme de prévision et de prévention des conflits.

Le Conseil a noté, avec préoccupation, le fossé qui existe entre l'alerte précoce et la réponse rapide, et a réitéré l'importance que revêt le renforcement les liens entre l'alerte précoce et la réponse rapide, qui exige que les structures compétentes de l'UA agissent efficacement sur la base des informations d'alerte rapide qui leur sont fournies sur les conflits et les crises potentiels. À cet égard, le Conseil a souligné la nécessité impérieuse d’avoir des rapports/communications réguliers sur l'alerte précoce pour lui permettre de prendre les mesures appropriées.

Le Conseil a souligné la nécessité d'une approche globale de l'alerte rapide et de la prévention des conflits, ainsi que celle de renforcer la coordination au sein de la Commission. Le Conseil a également souligné la nécessité d’interactions régulières entre le SCAR et le Groupe de travail interdépartemental sur la prévention des conflits, ainsi qu’entre le SCAR et les systèmes d'alerte rapide des Communautés économiques régionales et des Mécanismes régionaux pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits (CER/MR) et ceux des États membres. Dans ce contexte, le Conseil a exhorté la Commission à assurer la mise en œuvre simultanée de l'Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) et de l'Architecture de la gouvernance en Afrique (AGA), ainsi que de l'intégration horizontale de l'alerte précoce et de la prévention des conflits entre l’APSA et la Commission.

Le Conseil a reconnu le rôle fondamental des CER/MR dans la prévention, la gestion et le règlement des conflits en Afrique. À cet égard, le Conseil a souligné l'importance de l'intégration verticale de l'alerte rapide et de la prévention des conflits entre l’UA et les CER/MR, ainsi que de l'harmonisation et de la collaboration dans le cadre des activités et des normes des CER/MR en matière  d’alerte rapide.

Le Conseil a souligné le rôle fondamental du Groupe des Sages, des Envoyés spéciaux, des Représentants et des Médiateurs dans la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité, ainsi que dans la prévention des conflits et des différends sur le continent. Le Conseil a également souligné la nécessité de développer des scénarios pour des réponses potentielles à court, moyen et long termes pour aider dans les efforts de prévention des conflits.

Le Conseil a souligné la nécessité pour la Commission de renforcer ses capacités d'alerte précoce et de prévention des conflits. Dans ce contexte, le Conseil a souligné la nécessité de renforcer les capacités humaines aussi bien au niveau SCAR que du Secrétariat du CPS. Le Conseil a également exprimé sa gratitude aux partenaires au développement pour l’assistance technique et le renforcement des capacités dans l’alerte rapide.

Le Conseil a souligné la responsabilité principale des États membres d’assurer des efforts réussis dans la prévention des conflits en relevant les défis de développement politique et socio-économique. A cet effet, le Conseil a exhorté tous les États membres de l'UA, qui ne l'ont pas encore fait, à signer et à ratifier, sans délai, les instruments pertinents de l'UA sur la bonne gouvernance, la démocratie et les droits de l’homme, ainsi que d'autres cadres pertinents, afin de promouvoir durablement la paix, la sécurité, la stabilité et le développement sur le continent.

Le Conseil a exprimé sa préoccupation face au déni par les États membres et les CER/MR, d’informations précieuses d'alerte précoce. À cet égard, le Conseil a décidé d'inclure l'alerte précoce, comme l'une des questions essentielles à aborder lors de sa prochaine retraite prévue à Abuja, au Nigeria.

Le Conseil a reconnu la complémentarité du travail du SCAR et du Comité des Services de renseignement et de sécurité de l’Afrique (CISSA). Le Conseil a demandé au SCAR et au CISSA de faire des mises à jour régulières au Conseil sur l’alerte rapide stratégique.

Le Conseil est convenu de rester saisi de la question.

Source: Al Wihda

02:30 Publié dans Politique | Tags : ua, fossé, alerte precoce, reponse rapide, conflits, afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

23 septembre 2010

Indécence vestimentaire chez les jeunes

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Indécence vestimentaire chez les jeunes

 

La tenue vestimentaire a perdu son importance d’antan dans les capitales africaines. Son caractère est dévalorisé par la jeune génération. Elles se référaient aux règles et aux codes vestimentaires édictés par la tradition. La

gent féminine apprenait qu’il y a un certain nombre de normes sociales à

respecter. En outre, il n’y avait même pas à polémiquer.

Mais la nouvelle génération de filles entend s’imposer dans le milieu avec une nouvelle allure provocante et choquante. Elles s’habillent alors en tenues très légères, ce qui laissent entrevoir les parties les plus intimes du corps. Ces filles, parfois, sans emploi, élèves et mêmes étudiantes attirent l’attention de tous. Ce phénomène s’est accru en Afrique et singulièrement dans les capitales. En Côte d’Ivoire par exemple, cela est dû à la crise économique aggravée par la crise socio-politique déclenchée le 19 septembre 2002. Dans les capitales africaines, les jeunes filles ont pris le pavé.

On les retrouve partout mal habillées : dans les night clubs, les maquis, les restaurants, aux abords des grands hôtels. Ces filles occupent les grandes voies des capitales : des lieux habituels et des trottoirs. Ces jeunes filles savent-elles que leur corps constitue le temple du Saint-Esprit ?


Saint Paul a indiqué en substance que le corps humain est pour le Seigneur et le Seigneur est pour le corps (cf. 1 Corinthiens 6, verset 12-20). Et d’ajouter, utilisez votre corps pour la gloire du Seigneur. Cette légèreté aveugle chez ces filles africaines a engendré des comportements à risque. Choquer pour se faire aimer quelque soit le prix est le choix qu’elles font. Triste réalité.

Devant ce ballet de tenues vestimentaires indécentes, l’on constate une indifférence face à ce phénomène qui gangrène surtout les capitales africaines.

Personne ne s’attarde sur les causes de cette provocation. Dommage ! Les jeunes dans l’ensemble qui y passent les vacances se laissent emballer par les tenues vestimentaires indécentes. Quand l’école est finie, ce sont les vacances. Les restrictions vestimentaires sont également finies. Les kakis et les autres tenues vestimentaires sont du coup rangés. Les jeunes arborent sans gêne les habits à la mode. L’objectif, créer le style qui va captiver l’attention. Dans cette recherche effrénée de regards, plusieurs styles vestimentaires cohabitent. Par exemple, les jeunes filles restent fidèles au pantalon bas tuyaux et taille basse de préférence. Les pantalons à taille basse ne révèlent-t-ils pas la couleur du string qu’ils sont censés cacher ? Les bas deaf, pantalons aux
bas larges sont appréciés des filles grosses et cachent les défaillances des membres inférieurs. Nous avons des jackets comme haut, des jeans serrés, des poitrines à découvert, des mini-jupes, des ensembles tailleurs,de petites culottes. Autre attribut vestimentaire, un court maillot laissant apparaître tant un anneau percé dans le nombril qu’un généreux décolleté et des épaules nues. Les jeans insistent sur le sexy de la personne qui les porte. Le regard sémiologique indique aisément  qu’avec les couleurs, les jeunes ne sauraient passer inaperçus. Ventre et Cul Dehors ; Dos et Ventre Dehors, ces filles se disent être à la mode … Pourtant elles sont presque nues. Ainsi l’on voit des scènes choquantes et infâmantes dans les rues. Pour ce concerne les jeunes gens, ils veulent ressembler aux femmes à travers les boucles d’oreille, les tresses, les maquillages. Ils portent des jeans, à peine les slips
sont dehors. Egalement, ils violent les codes vestimentaires. C’est le travail des parents que de poser les limites et d’informer leurs garçons et filles sur les conséquences plus ou moins directes de leurs actes et de leurs tenues afin d’éviter le pire. Les Pasteurs, les Prêtres,  les Imams sont très fermes sur la question de la tenue vestimentaire. Pour eux, plus questions des styles qui vont retenir l’attention. C’est pourquoi, les tenues vestimentaires indécentes sont prohibées pour se rendre à la Mosquée et / ou à l’Eglise. Au moment où les autorités africaines célèbrent le cinquantenaire des indépendances de leurs nations, des actions concrètes s’imposent à elles pour un changement de comportement. Après 50 ans d’indépendance, n’existe-il pas de moyens coercitifs en vue de réguler la façon de s’habiller en Afrique ? 

 

Patrice WANSET    

 


14:43 Publié dans Culture | Tags : afrique, mode, indécence vestimentaire | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |