topblog Ivoire blogs

16 septembre 2017

AGRF 2017 : De véritables opportunités pour l’agriculture africaine

Selon la présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), Docteur Agnes Kalibata, c’est le leadership des autorités ivoiriennes pour la place accordée à l’agriculture, facteur de création de richesses et d’emplois, qui a valu au pays d’abriter pour la première dans l’espace francophone l’AGRF 2017.

«Obtenir plus d’engagements auprès des gouvernements et autres parties prenantes afin de donner la priorité à l’agriculture et d’augmenter les investissements dans le secteur agricole en Afrique». Tel était le thème de la 7ème édition du Forum sur la révolution verte (AGRF).agrf,agra,agriculture, cote d'ivoire

 Ouverts du 04 au 08 septembre 2017 à Abidjan les travaux de cette édition de l’AGRF ont produit des résultats satisfaisants. Des décisions de grande importance ont été prises dans le cadre de la transformation agricole d’ici à 2021.

L’une des importantes de ces décisions est sans nul doute celle relative à la contribution financière substantielle de plusieurs institutions pour booster la transformation agricole.

Des  engagements d’investissements à hauteur de près de 6,5 milliards $EU ont été pris en faveur de la culture de l’huile de palme, des légumineuses, de la pomme de terre et du riz pour les huit prochaines années. Le nouveau Partenariat pour une transformation agricole inclusive en Afrique (PIATA) d’une valeur de 280 millions $EU a été lancé.

L’Objectif du PIATA est de : « catalyser et soutenir une transformation agricole inclusive dans au moins 11 pays d'Afrique, ce qui augmentera les revenus et améliorera la sécurité alimentaire de 30 millions d’exploitations agricoles familiales de petite taille ».

Lors de l’Edition de 2016 de l’AGRF, des annonces de financement d’environ 30 Milliards US ont été enregistrées. Ces annonces ont été suivies d’effets au cours de la session précédente sur le « respect des engagements. En outre, les efforts constants de la Banque Africaine de Développement (BAD), à travers son programme « Nourrir l’Afrique », et du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) sont à saluer.

A la cérémonie officielle d’ouverture de l’AGRF 2017, le Président  Alassane Ouattara a présenté le secteur agricole ivoirien comme un exemple en Afrique.

La Côte d’Ivoire qui a consolidé sa place de 1er producteur mondial de cacao, est devenue :
. 1er producteur mondial d’anacarde

. 1er producteur mondial de noix de cola

. 1er producteur africain d’hévéa

 . 1er exportateur africain d’huile de palme

 . 1er producteur africain de banane dessert

 . 1er exportateur africain de mangues.

Ces performances de la Côte d’Ivoire se traduisent surtout par des revenus stables distribués aux producteurs, qui sont passés de plus de 3000 milliards FCFA (5.5 Milliards US) en 2011 à près de 6000 milliards FCFA (11 Milliards US) en 2016, soit l’équivalent du budget national.agrf,agra,agriculture, cote d'ivoire

« Les pays d’Asie ont réussi cette révolution verte et sont aujourd’hui industrialisés », a indiqué le ministre ivoirien de l’agriculture et du développement rural, Mamadou Sangafowa Coulibaly pour qui si cela a été possible en Orient, ça l’est aussi en Afrique, un continent qui regorge de beaucoup de potentialités. Il a rassuré sur l’engagement de la Côte d’Ivoire à poursuivre ses investissements pour faire de l’agriculture la clé du développement économique.

«Le secteur primaire doit être pris comme un secteur de croissance. Les chefs d’état doivent impulser un programme cohérent pour permettre à tous d’avoir des financements à l’agriculture. Il faut aller beaucoup plus à la promotion du manufacturier et de la transformation. Il faut faire de l’agriculture, le levier de la création de richesse. Il faut contribuer à la croissance et à la promotion de l’agriculture sur notre continent» a déclaré à la cérémonie officielle d’ouverture de l’AGRF 2017, le Premier Ministre et Chef du gouvernement Togolais, Komi Selom KLASSOU. 

L’AGRF est une plate-forme pour les dirigeants mondiaux et africains pour élaborer des plans d'action qui feront avancer l'agriculture africaine. Créé en 2010, le forum est apparu comme la première plate-forme africaine qui rassemble une série d'acteurs critiques dans le paysage agricole africain pour discuter et élaborer des plans concrets pour la réalisation de la révolution verte en Afrique.

L’AGRF 2017 a permis de mobiliser tous les acteurs en faveur du développement inclusif et des investissements vitaux dans le secteur agricole. Une plateforme d’échanges de 52 sessions et plus de 300 intervenants.

 L’AGRF 2017 a mis en évidence l'importance cruciale d'exploiter un soutien renouvelé pour l'agriculture et son fort potentiel pour créer des emplois décents et stimuler la croissance économique à travers le continent.

Par les innovations dans l’agriculture, les jeunes participent à la conception de l’avenir du secteur de l’agriculture grâce à l’utilisation des TIC. « Nous espérons que les meilleures start-up se développeront et finiront par atteindre des milliers d'agriculteurs et d'agribusiness, et créeront des opportunités d'emploi pour de nombreux jeunes. » a indiqué le directeur du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) Michael Hailuagrf,agra,agriculture, cote d'ivoire

« Un partenariat crédible et une mobilisation soutenue des ressources pour financer l’Agriculture en Afrique dépendront également du respect des engagements pris à Malabo par les Etats Africains. C’est pourquoi, je suis heureux de vous annoncer que la Côte d’Ivoire respectera ses engagements en matière de financement de l’Agriculture et reste disposée à soutenir toutes les actions des Organisations régionales et sous régionales en faveur du développement de l’Agriculture » a indiqué le Président Ivoirien Alassane Ouattara.

L’AGRF a réuni des experts agricoles, des acteurs du secteur public et privé, pour débattre, partager des expériences et adopter des mesures concrètes visant à améliorer la sécurité alimentaire en Afrique.

Patrice Kouakou



13 août 2017

Côte d’Ivoire : la guerre de la bière est déclarée à coups de publicités géantes

Bière en Côte d'Ivoire
© ISSOUF SANOGO / AFP

Le secteur brassicole en Côte d'Ivoire est en pleine croissance, à l'instar de la première économie d'Afrique de l'Ouest francophone, qui progresse de 8% par an depuis 2012. Les deux principaux brasseurs se livrent une guerre commerciale avec des publicités agressives. Et, souvent, non loin des écoles.

«Chez nous la bière, c'est Bock!» contre «Bière Ivoire, appréciée par les Ivoiriens!» : les deux grandes brasseries ivoiriennes se sont déclaré la guerre, à coup de slogans publicitaires sur des enseignes géantes, et d'autres moyens moins légaux.
 
Depuis l'arrivée en avril 2016 du groupe néerlandais Heineken, qui a brisé le monopole détenu depuis 60 ans par la Société des limonaderies et brasseries d'Afrique (Solibra), propriété du groupe viticole français Castel, la publicité pour la bière envahit les rues. Les Ivoiriens sont de grands amateurs de cette boisson, qui est également utilisée pour des libations lors de cérémonies traditionnelles, de funérailles ou de fêtes de villages.
 
Le secteur brassicole en Côte d'Ivoire est en pleine croissance, à l'instar de la première économie d'Afrique de l'Ouest francophone, qui progresse de 8% par an depuis 2012. «L'avenir du secteur est radieux en Côte d'Ivoire, où la guerre fera de plus en plus rage», prédit ainsi l'analyste Dominique Gnangoin.

Guerre bière à Abidjan
© ISSOUF SANOGO / AFP

Panneaux publicitaires
 
Dans les points de ventes, aux coins des rues ou aux grands carrefours de la mégapole abidjanaise, de larges panneaux publicitaires rivalisent de taille et de slogans, et d'images de bière fraîche qui coulent dans les verres. «Quand on dit «la guerre de la bière», c'est une vraie guerre (...) Il y a du chantage, des moyens de pression qui faussent le jeu de la concurrence», déplore Jean-Baptiste Koffi, président de l'Union fédérale des consommateurs de Côte d'Ivoire, qui regroupe 125 associations.
 
«Il n'est pas sain qu'on voie partout dans Abidjan des verres de bières exposés aux mineurs, qui sont très vulnérables», reconnaît Roger Adou, directeur adjoint de la Solibra, acteur historique du secteur depuis 1955, qui détient les marques Bock, Flag et Castel. «On est happé par cette guerre de la bière. Et je dis stop!», s'indigne-t-il, reconnaissant la responsabilité des deux brasseurs.
 
Solibra détient les deux tiers du marché et a réalisé un chiffre d'affaire de 200 milliards de FCFA (305 millions d'euros) en 2016. En face, son concurrent Brassivoire (marques Heineken et Ivoire), qui s'est emparé du tiers du marché en un an et signale ses points de vente avec des panneaux géants de 20 mètres sur 5, reconnaît que son arrivée fracassante n'a pas fait que des heureux, récusant toutefois la terminologie de «guerre».
 
Brassivoire est détenu à 51% par Heineken - premier brasseur d'Europe et numéro trois mondial derrière InBev et SABMiller - et à 49% par le groupe de distribution CFAO, très présent en Afrique et filiale du japonais Toyota.
 
La gendarmerie ouvre une enquête
«Nous avons découvert avec stupeur fin mai que plusieurs panneaux de Brassivoire installés sur les différents points de vente de la ville touristique de Grand-Bassam (près d'Abidjan) avaient été arrachés», raconte à l'AFP Bintou K. Appia, responsable de la communication de Brassivoire. Elle se dit «choquée par la violence des actes de vandalisme», à propos desquels la gendarmerie a ouvert une enquête.
 
Pour dénoncer cette situation, l'Union fédérale des consommateurs annonce une campagne prochaine contre les affichages anarchiques et les enseignes kilométriques situés près des écoles.
 
De leur côté, les chambres associatives d'affichage, qui travaillent en vue d'assainir le cadre de vie et l'urbanisme d'Abidjan, ont également interpellé les deux brasseurs. «Attention: vous vendez de l'alcool. Il n'est pas sain que la communication soit agressive vis-à-vis des personnes fragiles, dont les mineurs», ont-elles souligné dans une lettre adressée aux deux brasseries.
 
Consommation bière en Côte d'Ivoire
© ISSOUF SANOGO / AFP

Les patrons de maquis mécontents 
 
Le prix d'une bière est en général de 500 francs CFA (0,76 euro) mais il varie selon les quartiers. L'arrivée sur le marché de Brassivoire a permis d'équilibrer les prix qui variaient selon les saisons (fêtes de fin d'années, grands événements, etc...).
 
Les propriétaires de maquis (bars et restaurants populaires) de Côte d'Ivoire, qui ont salué l'ouverture du secteur à la concurrence, se sont très vite ravisés, en raison de la précarité de leur situation. «Ces brasseries s'enrichissent et font du business sur notre dos. Nos marges bénéficiaires sont faibles. La bouteille coûte plus que le liquide», déplore Josué Gnahoua, le patron du syndicat des propriétaires de maquis de Côte d'Ivoire.

Les deux compagnies promettent de faire des efforts. 
 
AFP

18:59 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

08 août 2017

ODD/Mobilisation à New York:La société civile francophone au coeur de la stratégie du programme de développement à l’horizon 2030

Si la mise en oeuvre du programme de développement à l’horizon 2030 tente la mobilisation et l’implication de tous les acteurs de la société, beaucoup ne se sont pas encore engagés dans ce processus.

Des inégalités persistent, non seulement en matière de richesses et de vulnérabilité, mais également en capacité d’action.

Informer, impliquer les populations, rassembler les volontés, développer des capacités et encourager les innovations doivent être au coeur de l’action francophone.

L’événement parallèle qui s’est tenu en marge du forum politique de haut niveau de 2017, par l’Organisation Internationale de la Francophonie, en collaboration avec le Gouvernement de Madagascar, sur le développement durable a permis aux participants d’échanger sur les stratégies novatrices déployées à ces fins. DSC_0262

Dirigeant le panel de la Table-ronde qui s’est tenue aux Nations Unies à New York le 19 juillet dernier sur les stratégies novatrices pour porter l’ambition du programme de développement durable à l’horizon 2030 au coeur des populations, le Très Honorable Jean Max Rakotomamonjy, Président de l’assemblée Nationale de Madagascar, a révélé que dans son pays, la société civile a toujours été associée dans tout référentiel de développement; ses représentants siègent dans des structures de plaidoyer. Et c’est aussi le cas pour la plateforme de la société civile ou encore de l’Union des femmes ou des syndicats. Il en a profité pour exhorter vivement les pays et organisations qui ont développé des outils qui répondent à ces défis à saisir cet espace pour témoigner de leurs expériences et de permettre d’échanger sur l’application et la réplication de ces solutions.

Susan Alzner, la Chef de service de Liaison Non Gouvernemental des Nations Unies est ensuite intervenue pour témoigner du rôle que la société civile joue dans la mise en oeuvre des objectifs de développement durable. DSC_0235

Isabelle Pypaert Perrin et Danièle Sassou Nguesso ont ensuite pris la parole pour parler de leurs experiences respectives. Isabelle Pypaert Perrin, le Déléguée générale d’ATD Quart Monde a parlé de ce que fait son organization sur le terrain, en décrivant des cas spécifique d’appui à Madagascar, en RDC, en Suisse et RCA, tout en revenant sur l’idéologie de Joseph Razinsky, le fondateur d’ATD Quart Monde sur sa strtégie de lutte contre la pauvreté, pour décrire au mieux sa determination de ne maisser personne de côté.

Danièle Sassou Nguesso, avec sa multiple casquette de chef d’entreprise et son implication dans des activités caritatives, a fait mention du déploiement des structures qu’elle dirige et de l’accompagnement que procure le gouvernement congolais à la société civile, pour parvenir à l’autonomisation des femmes pour laquelle elle s’investit tant.

Il y a ensuite eu le regard d’un pays qui a très tôt compris l’intérêt d’agir avec la société civile en mettant en place une plateforme nationale de dialogue, il s’agit de la Suisse dont l’expérience a été présentée par Daniel Dubas, chef de la section développement durable au département fédéral de l’environnement et de l’énergie. Il a apporté un point de vue pratique de la mise en oeuvre du développement durable et de l’agenda 2030 au niveau du gouvernement Suisse, notamment de savoir comment on intègre les parties prenantes, sachant aujourd’hui  que cet agenda 2030 et les ODD sont encore relativement peu connus en Suisse – c’est une réalité – et le gouvernement fédéral y travaille en essayant d’intégrer le plus d’acteurs possibles en amont. DSC_0216

Jean-Pierre Ndoutoum le Directeur de l’IFDD a affirmé qu’en plus de son action au niveau stratégique avec des acteurs étatiques, l’IFDD a mis en place Objectif2030 qui est avant tout un contrat social pour construire un mouvement citoyen engagé et outillé.

Elle vise à atteindre des projets concrets, mesurables et chiffrés en matière de développement durable en soutenant et en créant des interliens entre les membres de la société civile.

Cette initiative est dédiée aux acteurs non étatiques et se déploie autour de trois composantes par le biais d’une plateforme numérique et participative.

La première de ces composantes est la formation. Elle consiste à former des milliers de citoyens grâce à un cours en ligne et massif.

Ce cours est animé par l’Université Senghor d’Alexandrie qui est également un opérateur de la Francophonie.

En 2017, ce cours a permis a permis à 2000 personnes de 99 pays à la compréhension et à l’analyse des enjeux et des actions liées au développement durable.

D’ici 2030, l’IFDD envisage une dizaine d’autres formations en ligne, de renforcement de compétences qui seront utiles et essentiels pour générer des projets de développement durable et des informations fiables sur ce sujet.

La seconde composante permet quant à elle de générer et de soutenir des actions et des solutions novatrices qui allient inclusion sociale, progrès économique et protection de la planète, et ce grâce à un outil de financement et d’appui technique.

Lors du premier appel à propositions, 215 projets ont été reçus, et 10% d’entre eux, en faveur d’environ 70 000 bénéficiaires provenant de 14 pays tirent actuellement avantage de l’outil, avec cinq projets entièrement financés.

La troisième composante dont cet événement parallèle faisait partie est axée sur le plaidoyer, la communication et la sensibilisation. DSC_0321

Le but est de réaliser des synergies en facilitant la réalisation et la mise à l’échelle des actions opérationnelles du développement durable, notamment par le partage d’études de cas et par le partage de bonnes pratiques.

Patrice Kouakou

17:51 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |