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26 septembre 2018

Le « triple défi » des bacheliers africains invités à venir étudier en France

Tous les ans, 150 lycéens étrangers, sélectionnés pour leurs brillants résultats, bénéficient d’une bourse de cinq ans. En 2018, une quarantaine provient du continent.

 
L’Angolaise Jessica Cupesalla, le Marocain Mohamed Benhaddou Andaloussi, le Burkinabé Moussa Diara et la Béninoise Marlyse Lissan sont quatre des quarante et un brillants bacheliers bénéficiaires de la bourse d’excellence 2018 issus du continent.

Chaque soir en rentrant de l’université, Jessica Cupesalla prend la même résolution. Le lendemain, elle se le promet, elle fera le premier pas vers des étudiantes de sa licence de sciences. Mais le jour suivant, la jeune Angolaise ne force pas plus sa nature que la veille et file de l’Université Pierre-et-Marie Curie (UPMC) dès la fin des cours.

Comme les quarante autres Africains du programme Excellence-Major de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), Jessica cherche ses marques sur un continent inconnu, à 10 000 km de chez elle. Celle qui se bat contre le froid d’automne à coups de pull-overs se doute un peu que des amitiés nouvelles réchaufferaient plus sa vie que ce vêtement encore tellement exotique pour elle il y a quelques semaines. Mais le temps fera son œuvre, estime la jeune étudiante.

 

Choc d’acclimatation

D’autant que ce blues d’accoutumance est pondéré par l’excitation de sa vie nouvelle. Samedi 22 septembre, au milieu d’une partie des autres jeunes étrangers choisis comme elle par la France, et réunis pour la rentrée, Jessica se rassure. Elle n’est pas la seule à ressentir le petit pincement du déracinement dans les couloirs de sa faculté ou du métro. « Débarquer un baccalauréat en poche dans un pays étranger, sans sa famille, pour débuterdes études supérieures, est un triple défi », reconnaît la proviseure d’Henri-IV, Martine Breyton, qui a elle-même sélectionné une partie de ces titulaires d’un bac français mention « bien » ou « très bien », passé aux antipodes.

« Un choc psychologique », lui répond comme en écho Mohamed Benhaddou Andaloussi, entré il y a deux semaines en classes préparatoires dans ce prestigieux lycée. Lui n’a pas à affronter l’anonymat des amphis, comme Jessica, mais doit se hisser aux standards d’exigence d’un des meilleurs lycées de France. « Un autre défi ! », observe, philosophe, le Marocain de Casablanca.

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Hormis ce choc d’acclimatation, Jessica et Mohamed sont ravis de fairepartie des 150 boursiers Excellence-Major de l’AEFE. « Ce dispositif permet à des ressortissants étrangers, qui ont passé un baccalauréat dans un des lycées français, de venir étudier pendant cinq ans en France. Nous les sélectionnons sur leur excellence académique et leur motivation, leur proposons une bourse pour préparer un master ou un diplôme de grande école », explique Christophe Bouchard, le directeur.

Une manière de séduire les élites francophones de demain, à l’heure où la bataille des cerveaux bat son plein, et de mettre vraiment à profit cet outil de la diplomatie d’influence qu’est le réseau des 492 établissements français de l’étranger. 210 000 étrangers y sont inscrits aux côtés des quelque 140 000 enfants d’expatriés français.

« Cinq années de bourse »

Sur les 150 élus de la promotion 2018, 41 viennent donc du continent africain. Ce groupe compte 13 nationalités, avec une mention spéciale pour les Marocains qui trustent 63 % des places, quand les Subsahariens (Sénégal, Togo, Cameroun, Djibouti, République démocratique du Congo…) ne sont jamais plus de deux par nationalité. L’AEFE les aimerait plus nombreux, mais les candidats postulent encore trop peu.

Moussa Diara est l’un d’eux. Burkinabé, il a étudié au Kenya et entre avec Mohamed en prépa à Henri-IV. Le jeune homme rêvait du Canada. Il avait même « postulé pour une licence de droit à Ottawa en premier choix, car les universités canadiennes sont mieux cotées que les françaises. J’étais accepté, mais j’ai reconsidéré cette option quand j’ai vu que la France m’offrait cinq années de bourse », explique-t-il.

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Un peu comme Chaïma Al-Marji, une jeune Marocaine inscrite en droit à La Sorbonne après avoir décliné les offres des Etats-Unis et du Canada. « C’est la bourse qui m’a décidée à venir en France », reconnaît-elle aussi, tout net. Les 150 jeunes sélectionnés parmi 570 dossiers toucheront entre 222 et 685 euros par mois pendant cinq années et seront accompagnés par l’AEFE. Samedi, Laurent Métais, responsable du programme, a déjà pu faire le point avec chacun sur sa carte de séjour, son ouverture de compte bancaire et les nouvelles modalités d’inscriptions à la Sécurité sociale, avant de les laisser entre les mains de leur parrain ou marraine.

« Viser l’excellence »

Marlyse Lissan a deux filleuls. Cette Béninoise, arrivée en France en 2014 dans ce même programme, a tracé sa route depuis et entre à 22 ans en master 2 (M2) de droit des nouvelles technologies à La Sorbonne après avoir passé un an en Grande-Bretagne et enregistré « une mention à chaque diplôme annuel ». Y compris au Collège de droit, ce cursus d’excellence auxquels seuls les plus brillants d’Assas peuvent prétendre« En tant que tutrice, je veux rappeler qu’il ne faut pas se laisser happer par le piège de l’université où l’on peut passer en année supérieure avec 10 sur 20 de moyenne. Il faut sans cesse viser l’excellence, c’est la seule manière de se distinguer », explique-t-elle en « grande sœur » à Chaïma et aux autres.

Marlyse, qui joue cartes sur table avec les nouveaux, n’hésite pas à raconteravoir été « la seule Noire du Collège de droit ». Elle s’amuse d’ailleurs rétrospectivement de la manière dont certains étudiants d’Assas, qu’elle savait sympathisants de l’extrême droite, sont passés vis-à-vis d’elle « de l’ignorance à la curiosité et même à un certain intérêt en voyant mes résultats universitaires ». Jessica écoute ce récit, consciente que le cosmopolitisme parisien cache des failles, même si l’UPMC où elle est inscrite n’a rien du profil politique très droitier d’Assas.

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Mais les conseils de Marlyse ne s’arrêtent pas aux études car, comme l’a rappelé Christophe Bouchard, « ces cinq années doivent aussi permettre de très belles rencontres et une ouverture à l’Europe ». La jeune Béninoise, qui assure du bénévolat à l’Association française des étudiants pour la ville (AFEV), aimerait transmettre ce goût de l’engagement auquel elle croit. Quand elle raconte, Chaïma boit ces paroles, déjà projetée dans le futur par les mots de sa tutrice et par un début de réflexion sur la vie d’après.

« Soft power » à la française

Si Marlyse pense commencer sa carrière en Europe, elle se dit « sûre qu’à la fin elle veut rentrer au Bénin ». Comme Moussa qui veut retourner au Burkina une fois diplômé pour « faire avancer le pays », « rendre » ce qu’on lui « a donné », dit-il. A l’inverse, Mohamed et Jessica se projettent déjà en Europe, « parce qu’il n’y a pas d’avenir dans mon pays, pas de recherche, et moi je veux être chercheuse en physique », explique la jeune Angolaise. « Et moi parce que je me sens tellement bien ici. J’y suis dans mon élément », poursuit Mohamed déjà au point sur les adresses des meilleures crêpes de la rue Mouffetard, dans le 5e arrondissement de la capitale.

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L’AEFE ne dispose pas aujourd’hui du suivi des jeunes passés depuis 1990 par ces bourses d’excellence sur lesquelles la France investit chaque année 7 millions d’euros. Mais quelles que soient leurs stratégies professionnelles, ces élites, une fois dans la vie active, resteront des ambassadeurs de la culture qui les a formées, et auront « vocation à développer des partenariats économiques ou industriels avec leur lieu d’installation », comme le rappelle la brochure de l’AEFE.

C’est le pari du soft power à la française. Une bonne raison de vouloirdévelopper le nombre de boursiers en Afrique subsaharienne, à l’heure où cette zone qui compte 8 millions d’étudiants est déjà bien courtisée. La Chine, dont on connaît l’appétit, fait d’ailleurs profiter de plus en plus de jeunes Africains d’un programme baptisé Rêve chinois et les entrées d’étudiants étrangers à Pékin ont augmenté de 75 % en cinq ans pour placer l’empire du Milieu au huitième rang des pays d’accueil. La France, elle, arrive bonne quatrième place (derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie) et près de la moitié des 325 000 étudiants en mobilité qu’elle accueille sont originaires d’Afrique.

LE MONDE 

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Afrique du Sud: le fruit du baobab, au bonheur des dames

Mutale (Afrique du Sud) (AFP) - Longtemps, Annah Muvhali a vécu sous les baobabs en ne profitant guère que de leur ombre. Cette Sud-Africaine s'est aujourd'hui lancée avec succès dans la vente de leurs fruits, un "super-aliment" très prisé dans les pays riches.

En cette fin d'hiver austral, cette grand-mère de 54 ans s'est levée à 3 heures du matin pour récolter les bogues tombées de ces arbres légendaires, qui donnent un air de carte postale à son village de Muswodi Dipeni, dans le nord-est de l'Afrique du Sud.

"Dans ma famille on utilisait le fruit du baobab pour en faire une espèce de yaourt aussi délicieux que nourrissant", dit-elle. "Et je m'en sers également pour mes petits-enfants, lorsqu'ils ont mal à l'estomac".

Mais les fruits qu'elle ramasse au pied des "arbres pharmaciens", ainsi que les appellent les Africains, sont désormais aussi réduits en poudre ou en huile qui s'arrachent dans le monde entier. On en ajoute par pincées entières dans les smoothies ou dans les sauces à cause de sa haute teneur en antioxydants, en fibres, en vitamines ou en minéraux. On s'en enduit aussi le corps pour soigner des maladies de peau comme l'eczéma.

"Avant, je ne savais pas que le baobab pouvait avoir une quelconque valeur", commente Annah Muvhali.

Après la baie de goji, le pamplemousse ou le cantaloup, le fruit du baobab a accédé, aux yeux de nombreux diététiciens, au rang très prisé de "super-aliment".

- "Pain de singe" -

"C'est une excellente combinaison de vitamine C naturelle, d'antioxydants, de protéines et de substances curatives, ce qui en fait un incroyable "super fruit"", s'enthousiasme le nutritionniste Jean-François Sobiecki, de l'université de Johannesburg.

Aujourd'hui, le "pain de singe" - ainsi appelé parce que son goût acidulé plaît tant aux humains qu'aux primates - parfume sodas, barres énergétiques, glaces et même gin.

Les exportations annuelles de poudre sont passées de 50 tonnes en 2013 à 450 tonnes en 2017, selon l'African Baobab Alliance, qui réunit producteurs et vendeurs du continent.

"Rien qu'en 2018, nous avons plus que doublé nos importations annuelles de poudre de fruit de baobab aux Etats-Unis", proclame son plus grand distributeur sur la planète, l'entreprise américaine Baobab Foods.

L'engouement est identique en Europe ou au Canada.

Comme Annah Muvhali, les femmes de Muswodi Dipeni et de la région de Mutale ont commencé dès 2006 à récolter des fruits d'"arbres magiques" pour les vendre. Grâce au succès grandissant de ce produit sur les marchés, un millier d'entre elles en ont fait aujourd'hui leur principale source de revenus.

"L'argent que j'ai gagné depuis le début du projet m'a beaucoup aidée. Avant, j'étais très pauvre", se souvient Annah Muvhali en posant fièrement devant la maison qu'elle a fait construire, grâce à ses revenus, pour ses enfants et petits-enfants.

- Revenu durable -

Engagée depuis une bonne dizaine d'années dans le commerce des fruits du baobab, Sarah Venter ne se contente pas de racheter les fruits ramassés par les glaneuses du village: pour leur assurer un revenu durable, elle en a fait des "gardiennes de baobab".

"Elles prennent soin des arbres et je les paie pour ça", explique la directrice de l'entreprise Ecoproducts, par ailleurs chercheuse à l'université du Witwatersrand à Johannesburg.

"Dès que l'arbre grandit d'un centimètre, elles perçoivent un peu d'argent et sont payées ainsi jusqu'à ce que l'arbre atteigne 3 m de hauteur, ce qui garantit qu'il vivra ensuite pendant un millier d'années", poursuit Mme Venter.

La moisson du baobab requiert une patience de bénédictin: il faut parfois attendre deux cents ans avant qu'il ne produise ses premiers fruits; un arrosage régulier peut toutefois réduire cette période de gestation à trente ans.

"J'ai planté mon premier arbuste il y a deux ans et j'en prends bien soin", s'enorgueillit sa "gardienne", Elisa Phaswana, 59 ans.

"J'ai choisi la meilleure place dans mon jardin pour le planter et je l'arrose tous les jours. Sarah (Venter) le mesure régulièrement et je gagne 320 rands (18 euros) par centimètre gagné", explique-t-elle.

"C'est un système dont tout le monde profite", estime Mme Venter. "Si la demande excède un jour l'offre, les prix monteront et le salaire des producteurs ruraux augmentera aussi."

Des scientifiques se sont récemment inquiétés de l'avenir des baobabs, dénonçant la disparition "spectaculaire" des plus vieux spécimens en Afrique, peut-être à cause du dérèglement climatique.

Elisa Phaswana, elle, s'applique pour que pousse son baobab d'un mètre de haut.

"Ce programme protège l'environnement et nous aide, car il n'y a presque pas de travail pour nous et nos enfants au village", dit cette "gardienne".

"Quand mon arbre sera grand, il me donnera de l'ombre et de quoi vivre."

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27 août 2018

Changements Climatiques & Agriculture : Mise en place d’un réseau d’experts des médias en Côte d’Ivoire

Presentation RIMEFACC à la presse.jpgConvaincus de la place et du rôle des médias dans la vulgarisation de l’agriculture, des forets et des questions de changements climatiques, des experts des médias ivoiriens ont décidé  de conjuguer des efforts, à travers la création d’un Réseau le 07 aout dernier à Abidjan Riviera Palmeraie, pour militer ensemble en vue de l’émergence d’une culture agricole et environnementale au service du développement.

C’est le Réseau ivoirien des Experts des Medias pour les Forêts, l’Agriculture et les Changements Climatiques, en abrégé RIMEFACC.

Le RIMEFACC a été présenté à la presse nationale le samedi 25 aout 2018 à Abidjan Cocody.

Ces experts des médias sont conscients de l’engagement de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement de la planète en-dessous des 2 degrés Celsius, et si possible de tendre vers 1,5 degré Celsius ; et de la place que l’agriculture occupe dans le développement durable de nos communautés. Le succès de la République de Côte d’Ivoire repose sur l’agriculture.

Ils sont convaincus qu’une prise de conscience permettra aux décideurs et aux ivoiriens de considérer les Accords de Maputo en augmentant le budget de l’agriculture et de faire de l’agriculture un moteur de développement.

Korhogo16.jpgLes objectifs du RIMEFACC sont entre autres, Mutualiser les intelligences et la dédicace des supports pilotés par les membres aux actions liées à la Forêt, l’Agriculture et au changement climatique ; Accompagner les acteurs dans la gestion efficiente de nos ressources naturelles, mix énergétique, économies circulaires dans nos Régions africaines ; Promouvoir les actions liées à la recherche, l’éducation, la sensibilisation et la vulgarisation par rapport au changement climatique, la coopération, régionale et internationale axées sur le changement climatique ; Contribuer à l’amélioration du cadre législatif et de la gouvernance du changement climatique dans les pays africains et l’intégration des impératifs changements climatiques dans les politiques et budgétisations nationales ; Appuyer à la défense des droits des populations et communautés sur les questions liées à la forêt, l'Agriculture et les Changements climatiques, et Appuyer (éditorial tacite) des initiatives liées à la sauvegarde des Forêts, de l’Agriculture et du Changement Climatique.

 

Korhogo17.jpgLe bureau exécutif du RIMEFACC est présidé par Marius Aka (In'Prouv Africa), assisté de trois vice-présidents Patrice Kouakou (Spore Magazine & Katchenoo Media), Eric Eros (Radio Cnews) et Abou Sylla (Radio Cote d’Ivoire) respectivement chargés de l’Agriculture, des Changements climatiques et des Forets.

Le secrétariat général du réseau est géré par Gnadja Patrice, journaliste à AfriqueMatin. Les relations extérieures sont l’affaire de Jacques Borget, journaliste à Terre Ivoire.

Les responsables de ce réseau ont, par ailleurs, mis l’accent sur le caractère indispensable de l’exploitation des résultats de recherche au profit du développement économique, social, et culturel de la Cote d’Ivoire.

Ces experts des médias sont également convaincus de l’urgence de favoriser une collaboration  entre tous les communicateurs spécialisés de l’Agriculture, des Forets et des Changements Climatiques afin d’instaurer une interface d’échanges et d’expériences entre eux et les autres acteurs du développement.

Copie de IMG0368A.jpgPour eux, l’information est une manne importante pour le développement durable. C’est pourquoi ils ont mis en place ce réseau à but non lucratif et décident le meilleur pour atteindre les objectifs escomptés. La cérémonie d’investiture du Bureau exécutif national du RIMEFACC est prévue pour les semaines à venir.

 

Patrice Kouakou

 

 

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