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06 octobre 2018

Parlons d’amour à nos enfants !

 

FAMILY LOVE
 
L’éducation affective et sexuelle à l’école reconnaît officiellement le rôle des parents, mais s’oriente toujours vers une banalisation de la sexualité comme une succession d’expériences. Il est vital pour l’enfant que la première éducation à l’amour, celle qui précède la puberté, soit faite à la maison, par les parents.

« Chez les 14-15 ans, 8% regardent du porno plusieurs fois par jour… Ils font leur apprentissage de la sexualité dans les pires conditions », s’alarmait début juin le politologue Dominique Reynié. L’hypersexualisation des filles, qui se présentent comme des « friandises sexuelles » (sugar babies), en est le signe. Les enfants eux-mêmes sont de plus en plus victimes et acteurs d’« expériences sexuelles » de toutes sortes. Ils subissent le harcèlement d’adultes ou d’enfants qui rejouent eux-mêmes des situations vues ou subies… L’éducation sexuelle est-elle une réponse ? Elle était encore obligatoire l’année dernière à l’école élémentaire, le plus souvent en classe de CM2. Mais la circulaire du 12 septembre 2018 apporte du nouveau en matière de respect de l’enfant et de responsabilisation des parents. Comment agir, en tant que parents ? Comment protéger nos enfants tout en travaillant à leur épanouissement ?

Quelle éducation « à la sexualité » ?

À l’âge du primaire, en principe, « il ne s’agit pas d’une éducation explicite à la sexualité » nous apprend le portail des formateurs de l’Éducation nationale Éduscol : « Cette éducation vise à la connaissance, au respect de soi, de son corps et au respect d’autrui, sans dimension sexuelle stricto sensu à l’école élémentaire. […] L’enfance et l’intimité sont pleinement respectées. […] À l’école élémentaire, les modalités retenues pour la mise en œuvre de l’éducation à la sexualité sont présentées lors du conseil d’école et portées à la connaissance des parents d’élèves lors de la réunion de rentrée, dans le cadre de la présentation des enseignements. »

Les aspects qui relèvent de la biologie peuvent faire l’objet d’une étude en cours de sciences, les autres, (relation humaine, intimité de la personne) de l’éducation civique. Le rôle premier des parents est reconnu. À nous parents de le jouer, et d’exercer notre vigilance lors de la rentrée, et face à tout contenu ou intervenant qui n’ont plus rien à faire en classes primaires.

Au collège, la voie de la banalisation

Un problème se pose toujours quant aux contenus proposés aux collégiens, dont les plus jeunes sont prépubères. Car le message de l’éducation « à la sexualité » est : Jouis sans entraves — mais protégé — du moment que tu y consens. Les supports pédagogiques (Questions d’ados sur le site Onsexprime.fr), promeuvent toutes les « expériences » comme autant de pratiques de plaisir déconnectées de la personne, de l’amour et de l’enfant : réduction de la sexualité humaine au « modèle animal », banalisation des expériences sexuelles, « liberté » (paradoxale) de se soumettre à ses pulsions, déconstruction de l’identité sexuelle et choix du genre…

Depuis les années 1980 et la lutte anti-sida, l’éducation sexuelle a progressivement pris un caractère pornographique ; tel un pompier pyromane, elle banalise les pratiques d’une sexualité de performance issue de cet univers du porno qui véhicule les pires clichés sexistes — les comportements de domination-soumission notamment. Des pratiques qui renvoient à la prostitution du corps plus qu’à l’amour. Les enfants le perçoivent bien et le refusent quand ils disent, dans un cri du cœur : « L’amour ? C’est sale ».

Le mode de transmission lui-même interroge ; comment un intervenant extérieur, même bien intentionné, pourrait-il s’ajuster aux besoins de préados qu’il ne connaît pas, qui ne sont même pas frères et sœurs, réunis en groupes parfois nombreux, et dans un temps limité ? Ce mode adapté avec des plus grands, n’est pas sans risque avant la puberté, au primaire comme avec les élèves de sixième-cinquième : risque d’une indigestion de contenus sur la sexualité, risque plus grand encore de blesser le cœur de l’enfant par des propos inadaptés ou provocants qui violent son intimité. Chaque enfant est unique, et a droit au respect de son intimité. La nouvelle circulaire en prend acte, pour les primaires, et cette belle avancée doit être saluée, même si l’on peut regretter que rien n’a encore évolué pour les collégiens, dont les plus jeunes sont encore des enfants !

 

Du côté des parents

Les parents se sont inquiétés de voir imposer la théorie du genre à leurs enfants. Devant la question de la pornographie, les choses sont plus floues. Leurs yeux s’ouvrent parfois brutalement, lorsqu’ils découvrent un contenu pornographique sur l’ordinateur, ou lorsqu’ils apprennent que leur petit garçon, en grande section de maternelle, est victime depuis un an de demandes d’attouchements par un garçon de sa classe, et que l’on joue à chat-sexe dans la cour de récré. Surbookés, les parents sont en plus mal à l’aise devant ces sujets qui font toucher des fragilités ou des blessures personnelles. Ils se taisent, ou laissent passer le temps…

Or il est vital pour l’enfant que la première éducation affective et sexuelle, celle qui précède la puberté, soit faite à la maison, par les parents. Pour l’enraciner dans l’amour, car son cœur demande : « Et moi, d’où je viens ? Est-ce que moi, on m’a aimé ? » Pour lui faire découvrir, dans l’amour, la vérité et la beauté de l’amour. Pour créer avec lui une relation de confiance : il pourra ainsi revenir en cas de coup dur. Pour partager avec lui un grand moment de complicité et d’intimité. Pour le protéger de l’intérieur face aux informations mal faites, aux contenus idéologiques ou carrément glauques. Car sa capacité de résistance aux contenus mensongers vient de l’imprégnation de son cœur par la révélation de l’amour… Pour parler au cœur de leur enfant et l’imprégner ainsi, les parents sont les mieux placés.

Une éducation affective et sexuelle « humaine »

La première éducation affective et sexuelle donne à l’enfant la fierté de son corps et de soi, fierté de devenir homme, pour un petit garçon, ou femme, pour une petite fille, et de se préparer à aimer, parce que c’est beau : Je viens de l’Amour, je suis donc aimable. Je suis une merveille, et c’est mon corps de garçon, ou de fille, qui me le ‘‘dit ’’ !

À l’approche de l’adolescence, il s’agit d’annoncer la puberté, et plus encore de préparer à vivre de manière humaine, c’est-à-dire libre, les deux nouvelles réalités de la puberté : la fécondité et le désir. Cela ne va pas de soi, parce que nous sommes faibles. Cette faiblesse, nous la ressentons fortement dans notre sexualité. La raison humaine la constate sans l’expliquer : « Je vois le bien et je l’approuve, disait le poète latin Ovide, mais je fais le mal.  »

Apprendre à aimer

Comment alors devenir libre ? Il ne s’agit pas de refouler ni de dompter la sexualité, comme une bête sauvage et malfaisante. Mais de l’intégrer en devenant capable de relation, de communion, de don et d’amitié. « La sexualité, montre Jean Vanier, est intégrée et assumée dans une œuvre d’amour et de communion où on cherche le bien d’une autre personne, où des autres personnes, où l’on est en tout cas en relation avec des personnes. L’énergie vitale, l’énergie d’amour est alors orientée vers les autres non à travers l’union des corps mais à travers d’autres gestes de bonté, de vérité et de tendresse. »

L’éducation au don de soi passe aussi par l’acquisition de la force intérieure, de la justice, de la prudence, de la maîtrise de soi, ces vertus humaines qui aident à dominer ses pulsions, à moins se rechercher pour mieux vivre avec les autres. Ainsi l’enfant commence à s’unifier ; il apprend à faire marcher ensemble son cœur et son corps.

Humaniser la sexualité

Une éducation affective et sexuelle authentique humanise la sexualité. Elle prépare les enfants à vivre l’amour dans le monde des personnes en les aidant à mûrir, c’est-à-dire à passer de « Les autres pour moi », à « Moi pour les autres ». Cette éducation forme le cœur de l’enfant en lui apprenant la chasteté, et en l’ouvrant au sens du « don » et de la personne.

On est loin d’une simple « information » sur la sexualité, même de qualité. Une telle éducation a toutes ses chances de réussite si elle se fait au plus près de l’enfant, sans oublier l’aide des sacrements et de l’Esprit Saint : on ne peut pas gagner tout seul cette bataille intime pour l’intégration de sa sexualité. Car l’affectivité et la sensibilité ont été sensualisées par le péché, qui a introduit en nous l’égoïsme de la convoitise et nous a ainsi « défigurés ». Sous la motion de l’Esprit Saint, elles sont peu à peu spiritualisées. La puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse humaine, unifie la personne et la pacifie ; c’est elle qui lui rend sa beauté et sa dignité d’image de Dieu. Il serait dommage de priver enfants et adolescents de cette lumière et de cette puissance !

Pour une éducation à l’amour : on demande des parents

Dans sa fragilité, fragilité du tout-petit, de l’adolescent qui se cherche, l’enfant a des besoins, d’ordre physique, psychologique, affectif, intellectuel et spirituel. Mais son besoin le plus profond et le plus constant est l’amour, qui est pour lui la condition absolue de la croissance et de la vie, au même titre que le soleil pour la plante. « Si tu m’apprivoises, dit le renard au Petit prince, ma vie sera comme ensoleillée. » Pour être éduqué, l’enfant doit d’abord être et se sentir aimé. Prenons le temps de lui donner le soleil de notre amour !

Voilà pourquoi les enfants… ont des parents : pour être éduqués dans l’amour. Les parents sont les mieux placés, même s’ils ont des fragilités. Par les gestes de tendresse et de respect du quotidien, l’enfant se sent aimé. Il découvre aussi la beauté et la bonté du corps fait pour aimer et pour donner un amour qui vient du cœur. En imitant son parent du même sexe, sous le regard bienveillant de l’autre parent, il apprend à bien s’identifier et à vivre heureusement sa différence sexuelle. Cette éducation silencieuse, faite d’apprivoisements sans cesse recommencés est « l’écrin » dans lequel peut être révélée la sexualité humaine. Dans un cœur à cœur confiant et de façon progressive, dans le respect profond de la pudeur de chaque enfant.

L’éducation affective et sexuelle n’est pas un « enseignement comme les autres ». Elle n’est pas de l’ordre de l’information technique, elle est d’ordre éthique. Elle touche à l’intime de la personne et concerne le bonheur de l’enfant sur cette terre et dans l’éternité. Car il s’agit, dans le fond, de l’aider à « se trouver » pour se donner, répondre à l’Amour, et y trouver sa joie. Alors, décidons-nous ! Prenons chacun de nos enfants seul à seul, créons la confiance, et parlons d’amour avec lui !

Pour en savoir plus :

Pour les parents et éducateurs, Inès Pélissié du Rausas anime le parcours d’éducation affective et sexuelle « Apprendre à aimer » à la lumière de la théologie du corps. Renseignements sur Institut de théologie du corps.

 

Inès Pélissié du Rausas, Aleteia

 

 

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27 septembre 2018

Le prix Nobel alternatif attribué à «l'homme qui a arrêté le désert»

A 80 ans, Yacouba Sawadogo voit son travail récompensé. Ce cultivateur burkinabè a reçu ce 24 septembre à Stockholm, le Right Livelihood Award 2018, plus connu sous le nom de prix Nobel alternatif, pour son combat contre l'avancée du désert. Depuis plusieurs années, Yacouba Sawadogo met en œuvre, avec peu de moyens, des techniques pour lutter contre ce fléau qui affecte les zones arides du Sahel.

Surnommé affectueusement « l'homme qui a arrêté le désert »,  le Burkinabè Yacouba Sawadogo pratique l'agriculture depuis l'enfance. En observant la terre et en se mettant à son écoute, ce cultivateur de 80 ans a développé une méthode innovante, appelée le « zaï ».

Le principe est simple : il s'agit de préparer le sol en saison sèche, en creusant des trous, remplis de débris organiques. Ces débris attirent ensuite les termites, naturellement présentes dans cette zone. Ces dernières creusent des galeries, qui permettent la rétention de l'eau dans les sols. Reste alors à planter les graines.

Forêt en zone aride

Grâce à cette technique traditionnelle, Yacouba Sawadogo est parvenu à planter une forêt d'une trentaine d'hectares dans la région très aride de Ouahigouya. Cette prouesse écologique a été réalisée dans une zone devenue aride après une longue période de sécheresse dans les années 1970.

Yacouba Sawadogo travaille par ailleurs sur la médecine douce et traditionnelle. Sa méthode, quant à elle, est désormais utilisée dans certains programmes agricoles au Sénégal, au Mali et au Niger.

RFI

26 septembre 2018

Afrique du Sud: le fruit du baobab, au bonheur des dames

Mutale (Afrique du Sud) (AFP) - Longtemps, Annah Muvhali a vécu sous les baobabs en ne profitant guère que de leur ombre. Cette Sud-Africaine s'est aujourd'hui lancée avec succès dans la vente de leurs fruits, un "super-aliment" très prisé dans les pays riches.

En cette fin d'hiver austral, cette grand-mère de 54 ans s'est levée à 3 heures du matin pour récolter les bogues tombées de ces arbres légendaires, qui donnent un air de carte postale à son village de Muswodi Dipeni, dans le nord-est de l'Afrique du Sud.

"Dans ma famille on utilisait le fruit du baobab pour en faire une espèce de yaourt aussi délicieux que nourrissant", dit-elle. "Et je m'en sers également pour mes petits-enfants, lorsqu'ils ont mal à l'estomac".

Mais les fruits qu'elle ramasse au pied des "arbres pharmaciens", ainsi que les appellent les Africains, sont désormais aussi réduits en poudre ou en huile qui s'arrachent dans le monde entier. On en ajoute par pincées entières dans les smoothies ou dans les sauces à cause de sa haute teneur en antioxydants, en fibres, en vitamines ou en minéraux. On s'en enduit aussi le corps pour soigner des maladies de peau comme l'eczéma.

"Avant, je ne savais pas que le baobab pouvait avoir une quelconque valeur", commente Annah Muvhali.

Après la baie de goji, le pamplemousse ou le cantaloup, le fruit du baobab a accédé, aux yeux de nombreux diététiciens, au rang très prisé de "super-aliment".

- "Pain de singe" -

"C'est une excellente combinaison de vitamine C naturelle, d'antioxydants, de protéines et de substances curatives, ce qui en fait un incroyable "super fruit"", s'enthousiasme le nutritionniste Jean-François Sobiecki, de l'université de Johannesburg.

Aujourd'hui, le "pain de singe" - ainsi appelé parce que son goût acidulé plaît tant aux humains qu'aux primates - parfume sodas, barres énergétiques, glaces et même gin.

Les exportations annuelles de poudre sont passées de 50 tonnes en 2013 à 450 tonnes en 2017, selon l'African Baobab Alliance, qui réunit producteurs et vendeurs du continent.

"Rien qu'en 2018, nous avons plus que doublé nos importations annuelles de poudre de fruit de baobab aux Etats-Unis", proclame son plus grand distributeur sur la planète, l'entreprise américaine Baobab Foods.

L'engouement est identique en Europe ou au Canada.

Comme Annah Muvhali, les femmes de Muswodi Dipeni et de la région de Mutale ont commencé dès 2006 à récolter des fruits d'"arbres magiques" pour les vendre. Grâce au succès grandissant de ce produit sur les marchés, un millier d'entre elles en ont fait aujourd'hui leur principale source de revenus.

"L'argent que j'ai gagné depuis le début du projet m'a beaucoup aidée. Avant, j'étais très pauvre", se souvient Annah Muvhali en posant fièrement devant la maison qu'elle a fait construire, grâce à ses revenus, pour ses enfants et petits-enfants.

- Revenu durable -

Engagée depuis une bonne dizaine d'années dans le commerce des fruits du baobab, Sarah Venter ne se contente pas de racheter les fruits ramassés par les glaneuses du village: pour leur assurer un revenu durable, elle en a fait des "gardiennes de baobab".

"Elles prennent soin des arbres et je les paie pour ça", explique la directrice de l'entreprise Ecoproducts, par ailleurs chercheuse à l'université du Witwatersrand à Johannesburg.

"Dès que l'arbre grandit d'un centimètre, elles perçoivent un peu d'argent et sont payées ainsi jusqu'à ce que l'arbre atteigne 3 m de hauteur, ce qui garantit qu'il vivra ensuite pendant un millier d'années", poursuit Mme Venter.

La moisson du baobab requiert une patience de bénédictin: il faut parfois attendre deux cents ans avant qu'il ne produise ses premiers fruits; un arrosage régulier peut toutefois réduire cette période de gestation à trente ans.

"J'ai planté mon premier arbuste il y a deux ans et j'en prends bien soin", s'enorgueillit sa "gardienne", Elisa Phaswana, 59 ans.

"J'ai choisi la meilleure place dans mon jardin pour le planter et je l'arrose tous les jours. Sarah (Venter) le mesure régulièrement et je gagne 320 rands (18 euros) par centimètre gagné", explique-t-elle.

"C'est un système dont tout le monde profite", estime Mme Venter. "Si la demande excède un jour l'offre, les prix monteront et le salaire des producteurs ruraux augmentera aussi."

Des scientifiques se sont récemment inquiétés de l'avenir des baobabs, dénonçant la disparition "spectaculaire" des plus vieux spécimens en Afrique, peut-être à cause du dérèglement climatique.

Elisa Phaswana, elle, s'applique pour que pousse son baobab d'un mètre de haut.

"Ce programme protège l'environnement et nous aide, car il n'y a presque pas de travail pour nous et nos enfants au village", dit cette "gardienne".

"Quand mon arbre sera grand, il me donnera de l'ombre et de quoi vivre."

05:23 Publié dans Science, Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |