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29 juillet 2016

Côte d'Ivoire : reprise des cours à l'université d'Abidjan


 
L'université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan, le 14 avril 2016

Les cours, suspendus après de violentes manifestations, ont repris à l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan.

Les étudiants ont suspendu la grève a été suspendue en vue d'ouvrir des négociations avec le gouvernement ivoirien, après de violentes manifestations qui ont paralysé récemment l'institution, selon les sources syndicales.

"Nous appelons à la suspension de notre mot d'ordre de grève pour deux semaines et à la reprise des cours", a déclaré à l'AFP le responsable de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), Assi Fulgence.

Cette trêve vise "à laisser une place aux discussions avec le gouvernement", a-t-il ajouté.

Le 18 juillet dernier, des affrontements ont éclaté entre policiers et étudiants sur le campus d'Abidjan, capitale économique de Côte d'Ivoire, faisant plusieurs blessés et une soixantaine d'arrestations.

Tous les étudiants arrêtés ont depuis été libérés.

Les étudiants manifestaient pour des revendications académiques et contre une décision d'évacuer les résidences universitaires, dont la rénovation aurait permis d'accueillir les athlètes des Jeux de la Francophonie en 2017. Le gouvernement a depuis renoncé à ce projet.

Le climat à l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, la plus importante institution académique du pays, est agité depuis plusieurs mois pour des raisons diverses: arrestation d'un leader de la Fesci, évacuation de résidences universitaires, etc... Des manifestations y dégénèrent régulièrement en violences entre étudiants et forces de l'ordre.

Le 17 juin, un étudiant est décédé, renversé par une véhicule de police.

La Fesci, puissant et sulfureux syndicat proche de l'ex-président Laurent Gbagbo, est à l'origine de manifestations parfois violentes sur ce campus.

Créée en 1990 à l'avènement du multipartisme, la Fesci, vue comme une milice par ses plus farouches détracteurs, a souvent été accusée par les ONG nationales et internationales de violences à l'égard des opposants de M. Gbagbo, ainsi que de racket en milieu étudiant.

Avec AFP

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27 juin 2016

Benoît XVI, premier pape émérite, explique le pape François

   
   
Visite du pape François au pape émérite Benoît XVI, L'Osservatore Romano

Benoît XVI est le « grand-père sage … qui me protège par sa prière »: c’est lui le premier pape émérite, comme il y a eu naguère les premiers évêques émérite, explique le pape François sur le vol Erevan-Rome, le dimanche 26 juin 2016.
Benoit XVI est « le pape émérite – non pas le second pape, affirme le pape François, – qui est fidèle à sa parole et qui est un homme de Dieu ». « Mais il n’y a qu’un seul pape », souligne-t-il.
C’est ainsi que le pape a répondu en espagnol à la question d’une journaliste argentine de savoir s’il y avait « deux papes » actuellement.
« Pour moi il est le pape émérite, a dit le pape François de son prédécesseur, il est le « grand-père sage, il est l’homme qui soutient mes épaules et mon dos par sa prière. » « C’était une grâce d’avoir à la maison le « grand-père » sage, a-t-il ajouté. Je l’ai même dit devant lui et il a ri. »
Le pape a rappelé qu’il avait déjà « remercié publiquement » le pape Benoit XVI « d’avoir ouvert la porte aux papes émérites ». « Il y a 70 ans, a-t-il expliqué, les évêques émérites n’existaient pas ; aujourd’hui, il y en a. Mais avec cet allongement de la vie, peut-on diriger une Église à un certain âge avec des ennuis de santé ou pas ? Et lui, courageusement – courageusement ! – et par la prière, et aussi avec science, avec théologie, il a décidé d’ouvrir cette porte. Et je crois que c’est bon pour l’Église. »
« Jamais je n’oublie ce discours qu’il nous a adressé, aux cardinaux, le 28 février, a avoué le pape. « Un de vous sera certainement mon successeur. Je promets obéissance ». Et il l’a fait. »
Le pape François a raconté une histoire qui caractérise bien, selon lui, le pape émérite.
« Je ne sais pas si c’est vrai, a-t-il dit, – je souligne : j’ai entendu, ce sont peut-être des bruits de couloir, mais cela va bien avec son caractère, que certains sont allés le voir pour se plaindre parce que « ce nouveau pape… » et il les a chassés ! Dans le meilleur style bavarois : bien élevé, mais il les a chassés. Et si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé, parce que cet homme est comme cela : c’est un homme de parole, un homme droit, droit, droit ! »
Le pape a confirmé sa présence le mardi 28 juin à la célébration à l’occasion de 65e anniversaire de l’ordination sacerdotale du pape Benoit.
« Il y aura son frère Georges [cette présence n’a pas été confirmée] parce qu’ils ont tous les deux été ordonnés ensemble, a-t-il dit. Et il y aura un petit geste, avec les chefs des dicastères et quelques personnes peu nombreuses parce qu’il préfère ainsi… Il a accepté, mais très modestement ; et j’y serai moi aussi. »
Avec une traduction de Constance Roques

Source: ZENIT, Posted by Marina Droujinina on 27 June, 2016

23:53 Publié dans Education | Tags : benoît xvi, premier pape émérite, explications, pape françois | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Bénin: Mgr Roger Houngbédji nommé archevêque de Cotonou

Mgr Roger Houngbedji courtoisie de op.org

Mgr Roger Houngbedji courtoisie de op.org

Au Bénin, un dominicain de 53 ans, Mgr Roger Houngbédji, a été nommé par le pape François comme archevêque de Cotonou, samedi 25 juin 2016.

Le nouvel archevêque est spécialiste en théologie biblique. Il est l’auteur d’un livre intitulé « L’Eglise-famille de Dieu en Afrique » (L’Harmattan 2009).

Le pape a en effet accepté la démission pour limite d’âge canonique de Mgr Antoine Ganyé, 77 ans: l’archevêque a vu son ministère prolongé de deux ans. Il était archevêque de Cotonou depuis août 2010.

Le nouvel archevêque est professeur à l’université catholique d’Afrique de l’ouest UCAO) et à l’institut dominicain Saint-Thomas d’Aquin de Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire.

Mgr Roger Houngbédji, O.P. est originaire de Porto-Novo, capitale officielle du Bénin, dans le sud du pays, près de la côte atlantique.

Né en 1963, il est entré chez les Dominicains en 1984 et il a fait sa profession perpétuelle en 1989. Il a fait son premier cycle de théologie en France, à Lyon, et sa spécialisation de bibliste à l’Institut catholique d’Afrique de l’ouest (ICAO), avant de faire son doctorat à l’Université de Fribourg, en Suisse. Il a été ordonné prêtre en 1992.

Il a ensuite été maître des étudiants à Abidjan (Côte d’Ivoire), puis à Yaoundé (Cameroun), puis assistant du prieur régional et responsable des études, prieur régional d’Afrique de l’ouest, vice-provincial de la nouvelle vice-province d’Afrique de l’ouest.

Il a aussi été réélu pour un second mandat de président de la Conférence des supérieurs majeurs de Côte d’Ivoire.

Source: Zenit,

16:33 Publié dans Education | Tags : bénin, cotonou, nomination, mgr roger houngbédji, archevêque | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

25 juin 2016

L’exode vers la Vie, en donnant sa vie, par Mgr Follo

Mgr Follo, 2016 (c) courtoisie de la Mission du Saint-Siège à l'UNESCO

Mgr Follo, 2016 (c) courtoisie de la Mission du Saint-Siège à l'UNESCO

« L’exode vers la Vie, en donnant sa vie »: c’est le thème du commentaire de Mgr Francesco Follo pour les lectures de la messe de dimanche, 26 juin 2016.
Mgr Follo, Observateur permanent du Saint-Siège à l’UNESCO à Paris, propose aussi une lecture patristique de Saint Hilaire de Poitiers.

Lectures du XIIIème Dimanche du temps ordinaire – Année C – : 1 R 19, 16b.19-21 ; Ps 15 ; Ga 5, 1.13-18 ; Lc 9, 51-6.

L’exode vers la Vie, en donnant sa vie

1) Le chemin définitif vers Jérusalem.

Le chapitre 9 de Saint Luc, dont la dernière partie nous est proposée par la liturgie de la Messe d’aujourd’hui, rapportent quelques moments importants de la vie du Christ qu’il est utile de rappeler.

Je les évoque rapidement.

Avant tout, Jésus envoie en mission les Douze Apôtres. Ils ont écouté et accueilli sa prédication et donc à leur tour ils peuvent la diffuser (cf Lc 9, 1-6). A leur retour, il les implique dans la multiplication des pains qui n’est pas seulement une anticipation symbolique de l’Eucharistie, mais aussi une vraie et profonde révélation de Jésus et de son existence ainsi qu’une vraie révélation de l’acte eucharistique. Pour l’évangéliste Saint Luc, la distribution des pains, la dernière Cène et la cène d’Emmaüs sont les piliers qui manifestent la logique de l’existence de Jésus: une vie qui se donne. (cf ibid. 9, 10-17)

Puis Pierre reconnaît Jésus comme le Christ, le Messie attendu par le peuple d’Israël (cf ibid. 9, 18-21). Et c’est un moment très important parce que Jésus est reconnu comme le Christ de Dieu. Cependant comme pour le comprendre pleinement, la mort et la résurrection sont nécessaires, Jésus commence à annoncer aux siens son propre destin de passion (cf ibid. 9, 22-23). C’est une vocation qui demande certains renoncements. Qui veut suivre Jésus doit comme Lui renoncer à sa propre vie, pour la retrouver ensuite (cf ibid. 9, 23-26).

Ensuite, pour soutenir ses Apôtres sur ce chemin, Jésus donne un « avant goût » de sa gloire future à ses trois Apôtres préférés: c’est la Transfiguration (cf ibid. 9, 28-36). Descendu de la montagne, il révèle encore une fois sa puissance contre le malin (guérison du garçon épileptique: ibid 9, 37-43) et annonce à nouveau sa passion et sa mort (cf ibid. 9, 43-45), mais les disciples ne comprennent pas et se mettent à discuter pour savoir lequel d’entre eux est le plus grand (cf ibid 9, 43-45).

Et nous voici à la fin du chapitre 9. Cet extrait (v. 51-62), lu pendant la liturgie de ce dimanche, décrit la ferme décision du Christ d’accomplir son exode en se rendant à Jérusalem et donne trois réponses à la façon dont le disciple doit suivre le Maître.

Il vaut la peine de noter que dans cette partie définitive de l’exode du Christ vers le Père, les gestes de miséricorde, les miracles et les enseignements continuent.

2) Les exigences d’un chemin à la suite du Christ.

Jésus prend la route vers Jérusalem où – avec lucidité, courage et décision – il va donner sa vie pour ceux qui le tuent (cf ibid. 9, 51). Le fils de Dieu chemine résolument vers Jérusalem, il tourne son visage, ferme et décidé (en effet le texte grec utilise cette expression :  » Son visage devenu de pierre », qui a été traduite par « Jésus prit la ferme décision ») vers sa Pâques de libération pour nous. C’est un chemin fait non sans grande fatigue mais avec fermeté, et c’est un libre chemin de liberté.

Le Christ nous a libérés pour nous donner la liberté des enfants de Dieu. Pour être libre, derrière Jésus, il faut cheminer selon l’Esprit en observant les commandements que Dieu nous a donnés par amour. Les dix commandements ne sont pas un hymne au « non », ils sont un « oui ». Un « oui » à Dieu, un « oui » à l’amour, et si je dis « oui » à l’amour, je dis « non » au non-amour, mais le « non » est une conséquence de ce « oui » qui vient de Dieu et qui nous fait aimer.

Redécouvrons et mettons en pratique les Dix Paroles de Dieu (en grec « logoi » qui est presque toujours traduit par « commandement »  mais qui littéralement signifie « parole »). Disons « oui » à ces « dix voies d’amour » perfectionnées par le Christ, pour défendre l’homme et le guider vers la vraie liberté.

Ensuite si nous voulons vivre avec plénitude ces « voies », il ne nous reste qu’à suivre le Christ dans son exode à Jérusalem qui n’est pas seulement la Jérusalem de la Terre Sainte mais aussi celle du Ciel.

Suivre le Christ comporte au moins trois caractéristiques.

La première caractéristique est celle du détachement ou du rapport vrai avec les biens matériels.

En effet dans l’évangile d’aujourd’hui, nous voyons un homme qui, le long de cette route vers la liberté, demande à Jésus de pouvoir le suivre. Cet homme est déjà conscient du fait que suivre le Christ implique une vie itinérante: « Je te suivrai partout où tu iras. » (Ibid. 9, 57). Mais il y a quelque chose d’autre qu’il doit savoir: ce n’est pas simplement la pauvreté matérielle qui nous est demandée, ni simplement la fatigue d’une vie itinérante. Le premier don que Jésus nous fait si nous le suivons dans la pauvreté, c’est celui de la liberté par rapport aux choses: si nous voulons les posséder, elles nous possèdent, si nous en faisons la finalité de notre vie, nous sommes utilisés comme leur moyen de production. Si en revanche elles ne sont pas la fin mais un moyen, nous pouvons les utiliser et elles deviennent utiles. Elles sont utiles pour avoir une vie humaine qui est une vie de fils et de frères. C’est une vie de communion, alors que trop souvent on lutte même jusqu’à la mort. La première condition pour suivre le Christ, c’est d’être une personne libre, le premier don que Dieu veut nous faire, c’est la pauvreté spirituelle. Et si quelqu’un est appelé, même la pauvreté matérielle est un grand don de Dieu. Cette pauvreté signifie que nous ne sommes pas ce que nous possédons, sinon nous nous identifions avec les choses qui deviennent notre dieu ou pour être plus précis, nos idoles, l’objectif à cause duquel nous détruisons les autres et à la fin nous mêmes.

La seconde caractéristique concerne le rapport avec les autres et le fait que rien ne soit mis avant Dieu.

Devant la demande de Jésus: « Suis-moi » pour vivre dans la lumière et dans l’amour, le deuxième homme de l’Évangile d’aujourd’hui demande un délai. La réponse de Jésus est catégorique: « Laisse les morts enterrer leurs morts. » (Ibid. 9, 59-60). Certainement il s’agit d’un langage paradoxale. Il n’est pas question d’enterrer ou non ses proches. Il est question de se rendre compte qu’il y a là quelque chose de nouveau qui fait perdre son éclat à tout le reste.

J’espère ne pas me tromper si j’affirme que c’est une invitation à la chasteté à laquelle nous sommes tous appelés: aucune personne, aucun devoir, aucune affection n’est absolu. Seul Dieu, que nous n’avons jamais vu, est absolu. Tout le reste est relatif et surtout ne doit jamais être possédé. Cette relation d’amour réciproque, c’est à dire cet amour même que Dieu a pour nous, amour gratuit fait de don, est le même amour que nous avons pour l’autre, fait de don réciproque et de pardon.

Si la première caractéristique pour suivre le Christ est le détachement par rapport aux choses et la deuxième le détachement par rapport aux personnes, la troisième est le détachement par rapport à soi-même qui n’est pas réductible à l’histoire passée. L’être humain est construction de demande, désir d’infini, ouverture à la promesse de Dieu.

En effet dans le troisième dialogue, nous lisons qu’un autre inconnu est disposé à suivre Jésus mais il demande le temps de saluer les gens de sa maison. Le verbe grec signifie saluer et laisser. Jésus répond avec une espèce de proverbe. « Quiconque met la main à la charrue et puis regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. » Si le paysan veut labourer, il va droit, il ne peut se permettre de regarder en arrière. En d’autres mots, suivre le Christ ne supporte ni délais, ni distractions, ni nostalgie. Dit de façon synthétique, suivre le Christ est un choix de liberté qui provient du détachement des choses et des personnes ainsi que de la confiance en Dieu.

3) Suivre le Christ pour les vierges consacrées dans le monde.

Nous comprenons avec l’esprit mais aussi avec le cœur que suivre Jésus signifie donc s’enraciner dans sa parole et accueillir sa personne de Messie et de Fils de Dieu sans réserve, sans mettre avant Lui nos pensées et nos affections familiales.

A cet égard, les vierges consacrées dans le monde témoignent qu’aucune affection ne vient avant Dieu. C’est la chasteté de l’âme et du corps, leur être « épouse » d’un Dieu à aimer de manière absolue. A la première place, il y a Dieu. Se tourner en arrière est regret, hésitation. Le choix pour le Christ est une conversion continue que la virginité rend constante et transforme en offrande, en sacrifice qui plaît à Dieu.

Suivre Jésus virginalement veut dire le suivre inconditionnellement. Suivre le Christ exige une fidélité et un amour qui mettent toujours Dieu et son Royaume à la première place. Le résultat est une vie féconde et joyeuse. En effet le Rédempteur a dit: « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. En effet qui veut sauver sa vie, la perdra; mais qui perd sa vie à cause de moi la sauvera » (Lc 9, 23-24). Suivre le Christ est donc un chemin de croix non parce que la douleur et la mort doivent être l’aboutissement ultime de la vie mais parce que, comme pour le Christ, mystique grain de blé tombé dans la terre, de cette mort rédemptrice doit naître une vie nouvelle. Cf rituel de consécration de vierges, n° 17 du rituel latin, traduction libre : « Voulez-vous embrasser la suite du Christ proposée dans l’Evangile de manière que  votre vie donne un témoignage significatif de charité et qu’elle soit un signe manifeste du Royaume future ? »

Ainsi chaque sacrifice fait pour suivre le Fils de Dieu, ne signale pas simplement un chemin de mortification stérile, mais ouvre la vie à une existence qui se renouvelle sans cesse dans la grâce et rend la personne capable de parcourir le chemin de la liberté la plus vraie, celle qui nous est donnée dans le Christ. Les personnes consacrées nous en donnent le témoignage de façon particulière pour que tous les chrétiens puissent répondre à cette vocation: « Vous, frères, c’est à la liberté que vous avez été appelés. Seulement que cette liberté ne donne aucune prise à la chair! Mais, par l’amour, mettez-vous au service les uns des autres… Écoutez-moi: marchez sous l’impulsion de l’Esprit… »

La vocation de chacun de nous d’aller à la suite du Christ est vocation à la liberté authentique, qui est don du Père dans le Fils par l’intermédiaire du Saint Esprit, lequel illumine et conduit à la plénitude de la vie.

 

Lecture Patristique: Saint Hilaire (+ 367)

Commentaire sur les psaumes, Ps 139, 12 (CSEL 22, 784-785)

Sûr d’être protégé au jour du combat, le Christ fait aussi cette prière: Seigneur, n’accorde rien au pécheur à l’encontre de mon désir (cf. Ps 139,9). Lui qui a dit: Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé (Jn 6,38), est également pressé de réaliser la tâche entreprise par obéissance, non sans toutefois nous rappeler qu’il peut exercer librement sa volonté.

Il veut, en vérité, ce qu’a voulu le Père. Par ces paroles: Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé, Jésus montre, en effet, qui est celui qui l’a envoyé et à qui il obéit, sans pourtant supprimer son vouloir propre. Il aspire donc à accomplir toutes les volontés de son Père. Il s’empresse aussi de réaliser tout ce que lui-même désire voir accompli dans sa passion, de peur qu’un pécheur ne prenne les devants pour le déjouer.

Il a ardemment désiré (Lc 22,15) manger la Pâque avec ses disciples. Il a célébré à la hâte le repas de la Pâque. Désirant boire le calice de sa passion, il a dit: Est-ce que je vais refuser la coupe que mon Père m’a donné à boire (Jn 10,11)? Quand les hommes qui le cherchaient se présentèrent pour se saisir de lui et demandèrent qui était Jésus, il s’avança de lui-même. Sachant qu’il devait boire la coupe de vinaigre, il demanda à la boire et, aussitôt après y avoir bu et après avoir ainsi mené à bonne fin son grand dessein, il dit: Tout est accompli (Jn 19,30), mettant dans ces mots toute sa joie de voir réalisé ce qu’il désirait tellement.

Dans les psaumes, le Christ avait souvent prié pour que sa vie soit préservée du glaive. Il avait annoncé qu’aucun de ses os ne serait brisé. Il avait prédit que sa tunique serait tirée au sort (Ps 21).

Il prie pour que tout cela se réalise selon son désir, afin que l’on croie en l’accomplissement des prophéties. Il ne veut pas que les pécheurs aient la possibilité d’agir sur un de ces événements, ni d’empêcher la célébration de la Pâque si ardemment désirée, ou qu’ils n’osent pas lui présenter la coupe de sa passion. Car la première réponse que le Sauveur avait adressée aux pécheurs venus l’arrêter, les avait tous terrassés.

Il ne faut pas que manque le vinaigre qui doit lui être offert, que le soldat lui perce le côté avant qu’il ne rende l’esprit, ni qu’il trouve dans la lenteur de sa mort un motif pour lui briser les os.

Il veut qu’aucune prophétie ne soit retranchée, et que rien de ce qu’il attend ne soit laissé au bon plaisir du pécheur. Il veut que s’accomplissent en lui tous les événements annoncés dans les prophéties et que lui-même désire. Et il prie pour leur réalisation, non qu’ils puissent ne pas s’accomplir, mais afin que les hommes comprennent que ces prophéties le concernaient.

07:30 Publié dans Education | Tags : l’exode vers la vie, en donnant, sa vie, mgr follo, lectures, messe, dimanche, 26 juin 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

21 juin 2016

Que le Seigneur nous enseigne à nous arrêter, comme le Bon Samaritain

Visite du pape à la « Villa Nazareth » pour enfants défavorisés (traduction complète)

Visite à la Villa Nazareth, 18 juin 2016, L'Osservatore Romano

Visite à la Villa Nazareth, 18 juin 2016, L'Osservatore Romano

« Que le Seigneur nous enseigne à nous arrêter », dit le pape François en commentant l’Evangile du Bon Samaritain.

Le pape François s’est rendu à la « Villa Nazareth » de Rome, samedi 18 juin, à 17h, et il a commenté la parabole du Bon Samaritain (Luc 10, 25-37).

Ce centre a été fondé il y a 70 ans par le cardinal Domenico Tardini, secrétaire d’Etat de 1958 à 1961, pour venir en aide aux enfants pauvres orphelins de guerre. Il a été élevé au rang de « Collège » par le saint pape Jean XXIII en 1963. Il est géré par la Fondation Tardini présidée par le cardinal Achille Silvestrini et permet à des enfants de familles très modestes de poursuivre leurs études.

Le vice-président de la fondation, Mgr Claudio-Maria Celli a accueilli le pape à la Villa Nazareth.

« Je souhaite vraiment, a dit notamment le pape, que cette œuvre reste une œuvre porteuse de témoignage, un centre de témoignage; de témoignage pour tout le monde. De témoignage pour les personnes qui la côtoient ou qui en entendent parler … un témoignage. C’est ce que je souhaite. »

Et, actualisant son commentaire du Bon Samaritain, il a ajouté: « Et que le Seigneur nous délivre des bandits – il y en a tellement! –, qu’il nous libère des prêtres trop pressés, qui n’ont jamais le temps d’écouter, de voir, doivent faire leurs choses ; qu’Il nous libère des docteurs qui veulent présenter la foi en Jésus Christ comme une règle mathématique; et qu’Il nous enseigne à nous arrêter, qu‘il nous enseigne cette sagesse de l’Evangile : « se salir les mains ». Que le Seigneur nous donne cette grâce. »

Après son discours le pape a aussi répondu aux question avec la liberté de dialogue qui le caractérise.

Voici notre traduction du commentaire du Bon Samaritain.

A.B.

Discours du pape François

Il y a beaucoup de personnages dans ce passage de l’Evangile : celui qui pose la question » qui est mon prochain ? », Jésus, puis les bandits, le pauvre à moitié mort sur le bord de la route, le prêtre, puis le docteur de la loi, peut-être un avocat [le «  lévite »], et le restaurateur, l’aubergiste.

Dans la parabole, ni le prêtre, ni le docteur de la loi, ni le samaritain, ni l’aubergiste, ne savaient probablement répondre à la question «  qui est mon prochain ? »; ils ne savaient peut-être même pas comment il était , ce qu’était un «  prochain ». Le prêtre était pressé, comme tous les prêtres. Il a regardé sa montre et s’est dit : «  Je dois dire la messe », ou bien, tant de fois: «  J’ai laissé l’église ouverte, je dois la fermer, car l’heure c’est l’heure et je ne peux pas rester ici ». Le docteur de la loi, un homme pratique, a dit: «  Si je me mêle de ça, demain je devrai aller au tribunal témoigner, dire ce que j’ai fait, je perds deux, trois jours de travail … Non, non, il vaut mieux… ». Vive Ponce Pilate ! Et hop Il est parti ! L’autre, par contre, [le samaritain] le pécheur, l’étranger qui ne faisait pas vraiment partie du peuple de Dieu, s’est ému: «  eut de la compassion », et s’arrêta. Tous les trois – le prêtre, l’avocat et le samaritain – savaient bien ce qu’ils avaient à faire. Et chacun a pris sa propre décision. J’aime bien repenser à l’aubergiste: lui c’est monsieur tout-le-monde. Il a tout regardé, tout vu, sans rien comprendre. «  Mais cet homme est fou! Un samaritain qui aide un juif! Il est fou! Et puis, avec ses mains il guérit ses plaies et l’amène ici à l’auberge et me dit: ‘Prends soin de lui, je te paierai tout ce que tu auras dépensé en plus …’. Je n’ai jamais rien vu de semblable, c’est un fou! ». Et cet homme a reçu la parole de Dieu: dans le témoignage. De qui? Du prêtre ? Non, car il ne l’a pas vu; de l’avocat ? Non plus. Du pécheur, un pécheur qui a eu de la compassion ! « Ah, vous entendez ça? Un pécheur, oui, qui n’était pas fidèle au peuple de Dieu, mais il a fait preuve de pitié ». Et il ne comprenait rien. Il est resté avec son doute, curieux peut-être de savoir: « Mais que s’est-il passé ici, bizarre … ». Avec de l’inquiétude au fond de lui. Voilà ce que fait le témoignage. Le témoignage de ce pécheur a semé l’inquiétude dans le cœur de cet aubergiste; et qu’est-il devenu, l’Evangile ne le dit pas, ni même son nom. Mais chez cet homme, sûrement … – sûrement car quand l’Esprit Saint sème, il fait grandir – la curiosité, l’inquiétude, s’est sûrement mise à monter. Il l’a laissé grandir dans son cœur et a reçu le message du témoignage. Puis le lendemain, le samaritain est repassé; il a sûrement payé quelque chose. Ou alors l’aubergiste lui a dit: « Non, laisse, laisse: je le prends sur mon compte ». Ceci fut peut-être sa première réaction après le témoignage.

Et pourquoi est-ce que je m’arrête aujourd’hui sur ce personnage, sur cette personne? Car notre témoignage n’est pas quelque chose que l’on calcule – je ne sais pas comment dire ça –. Le témoignage c’est vivre de manière à ce que les autres «  voient ce que vous faites de bien et rendent gloire à Dieu qui est aux cieux » (cf. Mt 5,16), c’est-à-dire de manière à ce qu’ils rencontrent le Père, aillent vers Lui … Ce sont les paroles de Jésus.

J’ai entendu beaucoup de choses sur Villa Nazareth: « Il y a telle ou telle chose … », mais je ne connaissais pas bien. Puis Mgr Celli m’a dit des choses … C’est un travail où l’on favorise le témoignage. On vient ici, non pas pour « gravir les échelons », ni pour gagner de l’argent, non, mais pour suivre les traces de Jésus, témoigner de lui, semer le témoignage. Discrètement, sans explications, dans les faits … Reprendre le langage des gestes. Et cet aubergiste est sûrement au ciel, c’est certain! Car le grain a sûrement poussé et donné du fruit. Il a vu quelque chose qu’il n’aurait jamais imaginé voir un jour. Le témoignage c’est ça ! Il passe et s’en va. Vous le laissez où il est et vous partez. Seul le Seigneur veille sur lui, le fait grandir, comme il fait pousser le grain : alors que le maître dort, la plante grandit.

Je souhaite vraiment que cette œuvre reste une œuvre porteuse de témoignage, un centre de témoignage; de témoignage pour tout le monde. De témoignage pour les personnes qui la côtoient ou qui en entendent parler … un témoignage. C’est ce que je souhaite. Et que le Seigneur nous délivre des bandits – il y en a tellement! –, qu’il nous libère des prêtres trop pressés, qui n’ont jamais le temps d’écouter, de voir, doivent faire leurs choses ; qu’Il nous libère des docteurs qui veulent présenter la foi en Jésus Christ comme une règle mathématique; et qu’Il nous enseigne à nous arrêter, qu‘il nous enseigne cette sagesse de l’Evangile : « se salir les mains ». Que le Seigneur nous donne cette grâce. Merci.

(c) Traduction de Zenit, Océane Le Gall

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La paille et la poutre: ne jugeons jamais! Homélie du pape François

Pape François

Messe du 20 juin 2016, © PHOTO.VA - L'OSSERVATORE ROMANO

Messe du 20 juin 2016, © PHOTO.VA - L'OSSERVATORE ROMANO

« Quand Dieu juge, Il juge avec miséricorde », explique le pape François qui met en garde : « Ne jugeons jamais! », ce serait « prendre la place de Dieu ».

Le pape a présidé la messe matinale en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe du Vatican ce 20 juin, avant une pause estivale et il a prononcé l’homélie.

Le Christ « qualifie » celui qui juge d’« un seul mot : « Hypocrite! », souligne le pape. Et il cite : « Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

« Regardez dans le miroir, conseille le pape, non pour vous maquiller, non pour voir les rides … Regardez dans le miroir pour regarder vous-même, comment vous êtes. »

Si « vous jugez les autres en permanence, avertit le pape, c’est avec la même mesure que vous serez jugés ».

« Le jugement est à Dieu, à Lui seul! » note le pape, et « à nous, l’amour, la compréhension, la prière pour les autres quand on voit des choses qui ne sont pas bonnes », il faut « aussi parler avec eux : « Mais, regardez, je vois cela, peut-être … Mais ne jamais juger. Jamais. »

Le Christ « se met en colère», poursuit le pape, contre ceux qui se voient « à la place de Dieu ». Cela rappelle le récit du Genèse ou le serpent persuade Adam et Ève : « Si vous en mangez, vous serez comme Lui. » Ils « voulaient prendre la place de Dieu».

Lorsque nous jugeons, « nous nous mettons à la place de Dieu », reprend le pape. Mais pourquoi le jugement des gens n’est-il jamais « véritable »? Pourquoi il ne peut pas « être comme celui de Dieu, se demande le pape. Parce que Dieu est Tout Puissant et nous pas? » La réponse du pape est suivante : « Parce qu’il manque de la miséricorde dans notre jugement. Et quand Dieu juge, il juge avec la miséricorde. »

Toute personne veut qu’on la juge ainsi, affirme le pape: que « le Seigneur nous regarde avec bonté, que le Seigneur oublie de nombreuses mauvaises choses que nous avons faites dans la vie ».

« Pensons aujourd’hui à ce que le Seigneur dit, conclut le pape: ‘Ne jugez pas pour ne pas être jugés; la mesure, la manière avec laquelle vous serez jugés, sera celle que vous utilisez; et, troisièmement, regardons-nous dans le miroir avant de juger. »

Ainsi, on verra, dit-il, que ce jugement « est un mauvais jugement; il manque quelque chose de si important que le jugement de Dieu a: il lui manque la miséricorde. Que le Seigneur nous fasse comprendre ces choses ».

05:59 Publié dans Education, Société | Tags : paille et poutre, ne jamais juger, homelie pape francois, 20 juin 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |