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17 janvier 2017

IBK : « Hollande aura été celui qui a été le plus sincère des chefs d’Etat français en Afrique »

IBK-et-François-Hollande.jpg« De tous les chefs d’Etat français », François Hollande « aura été celui dont le rapport avec l’Afrique aura été le plus sincère et le plus loyal ». C’est ce qu’a déclaré, samedi, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le président du Mali. C’était à l’occasion du sommet France-Afrique.

François Hollande qui participait à son dernier sommet France-Afrique, s’est montré heureux. Le président français a dit quelques mots.

« Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique » a fait savoir, François Hollande. Selon lui, «la France restera toujours au côté du Mali jusqu’à l’aboutissement du processus de paix. Jusqu’à ce que l’Etat malien puisse avoir son autorité respectée sur l’ensemble du territoire malien».

De l’avis du président français, les terroristes ne contrôlent plus aucun territoire (au Mali), la démocratie a repris son cours. Pour preuve, les élections ont eu lieu, l’économie repart et la réconciliation avec les accords d’Alger est en cours ».

Et de poursuivre : « Ensemble, la France, l’Afrique nous avons été capables de relever des défis et de faire avancer le monde. Ensemble, l’Afrique, la France, nous avons été capables, aux Nations unies, de porter des objectifs de développement durable. L’Afrique, la France, ensemble, nous portons le message d’une réduction des inégalités à l’échelle planétaire».

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Seychelles : Vincent Mériton a pris part au Sommet France-Afrique

Vincent-Mériton-au-27ème-sommet-France-Afrique.jpgUne soixantaine de délégations des pays et des organisations multilatérales ont participé à ce Sommet de Bamako « pour le partenariat, la paix et l’émergence ».

Dans son intervention le Vice-Président a mis l’accent sur la démocratie, la bonne gouvernance et l’état de droit comme le socle du développement durable et de la paix et la sécurité. Il a souligné l’importance de l’économie bleue, considérée par l’Union africaine dans son Agenda 2063 comme « l’avenir de l’Afrique » car elle ouvre des perspectives d’une croissance économique écologiquement durable et socialement inclusive. Il a aussi appelé à la mise en application des promesses de la COP21 de Paris et la COP22 de Marrakech dans la lutte contre les changements climatiques.

Le sommet a adopté une déclaration dans laquelle les chefs d’état et de gouvernement affirment leur volonté d’unir davantage leurs efforts pour prévenir et lutter contre toutes les formes de menace à la paix, à la sécurité et à stabilité notamment le terrorisme, le crime transnational organisé, l’insécurité maritime, la radicalisation et l’extrémisme violent.

Au titre du développement et de l’émergence, ils ont convenu d’inscrire leurs actions dans le cadre du Programme d’Action d’Addis Abeba sur le financement du développement, les objectifs du développement durable des Nations-Unies, l’Accord de Paris sur le changement climatique et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Face aux défis d’ordre économique, social, humanitaire, environnemental et climatique ils ont réaffirmé leur engagement à intensifier les efforts contre la pauvreté et en faveur d’une croissance économique inclusive et diversifiée.

Le renforcement des systèmes de santé ainsi que des systèmes d’éducation et de formation professionnelle et entrepreneuriale, et le développement des investissements étrangers et du partenariat publique-privé, sont autant de sujets sur lesquelles les participants se sont prononcés. Ils ont appelé à la prise en compte du potentiel de croissance et de transformation économique et sociale que représente l’économique numérique, l’innovation et les énergies renouvelables.

La déclaration reconnait aussi le potentiel de l’économie bleue comme « moteur d’une croissance économique solidaire et soucieuse de l’environnement » et appelle à une coopération accrue dans ce secteur.

En marge du sommet la délégation seychelloise a participé au Forum économique organisé le 13 janvier par le Conseil national du patronat de Mali (CNPM) et le Mouvement des entreprises de France (MEDEF).

Le Vice-Président Mériton était accompagné de M. Alain Volcère, Secrétaire général au bureau du Vice-Président et de l’Ambassadeur Bernard Shamlaye.

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Afrique du Sud : un forum sur les données au service du développement durable

Le Forum mondial des Nations unies sur les données est destiné aussi à obtenir un soutien pour un nouveau plan d'action global. « Ce Forum intervient à un moment crucial pour le renforcement des données et des capacités statistiques à l'échelle mondiale. Les pays du monde entier se mobilisent pour réaliser le Programme de développement durable à l'horizon 2030 qu'ils ont adopté lors d'un sommet de l'ONU il y a deux ans », a souligné le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires économiques et sociales, Wu Hongbo, lors d'une conférence de presse à l'ouverture du Forum. « …Il est essentiel de disposer de données précises, fiables, actualisées et détaillées. Nous devons atteindre toute une série d'objectifs économiques, sociaux et environnementaux inclus dans ce programme de développement durable. Cela nécessitera que tout le monde dans la communauté des statistiques et des données, qu'il s'agisse des gouvernements, du secteur privé et des communautés de scientifiques et d'universitaires, trouve des façons de travailler ensemble dans différents domaines et crée des partenariats et des synergies », a-t-il ajouté.

Wu Hongbo a souligné que le Programme 2030 pose d'énormes défis pour la communauté statistique, en ce qui concerne la modernisation et l'amélioration de ses capacités, de sorte que tous les bureaux nationaux de statistiques deviennent des centres fournissant les données nécessaires pour élaborer les politiques et assurer un suivi aux niveaux national, régional et mondial. « Pour ce faire, nous aurons besoin que les gouvernements, les organisations internationales, les entreprises, les universités et la société civile unissent leurs forces et travaillent ensemble », a-t-il conclu.

Josiane Mambou Loukoula
http://www.adiac-congo.com

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Sénégal/Khadim Diop sur la bonne gouvernance : « Des progrès constants sont réalisés d’année en année»

Khadim Diop.jpgLe Sénégal ne cesse de gagner des points en bonne gouvernance, a déclaré, avant-hier, le ministre Khadim Diop, en charge de l’Intégration africaine, du Nepad et de la Promotion de la Bonne gouvernance, à l’ouverture du séminaire national sur l’Etat de la gouvernance au Sénégal au regard de l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique et du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep). 

Le séminaire national, co-organisé par le ministère de l’Intégration africaine, du Nepad et de la Promotion de la bonne gouvernance, la Fondation Mo Ibrahim (Mif) et l’Institut africain de la gouvernance (Iag) est « la traduction effective de la qualité du partenariat qui lie le département en charge de la promotion de la bonne gouvernance au Sénégal et la Fondation », a dit le ministre Khadim Diop. Selon lui, « au Sénégal, des progrès constants sont réalisés d’année en année en la matière, dans tous les secteurs de la vie publique».

Créée en 2006 avec pour centre d’intérêt particulier le rôle crucial que jouent le leadership et la gouvernance dans la transformation de l’Afrique, la Fondation Mo Ibrahim contribue à apporter des changements significatifs en Afrique, en fournissant des outils et en plaidant pour un leadership progressiste et une gestion responsable. Parmi ces outils, l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique, créé en 2007 et constitué d’un ensemble exhaustif de données quantitatives permettant de fournir une évaluation annuelle de la gouvernance dans chaque pays africain. En effet, « validé par les experts de plusieurs institutions africaines de référence, l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique propose un cadre complet permettant aux citoyens, autorités publiques et partenaires de mesurer avec quelle efficacité les biens et services publics sont fournis et gérés», a indiqué le ministre.

Selon lui, il est composé de 4 catégories principales, qui se subdivisent elles-mêmes en 14 sous catégories : sécurité et Etat de droit (Etat de droit, redevabilité, sécurité personnelle, sécurité nationale), participation et droits de l’homme (participation, droits, genre), opportunité économique durable (management public, environnement des affaires, infrastructures, secteur rural), développement humain (bien-être, éducation, santé).

Un Sénégal performant
« Depuis sa création en 2007, le Sénégal s’honore de figurer parmi les pays les plus performants de l’Iag surtout depuis 2012, avec l'accession à la magistrature suprême du président Macky Sall. En 2015, il se situe au 10ème rang des 54 pays du continent (avec 60,8 points sur 100) en gouvernance globale, après une progression de +3,7 points au cours des 10 dernières années. Il importe de souligner ici que le Sénégal est l’un des seuls trois (3) pays parmi les dix premiers du classement à enregistrer une amélioration dans chacune des 4 catégories de l’indice, avec une hausse particulièrement remarquable dans la catégorie sécurité et Etat de droit (+4,8), à rebours du recul presque général du continent dans ce domaine. Le Sénégal réalise sa meilleure performance dans la catégorie Participation et droits de l’homme, en se hissant au 7ème rang du continent en 2015 », a-t-il laissé entendre. Il a ajouté que la catégorie « Développement humain (+6,1) » affiche la plus forte progression de la décennie écoulée.

Par ailleurs, s’inscrivant dans une quête permanente d’amélioration de la gouvernance de notre pays, le président de la République Macky Sall a engagé le Sénégal dans le processus d’évaluation du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep), qui a été institué dans le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), par les chefs d’Etat africains, pour mesurer les performances et les déficiences des pays africains, dans les domaines de la démocratie, des droits humains, de la bonne gouvernance et des bonnes pratiques de développement économique et social.

Lutte contre la corruption
« On peut constater que la bonne gouvernance des affaires publiques, prônée par le président de la République Macky Sall, est en marche», a noté Khadim Diop. A l’en croire, le développement économique et social ne peut se réaliser que grâce à une plus grande cohérence dans les relations entre l’administration, les citoyens et les acteurs non-étatiques.

« C’est la raison pour laquelle, la prise en compte des questions de bonne gouvernance et de développement durable dans l’agenda des politiques publiques est aujourd’hui un fait établi. Pour les pays africains et le Sénégal en particulier, la question est porteuse d’espoir et revêt un intérêt crucial pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Odd) », a souligné le ministre. Il a indiqué qu’en définitive, « l’amélioration des pratiques de gouvernance vise à transformer, en profondeur, les attitudes et comportements des acteurs qui y sont associés. Elle doit permettre l’adoption de nouvelles attitudes de gestion de la chose publique, fondées sur des valeurs, des repères et des principes reconnus et acceptés par tous », a soutenu le ministre. Pour le président du Global local forum (Glf), Abdoulaye Sène, il a reconnu que la corruption est une problématique générale qui transcende les générations. Il s’est félicité de cette initiative qui promeut ainsi la bonne gouvernance et l’Etat de droit. Quant au directeur exécutif de la Fondation Mo Ibrahim Abdoulie Jannah, il a trouvé salutaire la démarche du Maep dont le rapport sera présenté en fin janvier au forum des chefs d’Etat pour l’étape d’évaluation par les pairs, qui se déroulera le 28 de ce mois à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Serigne Mansour Sy CISSE

http://www.lesoleil.sn

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16 janvier 2017

Gambie - Investiture : Barrow insiste, Jammeh résiste

Adama Barrow Nvo Pdt Gambien.jpgInvestiture à Banjul ou à Dakar ? Le président élu, actuellement à Dakar, semble parti pour ne pas céder, si l'on en croit son porte-parole.

« Le mandat de Jammeh se finira le 19 janvier, et à cette date commencera le mandat du président élu Barrow. (...) Il sera investi et assumera alors sa fonction sans faillir », a affirmé dimanche son porte-parole, Mai Fatty, cité par l'AFP, et présent avec lui dans la capitale sénégalaise. Intimidation ou décision ferme alors que la Cour suprême doit en principe se prononcer, ce lundi, sur les derniers recours déposés la semaine dernière par les avocats de Yahya Jammeh ?

Faut-il le rappeler : Yahya Jammeh demande purement et simplement l'annulation de la cérémonie d'investiture d'Adama Barrow. Pire, le président Jammeh est allé jusqu'à « interdire » à toute personne investie de pouvoir judiciaire de permettre à Adama Barrow de prêter serment ce jeudi. Une attitude qui illustre un raidissement plus fort de sa part, mais aussi certainement l'inquiétude face à un scénario de plus en plus précis du côté de Dakar et de la communauté ouest-africaine qui, à l'occasion du sommet Afrique-France, a manifesté sa solidarité avec le président Barrow. En attendant, le porte-parole s'est refusé à préciser si l'investiture d'Adama Barrow était prévue à Dakar ou bien dans la capitale gambienne Banjul.

Le scénario du drame gambien

La Gambie est plongée dans une grave crise depuis que M. Jammeh a annoncé, le 9 décembre, qu'il ne reconnaissait plus les résultats de l'élection présidentielle du 1er décembre, une semaine après avoir pourtant félicité M. Barrow pour sa victoire. Yahya Jammeh dirige sans partage depuis 1994 ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest de moins de 2 millions d'habitants, enclavé dans le Sénégal à l'exception de sa façade atlantique. Son mandat expire mercredi prochain. Depuis son revirement, M. Jammeh subit de nombreuses pressions extérieures et apparaît de plus en plus isolé. Il a saisi la justice pour faire annuler les résultats de la présidentielle et se dit donc déterminé à rester président tant qu'elle n'aura pas statué sur ses recours.

La Cedeao se mobilise

Samedi, un mini-sommet sur cette crise gambienne s'est tenu dans Bamako en marge du 27e sommet Afrique-France, réunissant notamment M. Barrow, les dirigeants nigérian Muhammadu Buhari, libérien Ellen Johnson Sirleaf ainsi que l'ex-président ghanéen John Dramani Mahama. Une source de la présidence sénégalaise a confirmé dimanche à l'AFP que M. Barrow se trouvait dans la capitale sénégalaise Dakar à la suite de consultations avec des responsables de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao, 15 pays), en marge de ce sommet de Bamako. Entre-temps, une mission de la Cedeao s'est rendue à deux reprises à Banjul pour convaincre M. Jammeh de céder le pouvoir sans heurts. L'Union africaine (UA) aussi l'a sommé de quitter le pouvoir pacifiquement, le menaçant de « graves conséquences » dans le cas contraire et prévenant qu'elle ne le considérerait plus comme légitime à partir de jeudi.

Du côté du président élu, l'information est que « M. Barrow est à Dakar depuis dimanche » très tôt, a rapporté l'Agence de presse sénégalaise (APS), citant une source officielle. « Le président de la République du Sénégal (Macky Sall) a répondu favorablement à la demande de son homologue du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf », présidente en exercice de la Cedeao, « en marge du sommet France-Afrique », selon l'agence. La présidente Sirleaf, qui avait fait le déplacement à Bamako en compagnie du président élu de la Gambie, « a demandé au chef de l'État sénégalais d'accueillir Adama Barrow jusqu'à son investiture prochaine, ce qu'a accepté Macky Sall « au nom de l'hospitalité sénégalaise » », a ajouté l'APS.Adama Barrow Nvo Pdt Gambien 2.jpg

De nombreux départs de Gambiens

Pendant ce temps, note l'AFP, le climat d'incertitude à l'intérieur du pays a récemment poussé des milliers de Gambiens à fuir le pays, en particulier vers le Sénégal, et la Guinée-Bissau, plus au sud. Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), « les personnes ayant fui au Sénégal ces deux dernières semaines sont principalement des enfants ». Et d'ajouter que « beaucoup de parents craignant des troubles potentiels » ont décidé d'évacuer leurs enfants dans ce pays.

Un recours à la force pas exclu

Par ailleurs, de hauts responsables militaires de la Cedeao venant notamment du Sénégal, du Liberia et du Ghana se sont récemment réunis dans la capitale fédérale nigériane Abuja pour discuter de « l'impasse politique » en Gambie, selon l'état-major nigérian. La Cedeao n'a pas exclu une intervention militaire en dernier recours, même si l'armée nigériane a récemment nié qu'elle préparait ses troupes à intervenir en Gambie.

Au sommet Afrique-France de Bamako, le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Marcel Amon Tanoh, a rappelé qu'un recours à la force n'était pas exclu. Vendredi, le représentant de l'ONU en Afrique de l'Ouest, Mohamed Ibn Chambas, avait fait savoir que la Cedeao pourrait demander au Conseil de sécurité de l'ONU le déploiement de troupes en Gambie si M. Jammeh persistait à refuser de quitter le pouvoir.

 
Publié le | Le Point Afrique

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15 janvier 2017

Gambie : la mission de la Cédéao quitte Banjul, des milliers de personnes fuient le pays

Yahya Jammey ex pdt Gambie.jpgDes dirigeants ouest-africains ont tenté de nouveau vendredi à Banjul de convaincre le président gambien Yahya Jammeh de céder le pouvoir le 19 janvier à son successeur élu Adama Barrow, pour mettre fin à la crise qui a provoqué l'exode de milliers de Gambiens.

Ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest est plongé dans la crise depuis que M. Jammeh a annoncé le 9 décembre qu’il ne reconnaissait plus les résultats de l’élection présidentielle du 1er décembre, une semaine après avoir pourtant félicité M. Barrow pour sa victoire.

« L’équipe de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) a décidé de partir de Banjul ce soir en compagnie du président élu Barrow pour Bamako, au Mali », où doit se tenir samedi un sommet Afrique-France, a déclaré le ministre nigérian des Affaires étrangères Geoffrey Onyeama à des journalistes après des entretiens avec Adama Barrow et Yahya Jammeh.

Le chef de l’État nigérian Muhammadu Buhari conduisait la mission avec son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf, présidente en exercice de la Cédéao, qui réunit 15 pays. Faisait également partie de la délégation l’ex-président ghanéen John Dramani Mahama.

« Le but de la visite est de rencontrer le président Jammeh, afin que tout le monde puisse s’entendre sur une feuille de route. Nous sommes plutôt optimistes que cette fois, les discussions n’échoueront pas », avait déclaré auparavant M. Onyeama.

A la question de savoir s’il était confiant cette fois-ci dans une réponse favorable de Yahya Jammeh à la demande de la Cédéao, le président Buhari avait simplement lâché: « Seul Dieu le sait ».

Empêcher la prestation de serment

Les trois dirigeants faisaient déjà partie d’une mission dépêchée par la Cédéao exactement un mois auparavant pour presser Yahya Jammeh, qui gouverne sans partage la Gambie depuis 22 ans, de quitter le pouvoir le 19 janvier, après l’expiration de son mandat.

 Yahya Jammeh a saisi la justice pour faire annuler les résultats de l’élection, arguant d’irrégularités dans la comptabilisation des votes et l’organisation du scrutin. Il s’est dit déterminé à rester au pouvoir tant qu’elle n’aurait pas statué sur ses recours, ce qui prendra des mois, le temps de remplacer les juges manquants à la Cour suprême.

De son côté, Adama Barrow a affirmé qu’il serait investi le 19 janvier et se considérerait comme président à compter de cette date.

Jeudi, l’avocat de M. Jammeh a déposé à la Cour suprême une nouvelle requête pour empêcher la prestation de serment de M. Barrow.

Ce climat d’incertitude a poussé des milliers de Gambiens à fuir le pays, en particulier vers le Sénégal, unique voisin terrestre de la Gambie, et la Guinée-Bissau, plus au sud.

« Plusieurs milliers de Gambiens se sont rendus au Sénégal ces dix derniers jours pour fuir la tension qui est montée concernant les résultats de l’élection présidentielle », a indiqué vendredi le le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Il s’agit « principalement d’enfants », selon cette agence de l’ONU, expliquant que beaucoup de parents « craignant des troubles potentiels » ont décidé d’évacuer leurs enfants au Sénégal.

Plus d’un millier de Gambiens entrés en Guinée-Bissau depuis une semaine, essentiellement des femmes, enfants et personnes âgées, a affirmé pour sa part le coordinateur national du Commissariat pour les réfugiés et déplacés, Tibna Sambé Na Wana.

Menace de recours à la force

Depuis son revirement, Yahya Jammeh subit de nombreuses pressions extérieures.

L’Union africaine (UA) l’a sommé vendredi de quitter le pouvoir pacifiquement, le menaçant de « sérieuses conséquences » dans le cas contraire et prévenant qu’elle ne le considérerait plus comme légitime à partir du 19 janvier.

Adama Barrow a pour sa part quitté la Gambie vendredi soir pour participer à Bamako au sommet d’une trentaine de chefs d’État et de gouvernement d’Afrique francophone et anglophone.

Au sommet Afrique-France, le ministre ivoirien des Affaires étrangères Marcel Amon Tanoh a rappelé qu’un recours à la force n’était pas exclu.

« Sur la Gambie, l’objectif reste le même: que le verdict des urnes soit respecté. Nous espérons ne pas être obligés d’utiliser la force. Mais les moyens seront mobilisés pour que le verdict des urnes soit respecté », a-t-il déclaré à la presse.

La crise en Gambie figure à l’agenda du sommet, qui sera dominé par les questions de sécurité, de démocratie et de développement, au moment où Paris plaide pour le renforcement des capacités de défense africaines et le respect des règles constitutionnelles sur le continent.

Par AFP

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