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01 juin 2019

Climat / Engagements des pays : Pour un but de neutralité climatique d'ici 2050

neutralité climatique, engagements des pays, finance climatique, mesures d'atténuation, mesures d'adaptationLa lutte pour infléchir les émissions de gaz à effet de serre (GES) doit s’accentuer. Telle est la recommandation majeure d’un rapport publié par l’Académie américaine des sciences.

« C’est une bataille que nous ne sommes pas en train de gagner. Le changement climatique est en train de courir plus rapidement que nous », a alerté le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. D’où l’urgence de ramener à moins de 2 degrés le réchauffement climatique comme le préconisent les Nations Unies.

L’Afrique est le continent le plus vulnérable aux changements climatiques alors qu’elle ne produit que 4% des émissions de gaz à effet de serre (GES). Plusieurs villes africaines subissent de plein fouet les aléas dus aux changements climatiques.

En Côte d’Ivoire, cela se sait déjà (augmentation des risques climatiques). Par exemple, plusieurs secteurs sont menacés notamment l’agriculture, les ressources côtières, la santé et les ressources en eau. L’on a ainsi comme conséquences : une baisse des rendements agricoles, l’érosion côtière, la recrudescence des vecteurs et l’amenuisement des ressources en eau.

Une étude réalisée par le Bureau National d'Études Techniques et de Développement (BNETD) révèle que 53 % des terres sont à usage agricole. Information donnée par le Directeur général du BNETD, Kinapara Coulibaly qui a ajouté que « la forêt quant à elle, occupe une superficie de 3,4 millions d’hectares soit 10,64%. La superficie des forêts dégradées est quant à elle estimée à 2,7 millions d’hectares ». 

Comme Grand-Bassam et Abidjan, d’autres villes africaines sont menacées par la montée des eaux Alexandrie, Lomé  Le Cap, Lagos et une partie de la Guinée.

Le climat est en train de changer ! Les impacts de ce changement vont avoir des répercussions sur notre vie et sur la planète : accès à l’énergie, à l’eau, équilibres géostratégiques, mouvements de population, modification des écosystèmes.

Quelle stratégie de résilience climatique faut-il aux pays face aux réalités de ces changements de température ?

Les pays devront intensifier leurs engagements sur le climat. Tous devront donc prendre les mesures nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les actions d’atténuation et d’adaptation au changement climatique s’imposent à tous. Ce sont là, les deux grandes réponses aux changements climatiques adoptées par la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).

Les actions d’atténuation sont des mesures prises pour diminuer les émissions de GES afin de réduire les changements climatiques et préserver et renforcer les puits et réservoirs de GES. En outre, les actions d’adaptation sont des mesures prises pour ajuster les systèmes naturels ou humains afin de répondre aux changements climatiques actuels ou attendus (ou à leurs effets), pour en modérer les conséquences négatives.

Le financement climatique pour l'Afrique devrait être revu à la hausse. Les pays africains devraient consacrer environ 2%, un taux raisonnable, de leur PIB aux efforts de secours en cas de catastrophes. Le financement des projets d’adaptation aux changements climatiques et d'atténuation des émissions de gaz à effets de serre va contribuer à assurer la transition vers des systèmes de production et de consommation énergétiques écologiquement viables.

Il faut promouvoir le remboursement de la dette écologique et la justice environnementale. La dette écologique évoque les responsabilités socio-environnementales et les obligations qui en découlent dans un esprit de justice sur le plan de l’accès équitablement partagé aux ressources.

Il faut renforcer la légitimité démocratique de la gouvernance environnementale.

Dans la lutte contre le réchauffement climatique, l’Accord de Paris sur le climat, adopté en décembre 2015 et désormais signé par 192 pays, marque une étape importante des négociations climatiques en devenant le premier accord international destiné à réduire les émissions humaines de gaz à effet de serre (GES).

Il faut donner l’occasion aux pays en développement de bâtir leur développement de façon durable. Au total, Il faut mettre en exergue l’importance à la fois des acteurs de terrain et de la finance climatique. «Nous pouvons et nous devons faire tout ce qui est humainement possible pour maîtriser ce défi à l'humanité», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

Patrice Kouakou

01 mai 2019

Bioéthique: Faut-il euthanasier les nouveau-nés gravement malades ? 

euthanasie, donner la mort à un nouveau né, très maladeMettre fin à la vie des nouveau-nés gravement malades : va-t-on boucler la boucle entre l’avortement et l’euthanasie ?

Les médecins néonatologues trouvent qu’il faut pouvoir ne pas commencer un traitement chez un nouveau-né gravement malade, même au risque de hâter sa mort. 90% des infirmiers en néonatologie pensent de même. 60% des néonatologues et 74% des infirmiers en néonatologie estiment même qu’il faut, dans certains cas, pouvoir mettre fin à la vie de ces nouveau-nés en leur administrant un produit mortel.

Ces chiffres ont fait le tour mes médias flamands et sont désormais saisis pour demander au législateur d’autoriser « l’euthanasie » des nouveau-nés. Ils sont basés sur une étude parue le 25 mars 2019 dans la revue Acta Paediatrica, et menée par le groupe de recherche Zorg rond het Levenseinde (UGent/VUB). Il convient cependant de les remettre en contexte : l’étude s’est limitée à interroger des soignants en Flandre, et seule la moitié de l’ensemble du secteur s’y est soumise. On ne sait pas les raisons pour lesquelles l’autre moitié s’est abstenue.

En outre, ces statistiques ne se rapportent qu’aux questions posées de façon abstraite aux deux groupes de soignants interrogés. En effet, quand il s’est agi d’un cas hypothétique concret (mise en situation), on relève un taux d’acceptation de la mise à mort active des nouveau-nés gravement malades de seulement 29% pour les néonatologues et de 39% pour les infirmiers. Le taux d’acceptation est aussi plus bas pour le retrait ou la non mise en route de traitements, qu’en réponse aux questions abstraites.

La particularité de cette étude, et qui manifeste une certaine logique, réside dans la volonté des chercheurs d’envisager l’avortement thérapeutique et la mise à mort des nouveau-nés sous le même angle, puisque dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de mettre fin à la vie d’un être humain une fois passé le seuil de viabilité. Pas de distinction éthique non plus, entre une cessation de traitements proportionnée (Voir Dossier de l’IEB) sans intention d’abréger la vie, celle visant à hâter la mort, et l’administration délibérée d’une dose mortelle à l’enfant. Toutes ces décisions se confondent sous les termes de « décisions de fin de vie ».

Aujourd’hui, les Pays-Bas sont les seuls à avoir autorisé de telles pratiques, en dehors de tout cadre légal ; le Protocole de Gröningen permet de mettre fin à la vie des nouveau-nés qui n’ont aucune chance de survie, de ceux qui ne peuvent continuer à vivre qu’à l’aide de soins intensifs, et de ceux pour lesquels on prévoit une qualité de vie très pauvre associée à d’intenses souffrances. (Voir le Dossier de l’IEB pour une réflexion éthique autour de ce Protocole)

Pierre Mertens, directeur de Child Help International, et lui-même père d’une petite fille née avec une spina bifida, s’est insurgé dans le quotidien De Standaard : « Personne ne veut qu’un bébé ne souffre. Moi non plus. Mais qui sait ce qu’est un handicap grave ? (…) Qui peut mieux juger de la qualité d’une vie avec un handicap que les personnes elles-mêmes porteuses de handicap? » Il a rappelé que le droit à la vie est un droit fondamental.

La nouvelle pose encore d’autres questions : en cas de décès précoce de l’enfant, les soins palliatifs pédiatriques ne sont-ils pas en mesure de soulager l’enfant et d’accompagner les parents jusqu’à son décès ? Quid également du consentement (impossible) de l’enfant ?

Institut Européen de Bioéthique

Sources : Acta Paediatrica, De Standaard (17/4/2019 et 20/4/2019), De Morgen (18/4/2019). 

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24 avril 2019

L'Afrique, un continent d'opportunités

De gauche à droite : Patrice Anato (député LREM), Olivier Mousson (Société d’Encouragement pour l’industrie nationale), Jean-Pierre Barral (Agence Française de Développement), Bruna Basini (JDD), Valérie Hoffenberg (CLC), Sahbi Othmani (Rouiba), Sylvain Sasse (Sogecaso), Philippe Solignac (CCI Paris Ile de France).
De gauche à droite : Patrice Anato (député LREM), Olivier Mousson (Société d’Encouragement pour l’industrie nationale), Jean-Pierre Barral (Agence Française de Développement), Bruna Basini (JDD), Valérie Hoffenberg (CLC), Sahbi Othmani (Rouiba), Sylvain Sasse (Sogecaso), Philippe Solignac (CCI Paris Ile de France). (Nicolas Marquès pour le JDD).

Forte d'une croissance économique solide, d'une population jeune appelée à doubler d'ici à 2050 et de ressources naturelles colossales, l'Afrique sera le continent de demain. "L'avenir du XXIe siècle s'y jouera en grande partie", prédit Olivier Mousson, président de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, hôte des Matins de l'économie consacrés à ce thème la semaine dernière. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que les entreprises et les États du monde entier rivalisent depuis des années pour se positionner sur le vaste continent.

Les grandes firmes du numérique telles que Microsoft, Google ou Orange y sont déjà implantées, la Chine y est très active. L'attractivité de l'Afrique s'explique par les atouts qu'offre le continent : "Le marché local et son potentiel de développement", résume Philippe Solignac, vice-président de la chambre de commerce et d'industrie Paris Île-de-France, qui accompagne les entreprises françaises dans la recherche de partenaires en Afrique.

Une économie portée par le numérique

Les initiatives locales associant économie circulaire et numérique se multiplient dans tous les domaines, à l'image du complexe Sun Plazza, financé par des fonds privés uniquement, qui devrait voir le jour fin 2020 au Togo. Sylvain Sasse, qui pilote le projet (lire ci-contre), décrit "un ensemble mêlant des commerces, un data center, un incubateur de start-up et une clinique". Une initiative qui doit permettre de rejaillir sur le tissu local en mettant en place "les conditions d'une économie circulaire pérenne" et en créant au moins un millier d'emplois dans la seconde ville du pays, Sokodé.

D'autres utilisent le numérique pour contourner les difficultés auxquelles font face les entrepreneurs africains. Sahbi Othmani, directeur général de NCA Rouiba, le leader algérien des jus de fruits, se lance également dans le digital. Il vient, par exemple, de créer une "bourse en ligne de la pièce de rechange" afin d'apporter une réponse au problème d'acheminement des pièces industrielles. "Le numérique nous permet de gagner en portabilité, mobilise moins de moyens et nous fait gagner du temps", poursuit Sahbi Othmani.

Les Africains ne souhaitent plus être aidés, subventionnés, ils veulent qu'on investisse chez eux

Le digital apporte également des réponses au problème de formation des jeunes : "Je crois beaucoup aux moocs [les cours en ligne], qui, avec un minimum de débit et d'équipement, vont permettre à des millions de jeunes Africains de suivre des études supérieures", estime Philippe Solignac. "Le smartphone va permettre aux jeunes de se former et d'acquérir des formations sans forcément avoir besoin de se déplacer dans les universités européennes", abonde le député LREM Patrice Anato, coprésident du groupe d'études diplomatie économique avec l'Afrique à l'Assemblée nationale.

Bonne nouvelle, le nombre de smartphones est en train d'exploser en Afrique et devrait dépasser les 600 millions. Le continent est d'ailleurs précurseur en matière de banque mobile, un modèle qui donne des raisons d'être optimiste.

La France tente évidemment de profiter de ce marché bouillonnant. "Les Africains ne souhaitent plus être aidés, subventionnés, ils veulent qu'on investisse chez eux", précise Jean-Pierre Barral, directeur du département transition énergétique et numérique de l'Agence française de développement. C'est ainsi que la France a lancé l'initiative ­Choose Africa fin mars, dont l'objectif est de consacrer 3 milliards d'euros au financement et à l'accompagnement de start-up et d'entreprises africaines ces trois prochaines ­années. L'AFD développe également l'initiative Digital Africa pour favoriser l'entrepreneuriat numérique en Afrique.

"Reconsolider la confiance avec l'Afrique"

"Nous travaillons à une relation ­rénovée avec l'Afrique, explique Patrice Anato. Nous voulons encourager les entreprises françaises à y trouver des opportunités et à créer des emplois ici et là-bas." Au-delà des perspectives économiques, le député de Seine-Saint-Denis y voit aussi un moyen de juguler l'émigration économique vers l'Europe en "donnant des perspectives réelles aux Africains de travailler chez eux".

Pour cela, la France et l'Europe doivent "reconsolider la confiance avec l'Afrique", estime Sahbi ­Othmani, pour qui "il faut changer la relation du donneur d'ordre et de receveur et regarder l'Afrique d'égal à égal, sans aucun complexe ni d'un côté ni de l'autre". Les intervenants ajoutent que la stabilité politique et monétaire du continent est un enjeu fondamental pour son développement. La sécurité aussi, et notamment la cybersécurité, tant elle peut freiner les investissements. "Je dois parfois rassurer des investisseurs français sur le Nigeria, rapporte Patrice Anato, qui préside le groupe d'amitié avec ce pays à l'Assemblée. On peut y nouer des affaires sans crainte."

"Sun Plazza, une première dans l'histoire de l'Afrique francophone"

Sylvain Sasse, directeur général de la Sogecaso

En quoi consiste le projet Sun Plazza que vous portez à Sokodé, au Togo?
Le projet s'articule autour de plusieurs aspects : la création d'un ensemble commercial, d'un data center qui gérera toute la vie ­numérique de Sokodé, deuxième ville du Togo, et d'une dizaine d'autres villes environnantes, d'un incubateur de start-up qui offrira des accompagnements à de jeunes entreprises et d'une microclinique ambulatoire dotée d'un scanner et de matériel ultramoderne.

Comment avez-vous financé cette initiative?
Il s'agit d'un projet citoyen et ­solidaire. C'est la première fois dans l'histoire de l'Afrique ­francophone que des citoyens – des locaux et des membres de la diaspora africaine – se sont ­cotisés, sans demander d'aide ni de ­subvention d'aucun organisme national ou international, pour monter une structure de ce genre. En septembre, nous organiserons la cérémonie de la première pierre et nous espérons que le projet sera abouti et opérationnel fin 2020.

Quelles seront les retombées locales?
Nous aurons un budget global de 17 millions d'euros qui doit ­évidemment profiter en partie à l'économie locale, à travers des ­activités connexes, pour augmenter le pouvoir d'achat des ­habitants. Le projet, qui créera entre 1 500 et 5 000 ­emplois directs non ­délocalisables, est amené à se multiplier dans les années à venir dans les villes ­secondaires des autres pays d'Afrique ­francophone.

Source: Le Journal du Dimanche

06:36 Publié dans Politique, Science, Société | Tags : afrique, continent, opportunités | Lien permanent | Commentaires (0) | |