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16 février 2017

Mali: Agriculture et sécurité alimentaire

Mali – Agriculture et sécurité alimentaire
L’USAID aide les agriculteurs Maliens à apprendre des nouvelles techniques pour améliorer leurs productivités.
 

Pourvoyeur d’emplois pour 80% de la population malienne qui s’adonnent aux activités agricoles, le secteur agricole est le pilier de l’économie malienne et recèle un important potentiel qui en fait le moteur de la croissance économique du Mali. Dans le même temps, plus de 29% de la population sont malnutris. La faible productivité, les pertes après récolte, les marchés peu développés et la vulnérabilité aux impacts des changements climatiques figurent au nombre des défis majeurs que le pays doit relever afin d’assurer sa sécurité alimentaire et de jouir d’une croissance économique à plus large assise. A l’heure actuelle, en dépit du fait que seulement 7% des 43,7 millions d’hectares de terres arables soient cultivés et que 14%  des 2,2 millions d’hectares potentiellement irrigables soient irrigués, le potentiel pour la croissance et le développement agricoles au Mali est important. Les investissements des Etats-Unis assurent la promotion de la sécurité alimentaire et une croissance économique plus inclusive grâce : à l’amélioration de la productivité agricole ; à la promotion de l’adoption de technologies de nature à accroître les rendements et à la vulgarisation des pratiques de conservation des sols et de l’eau ; au renforcement du développement des marchés d’intrants ; à l’amélioration de la qualité et de la valeur ajoutée des principales denrées alimentaires ; à l’appui à la commercialisation des excédents ; et à l’atténuation des impacts négatifs des changements climatiques.

L’Initiative Alimentaire pour l’Avenir, initiative mondiale de lutte contre la faim et de promotion de la sécurité alimentaire du Gouvernement américain, vise à améliorer la productivité agricole et la nutrition en introduisant des technologies, en mettant à disposition des connaissances et en renforçant les capacités des institutions locales en vue de promouvoir une approche induite par un secteur privé dynamique à l’effet d’assurer la sécurité économique et alimentaire. L’Initiative Alimentaire pour l’Avenir investit dans trois chaines de valeur au Mali :

1. Le petit mil et le sorgho pour la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté ;

2. Le riz pour l’amélioration des revenus des ménages et le renforcement de la sécurité alimentaire ; et

3. L’élevage pour l’amélioration des revenus et de la nutrition des ménages.

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01 février 2017

Moussa Faki élu Président de la Commission de l’Union africaine. Qui est-il ? (Portrait)

Moussa Faki Pdt Commission UA.jpgLe 28e sommet de l’Union africaine a commencé ce 30 janvier à Addis-Abeba en Éthiopie. La communauté africaine devra se prononcer sur plusieurs dossiers durant deux jours. Avant, elle a tranché sur la présidence de la Commission de l’Union africaine et c’est le tchadien Moussa Faki qui a été élu. Il était en lice contre quatre autres candidats.

Ministre des Affaires étrangères au Tchad depuis 2008, Moussa Faki Mahamat né le 21 juin 1960 faisait partie des favoris à la succession de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma. Le Sénégalais Abdoulaye Bathily et la Kényane Amina Mohamed faisaient eux aussi figure de favoris. Malgré l’absence de consensus sur une candidature unique en Afrique Centrale, 39 des 54 chefs d’États africains ont décidé de porter le tchadien à la tête de la CUA.

Juriste de formation, il est titulaire d’une licence et d’un DESS en droit public obtenus à l’université Marien Ngouabi de Brazzaville. En 1992, commence sa longue carrière politique. Jusqu’à 1997, il sera passé par, la Commission électorale nationale indépendante où il occupait la fonction de Grand Rapporteur général, le ministère du plan et aussi le ministère des Postes et des Télécommunications où il était Directeur général. Il devient Directeur du Cabinet civil du Président Idriss Deby en 1999 jusqu’en 2002 où il devient ministre des Travaux publics et des Transports. De juin 2003 à février 2005 il est Premier ministre, Chef du Gouvernement avant d’être nommé en 2008, ministre des Affaires étrangères.

Sur le plan international, il a œuvré pour l’entrée du Tchad en tant que membre non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il a joué un grand rôle dans l’accession du Tchad à la Présidence tournante de l’UA en 2016. Il a donc été nommé par la suite Président du conseil exécutif de l’Union africaine et dans le cadre de la lutte contre Boko-Haram, la force mixte multinationale (FMM) dans le bassin du Lac Tchad a été mise en place.

Sous son impulsion, la FMM a obtenu un mandat de l’UA. Il a mené les travaux sur la charte de Lomé et de la décision de Kigali sur le financement de l’UA. Sa connaissance de grands dossiers lui donne l’expertise nécessaire et sa longévité lui a aussi permis d’apprendre aux côtés de Jean Ping et de Nkosazana Dlamini-Zuma.

Moussa Faki Mahamat, un panafricain

Le nouveau président de la commission de l’Union africaine se positionne comme un panafricain, qui compte faire entendre la voix de l’Afrique dans le concert des nations. D’ailleurs, dans une interview accordée à Jeune Afrique, le quinquagénaire tchadien déclarait  « le Tchad est mon village, l’Afrique est mon pays ». Son discours à ce  propos est étoffé par de nombreuses actions à son actif, ou simplement qu’il a eu à soutenir.

Estimant que, l’instabilité et l’absence de paix sont de sérieux freins aux ambitions africaines, il s’est employé dans de nombreuses missions de  paix ou des interventions militaires de soutien à des pays africains faisant face aux agressions par les milices religieuses et terroristes.

On lui connait d’ailleurs une grande implication dans les négociations ayant abouti à l’Accord d’Addis-Abeba pour le retour de la paix au Soudan du Sud en sa qualité de membre du Groupe de cinq de l’IGAD Plus (Afrique du Sud, Algérie, Nigéria, Rwanda et Tchad) , dans les pourparlers inter maliens sous l’égide de l’Algérie ayant abouti à l’Accord d’Alger pour la paix au Mali , en tant que représentant du Tchad , ainsi que la mise en place de la Force mixte multinationale de lutte contre Boko Haram dans le bassin du Lac-Tchad et son opérationnalisation .

Interrogé à  propos des interventions du Tchad dans la sous-région, il a intimé qu’il considérait  l’intervention du Tchad, comme une obligation et a ajouté  « C’est un devoir de solidarité ».

Le développement et la sécurité, comme axe de sa politique.

Dans sa vision de l’Afrique dans l’avenir, l’ancien ministre tchadien met l’accent sur deux aspects primordiaux à savoir le développement et la sécurité, qui vont de pair selon lui. Dans son programme il déclarait à ce sujet « L’expérience personnelle […], ajoutée à celle de mon pays, m’ont convaincu que tous les rêves que nous

pouvons légitimement nourrir pour notre continent et pour ses peuples demeurent des chimères tant que la paix, la stabilité et la sécurité n’auront pas définitivement prévalu ».

De manière plus explicite, les points d’ancrage de la vision de Moussa Faki sont :

  • Faire de la sécurité et stabilité, une exigence, avec comme objectif de faire taire les armes d’ici 2020.
  • Revigorer la jeunesse africaine , en prenant en compte ses besoins en matière de liberté, de modernité, de changement, d’éducation, de santé, d’emploi, et d’épanouissement physique, moral  et intellectuel .
  • Rehausser la femme en Afrique en ancrant le modèle démocratique  et des valeurs  de liberté, d’égalité, d’équité et de justice, qui s’opposerait à toutes formes de marginalisation et d’oppression de la gent féminine Africaine
  • renforcer la Gouvernance par la lutte pour une gouvernance démocratique et économique, tenant compte des réalités et des besoins des populations, et lutter contre la gabegie, l’enrichissement illicite et la corruption
  • placer l’environnement et le problème de migration au cœur des préoccupations par la mise en place des stratégies visant à faire respecter les engagements internationaux pour l’environnement et trouver des politiques régionales pour limiter considérablement les flux migratoires.
  • Un partenariat dynamique et égalitaire entre les pays africains et leurs partenaires internationaux
  • Rénover l’Union africaine, des points de vue administratifs et programmatiques et de ses processus décisionnels.
  • Dans son programme , Moussa Faki Mahamat conclut en disant « C’est à une prise en charge de nous-mêmes que je voudrais, avec le soutien de tous, inspirer et animer avec détermination  le renouveau tant souhaité de l’Union africaine. »

    Silver Agondjo et John Nzenze, http://africapostnews.com

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31 janvier 2017

Ibrahim Assane Mayaki : « Le Nepad pourrait devenir le PNUD africain »

NEPAD.jpgÀ la tête du Nepad depuis 2009, le Nigérien Ibrahim Assane Mayaki évoque avec Jeune Afrique l'évolution de cette institution et le défi du financement de l'organisation panafricaine.

Ibrahim Assane Mayaki, 65 ans, a été nommé en 2009 à la tête du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). Ancien ministre des Affaires étrangères (1996-1997) et ancien Premier ministre du Niger (1997-2000), il s’est attelé à réformer cette institution qui a fêté ses 15 ans en 2016, et à l’intégrer au sein de l’Union africaine (UA).

Né en 2001 de la fusion du plan Omega, porté par le président sénégalais Abdoulaye Wade, et du Millennium African Plan de trois de ses homologues, le Sud-Africain Thabo Mbeki, le Nigérian Olusegun Obasanjo et l’Algérien Abdelaziz Bouteflika, l’organisation regroupe aujourd’hui 20 pays. Longtemps critiqué pour son inefficacité et son manque de communication, le Nepad pourrait devenir une véritable agence de développement africaine.

Le projet muri de longue date fait partie de la grande réforme de l’UA qui sera présentée lors de la retraite des présidents africains, ce dimanche soir à Addis-Abeba, veille de l’ouverture du 28e sommet de l’institution.

L’une de vos missions était d’intégrer le Nepad à l’Union africaine. Où en êtes-vous ?

L’intégration a été finalisée puisque que j’ai moi-même un statut de commissaire. J’ai un contrat signé par le président de la Commission. Tous nos systèmes sont ceux de l’Union africaine. Notre budget est adopté par la Commission. Du point de vue administratif et technique, cette intégration est faite.

Vous appelez aussi de vos vœux l’élargissement des compétences du Nepad, afin d’en faire une agence africaine de développement…

Tout ceci est intégré au projet de réforme de l’UA, supervisé par le président Kagame et qui sera soumis aux chefs d’État lors de leur retraite, ce soir. Si cette agence de développement se met en place, ce sera comme le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Cela permettra une cohérence entre la fonction stratégique de la commission de l’UA et l’exécution prise en charge par cette agence de déploiement.

Cette grande réforme dont tout le monde parle, et dont le Nepad fait partie, aura-t-elle l’adhésion des chefs d’Etat ?

Je suis confiant, puisque ce sont ces mêmes chefs d’État qui ont demandé à ce que cette réforme ait lieu. Ensuite, le président Kagame ne l’a pas faite seul. Il a monté un comité qui représentait tout le continent, toutes les spécialités, il a fait des consultations très larges, il a créé les bases d’un consensus.

L’un des points essentiels, qui aura un impact sur le budget de la future agence de développement, est le futur mode de financement de l’organisation. La solution proposée, à savoir taxer les importations de tout le continent à hauteur de 0,2%, est-elle la bonne ?

Le grand avantage de cette formule est qu’elle a été éprouvée au niveau de la Cedeao. La formule a fait l’objet de quelques débats, puisqu’il y a quelques pays qui ont basé leur économie sur des zones duty free, mais les ministres des Finances ont finalement abouti à un accord pour sa mise en œuvre. Cela triplera les ressources de l’Union africaine. Le Nepad pourra être doté d’un budget plus important, pour nos programmes d’infrastructures, d’agricultures, ou liés au changement climatique.

L’UA a-t-elle les capacités d’absorber cette future manne financière ?

La gestion sera bien sûr un défi. Mais faites confiance aux ambassadeurs en poste à Addis-Abeba et au Conseil exécutif pour mettre la pression sur la Commission afin que cet argent ne soit pas gaspillé. La capacité d’absorption de l’UA devra être l’une des priorités du prochain président de la Commission. Il faudra que les dépenses correspondent à des résultats, qu’il soient quantifiables et visibles.

Votre pays, le Niger, a mis en place un Comité d’orientation stratégique pour le programme électronucléaire (Cospen). L’idée serait de produire de l’énergie nucléaire civil d’ici 2030.  Est-ce une bonne chose ?

Cela ne ferait pas sens qu’on n’y réfléchisse pas. Les Sud-Africains l’ont déjà fait. Nous avons la matière première : cela fait presque 50 ans que l’on produit du yellow cake (combustible nucléaire, ndlr) pour l’exportation. Nous avons notre coopération avec Areva, des ingénieurs formés de puis trente ans… On peut donc envisager un processus supervisé par l’AIEA qui nous amènerait vers une production pacifique et civile.

Votre deuxième mandat à la tête du Nepad se termine cette année. Quelle sera la suite ?

Mon mandat ne se terminera pas tout à fait à la date prévue, car les réformes en cours nécessiteront certainement une période de transition. Mais ce sont les chefs d’Etat qui décideront si c’est moi qui la mène.

Vous serez de nouveau candidat ?

Non, deux mandats sont largement suffisants.

Que ferez-vous ensuite ? Pensez-vous refaire de la politique au Niger ?

Non, pas du tout ! Je prendrai ma retraite et je m’occuperai de mes petits enfants !

Michael Pauron  & Vincent Duhem

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Des nouvelles pièces de monnaie au Vatican, sans le pape

Posted by Anne Kurian on 28 January, 2017

   
   
Monnaie du Vatican © eur-lex.europa.eu

A partir de mars 2017, de nouvelles pièces de monnaies en euros seront en circulation au Vatican : elles ne seront plus à l’effigie du pape François mais porteront simplement son blason. La nouveauté a été annoncée le 24 janvier au Journal officiel de l’Union européenne.

Le bulletin publie les caractéristiques des dessins de chaque nouvelle pièce, de 1 centime à 2 euros : « Le dessin représente les armoiries du souverain de l’État de la Cité du Vatican, le pape François. La marque d’atelier ‘R’ figure dans la partie inférieure gauche, et l’année d’émission ‘2017’ dans la partie inférieure droite. L’anneau extérieur de la pièce représente les douze étoiles du drapeau européen ».

Le blason du pape argentin porte le symbole de la Compagnie de Jésus: le soleil d’or du Christ, les trois lettres IHS qui signifient soit « Iesus Hominum Salvator » – Jésus Sauveur des hommes –, soit simplement le nom de Jésus – IEHSUS -, la Croix et les trois clous noirs de la Passion du Christ, qui peuvent représenter les vœux religieux de pauvreté, chasteté et obéissance. En bas, à gauche, l’étoile d’or de Marie, et à droite, la fleur de nard de saint Joseph, selon une tradition iconographique hispaniste. Outre la devise épiscopale de Jorge Mario Bergoglio « Miserando atque eligendo » – « par miséricorde et par élection » – le blason est surmonté des symboles pontificaux (mitre, clefs, cordon).

En 2016 en revanche, comme il est de tradition, les 8 pièces de monnaies portaient une gravure représentant le visage du pape François, le texte « Città del Vaticano » et douze étoiles, comme l’indique le Bureau philatélique et numismatique du petit Etat, et comme pour ses prédécesseurs, Jean-Paul II et Benoît XVI

11:22 Publié dans Economie, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Nouvelle rédactrice en chef à ZENIT

Posted by Rédaction on 25 January, 2017

   
   
ZENIT, SM

Nous souhaitons aujourd’hui la bienvenue à la nouvelle rédactrice en chef de ZENIT, Anita Bourdin. Journaliste française, elle est accréditée près le Saint-Siège depuis 1995.

Maître ès lettres (Paris IV-Sorbonne), Anita Bourdin a obtenu l’habilitation au doctorat en théologie biblique (PUG, Rome). Elle est diplômée d’un Master en journalisme (IJRS, Bruxelles).

Après avoir été professeur au sein de l’Education nationale, elle a lancé le service de Zenit en français en janvier 1999. Elle est aussi correspondante de Radio Espérance à Rome depuis l’an 2000. Elle a collaboré à diverses publications en France.

Anita Bourdin est consacrée laïque dans l’Ordo Virginum – l’Ordre des vierges – du diocèse de Paris.

10:19 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

"Paix économique", pleine conscience : une autre vision de l'entreprise

Dominique Steiler.jpgParler de paix n'est pas toujours facile. Parler de paix économique demande encore plus d'engagement, tant le monde des affaires s'est construit sur un idéal qui résiste à l'idée d'une économie pacifiée. Pacifiée ne veut pas dire inconsciente des difficultés, mais qui les affronte avec ouverture et discernement afin d'en en faire une porte d'entrée vers le débat et la création de solutions adaptées. Par Dominique Steiler, titulaire de la chaire Mindfulness, Bien-être au travail et paix économique, Grenoble École de Management (GEM).

La paix économique, plus qu'un concept, est un contrepoint à la notion de guerre économique. Elle représente un mot d'ordre, une forme d'indignation dont l'objet serait de mettre en mouvement les énergies citoyennes vers le bien commun.

Un contrepoint à la vision guerrière

La guerre offre toujours au militaire l'horizon d'une paix possible qui rend son engagement compatible avec l'espoir d'un temps meilleur et l'envie de contribuer au bien commun. La guerre économique ne crée pas cette perspective. Elle n'offre aucun avenir et n'a pour horizon qu'elle-même, justifiant ainsi un état de violence institutionnel permanent. Cette guerre attise son propre feu par les menaces et les peurs qu'elle engendre - perte d'emploi, délocalisation, chômage...

Enracinée dans la vision présocratique de Polemos, incarnation divine de la guerre, elle pose comme naturelles et légitimes, les conditions d'un conflit nécessaire et père de toute chose. Elle ne laisse alors qu'une seule orientation possible, celle de se comporter comme une société de mercenaires qui proposent leurs services au plus offrant, ne voyant dans les crises que de plus grands bénéfices.

L'intention première de la paix économique serait donc d'inventer un horizon qui redonne du sens et qui, par le partage et la mise au service, réintroduit de l'émerveillement et de la beauté dans la vie quotidienne. Si la guerre réelle laisse entrevoir un espoir, celui d'un temps de paix à venir, la paix économique propose d'ouvrir une espérance, une orientation de l'être qui ne promet rien, mais qui incline davantage à y contribuer.

Une approche managériale plutôt qu'économique

Par la paix économique, nous ne parlons pas à proprement dit d'économie. Nous évoquons plutôt un pendant à la notion de guerre économique qui relève plus du management que de l'économie. Nous tentons ainsi de voir en quoi les acteurs de l'économie peuvent devenir des vecteurs de paix pour contribuer à la paix sociale et au mieux vivre ensemble en rendant les entreprises performantes et durables.

L'épanouissement social et humain est autant le cœur que la finalité de toutes les activités sociales, politiques et économiques. Les énergies nécessaires à l'activité humaine en constante évolution, parfois opposées les unes aux autres, peuvent conduire autant à des merveilles qu'à des situations blessantes ou dangereuses. Il est du devoir collectif d'y remédier et de trouver des axes de rééquilibration afin que cesse la violence et que reprenne place l'épanouissement. Pour notre part, c'est dans l'espace économique que nous avons décidé de nous impliquer.

Si les êtres humains se sont un jour rassemblés pour mettre en commun leur force de travail, c'était avant tout pour tendre vers un mieux vivre ensemble et leur permettre de prendre soin les uns des autres y compris dans un environnement de tension ou de compétition. Nous croyons que l'entreprise et les organisations d'aujourd'hui conservent ce but : contribuer par l'économie à renforcer le tissu social de manière durable, pacifique et respectueuse des femmes, des hommes et de l'environnement. Dans notre vision, les richesses créées ne sont pas une fin en soi. Elles participent aux moyens qui permettront d'atteindre ce but au profit de la société d'aujourd'hui et de demain.

Deux voies vers la paix économique

Nous ne sommes qu'au début de la construction de l'idée de paix économique. Donner une définition à cette étape n'est donc pas simple. Voici pourtant deux voies pour appréhender la démarche.

"La paix économique serait une orientation pour laquelle une entreprise, un manager, un collaborateur, en préservant les grandes valeurs humaines, créent de la richesse au profit du bien commun et de l'épanouissement de l'ensemble des parties prenantes, dont ils font partie, dans le cadre plus vaste de leur responsabilité sociale et humaine."

Cette approche positive nous convient bien. Elle contient cependant le défaut de prêter immédiatement le flanc à la critique, tant chaque mot utilisé peut être interprété de plusieurs manières. Il est aussi possible de présenter la paix économique, non pas négativement, mais "par la négative", à la manière apophatique, pour éviter que l'idée que l'on s'en fait ne soit immédiatement mise en cause dans son inadéquation à délimiter un système complexe, encore loin d'avoir été suffisamment étudié. Elle ressemblerait alors à ceci :

"La paix économique est une orientation pour laquelle une entreprise crée de la valeur sans détruire ses concurrents, manipuler ses clients, exploiter ses fournisseurs, exercer une quelconque violence vis-à-vis de ses collaborateurs et ignorer ses responsabilités sociétales, autrement dit, sans nuire à ses parties prenantes."

Ainsi, elle se présente en trois étapes :

La paix comme intention représente le premier pas. La plupart des entreprises ont défini les valeurs clés sur lesquelles elles voulaient se positionner. Malheureusement, elles ont du mal à les mettre en action ce qui provoque souvent leur perte. Ces valeurs ont pourtant rôle de boussole, de cap à tenir. Très fragiles et évanescentes, elles sont néanmoins fondamentales pour ne pas perdre sa route et risquer de se retrouver dans une posture où nos valeurs ne semblent vraies qu'en dehors du travail.

La paix comme chemin se caractérise par les nouvelles voies que créent les acteurs pour réinventer des modalités de fonctionnement qui permettent de maintenir le cap des valeurs choisies. Il est possible ainsi de décider de l'autonomie des collaborateurs ou du soutien apporté à ses fournisseurs. Il ne s'agit pas ici d'une vision purement stratégique pour un retour sur investissement, mais de la conviction que de l'épanouissement conjoint des parties prenantes naîtra un réseau plus résilient et une performance partagée.

La paix comme fondation est un changement de paradigme. Il ne s'agit plus de voir la paix comme un état lointain, qui contient ontologiquement les racines de son propre échec, mais comme le simple engagement personnel et journalier de clarifier ses intentions puis de pacifier son corps, ses émotions, ses pensées avant d'entreprendre une nouvelle action, décision ou relation. Par ce comportement est donnée plus de chance à la paix d'exister non comme une récompense attendue, mais comme une composante possible de la vie. C'est ici qu'interviennent la pleine conscience et sa capacité à mettre chacun en pleine responsabilité face aux situations vécues.

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Par Dominique Steiler, titulaire de la chaire Mindfulness, Bien-être au travail et paix économique, Grenoble École de Management (GEM)

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