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10 juillet 2018

Université d’été des professionnels de la gestion des projets : Le développement de l’Afrique au cœur des échanges

université d'été, professionnels de la gestion de projets,développement, afriqueLa première édition de l’Université des professionnels de la gestion des projets de développement (Upgp) visant à rassembler les acteurs africains de ce métier en vue d’un partage d’expérience et de bonnes pratiques pour booster la performance des projets et accélérer le développement du continent s’est ouvert lundi matin à Abidjan.

« Nous sommes rassemblés pour discuter des défaillances et défis à relever, des solutions pratiques et concrètes dans la perspective d’ajuster et de renforcer les dispositifs de gouvernance et de gestion des projets de développement et garantir les performances opérationnelles et financières au profit des Etats africains et des populations cibles », a expliqué le président du Réseau africain des professionnels de la gestion des projets (Rapgp), Adama Bamba.

Il a ajouté que cette assemblée vise à créer un cadre d’échanges afin de répondre à un besoin de formation et de partages d’expériences réussies ou d’échecs rencontrés. Un besoin pour chacun des acteurs de trouver des oreilles attentives lorsqu’il se trouve confronté à des problèmes spécifiques dans l’exercice de sa fonction, selon le président de ce réseau.
« Tout cela pour gagner en performance, accroître les taux de décaissement, accélérer la mise en œuvre des projets pour contribuer avec efficience au développement des pays africains à travers la réalisation rapide d’infrastructures et la production de biens et services de qualité pour le bien-être des populations », a rajouté M. Bamba.
Représentant le Premier Ministre Ivoirien, le Ministre de la jeunesse et de l’emploi Tiémoko Sidi Touré a affirmé que les acteurs de l’Upgp sont un dispositif important dans le développement des pays africains.
« Ces dispositifs permettent d’aller vite à l’émergence de nos pays », a dit le Ministre Sidi, ajoutant qu’il permet d’accélérer le développement et de capter des ressources de bailleurs de fonds.
université d'été,professionnels de la gestion de projets,développement,afriqueLes dirigeants africains devraient plus investir dans le capital humain que dans les infrastructures car c’est le capital humain qui impulse le développement, a souligné pour sa part le représentant du Représentant résident de la Banque Mondiale en Côte d’Ivoire, M. Emery, économiste principal.
315 participants provenant de 14 pays dont la Guinée, le Bénin, le Sénégal, le Burkina Faso, le Mali, le Congo mais aussi la France et de Tahiti sont présents à cette rencontre.
Pendant cinq jours, 21 formateurs et intervenants se succéderont pour partager leurs connaissances et leurs expériences, notamment des spécialistes du Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme entre autres.

03 juin 2018

Production agricole: Solutions pour la transformation structurelle en Afrique

production,agriculture,afrique,transformationL’agriculture est le secteur aujourd’hui qui a plus de chance de tirer la croissance de l’Afrique. C’est ce qui justifie tant d’attraits pour sa transformation structurelle. Selon le Directeur Général Afrique de l’Ouest de l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA), Fadel NDiame : <<Il faut des politiques agricoles cohérentes et attractives qui permettent aux investisseurs de s’intégrer dans l’agriculture en vue de la transformer>>.

A en croire le Vice-Président ivoirien, Daniel Kablan Duncan, la problématique de la transformation de l’agriculture est porteuse d’espérance pour les pays africains en général, et en particulier pour la Côte d’Ivoire qui ambitionne, suivant la vision du Président la République, SEM Alassane OUATTARA, de devenir « un pays émergent à l’horizon 2020 ».

Cette vision se traduit à travers les PNIA (Programme national d’investissement agricole) dont l’objectif est d’améliorer les conditions de vie des populations rurales, de réduire l'insécurité alimentaire et d’assurer une meilleure nutrition aux populations.

production,agriculture,afrique,transformationA cet effet, il s’agit d’assurer la relance de la production et de la croissance agricole dans un environnement moderne et bien maitrisé, avec une nouvelle agriculture plus moderne. A cet égard, notre agriculture doit s’appuyer sur la mécanisation, les techniques modernes d’irrigation, l’utilisation des engrais naturels ou synthétiques, l’exploitation des résultats de la recherche et les avancées de l’innovation technologique, notamment des TICs.

Les autorités et entreprises agricoles d’Afrique se doivent de répondre  aux engagements pris à Malabo pour faire de l’agriculture le moteur de la croissance du développement dans les pays africains.

production,agriculture,afrique,transformation« Aujourd’hui plus que jamais, l’Afrique doit vite moderniser son agriculture et libérer son plein potentiel. L’avenir de la jeunesse africaine ne se trouve pas dans l’émigration vers l’Europe, mais dans une Afrique prospère », pour reprendre les mots d’Akinwumi Adesina, le président de la Banque africaine de développement (BAD) á l’occasion de la Journée internationale des migrants.

L’élément catalyseur pour la durabilité de l’agriculture est sa transformation structurelle. Il faut créer des conditions pour améliorer la production, la productivité et la transformation. Il faut également impulser l’agriculture et l’agribusiness comme vecteurs de création d’emplois jeunes, d’autonomisation des femmes, de transformation de l’économie et de réduction des importations.

C’est dans cette perspective que le Secrétaire Général des Nations Unies de l’époque, Koffi Annan a créé une organisation internationale, il ya 10 ans pour accélérer la transformation de l’agriculture en Afrique sous le vocable de révolution verte : l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA).

production,agriculture,afrique,transformation«Une transformation agricole inclusive permettra de résoudre nombre de problèmes majeurs du continent. Par exemple, l’agriculture peut combler la lacune créée au niveau de la croissance économique par la chute des prix des  produits de base ; créer des emplois hautement productifs qui pourraient servir de solution de rechange à la migration vers l’Europe ; améliorer les moyens d’existence des agriculteurs afin qu’ils passent de l’agriculture de subsistance à une agriculture rentable ; et mettre en place un secteur agricole et agroindustriel compétitif à l’échelle mondiale afin de produire des aliments transformés et à haute valeur nutritive de plus en plus consommés par les classes moyennes en croissance en Afrique » a souligné la Présidente de l’AGRA, Dr Agnès Kalibata, à la clôture de la 7ème édition du Forum sur la Révolution Verte en Afrique (AGRF 2017), du 4 au 8 septembre 2017.    

Ainsi sont interpellés tous les acteurs des domaines de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques, des eaux et forêts, de l’agro-industrie, de l’écotourisme et de l’environnement. L’agriculture et l’agro-industrie sont en pole position pour booster la transformation économique en Afrique.

« Pour ce faire, nous avons besoin de recourir à des innovations agricoles et de transformer l’agriculture en un secteur qui crée de la richesse, l’agriculture doit devenir une option vraiment attractive pour nos jeunes » a déclaré le président de la BAD, Akinwumi Adesina.

 

Patrice Kouakou

      

 

 

18 novembre 2016

« Le CFA apparait comme étant un frein à la croissance » Entretien avec Michel Abdelouhab, Professeur de Sciences économiques

 

« Le CFA apparait comme étant un frein à la croissance »  Entretien avec Michel Abdelouhab

Le débat sur la pérennité du Cfa en Afrique centrale et Afrique de l’ouest a été relancé cette année, par les déclarations du président Deby et par le patron de l’UEMOA. La pérennité de cette monnaie est régulièrement remise en cause, et ce pour deux raisons : La première étant historique. En effet, le Cfa apparait comme étant une monnaie coloniale. Comme l’affirmait feu le Professeur camerounais Joseph Tchundjang Pouemi, dans son ouvrage « monnaie, servitude et liberte » : « la France a réussi l’extraordinaire exploit d’imposer sa monnaie à des pays politiquement indépendants». Le reversement de 50% des réserves de changes des pays membres sur un compte d’opération spécial au Trésor français, l’impression des billets à la Banque de France de Chamalières par exemple, sont autant de facteurs apparaissant comme étant un déni de souveraineté des pays membres de la CEMAC et de la CEDEAO et une vassalisation économique et monétaire de ces pays vis-à-vis de la France. La seconde raison est bien économique. Michel Abdelouhab, professeur de sciences économiques répond à Financial Afrik

Quelles sont, selon vous, les conséquences de la dévaluation du dollar sur les économies CEDEAO et Cemac ?

L’Afrique subsaharienne a enregistré un taux de croissance de 5,5 % ; celui des pays partageant le franc CFA n’a pas excédé 4 %, / an sur une longue période. Au regard de cette situation, de plus en plus de voix dénoncent les effets de l’euro fort face au dollar. Handicapés par la valeur du CFA indexé à la monnaie européenne, les produits africains perdent de leur compétitivité sur les marchés internationaux, les exportations marquent le pas, les balances commerciales souffrent et, au final, les économies ont une croissance poussive, alors qu’elle devrait être maximisée.

23 ans après la dévaluation de 1994, la question est de nouveau sur la table. Et si la valeur du franc était trop élevée ? Et si la parité fixe établie le 1er janvier 1999 (1 euro = 655,957 F CFA) était devenue trop contraignante pour être maintenue ? Le cas de la filière coton, qui fait vivre près de 30 millions d’Africains illustre parfaitement les conséquences d’un euro fort sur le dynamisme d’une filière. La baisse du dollar face à l’euro au milieu des années 2000, et devise de référence pour cette fibre naturelle, a fait chuter de plus de 25 % la valeur des récoltes africaines. À parité égale dollar/euro, les sociétés cotonnières auraient vendu cette année le kilo de coton à 820 F CFA sur le marché international. Au cours actuel, elles l’ont écoulé à 616 F CFA, alors que les coûts de production varient entre 630 F CFA à 650 F CFA par kilo. Les cotonculteurs africains achetant leurs intrants en euros et vendant leur récolte en dollars : l’effet de « ciseau » est redoutable.

Quelle est la politique monétaire appliquée dans l’UEMOA ?

En fait, la politique monétaire appliquée dans l’UEMOA est élaborée par la Banque centrale européenne (BCE), à Francfort. L’objectif macroéconomique fixée par la BCE est la lutte contre l’inflation, alors que l’objectif macroéconomique des pays de la CEMAC et de la CEDEAO est la croissance économique. En effet, seule une croissance économique importante permet de réduire le taux de pauvreté dans ces pays et d’enclencher, toute chose égale par ailleurs, une dynamique de développement. De fait, la politique monétaire appliquée dans la zone CFA est à l’inverse de ce qui devrait être fait : On lutte contre l’inflation alors qu’il faudrait stimuler la croissance, tout en s’accommodant d’une remonté des prix. (Courbe de Philips). A cet égard, le CFA apparait donc comme étant un frein à la croissance.

Selon certains experts de la question, la zone franc souffre d’un réel déficit de gouvernance. Quel est votre commentaire ?

La politique monétaire devrait être définie au sein du conseil des gouverneurs des deux banques centrales (zone CEMAC et zone CEDEAO), or ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de démarche collective. « C’est aux chefs d’État de fixer la ligne, mais on ne les entend pas », déplore amèrement un ancien ministre des Finances ouest-africain. Et comme la nature a horreur du vide, les experts français du ministère de l’Économie et des Finances, ou ceux de la Banque de France ont une fâcheuse tendance à s’approprier le dossier. L’ensemble de ces facteurs inhérents au CFA nuisent à la croissance économique de la zone CFA tout en laissant un arrière gout de francafrique.

Mais ne noircissons pas totalement le tableau. Ils existent effectivement des effets vertueux à l’arrimage du CFA à l’euro. La zone franc réalise 60 % de son commerce extérieur avec les pays de l’Union européenne. La majorité de ces échanges n’est donc pas affectée par la baisse du dollar. Mieux encore, les opérateurs économiques n’ont aucun risque de change, ce qui est bon pour les affaires. La hausse de l’euro face au dollar a par ailleurs contribué à contenir la poussée inflationniste, principalement alimentée par la hausse des prix des produits énergétiques. D’une façon générale, la stabilité monétaire et la garantie de l’euro ont permis de juguler l’inflation en zone franc, dont le taux s’est établi à 3,8 % en 2006 contre 11,8 % pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Le recours à la planche à billets est proscrit et les réserves de change battent des records.

Quel système de change serait le plus efficient pour les économies de la zone CFA ?

Sachant que l’objectif macroéconomique premier est la maximisation du taux de croissance économique ; même au-delà de son taux de croissance potentiel, facteur de diminution du taux de pauvreté. La théorie économique identifie 3 systèmes de change : le système de taux de change fixe, où la monnaie est ancrée à une devise ou un stock d’or, un système de change intermédiaire, qui est un système de change flottant corrigé par la banque centrale lorsque le taux de change s’éloigne trop d’un cours pivot pré défini, et le système de taux de change flottant, où le taux de change de la devise est fixé par le marché. Le CFA s’inscrit dans un système de taux de change fixe, le naira nigérian, le cedi ghanéen ou le kwanza angolais s’inscrivent quant à eux, dans un système flottant.

Robert Mundell, prix Nobel canadien, caractérisait les systèmes de change flexible et fixe par le triangle d’incompatibilité où seuls deux critères sur trois était réalisables. L’Etat doit choisir deux des trois critères suivants : La mobilité des capitaux (1), la stabilité du taux de change( 2) et l’indépendance de la politique monétaire (3).

En système de change fixe, les critères 1 et 2 sont réalisés, au détriment de l’indépendance de la politique monétaire. C’est le cas de la zone CFA.

En système flottant, les critères 1 et 3 sont réalisés. On y retrouve la revendication anti coloniale des économistes de la zone CFA : le Nigeria, l’Angola ou encore le Ghana ont opté pour des systèmes de changes flottants.

Quel bilan pour ces économies après l’adoption d’un tel système ?

En période de stabilité économique et de croissance, ces économies surperforment la zone CFA, les taux de croissance dépassant parfois les 10%/an, alors que les taux de croissance en zone CFA tournent autour de 4%/an. Mais en cas de choc d’offre négatif, comme par exemple une forte chute de matières premières, les monnaies sont fortement attaquées, perdant jusqu’à 40% de leur valeur, renchérissant de fait le coût des importations (inflation importée), développant un marché informel de la devise, et stoppant de fait la croissance économique. Il s’ensuivrait une fuite massive des capitaux que la banque centrale serait bien en peine d’enrayer malgré ses énormes réserves de change. Cette situation aboutie souvent à un recours au contrôle des changes et au FMI qui, avec ses thérapies fortement dosées en austérité, paupériseront des populations déjà fortement fragilisées par le sous développement. A cet égard, les performances économiques ont été inversées, la zone CFA ferait 7% de croissance en 2016 alors que le reste de l’Afrique subsaharienne tournerait autour de 4% sur la même période.

A l’heure actuelle, la question qu’il est nécessaire de se poser est alors la suivante. Quel système de change serait pertinent en Afrique pour maximiser son taux de croissance économique, tout en amortissant les chocs négatifs ?

Le schéma le plus souvent évoqué repose sur une gestion souple de la parité. Le franc CFA serait ainsi raccroché à un panier de monnaies comprenant non seulement l’euro, mais aussi le dollar et le yuan. « La monnaie est avant tout un instrument d’échange, il est normal d’associer celles des pays avec lesquels l’Afrique fait du commerce », explique un expert. Cette formule permettrait de laisser flotter le CFA et donc de corriger en permanence les gains ou les pertes de compétitivité. Avec ce système, le renchérissement du franc CFA serait moindre quand l’euro s’envole. Mais encore faudrait-il que le Trésor français accepte de continuer à garantir la convertibilité du CFA. Dans le cas contraire, les marchés pourraient spéculer à la baisse et provoquer une chute du CFA. « Les règles de la zone franc sont parfaitement compatibles avec une gestion souple de la parité.

Entretien réalisé par Youcef MAALLEMI / financialafrik.com

 

03:46 Publié dans Economie, Société | Tags : afrique, cfa, frein, à, la croissance | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |