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18 octobre 2015

Elections: Exercice citoyen et Libre désignation par le vote des électeurs

Les élections, une véritable problématique qui polarise les consciences partout. Les élections constituent un élément crucial dans les processus de gouvernance de toute démocratie. Les élections consacrent de la manière la plus parlante les choix des citoyens quant à la gestion de leur destin commun.

La démocratie n'étant jamais un acquis mais toujours une quête, les élections sont presque pour chaque pays un rendez-vous fiévreusement attendu.

Le constat est clair, çà et là, ce sont des calculs électoralistes. Des projections semblent souvent hors sujet. Et alors qu'en est-il de l'intérêt de l'interaction entre l'élection et la démocratie? Le respect des règles du jeu par des scrutins libres et pacifiques, et l'acceptation des résultats par tous demeurent un problème majeur. Ces conséquences affectent inexorablement le tissu social et la vie économique dans son ensemble.

Demeurons unis et solidaires, chers frères et sœurs, pour promouvoir une gouvernance démocratique et inclusive, des institutions transparentes et responsables, et une citoyenneté active à travers le monde, en Afrique notamment en Afrique de l'Ouest. Après la Libye, l’Algérie, la Guinée Bissau, l’Afrique du Sud, le Malawi, l’Égypte, la Mauritanie et le Sénégal en 2014, une quinzaine de pays africains passent par la case élection en 2015.

Tout en respectant le jeu électoral, que chacun soit là où il se trouve, un instrument de paix.

Là où il peut y avoir l'offense, qu'il mette le pardon.

Là où il peut y avoir la discorde, qu'il mette l'amour.

Là où il peut y avoir l'erreur, qu'il mette la vérité.

Vive les élections, Vive la paix sociale en Centrafrique, en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Burundi, au Nigéria, au Congo et dans le monde.

Patrice Kouakou

 

14:29 Publié dans Politique | Tags : elections, afrique, paix, democratie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

04 juin 2015

Côte d'Ivoire: La CEI vote pour l'électronique

élections, politique, election présidentielle en côte d'ivoire, technologiesDans un souci de transparence, la Commission électorale indépendante (CEI), que préside Youssouf Bakayoko, devrait, lors de l'élection présidentielle du mois d'octobre, mettre en place un système de transfert électronique des résultats vers son siège abidjanais. 

L'objectif est d'éviter les tensions et le stress provoqués par l'attente de leur publication. Il devrait ainsi être possible de connaître le nom du vainqueur dès le milieu de la nuit suivante. Mais le plus dur reste de réunir l'argent nécessaire à l'organisation du scrutin. Trente milliards de F CFA (45,7 millions d'euros) sont inscrits au budget 2015, mais le gouvernement compte sur une enveloppe de 5,3 milliards de F CFA supplémentaires allouée par la communauté internationale.

05:58 Publié dans Politique | Tags : élections, politique, election présidentielle en côte d'ivoire, technologies | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

24 septembre 2010

Les journalistes ivoiriens à l’école des élections

journalist.jpgDans le cadre des prochaines élections, la structure Sud Actions Média a organisé récemment un atelier d’imprégnation sur le journalisme à Abidjan Plateau. L’objectif de cette formation est d’accompagner les journalistes dans leur mission d’informer les citoyens tout au long  du processus électoral.


 


Conscient de la difficile mission des médias la Structure Sud Actions Médias a formé des journalistes issus des différents organes de presse de Côte d’Ivoire.

"Comment couvrir efficacement les élections ?" C’est le thème de cet atelier d’imprégnation sur le journalisme en période électorale. Cette formation vient à point nommé, car la presse a un rôle important à jouer dans le processus électoral. Pour le formateur Samba Koné, cet atelier entend amener les journalistes à faire en sorte d’avoir un comportement équilibré, nonobstant les lignes éditoriales. La période électorale est toujours une période d’extrême délicatesse. Période sensible où parfois, la passion éclipse la raison chez certains acteurs. Samba Koné indique que l’information se révèle être la principale denrée durant le processus électoral. Et le moyen le plus usité c’est la communication. Les journalistes sont l’interface entre les Institutions, les Ministères (Intérieur, Justice, Défense), les partis politiques et les citoyens. Ainsi les citoyens s’orientent vers les médias. Car ils ont un besoin et un souci de compréhension du processus électoral. Malgré les lignes éditoriales, le citoyen lambda attend des informations précises et complètes. La responsabilité des journalistes est grande et ne fait que croître. La presse est un élément indispensable de la démocratie, car elle constitue le lien principal, la voie de communication, entre les citoyens et leur gouvernement, entre l’Etat et l’homme et entre les citoyens eux-mêmes, renchérit Kristin Helmore.

Force est de constater que pendant la période électorale, la fièvre des élections s’empare des rédactions. Ainsi l’offre et la demande d’informations se trouvent à leur sommet. Les partis politiques et les candidats souhaitent communiquer davantage. Quant aux citoyens, ils ont besoin de comprendre au niveau des candidats, les enjeux des élections, les plans de campagnes et les programmes des candidats. Entre les deux, les journalistes se trouvent au devant de la scène. En dépit de toutes les pesanteurs (manipulation, surabondance …) qu’impose la période électorale, les journalistes doivent couvrir le processus électoral avec équité, intégrité et honnêteté par rapport aux idées, normes et valeurs éthiques ou déontologiques. En un mot, ils doivent exercer  avec rigueur et professionnalisme.Les journalistes sont ainsi amenés à informer sur les programmes et les projets de société des différents candidats. Cependant, ils doivent veiller à rendre compte scrupuleusement du déroulement du processus électoral dans son intégrité.

Le processus électoral englobe un certain nombre d’opérations qui intègrent les trois phases essentielles à savoir avant, pendant et après les élections. Ainsi, le processus électoral peut s’étendre sur une période plus ou moins longue. Il incombe aux journalistes d’observer si chacune des étapes de ce processus se déroule conformément aux textes réglementaires en vigueur. Quatre principales opérations s’inscrivent dans le cadre de ce processus dont la mise en œuvre doit être effective.

Premièrement, les opérations prépa ratoires portent sur la mise en place de la Commission Electorale Indépendante (CEI) l’établissement des listes électorales et l’établissement et la distribution des cartes d’électeurs.Deuxièmement, les préliminaires des opérations électorales renferment la convocation du corps électoral, la déclaration de candidature, la campagne électorale, l’affichage des listes de bureau de vote, l’identification des bureaux de vote et l’affichage des listes électorales.Troisièmement, les opérations électorales concernent l’organisation des bureaux de vote, l’opération de vote, le dépouillement du scrutin et le procès-verbal.Quatrième le contentieux électoral porte sur les contestations ou réclamations exprimées, les instances compétentes et l’éventualité d’une requête.Les missions traditionnelles des médias sont : informer, éduquer, distraire. Le formateur Samba Koné précise qu’informer n’est pas la critique systématique. Pour lui, informer c’est faire comprendre à quelqu’un, au citoyen les évènements extérieurs. Afin que le citoyen à son niveau fasse son analyse et anticipation des situations et prenne une décision. Informer c’est également ouvrir des espaces des débats publics, développer l’esprit critique. La période électorale exige par ailleurs des missions spécifiques aux journalistes. Ce sont entre autres : surveiller le déroulement du processus électoral, observer les partis politiques et les candidats.

En outre, l’envoyé de Sud Actions Médias rappelle que le choix et le traitement de l’information doivent passer à la fois par une information véridique (conforme, réalité aux faits) et une information précise (complète dans sa description). Samba Koné interpelle en termes : "les journalistes ne sont pas des juges". C’est pourquoi il exhorte les journalistes à éviter les jugements de valeurs pendant cette période électorale. S’agissant de l’attitude à adopter face aux sources, le formateur invite à rester critique. Car il y a une multitude de sources en ce moment.Il faut donc la défiance systématique, l’indépendance d’esprit, la franchise à l’égard des sources, l’exigence de transparence, faire preuve d’humilité.A ce propos, Georges Clémenceau enseigne : "on ne ment jamais autant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse."Le formateur de cet atelier d’imprégnation sur le journalisme en période électorale fait noter qu’une des premières règles c’est d’être exact.Les journalistes qui veillent à l’exactitude de leurs notes et qui recherchent des sources d’informations de première main, chaque fois que c’est possible, sont les mieux armés pour respecter les trois règles du journalisme édictées par l’ancien journaliste et éditeur Joseph Pulitzer : "Exactitude, exactitude, exactitude." Toujours le formateur Samba Koné apprend qu’il faut éviter, pendant cette période électorale, les stéréotypes ; procéder à toutes les vérifications ; et être à même de défendre sa démarche de vérification des informations reçues. Selon Ross Howard, un bon journalisme est comme un remède efficace : sa composition n’est ni politique, ni culturelle, ni raciale. Son rôle est de renforcer
la
bonne santé de la démocratie. Les journalistes ivoiriens sont donc invités, durant cette période  sensible, à contribuer à l’édification d’une société démocratique. La contribution des journalistes à des élections crédibles est à ce prix.


Patrice Kouakou Wanset


 


 


21:21 Publié dans Société | Tags : côte d'ivoire, formation des journalistes, élections | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

18 août 2010

Présidentielle-Côte d'Ivoire: Mise en garde des ONG ivoiriennes contre un autre report


Publié le jeudi 12 août 2010   |  AFP






Affaire


© Abidjan.net par Prisca
 Photo : Boga Sakho













 





 


ABIDJAN - Des ONG ivoiriennes de défense des droits de l`Homme ont "mis en garde" jeudi les acteurs politiques de la Côte d`Ivoire contre le non respect de la nouvelle date du scrutin présidentiel, fixée au 31 octobre, après plusieurs reports.

Dans une déclaration commune, cinq organisations dont la Ligue ivoirienne des droits de l`Homme (Lidho) et la Fondation ivoirienne pour les droits de l`Homme et la vie politique (Fidhop), ont évoqué un "chaos" et "mis en garde les protagonistes de la crise si la date n`était pas respectée".

"Nous identifierons alors le principal responsable qui devrait répondre de tout le désordre qui surviendrait" en cas de nouveau report, a averti Gervais Boga, président de la Fidhop, lors d`une conférence de presse.

Vendredi, le président ivoirien Laurent Gbagbo a promis la tenue de l`élection présidentielle pour 2010, jugeant que pour la première fois la
date fixée était tenable. Auparavant, "on nous avait trompés sur la marchandise", a-t-il affirmé.

Sans cesse reporté depuis la fin de son mandat en 2005, le scrutin est censé clore la crise née du putsch manqué de 2002, qui a coupé le pays en un sud loyaliste et un nord tenu par l`ex-rébellion des Forces nouvelles (FN).

FP 12 / 08 / 2010


Le respect du 31 octobre exige que soient relevés rapidement de lourds défis liés aux opérations électorales et au désarmement des FN.







15:39 Publié dans Politique | Tags : cote d'ivoire, elections, ong de défense des droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

09 août 2010

Cinquantenaire / CI : Message du candidat KONAN Kouadio Siméon, le neutre réconciliateur .

http://wanset.ivoire-blog.com/media/02/00/756303331.jpg

      A l’occasion de la commémoration du cinquantième anniversaire de l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance, le candidat KONAN Kouadio Siméon s’est adressé le 07 août 2010 à ses militants depuis sa mission hors du pays. Réunis pour cette adresse téléphonique à son quartier général (QG) de campagne à Abidjan.


KONAN Kouadio Siméon s’est dit fier de cet évènement mémorable de notre chère nation. Voilà cinquante ans, un demi siècle que le Président Félix Houphouët BOIGNY a prononcé solennellement l’indépendance de la Côte d’Ivoire. 


KONAN Kouadio Siméon, le neutre réconciliateur, a développé et analysé dans son adresse  l’actualité nationale tout en invitant chacun à la rencontre de l’avenir de notre patrie.


Il a exhorté à faire aussi de cette journée commémorative de la Côte d’Ivoire une véritable journée de recueillement et de prière. L’objectif, étant de cultiver l’amour, le pardon et la tolérance.


Soyons solidaires les uns les autres, à l’heure de faire le bilan de notre cinquantenaire, a indiqué le candidat KONAN Kouadio Siméon, le neutre réconciliateur.


Et d’ajouter fraternité, solidarité et paix pour une Côte d’Ivoire unie dans sa diversité. 


Abordant la question de la présidentielle prévue le 31 octobre 2010, il invite ses militants à se mettre en ordre de bataille.


Le moment est donc venu de porter la bonne nouvelle à tout le pays : Le changement et l’espoir en un avenir lumineux de la Côte d’Ivoire ; Projet si cher à l’IPP (initiative pour la paix).


Pour le candidat indépendant à la présidentielle, c’est un projet particulier.


Fort de cela, il ne cesse d’indiquer que l’heure de l’action a sonné.


Foi et action pour chaque fois. Tel est le slogan de sa formation politique.


Le moment est ainsi venu pour joindre la foi à l’action.


C’est pourquoi il souhaite une campagne rigoureuse et victorieuse.  A cet effet, il invite à des actions originales ; et demande à tous de se mettre au travail avec une équipe commando prête à faire des sacrifices.


Car pour le candidat KONAN Kouadio Siméon, Dieu agit dans l’action. Le neutre réconciliateur exhorte chacun à la vraie paix, gage du développement durable de la Côte d’Ivoire.


 

Patrice KOUAKOU WANSET                                      







22:59 Publié dans Politique | Tags : cinquantenaire, côte d'ivoire, elections | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

04 janvier 2010

Messages des évêques de C I à l'occasion de l'élection présidentielle du 29/ 11/ 2009



 

Préambule

Cathédrale Saint Paul édifiée par Aldo SPIRITOM et inaugurée en 1985, Abidjan, Côte d'Ivoire, Afrique

Chers frères, chères sœurs, chers compatriotes,
Chers habitants de la Côte d'Ivoire,

Hommes et Femmes de bonne volonté,

1 - Avec les prochaines élections se lève sur la Côte d'Ivoire l'aube d'une nouvelle espérance. En effet, après sept longues années de souffrances, de tâtonnements, d'hésitations, notre pays, avec ces échéances électorales futures, s'engage résolument sur le chemin d'une sortie de crise réussie. Cela constitue un tournant décisif dans l'histoire de notre jeune nation.
C'est pourquoi, nous, vos compatriotes et frères, les Evêques de Côte d'Ivoire, prenons la parole pour vous inviter à saisir le véritable enjeu de ces échéances et à les vivre avec toute la responsabilité qui s'impose.

2 - Cette lueur d'espérance est d'abord l'œuvre de Dieu et ensuite le fruit de beaucoup d'actions et d'efforts conjugués des uns et des autres, qu'il ne faut en aucun cas rendre vains, par notre propre faute.
Aussi voudrions-nous remercier Dieu qui a daigné écouter les prières et les supplications jaillies de nos bois sacrés, églises, mosquées, temples et autres lieux de culte. Béni soit - il, Lui qui, plus d'une fois nous a évité la catastrophe.
C'est ici également le lieu de reconnaître, d'apprécier et de souligner l'engagement et le souci de tous les Ivoiriens, de toutes les Ivoiriennes, de toutes les personnes de bonne volonté, de toutes les confessions religieuses dans la prière fervente adressée à Dieu en vue de l'avènement de la Paix que Lui seul est en mesure de donner aux hommes et aux nations.
Dans cet esprit, nous encourageons les croyants, les hommes et les femmes de bonne volonté à continuer de prier pour que cette période électorale délicate soit vécue de manière paisible.
Dans le cadre des efforts accomplis en vue de la paix, nous voulons saluer et remercier tous les hommes politiques pour les actions concrètes menées en faveur de la cohésion sociale, qui redonnent progressivement confiance au pays, à ceux qui l'habitent, aux investisseurs, et à l'ensemble de la sous-région, au continent africain et à la communauté internationale.

3 - Au regard de tous ces acquis qui amorcent une nouvelle ère d'espérance, nul ne doit se complaire dans la situation actuelle, floue et ambiguë et qui, malheureusement pour beaucoup, constitue un fond de commerce. En conséquence, les élections nous apparaissent comme une nécessité absolue et incontournable. Pour cette raison, il faut éviter de reporter indéfiniment ces élections. Cela compromettrait gravement la paix sociale.
Tous et à tous les niveaux, nous devons prendre conscience de l'enjeu, du sérieux et de la gravité des élections prochaines, qui touchent au socle, au sort et à l'avenir de notre pays. Il va sans dire que ces élections sont très attendues autant par la communauté nationale qu'internationale.

4 - Notre message s'enracine dans l'observation de la situation socio-politique actuelle. Cette observation nous conduira dans l'ambiance des joutes électorales et nous mettra face à nos responsabilités individuelles et communautaires, en vue de la reconstruction d'une Côte d'Ivoire nouvelle, havre d'accueil, de vérité, de justice et de paix.
 

Chapitre I : situation actuelle

5 - En observant notre pays aujourd'hui, il se dégage un constat peu reluisant. L'ambiance de ''ni paix ni guerre'' dans laquelle nous vivons, semble s'éterniser à la grande joie de certains leaders politiques, chefs militaires et acteurs économiques du pays et d'ailleurs. Cette situation engendre la morosité générale, l'angoisse, le découragement, la déception et la peur face à l'avenir.

6 - Tout cela fait naître le doute au sein de la population quant à la tenue effective des élections. Ce doute se double même d'une crainte par rapport à l'issue éventuelle des élections : Y aura-t-il des élections ? Si oui, quand et comment vont- elles se dérouler ? Que se passera t-il après ces élections ?
En clair, dans les cœurs angoissés des populations surgissent de nombreuses questions : les futurs gouvernants penseront-ils à l'ensemble du peuple ou n'auront - ils d'attention que pour eux-mêmes et les leurs ? Les vaincus choisiront-ils la sagesse du jeu démocratique ou prendront-ils le maquis pour faire basculer le pays dans une nouvelle violence ? Par ailleurs, les élections seront-elles bien organisées, dans la transparence et la justice de sorte que les populations frustrées ne soient pas obligées de recourir à la violence pour réclamer leurs droits lésés, confisqués ou manipulés ?

7- La situation ainsi dépeinte montre bien la dégradation du contexte social de notre pays qui laisse entrevoir le caractère particulièrement délicat des prochaines élections.
La majorité de la population s'enfonce dans la pauvreté matérielle et morale. Elle devient ainsi de plus en plus vulnérable. Les grèves qui se multiplient révèlent un profond malaise social.
L'indifférence de nombre de jeunes face à leurs propres échecs constitue un phénomène social déroutant. Ils sont désaxés et sans autres repères que la violence, la brutalité dans la revendication de ce qu'ils croient être leurs droits.
A ceci s'ajoutent des discours univoques et inquiétants de certains leaders politiques qui n'envisagent qu'une seule issue pour eux-mêmes aux échéances électorales qui s'annoncent : la victoire et rien que la victoire. Et ils l'expriment par des expressions telles que : « on gagne ou on gagne », « on gagne au premier tour » ou « nous sommes déjà à la présidence ».

8 - La morosité, la dégradation sociale constatée et le refus subtil de la défaite contenu dans certains discours politiques aujourd'hui, tout en étant sources d'inquiétudes, demeurent cependant un défi à relever par les futures élections. Voilà pourquoi il faut qu'elles aient nécessairement lieu et selon les conditions de justice, de transparence optimales, dans un esprit de responsabilité civique, démocratique et historique ; et ce, avant, pendant et après ces échéances.
 

Chapitre II : les élections

2 - 1 Avant les élections

9 - Avant les élections, il convient de créer un climat de confiance qui rende fiable et crédible tout le processus électoral. Aussi tous les organismes impliqués dans ce processus devront - ils veiller à lui assurer et garantir une saine préparation technique. Cela revient entre autres et surtout à établir une liste électorale fiable et à la publier à temps dans les délais prévus par la loi.

10 -A l'occasion de la campagne électorale, les leaders politiques, tout en exposant leurs projets de société et leurs programmes de gouvernement, s'attèleront à sensibiliser, à former et à éduquer leurs militants à la compréhension et à l'exercice de la démocratie, pour des élections apaisées dans un climat de confiance et de vérité. C'est pourquoi, d'ores et déjà, nous dénonçons et décourageons l'attitude de certains candidats qui, avant même la tenue des élections, proclament haut et fort qu'ils ont déjà gagné. Il est déplorable qu'ils avancent des arguments à colorations ethniques et religieuses dangereuses.
Avec insistance et au nom de la dignité de l'être humain, nous dénonçons et condamnons les pratiques occultes qui vont jusqu'aux sacrifices humains. Nous dénonçons également l'achat et la manipulation des consciences et des groupes. Il convient de proscrire aussi la multiplication frauduleuse des électeurs et la falsification des listes électorales.

11 - Le gouvernement, pour la dignité et la sécurité du pays, se fera le devoir de trouver les moyens financiers et matériels suffisants pour la saine organisation des élections prochaines.

2 - 2 Pendant les élections

12 - A propos des élections, nous voulons rappeler que le vote est un devoir sacré pour tout citoyen ; le négliger , le banaliser ou pire, le refuser sans contrainte extérieure , c'est commettre une faute grave contre soi-même et contre la nation. C'est pourquoi, il ne faut pas avoir peur d'aller voter. Dans l'exercice de ce droit fondamental, nul électeur ne doit être empêché d'accéder au bureau de vote. Comme on a pu le constater dans l'histoire récente de notre pays, ces dérapages se sont déjà produits. C'est pourquoi, nous en appelons aux responsables des partis politiques afin que ces dérives ne se reproduisent plus jamais.
De leurs côtés, les militants et les électeurs devront se respecter mutuellement quel que soit leur bord politique, dans l'esprit même du jeu démocratique.

13 - Les représentants des différents partis politiques, des organes de régulation et des observateurs devront être effectivement présents et en même temps dans chaque bureau de vote. Ils feront preuve de vigilance avec un sens très élevé du devoir vis-à-vis de la nation.

14 - Au terme des votes le climat de paix, de sérénité dans le pays dépendra de la gestion des bulletins ; nous recommandons donc que les décomptes soient faits dans la transparence et que les résultats soient communiqués dans la vérité par l'autorité compétente.

2 - 3 Après les élections

15 - La période comprise entre les votes et la proclamation des résultats par l'organe légal est extrêmement sensible. Toutes les paroles dites et les actes posés à cette période doivent être revêtus de prudence et de mesure. C'est pourquoi nous invitons les candidats à s'abstenir de toute attitude consistant à se déclarer élus avant même le décompte des voix et la proclamation officielle des résultats. Nous interpelons particulièrement les médias. En effet, seuls les organes attitrés ont le droit de proclamer les résultats en toute vérité et selon la loi.

16 - Après les élections, il faudra accepter le verdict des urnes, dans un esprit démocratique et patriotique mûr. Vainqueurs et perdants, chacun à sa place, en toute dignité, demeurent fils et filles du pays, au service de son devenir. Voilà pourquoi les uns et les autres doivent tout faire pour évacuer les idées de vengeance et de règlement de compte.

17 - Les candidats et leurs militants doivent accepter le résultat des votes et se garder de toute tentative de contestation violente et illégale. Les réclamations sont admises dans le strict respect des dispositions en vigueur. Les leaders politiques devront absolument éviter de jeter les enfants des autres dans les rues. Elus et perdants adopteront une attitude de courtoisie citoyenne et renonceront à toute forme de violence, d'humiliation et de moquerie pour ne considérer que l'intérêt supérieur de la nation qui a déjà trop souffert.
 

Chapitre III : Appel aux protagonistes des élections

Pour réussir ces élections et redonner une nouvelle chance à notre pays, nous en appelons à la conscience civique de tous et à la crainte de Dieu.

3 - 1 Aux leaders politiques


18 - Dans la conduite de la vie de la nation, vous, leaders politiques, vous occupez une place de choix. Vous vous présentez comme des éveilleurs de conscience et des modèles de citoyens. A ce titre, vous êtes appelés à être les repères et les guides des militants de vos partis politiques. Pour cela, vous devrez incarner vous-mêmes les valeurs humaines et démocratiques que vous prônez dans vos projets de société et programmes de gouvernement.
De manière plus concrète, vous vous évertuerez à ne pas compromettre et rendre vain le geste symbolique fort de la Flamme de la Paix accompli à Bouaké, le 30 juillet 2007 et tous les efforts consentis pour le retour de la paix. Plus fondamentalement, vous éviterez de trahir ou de contredire le noble idéal de paix et de bonheur partagé que vous portez pour l'ensemble du pays.
Dans vos discours et comportements, vous, leaders politiques, vous veillerez à ne mépriser personne et à n'insulter personne. L'autre candidat n'est qu'un adversaire politique et non un ennemi. Aussi doit-il être traité avec courtoisie, conformément au code de bonne conduite que vous avez signé.

19 - Quels que soient les résultats des votes, vous devrez placer l'intérêt supérieur de la nation au dessus de toute autre considération ; vous ferez montre de grandeur d'âme pour ne pas considérer la victoire comme une occasion de domination et la défaite comme une déchéance humaine. Dans cette dynamique, le vainqueur devra tendre la main aux vaincus qui accepteront en toute humilité et honnêteté de collaborer à l'unique construction du pays.

20 - Au regard de l'histoire récente de notre pays où beaucoup de jeunes par dizaines ont été sacrifiés sur l'autel des ambitions politiques partisanes, nous vous recommandons vivement de vous abstenir d'impliquer les jeunes dans vos aventures idéologiques meurtrières. Dans le même sens et à l'avenir, nous préconisons que la pratique de la politique soit définitivement exclue de nos écoles, campus et cités universitaires et que les conflits politiques ne soient pas transposés sur le terrain de l'éducation de nos enfants.

21 - Dans la situation actuelle de notre pays, pour une sortie de crise sans heurts, l'idéal aurait été le désarmement avant les élections. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Ce que nous déplorons amèrement. En tenant compte de cette réalité, nous vous demandons avec insistance, à vous leaders politiques, forces militaires et milices que ni d'un côté ni de l'autre, il ne soit fait usage des armes, avant, pendant et après les élections.

3 - 2 Aux militants

22 - Vous, militants, vous constituez la base et la force des partis politiques. Mais en même temps, sans le vouloir, vous pouvez en être la faiblesse. Par votre propre faute, à travers l'usage de la violence, le refus de la contradiction, le tribalisme, l'ethnicisme et le fanatisme religieux, vos partis peuvent perdre en crédibilité. Au contraire, vous devez faire preuve de tolérance en acceptant le droit à la différence d'opinion et en traitant avec bienveillance vos adversaires, à défaut de les aimer.

23 - Dans la manifestation légitime de votre joie, suite à la victoire de votre candidat, vous ne devez ni provoquer ni humilier les perdants.

24 - Victoires et défaites ne doivent être des occasions pour poser des actes de vandalisme qui contredisent l'esprit civique (descentes dans les rues, pillages, incendies, meurtres, viols, etc.).

3 - 3 Aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et aux Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN)

25 - A l' occasion de ces élections nous voulons rappeler et reconnaître les efforts de rapprochement que vous, FDS et FAFN, avez consentis et qui ont abouti à la création du Centre de Commandement Intégré (CCI). Tout en vous félicitant pour ce geste, nous vous encourageons à aller de l'avant jusqu'à l'avènement d'une armée unique et républicaine.

26 - Le devoir premier de l'armée, nous le pensons, est de défendre le pays et de protéger les populations. C'est pourquoi nous vous recommandons au nom de Dieu de vous en tenir scrupuleusement à cette mission, avant, pendant et après les élections. Refusez catégoriquement de vous impliquer dans toute tentative de coup d'Etat et de déstabilisation du pays.

3 - 4 Aux journalistes

27 - Vous, journalistes, vous avez pour mission d'informer, de former, d'éduquer et d'offrir des loisirs aux populations. Contrairement à ce qui s'est passé au début de cette crise, vous donnez l'impression d'avoir pris le chemin de votre mission originelle. Vous êtes aidés en cela par divers organes nationaux de régulation qui vous encadrent et vous orientent vers un comportement professionnel, apaisant. Dans cet esprit et pour permettre à la Côte d'Ivoire de vivre des élections sereines et transparentes, il s'impose d'une part que vous journalistes vous évitiez d'écrire des articles incendiaires de nature à mettre le feu aux poudres et à compromettre la paix fragile qui pointe à l'horizon.
Il est impératif d'autre part que l'équité soit respectée dans l'accès de chaque candidat aux médias d'Etat.

3 - 5 Aux populations

28 - Dans ces moments d'effervescence populaire pré-électorale, nous voulons vous rappeler l'importance de l'acte du vote que vous allez poser et qui va déterminer le devenir de notre pays au sortir de cette crise. En effet, le vote constitue un devoir civique qui s'impose à tout citoyen comme l'expression suprême de sa liberté démocratique ; c'est pourquoi personne ne doit se laisser corrompre par qui que ce soit dans l'exercice de ce droit fondamental.

29 - Chacun d'entre vous, à ce tournant décisif de notre histoire nationale, doit prendre conscience du sérieux que revêt cette échéance. En Accomplissant ce devoir comme il faut vous contribuez au relèvement et à la réhabilitation de notre pays face aux autres nations.

3 - 6 A la société civile

30 - Dans ce sens et dans ce cadre, nous saluons la naissance de la société civile. Vous, membres de cette société civile, avez pour mission d'éclairer les consciences politiques en demeurant apolitiques et en vous laissant vous-mêmes éclairer par la vérité et guider par la justice. Pour ce faire, vous ne devrez jamais permettre que la société civile soit pour des leaders politiques un tremplin pour assouvir leurs ambitions. Par contre, vous veillerez à ce qu'elle demeure libre et critique vis-à-vis des hommes et des partis politiques.

3 - 7 Aux femmes

31 - Les élections qui approchent nous interpellent sur la valeur de la vie humaine, particulièrement dans notre pays. C'est dans ce contexte que nous nous tournons vers vous les femmes dont la vocation est de donner et de protéger la vie. Vous avez pour rôle, entre autre, de rappeler à tous que la vie doit être préservée, en vous appuyant sur le drame que nous avons vécu. En effet, tous ceux qui sont morts au cours de cette guerre ont été portés par vous. Les hommes politiques qui aspirent à prendre en charge la destinée de ce pays sont aussi vos enfants.
A ce titre, vous devrez rappeler à tous le prix de la vie dont vous portez les cicatrices dans vos entrailles, sanctuaire de la vie.

32 - Vous les femmes, vous avez payé le plus lourd tribut durant cette guerre : femmes rendues veuves, violées, éventrées, tuées, infectées du VIH / sida. C'est pourquoi, il vous revient de vous mobiliser et de vous battre pour que nous sortions de cette crise.
A cet effet, nous invitons toutes vos associations présentes sur le territoire ivoirien à défendre la vie. Vous devrez d'une part, rejeter toute parole et toute attitude qui provoquent ou sèment la haine et la violence et d'autre part cultiver tout comportement qui apporte compréhension et apaisement.

3 - 8 Aux jeunes

33 - L'avenir d'un pays repose sur sa jeunesse. A ce sujet, l'Eglise a raison lorsqu'elle affirme que « la jeunesse n'est pas seulement le présent mais surtout l'avenir de l'humanité » ( Ecclesia in Africa , n°93).
Dans le cadre de la Côte d'Ivoire, vous les jeunes, vous constituez une force. Vos différentes mobilisations positives à certains moments décisifs de la crise en sont une preuve.

34 - Tout en vous félicitant pour votre générosité à répondre aux appels qui vous sont adressés, nous vous invitons à beaucoup de vigilance et à plus de maturité dans vos engagements politiques et idéologiques. Vous ne devrez pas vous laisser manipuler et instrumentaliser par les hommes politiques. Refusez systématiquement le faux martyre qui ne servirait qu'à la gloire d'un individu se souciant peu ou même pas de votre véritable avenir. Rejetez également tout acte qui serait de nature à détruire aussi bien les acquis que le pays lui-même.

3 - 9 A la communauté internationale

35 - Nous vous remercions, membres de la communauté internationale, pour votre présence permanente et active auprès de notre pays, depuis le début de cette crise jusqu'à ce jour, même si, comme dans toute entreprise humaine tout n'a pas été parfait.
A travers les élections futures, nous comptons sur votre soutien que nous souhaitons efficace et impartial.

3 - 10 Aux autorités religieuses

36 - Nous autorités religieuses, sommes les guides et les éclaireurs des consciences des hommes, des femmes et des communautés au nom de la foi en Dieu. A ce titre, nous ne devrions pas avoir peur de dire la vérité qui s'impose et qui seule libère. Pour y parvenir, nous autorités religieuses, préserverons notre liberté vis-à-vis des leaders des partis politiques, des pressions et des logiques ethniques.

37 - Nous devons avoir le courage de dénoncer ouvertement les pratiques occultes liées aux élections qui hélas, vont jusqu'aux sacrifices humains. Dans nos diverses interventions, nous rappellerons aux leaders politiques le vrai sens de leur engagement qui est d'abord et essentiellement un service de la communauté. Il n'est nullement un moyen d'enrichissement individuel et rapide, encore moins la recherche d'une gloire personnelle ou d'une revanche sur des adversaires.

38 - Dans nos bois sacrés, églises, temples, mosquées et autres lieux de culte, nous devons adresser une parole non partisane, apaisée, apaisante et réconciliatrice, susceptible de nous aider à reconstruire ensemble notre pays tant sur le plan humain, spirituel que matériel.
 

Chapitre IV: Reconstruction Nationale

4 - 1 Au plan humain et spirituel

39 -La crise que notre pays traverse comporte une dimension politique et militaire. En réalité et en profondeur, elle s'enracine dans le déséquilibre moral et spirituel de notre société où l'homme est de plus en plus embourbé dans la recherche du gain facile, la soif de l'argent, la quête violente du pouvoir et la dépravation des mœurs. En effet, comme l'affirme le Christ dans l'Evangile, ce qui rend l'homme impur vient de son cœur (Cf. Mt15, 10 - 11).
La reconstruction que nous envisageons pour notre pays, la Côte d'Ivoire, est d'abord et surtout humaine, morale et spirituelle. Car c'est l'Homme reconstruit en son être intérieur qui sera l'artisan de la restauration matérielle du pays. Pour cela, il nous faut tirer de cette guerre les leçons qui s'imposent ; la plus importante de ces leçons est sans nul doute la vie qu'il faut préserver à tout prix et la nécessité de la convivialité, grâce à l'acceptation et à la communion des différences. Trop de sang humain a été déjà inutilement versé. Au nom du Dieu de la vie, nous vous en supplions, chers compatriotes : que plus jamais cela ne se reproduise. Le sang humain est sacré !

40 - Songeons davantage à prendre en charge les diverses victimes de cette guerre. Nous pensons d'abord, aux veuves, aux veufs, aux orphelins, aux mutilés de guerre, à ceux qui ont tout perdu, aux infectés du VIH/sida suite aux viols et autres violences sexuelles.
Ensuite, notre regard de sollicitude paternelle se tourne vers les enfants soldats, les jeunes déscolarisés à cause de la guerre, les petites filles prostituées, les blessés psychologiques et moraux et aussi les ex- combattants.
Cette prise en charge devra être organisée en fonction des besoins par les gouvernants, particulièrement les ministères de tutelle, les communautés religieuses et bien d'autres organismes de bonne volonté.

41 - Dans le cadre de la mise en œuvre de cette solidarité nationale, nous mettons en garde les individus malhonnêtes qui profitent des situations de malheur pour escroquer les personnes généreuses et les institutions cherchant à aider les vraies victimes.

42 - En cette heure de reconstruction de l'homme et du tissu social, nous recommandons des attitudes qui favorisent et promeuvent une vie communautaire harmonieuse. Ne minimiser personne, ne provoquer personne, n'étiqueter personne ; en somme, respecter tout Homme et tout l'Homme, voilà des comportements nouveaux qu'il nous faut désormais cultiver. C'est grâce à cette unité retrouvée que nous pourrons ensemble rebâtir la Côte d'Ivoire nouvelle.

4 - 2 Au plan matériel


43 - La reconstruction matérielle de notre pays est à réaliser dans un esprit de justice et de vérité. Plusieurs ont été dépossédés de leurs biens : maisons, terrains, véhicules et autres biens meubles et immeubles. Nous demandons que cela leur soit rétrocédé. Il convient donc de mettre sur pied un comité national pour conduire cette opération de justice.

44 - Il est impératif, dans un esprit de vérité libératrice, que l'unicité des caisses de l'Etat devienne effective, que prenne fin le pillage des ressources du pays, que l'autorité de l'Etat de Côte d'Ivoire soit restaurée sur toute l'étendue du territoire.

45 - Il est absolument nécessaire d'établir un fichier d'identification fiable aussi bien pour les nationaux que pour les non-nationaux afin de régler définitivement l'épineux problème d'identité qui se pose en Côte d'Ivoire.

46 - La nouvelle Côte d'Ivoire dont nous rêvons sera en réalité le fruit de notre travail. C'est en effet par le travail ardu et honnête de tous que nous rebâtirons notre pays dans la prospérité partagée et le réhabiliterons dans sa dignité au sein des nations modernes.

Conclusion

47 - « Salut, ô Terre d'espérance... ». Comme l'énonce si bien notre hymne national, l'espérance est permise. Au-delà de tout ce que nous avons vécu, au-delà des souffrances et des déboires que nous avons connus, nous pouvons nous en sortir ensemble. Et c'est le moment. Voici le seul et véritable enjeu de ces élections prochaines.

48 - Des pays en situation plus grave que la nôtre ont organisé et réussi leurs élections. Pourquoi pas nous ? Ne pas faire ces élections, ne pas les faire à temps et surtout ne pas les réussir seraient une honte et un désastre pour la nation tout entière. Par contre, si nous gérons bien ces élections, il en sortira une Côte d'Ivoire nouvelle, « modèle de l'espérance promise à l'humanité ». Pour ce faire, il nous faut des hommes et des femmes pleins d'amour, de justice et de paix.

49 - Chers frères, chères sœurs, chers compatriotes, n'ayons pas peur d'aller aux élections. N'ayons pas peur de prendre ensemble et résolument le chemin de la vérité, de la justice, de la fraternité ouverte et solidaire.

50 - « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent pour rien. Si le Seigneur ne garde la ville, la garde veille pour rien. » (Ps 127 (126), 1).Dans ce cadre, nous invitons les Catholiques à poursuivre de manière plus intense la prière pour la paix, composée par les évêques de Côte d'Ivoire, au cours de chaque célébration eucharistique comme conclusion à la prière universelle. Dans le même sens, on développera davantage l'adoration du Très Saint Sacrement.
Puisse le Seigneur Dieu, par son Fils Unique Jésus-Christ, le Prince de la paix nous aider, grâce à son Esprit Saint réconciliateur, à reconstruire notre pays, en union avec la Vierge Marie, Notre Dame de la Paix.
 
Vos Frères, les Evêques de Côte d'Ivoire.
Abidjan, le 29 novembre 2009, 1er dimanche de l'Avent, année C.



14:34 Publié dans Education | Tags : évêques de ci, élections, paix, espérance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |