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13 janvier 2018

Une agriculture durable pour nourrir les populations africaines

Le développement agricole à l’échelle de notre planète pose à l’humanité le plus grand défi de son histoire. Le monde d’aujourd’hui connaît un développement inégal et souffre de l’utilisation non durable des ressources. Les populations africaines souffrent des conséquences récurrentes et persistantes du changement climatique, d’une pauvreté et d’une malnutrition. Elles souffrent également de l’utilisation  non durable des ressources naturelles, ainsi donc une alimentation de mauvaise qualité est soumise à celles-ci.IMG0305A

Il devient urgent de changer de modèle agricole. L’agriculture doit répondre aux enjeux actuels, tels qu’énoncés encore du 04 au 08 septembre 2017, à la 7ème édition du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF) à Abidjan en Côte d’Ivoire. Les enjeux environnementaux, climatiques, alimentaires, sociaux ou économiques.

L’agriculture durable est à comprendre par tous et toutes. Une bonne perception de ce nouveau paradigme pour développer l’agriculture de demain centrée sur la nature, l’homme et le territoire.

L’agriculture durable est une agriculture d’intérêt général. Elle est bonne pour les consommateurs, la vie des campagnes et l’environnement. C’est ainsi la déclinaison pour le secteur agricole et rural des 27 principes du développement durable ratifiés par 174 pays lors de la Conférence de Rio  de Janeiro en Juin 1992.

L’agriculture durable engendre de nouveaux modèles agricoles. D’abord la vitalité économique avec des systèmes de production autonomes et permettant des revenus intéressants pour les agriculteurs. Ensuite l’équité sociale, en assurant le partage des richesses, des droits à produire et du pouvoir de décision. Enfin, la protection de l’environnement en préservant la fertilité des sols, la biodiversité, la qualité de l’air et de l’eau.IMG0361A.jpg

Ainsi, cela traduit une nouvelle attitude pour booster l’agriculture africaine : améliorer les moyens d’existence ruraux, préserver les ressources naturelles, faire fructifier l’écosystème, et garantir aux produits des agriculteurs un accès équitable au marché…

Il est temps de revoir comment les sciences et les technologies peuvent contribuer à un développement durable.

La notion de « développement durable » en anglais sustainable development a fait son apparition officielle dans le discours politique lors de la publication en 1987 du rapport demandé par les Nations unies à la Commission présidée par Gro Harlem Brundtland, premier ministre norvégien, dans le cadre de la préparation de la Conférence de Rio de Janeiro, qui l’a consacrée cinq ans plus tard, en juin 1992 : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la qualité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ».

Patrice Kouakou

Source : #UN SDGs

Afrique:Restructurer le secteur agricole pour lutter contre la faim

Il est temps de repenser la façon dont nous cultivons, partageons et consommons notre alimentation. Une restructuration du secteur agricole est donc nécessaire pour maintenir le niveau de la croissance économique dans les pays  les moins avancés, et aussi pour éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition.

Le changement climatique exerce une pression encore plus forte sur les ressources dont nous dépendons et augmente les risques de catastrophes naturelles. Un changement profond du système mondial d’alimentation et d’agriculture est nécessaire  si nous voulons nourrir les 925 millions personnes qui aujourd’hui ont faim et les 2 milliards de personnes supplémentaires attendues d’ici à 2050.Korhogo9

Une personne sur neuf dans le monde est sous-alimentée (soit 795 millions). La majorité des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans un pays en développement, où 12,9% de la population est sous-alimentée.

500 millions de petites exploitations agricoles fournissent jusqu’à 80% de la nourriture consommée dans les pays en développement. Investir dans ces exploitations constitue donc un moyen considérable d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des plus pauvres, ainsi que la production alimentaire pour les marchés locaux et internationaux.

« L’Afrique dépense actuellement 35 milliards de dollars par an pour l’importation de la nourriture. Ces 35 milliards de dollars devraient être conservés sur le continent africain. Il s’agit d’un marché que les jeunes africains peuvent exploiter pour créer plus de richesses chaque année. Pour y arriver, il faut changer notre regard sur l’agriculture. L’agriculture ne devrait pas être considérée comme un mode de vie ou un secteur de développement mais plutôt comme une entreprise de création de richesses» a déclaré Akinwumi Adesina, Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) le 28 juillet 2017, à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de l’Institut International pour l’Agriculture Tropicale, organisé à Ibadan, au Nigéria.Copie (2) de SAM_0309

«Plus les Africains consomment des produits alimentaires à valeur ajoutée, moins d’importations seront nécessaires et plus d’emplois seront créés pour les Africains. En important la plupart de nos produits alimentaires, nous exportons en fait des emplois et nos économies perdent leur valeur. De nos jours, beaucoup de nos jeunes perdent leurs vies inutilement en Méditerranée à la recherche d’emplois. A l’avenir, mettons tout en œuvre pour que l’agro entreprise garantisse aux jeunes des emplois et la stabilité qu’ils méritent» a exhorté Dr Agnes Kalibata, Présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), à l’occasion de la 7ème édition du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF) à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Patrice Kouakou

 Source : #ODD

08 janvier 2018

En RDC, le gouvernement durcit le ton face à l’Église

Cardinal Monsengwo Archeveque de Kinshasa.jpgLe gouvernement a condamné avec virulence le cardinal Monsengwo, archevêque de Kinshasa, après qu’il a dénoncé la répression brutale de la marche pacifique organisée le 31 décembre par une association de laïcs.

Samedi, le Vatican a déploré « la réaction disproportionnée des forces de sécurité congolaises » et estimé « probable » la tenue de nouvelles manifestations.

En République démocratique du Congo (RDC), le ton continue de monter entre le pouvoir et l’Église catholique.

Le gouvernement a jugé « injurieux », vendredi 5 janvier, les propos tenus par le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, 78 ans, « à l’endroit des dirigeants du pays ainsi que des forces de l’ordre ». L’archevêque de Kinshasa avait qualifié de « barbarie » l’intervention des forces de sécurité, le 31 décembre dernier, qui avaient violemment réprimé des manifestations dans les églises du pays, faisant plusieurs morts. « Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD-Congo », avait déclaré le cardinal Monsengwo.

A lire : En RD-Congo, une association de laïcs appelle les chrétiens à se mobiliser contre les abus du pouvoir

Le gouvernement «ne peut accepter que de tels propos viennent d’un ministre de Dieu», a répliqué le conseil des ministres, dans son compte rendu vendredi, insistant sur «la laïcité de l’État Congolais». Dans ce même communiqué, l’exécutif « condamne fermement les événements survenus le 31 décembre 2017 ». Il demande « à la justice de se saisir du dossier et d’établir des responsabilités (…) pour arrêter le cycle de violence en perspective pour cette année 2018 ». Enfin, il invite les catholiques à ne pas «récidiver». En effet, pendant le conseil des ministres, le ministre de l’intérieur a « fait part des autres manifestations programmées par le même comité laïc de Coordination de l’Église catholique et son incitateur ».

De fait, le 1er janvier, le père Vincent Tshomba, responsable du collège des doyens de Kinshasa, et Thierry Nlandu, membre du CLC, ont appelé les chrétiens à « maintenir la pression ». Jeudi dernier, comme tous les jeudis depuis le 14 décembre, les cloches des paroisses ont sonné pour réclamer l’application de l’accord de la Saint-Sylvestre. « La mobilisation continue et nous allons maintenir la pression », assurait à La Croix le père Tshomba.

> À lire : RD-Congo, l’accord de la Saint-Sylvestre

Le Vatican a lui aussi estimé « probable » la tenue de nouvelles manifestations malgré les mises en garde du gouvernement. «Tenant compte de la popularité de la marche du 31 décembre 2017, il est fort probable que d’autres initiatives seront organisées dans les prochains mois», a écrit le nonce dans une lettre au clergé congolais datée du 5 janvier. Le représentant du Saint-Siège à Kinshasa, Mgr Luis Mariano Montemayor, a déploré lui aussi «la réaction disproportionnée des forces de sécurité congolaises», qui « n’a pas respecté le caractère pacifique de cette manifestation».

Ce sont les marches organisées, le 31 décembre, à Kinshasa, la capitale, à l’appel d’une association de laïcs proche de l’Église, qui ont mis le feu aux poudres. En effet, lors de ces marches pacifiques, les organisateurs et les manifestants ont demandé au président Joseph Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016, de déclarer publiquement qu’il avait bien l’intention de quitter le pouvoir. Cette invite à s’engager à partir a manifestement fortement déplu et les manifestants ont été violemment dispersés.

> À lire aussi : En RD-Congo, un an de tension entre l’Église et le pouvoir

Depuis, le gouvernement a affirmé, à plusieurs reprises, qu’il n’y a pas eu de morts «en lien avec les manifestations du 31 décembre». Ce n’est évidemment pas ce qu’a constaté l’Église catholique. D’ailleurs, jeudi 4 janvier, la nonciature apostolique (ambassade du Vatican) avait confirmé dans une note un bilan d’au moins cinq morts dont «un fidèle catholique», ainsi que l’arrestation de six prêtres, le 31 décembre.

P.B. , La Croix Africa (avec AFP)