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13 août 2017

Côte d’Ivoire : la guerre de la bière est déclarée à coups de publicités géantes

Bière en Côte d'Ivoire
© ISSOUF SANOGO / AFP

Le secteur brassicole en Côte d'Ivoire est en pleine croissance, à l'instar de la première économie d'Afrique de l'Ouest francophone, qui progresse de 8% par an depuis 2012. Les deux principaux brasseurs se livrent une guerre commerciale avec des publicités agressives. Et, souvent, non loin des écoles.

«Chez nous la bière, c'est Bock!» contre «Bière Ivoire, appréciée par les Ivoiriens!» : les deux grandes brasseries ivoiriennes se sont déclaré la guerre, à coup de slogans publicitaires sur des enseignes géantes, et d'autres moyens moins légaux.
 
Depuis l'arrivée en avril 2016 du groupe néerlandais Heineken, qui a brisé le monopole détenu depuis 60 ans par la Société des limonaderies et brasseries d'Afrique (Solibra), propriété du groupe viticole français Castel, la publicité pour la bière envahit les rues. Les Ivoiriens sont de grands amateurs de cette boisson, qui est également utilisée pour des libations lors de cérémonies traditionnelles, de funérailles ou de fêtes de villages.
 
Le secteur brassicole en Côte d'Ivoire est en pleine croissance, à l'instar de la première économie d'Afrique de l'Ouest francophone, qui progresse de 8% par an depuis 2012. «L'avenir du secteur est radieux en Côte d'Ivoire, où la guerre fera de plus en plus rage», prédit ainsi l'analyste Dominique Gnangoin.

Guerre bière à Abidjan
© ISSOUF SANOGO / AFP

Panneaux publicitaires
 
Dans les points de ventes, aux coins des rues ou aux grands carrefours de la mégapole abidjanaise, de larges panneaux publicitaires rivalisent de taille et de slogans, et d'images de bière fraîche qui coulent dans les verres. «Quand on dit «la guerre de la bière», c'est une vraie guerre (...) Il y a du chantage, des moyens de pression qui faussent le jeu de la concurrence», déplore Jean-Baptiste Koffi, président de l'Union fédérale des consommateurs de Côte d'Ivoire, qui regroupe 125 associations.
 
«Il n'est pas sain qu'on voie partout dans Abidjan des verres de bières exposés aux mineurs, qui sont très vulnérables», reconnaît Roger Adou, directeur adjoint de la Solibra, acteur historique du secteur depuis 1955, qui détient les marques Bock, Flag et Castel. «On est happé par cette guerre de la bière. Et je dis stop!», s'indigne-t-il, reconnaissant la responsabilité des deux brasseurs.
 
Solibra détient les deux tiers du marché et a réalisé un chiffre d'affaire de 200 milliards de FCFA (305 millions d'euros) en 2016. En face, son concurrent Brassivoire (marques Heineken et Ivoire), qui s'est emparé du tiers du marché en un an et signale ses points de vente avec des panneaux géants de 20 mètres sur 5, reconnaît que son arrivée fracassante n'a pas fait que des heureux, récusant toutefois la terminologie de «guerre».
 
Brassivoire est détenu à 51% par Heineken - premier brasseur d'Europe et numéro trois mondial derrière InBev et SABMiller - et à 49% par le groupe de distribution CFAO, très présent en Afrique et filiale du japonais Toyota.
 
La gendarmerie ouvre une enquête
«Nous avons découvert avec stupeur fin mai que plusieurs panneaux de Brassivoire installés sur les différents points de vente de la ville touristique de Grand-Bassam (près d'Abidjan) avaient été arrachés», raconte à l'AFP Bintou K. Appia, responsable de la communication de Brassivoire. Elle se dit «choquée par la violence des actes de vandalisme», à propos desquels la gendarmerie a ouvert une enquête.
 
Pour dénoncer cette situation, l'Union fédérale des consommateurs annonce une campagne prochaine contre les affichages anarchiques et les enseignes kilométriques situés près des écoles.
 
De leur côté, les chambres associatives d'affichage, qui travaillent en vue d'assainir le cadre de vie et l'urbanisme d'Abidjan, ont également interpellé les deux brasseurs. «Attention: vous vendez de l'alcool. Il n'est pas sain que la communication soit agressive vis-à-vis des personnes fragiles, dont les mineurs», ont-elles souligné dans une lettre adressée aux deux brasseries.
 
Consommation bière en Côte d'Ivoire
© ISSOUF SANOGO / AFP

Les patrons de maquis mécontents 
 
Le prix d'une bière est en général de 500 francs CFA (0,76 euro) mais il varie selon les quartiers. L'arrivée sur le marché de Brassivoire a permis d'équilibrer les prix qui variaient selon les saisons (fêtes de fin d'années, grands événements, etc...).
 
Les propriétaires de maquis (bars et restaurants populaires) de Côte d'Ivoire, qui ont salué l'ouverture du secteur à la concurrence, se sont très vite ravisés, en raison de la précarité de leur situation. «Ces brasseries s'enrichissent et font du business sur notre dos. Nos marges bénéficiaires sont faibles. La bouteille coûte plus que le liquide», déplore Josué Gnahoua, le patron du syndicat des propriétaires de maquis de Côte d'Ivoire.

Les deux compagnies promettent de faire des efforts. 
 
AFP

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25 juillet 2017

Cérémonie de présentation du cinquième rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire: allocution de monsieur le Premier Ministre, ministre du budget & du portefeuille de l’Etat chef du gouvernement

Amadou Gon Coulibaly.jpgMesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Présidents des Institutions de la République ;
Monsieur le Directeur des Opérations de la Banque Mondiale ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Bilatérales et Multilatérales de Développement ;
Monsieur le Directeur National de la BCEAO ;
Mesdames et Messieurs les Représentants du Secteur Privé et de la Société Civile ;
Excellences Mesdames et Messieurs ;
Honorables invités,
Chers amis des Medias,
Mesdames et Messieurs,


C’est avec un réel plaisir que je participe ce matin à la cérémonie de présentation du cinquième rapport de la Banque Mondiale sur la situation économique de la Côte d’Ivoire.
Je voudrais, avant tout propos, adresser les très vifs remerciements et la profonde gratitude du Gouvernement ivoirien à l’équipe pays de la Banque Mondiale pour l’occasion offerte aux acteurs économiques d’échanger, une fois de plus, autour des enjeux du développement socioéconomique de la Côte d’Ivoire.

Je salue et remercie tous les participants à cette rencontre, Membres du Gouvernement, acteurs du Secteur Privé et de la Société Civile, Partenaires au Développement et Experts de l’Administration, dont la présence nombreuse et distinguée témoigne de l’importance accordée à cet exercice d’analyse et d’échanges.

Au fil des éditions, les rapports de la Banque Mondiale sur la situation économique de la Côte d’Ivoire ont permis de mettre en exergue les problématiques majeures à adresser en vue de l’atteinte des objectifs de croissance durable et inclusive. Pour mémoire, les quatre premières éditions ont traité successivement (i) des performances économiques ivoiriennes depuis la fin de la crise post-électorale (mars 2015) ; de la problématique de l’emploi (décembre 2015) ; de la nécessité de réformer le système financier (juillet 2016) ; et (iv) du défi des compétences (février 2017).

La présente édition, la cinquième, est intitulée « Et si l’Emergence était une femme ? ou Comment la Côte d’Ivoire pourrait gagner 6 milliards de dollars US». Elle met l’accent sur la problématique de l’Equité des Genres dans le développement économique de la Côte d’Ivoire. Ce rapport a été transmis aux Ministères concernés pour observations en vue des présentes discutions.

Je voudrais saluer la dynamique de cet exercice d’analyses périodiques de l’économie ivoirienne par la Banque Mondiale. La pertinence des sujets abordés et des pistes de solutions proposées contribue significativement à relever les défis importants de notre développement.

Les performances économiques de la Côte d’Ivoire depuis l’accession à la Magistrature Suprême du Président de la République, SEM Alassane Ouattara, en avril 2011 sont remarquables. Elles ont permis de hisser le pays au rang des économies les plus dynamiques au niveau mondial avec un taux de croissance du PIB de 9 % en moyenne annuelle sur la période 2012-2016 et projeté à environ 8,2 % au cours de la période 2017-2020. L’un des leviers de cette

croissance a été le taux d’investissement qui est passé de moins de 8,9 % en 2011 à plus de 20,5 % en 2016 et anticipé à 21.4 % en 2017. Le ratio dette publique sur PIB de la Côte d'Ivoire est aujourd'hui de 42,1 %, projeté à 42,7 % à la fin de 2017, l’un des plus faibles de la région. Le taux d’inflation est demeuré maîtrisé, en dessous de la norme communautaire de 3 %.

Les politiques macroéconomiques saines, accompagnées de réformes structurelles et sectorielles dans tous les domaines, ont contribué à bâtir une économie résiliente. Notre économie a pu amortir l’important choc de chute drastique de plus de 35 % des cours du cacao du début d’année 2017.

Ainsi, en dépit de des chocs externes, les perspectives économiques sont favorables, comme l’a d’ailleurs souligné le présent rapport, en dépit des divergences de chiffres discutables.

L’objectif du Gouvernement vise à une réduction significative de la pauvreté des couches les plus vulnérables, notamment les femmes et les jeunes.

Pour ce faire, il importe d’actionner tous les leviers, sources d’opportunités de croissance partagée, notamment l’optimisation du potentiel contributif du travail des femmes.

Le Gouvernement est conscient qu’il faudra apporter une attention particulière à la gestion des revendications sociales et à la maîtrise du déficit budgétaire, comme indiqué dans le rapport.

Le dialogue avec l’ensemble des couches socio-professionnelles sera maintenu. La rigueur dans la gestion des finances publiques sera renforcée, avec une politique d’endettement en ligne avec la Stratégie de Gestion de la dette à Moyen Terme et en cohérence avec les critères du Programme Economique et Financier du FMI.

Concernant la thématique de ce rapport annuel :
Le rapport dépeint une situation urgente qui appelle des réponses diligentes afin de concrétiser le potentiel du dividende démographique féminin en Côte d’Ivoire.

En effet, le rapport fait le constat du peu de progrès enregistré dans ce domaine par la Côte d’Ivoire.

Il indique que les principales inégalités dont souffrent les femmes sont davantage constatées sur le marché du travail, dans le domaine de l’éducation ainsi qu’en matière d’accès au système de santé et au niveau du planning familial.

En dépit de ce constat, je voudrais relever les efforts entrepris par le Gouvernement en matière de

promotion de l’égalité de genre et de protection des droits de la femme. Il s’agit notamment de :
La ratification de la plupart des conventions internationales, y compris la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF) ;
L’adoption de la constitution en octobre 2016 qui renforce le cadre formel de l’égalité entre les sexes, en affirmant l’égalité pour tous et la lutte contre les discriminations dans l’accès à l’emploi, aux ressources de production et leur contrôle, et à la parité ;
L’instauration de bourses pour les filles en vue de faciliter leur accès à la formation technique et professionnelle ;
La gratuité ciblée pour la surveillance de la grossesse (Consultation Prénatale), l’accouchement et les urgences obstétricales (césarienne) depuis 2014 ;
L’adoption par le Gouvernement d’une Stratégie Nationale de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) en 2014.
De façon générale, les actions du Gouvernement s’articulent autour de trois axes majeurs, à savoir :

- L’accroissement des opportunités économiques des femmes en vue de leur autonomisation socio-économique ;
- L’amélioration des statuts légaux des femmes et de leurs droits ;
- Le renforcement de la participation et de l’inclusion des femmes dans les processus décisionnels.

S’agissant de l’autonomisation socio-économique des femmes, je voudrais particulièrement relever et saluer l’engagement de la Première Dame de notre pays, Madame Dominique OUATTARA, dont l’action vise à faciliter l’accès aux crédits financiers à travers la mise en place du « Fonds d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) ». Ce Fonds pour les femmes de Côte d’Ivoire a permis à plus de 110 000 femmes d’accéder facilement à des ressources financières à taux réduit et de leur ouvrir l’accès aux marchés, à l’information et à la technologie.

Qu’il me soit également permis de saluer l’action des partenaires au développement dans ce domaine, notamment les Agences du Systèmes des Nations Unies, qui contribuent de façon substantielle à l’autonomisation des femmes à travers l’auto-emploi, par des projets générateurs de revenus.

Au niveau de l’éducation, d’importantes réformes ont été initiées par le Gouvernement. Il s’agit notamment de la loi sur l’école obligatoire adoptée en 2015 pour tous les enfants, filles et garçons, âgées 6 à 16 ans. Un accent tout particulier est mis sur la scolarisation de la jeune fille et sur son maintien durable dans le système scolaire.

En outre, l’Etat ivoirien a développé une Politique Nationale de Protection de l’Enfant, des plans d’actions de lutte contre les grossesses en milieu scolaire, les mariages et les grossesses précoces.

Excellences Mesdames et Messieurs ;
Le Gouvernement ivoirien est conscient du besoin de renforcer et de soutenir les actions en faveur de l’équité des genres en Côte d’Ivoire. Car, plus qu’une nécessité économique, l’équité des genres est un droit humain fondamental.

Il s’agira de penser des mécanismes novateurs, multidimensionnels, impliquant toutes les couches de la société, aussi bien les femmes que les hommes. Les défis qu’engendrerait leur mise en oeuvre devront être contenues en vue de prendre en compte les contraintes sociales, culturelles et budgétaires.

Les propositions faites par la Banque Mondiale dans le rapport seront analysées avec la plus grande attention par le Gouvernement. Les échanges qui suivront à l’occasion de la présente restitution, permettront déjà de débattre de leur justesse et des conditions de leur implémentation.

Dans un cadre plus général, les interventions de la Banque Mondiale à travers notamment la mise en oeuvre de projets à portée transversale, visant l’amélioration de la compétitivité de l’économie et des conditions de vie des femmes et des jeunes, pourraient participer à réduire les inégalités entre les hommes et les femmes.

C’est sur ces mots que je voudrais clore mes propos, en appelant tous les acteurs économiques et partenaires au développement à mutualiser leurs efforts en vue de proposer des solutions viables, concrètes et efficaces à l’atteinte de l’équité des genres en Côte d’Ivoire.

Je vous remercie de votre aimable attention !

Primature

23:50 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Présentation du Cinquième Rapport Economique sur la situation économique en Côte d’Ivoire: Allocution de Pierre Laporte Directeur des Opérations de la Banque mondiale

Banque-Mondiale-CPIA-PRimature-0014.jpgAuditorium de la Primature
24 juillet 2017
Abidjan, Côte d’Ivoire

Monsieur le Premier Ministre, Ministre du Budget et du Portefeuille de l’Etat Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions de la République de Côte d’Ivoire,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et diplomates, Mesdames et Messieurs les Partenaires Techniques et Financiers, Messieurs les Directeurs Généraux, Mesdames et Messieurs les Responsables des organisations du secteur privé, Mesdames et Messieurs les Responsables des organisations de la société civile, Chers collègues, Chers amis de la Presse, Honorables invités, Mesdames et Messieurs

L’expérience internationale et des études académiques ont démontré qu’il existe un lien bénéfique entre une politique d’équité des genres et le développement économique. Malgré les efforts de développement engagés par la Côte d’Ivoire dans plusieurs domaines, beaucoup reste à faire en matière d’équité du genre.
Pour preuve, en 2016, le pays occupait la 136ème place sur 144 pays dans le monde selon l’indice du genre compilé par le World Economic Forum, et le 43ème rang sur 52 pays africains selon l’indice de l’Egalite entre les genres en Afrique, pour l’an 2015, de la Banque Africaine de Développement. Ce cinquième rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire relève cette problématique et s’étonne que le pays n’exploite pas les opportunités liées à l’égalité des genres quand on considère les retombées qui pourraient en découler.

En effet, une politique basée sur l’équité des genres pourrait aider la Côte d’Ivoire à atteindre l’Emergence tant souhaitée. Avec une meilleure éducation, un meilleur accès aux soins de santé, une meilleure représentativité au sein des centres de décisions, des entreprises et des familles, les femmes pourront offrir plus de ressources au bénéfice de l’économie et de la nation ivoiriennes. La mise en oeuvre d’une telle politique relève des défis immédiats et futurs que la Côte d’Ivoire doit relever aux fins d’améliorer sa productivité pour maintenir sa trajectoire de croissance accélérée.
En 2016, la Côte d’Ivoire a continué d’enregistrer une performance excellente - avec le deuxième taux de croissance du PIB le plus rapide en Afrique. Les perspectives restent bonnes même si les projections présentées dans ce rapport prévoient que son sentier

de croissance devrait graduellement converger autour de 6,5 % dans les années à venir.
L’économie ivoirienne a été heurtée par la baisse du prix du cacao, et les troubles sociaux survenus lors des derniers mois pourraient freiner le formidable élan de relance économique amorcée depuis 2011.
Le Gouvernement ivoirien l’a bien compris en réaffirmant son engagement à poursuivre une politique ambitieuse visant une croissance non seulement rapide, mais aussi plus partagée et inclusive.
Ce rapport sur la situation économique de la Côte d’Ivoire, le cinquième du genre, a la modeste ambition d’aider le Gouvernement dans cet objectif pour la Côte d’Ivoire. C’est donc à dessein qu’il

rappelle le rôle essentiel que peuvent y jouer les femmes.
Et bien entendu, la Banque mondiale se tient aux côtés des Ivoiriennes et des Ivoiriens pour la réussite de cette ambition, et ce en lien avec les objectifs stratégiques qui sont les nôtres.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

 Primature

23:39 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

La Banque mondiale appelle à plus d’équité des genres en Côte d’Ivoire

Banque-Mondiale-Diagana-Duncan.JPGLa Banque mondiale insiste sur le rôle essentiel des femmes dans le développement et lance un appel pour la mise en œuvre en Côte d'Ivoire d'une politique basée sur l'équité des genres afin de favoriser la marche du pays vers l'émergence économique.

Dans un rapport présenté lundi sur la situation économique du pays, la Banque mondiale estime que "beaucoup reste à faire en matière d'équité du genre" en Côte d'Ivoire malgré les efforts de développement engagés dans le pays.

A en croire la Banque mondiale, en 2016, la Côte d'Ivoire était à la 136ème place sur 144 pays dans le monde selon l'indice du genre compilé par le World Economic Forum, et au 43ème rang sur 52 pays africains selon l'indice de l'égalité entre les genres en Afrique, pour l'an 2015, selon la Banque africaine de développement (BAD).

"Le rapport relève cette problématique et s'étonne que le pays n'exploite pas les opportunités liées à l'égalité des genres quand on considère les retombées qui pourraient en découler", a indiqué le directeur des opérations de la Banque mondiale, Pierre Laporte, à Abidjan.
"En effet, une politique basée sur l'équité des genres pourrait aider la Côte d'Ivoire à atteindre l'émergence tant souhaitée", a-t-il ajouté.

Pour la Banque mondiale, avec une meilleure éducation, un meilleur accès aux soins de santé, une meilleure représentativité au sein des centres de décisions, des entreprises et des familles, "les femmes pourront offrir plus de ressources au bénéfice de l'économie et de la nation ivoirienne".

"La mise en oeuvre d'une telle politique relève des défis immédiats et futurs que la Côte d'Ivoire doit relever aux fins d'améliorer sa productivité pour maintenir sa trajectoire de croissance accélérée", a souligné Pierre Laporte.

Selon le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le gouvernement ivoirien est conscient du besoin de renforcer et de soutenir les actions en faveur de l'équité des genres car, "plus qu'une nécessité économique, l'équité des genres est un droit humain fondamental".

Il a insisté sur les efforts entrepris par la Côte d'Ivoire en matière de promotion de l'égalité de genre et de protection des droits de la femme, notamment la ratification des conventions internationales sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, l'accroissement des opportunités économiques des femmes en vue de leur autonomisation socio-économique, l'amélioration des statuts légaux des femmes et de leurs droits, le renforcement de la participation et de l'inclusion des femmes dans les processus décisionnels.

"Les propositions faites par la Banque mondiale dans le rapport seront analysées avec la plus grande attention par le gouvernement, il s'agira de penser des mécanismes novateurs, multidimensionnels, impliquant toutes les couches de la société, aussi bien les femmes que les hommes", a assuré Amadou Gon Coulibaly.

Première puissance économique d'Afrique de l'Ouest francophone, la Côte d'Ivoire affiche depuis 2011 un taux de croissance annuel moyen de 9% et le pays aspire à l'émergence à l'horizon 2020. L'économie ivoirienne a été heurtée par la baisse du prix du cacao, dont le pays est le premier producteur mondial, et les troubles sociaux et mutineries de soldats survenus récemment.

Les perspectives restent "bonnes", même si les projections présentées dans le rapport prévoient une croissance qui devrait tourner autour de 6,5% dans les années à venir.
 
Xinhua 

23:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

22 juillet 2017

FAO: le pape donne 25 000 € pour l’Afrique de l’Est

Pape Francois_FAO.pngLe pape François a fait un don de 25 000 € à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en faveur des populations d’Afrique de l’Est victimes de la sécheresse et des conflits. C’est ce qu’a annoncé l’organisme dans un communiqué publié le 21 juillet 2017.

La FAO salue une « initiative sans précédent » pour soutenir les efforts contre l’insécurité alimentaire et la famine dans cette région du monde. Cette donation se veut « une contribution symbolique pour un programme de la FAO qui fournit des semences à des familles vivant en milieu rural, confrontées aux répercussions des conflits et de la sécheresse », a expliqué le pape dans une lettre remise par l’observateur permanent du Saint-Siège Mgr Fernando Chica Arellano.

Dans le message adressé au directeur général de la FAO José Graziano da Silva, Mgr Chica Arellano a précisé que le pape souhaitait « encourager les gouvernements ».

L’état de famine a été déclaré en février dans plusieurs régions du Soudan du Sud : quelque 6 millions d’habitants souffrent de malnutrition. Par ailleurs, les besoins humanitaires en Somalie, en Ethiopie, au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda sont évalués à quelque 16 millions d’euros, soit 30% de plus qu’à la fin 2016.

Le pape François doit se rendre pour la deuxième fois au siège de la FAO à Rome le 16 octobre prochain, à l’occasion de la Journée mondiale de l’Alimentation, qui a cette année pour thème « Changeons le futur de la migration. Investissons dans la sécurité alimentaire et le développement rural ».

Lors de sa première visite, le 20 novembre 2014, le pape argentin avait dénoncé la spéculation sur les dentées alimentaires et le paradoxe de la surabondance et des stocks alimentaires détruits dans une partie du monde tandis que l’autre meurt de faim.

Il avait invité à lier, « au plan juridique », à la fois « le droit à l’alimentation et le droit à la vie, le droit à une existence digne, le droit à une protection légale qui n’est pas toujours adaptée aux personnes souffrant de la faim, mais aussi l’obligation morale du partage des richesses ». « Aucun système discriminatoire, de fait comme de droit, touchant l’accès au marché des aliments, ne devrait être pris comme modèle de modification des normes internationales destinées à l’élimination de la faim dans le monde », avait-il déclaré.

Anne Kurian, Zenit

09:21 Publié dans Economie, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

20 juillet 2017

UEMOA: La Côte d'Ivoire et le Bénin devraient débuter en septembre avec les émissions d'obligations synthétiques, et non plus le Sénégal

UEMOA Côte d'Ivoire Bénin.jpgLes émissions d’obligations synthétiques, annoncées en février 2017, avec comme émetteur initial le Sénégal, sont maintenues pour le troisième trimestre de 2017 (septembre), a-t-on appris de l'Agence UMOA-Titres, l'instance en charge d'accompagner les Etats membres de l'UEMOA dans les émissions et la gestion des titres publiques.

Au mois de mars 2017, des responsables de cette agence avaient confié à Ecofin que les préparatifs des opérations, liées à l'émission de ces titres par le Sénégal, n'avaient pas débouché sur un accord. En revanche, les choses ont bien avancé avec la Côte d'ivoire et le Benin, qui sont annoncés sur ce segment.

            Lire aussi: 14/03/2017 - L'Agence UMOA-Titres annonce l'émission d’une nouvelle forme d'obligations dites synthétiques, au cours du troisième trimestre 2017

« Les obligations synthétiques présentent un intérêt certain pour tous les types d’investisseurs qui peuvent souscrire aux titres proposés, par l’intermédiaire des SVT, l’émission se faisant par adjudication ciblée », explique Mac-Davies Anouma, le responsable chez UMOA-Titres de la communication et des relations avec les investisseurs.

Les volumes et la valeur de ces titres synthétiques qui seront proposés, n'ont pas encore été rendu publics. Mais au total, pour le troisième trimestre qui a déjà débuté, les pays membres de l'UMOA, devraient émettre pour 778 milliards de FCFA de titres publics, dont 134 milliards de FCFA en bons du trésor et 644 milliards de FCFA en obligations du trésor.

Une information importante : la Côte d'Ivoire et le Sénégal, les deux gros acteurs du marché obligataire de cette sous-région, devrait réduire leur niveau de sollicitation. « Le Sénégal et la Côte d'Ivoire vont effectivement beaucoup moins solliciter le marché sur la fin de l’exercice 2017, compte tenu du succès des Eurobonds réalisés par ces deux Etats sur les marchés internationaux. Dans un souci de maîtriser leur endettement et de garder une dette soutenable, ils ont décidé de réduire leurs interventions sur le marché régional des titres publics », précise Mr Anouma.

Idriss Linge

http://www.niameyetles2jours.com

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