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28 décembre 2017

Mali : les images du déjeuner entre le président IBK et Amadou Toumani Touré

mali,déjeuner, IBK, ATT, réconciliationRevenu le 24 décembre de son exil dakarois, l’ancien président Amadou Toumani Touré (ATT) a été convié à un déjeuner avec l’actuel chef de l’État malien, Ibrahim Boubacar Keïta. Jeune Afrique vous dévoile en exclusivité les images de cette rencontre.

Après leur retour en avion dimanche matin à Bamako, où ils ont été accueillis par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, ATT et son épouse Touré Lobbo Traoré se sont rendus directement à un déjeuner dans la résidence privée du chef de l’État, dans le quartier bamakois de Sébénikoro.

 

 

L’ancien couple présidentiel y a été reçu par IBK, ainsi que son épouse Keïta Aminata Maïga et leur fils Karim Keïta. Souriants et décontractés, les convives ont dégusté un labadja, un plat traditionnel à base de pâte de farine que l’on trempe dans un ragoût de mouton.

 

 

Deux jours plus tôt, IBK avait officialisé le retour de son prédécesseur au Mali lors de la cérémonie de lancement de la Journée nationale des communes. « Le moment est venu de dire à notre jeune frère Amadou Toumani Touré de revenir au Mali, avait alors déclaré le chef de l’État malien. Il a quitté le pouvoir de manière légale. […] C’est pourquoi, au nom du Mali, je l’ai décidé. Je dis : « Mon cher cadet, il est temps de revenir, le climat me semble favorable. » […] Il est temps que nous dépassions les petites passions. Le Mali d’aujourd’hui a besoin de cela. »

 

 

Le retour d’ATT marque la fin de son exil à Dakar, où il s’était réfugié suite au coup d’État de la junte d’Amadou Haya Sanogo en mars 2012. Il avait un temps été menacé de jugement pour « haute trahison » devant la Haute cour de justice malienne, pour sa gestion de la crise touarègue. Des accusations restées sans lendemain, après la décision de l’Assemblée nationale d’abandonner définitivement les poursuites en décembre 2016.

 

JEUNE AFRIQUE

25 décembre 2017

Mali: l’ex-président "ATT" de retour à Bamako après 5 ans d’exil

IBK & ATT.JPGBamako, 24 déc 2017 (AFP) - L’ex-président malien Amadou Toumani Touré, en exil au Sénégal depuis le coup d’Etat qui l’a renversé il y a cinq ans, est rentré dimanche à Bamako, a constaté un journaliste de l’AFP.

Arrivé avec sa famille, Amadou Toumani Touré, dit "ATT", a été accueilli par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur. Il devait ensuite déjeuner à la résidence présidentielle avec le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keita ("IBK").

"Le moment est venu de dire à notre jeune frère Amadou Toumani Touré de revenir au Mali. Il a quitté le pouvoir de manière légale", avait déclaré vendredi le président Keïta à Bamako pendant la cérémonie de lancement de la Journée nationale des communes.

"C’est pourquoi, au nom du Mali, je l’ai décidé. Je dis: +Mon cher cadet, il est temps de revenir, le climat me semble favorable+", avait-il ajouté.

Général à la retraite élu président en 2002, réélu en 2007, "ATT" avait été renversé le 22 mars 2012 par des militaires qui l’accusaient d’incurie face à la rébellion dans le nord du pays. En avril 2012, il avait ensuite formellement démissionné, puis quitté le Mali pour Dakar avec sa famille.

Il était menacé d’un procès pour "haute trahison" au Mali, à la suite notamment d’accusations du gouvernement en décembre 2013. Mais l’Assemblée nationale a rejeté en décembre 2016 à une écrasante majorité l’ouverture de poursuites contre lui.

"ATT" a ces dernières années mené une existence discrète à Dakar, n’apparaissant presque jamais ni ne s’exprimant en public.

Le putsch de 2012 a précipité la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg et aux groupes jihadistes liés à Al-Qaïda dans le nord du Mali. Cette vaste région était alors tombée sous la coupe des jihadistes d’abord alliés aux rebelles, qu’ils avaient ensuite évincés.

Ces groupes jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013, à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

AFP

18 décembre 2017

Les petits paysans victimes du réchauffement et de la faim

petits-paysans-africains.jpgLes petits paysans exposés au réchauffement climatique et à l’insécurité alimentaire, particulièrement en Afrique, doivent être urgemment aidés, sous peine de faire grossir le flux des migrants et réfugiés, avertissent organisations internationales et ONG.

« Je ne veux pas être alarmiste, mais lorsqu’on regarde l’augmentation de la population prévue, si l’investissement à long terme en milieu rural n’est pas soutenu, le problème des migrations que nous voyons aujourd’hui pourrait s’amplifier » a prévenu début décembre à Paris, le Togolais Gilbert Houngbo, président du Fonds international de développement agricole (Fida), agence onusienne basée à Rome.

La population d’Afrique subsaharienne -645 millions de personnes en 2015- « est appelée à augmenter de 1,4 milliard d’ici 2055 », ce qui constitue « une caractéristique démographique unique dans l’histoire mondiale », confirme l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans son premier « Atlas sur les migrations rurales en Afrique subsaharienne » publié en novembre.

D’ici la moitié du siècle, la population rurale subsaharienne devrait augmenter de 63%, selon l’ouvrage.

L’Afrique subsaharienne est d’ailleurs « la seule région au monde où la population rurale continuera de croitre après 2050 » ajoute la FAO.

Cocktail explosif, alors que la sous-alimentation a augmenté en Afrique l’an passé, touchant 22,7% de la population contre 20,8% en 2015, soit 224 millions de personnes, un quart de la population mondiale touchée par la faim.

Cette brusque remontée des chiffres de la faim en 2016, après dix ans d’amélioration quasi-constante s’explique par les conflits (Soudan du sud notamment) et les sécheresses qui perdurent (Ethiopie, Somalie) liées au réchauffement climatique, selon la FAO.

80% des pauvres vivent en zone rurale 

Pour éviter un embrasement, les organisations internationales comme le Fida plaident pour une augmentation des aides au secteur agricole producteur d’alimentation, afin de lutter à la fois contre la faim et le réchauffement.

80% des quelque 800 millions de personnes très pauvres dans le monde -vivant avec moins de 1,90 dollar par jour- habitent dans des zones rurales, et 65% d’entre elles travaillent dans l’agriculture, plaide le Fida.

« Ces petits exploitants n’ont qu’une responsabilité minime dans les émissions de gaz à effet de serre, et pourtant ils subissent certains des effets les plus dévastateurs du changement climatique » ajoute la Fondation Bill et Melinda Gates, qui a annoncé mardi à Paris un investissement de 300 millions de dollars pour aider les agriculteurs d’Afrique et d’Asie à faire face au changement climatique.

Au fur et à mesure de l’intensification du réchauffement, « des moyens de subsistance disparaîtront, et les pressions d’origine climatique pourraient contraindre des populations à abandonner leurs habitations et leurs communautés, à la recherche de meilleures conditions de vie » avertit aussi la Fondation.

L’Union Européenne va également investir dans l’agriculture durable, afin de trouver des solutions pour augmenter les rendements des récoltes en zones sèches, et protéger les cultures contre sécheresse, inondations, parasites ou maladies végétales.

Les spécialistes comptent travailler sur des maladies « qui menacent de détruire les récoltes de manioc, patate douce ou igname, constituant la base de l’alimentation en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest », souligne la fondation américaine.

Alors que des ONG comme Oxfam ou CCFD Terre Solidaire militent depuis longtemps pour le soutien aux populations rurales, de grands groupes privés commencent à comprendre l’intérêt de participer à l’effort collectif en faveur de la ruralité dans des pays en voie de développement.

Le fonds d’investissement Livelihoods, qui regroupe de grands noms de l’industrie européenne (Michelin, Danone, Hermès, Credit Agricole, SAP, Schneider Electric..) vient d’investir dans un deuxième fonds carbone de 50 millions d’euros, après avoir replanté 130 millions d’arbres en Afrique, Inde et Indonésie.

Certes, ce faisant, les entreprises allègent leur bilan carbone, mais elles choisissent aussi de soutenir des communautés paysannes fragiles, via des ONG locales, du pied du mont Kenya au delta du Gange, en passant par le Burkina Faso ou la Casamance (Sénégal).

« C’est bien un des paradoxes révoltants de notre époque, ceux qui sont censés produire pour nourrir le monde n’ont pas eux-même de quoi nourrir leur famille », souligne Livelihoods. Trois quart des personnes souffrant de malnutrition dans le monde sont des petits fermiers, des pêcheurs, et des éleveurs pauvres.

Source : tv5monde.com