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30 avril 2019

La Millennium Challenge: Un nouveau bureau chargé de l'égalité entre les genres en Côte d’Ivoire

autonomisation de la femme, MCC, egalité entre les genres, côte d’ivoire, etats unis d'ameriqueLa Millennium Challenge Corporation (MCC) a célébré le lancement d'une nouvelle Direction de l'Egalité et de l'Equité au sein du ministère ivoirien de l'Education nationale à l’occasion d’un déplacement dans le cadre de l’initiative W-GDP.

Karen Sessions, vice-présidente pour les relations avec le Congrès et les Relations publiques du Millennium Challenge Corporation (MCC); Ivanka Trump, conseillère Spéciale du président américain Donald J. Trump; et Mark Green, Administrateur de l'USAID, ont pris part avec les responsables ivoiriens, notamment le vice-président de la Côte d'Ivoire, Daniel Kablan Duncan, et la ministre de l'Éducation Nationale, Kandia Camara à ce lancement, qui impliquait la signature d'un arrêté ministériel rendant opérationnel la nouvelle Direction du Genre.

Ce bureau chargé de l'égalité entre les genres est une exigence du financement du projet « Compétences pour l’emploi et la productivité » au titre du pacte quinquennal de 524,7 millions de dollars de la MCC pour la Côte d’Ivoire. Le pays élabore également une nouvelle politique en matière d’égalité des genres dans l’éducation pour favoriser l’autonomisation économique des femmes. Le pacte a été préparé conjointement par la MCC et le gouvernement de la Côte d’Ivoire sur la base d’une analyse des facteurs qui font le plus obstacle à la croissance économique du pays, notamment la faible disponibilité de travailleurs qualifiés et les difficultés en matière de transport des marchandises et des personnes.

« Il s’agit d’un jalon important dans le cadre du partenariat MCC-Côte d’Ivoire, qui permettra d’accroître les opportunités économiques pour les femmes et les filles », a déclaré Karen Sessions, vice-présidente du département des Affaires du Congrès et des Affaires publiques à la MCC. « L’autonomisation des femmes et des filles est essentielle à la réalisation de la mission de la MCC qui consiste à réduire la pauvreté au moyen de la croissance économique. »

autonomisation de la femme, MCC, egalité entre les genres, côte d’ivoire, etats unis d'ameriqueLe projet Compétences pour l’emploi et la productivité facilitera l’accès à l’enseignement secondaire et à la formation des enseignants grâce à des réformes politiques et institutionnelles, à la mise en place d’un nouveau modèle d’enseignement professionnel public-privé et à la construction de jusqu’à 84 nouvelles écoles secondaires, de 2 établissements de formation pédagogique et de jusqu’à 4 nouveaux centres d’enseignement et de formation professionnels. Les investissements de la MCC dans le secteur des transports visent à faciliter les échanges, créer de nouvelles opportunités commerciales et réduire les coûts de transport.

Dans les pays partenaires du monde entier, la MCC s’efforce à la fois de réformer les politiques et les institutions qui limitent depuis trop longtemps les femmes, et d’éliminer les obstacles à leur pleine participation à l’économie de leur pays. L’autonomisation des femmes renforce les économies, accroît les revenus des ménages et les bénéfices des entreprises. Chaque programme de la MCC exige que le pays partenaire adopte un plan en faveur de l’intégration sociale et l’égalité des genres, qui constitue une feuille de route complète dans le cadre de la lutte contre les inégalités sociales et entre les genres.

La mission de cette direction sera d'améliorer l'éducation et la formation des filles et des femmes afin d’augmenter la main d'œuvre disponible et répondre aux besoins du secteur privé ivoirien.

Source : Ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Cote d'Ivoire

29 novembre 2017

Après le scandale de l’esclavage en Libye, l’immigration au cœur du sommet UA-UE

Difficile de dire si les terribles images de migrants subsahariens vendus comme esclaves en Libye auront fait office d'électrochoc pour les dirigeants africains et européens. Elles auront eu néanmoins pour conséquence immédiate de placer le sujet au cœur des discussions lors de l’ouverture du sommet UA-UE qui se tient ces 29 et 30 novembre à Abidjan.

La Côte d’Ivoire étant le pays hôte, c’est à son président Alassane Dramane Ouattara (ADO) qu’est revenu l’honneur de prononcer le discours d’introduction, mercredi 29 novembre. ADO a ainsi appelé l’Union africaine et l’Union européenne « à mettre fin aux traitements inhumains en Libye ». Il a dénoncé « une situation totalement inacceptable qui nous rappelle les pires heures de l’histoire de l’humanité », appelant Africains et Européens à « intensifier les efforts pour démanteler les réseaux de passeurs ».

Condamnation unanimes

« Tous les pays ont le droit et l’obligation de gérer leurs frontières dans le respect des conventions internationales et des droits des migrants », a pour sa part déclaré Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU. Invité aussi à s’exprimer, le président du Parlement panafricain, Roger Nkodo Dang, a de son côté appelé à l’ouverture d’une « enquête internationale pour crime contre l’humanité ».

Enfin, Alpha Condé, le chef de l’État guinéen et président en exercice de l’UA a dénoncé des « faits intolérables ». « La communauté internationale doit prendre des mesures fermes », a-t-il dit.

Avant cela, le président du Ghana, Nana Akuffo-Addo, avait condamné sur son compte Twitter des pratiques qu’il a qualifiées de « violations graves et scandaleuses des droits humain ». Pour lui, « ces images tournent en ridicule la prétendue solidarité des nations africaines regroupées au sein de l’UA, dont la Libye est membre ».

Dans un communiqué publié mercredi, son homologue du Nigeria, Muhammadu Buhari, également présent à Abidjan, s’est dit consterné que ses compatriotes soient vendus « comme des chèvres ». Il a promis de rapatrier tous les nigérians bloqués en Libye.


>>> A LIRE – Sommet UA-UE : un partenariat d’égal à égal – Tribune de Federica Mogherini et Neven Mimica


La question a fait l’objet de débats houleux lors des huis-clos de mardi regroupant les ambassadeurs et ministres des Affaires étrangères. Selon nos sources, l’Égypte et la Libye se seraient opposés à ce que le drame de l’esclavagisme en Libye soit condamné de manière trop énergique dans le communiqué final du sommet.

Un compromis aurait été trouvé par les ministres. Le dit communiqué devrait bien condamner ces pratiques, mais aussi encourager l’Etat libyen à éradiquer ce drame.

Par ailleurs, une réunion d’urgence prévue mercredi soir avec la France, le Niger, le Tchad, l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne sur la lutte contre les trafiquants de migrants vendus comme esclaves en Libye, a été annoncée par l’Elysée.

Source: Jeune Afrique

19:08 Publié dans Culture, Education, Monde, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |

Sommet UA-UE : rebâtir ensemble

5 ème Sommet UA UE 1.jpgÀ l'occasion du Sommet UA-UE d'Abidjan des 29 et 30 novembre, Bruno Mettling, président du conseil des chefs d'entreprise France-Afrique de l'Ouest du Medef international et président d'Orange Afrique et Moyen-Orient, appelle à rebâtir « un partenariat d’une ampleur inégalée entre nos deux continents ».

Avec la fin de l’accord de Cotonou en 2020, l’Europe est à un tournant de sa relation avec l’Afrique, et il est temps de bâtir un partenariat d’une ampleur inégalée entre nos deux continents.

Le Brexit entraîne de facto une réduction de 15 % du budget du Fonds européen de développement (FED) et éloigne de la relation européo-africaine l’un des pays les plus influents du continent. De son côté, l’Allemagne semble adopter une approche bilatérale en multipliant les annonces de plans et d’initiatives (Compact With Africa dans le cadre du G20, le plan Marshall pour l’Afrique, Pro! Afrika), dont le point de départ concerne les enjeux d’immigration.

Le succès de nouveaux acteurs comme l’Inde, la Turquie ou encore la Chine, dont les parts de marché en Afrique ont été multipliées par 5 (de 3,5 % à 17,5 %) depuis 2000, est incontestable mais ne doit pas masquer certaines réalités.

Seules 20 % des contributions financières chinoises en direction de l’Afrique peuvent être considérées comme aide au développement (APD) au sens de l’OCDE, contre près de 90 % pour les États-Unis. La grande majorité de « l’aide financière » apportée par la Chine en Afrique est constituée de crédits-exports ou de prêts à des conditions de marché ; ce n’est pas critiquable en soi, il faut juste en être bien conscient et en apprécier les conséquences à moyen terme.

Réunir les secteurs privés

Face à cette évolution, le prochain dispositif européen pour l’Afrique doit impérativement intégrer mieux la contribution des secteurs privés des deux continents. à ce titre, le groupe de travail que j’ai l’honneur d’animer au Medef appelle notamment de ses vœux la création d’une plateforme de travail avec la Commission européenne, réunissant secteurs privés européen et africain.

La France a récemment promis de porter sa contribution à 0,55 % du PIB

Il s’agit d’abord de faire une évaluation lucide de l’accord précédent. L’Europe doit reconnaître que l’accord de Cotonou n’a pas eu tout l’effet escompté en matière de développement pour l’Afrique. L’efficacité des fonds alloués par le FED sous forme de dons et de dettes budgétaires est largement remise en question.

Engager un partenariat de qualité

Le débat sur l’aide au développement se cristallise aujourd’hui sur le niveau de contribution des états. La France a récemment promis de porter sa contribution à 0,55 % du PIB, et les états européens sont poussés à s’aligner sur une contribution de 0,7 % du PIB, comme l’appelle le Consensus de Monterrey de 2002. Mais le débat sur la taille ne doit pas masquer le sujet fondamental de la qualité et de l’optimisation de l’emploi des fonds.

À ce titre, le concept d’aide au développement pour l’Afrique mériterait d’être reconsidéré au profit du terme de « partenariat » – sauf évidemment en cas de crises humanitaires ou sécuritaires – , et le dispositif d’appui financier européen doit évoluer avec la création de nouveaux outils porteurs d’un vrai partage des risques et faisant l’objet d’évaluations plus systématiques.

La Commission européenne doit se servir de son influence pour que ces exigences soient réellement imposées à tous les États

Si des critères RSE [responsabilité sociale des entreprises] et éthiques doivent être inclus dans les appels d’offres pour les projets financés par les fonds européens, il appartient aussi à la Commission européenne de se servir de son influence pour que de telles exigences soient réellement imposées à tous les États qui entendent développer leur empreinte économique sur le continent.

Intégrer la transformation numérique du continent

Enfin, l’assiette des aides doit impérativement intégrer le bouleversement et les chances extraordinaires qu’induit la transformation numérique de l’Afrique, un enjeu crucial pour les deux continents. Cela ne concerne pas seulement les start-up africaines, qu’il faut bien entendu aider à émerger, mais aussi la transformation de tous les secteurs traditionnels.

Il n’y a de développement économique durable possible sans sécurité

Reconnaissons-le, l’état d’esprit des dirigeants, des acteurs économiques, des entreprises et des bailleurs de fonds doit impérativement intégrer – à rebours des infrastructures lourdes – ces nouvelles solutions légères, à même de permettre l’inclusion la plus rapide des populations, notamment dans le secteur bancaire, comme en témoigne le succès des services de mobile money.

Enfin, il n’y a de développement économique durable possible sans sécurité. C’est pourquoi l’Europe doit éviter toute tentation du repli et engager un vrai dialogue avec ses partenaires africains. C’est le message que nous porterons, en association avec nos homologues patronaux africains et européens, lors du Sommet UA-UE d’Abidjan des 29 et 30 novembre.

Source: Jeune Afrique

18:24 Publié dans Culture, Economie, Education, Monde, Politique, Société, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | |