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25 mai 2017

Pour la première fois, l’OMS va être dirigée par un Africain

INTERVIEW - L’Éthiopien Tedros Adhanom a été élu ce mardi pour diriger l’Organisation mondiale de la santé. Florian Kastler de l’Institut Droit et Santé décrypte les défis qui l’attendent.

Les 168 pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont élu hier soir le directeur général de l’agence onusienne au terme d’une campagne d’une vigueur inédite pour l’institution. Chercheur renommé sur le paludisme et ancien ministre de la Santé, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus succédera le 1er juillet à la Chinoise Margaret Chan. C’est la première fois qu’un Africain va diriger l’OMS. Florian Kastler, chercheur à l’Institut Droit et santé (Inserm/université Paris-Descartes) et enseignant à Sciences Po, décrypte les défis qui attendent le nouveau patron de l’agence.

LE FIGARO. - Comment se déroule cette élection?

Florian KASTLER. - Pour la première fois dans l’histoire de l’OMS, cette élection se tiendra à bulletins secrets, ce qui a contribué à une vraie compétition. Jusqu’au bout, l’incertitude a persisté. Jusqu’alors, tout se jouait en coulisses entre les États avant le jour J. La réélection de Margaret Chan en 2012 ne s’est accompagnée d’aucun suspense puisque, à l’issue de l’audition des candidats, un processus de présélection habituel à l’OMS, seule sa candidature avait été maintenue! La vitalité électorale que l’on a observée cette fois entre 6, puis 3 postulants, révèle la volonté de renforcer la légitimité du patron de l’OMS, en obligeant les candidats à présenter un programme structuré dont ils seront ensuite comptables.

Que savez-vous du nouveau directeur?

Tedros Adhanom a sans doute bénéficié de sa nationalité, l’Afrique n’ayant encore jamais donné de directeur à l’OMS. Mais c’est aussi un homme compétent et apprécié, et sa double expérience de ministre des Affaires étrangères et de la Santé en Éthiopie correspond bien aux compétences attendues du patron de l’OMS, à la fois diplomatiques et médicales. Sa candidature a été entachée d’accusations sérieuses - un professeur de droit américain affirme qu’il a dissimulé des épidémies de choléra pendant qu’il était ministre de la Santé -, mais cela n’a visiblement pas rebuté les pays votants.

De quelle latitude dispose le directeur général de l’OMS?

L’OMS est une organisation internationale: son budget et ses axes d’action sont déterminés par les pays réunis en assemblée. Le directeur n’agit que sur mandat des États membres. Il dispose toutefois de compétences propres, comme déclarer un état d’urgence sanitaire mondiale, dont il endosse alors la responsabilité. Il y a par ailleurs différentes façons d’incarner ce rôle. Gro Harlem Brundtland, directrice de 1998 à 2003, était ainsi parvenue à imposer la convention cadre pour la lutte contre le tabac, qui reste à ce jour la seule norme internationale contraignante sur le sujet. Margaret Chan était bien plus consensuelle.

Justement, que retient-on de ses 11 années à la tête de l’OMS?

Son bilan est assez mitigé. Elle a cherché à satisfaire les États membres mais aussi les contributeurs non étatiques privés, comme la Fondation Bill et Melinda Gates. Une logique critiquée par certains pays, bien qu’ils soient les principaux contributeurs au budget global de l’OMS. Elle a ensuite cherché à se rattraper en améliorant la transparence au sein de l’organisation. On lui a aussi reproché sa réaction tardive à la crise sanitaire d’Ebola en Afrique de l’Ouest. À l’inverse, certains lui ont presque reproché d’avoir surréagi devant le virus Zika. Sa principale réussite est sa prise de position en faveur de la couverture sanitaire universelle, principe selon lequel tout État doit permettre à ses citoyens d’être soignés où qu’ils vivent et quels que soient leurs revenus. Il ne s’agit pas que l’OMS gère des structures de terrain mais qu’elle mette son expertise et son soutien financier au service des États pour qu’ils progressent vers l’autonomie des systèmes de santé.

Quels défis attendent le nouveau DG?

Il va devoir restaurer la légitimité de l’OMS en améliorant l’efficacité des actions entreprises et en les faisant connaître. Pour cela, il faut trancher: l’OMS doit-elle rester une agence technique d’experts, productrice de connaissances scientifiques et normatives? Doit-elle devenir opérationnelle, en conduisant des interventions sur le terrain? Actuellement ce n’est pas le cas, même si Margaret Chan a annoncé l’an dernier la création d’une force d’intervention en cas d’urgence sanitaire, un peu comme des Casques blancs. Mais le projet repose sur le volontariat des pays et on est loin du compte. Je pense enfin que l’OMS devrait s’engager davantage sur deux problématiques majeures: les maladies non transmissibles (comme l’obésité, le tabagisme…) qui sont devenues la première cause de mortalité au monde devant les maladies infectieuses ou la malnutrition et l’impact du changement climatique sur la santé.

24 mai 2017

Diplomatie: La Chine s’engage à renforcer la coopération avec l’Afrique en ce qui concerne l’initiative "la Ceinture et la Route" (SYNTHESE)

 
La
© Ambassade par DR
La Chine s`engage à renforcer la coopération avec l`Afrique en ce qui concerne l`initiative "la Ceinture et la Route"
La Chine souhaite renforcer la coopération avec les pays africains dans le cadre de l`initiative "la Ceinture et la Route".
 

ABIDJAN - La Chine souhaite renforcer la coopération avec les pays africains dans le cadre de l’initiative "la Ceinture et la Route", a annoncé lundi à Abidjan le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, en visite en Côte d’Ivoire.
Lors d’une conférence de presse, M. Wang a rappelé que sa tournée actuelle dans quatre pays africains intervient juste après l’organisation réussie du Forum de "la Ceinture et la Route" pour la coopération internationale à Beijing. Les quatre pays, à savoir la Mauritanie, le Cap-Vert, le Mali et la Côte d’Ivoire, ont tous exprimé leur volonté de participer à l’initiative chinoise.
De nombreux pays africains se situent au niveau de l’extension historique et naturelle de la Route de la soie maritime, a expliqué M. Wang. S’ils adhèrent à l’esprit et au concept de l’initiative "la Ceinture et la Route", ils peuvent devenir des partenaires de coopération, a ajouté le ministre.
L’initiative, qui comprend la Ceinture économique de la Route de la Soie et la Route de la Soie maritime du XXIe siècle, a été proposée en 2013 dans le but de construire un réseau commercial et infrastructurel reliant l’Asie à l’Europe et l’Afrique le long des routes antiques de la Route de la Soie et au-delà.
L’initiative "la Ceinture et la Route" a pour but de renforcer les stratégies de développement de différents pays, d’obtenir des avantages complémentaires et d’atteindre le développement et la prospérité communs, a souligné M. Wang.
L’initiative est en fait une tentative de rééquilibrage du processus de mondialisation économique, avec pour objectif ultime de construire une communauté de destin pour l’humanité, a-t-il expliqué.
"Nous pouvons combiner les dix principaux plans de coopération sino-africains proposés par le président chinois Xi Jinping avec l’initiative ’la Ceinture et la Route’", et faire en sorte qu’ils se complètent, a proposé M. Wang.
Les pays africains ont hâte de se débarrasser du mode de croissance unique d’exportation de matières premières, pour obtenir leur indépendance économique en accélérant le processus d’industrialisation et en renforçant leur capacité de développement indépendant.
Les pays africains pensent que la Chine est leur partenaire de coopération le plus idéal et le plus fiable, et souhaitent bénéficier du développement rapide de l’économie chinoise, a souligné M. Wang.
De nombreux monuments ont été construits en Afrique avec l’aide directe ou indirecte de la Chine, et beaucoup de projets d’infrastructures en Afrique sont construits par des entreprises chinoises.
La Chine est prête à développer des plans de coopération avec chaque pays africain en respectant leurs demandes, afin de les aider à renforcer leur capacité de développement durable, a fait savoir le chef de la diplomatie chinoise.
M. Wang a souligné que le développement de l’Afrique permet de renforcer la croissance générale des pays en voie de développement, qui sert les intérêts communs de l’Afrique et de la Chine.
M. Wang est revenu sur la longue histoire de l’amitié sino-africaine, expliquant que cette amitié a porté ses fruits. En Mauritanie par exemple, le port que la Chine a aidé à construire dans les années 1980 continue de fonctionner activement aujourd’hui et de soutenir le développement économique du pays. Il a été baptisé "Port de l’amitié".
Autrefois tristement connu sous le nom de "Triangle de la pauvreté", le sud de la Mauritanie est devenu le "Triangle de l’espoir" grâce aux nouvelles routes et aux nouvelles infrastructures que la Chine a aidé à construire.
Ces réalisations, selon M. Wang, représentent non seulement l’amitié sino-mauritanienne, mais incarnent également l’amitié sino-africaine.
Pendant de nombreuses années, la Chine a non seulement offert son aide économique à l’Afrique, mais a également joué un rôle actif dans les domaines tels que la santé et la sécurité sur le continent africain, a noté le ministre chinois.
Pendant plus d’un demi-siècle, les équipes médicales chinoises déployées dans différents pays africains sont venues en aide à plus de 200 millions de patients.
Ces dernières années, la Chine a également augmenté les investissements liés à la paix et la sécurité en Afrique, selon M. Wang. Actuellement, il y a plus de 2.000 soldats chinois sur le continent africain effectuant des missions de maintien de la paix de l’ONU et contribuant grandement à la paix et la sécurité en Afrique.
La Chine se tiendra toujours aux côtés des Africains dans leur poursuite du développement et de la prospérité, a promis le ministre chinois.
M. Wang effectue une tournée en Mauritanie, au Cap-Vert, au Mali et en Côte d’Ivoire du 19 au 23 mai.

Fin
Publié le mardi 23 mai 2017  |  Ambassade

L’Eglise catholique de Côte d’Ivoire en guerre contre la franc-maçonnerie


 

Les évêques de Côte d’Ivoire ont une position très ferme contre la franc-maçonnerie

L’Eglise catholique de Côte d’Ivoire veut extirper de ses rangs, les francs-maçons. Voici la tirade des évêques, contre cette secte, de plus en plus prisée par les Africains.

De nos jours, la problématique des mouvements ésotériques est une question théologique et pastorale qui préoccupe au plus haut niveau l’Eglise en Côte d’Ivoire.

Le constat est que beaucoup de chrétiens, par ignorance, par curiosité ou par désir d’ascension sociale, se laissent séduire par les théories développées dans ces sociétés sécrètes, tandis que d’autres continuent de s’interroger sur leur compatibilité avec la foi catholique.
Parmi ces mouvements ésotériques, la Franc-maçonnerie mérite qu’on y apporte un éclairage en raison des amalgames qui sont véhiculés en ce qui concerne sa compatibilité avec la foi catholique.

Au mois de janvier 2018, à l’occasion de notre 108ème Assemblée Plénière, nous publierons une lettre pastorale sur le sujet.

But du message

Avant cette échéance, nous, vos Archevêques et Évêques de Côte d’Ivoire, fidèles à notre mission de promotion et de protection de la doctrine et des mœurs conformes à la foi, voudrions déjà, à travers ce message, informer et former l’ensemble des chrétiens. Ceci amènerait à lever toutes les équivoques et les ambiguïtés en ce qui concerne sa compatibilité avec la foi chrétienne. Il s’agit pour nous de donner de façon claire la position de l’Eglise sur cette société secrète afin d’éviter toute erreur susceptible d’égarer les chrétiens.

“Et ce « Grand Architecte de l’univers » est en fait un contenant vide, dans lequel chacun est libre d’introduire sa représentation de Dieu, le chrétien comme le musulman, le confucianiste comme l’adepte des religions traditionnelles. Or, c’est tout à l’opposé de la conception chrétienne de Dieu”

Pour mémoire, la position de l’Eglise face à la franc-maçonnerie a été constante et claire tout au long de l’histoire. Elle a condamné de manière presque immédiate toute forme de franc-maçonnerie . Et aujourd’hui encore, le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise.

Dès lors, l’inscription des fidèles catholiques à ces associations reste interdite par l’Eglise. En conséquence, comme le stipule la déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 26 novembre 1983 : « les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave; ils ne peuvent accéder à la Sainte Communion » ; ils ne peuvent, non plus, bénéficier des honneurs des funérailles chrétiennes.

Cette position constante de l’Eglise ainsi que les nombreuses condamnations magistérielles sans équivoque qui en découlent se fondent sur un certain nombre d’incompatibilités profondes entre la foi chrétienne et les principes de la franc-maçonnerie.

Incompatibilités de la franc-maçonnerie et de la foi catholique : du relativisme

D’une manière générale, le relativisme constitue l’épine dorsale des principes de la franc-maçonnerie. On comprend dès lors que cette tendance à vouloir tout relativiser constitue  le nœud même de l’incompatibilité, en raison des conséquences sur le contenu de la foi, l’agir moral et l’appartenance à l’Église. Dans cette dynamique, la Vérité est relativisée et l’idée même d’une Révélation est refusée.

L’une des conséquences directes de cette manière de tout relativiser, y compris la Vérité, est la conviction chez les francs-maçons  qu’aucune connaissance objective de Dieu, en tant qu’Être personnel n’est possible. Dans les rituels francs-maçons, le concept de « Grand Architecte de l’univers » occupe une place centrale.

Et ce « Grand Architecte de l’univers » est en fait un contenant vide, dans lequel chacun est libre d’introduire sa représentation de Dieu, le chrétien comme le musulman, le confucianiste comme l’adepte des religions traditionnelles. Or, c’est tout à l’opposé de la conception chrétienne de Dieu qui se révèle, entre en dialogue avec l’homme, et de la réponse de l’homme qui s’adresse à Lui en le nommant Père et Seigneur, comme l’affirme le Concile Vatican II .

De la divinité du Christ

De plus, le problème de la divinité du Christ constitue un autre point d’achoppement à l’intérieur de la question de la vision de Dieu et de la Révélation. La Foi Chrétienne affirme qu’en Jésus, Dieu s’est révélé pleinement et définitivement aux hommes. Cela apparaît clairement dans notre profession de foi, le Credo de Nicée-Constantinople où nous déclarons avec conviction que « Jésus-Christ est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu ; engendré non pas créé, de même nature que le Père ».

Or, les francs-maçons attribuent à Jésus toutes sortes de qualificatifs positifs, mais ils passent à côté de l’essentiel, à savoir Jésus-Christ est fils de Dieu, il est Dieu fait homme. L’Eglise ne peut tolérer l’affirmation selon laquelle Jésus est seulement un homme sage, car il est plus que cela pour le chrétien : il est le Messie, le Fils du Dieu vivant comme le reconnaîtra saint Pierre (Cf. Mathieu 16, 13-19).

De la problématique du salut

Par ailleurs, il faut ajouter que la franc-maçonnerie exclut toute idée de salut. Pour les francs-maçons en effet, l’homme se construit par lui-même. Il n’a pas besoin de Dieu pour changer son cœur et trouver le bonheur. Il est clair que la perspective est complètement différente chez le chrétien. Car l’Évangile est l’heureuse annonce du Salut.

Le chrétien attend et reçoit le salut de la grâce miséricordieuse de Dieu, en la personne de Jésus qui est précisément le Sauveur (Jésus, c’est-à-dire « le Seigneur sauve ») : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Ephésiens 2, 8). La Foi Chrétienne enseigne, en effet, qu’en Jésus-Christ, Dieu est venu parmi les hommes pour les sauver (Jean 3, 16).

En raison de ces profonds points de divergence entre la franc-maçonnerie et les fondements même de la Foi Chrétienne, on peut affirmer clairement que le fait d’y adhérer met en cause les fondements de l’existence chrétienne.

Appel

En conséquence, nous, vos Archevêques et Evêques, vos guides spirituels de l’Eglise Catholique en Côte d’Ivoire, voudrions vous interpeller vivement face aux sollicitations incessantes de la franc-maçonnerie :

Aux fidèles laïcs

Certains parmi vous se sont déjà engagés dans la franc-maçonnerie. Quelles que soient les raisons qui vous ont amenés à faire un tel choix, quels que soient les pactes déjà scellés et les degrés de votre appartenance à telle ou telle obédience, nous vous exhortons ardemment à rebrousser chemin, à l’instar de l’enfant  prodigue (Luc 15, 11-32).

N’ayez pas peur de rompre tous les liens qui vous tiennent captifs. Car « si le Christ nous a libérés, c’est pour que nous soyons vraiment libres» (Cf. Galates 5, 1). Revenez donc au Christ, la seule et unique source de votre épanouissement, de votre équilibre, de votre liberté et de votre salut. Car il n’y aucun autre nom sous le ciel par lequel vous soyez sauvés, à part le nom de Jésus (Cf. Actes 4, 12).

Aux jeunes catholiques

Une analyse du mode opératoire de la franc-maçonnerie montre bien que vous constituez la cible privilégiée de cette société secrète. En effet, des membres de cette confrérie infiltrent insidieusement nos universités et grandes écoles, où se prépare l’élite de demain. En cédant aux offres alléchantes que l’on fait miroiter sous vos yeux, vous compromettez ainsi gravement votre relation au Seigneur.

Par ailleurs, nous sommes conscients des difficultés que vous rencontrez dans la prise en charge de vos études et dans la recherche d’un emploi après vos différentes formations. Cependant, nous croyons que tout espoir n’est pas perdu pour vous. Votre esprit d’imagination et votre créativité vous permettront, avec l’aide du Seigneur et le concours des hommes de bonne volonté, d’entreprendre quelques activités génératrices de revenus.

Aux cadres et hommes de culture

La recherche de connaissance, de succès et de pouvoir, le désir d’appartenir à une élite respectée sont des tentations assez répandues aujourd’hui dans notre monde. Elles poussent quelquefois beaucoup de nos concitoyens, notamment vous cadres et hommes de culture, à emprunter des voies sans issues. L’appartenance de certains d’entre vous à la franc-maçonnerie les conduit parfois à poser des actes ignobles.

N’oubliez jamais que tout succès ou tout pouvoir est avant tout un don de Dieu, et en dehors de Lui, toute forme d’ascension politique ou sociale, finit toujours par sombrer dans la déchéance et la désolation totale. Car, comme dit le Christ, « Que sert-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? » (Marc 8, 36).

Aux responsables des paroisses et des communautés nouvelles

Depuis les premiers siècles, l’Eglise vit du don de ses fidèles. Cette générosité mérite d’être encouragée en raison de l’urgence et de l’importance de l’annonce de l’Evangile à tous. Toutefois, nous en appelons à la vigilance et au discernement des curés de paroisses, des responsables d’institutions et des communautés nouvelles face à certaines offres pour la réalisation de vos différents projets.

En effet, des personnes mal intentionnées, tels des loups vêtus de peaux d’agneaux, fréquentent parfois vos assemblées. Leur intention cachée serait de déstabiliser l’Eglise catholique. La sagesse chrétienne et la prudence exigent un examen lucide de la provenance de ces dons aux montants extraordinairement généreux dont certaines de vos structures peuvent bénéficier. Aussi vous prions-nous de mettre tout en œuvre pour ne pas vous compromettre inconsciemment avec les sectes ésotériques et les associations du même genre.

Au clergé et aux consacrés

Nous apprenons, à tort ou à raison, que certains membres du clergé et des consacrés flirteraient avec la franc-maçonnerie ou en feraient l’apologie, pensant sans doute trouver la solution à leurs problèmes matériels et financiers, croyant peut-être trouver le moyen facile d’une quelconque promotion. Il serait bien dommage et triste que des hommes et des femmes d’Eglise, sensés vivre dans le détachement et le renoncement en arrivent là!

Nous déclarons que les propositions du gain facile ne peuvent en aucun cas vous édifier ni garantir votre dignité de chrétiens. C’est bien contre cela que l’Apôtre Paul s’insurge avec précision et netteté de termes contre les démons qui viendraient à conquérir l’esprit des responsables de l’Eglise (Cf. 2 Thessaloniciens 3, 7-10).

Aux candidats au sacerdoce

Vous, chers fils, vous constituez la semence du clergé de demain. Votre formation spirituelle, humaine, intellectuelle et doctrinale nous préoccupe et nous tenons à y apporter le plus grand soin pour le bénéfice du peuple de Dieu.

Nous vous exhortons à prendre davantage conscience de la noblesse de votre choix à travailler dans le champ du Seigneur. C’est pourquoi vous devez tout mettre en œuvre pour résister aux sollicitations des adeptes de mouvements ésotériques et autres sociétés secrètes qui s’attaquent à nos futurs prêtres, dans le but de les corrompre. Comme le dit si bien saint Paul : « Si quelqu’un enseigne de fausses doctrines et ne s’attache pas aux saines paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la parole, il est enflé d’orgueil » (1 Timothée 6, 3-4).

A lire, ce qu’en pense un intellectuel chrétien ivoirien

Conclusion

Nous ne saurons terminer sans invoquer sur vous tous, l’Esprit de Notre Seigneur, qui rendra forts les fidèles du Christ : évêques, prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs, face à tous les groupes et associations ésotériques qui travaillent à l’impossible disparition de l’Eglise catholique. Le Christ Jésus, Maître et Fondateur de l’Eglise, confiant les clés du Royaume à Pierre, lui a déclaré en effet : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise ; et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle » (Mathieu 16, 13-19).

Que Marie, l’humble servante du Seigneur nous présente à son Fils, aimant et adorable !
Dieu vous bénisse et vous garde, en son Esprit et en son Eglise.
Donné à Bonoua, dans le diocèse de Grand-Bassam, le 21 mai 2017.

Vos Pères les Archevêques et Evêques de Côte d’Ivoire

Bonsoir Afrique

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