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26 janvier 2017

Côte d’Ivoire-Inter / Le Pape François nomme Mgr Fernando Ocariz prélat de l’Opus Dei (communiqué)

Pape Francois _Nomination à Opus Dei.jpgAbidjan - Le Pape François a nommé mardi soir Mgr Fernando Ocariz Braña prélat de l’Opus Dei, confirmant ainsi l’élection réalisée par le troisième congrès de la Prélature.

Cette nomination fait de Mgr Fernando Ocariz, le troisième successeur de saint Josémaria à la tête de la prélature, après le décès de Mgr Xavier Echevarria, le 12 décembre.

Fernando Ocáriz est né à Paris le 27 octobre 1944, d’une famille espagnole exilée en France à cause de la Guerre civile (1936-1939). Il est le dernier de huit enfants.

Il est licencié en sciences physiques (université de Barcelone, 1966). Il a obtenu une licence en théologie à l'université Pontificale du Latran en 1969 et un doctorat à l'université de Navarre en 1971, année de son ordination sacerdotale. Il s’est consacré plus spécialement à la pastorale des jeunes et des étudiants pendant ses premières années de prêtrise.

Depuis 1986 il est consulteur de divers organismes de la Curie romaine, congrégation pour la doctrine de la foi (depuis 1986), congrégation pour le clergé (depuis 2003) et Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation (depuis 2011). Il est membre de l'Académie pontificale romaine de théologie depuis 1989. Dans les années 1980, il fit partie des premiers professeurs à enseigner à l'Université Pontificale de la Sainte Croix (à Rome) en tant que professeur ordinaire de théologie fondamentale. Il est actuellement professeur émérite.

Il fut nommé Vicaire général de l'Opus Dei le 23 avril 1994 et Vicaire auxiliaire de la prélature depuis 2014. Pendant ces 22 dernières années, il a accompagné son prédécesseur, Mgr Xavier Echevarria, lors de ses visites pastorales dans plus de 70 pays. Dans les années 60 où il était étudiant en théologie, il a vécu à Rome avec saint Josémaria, fondateur de l’Opus Dei.

(AIP)

Akn/kam

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Grève des fonctionnaires en Côte d’Ivoire: les évêques dénoncent un "climat délétère"

Mgr Alexis Touably.jpgAbidjan - Les évêques catholiques ivoiriens se sont déclarés mercredi "inquiets" face aux remous sociaux en Côte d'Ivoire où une grève des fonctionnaires déclenchée le 9 janvier se durcit, dénonçant un "climat délétère qui risque de compromettre gravement tous les acquis enregistrés".

"Nous, évêques catholiques de Côte d'Ivoire, marquons notre inquiétude devant les évènements sociaux qui secouent notre pays : mécontentements des militaires, grèves des fonctionnaires et agents de l'Etat" a déploré l'épiscopat dans un communiqué transmis à l'AFP.

Les évêques ont fait état d'"un malaise social qui persiste au sein de la population (...) et de sentiments de frustration et de révolte qui habitent encore les coeurs de nombre d'Ivoiriens".

"Tout ce climat délétère, si nous n'y prenons garde, risque de compromettre gravement tous les acquis enregistrés, fruits de nos efforts" ont-ils souligné, avant d'inviter la société ivoirienne à une rencontre "pour débattre de toutes les questions relatives à la sécurité, à la cherté de la vie, au chômage des jeunes, aux conditions de travail, à la situation salariale, etc".

Mardi, les grévistes ont souhaité une rencontre avec le président ivoirien Alassane Ouattara en vue "de décanter la situation bloquée". "Nous attendons une rencontre avec le président (Alassane Ouattara) ou au
moins son vice-président (Daniel Kablan Duncan) afin d'établir un dialogue direct qui pourrait décanter la situation", avait déclaré à l'AFP Théodore Gnagna Zadi, président de la plateforme qui regroupe une cinquantaine de syndicats de fonctionnaires.

Pour lui, "le président ne s'est jamais prononcé sur la situation et cela est perçu comme un mépris. Il faut qu'il dise quelque chose vu l'état de la situation"..

Lundi, des mouvements sociaux ont eu lieu dans plusieurs villes de Côte d'Ivoire, notamment à Abidjan où d'ex-militaires ont bloqué une autoroute. Les grévistes demandent des augmentations de salaires et le paiement de certains arriérés de primes et protestent contre une réforme des retraites intervenue en 2012 dont les premiers effets se font sentir en 2016.

Cette réforme fait passer l'âge de la retraite de 55 à 60 ans, voire 65 ans pour les grades les plus élevés. Les cotisations augmentent de 6 à 8,33% du salaire, alors que les pensions ont été réduites de 30 à 50%.

La Côte d'Ivoire, avec 23 millions d'habitants dont 5,4 millions d'étrangers, compte 40% de musulmans, 40% de chrétiens et 20% d'animistes.

ck/jhd

Publié le mercredi 25 janvier 2017  |  AFP

02:33 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

21 janvier 2017

Message au président Trump: le souci des pauvres fera la grandeur de l’Amérique

PAPE FRANCOIS.jpgLe pape François souhaite au président Donald Trump que sous sa direction « la stature de l’Amérique puisse continuer à être mesurée surtout par son souci des pauvres ».

Le pape a en effet adressé un message au nouveau président américain Donald Trump, qui a inauguré sa présidence ce vendredi 20 janvier 2017, au Capitole, à Washington DC.

« A l’occasion de votre investiture comme 45e président des Etats-Unis d’Amérique, je vous présente mes bons vœux cordiaux et l’assurance de ma prière pour que le Dieu Tout-Puissant vous accorde sagesse et force dans l’exercice de cette haute tâche », écrit le pape François.

Le pape rappelle les valeurs qui ont fait la grandeur des Etats-Unis : « À une époque où notre famille humaine est assaillie par de graves crises humanitaires exigeant des réponses politiques prévoyantes et unies, je prie pour que vos décisions soient guidées par les riches valeurs spirituelles et éthiques qui ont façonné l’histoire du peuple américain et l’engagement de votre nation à promouvoir la dignité humaine et la liberté dans le monde. »

Et, allusion au vœu du président des Etats-Unis de redonner à son pays sa grandeur, le pape fait observer d’où la nation peut tirer sa grandeur : « Sous votre direction, puisse la stature de l’Amérique continuer à être mesurée surtout par son souci des pauvres, des exclus et des nécessiteux qui, comme Lazare, se tiennent devant notre porte. ».

« Avec ces sentiments, conclut le pape, je demande au Seigneur de vous accorder à vous et à votre famille et au cher peuple américain tout entier ses bénédictions de paix et de concorde et toute prospérité matérielle et spirituelle. »

Posted by Anita Bourdin, ZENIT on 20 January, 2017

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A quand l'entrée en vigueur de l'APE avec les pays de la Communauté d'Afrique de l'Est?

APE Pays CAE.pngLe projet APE, Accord de Partenariat Economique entre l‘UE et la Communauté des pays d’Afrique de l’Est, ne fait pas l'unanimité au sein de cette communauté. Certains pays refusent de coopérer.

L'Union européenne négocie actuellement un accord de libre échange avec les six pays de  la CEA, la Communauté d’Afrique de l’Est (Kenya, Burundi, Ouganda, Tanzanie, Rwanda et Soudan du Sud). Un accord censé être signé début février, mais, si le Kenya et le Rwanda ont déjà signé ce traité avec l’Union européenne de manière bilatérale, le Burundi s’y refuse, rappelle la taz, die tageszeitung. La raison  est que l’UE a gelé son aide au développement à cause de la crise politique qui agite le pays depuis les élections de 2015.  Et ce n’est qu’après de longues hésitations que l‘Ouganda a annoncé, en septembre dernier, vouloir signer ce traité appelé APE, Accord de Partenariat Economique.

Ghana Ölindustrie (imago/Xinhua)

Raffinerie au Ghana

Quant à la Tanzanie, elle n’entend toujours pas signer dans l’état actuel des choses. Le gouvernement ne voit dans ces APE que des désavantages pour la libéralisation de sa propre industrie et son développement. Mais le risque est que les pays qui refuseraient de signer voient se tarir l’aide européenne au développement.

Plusieurs accords commerciaux entre l’UE et les États de l’Afrique trouvent leur origine dans le sommet de Cotonou au Bénin en l’an 2000. Les pays africains sont censés pouvoir exporter sans taxes vers l’UE leurs produits leurs produits alimentaires comme poissons ou mangues, leurs matières premières tels que pétrole, minerais ou coton. Cela est censé renforcer l’économie et créer des emplois afin de lutter à longue échéance contre les raisons de l‘émigration des Africains vers l’Europe.

Mittelmeer Migranten und Flüchtlinge in Schlauchboot (picture-alliance/AP Photo/S. Diab)

Les APE, les Accords de Partenariat Economique entre l'UE et les pays d'Afrique sont censés apporter la prospérité et mettre fin un jour à l'émigration.

Par ailleurs, les pays en développement ont le droit de n’ouvrir que progressivement leurs marchés pour les produits de l’UE, afin de ne pas mettre en danger la production locale.

Mais  certains pays se sentent en position de dépendance vis à vis de l'UE, souligne die tageszeitung.

Afrika Kaffeeanbau Illustration (picture alliance/Tone Koene)

Production de café au Kenya

Les tergiversations sur les accords menacent déjà l’intégration régionale: comme la Communauté d’Afrique de l’Est est une union économique et douanière, il faut que les six Etats qui la composent signent tous les accords avec l’UE afin de pouvoir les appliquer. Initialement, le Kenya était opposé aux APE. Jusqu‘à ce qu’en 2014, l’UE introduise des taxes douanières sur plusieurs produits kényans. Le Kenya a alors changé sa position et s’efforce actuellement de faire pression sur ses voisins. 

La taz souligne que même les APE que l’UE a négociés ou négocie avec d’autres communautés africaines, avec la CEDEAO ou la SADC, ne font pas l’unanimité au sein même de ces communautés.

Autre thème: Les transferts d'argent des émigrés africains

Dans un article intitulé : "L’Afrique sous perfusion des émigrés ", la FAZ, la Frankfurter Allgemeine Zeitung relève que pour de nombreux pays africains, les virements d’argents de leurs émigrés sont parfois une question de survie, du moins une source financière importante pour les familles de ceux qu’on appelle en Europe des "réfugiés économiques". 

Ces transferts d’argent des émigrés africains en Europe vers leurs  pays d’origine est un aspect qui explique le manque de volonté de certains États africains de coopérer lors du rapatriement de ressortissants dont le statut de résident dans des pays européens est contesté.

Rien qu’en 2015, 35 milliards de dollars ont été transférés vers l’Afrique. Sachant cela, il est clair que l’offre de l’UE en novembre 2015 de verser aux principaux pays africains d’émigration la somme de 1,8 milliard d’euros pour la "réintégration" de demandeurs d’asile africains déboutés, ait provoqué l’hilarité au sud du Sahara, souligne la FAZ .   

L’exemple du Nigeria montre à quel point les virements d’argent à partir de l‘étranger sont importants pour l’économie de la patrie d’origine d’un émigré. Rien qu’en 2015, plus de 20 milliards d’euros ont été transférés dans ce pays le plus peuplé d’Afrique avec ses 180 millions d‘habitants. Cette somme équivaut à 4% du PIB ! Selon les estimations de la Banque Mondiale un tiers de tous les produits importés au Nigeria sont financés avec l’argent de la diaspora nigériane. 

Mobile Banking Afrika (picture-alliance/Landov)

Les migrants internes en Afrique contribuent aussi à nourrir leurs familles restées au pays.

Outre le Nigeria, le Sénégal, le Mali, le Bénin et la Gambie sont parmi les pays dont sont issus une grosse partie de ceux qu’on appelle des "réfugiés économiques" en Europe. Près d’un milliard et demi d’euros sont transférés chaque année vers le Sénégal ce qui correspond à  11,7 % du PIB. Le Mali reçoit près de 850 millions d’euros (soit 6,8% de son PIB) et même le petit Bénin reçoit de l’étranger plus de 300 millions d’euros (soit 3,6% de son PIB). Dans le cas de la Gambie, qui n’a que 2 millions d’habitants mais qui compte un grand nombre d’émigrés, plus de 22 % du PIB proviennent de l’étranger ! 

Pour de nombreux pays subsahariens les virements de l’étranger sont de loin le plus important instrument du développement, résume le journal de Francfort. Très souvent, cette manne financière ne dépasse pas seulement les montants de l’aide au développement classique, mais aussi ceux des investissements étrangers directs ! -( à l’exception des investissements chinois dans le domaine des matières premières). C’est pourquoi aucun gouvernement africain n’a sérieusement intérêt à freiner l’exode de ses concitoyens", conclut la FAZ

Auteur Philippe Pognan, Afro-presse (hebdomadaire)

http://www.dw.com/fr

 

 

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L'article à lire pour comprendre ce qu'il se passe en Gambie

Adama Barrow Prestation serment à Dakar.jpgDes soldats étrangers sont finalement entrés en Gambie. Les troupes de cinq pays d'Afrique de l'Ouest sont intervenues, jeudi 19 janvier, pour forcer Yahya Jammeh à laisser sa place au président élu, Adama Barrow. Président depuis vingt-deux ans, Yahya Jammeh a perdu l'élection présidentielle du 1er décembre, mais renonce à quitter le pouvoir. Il a également décrété l'état d'urgence dans le pays. 

Un président sortant qui s'accroche au pouvoir, un président élu en exil, une intervention militaire internationale : la Gambie est dans l'incertitude. On vous résume la situation.

C'est quoi, la Gambie ?

La Gambie est le plus petit pays (en superficie) d’Afrique continentale. Presque trois fois moins étendu que la Belgique, il comptait 2 millions d'habitants en 2015, selon la CIA, soit autant que la Slovénie. 

Le pays est enclavé dans le Sénégal, avec lequel il partage 749 km de frontières. Il couvre une bande de 15 à 25 km de large de part et d'autre des 320 derniers kilomètres du fleuve Gambie. La langue officielle de la Gambie est l'anglais depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1965. En 2014, le président Yahya Jammeh a annoncé que l'arabe deviendrait la langue officielle, pour des raisons religieuses, mais sans annoncer de calendrier. Incongru dans une région où l'anglais et le français dominent, et où les populations locales ne parlent pas l'arabe. 

Un an plus tard, Yahya Jammeh annonce que la Gambie est désormais un "Etat islamique". Une déclaration interprétée par Le Monde comme "un appel du pied aux monarchies du Golfe" et à leurs pétrodollars. 

Classée parmi les pays les moins développés du monde, la Gambie pâtit d'indicateurs socio-économiques médiocres. Le pays était classé 175e sur 188 en matière de développement humain (IDH) en 2014, selon les Nations unies. Le taux d’alphabétisation atteint péniblement les 50%, selon le ministère des Affaires étrangères. Un tiers des Gambiens vivaient sous le seuil de pauvreté (fixé à 1,20 euro par jour) en 2014, rappelle Le Point.

"Les entraves aux capitaux étrangers sont également renforcées par une aggravation de la prédation économique exercée par le cercle présidentiel", précise le Quai d'Orsay. Cette situation a poussé de nombreux Gambiens à émigrer au Sénégal, mais aussi en Europe. Pour preuve, la Gambie est le pays dont le nombre de migrants ayant tenté la traversée de la Méditerranée pour gagner l'Italie a été le plus important, si on le rapporte à sa population totale, indique Le Point.

"Les entraves aux capitaux étrangers sont également renforcées par une aggravation de la prédation économique exercée par le cercle présidentiel", précise le Quai d'Orsay. Cette situation a poussé de nombreux Gambiens à émigrer au Sénégal, mais aussi en Europe. Pour preuve, la Gambie est le pays dont le nombre de migrants ayant tenté la traversée de la Méditerranée pour gagner l'Italie a été le plus important, si on le rapporte à sa population totale, indique Le Point.

Que se passe-t-il là-bas ?

Devenu président de la Gambie en 1994, à l'âge de 29 ans, après un coup d'Etat, Yahya Jammeh a créé la surprise le 2 décembre dernier en reconnaissant sa défaite à l'élection présidentielle. Il est arrivé deuxième avec 39,6% des voix, contre 43,3% pour son opposant Adama Barrow, selon la Commission électorale indépendante. Mais, coup de théâtre, le 9 décembre, le président sortant annonce à la télévision qu'il ne reconnaît plus les résultats, arguant que des erreurs ont été commises par la Commission électorale indépendante (IEC). Il saisit alors la Cour suprême, mais son recours est rejeté.

Dénonçant "un niveau d'ingérence étrangère exceptionnel et sans précédent" dans le processus électoral, Yahya Jammeh proclame l'état d'urgence le 17 janvier. La pression s'accentue autour de l'ancien président, avec la mobilisation de 7 000 soldats aux frontières de la Gambie par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, la Cédéao.

Le Sénégal, qui a accueilli Adama Barrow depuis que Yahya Jammeh a refusé de quitter le pouvoir, permet au président élu de prêter serment à Dakar, à l'ambassade de Gambie, le 19 janvier. A l'initiative de la Cédéao, l'armée sénégalaise entre le même jour en Gambie, sans rencontrer de résistance, pour faire pression sur l'ancien président.

Vendredi 20 janvier, les troupes se sont retirées pour permettre à une dernière tentative de médiation des présidents mauritanien et guinéen d'aboutir. La Cédéao menace d'utiliser la force en cas d'échec. Plus de 45 000 personnes ont fui la Gambie depuis début janvier, en majorité vers le Sénégal, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Pourquoi Yahya Jammeh a-t-il changé d'avis et veut maintenant se maintenir au pouvoir ?

"Manifestement, il ne s'attendait pas à sa défaite. Et c'est, selon moi, pour cela qu'il a, dans un premier temps, accepté le résultat du scrutin", explique Jean-Claude Marut, chercheur associé au Laboratoire des Afriques dans le monde de Sciences Po Bordeaux. Pris au dépourvu, Yahya Jammeh n'a d'autre choix que d'accepter le résultat du scrutin du 1er décembre. Mais son objectif est de rester au pouvoir. 

"Même si on a promis à Yahya Jammeh qu'il n'allait pas être poursuivi, son entourage a beaucoup à se reprocher. Ses proches l'ont peut-être poussé à contester le résultat de l'élection afin d'échapper aux poursuites", analyse le chercheur. L'entourage présidentiel pourrait en effet être jugé pour atteintes aux droits de l'homme, rappelait Géopolis en 2014.

Mais Yahya Jammeh, c'est un dictateur ?

Il répond lui-même à la question. "Je ne suis qu'un dictateur du développement", a-t-il déclaré en mai 2016 à Jeune Afrique. "Où est le problème ? Des gens qui meurent en détention ou durant des interrogatoires, c’est commun !" avait-il ajouté. Enfermements d'opposants, exécutions : Yahya Jammeh "bafoue de manière systématique et impunie les droits humains les plus élémentaires des populations", estime la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), citée par Le Monde.

"Il est imprévisible, mais il n'est pas fou", nuance Jean-Claude Marut. Yahya Jammeh est pourtant resté au pouvoir pendant vingt-deux ans, utilisant tous les moyens à sa disposition pour se maintenir en place. Paranoïaque, il utilise les services secrets pour épier la population, faisant de Banjul la capitale "la plus surveillée d'Afrique", selon France 24. Il a également affirmé avoir des talents de guérisseur et être capable de soigner de nombreuses maladies comme le sida, l'asthme, l'épilepsie ou la stérilité.

Mais comment un dictateur aurait-il pu perdre la présidentielle ? "L'élection du 1er décembre en elle-même est considérée comme libre, affirme Jean-Claude Marut. Mais les pressions ont pu se faire en amont. La surveillance, les arrestations d'opposants et le soutien à certaines franges de la population ont permis à Yahya Jammeh de gagner les élections jusqu'à présent."

Et le Sénégal intervient dans cette affaire. Mais il ne voudrait pas en profiter pour envahir la Gambie ?

"Confier au Sénégal la résolution de ce conflit est problématique, estime Jean-Claude Marut. Pour le Sénégal, la Gambie est une gêne à la fois politique et économique." Les frontières entre les deux pays sont l'héritage de la décolonisation, et le Sénégal ne cesse de le rappeler. La Gambie sépare presque le nord et l'est du Sénégal de sa partie sud, appelée Casamance. Dakar y voit une remise en cause de son unité nationale. "Supprimer cette enclave pour réunir les deux parties du Sénégal est un vieil objectif du pouvoir sénégalais", rappelle Jean-Claude Marut. Par le passé, la Gambie n'a pas hésité non plus à soutenir la rébellion sénégalaise de Casamance pour affaiblir son voisin, rappelle Slate Afrique

Dans le même temps, des tensions économiques apparaissent du fait de ce positionnement géographique. Le commerce sénégalais a besoin de la Gambie pour accéder à son fleuve, par où entrent des marchandises du monde entier. En avril 2016, rapportait RFI, la Gambie en avait profité en multipliant par 100 les tarifs douaniers. Les routiers sénégalais avaient alors bloqué la frontière pour protester contre cette mesure. "Le problème est de savoir ce que va faire le Sénégal, si le président élu s'installe vraiment au pouvoir", affirme le chercheur du CNRS.

Du coup, le nouveau président soutient le Sénégal ?

Le Sénégal est le "meilleur ami du monde" de la Gambie, selon Adama Barrow. "Rien ne montre qu'il [Adama Barrow] a des liens avec le Sénégal, tempère le chercheur du CNRS. Les Gambiens seront bien contents d'être séparés de Yahya Jammeh, mais, sans faire de procès d'intention, des questions se poseront sur la légitimité d'Adama Barrow." Même s'il a été élu en Gambie, Adama Barrow devra prouver qu'il tient sa légitimité de l'élection présidentielle elle-même, et non pas du soutien du Sénégal, où il s'est réfugié pendant la crise. 

Euh, au fait, on ne m'a toujours pas dit qui était Adama Barrow, le nouveau président ?

Adama Barrow était un inconnu jusqu'en octobre 2016, rappelle Ouest France. Le nouveau président est d'abord un homme d'affaires de 51 ans ayant fait fortune dans l'immobilier, ce qui lui vaut d'être surnommé le "Donald Trump de l'Afrique". Au Parti démocratique unifié (UDP), principale organisation d'opposition, il débute comme militant, puis devient trésorier avant d'être désigné candidat à l'élection présidentielle. Il passe quatre ans au Royaume-Uni pour se former à la négociation immobilière. Pour financer sa formation, il travaille en tant que vigile dans un magasin du nord de Londres, où il est devenu fan du club de foot d'Arsenal. Il est marié à deux femmes et est père de quatre enfants.

J'ai entendu dire que le fils du président élu a été dévoré par des pitbulls ? C'est quoi, cette histoire ?

Les circonstances du drame sont troubles. Dimanche 15 janvier, Habib Barrow, 8 ans, a été dévoré par quatre pitbulls dans la capitale gambienne, Banjul, rapporte la BBC (article en anglais). Le fils du président gambien est mort des suites de ses blessures.

Lors de sa fuite vers le Sénégal, trois jours plus tôt, Adama Barrow avait pris soin de déposer son fils chez une tante près de la station balnéaire de Senegambia, selon Le Monde. Pour des raisons inconnues, cette femme aurait alors emmené l'enfant chez son beau-frère, un homme d'affaires propriétaire de chiens dangereux. Dans l'après-midi du 15 janvier, une femme de ménage aurait fait la macabre découverte. "Ce sont les cris de la femme de ménage qui ont ameuté le voisinage, a dit un voisin au MondeSur place, nous avons eu beaucoup de mal à chasser les gros chiens qui avaient déjà entamé le petit au visage et surtout au ventre." Les rumeurs font un lien entre le départ en exil d'Adama Barrow et accusent le camp de Yahya Jammeh. Mais rien n'a été prouvé jusque-là. 

Je n'ai pas voulu tout lire, vous me faites un résumé ?

Adama Barrow, un homme d'affaires de 51 ans ayant fait fortune dans l'immobilier, a remporté l'élection présidentielle gambienne du 1er décembre 2016. Mais il a dû se réfugier au Sénégal car le président sortant, Yahya Jammeh, qui dirigeait le pays depuis vingt-deux ans, refuse le résultat. Ce dernier, qui assume ne pas respecter les droits de l'homme, avait pourtant accepté le résultat dans un premier temps.

Son refus de quitter le pouvoir peut s'expliquer par la peur de ses proches d'être traduits en justice par les vainqueurs de l'élection. Manœuvrier et imprévisible, l'ancien président a déclaré l'état d'urgence, pendant que les pays de l'Afrique de l'Ouest ont soutenu Adama Barrow en envoyant des soldats le long de la frontière entre la Gambie et le Sénégal, qui entend jouer un rôle majeur dans le règlement du conflit. 

Lâché par la communauté internationale, son armée et la population, qui ont laissé les soldats de la coalition africaine entrer en Gambie, Yahya Jammeh devrait bientôt quitter le pouvoir et s’exiler dans un pays voisin. 

Hugo Cailloux,franceinfo, France Télévisions
 
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Côte d’Ivoire/Fronde sociale: le porte-parole du RHDP, Adjoumani Kobenan rassure

 

La Côte d’Ivoire connaît depuis plusieurs jours une fronde sociale. Le ministre Adjoumani Kobenan, porte-parole du RHDP, a accordé une interview à Abidjan.net dans laquelle il rassure l’ensemble des Ivoiriens sur les solutions que sa structure politique s’efforcera de trouver pour apaiser le climat politique.

Le  ministre Adjoumani Kobenan rassure les Ivoiriens

Appréciant la situation politique actuelle en Côte d’Ivoire, le ministre Adjoumani Kobenan a déclaré que  » Le Rhdp suit avec une extrême attention cette situation depuis son déclenchement. Je pense qu’au départ, il y a un problème qui a été posé, il s’agit principalement de la question des primes des soldats. Qui malheureusement n’a pas été gérée comme il se devait par la hiérarchie militaire. Mais à supposer que cela soit vrai, ce que nous déplorons, c’est la manière de revendiquer de nos soldats qui sont les gardiens de notre sécurité, de nos institutions et les garants de l’ordre public. A ce titre, ils n’ont pas le droit de se comporter comme ils le font. Rien ne justifie cela. Pas même le paiement des primes qu’ils revendiquent. Cela n’est pas acceptable et cela ne fait pas honneur à la République. Bloquer l’accès à des villes du pays, tirer des coups de feu dans les rues pour traumatiser les populations, obliger les commerces à fermer, les transports à tout arrêter, cela coûte trop cher à notre économie et surtout à l’image de notre pays. Le peuple ivoirien est un peuple épris de paix. Il ne souhaite pas vivre dans un tel environnement de tension et de terreur. Les Ivoiriennes et les Ivoiriens ne veulent plus vivre dans un climat de guerre. »

Poursuivant, le porte-parole du RHDP est revenu sur les événements d’hier au Port Autonome d’Abidjan (PAA) :  » Hier, les gendarmes du Port autonome d’Abidjan ont tiré des coups de feu obligeant les travailleurs du domaine portuaire à quitter précipitamment leurs bureaux. Vous imaginez ce que ça coûte, on étouffe le poumon de notre économie. Quel contraste ! Le président de la République est un homme de dialogue. Il n’est pas dans une logique de combat avec son armée, tout est discutable mais que cela se fasse dans un esprit de paix et de dialogue. Car si on instaure la chienlit et l’anarchie, si on met l’économie de notre pays à terre, si on continue de bloquer les routes et l’accès de nos villes, si on oblige les magasins, commerces et bureaux à fermer, personne ne gagnera ».

Se voulant rassurant, il s »est adressé aux Ivoiriens:  » Je demande aux Ivoiriens de lui faire confiance, nous surmonterons cette crise. Cette crise passera, je peux vous l’assurer. Comme lui, je pense que les soldats, les gendarmes qui manifestent aiment aussi profondément leur pays. Ils se sont battus pour sauver la démocratie. Nos soldats ne sont pas des lézards qui construisent leur maison et qui la détruisent avec leur queue » .

Au sujet de la grève des fonctionnaires, le ministre a dit ceci :  » Faire la grève est un droit. Mais il faut surtout éviter, par la violence, de contraindre ceux qui veulent travailler à suivre le mouvement. Cela dit, je crois que les syndicats ont posé des problèmes qui leur paraissent légitimes. Et c’est dans le cadre d’un dialogue social constructif que des solutions peuvent être trouvées. Sachez que la préoccupation première de l’Etat c’est le bien-être social et matériel des fonctionnaires. Mais l’Etat ne peut pas tout faire en même temps. Quand on vient à des négociations avec l’Etat, cela doit se faire dans la recherche d’un compromis dynamique. Et le compromis veut dire qu’on obtient quelque chose de l’Etat en lâchant soi-même du lest. Car l’Etat a aussi des obligations et des limites. Le Fmi, la Banque mondiale, tout le monde nous observe. Et nos ressources ne sont pas illimitées. Il ne faut pas faire trop de pression sur l’Etat, faisons attention pour ne pas tuer la poule aux œufs d’or ».

Enfin, il conclut que,  » le Premier ministre Amadou Gon suit attentivement la situation avec son gouvernement, des solutions sont déjà annoncées, d’autres sont en route pour régler les problèmes de l’armée et des fonctionnaires. Il faut faire confiance au président de la République. Je demande aux Ivoiriens de lui faire confiance. Les choses vont rentrer dans l’ordre bientôt. Faisons confiance au chef de l’Etat. »

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