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15 mars 2017

Communication : L’information est à la fois art et science

Médias 25.jpgL’affirmation selon laquelle l’information est art et science ne cesse d’attirer l’attention de tous. A preuve les spécialistes tels que les sociologues, les politiciens, les journalistes, les historiens, les scientifiques n’hésitent de l’aborder à travers les rencontres internationales. Le terme « information » désigne un élément particulier de connaissance ou de jugement accessible à n’importe qui sous quelque  forme que ce soit. Selon une seconde acception, le mot « information » délimite un besoin social, une exigence de communication entre les individus d’une société.  Le terme « art » désigne la créativité. C’est l’ensemble des techniques qui concourent à la beauté et à l’esthétique. Le mot « science » traduit art ou pratique qui nécessite des connaissances expérimentales ou livresques. L’information est comme un fait que l’on doit étudier scientifiquement sur le terrain avec créativité et technicité. Les hommes des médias travaillent avec une imagination créatrice et un esprit scientifique. Ils demeurent en permanence des hommes de terrain qui observent, étudient les phénomènes de façon objective voire désintéressée pour le triomphe de la science. L’agent de l’information se sert de l’art et de la science pour transmettre ses messages. Lesquels sont l’objet de la communication. Par exemple, les mass médias recouvrent l’ensemble des procédés (radio, télévision, presse écrite et en ligne) par lesquels  l’information peut atteindre un grand nombre de personnes. Il ya donc un certain nombre de techniques qu’il faut s’approprier. Pour qu’une information soit vraie, il lui faut respecter les règles de reportage, de l’interview, de l’analyse. Le traitement de l’information est un art. L’information emprunte les outils de la recherche scientifique pour se définir et s’affirmer. L’information « à traiter » fait souvent appel  à l’appui de la sémiologie, de l’histoire, de l’anthropologie, de la science politique, de psychosociologie. L’information est ainsi le produit d’une imagination fertile et esthétique. De ce précède, le journaliste est un homme créatif. Par ailleurs, tout n’est pas de l’information. En théorie, toute information digne de ce nom doit être liée à la surprise. C’est pourquoi par boutade, on dit : « Il ya information et information.» Une véritable information doit bousculer les consciences, étonner le récepteur. On identifie souvent l’information, aux nouvelles qui ont lieu dans la vie de tous les jours. L’information n’a forcément pas besoin d’être artistique et scientifique pour être déchiffrable et saisissables. Le  caractère artistique et scientifique est le fait de la société urbaine et moderne. Il est nécessaire qu’il y ait une interaction entre les entités Art et Science, caractéristique de l’information. L’information n’est pas un phénomène autonome.  Pour le sémiologue, lire une affiche publicitaire nécessite une réflexion scientifique et une approche créative. Le procédé de collecte d’information des reporters est un art ; c’est aussi une science. La technique virtuelle de montage de film et la technique analogique de montage en sont d’autres exemples. Les médias sont amenés à fournir de l’information exhaustive avec  toutes les preuves  et les canons esthétiques inhérents  à la persuasion  de tous. Car les journalistes et les autres agents de l’information  sont responsables d’une bonne partie de l’information de leurs concitoyens ; et en ce sens ils jouent un rôle prépondérant dans une démocratie. Sans information adéquate, les citoyens  peuvent difficilement poser des choix éclairés.

Patrice Kouakou

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Médias : Associez la vérité à vos écrits

Médias 22.jpgL’exactitude est un principe de base de tout service d’information. Si l’exactitude fait défaut, il manque son objectif auprès du public et perd sa crédibilité. Quand les faits sont remplacés par des contre vérités et des inexactitudes, la distorsion des informations intervient. L’esprit de réconciliation infusé dans les pays en crise contribuera à restaurer la communion brisée et à effacer la douloureuse parenthèse de leur histoire. La presse devrait accompagner cette politique de cohésion sociale. Dans les zones de tensions, la presse devrait jouer son rôle distinctif dans l’établissement d’un véritable système démocratique. La responsabilité des journalistes est de plus en plus importante. Car la presse est le lien principal entre gouvernants et gouvernés. Devoir de mémoire, la démocratie est la forme de gouvernement qui propose que les grandes décisions concernant la vie de tous soient prises par la majorité des citoyens mais que la minorité puisse s’exprimer librement et même être représentée.  La souveraineté appartient alors à l’ensemble de la collectivité. Voilà pourquoi Abraham Lincoln a pu dire de la démocratie qu’elle est : « Le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple ».  L’idéologie démocratique valorise donc l’égalité politique, l’égalité des chances, la confiance. Les journalistes sont invités à exercer selon la déontologie du métier, l’éthique, et la loi sur la presse. Encore faut il, évidemment, que les organes de presse remplissent correctement leur rôle : le niveau et l’efficacité de la participation politique des citoyens, fondement  même de la démocratie, dépendent de la qualité et de la quantité d’informations dont ils disposent. N’utilisez pas la rumeur ; un organe de presse ne doit pas se livrer à des conjectures et ne doit également pas émettre d’opinions. En dépit de toutes ses bonnes intentions, des journalistes doivent faire leur mue et leur autocritique. Les fautes professionnelles sont encore nombreuses relativement à la grille de lecture et d’écoute des médias. Dérapages et dérives se multiplient dans les médias de masse. Au total, nous notons les manquements aux règles du métier de journaliste, ainsi que les fautes d’éthique et de déontologie. Ne t il pas pour cela qu’on reproche aux journalistes leur engagement politique partisan, leur accointance avec les hommes politiques, leur manque de professionnalisme conséquence de leur formation ? L’on invite cette corporation à faire fi des manquements à l’éthique et à la déontologie du journalisme. Car la sagesse exige que ce soit par cette voie que les médias pourront aider à la consolidation d’une société démocratique et réconciliée.

Patrice Kouakou

 

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14 mars 2017

Culture de base:Que deviendront nos enfants demain ?

Durant cette décennie, dans nos Etats sous les tropiques comme en Occident, l’on assiste à la désintégration sociale d’une part et à l’aliénation ou bien à la dépravation des enfants d’autre part. L’essor fulgurant de la technologie et les pesanteurs de la mondialisation imposent de comportements nouveaux tant chez les parents que chez les enfants. Dans certains foyers, les conjoints confient l’éducation de base des enfants à des femmes de ménages, en raison des taches quotidiennes. Dans d’autres foyers, en dépit de l’occupation de chaque jour  les conjoints s’y attachent concomitamment à cette fin dans la quête de la réussite sociale de leur postérité. A notre sens, il faudra vraiment de l’endurance et de rigueur. L’on y encourage les parents d’élèves, face à toutes les contingences et velléités qui polarisent librement les consciences. Les parents doivent jouer franc jeu avec les progénitures. Comment pouvez-vous comprendre qu’une jeune fille mal habillée accompagne sa mère ? Les jeunes filles sont aujourd’hui presque nues dans les rues surtout dans les capitales européennes et  africaines. A l’inverse, les jeunes gens veulent appartenir à la gent féminine, à travers l’habillement, le maquillage, les manies, des pratiques abominables etc. Les enfants ont acquis une très grande liberté, source de leur aliénation et de leur dépravation. A cette ère de la numérisation, les jeunes s’offrent gracieusement au libertinage comme une manne au détriment des vertus sociales et culturelles. Ces jeunes voient le monde à l’envers ; ils ont rapidement besoin d’être recadrés pour un avenir prometteur et prolifique. Chers parents, haut les cœurs pour restaurer les mentalités de ces jeunes. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication, peuvent isoler les jeunes, désintégrer la société. La liberté qu’offrent ces technologies fait craindre une mauvaise utilisation de la part des jeunes gens, notamment  la présence de certains sites à caractère pornographique et immoral. Car loin de participer à sa culture, sa socialisation, au développement de ses facultés, ces outils informatiques deviennent  des outils d’acculturation pour nos enfants leur apportant  une pléiade d’informations  en déphasage avec leur culture de base.

Patrice Kouakou

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19 février 2017

« En Afrique, il faut briser le triangle du désastre pour en finir avec le terrorisme »

Pour le président de la Banque africaine de développement (BAD), la lutte contre le chômage des jeunes et pour l’agriculture et l’accès à l’énergie sont indispensables.

Akinwumi Adesina à Abidjan, le 21 mars 2016.

Présent au 28e sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, défend une réponse africaine à la menace terroriste qui associe sécurité et développement. L’ancien ministre nigérian de l’agriculture, devenu président de la BAD en mai 2015, plaide particulièrement pour l’accès des Africains à l’énergie et la création massive d’emplois pour les jeunes. Il estime également que seuls des investissements conséquents dans le secteur agricole peuvent sortir de la pauvreté les 65 % d’Africains vivant en milieu rural.

La menace terroriste n’a jamais été aussi pressante sur le continent avec les chabab, Boko Haram, Al-Qaida au Maghreb islamique, Ansare Dine, l’organisation Etat islamique… Comment construire une réponse africaine efficace et durable ?

A regarder attentivement la cartographie de la menace terroriste en Afrique, on s’aperçoit qu’elle correspond à ce que j’appelle le triangle du désastre. Le premier indicateur, c’est le niveau de pauvreté très élevé dans le monde rural. Le second élément, c’est le très fort taux de chômage chez les jeunes. Il y a enfin la dégradation de l’environnement du fait du changement climatique. Partout en Afrique où vous trouvez ce triangle du désastre, vous trouvez la menace terroriste : au nord-Mali avec Al-Qaida au Maghreb islamique, Ansare Dine, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ; au nord du Kenya avec les chabab ; au sud-est du Niger et au nord-est du Nigeria avec Boko Haram.

Si nous voulons en finir avec ces menaces et actions terroristes, nous devons, outre sur la sécurité, agir sur un certain nombre de leviers. Premièrement, il nous faut transformer les zones de misère en zones de prospérité. Il nous faut également offrir à la jeunesse africaine des perspectives d’emplois. L’Afrique compte aujourd’hui près de 480 millions de jeunes. Chaque année près de 13 millions de jeunes Africains arrivent sur le marché de l’emploi alors qu’il n’existe que 3 millions de postes. Que faire des 10 autres millions ?

Certains se désespèrent et s’engagent dans des aventures périlleuses comme on a pu le voir avec ces bateaux de fortune de migrants lancés à l’assaut de la Méditerranée. D’autres deviennent des proies faciles pour les groupes terroristes. A cet enjeu majeur, il faut une solution globale et inclusive. C’est pourquoi la Banque africaine de développement (BAD) ambitionne d’aider les Etats africains à créer 25 millions d’emplois pour les jeunes Africains sur les dix prochaines années.

Lire l’entretien :   « Le Sahel est une bombe démographique »

« L’accès à l’énergie est autant une question de développement qu’un enjeu de sécurité »
 

Certains Etats en situation d’extrême fragilité comme la Somalie peinent à convaincre les bailleurs de financer la reconstruction et le développement. Comment éviter de leur imposer une double peine, en leur refusant l’accès aux guichets alors qu’ils paient déjà un lourd tribut au terrorisme ?

Il est important de continuer à accompagner et soutenir les Etats en situation de fragilité. Dans le cas particulier de la Somalie, nous travaillons avec le Royaume-Uni pour doter le pays d’infrastructures de qualité. La BAD dispose d’un instrument spécifique pour accompagner les Etats en transition : le Fonds africain du développement, qui a fait l’objet d’une reconstruction de près de 7,2 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) en novembre 2016 à Luxembourg.

Cet instrument nous a permis de soutenir les efforts de la Côte d’Ivoire pour sortir de la fragilité et devenir une des économies les plus dynamiques du continent avec près de 10 % de croissance. Partout où il y a fragilité de l’Etat, il y a faiblesse des institutions, déficit d’énergie, faible niveau de formation. Nous devons être aux côtés des Etats concernés pour les aider à renforcer leur résilience. L’exemple de la Côte d’Ivoire conforte mon optimisme et m’amène à penser que même les pays du continent actuellement en difficulté extrême ne sont pas définitivement condamnés.

Aux côtés des Etats et des bailleurs de fonds traditionnels, le secteur privé peut-il jouer un rôle dans les efforts pour sortir de la fragilité des pays comme le Burundi, le Soudan du Sud, la Centrafrique, la République démocratique du Congo ?

Le piège serait justement ne pas investir dans ces pays sous prétexte qu’ils sont en situation de fragilité. Nous comprenons les réticences du secteur privé qui peut considérer l’absence d’institutions fortes et d’infrastructures comme des freins. Il faut donc en même temps éviter que ces pays-là soient abandonnés à leur sort. C’est pour cette raison que nous, à la BAD, avons créé un instrument doté de 250 millions de dollars (233 millions d’euros) pour encourager le secteur privé à investir dans les Etats en transition comme la Centrafrique, la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud. Il s’agit pour la BAD de se tenir aux côtés des hommes d’affaires pour partager les risques liés à leurs investissements dans ces pays.

Lire aussi :   La Bourse de Nairobi est-elle la pire au monde ?

A en croire une étude du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), seuls deux pays d’Afrique subsaharienne, Maurice et les Seychelles, assurent l’électricité à tous leurs habitants. Dans d’autres pays, le taux d’accès tourne autour de 10 %. Comment l’Afrique peut-elle relever cet immense défi ?

J’ai honte de la situation de l’accès à l’énergie en Afrique. Sans énergie, on ne peut même pas assurer une éducation de qualité aux enfants. Les terroristes profitent de l’obscurité entraînée par l’absence d’électricité pour commettre leurs forfaits – c’est autant un problème de développement qu’une question de sécurité. J’ai donc décidé dès mon entrée en fonction en 2015 de faire de l’accès à l’énergie un chantier majeur de mon mandat. Nous avons lancé le « Nouveau pacte pour l’énergie pour l’Afrique » qui vise à résoudre durablement le problème. Il ne s’agit pas seulement d’éclairer mais aussi de faire en sorte que l’Afrique nourrisse l’Afrique à travers le développement de l’agro-industrie, l’industrialisation, l’intégration régionale.

« Nous voulons arriver à un premier niveau de transformation des matières premières sur place afin qu’elles apportent une valeur ajoutée »

 

L’énergie est un préalable et la BAD l’a compris. C’est pour cette raison qu’elle va mettre sur la table 12 milliards de dollars (11,2 milliards d’euros) pour les dix prochaines années. Nous escomptons, à partir de notre mise, un effet de levier de 50 milliards de dollars en faveur de l’accès à l’énergie en Afrique. Rien que pour 2016, nous avons investi près de 1,7 milliard de dollars sur ce point, ce qui a entraîné 2,8 milliards apportés par le secteur privé. Signe de la priorité que nous accordons à l’urgence énergétique, une vice-présidence de la Banque chapeaute un complexe spécifiquement créé pour l’énergie : c’est un cas unique dans les organisations multilatérales. Il colle à l’immensité du défi.

Nous n’aurons d’autre choix que d’exploiter au maximum les opportunités offertes par les énergies renouvelables : le solaire, l’hydroélectrique, le géothermique et même le charbon puisqu’il existe des techniques pour le rendre moins polluant. Avec l’Union africaine, nous avons mis en place l’« Initiative énergie renouvelable pour l’Afrique ». La cellule technique d’implantation de cette initiative est déjà en place à la BAD. Nous sommes fermement convaincus que résoudre le problème d’accès à l’énergie en Afrique, c’est aussi résoudre les problèmes de stabilité et de développement.

Lire la série de reportages :   Traversée d’une Afrique bientôt électrique

Vous qui prônez un « retour du continent à la terre » – l’agriculture –, quelle est votre position sur l’achat des terres agricoles africaines par des investisseurs étrangers, notamment de la Chine et du Golfe ?

Si les terres africaines suscitent tant de convoitises, c’est parce qu’elles présentent un potentiel immense. L’Afrique concentre près de 65 % des terres arables dans le monde. Paradoxalement, elle importe chaque année pour près de 35 milliards de dollars de produits alimentaires. Il faut sortir de cette situation inacceptable ! En passant d’abord d’une agriculture de subsistance à une agriculture business qui produit de la richesse. Près de 65 % d’Africains, les plus pauvres, vivent dans le milieu rural et dépendent de l’agriculture. Moi qui suis enfant de paysan, j’ai vécu la pauvreté dans ma chair. Et je souhaite aider les agriculteurs africains à en sortir.

Sur les dix prochaines années, la BAD envisage ainsi d’investir 24 milliards de dollars dans l’agriculture, l’enjeu étant de mettre un terme à la situation actuelle qui amène nos Etats à exporter sans transformation nos matières premières agricoles telles que le café, le cacao, le coton. Nous voulons plutôt arriver à un premier niveau de transformation de ces matières premières sur place afin qu’elles apportent une valeur ajoutée à nos économies et créent des emplois.

Plus stratégiquement, nous avons décidé d’accompagner l’émergence d’une génération de jeunes agro-entrepreneurs africains auxquels nous apporterons le financement et l’accompagnement technique. L’Afrique ne peut plus continuer à pratiquer l’agriculture pour créer des emplois et de la richesse pour les autres. L’avenir de notre continent sera fonction de ce qu’il fera de son agriculture. C’est par elle que passe également la solution durable et efficace à la pauvreté et à la misère qui nourrissent le terrorisme et l’instabilité.

Seidik Abba (Addis-Abeba - contributeur Le Monde Afrique)

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17 février 2017

20 millions de personnes risquent de mourir de faim: "Au XXIe siècle, cela paraît impensable"

Plus de 20 millions de personnes risquent de mourir de faim dans les six prochains mois sur la Terre. La FAO, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, pointe quatre famines particulièrement meurtrières.

Quelles sont les régions menacées? Pourquoi celles-ci? Comment intervenir? Dominique Burgeon,directeur de la division des urgences de la FAO, nous livre un éclairage en trois questions.

Quelles sont les régions menacées? 

"Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation alimentaire dans quatre pays où le risque de famine est bien réel. Pour le Yémen, le Soudan du Sud, le Nigéria et la Somalie, ce sont bien 20 millions de personnes qui sont en insécurité alimentaire sévère.

Extrêmement préoccupés par cette situation

Non seulement ils ne peuvent plus subvenir à leurs besoins alimentaires de base mais en plus ils sont obligés de vendre leurs biens, leurs outils, leurs animaux, parfois même des gens qui ont pu rencontré leurs pairs pour parvenir à s’alimenter. Nous sommes donc extrêmement préoccupés par cette situation.

Je pense qu’il est important de souligner, comme vous l’avez dit, que jamais au cours des 20 dernières années, nous avons eu une situation telle que celle-ci, où on a autant de personnes au bord de la famine".

Cela signifie que c'est quelque chose qui ne s’est pas produit avant? 

"Il est important de se souvenir que la dernière famine qu’on a eue, c’était en 2011, c’était en Somalie, elle a tué 250 000 personnes. Je pense qu’il est donc important de souligner que le dénominateur commun à ces crises est souvent la situation de conflit. Aujourd'hui, c’est le cas dans les quatre pays cités plus haut.

Malheureusement, et c’est le cas pour l’instant en Somalie, au conflit viennent parfois s’ajouter les événements climatiques extrêmes, comme la sécheresse. Nous sommes donc vraiment très inquiets par cette situation. Et se retrouver dans des situations de famine au XXIe siècle, ça paraît presque impensable".

Comment des organisations telles que la FAO peuvent intervenir dans ces zones de conflits?

"Tout d’abord, je pense qu’il faut se mobiliser parce que le dénominateur commun à ces crises, ce sont bien les situations de conflit. Il faut donc, bien sûr, essayer de trouver des solutions politiques. En ce qui nous concerne, je pense qu’il est important de permettre aux agences onusiennes et aux ONG d’avoir les moyens de fournir une assistance alimentaire. Quand on est dans des situations de famine, ce qui compte est de pouvoir fournir une assistance alimentaire dans l’immédiat.

Avoir un futur à plus long terme

Il faut en effet bien se rendre compte que dans ces situations, 80 % des gens dépendent de l’agriculture pour assurer non seulement leur propre alimentation, mais aussi pour générer des revenus. Et donc, pour couvrir leurs besoins primaires, leurs besoins d’éducation, leurs besoins de santé.

Quand les conflits viennent détruire les infrastructures et casser les chaînes d’approvisionnement, une organisation comme la FAO se mobilise pour leur fournir des semences, des outils, des engrais, des équipements de pêche, pour vacciner leurs animaux ou encore leur fournir du travail pour la réparation d’infrastructures collectives, d’irrigation par exemple.

Je pense qu’il est important de se rendre compte que dans ces situations, l’agriculture est fondamentale et que, outre survivre grâce à l’aide alimentaire, elle leur permet de vivre et d’avoir un futur à plus long terme".

rtbf.be

 

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De quoi la crise autour du Franc CFA est-elle le nom ?

(Crédits : LTA)
A sa création il y a plus de sept décennies, elle désignait le « Franc des Colonies Françaises en Afrique ». Elle a depuis troqué cette appellation pour «Franc de la communauté financière d’Afrique» en zone UEMOA ou «franc de la coopération financière en Afrique centrale» au sein de la CEMAC. Peu importe la signification réelle de l’acronyme FCFA, cette monnaie commune à 14 pays d’Afrique Francophone est devenue le symbole d’une ligne de fracture vivace entre ceux qui souhaitent la conserver au nom de la stabilité, et ceux qui veulent s’en affranchir, y voyant l’ultime avatar d’un néocolonialisme économique. Mais de quoi la crise grandissante autour du Franc CFA est-elle véritablement le nom ?

Il n'aura pas échappé à l'observateur que le débat autour du FCFA est en train de cristalliser. Pas une conversation sur l'avenir de l'Afrique Francophone sans que soutiens et détracteurs de la monnaie ne s'écharpent, brandissant tour à tour arguments techniques ou plaidoyers vibrants pour que le continent « mette à la retraite » le CFA, 60 ans après la vague d'indépendances africaines.

 Faut-il « mettre à la retraite » le CFA soixante ans après les indépendances africaines ?

 Et depuis trois mois, le débat s'est même internationalisé, un « front anti CFA » trouvant de plus en plus d'écho dans de grandes villes européennes telles Lausanne, Londres ou Paris. La pression est telle que même l'austère patronne du FMI, Christine Lagarde, a du effectuer une rarissime opération de communication de crise en décembre dernier, après que certains de ses propos relatifs à une possible dévaluation de la monnaie en Afrique centrale aient mis le feu aux poudres.

Il faut dire que le sujet a tout pour déchainer les passions. Les détracteurs de la monnaie unique y voient en effet un instrument qui favorise les multinationales européennes et un frein à l'ajustement par les pays de leurs politiques monétaires en fonction de la situation de leurs économies. De même, ils fustigent la gestion d'une part importante des réserves en devises du CFA par la Banque de France, afin de garantir la convertibilité de la monnaie. Pour eux, à l'instar du sénégalais Felwine Sarr, un régime de change flottant adossé à un panier de monnaies serait plus judicieux et plus efficace pour les économies de la zone.

Les partisans du maintien du CFA avancent quant à eux la crainte de voir certains dirigeants africains être tentés par l'utilisation de la « planche à billet »- argument paternaliste selon certains- entraînant inflation et dévaluation massive. Ils mettent également en avant  le fait que le CFA a été un moteur de l'intégration régionale en Afrique de l'Ouest et Centrale, favorisant les échanges et garantissant la stabilité macro-économique.

Les deux camps ont en partie raison. Mais là n'est pas l'essentiel

Les deux camps ont en partie raison, mais aucun des deux ne raconte l'histoire en entier. En effet, la crise autour du FCFA doit d'abord être examinée à l'aune des acteurs qui la composent, et appréhendée comme le signe d'une vitalité intellectuelle du continent.

En effet, à la faveur de cette polémique, l'on constate l'émergence d'une génération d'économistes africains qui mettent de côté le traditionnel discours anticolonial parfois mâtiné de théories conspirationnistes pour avancer un réel argumentaire technique. Gage de cette montée en puissance d'une production de connaissance africaine, la parution récente d'un ouvrage dédiée spécifiquement à ce sujet, intitulé « Sortir l'Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA? » rédigé par un collectif d'économistes dirigés par Kako Nubukpo.

Il faut supprimer le mot « Franc » du FCFA

Quel que soit le sort réservé au FCFA par les gouvernements concernés, une chose au moins devrait faire consensus et serait très simple à mettre en pratique : la suppression du mot « Franc » du CFA.

Dans un continent où les symboles sont extrêmement importants, faute d'indépendance monétaire, cela permettrait au moins l'indépendance lexicale et la réappropriation du nom de cette monnaie par les nations qui en ont l'usage. De fait, cela permettrait aussi de centrer le débat sur le terrain économique et d'en évacuer les discussions autour de la prévalence d'une post-colonisation économique, sujet qui mérite un débat séparé et à part entière.

En ce domaine, il est utile de méditer les propos d'un ancien président français, Jacques Chirac, lequel indiquait dans une interview télévisée après son départ du pouvoir qu'une « grande partie  de l'argent qui est dans notre porte-monnaie vient de l'exploitation pendant des siècles de l'Afrique (...) il faut avoir un peu de bon sens, de justice pour rendre aux africains ce qu'on leur a pris, d'autant plus que c'est nécessaire si l'on veut éviter les pires convulsions ». Reste donc à ouvrir sans attendre et dans la sérénité cette conversation cruciale pour l'avenir du continent et de ses partenaires.

Abdelmalek Alaoui

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