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13 juin 2018

Promotion des TICs / « e-agriculture »: 70 millions de dollars à l’agriculture numérique en Côte d’Ivoire

Technologie-agricole.jpgUn crédit de 70 millions de dollars américains (soit 40 milliards de francs CFA) de la Banque mondiale vient d’être accordé jeudi 31 mai 2018 à la Cote d’Ivoire. L’objectif est d’aider les agriculteurs locaux à recourir aux services numériques afin d’améliorer leur productivité et leur accès aux marchés.

Ce fonds de la Banque mondiale devrait permettre la réalisation du projet "e-agriculture" au profit d'environ 6,1 millions de petits exploitants, représentant près du quart de la population ivoirienne. Pour l’institution donatrice, les autorités ivoiriennes, disposeront de données pour mieux piloter leurs politiques et leurs stratégies en faveur de l'agriculture et du monde rural. Le monde paysan n’échappe pas à la révolution « digitale ». Le numérique bouleverse l’agriculture. Car celle-ci est en route dans la transition numérique.

Le monde du numérique s’intéresse désormais à l’agriculture. Ainsi les innovations dans l'agriculture durable peuvent contribuer à renforcer la sécurité alimentaire, la résilience et la croissance économique inclusive.

Le numérique diminue le temps dans l'agriculture et à l'ensemble de ses acteurs. Le numérique collecte à juste titre de grandes données agricoles.

Le projet "e-agriculture" entre dans la stratégie du gouvernement pour numériser le système agricole sur la période 2016-2019 dans le cadre du Programme national d'investissement agricole (PNIA). Ce projet vise à améliorer le système de production agricole de la Cote d’Ivoire d’une part, et les infrastructures d’autre part. Il devrait aussi servir de "de test et de référence" pour d'autres initiatives de soutien à l'agriculture numérique engagées par les autorités.

Force est de constater que l’agriculture doit se réinventer et passer les fourches du numérique. C’est l’utilisation des connaissances en informatique pour aider les acteurs à avoir accès au marché. L’utilisation des TIC permet d’accroître leurs marchés. L’utilisation des TIC permet également de susciter le changement de comportement dans le secteur de l’agriculture.

Les TIC sont au cœur de la transformation agricole et devraient être soutenues par des politiques et des investissements. Avec des investissements et un accès approprié au soutien des entreprises, les jeunes peuvent devenir une force transformatrice dans l’agriculture ivoirienne.

Les jeunes entrepreneurs et les start-ups travaillant sur l’innovation et les solutions TIC liées à l’agriculture sont essentiels pour assurer une agriculture efficace dans le futur qui attire les jeunes. Pour les experts du développement, la jeunesse est très importante dans le produit intérieur brut  (PIB).

Le Coordonnateur national du programme ‘’e-agriculture’’ au Ministère ivoirien de la Communication & de l’économie numérique, Henri Danon, a souligné l’apport des TIC dans l’agriculture, à l’occasion de l’édition Pitch Agri Hack 2017. «Depuis 2012, le gouvernement de Côte d’Ivoire a créé une synergie entre l’agriculture et les NTIC, et il y travaille» a-t-il ajouté.

Il est important que nous devions accroître la production. Quand nous pensons technologie, c’est pour améliorer les conditions des agriculteurs. Les TIC peuvent aider les producteurs à maximiser leurs revenus. L’agriculture doit s’approprier les outils numériques et les enjeux. Le numérique dans l’agriculture impulse une compétitivité.

Selon la Banque mondiale, l'agriculture, l'un des piliers de l'économie ivoirienne, assure 22% du PIB et plus de 75 % des exportations.

Patrice Kouakou

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03 juin 2018

Production agricole: Solutions pour la transformation structurelle en Afrique

production,agriculture,afrique,transformationL’agriculture est le secteur aujourd’hui qui a plus de chance de tirer la croissance de l’Afrique. C’est ce qui justifie tant d’attraits pour sa transformation structurelle. Selon le Directeur Général Afrique de l’Ouest de l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA), Fadel NDiame : <<Il faut des politiques agricoles cohérentes et attractives qui permettent aux investisseurs de s’intégrer dans l’agriculture en vue de la transformer>>.

A en croire le Vice-Président ivoirien, Daniel Kablan Duncan, la problématique de la transformation de l’agriculture est porteuse d’espérance pour les pays africains en général, et en particulier pour la Côte d’Ivoire qui ambitionne, suivant la vision du Président la République, SEM Alassane OUATTARA, de devenir « un pays émergent à l’horizon 2020 ».

Cette vision se traduit à travers les PNIA (Programme national d’investissement agricole) dont l’objectif est d’améliorer les conditions de vie des populations rurales, de réduire l'insécurité alimentaire et d’assurer une meilleure nutrition aux populations.

production,agriculture,afrique,transformationA cet effet, il s’agit d’assurer la relance de la production et de la croissance agricole dans un environnement moderne et bien maitrisé, avec une nouvelle agriculture plus moderne. A cet égard, notre agriculture doit s’appuyer sur la mécanisation, les techniques modernes d’irrigation, l’utilisation des engrais naturels ou synthétiques, l’exploitation des résultats de la recherche et les avancées de l’innovation technologique, notamment des TICs.

Les autorités et entreprises agricoles d’Afrique se doivent de répondre  aux engagements pris à Malabo pour faire de l’agriculture le moteur de la croissance du développement dans les pays africains.

production,agriculture,afrique,transformation« Aujourd’hui plus que jamais, l’Afrique doit vite moderniser son agriculture et libérer son plein potentiel. L’avenir de la jeunesse africaine ne se trouve pas dans l’émigration vers l’Europe, mais dans une Afrique prospère », pour reprendre les mots d’Akinwumi Adesina, le président de la Banque africaine de développement (BAD) á l’occasion de la Journée internationale des migrants.

L’élément catalyseur pour la durabilité de l’agriculture est sa transformation structurelle. Il faut créer des conditions pour améliorer la production, la productivité et la transformation. Il faut également impulser l’agriculture et l’agribusiness comme vecteurs de création d’emplois jeunes, d’autonomisation des femmes, de transformation de l’économie et de réduction des importations.

C’est dans cette perspective que le Secrétaire Général des Nations Unies de l’époque, Koffi Annan a créé une organisation internationale, il ya 10 ans pour accélérer la transformation de l’agriculture en Afrique sous le vocable de révolution verte : l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA).

production,agriculture,afrique,transformation«Une transformation agricole inclusive permettra de résoudre nombre de problèmes majeurs du continent. Par exemple, l’agriculture peut combler la lacune créée au niveau de la croissance économique par la chute des prix des  produits de base ; créer des emplois hautement productifs qui pourraient servir de solution de rechange à la migration vers l’Europe ; améliorer les moyens d’existence des agriculteurs afin qu’ils passent de l’agriculture de subsistance à une agriculture rentable ; et mettre en place un secteur agricole et agroindustriel compétitif à l’échelle mondiale afin de produire des aliments transformés et à haute valeur nutritive de plus en plus consommés par les classes moyennes en croissance en Afrique » a souligné la Présidente de l’AGRA, Dr Agnès Kalibata, à la clôture de la 7ème édition du Forum sur la Révolution Verte en Afrique (AGRF 2017), du 4 au 8 septembre 2017.    

Ainsi sont interpellés tous les acteurs des domaines de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques, des eaux et forêts, de l’agro-industrie, de l’écotourisme et de l’environnement. L’agriculture et l’agro-industrie sont en pole position pour booster la transformation économique en Afrique.

« Pour ce faire, nous avons besoin de recourir à des innovations agricoles et de transformer l’agriculture en un secteur qui crée de la richesse, l’agriculture doit devenir une option vraiment attractive pour nos jeunes » a déclaré le président de la BAD, Akinwumi Adesina.

 

Patrice Kouakou

      

 

 

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13 janvier 2018

Une agriculture durable pour nourrir les populations africaines

Le développement agricole à l’échelle de notre planète pose à l’humanité le plus grand défi de son histoire. Le monde d’aujourd’hui connaît un développement inégal et souffre de l’utilisation non durable des ressources. Les populations africaines souffrent des conséquences récurrentes et persistantes du changement climatique, d’une pauvreté et d’une malnutrition. Elles souffrent également de l’utilisation  non durable des ressources naturelles, ainsi donc une alimentation de mauvaise qualité est soumise à celles-ci.IMG0305A

Il devient urgent de changer de modèle agricole. L’agriculture doit répondre aux enjeux actuels, tels qu’énoncés encore du 04 au 08 septembre 2017, à la 7ème édition du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF) à Abidjan en Côte d’Ivoire. Les enjeux environnementaux, climatiques, alimentaires, sociaux ou économiques.

L’agriculture durable est à comprendre par tous et toutes. Une bonne perception de ce nouveau paradigme pour développer l’agriculture de demain centrée sur la nature, l’homme et le territoire.

L’agriculture durable est une agriculture d’intérêt général. Elle est bonne pour les consommateurs, la vie des campagnes et l’environnement. C’est ainsi la déclinaison pour le secteur agricole et rural des 27 principes du développement durable ratifiés par 174 pays lors de la Conférence de Rio  de Janeiro en Juin 1992.

L’agriculture durable engendre de nouveaux modèles agricoles. D’abord la vitalité économique avec des systèmes de production autonomes et permettant des revenus intéressants pour les agriculteurs. Ensuite l’équité sociale, en assurant le partage des richesses, des droits à produire et du pouvoir de décision. Enfin, la protection de l’environnement en préservant la fertilité des sols, la biodiversité, la qualité de l’air et de l’eau.IMG0361A.jpg

Ainsi, cela traduit une nouvelle attitude pour booster l’agriculture africaine : améliorer les moyens d’existence ruraux, préserver les ressources naturelles, faire fructifier l’écosystème, et garantir aux produits des agriculteurs un accès équitable au marché…

Il est temps de revoir comment les sciences et les technologies peuvent contribuer à un développement durable.

La notion de « développement durable » en anglais sustainable development a fait son apparition officielle dans le discours politique lors de la publication en 1987 du rapport demandé par les Nations unies à la Commission présidée par Gro Harlem Brundtland, premier ministre norvégien, dans le cadre de la préparation de la Conférence de Rio de Janeiro, qui l’a consacrée cinq ans plus tard, en juin 1992 : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la qualité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ».

Patrice Kouakou

Source : #UN SDGs

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Afrique:Restructurer le secteur agricole pour lutter contre la faim

Il est temps de repenser la façon dont nous cultivons, partageons et consommons notre alimentation. Une restructuration du secteur agricole est donc nécessaire pour maintenir le niveau de la croissance économique dans les pays  les moins avancés, et aussi pour éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition.

Le changement climatique exerce une pression encore plus forte sur les ressources dont nous dépendons et augmente les risques de catastrophes naturelles. Un changement profond du système mondial d’alimentation et d’agriculture est nécessaire  si nous voulons nourrir les 925 millions personnes qui aujourd’hui ont faim et les 2 milliards de personnes supplémentaires attendues d’ici à 2050.Korhogo9

Une personne sur neuf dans le monde est sous-alimentée (soit 795 millions). La majorité des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans un pays en développement, où 12,9% de la population est sous-alimentée.

500 millions de petites exploitations agricoles fournissent jusqu’à 80% de la nourriture consommée dans les pays en développement. Investir dans ces exploitations constitue donc un moyen considérable d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des plus pauvres, ainsi que la production alimentaire pour les marchés locaux et internationaux.

« L’Afrique dépense actuellement 35 milliards de dollars par an pour l’importation de la nourriture. Ces 35 milliards de dollars devraient être conservés sur le continent africain. Il s’agit d’un marché que les jeunes africains peuvent exploiter pour créer plus de richesses chaque année. Pour y arriver, il faut changer notre regard sur l’agriculture. L’agriculture ne devrait pas être considérée comme un mode de vie ou un secteur de développement mais plutôt comme une entreprise de création de richesses» a déclaré Akinwumi Adesina, Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) le 28 juillet 2017, à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de l’Institut International pour l’Agriculture Tropicale, organisé à Ibadan, au Nigéria.Copie (2) de SAM_0309

«Plus les Africains consomment des produits alimentaires à valeur ajoutée, moins d’importations seront nécessaires et plus d’emplois seront créés pour les Africains. En important la plupart de nos produits alimentaires, nous exportons en fait des emplois et nos économies perdent leur valeur. De nos jours, beaucoup de nos jeunes perdent leurs vies inutilement en Méditerranée à la recherche d’emplois. A l’avenir, mettons tout en œuvre pour que l’agro entreprise garantisse aux jeunes des emplois et la stabilité qu’ils méritent» a exhorté Dr Agnes Kalibata, Présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), à l’occasion de la 7ème édition du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF) à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Patrice Kouakou

 Source : #ODD

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18 décembre 2017

Les petits paysans victimes du réchauffement et de la faim

petits-paysans-africains.jpgLes petits paysans exposés au réchauffement climatique et à l’insécurité alimentaire, particulièrement en Afrique, doivent être urgemment aidés, sous peine de faire grossir le flux des migrants et réfugiés, avertissent organisations internationales et ONG.

« Je ne veux pas être alarmiste, mais lorsqu’on regarde l’augmentation de la population prévue, si l’investissement à long terme en milieu rural n’est pas soutenu, le problème des migrations que nous voyons aujourd’hui pourrait s’amplifier » a prévenu début décembre à Paris, le Togolais Gilbert Houngbo, président du Fonds international de développement agricole (Fida), agence onusienne basée à Rome.

La population d’Afrique subsaharienne -645 millions de personnes en 2015- « est appelée à augmenter de 1,4 milliard d’ici 2055 », ce qui constitue « une caractéristique démographique unique dans l’histoire mondiale », confirme l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans son premier « Atlas sur les migrations rurales en Afrique subsaharienne » publié en novembre.

D’ici la moitié du siècle, la population rurale subsaharienne devrait augmenter de 63%, selon l’ouvrage.

L’Afrique subsaharienne est d’ailleurs « la seule région au monde où la population rurale continuera de croitre après 2050 » ajoute la FAO.

Cocktail explosif, alors que la sous-alimentation a augmenté en Afrique l’an passé, touchant 22,7% de la population contre 20,8% en 2015, soit 224 millions de personnes, un quart de la population mondiale touchée par la faim.

Cette brusque remontée des chiffres de la faim en 2016, après dix ans d’amélioration quasi-constante s’explique par les conflits (Soudan du sud notamment) et les sécheresses qui perdurent (Ethiopie, Somalie) liées au réchauffement climatique, selon la FAO.

80% des pauvres vivent en zone rurale 

Pour éviter un embrasement, les organisations internationales comme le Fida plaident pour une augmentation des aides au secteur agricole producteur d’alimentation, afin de lutter à la fois contre la faim et le réchauffement.

80% des quelque 800 millions de personnes très pauvres dans le monde -vivant avec moins de 1,90 dollar par jour- habitent dans des zones rurales, et 65% d’entre elles travaillent dans l’agriculture, plaide le Fida.

« Ces petits exploitants n’ont qu’une responsabilité minime dans les émissions de gaz à effet de serre, et pourtant ils subissent certains des effets les plus dévastateurs du changement climatique » ajoute la Fondation Bill et Melinda Gates, qui a annoncé mardi à Paris un investissement de 300 millions de dollars pour aider les agriculteurs d’Afrique et d’Asie à faire face au changement climatique.

Au fur et à mesure de l’intensification du réchauffement, « des moyens de subsistance disparaîtront, et les pressions d’origine climatique pourraient contraindre des populations à abandonner leurs habitations et leurs communautés, à la recherche de meilleures conditions de vie » avertit aussi la Fondation.

L’Union Européenne va également investir dans l’agriculture durable, afin de trouver des solutions pour augmenter les rendements des récoltes en zones sèches, et protéger les cultures contre sécheresse, inondations, parasites ou maladies végétales.

Les spécialistes comptent travailler sur des maladies « qui menacent de détruire les récoltes de manioc, patate douce ou igname, constituant la base de l’alimentation en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest », souligne la fondation américaine.

Alors que des ONG comme Oxfam ou CCFD Terre Solidaire militent depuis longtemps pour le soutien aux populations rurales, de grands groupes privés commencent à comprendre l’intérêt de participer à l’effort collectif en faveur de la ruralité dans des pays en voie de développement.

Le fonds d’investissement Livelihoods, qui regroupe de grands noms de l’industrie européenne (Michelin, Danone, Hermès, Credit Agricole, SAP, Schneider Electric..) vient d’investir dans un deuxième fonds carbone de 50 millions d’euros, après avoir replanté 130 millions d’arbres en Afrique, Inde et Indonésie.

Certes, ce faisant, les entreprises allègent leur bilan carbone, mais elles choisissent aussi de soutenir des communautés paysannes fragiles, via des ONG locales, du pied du mont Kenya au delta du Gange, en passant par le Burkina Faso ou la Casamance (Sénégal).

« C’est bien un des paradoxes révoltants de notre époque, ceux qui sont censés produire pour nourrir le monde n’ont pas eux-même de quoi nourrir leur famille », souligne Livelihoods. Trois quart des personnes souffrant de malnutrition dans le monde sont des petits fermiers, des pêcheurs, et des éleveurs pauvres.

Source : tv5monde.com

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Ce qu’il faut retenir du 52e sommet de la Cedeao

52ème sommet, cedeao, jean claude bNomination de l'Ivoirien Jean-Claude Brou à la présidence de commission de la Cedeao, situations du Togo, de la Guinée-Bissau et de la Gambie, intégration économique insuffisante... Jeune Afrique décrypte le communiqué final de la 52e Conférence de la Cedeao, qui s'est tenue le 16 décembre à Abuja.

Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont tenu samedi 16 décembre leur 52e Conférence à Abuja, au Nigeria. Une occasion de faire un point sur tous les dossiers en cours dans la région.

  • Une intégration économique encore faible

Selon le communiqué final diffusé par l’institution, les participants ont déploré le faible niveau du taux d’intégration économique après plus de quarante ans d’existence de la Cedeao, et ont appelé à l’accélération des projets et programmes intégrateurs, « aussi bien dans le domaine des infrastructures que dans le domaine plus global de l’amélioration de l’environnement des affaires et de la compétitivité des entreprises ».

Le projet de création d’une union monétaire n’est par exemple qu’un lointain objectif, pour lequel la conférence a exhorté les États « à prendre les mesures nécessaires pour le respect des principaux critères de convergence nécessaire à la mise en place d’une union monétaire viable et crédible ».

Pour la libre circulation des personnes et des biens, la Conférence a pris note de « la persistance de barrières tarifaires et non-tarifaires ainsi que des pratiques anormales sur les corridors et les frontières des États membres ». Elle a de ce fait accédé à la requête du président de la Task Force de renforcer ses prérogatives lui permettant d’effectuer des contrôles inopinés pour débusquer des agents indélicats et d’en faire rapport aux autorités politiques des États membres visités.

  • Le code des douanes adopté

La Conférence de la Cedeao a en revanche pu adopter le code des douanes de la Cedeao, « qui établira un cadre juridique commun pour les procédures douanières dans tous les États membres et contribuera ainsi à l’amélioration de l’environnement des affaires et à la facilitation des échanges dans l’espace Cedeao.

  • Des perspectives économiques encourageantes

La Conférence s’est félicitée des bonnes perspectives en matière de croissance économique de la région dont le taux de progression du PIB réel est projeté à 2,1 % en 2017 et 3, 1 % en 2018, contre 0,2 % en 2016, principalement en raison de la reprise prévue des prix des principaux produits exportés par les États membres de la Cedeao, ainsi que de l’amélioration de la sécurité dans les zones de production pétrolière. Afin de conforter ces résultats, la Conférence a exhorté les États membres à poursuivre les réformes structurelles engagées pour s’affranchir des fluctuations des cours des matières premières et permettre à leurs économies d’être plus résilientes face aux chocs exogènes.

En revanche, la Conférence a exprimé sa préoccupation « au regard de la campagne agropastorale qui a été mitigée et de la situation alimentaire et nutritionnelle de millions de personnes dans l’espace Cedeao qui sont en besoin d’assistance » et s’est engagée « à mobiliser tous les efforts nécessaires dans les pays et à l’échelle régionale pour venir en aide aux personnes vulnérables ».

  • Terrorisme : la Cedeao demande des soutiens financiers pour le G5 Sahel 

Si la Conférence s’est félicitée « des résultats positifs enregistrés par la Force multinationale mixte du Bassin du Lac Tchad dans la lutte contre Boko Haram et des avancées considérables réalisées dans l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel », elle « reste préoccupée face à l’expansion des attaques terroristes dans la région ». Elle a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte son soutien financier au G5 Sahel.

La Conférence a encouragé les États membres de la Cedeao « à mieux partager les renseignements et informations entre eux afin de lutter contre le terrorisme dans la région » et a annoncé son soutien au Système d’information policière de l’Afrique de l’Ouest (Sipao), destiné à accroître la capacité des services de sécurité à combattre la criminalité transnationale et le terrorisme.

  • Migrants en Libye : « l’esclavage moderne » fermement condamné

Exprimant sa « profonde indignation face aux traitements inhumains infligés aux migrants et réfugiés africains en Libye » la Conférence « s’engage à travailler avec les organisations internationales partenaires pour mettre rapidement fin à ces pratiques barbares ». Elle soutient la demande de l’Union Africaine pour qu’une enquête internationale soit diligentée et que les auteurs de ces actes criminels soient identifiés et punis.

  • Guinée-Bissau : un mois pour faire respecter l’Accord de Conakry

La Conférence, qui « regrette profondément le manque d’avancées dans le processus de paix en Guinée-Bissau », a demandé aux présidents guinéen Alpha Condé et togolais Faure Gnassingbé « de mener les consultations avec toutes les parties prenantes à l’Accord de Conakry dans un délai de un mois, faute de quoi des sanctions collectives et individuelles seront appliquées à toutes les personnes qui entravent la mise en œuvre de ces accords ».

  • Togo : Faure Gnassingbé à la tribune, de nombreux manifestants dans la rue

Alors que Faure Gnassingbé, chef de l’État togolais, assurait la présidence de la conférence, des milliers de personnes étaient à nouveau descendues dans les rues de Lomé, comme depuis plusieurs semaines, pour réclamer des réformes constitutionnelles et institutionnelles, rapporte l’AFP. La situation politique togolaise a été jugée « préoccupante » par la Conférence qui a « condamné fermement toutes les formes de violences et de débordements » et « s’est félicite des mesures d’apaisement et de décrispation adoptées par le gouvernement togolais afin de créer un environnement propice à l’ouverture du dialogue national ». Les chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao ont appelé les acteurs politiques togolais « à s’engager pleinement et dans les plus brefs délais, dans un dialogue inclusif pour parvenir à la mise en œuvre des réformes politiques ».

  • Au Mali, une situation « toujours préoccupante »

Si la Conférence s’est réjouie de la signature d’une trêve entre les belligérants, le 23 août 2017, les chefs d’État et de gouvernement « demeurent préoccupés par la multiplication des attaques terroristes au nord et au centre du pays ».

  • Gestion de l’après-Jammeh en Gambie

La Conférence a salué la mise en place de la Commission Vérité, réconciliation et réparations (CVRR) en Gambie et a exhorté Banjul « à veiller à ce que la volonté de rendre justice aux victimes du régime de l’ancien président Yahya Jammeh le soit dans le strict respect des lois gambiennes et des normes et principes internationaux ». Elle a en outre appelé la communauté internationale à « soutenir, de manière coordonnée, les efforts entrepris par le Gouvernement gambien afin d’assurer la relance économique et la stabilité du pays ».

  • Élections au Liberia

La Conférence a « pris note de la convocation du corps électoral pour le second tour de l’élection présidentielle le 26 décembre 2017 », et a exhorté les deux candidats, George Weah et Joseph Boakai, « à mener une campagne pacifique et à ne recourir qu’aux moyens légaux pour régler tout éventuel différend électoral ». Le communiqué final diffusé par la Cedeao ne mentionne pas la demande de report de l’élection déposé le 14 décembre par le parti de l’Unité, la formation de Joseph Boakai.

  • Un comité pour étudier la candidature de nouveaux membres

Le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie ayant déposé des demandes d’adhésion à la Cedeao – le premier en qualité de membre, le deuxième en qualité de membre observateur et le dernier en qualité de membre associé – la Conférence a estimé que ces différents dossiers « devraient être précédés par la mise en place de cadre institutionnel approprié qui devrait constituer la base juridique de telle décision ». Elle a décidé de mettre en place un comité de chefs d’État et de gouvernement pour superviser l’étude approfondie des implications de ces adhésions, composé de représentants du Togo, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée et du Nigeria.

  • Jean-Claude Brou devient président de la Commission

Lors du 48e sommet de la Cedeao, qui s’était tenu les 16 et 17 décembre 2015 à Abuja, les chefs d’État et de gouvernement avaient décidé de la fin des mandats en cours des fonctionnaires statutaires pour le 28 février 2018. En application de cette décision, Jean Claude Brou, actuellement ministre de l’Industrie et des Mines de Côte d’Ivoire a été nommé président de la commission de la Cedeao, pour un mandat de quatre ans à compter du 1er mars 2018. Il remplace à ce poste le Béninois Marcel de Souza.

  • Prochain sommet

La prochaine session ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement aura lieu à Lomé, au Togo, en juin 2018.

 

Jeune Afrique

08:42 Publié dans Economie, Intégration Africaine, Politique | Tags : 52ème sommet, cedeao, jean claude brou | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |