topblog Ivoire blogs

01 décembre 2016

Journée mondiale de lutte contre le sida: conjuguer les efforts et les moyens

Le 1er décembre de chaque année, les acteurs de la lutte contre le sida sensibilisent à la maladie. Selon les nombreuses études, campagnes d’informations et recommandations de spécialistes, cette épidémie pourrait s’éteindre si les efforts et les moyens se conjuguaient. Mais près de la moitié des porteurs du VIH dans le monde l'ignorent.

En 2015, 4 personnes porteuses du VIH sur 10 ne connaissaient pas leur statut, estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans l’Union européenne, c’est un porteur du VIH sur 7 qui ignore son état, un chiffre qui inquiète l’OMS car la moitié des cas diagnostiqués le sont tardivement, en moyenne 4 ans après.

Dans ces 28 pays plus l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, la contamination chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes continue de progresser. Mais c’est en Russie où le record de contamination est atteint, 64 %, mais là, le premier mode contamination est constaté chez les hétérosexuels et non pas chez les homosexuels cette fois. Le VIH constitue un véritable sujet d’inquiétude pour la santé publique de cette région de l’est de l’Europe comprenant l’Ukraine, le Belarus, l’Estonie, la Moldavie, la Lettonie et la Géorgie.
... suite de l'article sur RFI

07:08 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

De jeunes ivoiriens inventent un sac solaire pour les élèves des zones sans électricité

RCI 1.jpgAbidjan (Côte d'Ivoire) - Un sac à dos solaire dénommé "Solarpark", invention de jeunes ivoiriens a été présenté, mercredi,à Abidjan en présence du Chef de Bureau de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en Côte d'Ivoire,Yao Ydo, qui l’a qualifié « d’atout pour l’éducation », a constaté APA sur place dansla capitale économique ivoirienne.

Solpark est un sac à dos conçu dans de la matière étanche, portant une plaque solaire rechargeable à la lumière du jour ou d’intérieur pour éclairer à l’aide de la lampe Led intégrée au bénéfice des élèves qui sont dans des zones sans électricité.

Selon le principal inventeur de ce produit, Evariste Akoumian, « cette idée est venue de mon passage dans un village de la Côte d’Ivoire où j'ai constaté les difficultés » qu’éprouvaient les élèves sans électricité.

Pour le Représentant résident de l'Unesco en Côte d'Ivoire, Yao Ydo, "tombé" sous le charme de cette innovation, "c’est une opportunité pour permettre aux enfants de pouvoir étudier dans de meilleures conditions ».

« C’est un atout pour l’éducation »,ajouté M.Yao qui se fait l’ambassadeur de ce produits auprès des institutions et autres partenaires.

«Se référant à sa propre expérience de scolarité dans une zone sans électricité, le chef du bureau Abidjan de l’UNESCO a fait remarquer qu’il y a « encore des enfants africains qui vivent dans la même situation.».

Le chef de cabinet du ministère de l’éducation nationale,Abdoulaye Kouyaté, représentant la ministre, a pour sa part félicité les inventeurs pour cette « innovation à fort impact social qui vise à améliorer à la fois l’accès, l’équité et la qualité de l’école ivoirienne » tout en assurant du soutien de la tutelle de l’école ivoirienne.

«Je lance un appel à la mobilisation générale en vue de créer les conditions nécessaires à l’appropriation de cette œuvre du cœur, de l’esprit », a exhorté M.Kouyaté.

La Fondation Magic system présente à cette occasion s’est engagée à soutenir ce projet en l’associant à son projet phare de construction d’écoles, et par une visibilité à en croire son Directeur exécutif, Jean Louis Boua.L'on estime à 650 millions le nombre d'Africains sans électricité.


SY/ls,APA

05:12 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Probo Koala : la justice néerlandaise refuse de juger Trafigura

Probo Koala.jpgLa Haye - Une cour néerlandaise a débouté mercredi une fondation assurant représenter plus de 100.000 victimes du déversement de déchets toxiques par le cargo Probo Koala à Abdijan en 2006, assurant que la plainte n’était pas crédible.

Regroupées au sein d’une association de droit néerlandais, les victimes avaient assigné en justice en 2015 la multinationale Trafigura, spécialisée dans le négoce des matières premières, notamment le pétrole, réclamant des indemnités et le nettoyage des déchets.

"Il ne peut être établi que la fondation représente réellement les victimes et combien elle en représente", ont estimé les juges du tribunal d’Amsterdam dans leur jugement publié sur internet.

"Il ne peut également être établi si la fondation agit dans le meilleur intérêt des personnes qui ont été affectées", ajoutent-ils, soulignant qu’il y avait des "irrégularités" dans les données des victimes transmises à la cour.

"La requête est donc rejetée".

Le déversement des déchets hautement toxiques du Probo Koala en août 2006 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, après qu’Amsterdam eut refusé au cargo immatriculé au Panama de décharger sa cargaison, avait causé la mort de 17 personnes et des dizaines de milliers d’intoxications, selon la justice ivoirienne.

Trafigura, qui a toujours nié que le déversement ait provoqué décès et maladies graves, a ses quartiers généraux en Suisse mais est enregistrée aux Pays-Bas. Elle n’a jamais été condamnée pour le déversement alors que des accords à l’amiable ont été conclus en Grande-Bretagne et en Côte d’Ivoire.

Joint par téléphone, l’avocat de la fondation, Yorick Boendermaker, a affirmé être "très déçu" mais devoir étudier le jugement avant de décider d’un éventuel appel.

En février 2007, Trafigura avait conclu un accord amiable avec l’Etat ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contrepartie du versement d’une indemnisation globale de plus de 100 milliards de FCFA (152 millions d’euros).

En septembre 2009, dans le cadre d’une affaire en Grande Bretagne, Trafigura a versé l’équivalent de 33 millions d’euros pour quelque 30.000 victimes.

Une deuxième assignation en justice a été déposée en mars devant une cour néerlandaise par une autre fondation.

jhe/mbr/fjb

04:55 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Rôle des medias dans la lutte contre l’extrême pauvreté: les animateurs de presse informés et formés sur Projet Filet Sociaux Productifs

Projet Filets Sociaux Productifs.1.jpg‘’Réussir le pari de la mobilisation et de la mise en synergie, dans un processus cohérent, consultatif, participatif et inclusif, de toutes les parties prenantes du projet, dans la perspective de sa mise en œuvre efficiente, de sa pérennisation et de son extension à l’ensemble du pays afin de contribuer à la réduction du taux de pauvreté’’. Telle est la vision, du point de vue communicationnel, du Projet Filets Sociaux Productifs. Cette vision s’articule autour de deux (02) piliers qui en sont les objectifs. Il s’agit en l’occurrence de : (i) Favoriser une mise en œuvre efficiente de la stratégie de communication du projet à travers un renforcement de capacités des acteurs de mise en œuvre de ladite stratégie, (ii) Favoriser, chez les populations, les potentiels bénéficiaires et les bénéficiaires (directs et indirects), le développement d’attitudes, d’aptitudes et de comportements conformes aux attentes, traduisant leur adhésion et leur implication effective dans la phase d’exécution du projet et contribuant à sa mise en œuvre efficiente.

Aussi, dans le cadre de ses activités, entre autres la validation communautaire des listes par région et par village des ménages pré-éligibles de la phase pilote, l’enregistrement, le paiement, l’Unité de Gestion du Projet (UGP) Filets Sociaux a, sur la période du 11 au 15 novembre 2016, organisé deux (02) ateliers à l’endroit des animateurs de la presse. Ces ateliers qui se sont tenus au RAN Hôtel de Bouaké les 11 et 12 novembre 2016 pour les radios de proximité des zones de mise en œuvre du projet (Radio Phénix de Bouaké, Radio Sakassou, Radio Goli de Béoumi, Radio Man FM, Radio Denguélé, Radio Energie de Danané, Radio Mont Bian de Biankouma, Radio Bako…) et les 14 et 15 novembre 2016 pour les organes de presse du niveau central (RTI, Frat-Mat, le Patriote, le Nouveau Reveil, Notre Voix, Abidjan. net, APA NEWS, Radio Albayane, Radio Fréquence Vie…) avaient pour objectif de susciter l’adhésion et l’implication effective desdits organes de presse dans la mise en œuvre de la stratégie de communication du projet.
Au regard des enjeux de cette stratégie de communication, la mise à contribution des organes de presse invités, a consisté en l’information, la formation, la sensibilisation et la mobilisation des représentants desdits organes en vue d’une optimisation de leurs potentialités et d’une participation efficiente à la dynamique visant à renforcer la visibilité et la lisibilité du projet à travers la promotion de ses objectifs, ses procédures, ses enjeux, ses résultats, ses contraintes et ses défis.

Il s’est agi, de façon concrète, de renforcer, à travers des présentations suivies d’échanges, les capacités de 54 représentants d’organes de presse dont 34 au cours du premier atelier et 23 au cours du second. De fait, les participants auxdits ateliers ont vu leurs capacités renforcées en matière de protection sociale en général, sur la Stratégie Nationale de Protection Sociale (SNPS), particulièrement le Projet Filets Sociaux est une émanation : ses tenants et ses aboutissants, ses enjeux et ses défis, les principes qui le sous-tendent et sa stratégie de communication.

En tant qu’acteurs privilégiés de la mise en œuvre de cette stratégie de communication, l’objectif est de les associer dans une large mesure au processus d’information, de formation, de sensibilisation et de mobilisation du système bénéficiaire du projet autour de ses différentes étapes, et à travers l’adoption d’attitudes, d’aptitudes et de comportements conformes aux attentes quant à leur adhésion et contribuant à la mise en œuvre efficiente du projet. Les messages conçus à ce propos ont fait l’objet de présentation, d’explication et de discussion ayant favorisé leur bonne compréhension et leur appropriation par les participants.

Au-delà de la question du renforcement de capacités des participants, celle de la définition d’un cadre formel de collaboration a également constitué un centre d’intérêt desdits ateliers. En effet, les réflexions amorcées dans cette perspective orientent vers la mise en place et l’opérationnalisation d’un réseau d’organes de presse partenaires régit par une convention. Ce principe de réseautage a été arrêté et adopté à l’unanimité et il a été convenu que les réflexions se poursuivent afin de rendre disponible un projet de convention.
En attendant la formalisation de ce cadre de partenariat, les représentants d’organes de presse présents aux ateliers se sont engagés à amorcer la communication autour du projet à travers la diffusion des messages d’information, de formation, de sensibilisation et de mobilisation s’y rapportant à l’endroit de la population en général, et en particulier à l’endroit des potentiels bénéficiaires, des ménages bénéficiaires et des non-bénéficiaires.

Service de Communication du Projet

04:43 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

La Conférence économique africaine 2016 s’ouvre lundi à Abuja

BAD-conference- Pdt Adesina.jpgAbidjan - La 11ème Conférence économique africaine (AEC) sur le thème "Nourrir l’Afrique : vers une agro-industrialisation pour une croissance inclusive" s’ouvrira lundi à Abuja, au Nigéria, a appris mercredi l’AIP auprès de la Banque africaine de développement (BAD).

Organisée conjointement par la BAD, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette rencontre qui enregistrera la participation du président nigérian, Muhammadu Buhari, du président de la BAD, Akinwumi Adesina, du secrétaire exécutif par intérim de la CEA, Abdalla Hamdok, et du directeur du bureau régional dpour l’Afrique du PNUD, Abdoulaye Mar Dièye, cette conférence va servir de cadre à des échanges sur la transformation agricole de l’Afrique grâce à la présentation des travaux empiriques les plus récents sur les stratégies agro-industrielles à même de nourrir l’Afrique et de promouvoir une croissance inclusive, indique un avis aux médias du Groupe parvenu à l’AIP.

Cette 11ème Conférence permettra également aux participants, dont le Prix Nobel d’économie 2007, le Pr Eric Maskin, de se livrer à des réflexions critiques sur la manière dont les décideurs politiques, les partenaires au développement, le secteur privé, les organisations de la société civile et les milieux académiques devraient soutenir la planification et la mise en œuvre de ces stratégies d’industrialisation.

Le PNUD procèdera, en marge de cette rencontre internationale, au lancement du Rapport sur le développement humain en Afrique 2016, intitulé "Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique" sous la présidence du ministre nigérian du Budget et de la Planification.

Deux autres événements spéciaux, à savoir le lancement du Rapport économique sur l’Afrique 2016 et une discussion sur les aspirations des jeunes agro-entrepreneurs et les défis qu’ils rencontrent, sont par ailleurs inscrit dans l’agenda de cette 11ème Conférence de l’AEC qui s’achèvera le 7 décembre, explique-t-on.
Devenue la principale plate-forme de discussion des grandes questions d’actualité en Afrique, les objectifs de la Conférence économique africaine sont, entre autre, offrir aux jeunes chercheurs africains, aux Africains de la diaspora, aux organisations régionales et sous-régionales, l’opportunité de diffuser les résultats de leurs recherches et de partager par la même occasion ces informations avec les décideurs africains, encourager le dialogue en vue de favoriser les échanges d’idées et les réflexions innovantes entre chercheurs, praticiens du développement et décideurs africains.

kp

04:24 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

23 novembre 2016

Discours à la FAO pour la Journée mondiale de la pêche

basilica_san_pietro_sm-600x338.jpgIntervention du cardinal Parolin

Monsieur le Directeur général,
Monsieur le Cardinal,
Messieurs les Ambassadeurs et Représentants permanents,
Messieurs les Fonctionnaires de la FAO
et Représentants de la société civile
Mesdames et Messieurs les Intervenants,
Mesdames et Messieurs,

  1. Je suis reconnaissant envers le directeur général de la FAO, le Professeur José Graziano da Silva, pour ses aimables paroles de bienvenue. Je voudrais exprimer mon estime pour le travail de la FAO et pour son attention à de nombreuses questions liées au développement humain, que l’Église catholique et le Saint-Siège suivent avec attention. Je salue aussi les intervenants qui, avec leur expérience bien connue, donneront le juste relief à cet événement à l’occasion de la Journée mondiale de la pêche.

Comme nous le savons tous, le secteur de la pêche contribue de manière décisive à la sécurité alimentaire mondiale, au bien-être humain et à la prospérité économique, et il est particulièrement important pour la survie des communautés de pêche à petite échelle dans de nombreux États. Le poisson continue d’être un des produits alimentaires les plus commercialisés dans le monde entier et le travail dans ce secteur a augmenté à des rythmes plus soutenus que ceux de la population mondiale (cf. FAO, Report on The State of World Fisheries and Aquaculture 2014). La pêche emploie des millions de personnes et permet la subsistance de familles, de groupes et de communautés. Cela est particulièrement important pour les pays en voie de développement où les produits du poisson représentent souvent la moitié de la valeur totale des marchandises échangées.

Toutefois, il est nécessaire que la vision économique n’oublie pas la garantie d’un bien-être humain compatible avec la protection de l’environnement, afin de créer de la prospérité à long terme et une perspective durable pour les générations actuelles et futures. Pour ces raisons, la promotion d’une pêche et d’une aquaculture durables et responsables doit être une préoccupation fondamentale pour toutes les actions internes et internationales. Dans l’encyclique Laudato si’, nous rappelant l’importance de protéger notre « maison commune », le pape François souligne que « les océans non seulement constituent la majeure partie de l’eau de la planète, mais aussi la majeure partie de la grande variété des êtres vivants, dont beaucoup nous sont encore inconnus et sont menacés par diverses causes. D’autre part, la vie dans les fleuves, les lacs, les mers et les océans, qui alimente une grande partie de la population mondiale, se voit affectée par l’extraction désordonnée des ressources de pêche, provoquant des diminutions drastiques de certaines espèces. Des formes sélectives de pêche, qui gaspillent une grande partie des espèces capturées, continuent encore de se développer. Les organismes marins que nous ne prenons pas en considération sont spécialement menacés, comme certaines formes de plancton qui constituent une composante très importante dans la chaîne alimentaire marine, et dont dépendent, en définitive, les espèces servant à notre subsistance.» (n.40)

Comme l’indique l’introduction du Code de conduite de la FAO pour la pêche responsable, adopté il y a vingt ans, « la pêche, y compris l’aquaculture, représente une source vitale d’alimentation, de travail de temps libre, de commerce et de bien-être économique pour les personnes dans le monde entier, pour les générations actuelles comme pour les générations futures et doit par conséquent être menée de manière responsable ». Malheureusement, dans de nombreuses régions, un niveau insoutenable d’exploitation a été atteint et les interventions de la Communauté internationale, y compris à travers le Code de conduite mentionné, ont substantiellement empêché que la situation n’empire.

  1. Il y a cependant une autre perception plus directement humaine et, j’oserais dire, humanitaire, en suivant les plus récents critères exprimés par le Sommet d’Istanbul en mai dernier, qui préoccupe le Saint-Siège et, je crois, toutes les personnes qui voient avec sagesse la pêche comme une ressource importante pour l’avenir de la famille humaine.

Deux siècles après l’abolition de la traite transatlantique des esclaves, au moins 20,9 millions de personnes continuent de travailler sous la contrainte, en grande partie dans l’économie informelle et illégale (cf. ILO, Global estimates 2012). Environ 90 pour cent du travail forcé, aujourd’hui, est imposé par le secteur privé, surtout dans les activités à haute intensité de main-d’œuvre, comme la pêche. L’étude et le travail des Organisations internationales compétentes – je me réfère en particulier à la FAO et à l’OIL, mais sans négliger les organisations de la société civile – soulignent que la pêche et l’aquaculture sont devenues des activités mondiales qui emploient un grand nombre de travailleurs, souvent déjà rendus vulnérables parce que migrants, victimes de la traite ou du travail forcé.

Les travailleurs, embauchés à travers des agences de travail, vivent constamment la précarité de l’emploi puisque leurs contrats, en général, vont de cinq à six mois. La même précarité est vécue par les travailleurs embauchés par les coopératives, du moment que l’une des conditions pour rester dans la coopérative est d’y rester employé alors qu’à chaque échéance du contrat il n’y a aucune garantie d’être réembauché.

Les travailleurs embarqués sur des bateaux de pêche sont effectivement isolés pendant de longues périodes, privés non seulement de garanties contractuelles mais aussi des droits les plus fondamentaux. Les bateaux de pêche, en particulier ceux qui sont utilisés dans la pêche en haute mer, ont une capacité de plus en plus grande de rester en mer pendant de longues périodes, même pendant plusieurs années. Plutôt que d’accoster régulièrement, ces embarcations peuvent « transborder » le poisson capturé et se refournir en carburant à travers des embarcations plus petites. Pour les équipages, cela signifie vivre dans des conditions dégradantes, dans des espaces restreints, presque en détention, sans documents, qui ne leur sont restitués que rarement après de longues périodes de travail forcé et sous-payé.

Tout cela peut signifier que l’équipage de ces navire n’a pas accès aux ports et n’est donc pas en mesure de fuir, d’empêcher les abus ou de demander assistance. En outre, à bord des bateaux, les travailleurs ont rarement la possibilité de communiquer avec le monde extérieur. Les téléphones portables sont hors de portée des signaux ou il leur est interdit d’utiliser d’autres moyens de communication de bord tels que la radio ou les téléphones satellitaires. Au fond, nous sommes devant des personnes privées de leur identité, avec un bas salaire et qui, si elles étaient libres, ne sont pas en mesure de reconstruire leur vie parce qu’elles sont victimes d’un véritable système d’esclavage. Cette situation est aggravée dans le cas de la pêche illégale, non déclarée et non règlementée.

Nous ne devons pas oublier que le secteur industriel du travail de la pêche continue de s’intéresser à ce qu’on appelle le travail « informel » plutôt qu’à des formes typiques de contrats avec des embauches régulières, sans échéance déterminées et avec des conditions qui prévoient les garanties sociales minimum. Les travailleurs employés à travers des intermédiaires ou des agents de main-d’œuvre, vivent constamment dans la précarité du travail qui se caractérise par des contrats limités dans le temps et uniquement gérés par les donneurs de travail.

Nous sommes témoins d’une situation face à laquelle la Communauté internationale et ses institutions font tous leurs efforts pour établir et développer des solutions spécifiques afin d’éliminer le travail forcé de la chaîne mondiale de la production. Je pense au nouveau Cadre de politique stratégique, adopté par l’ILO en 2010 ou aux récentes décisions du Comité de la pêche de la FAO sur les activités illicites liées au secteur de la pêche.

Les conventions de l’ILO, en particulier la Convention de travail forcé, 1930 (n° 29) et la Convention sur le travail dans la pêche, 2007 (n° 188), l’Accord de la FAO sur les mesures de l’État du port, adopté en 2009 et aujourd’hui en vigueur, le Code de conduite pour une pêche responsables et les Lignes-guides volontaires pour la protection de la petite pêche durable dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’élimination de la pauvreté de 2014, fournissent d’importantes indications et des moyens réels pour chercher à endiguer ce phénomène. Reste cependant le problème de leur mise en œuvre effective et donc de la bonne volonté des différentes parties impliquées.

  1. Face à ces défis, le Saint-Siège considère comme fondamental de développer, en particulier, les capacités de surveiller, d’identifier et de sauver les pêcheurs victimes de la traite, du trafic et de traitements dégradants. Les normes actuelles du droit international nous imposent d’aller au-delà des raisons pour lesquelles les personnes s’adressent à des contrebandiers et des trafiquants. Non avons non seulement le devoir moral de donner d’autres opportunités aux personnes, mais aussi un devoir contraignant de leur fournir une autre possibilité.

Une première réponse pratique peut être représentée par des mesures légales plus strictes et par des procédures de mise en œuvre dont peuvent bénéficier les migrants qui travaillent dans le secteur de la pêche, afin de fuir le trafic et la traite des êtres humains. Il serait possible de donner l’importance nécessaire aux résultats du Forum de Bali de mars 2016, qui ne peuvent être limités à la seule région du sud-est asiatique, du moment que nous sommes face à un phénomène enraciné dans toutes les zones et les régions. Cela aidera à éliminer les affaires illicites de contrebandiers et de trafiquants.

Au niveau intergouvernemental, ensuite, il faut reconnaître que les Agences spécialisées des Nations Unies, ainsi que les autres Organisations internationales, ont maintenant la capacité de prévoir des alternatives durables ; il suffit de penser à l’hypothèse de visas humanitaires, au visa de brève durée, aux visas pour les travailleurs saisonniers. La législation sur les visas, en général, n’a pas réussi à suivre le rythme des changements de la technologie, avec la révolution numérique et avec le progrès qui change et qui a changé le monde ces dernières années.

Les pays d’origine, ensuite, ont la responsabilité de faciliter la mobilité du travail intra-régional pour ceux qui cherchent de meilleures conditions de vie. Cela peut signifier garantir des politiques en matière d’immigration par rapport aux obligations établies dans l’article 18 du Protocole à la Convention de Palerme sur la criminalité organisée transnationale en matière de prévention, de répression et de persécution de la traite et du trafic des êtres humains. De telles dispositions demandent à l’État de faciliter et d’accepter le retour des victimes de la traite et du trafic, qui sont ses citoyens ou qui avaient un droit de séjour permanent sur son territoire en tant que droit acquis au moment de leur entrée dans cet État dans le respect de sa législation nationale.

En renforçant la gestion humanitaire des frontières, nous serons en mesure de garantir des frontières sûres, libres des abus de la traite et du trafic d’êtres humains, fournissant un accès à la protection pour ceux qui y ont droit, comme dans le cas des pêcheurs soumis au travail forcé. Cette approche aurait aussi l’avantage de distinguer entre criminels et victimes, de manière objective et complète. C’est pourquoi, il faudrait considérer un ensemble d’options en faveur des pêcheurs forcés, identifiés comme des personnes qui ne possèdent aucune protection internationale ou qui n’ont pas de droit de séjour. Ces options devraient comprendre aussi une assistance pour les aider à rentrer volontairement chez eux, avec un soutien financier pendant la phase de réinsertion.

Comme nous le rappelle le pape François, « les migrants sont nos frères et sœurs qui cherchent une vie meilleure loin de la pauvreté, de la faim, de l’exploitation et de l’injuste distribution des ressources de la planète qui devraient être équitablement partagées entre tous. N’est-ce pas le désir de chacun d’améliorer ses conditions de vie et d’obtenir un honnête et légitime bien-être à partager avec ses proches ? » (Message pour la journée des migrants 2016).

  1. En répondant aux exigences d’un monde qui change et qui est constamment à la recherche de justice, de solidarité, de dignité et de respect des droits de chaque personne, en particulier des plus faibles et des plus vulnérables, chacun de nous est appelé à donner sa contribution, proportionnellement à ses capacités, pour libérer les esclaves du commerce humain pratiqué aujourd’hui à une échelle mondiale. Ce n’est qu’en travaillant ensemble, avec nos efforts conjoints, que nous serons en mesure de briser la chaîne de l’exploitation évidente qui influence les activités de pêche dans de nombreux pays et que nous pourrons dénoncer qu’elle contient tous les éléments d’un véritable crime contre l’humanité selon le droit international.

Nous devons le faire en nous concentrant sur trois objectifs fondamentaux : les aides pour les pêcheurs exploités et dégradés, afin de faciliter leur réhabilitation et leur réinsertion ; le respect, de la part des États et des gouvernements, des normes internationales en vigueur en matière de pêche et, en particulier, sur le travail dans le secteur de la pêche ; la lutte contre le trafic et la traite avec des moyens, y compris des mesures coercitives, capables d’imposer l’état de droit et les standards sur les droits humains. L’objectif final est de préserver la légalité aussi sur les mers qui, depuis des siècles, est un signe de liberté et de civilisation.

Le Saint-Siège est très proche des Organisations internationales comme la FAO et l’ILO qui promeuvent ces objectifs et, à travers les institutions de l’Église catholique dans les différents pays, il est prêt à contribuer à cet effort. Un objectif qui, dans la vision chrétienne, signifie œuvrer pour « rendre la liberté aux opprimés » (Lc 4,18-19).

Merci pour votre attention.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

16:43 Publié dans Economie, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |