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25 mai 2017

Pour la première fois, l’OMS va être dirigée par un Africain

INTERVIEW - L’Éthiopien Tedros Adhanom a été élu ce mardi pour diriger l’Organisation mondiale de la santé. Florian Kastler de l’Institut Droit et Santé décrypte les défis qui l’attendent.

Les 168 pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont élu hier soir le directeur général de l’agence onusienne au terme d’une campagne d’une vigueur inédite pour l’institution. Chercheur renommé sur le paludisme et ancien ministre de la Santé, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus succédera le 1er juillet à la Chinoise Margaret Chan. C’est la première fois qu’un Africain va diriger l’OMS. Florian Kastler, chercheur à l’Institut Droit et santé (Inserm/université Paris-Descartes) et enseignant à Sciences Po, décrypte les défis qui attendent le nouveau patron de l’agence.

LE FIGARO. - Comment se déroule cette élection?

Florian KASTLER. - Pour la première fois dans l’histoire de l’OMS, cette élection se tiendra à bulletins secrets, ce qui a contribué à une vraie compétition. Jusqu’au bout, l’incertitude a persisté. Jusqu’alors, tout se jouait en coulisses entre les États avant le jour J. La réélection de Margaret Chan en 2012 ne s’est accompagnée d’aucun suspense puisque, à l’issue de l’audition des candidats, un processus de présélection habituel à l’OMS, seule sa candidature avait été maintenue! La vitalité électorale que l’on a observée cette fois entre 6, puis 3 postulants, révèle la volonté de renforcer la légitimité du patron de l’OMS, en obligeant les candidats à présenter un programme structuré dont ils seront ensuite comptables.

Que savez-vous du nouveau directeur?

Tedros Adhanom a sans doute bénéficié de sa nationalité, l’Afrique n’ayant encore jamais donné de directeur à l’OMS. Mais c’est aussi un homme compétent et apprécié, et sa double expérience de ministre des Affaires étrangères et de la Santé en Éthiopie correspond bien aux compétences attendues du patron de l’OMS, à la fois diplomatiques et médicales. Sa candidature a été entachée d’accusations sérieuses - un professeur de droit américain affirme qu’il a dissimulé des épidémies de choléra pendant qu’il était ministre de la Santé -, mais cela n’a visiblement pas rebuté les pays votants.

De quelle latitude dispose le directeur général de l’OMS?

L’OMS est une organisation internationale: son budget et ses axes d’action sont déterminés par les pays réunis en assemblée. Le directeur n’agit que sur mandat des États membres. Il dispose toutefois de compétences propres, comme déclarer un état d’urgence sanitaire mondiale, dont il endosse alors la responsabilité. Il y a par ailleurs différentes façons d’incarner ce rôle. Gro Harlem Brundtland, directrice de 1998 à 2003, était ainsi parvenue à imposer la convention cadre pour la lutte contre le tabac, qui reste à ce jour la seule norme internationale contraignante sur le sujet. Margaret Chan était bien plus consensuelle.

Justement, que retient-on de ses 11 années à la tête de l’OMS?

Son bilan est assez mitigé. Elle a cherché à satisfaire les États membres mais aussi les contributeurs non étatiques privés, comme la Fondation Bill et Melinda Gates. Une logique critiquée par certains pays, bien qu’ils soient les principaux contributeurs au budget global de l’OMS. Elle a ensuite cherché à se rattraper en améliorant la transparence au sein de l’organisation. On lui a aussi reproché sa réaction tardive à la crise sanitaire d’Ebola en Afrique de l’Ouest. À l’inverse, certains lui ont presque reproché d’avoir surréagi devant le virus Zika. Sa principale réussite est sa prise de position en faveur de la couverture sanitaire universelle, principe selon lequel tout État doit permettre à ses citoyens d’être soignés où qu’ils vivent et quels que soient leurs revenus. Il ne s’agit pas que l’OMS gère des structures de terrain mais qu’elle mette son expertise et son soutien financier au service des États pour qu’ils progressent vers l’autonomie des systèmes de santé.

Quels défis attendent le nouveau DG?

Il va devoir restaurer la légitimité de l’OMS en améliorant l’efficacité des actions entreprises et en les faisant connaître. Pour cela, il faut trancher: l’OMS doit-elle rester une agence technique d’experts, productrice de connaissances scientifiques et normatives? Doit-elle devenir opérationnelle, en conduisant des interventions sur le terrain? Actuellement ce n’est pas le cas, même si Margaret Chan a annoncé l’an dernier la création d’une force d’intervention en cas d’urgence sanitaire, un peu comme des Casques blancs. Mais le projet repose sur le volontariat des pays et on est loin du compte. Je pense enfin que l’OMS devrait s’engager davantage sur deux problématiques majeures: les maladies non transmissibles (comme l’obésité, le tabagisme…) qui sont devenues la première cause de mortalité au monde devant les maladies infectieuses ou la malnutrition et l’impact du changement climatique sur la santé.

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24 mai 2017

NTIC: Depuis Beijing, Me Roger Ouegnin annonce la future télé de l’ASEC et la signature d’un partenariat entre le Club ivoirien et le Gouvernement Allemand

Cérémonie

© Abidjan.net par Serge T
Cérémonie de signature de convention entre le club ASEC MIMOSA et StarTimes
Vendredi 21 Avril 2017 Abidjan. Le président du conseil d`Administration de l`ASEC MIMOSA Roger Ouégnin et le directeur commercial de StarTimes Julien JIN ont signé un contrat de partenariat gagnant gagnant pour la bonne marche des deux structures. Photo: Roger Ouegnin PCA de l`Asec Mimosas
 

Aller à la numérisation de la Radio et de la Télévision présente d’importants avantages pour les Etats. C’est ce qui ressort de la conférence de presse du Président Directeur général du groupe StarTimes, Pang Xinxing, tenue dans le cadre de la 7ème édition du Séminaire sur le Développement de la Télévision numérique en Afrique, qui se tient à Beijing en Chine.

A en croire le président de StarTimes, il serait avantageux pour les Etats, qui ne l’ont pas encore fait, de migrer vers la télévision numérique eu égard aux ‘’nombreux avantages et la valeur ajoutée’’ qu’elle apporte à toute l’industrie de la communication. Pang Xinxing a expliqué que la télévision numérique consacre l’avènement de nouveaux métiers, augmentant ainsi le nombre d’emplois.

La télévision numérique contribue également à rendre florissant le secteur de la communication et des médias. Non sans manquer d’en rajouter aux recettes fiscales de l’Etat, a dit Pang Xinxing. Aller à la télévision numérique, c’est augmenter le signal ainsi que la qualité de transmission. Toute chose qui a pour avantage d’augmenter le nombre de téléspectateurs et par conséquent accroître les recettes liées aux activités publicitaires. Et donc va apporter des bénéfices aux stations de télévision locales. Mais Pour le PDG de StarTimes, le plus gros avantage de la télévision numérique reste les nombreuses opportunités qu’elle offre aux acteurs du secteur. Les populations constituent les premières bénéficiaires de la Télévision numérique, a expliqué Pang Xinxing.

Le PDG de StarTimes a saisi l’occasion de cette conférence de presse pour expliquer que l’objectif pour son entreprise en organisant ce Séminaire, c’est de ‘’faire avancer le développement de la télévision numérique en Afrique’’. Estimant avoir ‘’reçu beaucoup de soutiens et d’appuis de gouvernements africains’’, StarTimes de son côté a décidé de faire ‘’quelque chose de bien pour la société africaine’’, a dit Pang Xinxing.

Pour finir, le PDG de StarTmes s’est félicité de l’intérêt que ne cessent d’afficher le Gouvernement chinois et les Gouvernements africains au Séminaire international sur le Développement de la Télévision numérique en Afrique.

StarTimes est le premier opérateur de télévision numérique en Afrique, avec près de 10 millions d’abonnés. Son réseau de distribution massif est composé de 200 salles de marque, de 3000 magasins de proximité, et de 5000 distributeurs, répartis dans 30 pays africains. StarTimes possède sa propre plate-forme de contenus variés, avec ses 440 chaînes autorisées qui diffusent en 10 langues différentes, dont l’anglais, le français, le portugais, le chinois, ainsi que d’autres langues africaines locales.

Publié le mardi 23 mai 2017  |  Abidjan.net
 
Elisée B.

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18 mai 2017

Sécurité alimentaire : Un défi majeur d’aujourd’hui et de demain

SAM_0501.JPGAujourd’hui, près de 33% de la population de l’Afrique subsaharienne, soit environ 200 millions de personnes, est sous-alimentée, dont 60% dans des pays en conflit. Des situations de pénuries alimentaires engendrées, entre autres, par les conflits, le changement climatique, la rareté de l’eau, la croissance démographique et la volatilité des marchés. Il est ainsi apodictique d’agir durablement d’une part pour rendre les systèmes alimentaires plus efficaces, inclusifs et résilients, et d’autre part pour mettre un terme à la faim et à toutes les formes de malnutrition.

 

Accroître la productivité et améliorer la sécurité alimentaire

Une réponse qui passe par l’augmentation de la production agricole, l’amélioration de la qualité des aliments et l’amélioration de la compétitivité des productions paysannes. L’agriculture revêt une importance essentielle pour les pays en développement. Le bon fonctionnement du secteur agricole est capital pour assurer la sécurité alimentaire. Il faut entre autres, améliorer la productivité agricole de manière durable afin de satisfaire à la demande croissante, et renforcer la résilience face aux crises de longue durée, aux catastrophes et aux conflits. Soulignons que les produits agricoles constituent une source majeure des revenus nationaux. Il faut produire plus avec moins, tout en préservant et en améliorant les moyens d'existence des petits exploitants agricoles et des agriculteurs familiaux, et d'assurer aux plus vulnérables un accès à l'alimentation. Afin d'augmenter de manière durable les activités rémunératrices des populations pauvres, l'on est invité à investir dans la protection sociale, à lutter contre la sous-alimentation et à investir en faveur des pauvres dans des activités productives, en particulier dans l'agriculture et au sein des économies rurales.

L’objectif est de promouvoir des investissements pour augmenter la production ; et la productivité agricole ; d’améliorer l’accès aux marchés.

Le concept de « sécurité alimentaire» a été défini lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996 : « La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine».

La sécurité alimentaire telle que définie par le Sommet mondial de l’alimentation de 1996 comporte quatre dimensions :i) la disponibilité physique des aliments, ii) l’accès économique et physique des aliments, iii) l’utilisation des aliments et iv) la stabilité des trois autres dimensions dans le temps.

 

L’insécurité alimentaire, un facteur qui pousse à se déplacer

Il ya un fossé entre l'utilisation de la terre et des ressources en eau dans le secteur agricole, les augmentations de production nécessaires d’une part et une hausse de la demande alimentaire d’autre part.

Au moins 40% des terres émergées de la planète sont menacées par la désertification et les Nations Unies soulignent que 40% des conflits dans le monde sont dus à des luttes pour les ressources naturelles.

Cette situation alimentaire, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, basé à Genève (HCR), est le résultat d'une multitude de facteurs comme le manque de fonds et des conflits qui provoquent des déplacements massifs de populations. Pour palier à cela, plusieurs pays émettent des réponses concomitantes aux situations de pénurie alimentaire engendrées, entre autres, par les conflits qui sévissent dans leurs territoires. C’est le cas des foires alimentaires comme une réponse d’urgence au déplacement des populations de l’est du Congo.

En 2016, l’Union européenne a alloué 165 millions pour assister les personnes frappées par la famine et par la sécheresse dans la Corne de l’Afrique, mais « l’insécurité alimentaire, a dit le vice-directeur général de la FAO, Daniel Gustafson, est un facteur qui pousse à se déplacer ou à migrer vers d’autres réalités ». L’on devrait développer les activités rémunératrices en zone rurale et lutter contre les causes de la migration.

L’on assiste des bouleversements importants qui touchent de plus en plus de communautés. Incorporer des pratiques durables dans l’agriculture semble dorénavant inévitable pour nourrir une population croissante sans détruire la planète. La durabilité est un enjeu incontournable de l’agroalimentaire de demain.

 

 

Environ 20 millions de personnes pourraient mourir de faim

« Il faut agir rapidement pour sauver la vie des populations frappées par la famine », dit José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO. Elles souffrent en particulier « dans le nord-est du Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen », précise-t-il. Pour le patron de la FAO, « Si l’on ne fait rien rapidement, environ vingt millions de personnes pourraient mourir de faim dans les six prochains mois »

Dans de telles situations de famine, ce qui compte premièrement est de pouvoir fournir une assistance alimentaire dans l’immédiat.

Selon le dernier rapport produit conjointement par le Programme alimentaire mondial (PAM), la FAO et la Commission européenne sur les crises alimentaires, en seulement douze mois, de 2015 à 2016, les personnes qui souffrent de la faim à cause d’événements climatiques extrêmes, souvent dans des zones de conflit, ont augmenté de 80 à 108 millions. Il s’agit avant tout de la sécheresse dans la Corne de l’Afrique (Somalie, Djibouti, Éthiopie et Érythrée), en particulier en Éthiopie : elle frappe essentiellement des agriculteurs avec de petites activités sur des terrains à risque de désertification.

 

Des mesures urgentes s’imposent

Selon le rapport de la FAO, l'Avenir de l'alimentation et l'agriculture : Tendances et défis, bien que des progrès majeurs aient été réalisés en matière de réduction des souffrances liées à la faim à travers le monde ces 30 dernières années, «le fait d'augmenter la production alimentaire et la croissance économique a de lourdes répercussions sur l'environnement naturel». Le rapport révèle : «Presque la moitié des forêts sur cette terre ont maintenant disparu. Les sources en eau souterraines s'amenuisent rapidement et la biodiversité a été particulièrement affectée». La simple augmentation de la production ne sera pas suffisante. La FAO appelle ainsi à des « transformations majeures dans les systèmes agricoles, les économies rurales et la gestion des ressources naturelles ». Car nous devons répondre aux nombreux défis qui se présentent à nous et exploiter pleinement le potentiel de l'alimentation et de l'agriculture en vue d'assurer un avenir radieux à tout le monde sur cette planète.

Plus d’investissements agricoles, de recherche et de développement dans l’agriculture et les systèmes alimentaires, mais également une « gouvernance cohérente et efficace à l'échelle nationale et internationale », seront indispensables si l’on souhaite atteindre l’objectif visant à éradiquer la faim d’ici à 2030.

Pour préserver la sécurité alimentaire, chaque pays devrait avoir la liberté d’exercer sa propre souveraineté alimentaire, c’est à dire de définir ses politiques agricoles et d’assurer l’autosuffisance alimentaire pour les principales productions agricoles de base.

La souveraineté alimentaire est par essence politique dans la mesure où elle se traduit, selon ses initiateurs, par le droit pour un pays/peuple de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations. L’autosuffisance alimentaire est la capacité de satisfaire tous les besoins alimentaires d’une population par la seule production nationale.

 Il faut nécessairement mettre en place des actions pouvant contribuer à créer une production alimentaire et agricole durable. L’on devrait se réorienter vers des systèmes alimentaires plus durables qui utiliseront de manière plus efficace la terre, l'eau et les autres intrants.

En plus d'augmenter la production et de renforcer la résilience, il conviendrait de créer des chaînes agroalimentaires capables de mieux connecter les agriculteurs des pays à faibles et moyens revenus aux marchés urbains et d'élaborer des mesures. Des mesures qui viseraient à garantir aux consommateurs un accès à une nourriture saine et nutritive.

Tous devraient s’employer à éradiquer l'extrême pauvreté et réduire les inégalités, et à répondre au besoin d'une gouvernance cohérente et efficace à l'échelle nationale et internationale.

« Ce que l’Afrique fait pour l’agriculture n’est pas seulement important pour elle, mais façonnera l’avenir de l’alimentation dans le monde » indique Akinwumi Adesina, ancien ministre nigérian de l’agriculture, devenu le président de la Banque africaine de développement (BAD) en mai 2015.

 

Perspectives

Si des efforts ne sont pas entrepris pour investir dans les systèmes alimentaires et les réorganiser, beaucoup trop de personnes souffriront de la faim en 2030, soit l'année limite fixée par les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) pour éradiquer l'insécurité alimentaire chronique et la malnutrition.

C’est à juste titre qu’indique David Nabarro, Conseiller spécial du Secrétaire général de l'ONU sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 «Éliminer la faim et la malnutrition sous toutes ses formes, transformer les systèmes alimentaires et agricoles de manière à autonomiser les petits exploitants et à préserver la planète est l'un des problèmes les plus épineux que pose le nouveau programme, et qui concerne tous les ODD».

Présent au 28e sommet de l’Union Africaine (UA) à Addis-Abeba, Akinwumi Adesina, président de la BAD estime que seuls des investissements conséquents dans le secteur agricole peuvent sortir de la pauvreté les 65 % d’Africains vivant en milieu rural.

Déjà présent dans la Déclaration sur les Droits de l’homme des Nations unies de 1948, le « droit à l’alimentation » est actuellement reconnu dans la Constitution de plus de 40 pays et, selon la FAO, il pourrait être un droit judiciaire dans quelques 54 pays. L’on devrait empêcher de nouvelles menaces transfrontalières sur l'agriculture et les systèmes alimentaires.

 

Patrice Kouakou




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15 mars 2017

Communication : L’information est à la fois art et science

Médias 25.jpgL’affirmation selon laquelle l’information est art et science ne cesse d’attirer l’attention de tous. A preuve les spécialistes tels que les sociologues, les politiciens, les journalistes, les historiens, les scientifiques n’hésitent de l’aborder à travers les rencontres internationales. Le terme « information » désigne un élément particulier de connaissance ou de jugement accessible à n’importe qui sous quelque  forme que ce soit. Selon une seconde acception, le mot « information » délimite un besoin social, une exigence de communication entre les individus d’une société.  Le terme « art » désigne la créativité. C’est l’ensemble des techniques qui concourent à la beauté et à l’esthétique. Le mot « science » traduit art ou pratique qui nécessite des connaissances expérimentales ou livresques. L’information est comme un fait que l’on doit étudier scientifiquement sur le terrain avec créativité et technicité. Les hommes des médias travaillent avec une imagination créatrice et un esprit scientifique. Ils demeurent en permanence des hommes de terrain qui observent, étudient les phénomènes de façon objective voire désintéressée pour le triomphe de la science. L’agent de l’information se sert de l’art et de la science pour transmettre ses messages. Lesquels sont l’objet de la communication. Par exemple, les mass médias recouvrent l’ensemble des procédés (radio, télévision, presse écrite et en ligne) par lesquels  l’information peut atteindre un grand nombre de personnes. Il ya donc un certain nombre de techniques qu’il faut s’approprier. Pour qu’une information soit vraie, il lui faut respecter les règles de reportage, de l’interview, de l’analyse. Le traitement de l’information est un art. L’information emprunte les outils de la recherche scientifique pour se définir et s’affirmer. L’information « à traiter » fait souvent appel  à l’appui de la sémiologie, de l’histoire, de l’anthropologie, de la science politique, de psychosociologie. L’information est ainsi le produit d’une imagination fertile et esthétique. De ce précède, le journaliste est un homme créatif. Par ailleurs, tout n’est pas de l’information. En théorie, toute information digne de ce nom doit être liée à la surprise. C’est pourquoi par boutade, on dit : « Il ya information et information.» Une véritable information doit bousculer les consciences, étonner le récepteur. On identifie souvent l’information, aux nouvelles qui ont lieu dans la vie de tous les jours. L’information n’a forcément pas besoin d’être artistique et scientifique pour être déchiffrable et saisissables. Le  caractère artistique et scientifique est le fait de la société urbaine et moderne. Il est nécessaire qu’il y ait une interaction entre les entités Art et Science, caractéristique de l’information. L’information n’est pas un phénomène autonome.  Pour le sémiologue, lire une affiche publicitaire nécessite une réflexion scientifique et une approche créative. Le procédé de collecte d’information des reporters est un art ; c’est aussi une science. La technique virtuelle de montage de film et la technique analogique de montage en sont d’autres exemples. Les médias sont amenés à fournir de l’information exhaustive avec  toutes les preuves  et les canons esthétiques inhérents  à la persuasion  de tous. Car les journalistes et les autres agents de l’information  sont responsables d’une bonne partie de l’information de leurs concitoyens ; et en ce sens ils jouent un rôle prépondérant dans une démocratie. Sans information adéquate, les citoyens  peuvent difficilement poser des choix éclairés.

Patrice Kouakou

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17 janvier 2017

L’université Mohammed VI ouverte sur l’Afrique et le développement durable

Universite Mohammed VI.pngL’agriculture, l’eau, l’environnement, les ressources naturelles et la sécurité alimentaire ainsi que l’Afrique figurent en bonne place dans les recherches de l’Université  Mohammed VI Polytechnique inaugurée hier par le roi.

L’université à vocation internationale  est centrée sur la recherche appliquée, l’innovation et l’entreprenariat. Elle mise sur un modèle d’enseignement et de recherche tournés vers l’innovation et l’expérimentation. Ainsi l’université comprend plusieurs sites d’expérimentation, « livings labs », dont un sur l’agriculture, Agri-Tech Platforms (Maroc et Afrique) avec des fermes expérimentales agricoles.  Ces dernières développeront des modèles et des techniques d’assolement et d’utilisation d’engrais innovants et feront des essais de plantations dans des milieux minéraux et biologiques différents.

Le campus universitaire entend devenir une véritable tête de pont entre le Maroc, l’Afrique et le Monde.   

L’université Mohammed VI Polytechnique est située à Benguerir, appelée encore la Ville verte, entièrement  nouvelle dont la construction a été lancée en 2009. Le maître d’ouvrage est l’Office chérifien des phosphates (OCP), qui y a érigé  son Centre de compétence industrielle et développé l’université Mohammed VI en partenariat avec des institutions comme l’Ecole des mines de Paris, Sciences Po, Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux Etats-Unis ou la Columbia University. 

Par Commodafrica

07:25 Publié dans Economie, Intégration Africaine, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

08 janvier 2017

Côte d’ivoire : pour pallier l’absence d’adresses postales, la Poste s’en remet à la géolocalisation

Avec 150 000 boîtes postales pour 24 millions d'habitants, la Côte d'Ivoire ne fait pas exception à une réalité qui concerne 4 milliards de personnes dans le monde. Pour réduire ces lacunes, la Poste ivoirienne propose une application depuis fin décembre, intégrant la technologie de géolocalisation développée par le britannique what3words.

Espadon.chaleur.éventail : un village près de la ville d’Anoumaba au centre de la Côte d’Ivoire. Modeste.déjeunant.enlever : une intersection jusqu’ici sans adresse au sein d’un quartier très peuplé d’Abidjan… La solution de géolocalisation développée par la société britannique what3words permet d’associer chaque carré de trois mètres sur trois de la planète à une adresse fixe. Soit tout de même 57 milliards de carrés qui ont été renommés par la start-up avec trois mots. D’anglais, de français ou de swahili, selon le pays où est utilisée sa technologie.

Pour pallier un faible système d’adressage − 150 000 boîtes postales pour 24 millions de personnes selon le chiffre indiqué par le patron de la poste ivoirienne Isaac Gnamba-Yao à la BBC −, la Poste ivoirienne a annoncé mi-décembre muscler son offre de géolocalisation. Pour ce faire, elle a intégré la technologie de what3words, une start-up co-fondée par Chris Sheldrick, un entrepreneur britannique, et le mathématicien Jack Waley-Cohen.

Le résultat de leur association, dont le détail n’a pas été rendu public, s’est matérialisé du côté ivoirien par la mise en service de l’application Dor2Dor, proposée désormais en téléchargement gratuitement sur Google Play et l’App Store.

Moitié moins de courrier envoyé

Concrètement, les usagers ivoiriens de l’application peuvent localiser l’adresse de leur destinataire en trois mots, et inscrire ces coordonnées d’un nouveau genre − bien plus précises que le GPS et le code postal selon les fondateurs de what3words − sur l’enveloppe papier ensuite convoyée classiquement par les services postaux.

"Les nouvelles adresses ont diminué et les volumes de courriers ont reculé de plus de 50% au cours des 10 dernières années"

Ce qui pourrait être bienvenu pour la poste ivoirienne qui dans son plan de redressement d’avril 2012 notait que « les nouvelles adresses ont diminué et les volumes de courriers ont reculé de plus de 50% au cours des 10 dernières années ».

D’un point de vue commercial, what3words pourra également être utilisée par la plateforme d’e-commerce Yaatoo, développée par Prosuma, le leader ivoirien de la grande distribution, mais aussi sur la plateforme de leur concurrent Afrimarket qui acceptera bientôt les adresses de trois mots, selon un communiqué diffusé par la société.

La solution est cependant tributaire de la diffusion de smartphones en Côte d’Ivoire, un marché estimé à sept millions d’utilisateurs. Autre bémol : la facilité d’accès de Dor2Dor qui est censé être actionnable depuis mPOSTE, une autre application de mobile money précédemment mise en service par la poste ivoirienne… Mais dont Jeune Afrique n’a pas trouvé trace sur l’App Store. Elle est en revanche disponible sur l’application Android sous le nom mposteci.

4 milliards de personnes sans adresse postale

Selon les Nations unies, plus de 4 milliards de personnes dans le monde ne disposent pas d’adresse physique, en Afrique notamment. What3words n’a pas été la seule start-up à se pencher sur ce problème. Des applications similaires utilisant la géolocalisation pour créer une adresse ont déjà été lancées : LocName en Égypte, ou Anwani, une application qui crée des adresses GPS sécurisées par des code PIN uniques.

http://www.jeuneafrique.com/390364/economie/cote-divoire-pallier-labsence-dadresses-postales-poste-sen-remet-a-geolocalisation/

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