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09 janvier 2017

L’internet est ‘’incontournable’’ dans le processus de ‘’démocratisation’’ en Afrique (Abdoulaye Bathily)

Abdoulaye Bathily.JPGAbidjan (Côte d’Ivoire) - L’internet est ‘’incontournable aujourd’hui’’ dans le ‘’processus de démocratisation’’ en Afrique, a souligné, l’ex-ministre Sénégalais Abdoulaye Abdoulaye Bathily qui a présenté, vendredi, à Abidjan les motivations de sa candidature au poste de Président de la Commission de l’Union africaine (UA).

Face à la presse nationale et internationale, Abdoulaye Bathily a expliqué les raisons de sa candidature à ce poste de l’UA. ‘’Je suis candidat en droite logique de mon engagement pour l’Afrique (…) Je suis candidat parce que j’ai pris conscience de l’unité du continent’’, a-t-il expliqué, précisant que ‘’ce n’est pas une candidature fortuite, ni de circonstance’’.

Les changements climatiques qui assaillent le continent, le phénomène de l’immigration clandestine, l’intégration socio-économique, le financement autonome du continent et la libre circulation des personnes et des biens, sont entre autres les problèmes auxquels Abdoulaye Bathily veut apporter une ‘’contribution’’ dans le règlement. ‘’L’Afrique doit faire face à ces problèmes, l’Afrique a besoin de quelqu’un pour parler de ces questions d’une voix autorisée et crédible’’, a-t-il estimé.

Parlant de la démocratie en Afrique, il a relevé que ‘’ce n’est pas la guerre froide qui a initié le processus de démocratisation’’ sur le continent. ‘’En Afrique de façon ininterrompue les forces vives ont lutté pour la démocratisation, le multipartisme. Nous sommes dans une phase de transition sur le continent’’, a poursuivi Abdoulaye Bathily, indiquant que ‘’nulle part cette transition n’est achevée’’.

Pour lui, l’Afrique a un rôle important à jouer pour restaurer son image, pour ne pas être vue comme un continent du désespoir, des gens affamés qui n’ont d’autres alternatives que d’aller prendre le pain des autres.

‘’La démocratie avance avec une vitesse inégale d’un pays à un autre. Sur le continent africain, les peuples se sont réveillés’’, a-t-il ajouté, déplorant qu’il ‘’y a une tentative de nous faire reculer en arrière’’.

‘’Ce qui se passe en Gambie en est un exemple. Il faut simplement souhaiter que le bon sens va triompher et qu’on évitera la casse’’ dans ce pays, a souhaité Abdoulaye Bathily qui ‘’pense que les alternances démocratiques sont inévitables’’.

‘’Nous sommes à l’ère de l’internet. Plus personne ne peut gouverner sans tenir compte de ces réalités du monde d’aujourd’hui. Les jeunes sont formés. Ils savent ce qui se passe dans le monde, comment ils sont gouvernés. Donc on gouverne à ciel ouvert. C’est un facteur incontournable aujourd’hui du processus de démocratisation’’, a soutenu M. Bathily, par ailleurs Professeur d’histoire.

La presse de manière générale, a-t-il ajouté, ‘’tous les jours, nous rappelle des choses qui plaisent où qui ne plaisent pas à telle catégorie de citoyen. Ca aussi, c’est la démocratie. Donc ça oblige les uns et les autres à prendre en compte tout cela’’.

‘’Nous allons vers une gouvernance de plus en plus éclairée. Maintenant il faut éviter que ce processus soit entaché de l’arme et du sang en permanence’’, a conclu le candidat au Poste de président de la Commission de l’Union Africaine.

Les chefs d’Etat africains réunis au 27è sommet de l’Union africaine (UA) à Kigali en juillet dernier, ne sont pas parvenus à désigner un successeur à la présidente de la Commission, Nkosazana Dlamini-Zuma. Cette élection est prévue à fin janvier au siège de l’institution à Addis Abbeba (Ethiopie).

LS, APA

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08 janvier 2017

Climat et sécurité alimentaire : une convention de financement FAO-Côte d’Ivoire pour l’atteinte des objectifs

FAO Signature-convention-CI-FAO.jpgAbidjan - Le ministère de l’Environnement et du Développement durable de Côte d'Ivoire et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont conclu, jeudi à Abidjan, une convention de financement du projet pour la contribution à l’atteinte des objectifs liés au changement climatique et à la sécurité alimentaire.

"La signature de ce projet vise à renforcer les capacités de la Côte d’Ivoire face aux effets visibles du changement climatique, principalement dans la filière du riz », a expliqué le représentant de la FAO en Côte d’Ivoire, Germain Dasylva.

Ce projet, doté d'un budget d'environs 126 millions F FA, sera exécuté en synergie avec d’autres initiatives. Il s'agit notamment deux projets régionaux, en cours de mise en œuvre par les deux parties, portant sur le renforcement des capacités et de partage d’expériences pour le développement durable de la chaîne de valeur du riz en Afrique, grâce à la coopération sud-sud et l’appui à la transition vers des systèmes alimentaires basés sur l’agriculture.

Le ministre ivoirien de l’Environnement et du Développement durable, Allah Kouadio Remi, s’est pour sa part félicité de ce partenariat qui se présente comme "un appui concret des institutions des Nations Unies à la mise en œuvre de l’accord de Paris dans notre pays".

L’impact de ce projet, selon le ministre, est de contribuer à l’adaptation du secteur vivrier aux changements climatiques via la promotion de pratiques d’agriculture intelligente face au climat en Côte d’Ivoire, pour assurer la sécurité alimentaire dans le pays.

"L’accent sera mis (dans le cadre de cette initiative) sur la filière du riz qui est l’une des denrées alimentaires les plus consommées en Côte d’Ivoire par toutes les catégories de la population", a-t-il indiqué.

Le projet est prévu pour une durée de 18 mois.

tg/tm

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07 janvier 2017

Côte d’Ivoire : le président Ouattara annonce donner son accord aux revendications des mutins

Le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé samedi 7 janvier avoir donné son accord à des revendications de certains soldats, après des mutineries qui se sont étendues dans de grandes villes du pays, dont Abidjan.

« Je confirme mon accord pour la prise en compte des revendications relatives aux primes et à l’amélioration des conditions de vie des soldats », a-t-il affirmé, dans une déclaration télévisée. Il a également demandé « à tous les soldats de regagner leurs casernes pour permettre l’exécution de ces décisions dans le calme. »

Un conseil des ministres extraordinaire a démarré samedi en fin de journée à Abidjan, au retour du chef de l’Etat, qui était au Ghana, à l’investiture du nouveau président, Akufo-Addo.

Le ministre ivoirien de la défense, Alain Donwahi, était en discussion, samedi dans l’après-midi, avec les représentants des mutins à Bouaké (centre du pays). Cette rencontre avait été différée dans un premier temps alors que, dans d’autres grandes villes du pays, le mouvement se généralise.

Un mouvement étendu à plusieurs grandes villes

Le mouvement d’humeur s’est également emparé de Man, la plus grande ville de l’ouest du pays. Selon l’agence de presse Reuters et des sources locales de la BBC, les mutineries ont également commencé à toucher la capitale économique du pays, Abidjan. Les mutins ont fait feu sur les bâtiments de l’état-major de l’armée, avant de s’engouffrer dans ceux du ministère de la défense, qui se situent juste en face.

En fin d’après-midi, l’AFP, citant des sources concordantes, a fait état de tirs entendus dans un camp militaire d’un quartier chic de la capitale économique ivoirienne. « Des tirs ont été entendus ici à Abidjan à la caserne d’Akouédo », a affirmé un présentateur lors d’un flash d’informations sur la télévision nationale. Des militaires ont bloqué l’accès à un grand carrefour situé à proximité de ce camp et desservant plusieurs quartiers, provoquant d’importants embouteillages, selon des journalistes de l’AFP.

« Nous avons l’impression de revivre septembre 2002 »

A Bouaké, le ministre de la défense, Alain Donwahi, est arrivé par avion samedi 7 janvier, pendant que son cortège terrestre restait bloqué par des insurgés à l’entrée sud de la ville, raconte un témoin. Le signe d’une tension perceptible dans une zone, qui a passé une première nuit sous le contrôle des mutins, au rythme des rafales de kalachnikov, des rodéos de soldats encagoulés. Le mouvement ne dispose pas encore de visage.

« Nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit. Nous avons l’impression de revivre septembre 2002 (début de la précédente rébellion armée dans le pays). Ils font la loi, ne s’en prennent à personne, mais on ne sait pas quand tout cela va finir », explique, au téléphone, Berthé Fofana, enseignant à Bouaké.

Lors de son intervention télévisée, vendredi soir, le ministre de la défense a expliqué que les revendications des soldats étaient d’ordre corporatiste. « Ils réclament l’augmentation de salaires, la réduction du temps passé dans les grades et les éclaircissements à propos d’une supposée prime [ECOMOG] », a dit le ministre. « Si les revendications sont fondées, nous ferons face », a promis Donwahi, appelant les mutins à retourner dans les casernes.

Pas de violences à l’égard des populations

Mais une fois à Bouaké, le ministre a pu se rendre compte que son message n’avait pas été entendu. Pas plus que dans les villes de Daloa et Korhogo, passées sous le contrôle des mutins. Commerces, banques et écoles sont fermés. A Odienné et Daoukro, ville de l’ancien président Henri Konan Bédié, le calme est revenu après une manifestation de militaires.

Samedi, des camps militaires, comme celui d’Akouédo (est d’Abidjan), plus grand camp du pays et de Tai (ouest, frontière du Liberia) ont tenu à se signaler en tirant des rafales en l’air. Toutefois, les mouvements demeuraient sans violence à l’égard des populations.

A Abidjan, la peur s’est emparée progressivement de la ville. « Nous vaquons à nos occupations, sans trop aller loin de la maison. On voit les forces de l’ordre en patrouille pour nous rassurer, mais en Côte d’Ivoire, nous savons que tout peut aller vite. On reste donc prudents », confie, tremblante, Aline Bilé, une étudiante.

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Côte d'Ivoire : les mutineries s'étendent dans tout le pays

Mutinerie Bouaké.jpgLes soldats réclament une revalorisation de leur solde ainsi que le paiement de primes. Vendredi soir, certains ont pris le contrôle de Bouaké, la deuxième ville du pays.

La situation s'envenime en Côte d'Ivoire. Les mutineries de soldats, qui réclament une revalorisation de leur solde ainsi que le paiement de primes, se sont étendues, samedi 7 janvier, jusqu'à gagner Abidjan, la capitale économique du pays.

Samedi après-midi, la présence de mutins a été signalée à l'intérieur du ministère de la Défense, à Abidjan, au moment où le ministre Alain-Richard Donwahi se trouvait à Bouaké, d'où est parti le mouvement de revendication, pour "écouter et trouver une solution" avec les chefs des mutins.

"Il y a de nombreux tirs en l'air à l'intérieur du ministère de la Défense", a déclaré un diplomate témoin de la scène, qui a ajouté que des mutins avaient également pénétré à l'intérieur du quartier général de l'armée.

Prise de Bouaké, deuxième ville du pays

Des soldats se sont emparés vendredi de Bouaké, la deuxième ville de Côte d'Ivoire, et la contestation s'est depuis propagée à au moins quatre autres localités. A Bouaké, ville d'un demi-million d'habitants où les mutins ont établi des barrages vendredi pour empêcher l'arrivée de renforts dépêchés par le gouvernement, de nouveaux tirs ont éclaté samedi vers 6 heures du matin (7 heures, heure de Paris) avant de s'estomper dans la matinée.

Des coups de feu nourris ont été entendus dans la nuit à Khorogo dans le nord et à Bouaké samedi matin. Des fusillades ont également été signalées à Man dans l'ouest, à Touleupleu et à Abidjan où sont situés les administrations et le parlement.

D'anciens membres des Forces nouvelles à la manœuvre

A Abidjan, un journaliste de Reuters a vu des forces loyalistes, notamment des soldats de la Garde présidentielle, prendre position aux abords des trois ponts qui enjambent le lagon séparant le nord et le sud de la ville.

"Des coups de feu ont aussi éclaté dans notre caserne", a déclaré un soldat du complexe militaire d'Akouedo situé dans un quartier résidentiel d'Abidjan. Les raisons de ces tirs n'ont pas été clairement établies mais un soldat mutin a expliqué que des mouvements suspects avaient été observés à l'extérieur de la caserne locale.

Un journaliste de Reuters qui s'est rendu à Bouaké et a pu rencontrer certains mutins a précisé que la plupart étaient des soldats du rang ainsi que des combattants démobilisés. La majorité semblait être d'anciens membres des Forces nouvelles, mouvement qui avait mené une rébellion et fait de Bouaké sa capitale de fait de 2002 jusqu'à la fin de la guerre civile en 2011.

Révolte "compréhensible mais déplorable"

Le président Alassane Ouattara a tenu une réunion de crise vendredi soir avec le ministre de la Défense et les responsables des forces armées. Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le ministre de la Défense a appelé les soldats "à garder leur calme et à rentrer dans les casernes en vue de permettre la recherche de solutions durables""Nous allons discuter avec nos hommes, recueillir leurs préoccupations et trouver des solutions à cette situation", a-t-il ajouté à l'issue de la réunion d'urgence.

Il a estimé que la révolte était "compréhensible mais déplorable. Déplorable pour l'image de notre pays et pour le travail qui a été fait par le Président de la République depuis la sortie de crise".

http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/cote-d-ivoire-les-mutineries-s-etendent-dans-tout-le-pays_2006383.html

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03 janvier 2017

«Bien mal acquis» : le train de vie fastueux du fils du Président guinéen

Theodorin Obiang.jpgLe tribunal correctionnel de Paris dira demain s'il reporte ou non le procès de Teodorin Obiang, le fils du Président de Guinée équatoriale, accusé de s'être frauduleusement bâti en France, en détournant des fonds publics, un patrimoine considérable. C'est sur cette question qu'ont porté hier les débats de ce premier procès des «biens mal acquis».

Hier, premier jour d'audience, les débats ont donc été principalement consacrés à la demande des avocats du fils du Président de Guinée équatoriale, qui veulent un délai pour préparer la défense de leur client.

 

Demande à laquelle le parquet national financier comme l'avocat de l'association Transparency International, William Bourdon, qui avait porté plainte en 2007, se sont vigoureusement opposés, dénonçant des manœuvres «dilatoires».

La présidente du tribunal a, quant à elle, insisté sur l'impact d'une décision rendue le 7 décembre dernier par la Cour internationale de justice. Si elle n'a pas suspendu la procédure contre Teodorin Obiang, comme le demandait la Guinée équatoriale, elle a prié d'assurer l'inviolabilité de l'immeuble luxueux du fils du vice-président équato-guinéen, présenté comme des locaux diplomatiques.

Cette décision interdirait l'exécution d'une éventuelle mesure de confiscation, encourue par le prévenu.

Ancien ministre de l'Agriculture et des forêts, promu fin juin par son père Teodoro Obiang Nguema vice-président de ce petit pays pétrolier d'Afrique centrale, Teodorin Obiang est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d'abus de confiance et de corruption.

De l'argent du Trésor public

L'enquête, ouverte après des plaintes des associations Sherpa et Transparency International, a mis au jour le patrimoine considérable de Teodorin Obiang, 47 ans : outre le fameux immeuble de l'avenue Foch, situé dans l'un des quartiers les plus huppés de Paris et estimé à 107 millions d'euros, y figurent des voitures de luxe et de sport (Porsche, Ferrari, Bentley, Bugatti).

Ses dépenses somptuaires en France étaient très éloignées du quotidien de son pays du golfe de Guinée, dont plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Quand il est à Paris, Teodorin Obiang, éternel célibataire au look savamment étudié (lunettes noires, cheveux gominés, barbe taillée), dépense des mallettes entières de liquide chez les couturiers de l'avenue Montaigne. Dans ses appartements de l'avenue Foch, les robinets sont recouverts de feuilles d'or, le maître des lieux dispose d'un hammam, d'une salle de sport, d'une discothèque, d'un salon de coiffure, d'une salle de cinéma.

Au terme de l'instruction, les juges ont estimé qu'il s'est bâti son patrimoine en France en y investissant le produit «des détournements de fonds publics», de la corruption.

Le fils du président équato-guinéen «a toujours dit qu'il a gagné légalement son argent dans son pays», assure Me Marsigny, l'un de ses défenseurs.

Entre 2004 et 2011, près de 110 millions d'euros provenant du Trésor public de Guinée équatoriale sont venus créditer le compte personnel de Teodorin Obiang, selon les juges d'instruction.

Les enquêteurs estiment qu'il avait imposé une «taxe révolutionnaire» sur le bois, dont le paiement, au nom de la Somagui Forestal, devait lui être directement remis. Cette entreprise est chargée de l'exploitation du bois précieux qui représente avec le pétrole l'une des principales richesses du pays.


Il a multiplié les recours

Teodorin Obiang a multiplié les voies de recours. Mis en examen en 2014, il a essayé en vain de faire annuler les poursuites à son encontre, invoquant son statut à l'époque de deuxième vice-président de Guinée équatoriale, qui octroyait à ses yeux une immunité.

Mais la Cour de cassation avait estimé que les faits reprochés avaient été commis à «des fins personnelles», relevant de sa vie privée et donc détachables des fonctions étatiques protégées par la coutume internationale. L'affaire des «biens mal acquis» dépasse en tout cas le cas Obiang. La justice française enquête également sur les patrimoines bâtis en France par les familles de plusieurs autres dirigeants africains, celle de Denis Sassou Nguesso (Congo), du défunt Omar Bongo (Gabon).

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15 décembre 2016

Les conflits en cours continuent d'aggraver l'insécurité alimentaire, selon la FAO

Agriculteur mais Lesotho.jpgLes conflits civils et les chocs liés aux conditions météorologiques ont fortement pesé sur la sécurité alimentaire en 2016, faisant augmenter le nombre de personnes ayant besoin d'une assistance alimentaire, selon un nouveau rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

La nouvelle édition du rapport «Perspectives de récolte et situation alimentaire», publiée jeudi, souligne que 39 pays ont besoin d'une aide extérieure pour couvrir leurs besoins alimentaires.

Alors que les perspectives sur les approvisionnements céréaliers dans le monde s'améliorent en raison de conditions de croissance favorables pour les cultures, les séquelles des dernières sécheresses persistent, tout comme les effets négatifs ressentis suite aux conflits.

Les prévisions agricoles suggèrent que les prochaines récoltes de grains seront bonnes mais que la faim va probablement s'intensifier dans certaines régions et ce, pendant les saisons maigres, avant que les nouvelles cultures n'arrivent à maturation. En Afrique australe, où les effets du phénomène El Niño ont fortement contribué à réduire la production agricole en 2016, le nombre de personnes ayant besoin d'une assistance extérieure de janvier à mars 2017 devrait augmenter de manière significative, comparé à la même période l'année précédente. Le rapport indique que les retards de croissance sont «beaucoup plus répandus» dans les zones connaissant des troubles telles que Madagascar, le Malawi et le Mozambique.

Dans certaines régions, les stocks de semences de céréales et de légumes, devenus inadéquats à la suite de deux récoltes insuffisantes et consécutives, pourraient limiter les campagnes de semis. La FAO et les gouvernements travaillent à la mise en œuvre de programmes de soutien agricole visant à améliorer l'accès aux intrants agricoles essentiels.

Les conflits jettent une ombre sur la sécurité alimentaire

Afin de faciliter la planification d'une intervention humanitaire, le rapport identifie les causes premières des crises alimentaires locales. Cela va du déficit exceptionnel de la production agricole au manque d'accès généralisé (en raison des faibles revenus, des prix élevés ou des perturbations des réseaux de distribution), en passant par les effets du conflit sur les conditions de sécurité alimentaire locale.

Les conflits civils et leurs conséquences, y compris les mouvements de réfugiés qui pèsent sur les pays d'accueil tels que le Cameroun et le Tchad, sont cités par 21 des 39 pays concernés. Les conflits généralisés peuvent conduire à la perte et à la diminution des moyens de production des ménages, comme cela est le cas en République centrafricaine, et à des problèmes de sécurité qui auront pour effet de freiner les activités agricoles, à l'image du Soudan du Sud. Dans certaines zones du pays, les récoltes, bien que meilleures, vont probablement avoir un effet éphémère en raison du conflit en cours, qui limite la pratique des activités agricoles, posant ainsi davantage de risques pour les communautés les plus vulnérables.

En Syrie, 9,4 millions de personnes ont besoin d'une assistance alimentaire, en raison de la poursuite du conflit civil. Cette année, le niveau de la production de blé devrait être environ 55% moins important que celui précédant la crise. Selon le rapport, le conflit en cours au Yémen a clairement contribué à faire augmenter le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire, dépassant largement l'évaluation de juin qui les estimaient à 14,2 millions.

Les tendances agricoles appelées à s'améliorer après une année 2016 difficile

En 2016, les sécheresses et les effets climatiques induits par le phénomène El Niño ont provoqué d'importantes pertes de récoltes dans plusieurs pays. L'ensemble de la production céréalière africaine a baissé en 2016 malgré quelques gains sous-régionaux, notamment en Afrique de l'Ouest et dans la région sahélienne, qui est en passe de battre un record avec sa production céréalière. En Afrique australe, la production de maïs a connu une forte baisse, menaçant gravement les conditions de sécurité alimentaire.

Les faibles récoltes ont entraîné une forte hausse des prix de l'incontournable maïs au Malawi, où 6,5 millions de personnes devraient vraisemblablement se retrouver en situation d'insécurité alimentaire lors de la prochaine saison maigre. D'un point de vue positif, avec la fin du phénomène El Niño, les estimations préliminaires font état d'une hausse de 27% des semis de maïs pour la campagne agricole sud-africaine de 2017, de loin le plus grand producteur de la région.

Alors que la plupart des pays d'Asie ont bénéficié de productions agricoles plutôt généreuses en 2016, notamment grâce à une nette relance en Inde, l'impact des conflits toujours en cours dans les pays du Proche-Orient continue d'amoindrir la production agricole et ce, malgré des conditions climatiques globalement favorables pour les cultures céréalières de base.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, un rebond de la production en Amérique centrale en 2016 serait apprécié, après des rendements diminués par la sécheresse l'année précédente, tandis que la campagne de semis de 2017 en Amérique du sud devrait bien démarrer après avoir enregistré une baisse des récoltes en 2016, due en grande partie aux sécheresses qui ont sévi en Bolivie, au Brésil et au Paraguay.

Les 39 pays ayant actuellement besoin d'une aide alimentaire extérieure sont : l'Afghanistan, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, la République populaire démocratique de Corée, la République démocratique du Congo, Djibouti, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Guinée, Haïti, l'Irak, le Kenya, le Lesotho, le Liberia, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Birmanie, le Népal, le Niger, le Nigéria, le Pakistan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, le Swaziland, la Syrie, l'Ouganda, le Yémen et le Zimbabwe.

Centre d'actualités de l'ONU

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