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09 février 2019

BAD:Présentation du rapport « Perspectives économiques en Afrique 2019 »

perspectives, économiques, bad, 2019La Banque africaine de développement a présenté l’édition 2019 du rapport « Perspectives économiques en Afrique» en marge de la 32ème Session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, vendredi 8 février 2019 à 08h30 à Addis Abeba.

Le thème retenu cette année est "L'intégration pour la prospérité économique de l'Afrique". Le rapport met en lumière les perspectives économiques et les projections de croissance de l’ensemble du continent et de chacun des 54 pays. Il offre des prévisions à court et moyen termes sur l’évolution des principaux facteurs socio-économiquestels que l’emploi, et fait le point sur les défis et les progrès enregistrés.

Perspectives économiques en Afrique

Le rapport Perspectives économiques en Afrique est le fruit des travaux et analyses des experts économistes de la Banque. Le rapport est un outil pour les décideurs, universitaires, investisseurs, experts en finance et aussi pour la presse. Il est largement utilisé pour étayer les décisions politiques et améliorer l'efficacité opérationnelle des institutions.

Source: BAD

15:12 Publié dans Economie | Tags : perspectives, économiques, bad, 2019 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

Sécurité alimentaire : Un défi majeur d’aujourd’hui et de demain

sécurité alimentaire,défi, aujourd'hui, demainAujourd’hui, près de 33% de la population de l’Afrique subsaharienne, soit environ 200 millions de personnes, est sous-alimentée, dont 60% dans des pays en conflit. Des situations de pénuries alimentaires engendrées, entre autres, par les conflits, le changement climatique, la rareté de l’eau, la croissance démographique et la volatilité des marchés. Il est ainsi apodictique d’agir durablement d’une part pour rendre les systèmes alimentaires plus efficaces, inclusifs et résilients, et d’autre part pour mettre un terme à la faim et à toutes les formes de malnutrition.

Accroître la productivité et améliorer la sécurité alimentaire

Une réponse qui passe par l’augmentation de la production agricole, l’amélioration de la qualité des aliments et l’amélioration de la compétitivité des productions paysannes. L’agriculture revêt une importance essentielle pour les pays en développement. Le bon fonctionnement du secteur agricole est capital pour assurer la sécurité alimentaire. Il faut entre autres, améliorer la productivité agricole de manière durable afin de satisfaire à la demande croissante, et renforcer la résilience face aux crises de longue durée, aux catastrophes et aux conflits. Soulignons que les produits agricoles constituent une source majeure des revenus nationaux. Il faut produire plus avec moins, tout en préservant et en améliorant les moyens d’existence des petits exploitants agricoles et des agriculteurs familiaux, et d’assurer aux plus vulnérables un accès à l’alimentation. Afin d’augmenter de manière durable les activités rémunératrices des populations pauvres, l’on est invité à investir dans la protection sociale, à lutter contre la sous-alimentation et à investir en faveur des pauvres dans des activités productives, en particulier dans l’agriculture et au sein des économies rurales.

L’objectif est de promouvoir des investissements pour augmenter la production ; et la productivité agricole ; d’améliorer l’accès aux marchés.

Le concept de « sécurité alimentaire» a été défini lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996 : « La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine».

La sécurité alimentaire telle que définie par le Sommet mondial de l’alimentation de 1996 comporte quatre dimensions :i) la disponibilité physique des aliments, ii) l’accès économique et physique des aliments, iii) l’utilisation des aliments et iv) la stabilité des trois autres dimensions dans le temps.

L’insécurité alimentaire, un facteur qui pousse à se déplacer

Il ya un fossé entre l’utilisation de la terre et des ressources en eau dans le secteur agricole, les augmentations de production nécessaires d’une part et une hausse de la demande alimentaire d’autre part.

Au moins 40% des terres émergées de la planète sont menacées par la désertification et les Nations Unies soulignent que 40% des conflits dans le monde sont dus à des luttes pour les ressources naturelles.

Cette situation alimentaire, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, basé à Genève (HCR), est le résultat d’une multitude de facteurs comme le manque de fonds et des conflits qui provoquent des déplacements massifs de populations. Pour pallier à cela, plusieurs pays émettent des réponses concomitantes aux situations de pénurie alimentaire engendrées, entre autres, par les conflits qui sévissent dans leurs territoires. C’est le cas des foires alimentaires comme une réponse d’urgence au déplacement des populations de l’est du Congo.

En 2016, l’Union européenne a alloué 165 millions pour assister les personnes frappées par la famine et par la sécheresse dans la Corne de l’Afrique, mais « l’insécurité alimentaire, a dit le vice-directeur général de la FAO, Daniel Gustafson, est un facteur qui pousse à se déplacer ou à migrer vers d’autres réalités ». L’on devrait développer les activités rémunératrices en zone rurale et lutter contre les causes de la migration.

L’on assiste des bouleversements importants qui touchent de plus en plus de communautés. Incorporer des pratiques durables dans l’agriculture semble dorénavant inévitable pour nourrir une population croissante sans détruire la planète. La durabilité est un enjeu incontournable de l’agroalimentaire de demain.

Environ 20 millions de personnes pourraient mourir de faim

« Il faut agir rapidement pour sauver la vie des populations frappées par la famine », dit José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO. Elles souffrent en particulier « dans le nord-est du Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen », précise-t-il. Pour le patron de la FAO, « Si l’on ne fait rien rapidement, environ vingt millions de personnes pourraient mourir de faim dans les six prochains mois »

Dans de telles situations de famine, ce qui compte premièrement est de pouvoir fournir une assistance alimentaire dans l’immédiat. 

Selon le dernier rapport produit conjointement par le Programme alimentaire mondial (PAM), la FAO et la Commission européenne sur les crises alimentaires, en seulement douze mois, de 2015 à 2016, les personnes qui souffrent de la faim à cause d’événements climatiques extrêmes, souvent dans des zones de conflit, ont augmenté de 80 à 108 millions. Il s’agit avant tout de la sécheresse dans la Corne de l’Afrique (Somalie, Djibouti, Éthiopie et Érythrée), en particulier en Éthiopie : elle frappe essentiellement des agriculteurs avec de petites activités sur des terrains à risque de désertification.

 Des mesures urgentes s’imposent

Selon le rapport de la FAO, l’Avenir de l’alimentation et l’agriculture : Tendances et défis, bien que des progrès majeurs aient été réalisés en matière de réduction des souffrances liées à la faim à travers le monde ces 30 dernières années, «le fait d’augmenter la production alimentaire et la croissance économique a de lourdes répercussions sur l’environnement naturel». Le rapport révèle : «Presque la moitié des forêts sur cette terre ont maintenant disparu. Les sources en eau souterraines s’amenuisent rapidement et la biodiversité a été particulièrement affectée». La simple augmentation de la production ne sera pas suffisante. La FAO appelle ainsi à des « transformations majeures dans les systèmes agricoles, les économies rurales et la gestion des ressources naturelles ». Car nous devons répondre aux nombreux défis qui se présentent à nous et exploiter pleinement le potentiel de l’alimentation et de l’agriculture en vue d’assurer un avenir radieux à tout le monde sur cette planète.

Plus d’investissements agricoles, de recherche et de développement dans l’agriculture et les systèmes alimentaires, mais également une « gouvernance cohérente et efficace à l’échelle nationale et internationale », seront indispensables si l’on souhaite atteindre l’objectif visant à éradiquer la faim d’ici à 2030.

Pour préserver la sécurité alimentaire, chaque pays devrait avoir la liberté d’exercer sa propre souveraineté alimentaire, c’est à dire de définir ses politiques agricoles et d’assurer l’autosuffisance alimentaire pour les principales productions agricoles de base.

La souveraineté alimentaire est par essence politique dans la mesure où elle se traduit, selon ses initiateurs, par le droit pour un pays/peuple de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations. L’autosuffisance alimentaire est la capacité de satisfaire tous les besoins alimentaires d’une population par la seule production nationale.

Il faut nécessairement mettre en place des actions pouvant contribuer à créer une production alimentaire et agricole durable. L’on devrait se réorienter vers des systèmes alimentaires plus durables qui utiliseront de manière plus efficace la terre, l’eau et les autres intrants.

En plus d’augmenter la production et de renforcer la résilience, il conviendrait de créer des chaînes agroalimentaires capables de mieux connecter les agriculteurs des pays à faibles et moyens revenus aux marchés urbains et d’élaborer des mesures. Des mesures qui viseraient à garantir aux consommateurs un accès à une nourriture saine et nutritive.

Tous devraient s’employer à éradiquer l’extrême pauvreté et réduire les inégalités, et à répondre au besoin d’une gouvernance cohérente et efficace à l’échelle nationale et internationale.

« Ce que l’Afrique fait pour l’agriculture n’est pas seulement important pour elle, mais façonnera l’avenir de l’alimentation dans le monde » indique Akinwumi Adesina, ancien ministre nigérian de l’agriculture, devenu le président de la Banque africaine de développement (BAD) en mai 2015.

Perspectives

Si des efforts ne sont pas entrepris pour investir dans les systèmes alimentaires et les réorganiser, beaucoup trop de personnes souffriront de la faim en 2030, soit l’année limite fixée par les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) pour éradiquer l’insécurité alimentaire chronique et la malnutrition.

C’est à juste titre qu’indique David Nabarro, Conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 :  «Éliminer la faim et la malnutrition sous toutes ses formes, transformer les systèmes alimentaires et agricoles de manière à autonomiser les petits exploitants et à préserver la planète est l’un des problèmes les plus épineux que pose le nouveau programme, et qui concerne tous les ODD».

Présent au 28e sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, Akinwumi Adesina, président de la BAD estime que seuls des investissements conséquents dans le secteur agricole peuvent sortir de la pauvreté les 65 % d’Africains vivant en milieu rural.

Déjà présent dans la Déclaration sur les Droits de l’homme des Nations unies de 1948, le « droit à l’alimentation » est actuellement reconnu dans la Constitution de plus de 40 pays et, selon la FAO, il pourrait être un droit judiciaire dans quelques 54 pays. L’on devrait empêcher de nouvelles menaces transfrontalières sur l’agriculture et les systèmes alimentaires.

Patrice Kouakou

 

Food security: A major challenge for today and tomorrow  

 

IMG0307A.jpgToday, nearly 33% of the population of sub-Saharan Africa, or about 200 million people, is undernourished, 60% of them live in countries in conflict. Food shortages are caused by conflicts, climate change, water scarcity, population growth and market volatility, among others. It is thus apodictic to act sustainably on the one hand to make food systems more efficient, inclusive and resilient, and on the other to put an end to hunger and all forms of malnutrition.

Increase productivity and improve food security

A response that involves increasing agricultural production, improving food quality and improving the competitiveness of the smallholder production. Agriculture is of vital importance to developing countries. The proper functioning of the agricultural sector is crucial for ensuring food security. Among other things, agricultural productivity needs to be improved in a sustainable manner in order to meet rising demand, and to build resilience to long-term crises, disasters and conflicts. It should be noted that agricultural products are a major source of national income. It is necessary to produce more with less, while preserving and improving the livelihoods of smallholder farmers and family farmers, and ensuring access to food for the most vulnerable. In order to sustainably increase the income-generating activities of the poor, investment in social protection, the fight against undernourishment, there is needed investment in productive activities for the poor – investment in agriculture and rural economies.

The objective is to promote investments to increase production, agricultural productivity, and improved access to markets.

The concept of « food security » was defined at the 1996 World Food Summit: « Food security is ensured when all people at all times have economic, social and physical access to adequate, safe and secure food. Nutritious food that meets their nutritional needs and food preferences to enable them to lead an active and healthy life.  »

Food security as defined by the 1996 World Food Summit has four dimensions: (i) physical availability of food, (ii) economic and physical access to food, (iii) use of food, and (iv) stability of the other three dimensions over time.

Food Insecurity: A Driving Factor

There is a gap between the use of land and water resources in the agricultural sector, the increases in production required and the increase in food demand.

At least 40 percent of the world’s land mass is threatened by desertification, and the UN says 40 percent of the world’s conflicts are caused by struggles over natural resources.

According to UNHCR’s Geneva-based UNHCR, this food situation is the result of a multitude of factors such as lack of funds and conflicts that cause massive displacements of populations. To counter this, several countries are responding concomitantly to situations of food shortage arising, inter alia, from conflicts in their territories. This is the case of food fairs as an urgent response to the displacement of the populations of eastern Congo.

In 2016, the European Union has allocated 165 million to help those affected by famine and drought in the Horn of Africa, but « food insecurity » is a factor that moves to move or migrate to other realities « , said FAO Deputy Director General Daniel Gustafson. Income-generating activities should be developed in rural areas and the causes of migration should be tackled.

There are major upheavals that are affecting more and more communities. Incorporating sustainable practices into agriculture seems inevitable to feed a growing population without destroying the planet. Sustainability is an unavoidable issue for tomorrow’s agri-food industry.

About 20 million people could starve

« We must act quickly to save the lives of the famine-stricken people, » said José Graziano da Silva, Director-General of FAO. They are particularly suffering « in northeastern Nigeria, Somalia, South Sudan and Yemen, » he said. For the FAO’s Director-General, « If nothing is done quickly, about twenty million people could starve within six months.“

In such starvation situations, what counts first is the ability to provide immediate food assistance.

According to the latest report jointly produced by the World Food Program (WFP), FAO and the European Commission on Food Crises, in just twelve months’ time (2015-2016), people who suffer from hunger related to extreme weather events, living often in conflict zones, has increased from 80 to 108 million. This is mainly due to the drought in the Horn of Africa (Somalia, Djibouti, Ethiopia and Eritrea), particularly in Ethiopia. It mainly affects farmers with small-scale activities on land at risk of desertification.

Urgent action is needed

According to the FAO report, The Future of Food and AgricultureTrends and Challenges, although major advances have been made in reducing hunger suffering around the world over the last 30 years, “increasing food production and economic growth have a major impact on the natural environment. » The report reveals: « Almost half of the forests on this land have now disappeared. Groundwater sources are rapidly dwindling and biodiversity has been particularly affected. » Simply increasing production will not be enough. FAO calls for « major transformations in agricultural systems, rural economies and management of natural resources ». For we must respond to the many challenges facing us and fully exploit the potential of food and agriculture in order to ensure a bright future for everyone on this planet.

More agricultural investment, research and development in agriculture and food systems, but also « coherent and effective governance at the national and international levels » will be essential if the objective of eradicate hunger by 2030.

To preserve food security, each country should have the freedom to exercise its own food sovereignty, i.e. to define its agricultural policies and to ensure food self-sufficiency for the main agricultural commodities.

Food sovereignty is essentially political insofar as, according to its initiators, it is the right of a country / people to put in place the agricultural policies best suited to their populations. Food self-sufficiency is the ability to satisfy all the food needs of a population through domestic production alone.

It is necessary to put in place actions that can contribute to creating sustainable food and agricultural production. There should be a shift towards more sustainable food systems that use land, water and other inputs more efficiently.

In addition to increasing production and enhancing resilience, agroindustry chains should be created that better connect farmers in low- and middle-income countries to urban markets and develop measures. Measures to ensure that consumers have access to safe and nutritious food.

All should work to eradicate extreme poverty and reduce inequality and address the need for coherent and effective governance at the national and international levels.

« What Africa is doing for agriculture is not only important for it but will shape the future of food in the world, » said Akinwumi Adesina, a former Nigerian agriculture minister who became the Head of the African Development Bank (AfDB) in September 2015.

Prospects

If efforts are not made to invest in and reorganize food systems, far too many people will suffer from hunger by the year 2030, the deadline set by the new Sustainable Development Goals (SDGs) to eradicate food insecurity and chronic malnutrition.

David Nabarro, UN Secretary-General’s Special Adviser on the Sustainable Development Program to 2030: « Eliminate hunger and malnutrition in all its forms, transform agricultural policies in order to empower smallholders and conserve the planet is one of the most challenging problems of the new program, which concerns all SDGs « .

Present at the 28th African Union (AU) summit in Addis Ababa, Akinwumi Adesina, President of the AfDB, believes that 65% ​​of Africans living in rural areas can get out of poverty if they invest in agriculture.

The 1948 UN Declaration on Human Rights recognizes the « right to food » in the Constitution of more than 40 countries, and according to the FAO, it may be a judicial right in some 54 countries. New cross-border threats to agriculture and food systems should be prevented.

Patrice Kouakou