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10 mai 2012

Le deuil fécond de Bernard ZADI ZAOUROU, que d'émotions!

 

                                          Exposé de conférence.

 

 

 

Dr Toh Bi Tié Emmanuel.jpgJe ne suis pas la voix qui détiendrait le monopole de l’intimité de Bernard ZADI Zaourou. D’autres personnes, et c’est avéré, peuvent se targuer d’avoir investi sa quotidienneté. Je les envie. Je n’ai pas non plus la prétention de connaître les moments forts et épiques de la vie universitaire de Bernard ZADI. Je dois, peut-être, avoir la probité intellectuelle de reconnaître que l’historicité mouvementée et polymorphique de l’homme peut m’échapper et, même, m’échappe en bien de ses points. Les différences d’âge et d’envergure créant un certain fossé entre l’illustre personnage et moi. Je suis un lien ou une composante certainement négligeable dans le sérail et l’architecture des connaissances de Bernard ZADI. A tout le moins, j’ai le droit de pleurer. Comme tout Ivoirien qui dit avoir quelque affectivité avec Bernard ZADI a le droit de pleurer. Et l’occasion actuelle en fait office. Pleurer en guise d’une cure urgente pour sauver mon psychisme lourdement peiné. C’est une question de survie.

 

De toute évidence, les jets de pleur qu’un sujet éperdu, psychologiquement sonné peut émettre à l’occurrence d’un décès, sont stimulés par le souvenir de la première rencontre avec le défunt. Pour la première fois, j’ai rencontré Bernard ZADI dans des conditions insolites. Non autour d’un café, non à un cours, non à la faveur d’une approche personnelle, non à la faveur d’une présentation. Je dis que je l’ai rencontré pour la première fois dans des conditions insolites, c’est-à-dire, dans un univers symbolique ayant mis en jeu la découverte entre deux individus, l’un, physique-humain (ma personne) et l’autre, une idole d’écriture à moi révélée, surgissant, de façon tonitruante, dans mes sens et me sollicitant pertinemment. C’était en maîtrise en 1997 et 98, à la seule lecture de la préface de Maïéto pour Zékia de Joachim BOHUI DALI, réalisée par le grand magister. J’étais subjugué par le charme de l’écriture qui, à la vérité, n’était plus une écriture, mais un culte, à l’image d’un dévot instrumentalisé à la déraison par son dieu. Je me réjouis de le lui avoir confessé plus tard à notre rapprochement, dans la dialectique Enseignant-enseigné, Maître-disciple. Je me suis donné souvent le luxe de lui citer quelques extraits de la préface, à son grand plaisir, tout naturellement. Je suis un disciple scientifique du maître. Et au compte des disciples scientifiques du maître, nous sommes une légion. Par disciples scientifiques, j’entends tous ceux dont ZADI a encadré les travaux de recherche. Moi aussi, ZADI a encadré mon projet de thèse et ma thèse. Et quand plus tard, ma personne d’écrivain-poète a pris une forme publique, il m’a dit : « TOH  BI, je savais que tu en arriverais là. Etant ton maître et ton père, j’en avais eu le discernement. Tu verras, maintenant que tu as commencé à enseigner, tu pourras deviner le destin de chacun de tes étudiants à partir d’une intuition issue de leurs aptitudes et entrains. »

 

Ces propos retentissent encore en moi comme le tempo d’une trompette dans les grandes cérémonies d’Etat. Et depuis, mon grand maître n’a eu de cesse de me témoigner son soutien et sa sympathie en honorant de sa présence toutes mes cérémonies littéraires.

 

J’ai appris le décès de ZADI, non dans la presse mais par coups de fil. C’était le Mardi 20 Mars dernier à 11h30mn. Pendant que j’étais à mon domicile à BOUAKE, en compagnie d’un collègue. Nous avons été appelés d’Abidjan, par d’autres collègues qui nous communiquèrent la triste nouvelle, et c’était l’émotion, au seuil du dérèglement mental. Aussitôt, j’ai appelé au domicile du défunt. Ma source confirme la nouvelle. Mais je ne croyais pas encore. Du moins, je m’en efforçais. Et quand dans l’après-midi, j’ai été appelé par un organe de presse pour recueillir ma réaction à chaud, j’ai compris que la nouvelle était classée, rangée, officielle, et que je devrais m’en tenir à l’évidence et m’en accommoder.

 

Que retenir de Bernard ZADI ZAOUROU ?

 

La personnalité d’un individu s’appréhende en trois points : Son physique, son être et son faire.

 

Physiquement, ZADI était beau comme Appolon de la mythologie grecque. Mais, je dois réaliser que la beauté même a plusieurs vocations. Il y a une beauté pour la femme de séduction, il y a une beauté pour l’homme ou la femme de spectacle, il y a une beauté pour un Don Juan, il y a une beauté de prestance pour l’homme politique. De la même façon, il y a une beauté pour l’homme du savoir ou pour l’érudition, tout simplement. ZADI a une beauté physique pour son érudition. C’est que son aspect, quand il vous captive, vous impose en même temps le savoir qu’il prêche. Tant et si bien que ZADI a une beauté notamment claironnante quand il est en acte de prédicateur. Tout se passe comme si, quand le magister prend la parole, le savoir qui s’en échappe lui polit un aspect physique qui vous soumet religieusement. Donc, ZADI est beau et sa beauté a l’entrain de ce qu’il dit. Le calembour prédestiné de son nom Bottey est divinement évocateur de la réalité vécue. On peut retenir de cette petite métaphysique que la beauté physique de ZADI, à laquelle s’adjoint une beauté de l’esprit, harmonieuse, lui confère une personnalité brillamment médiatique.

 

Pour son être, ZADI ZAOUROU est humain. Sa notoriété ne lui a jamais ôté son humilité. Ceux qui l’ont fréquenté le savent. Consubstantiellement, pour lui, le parangon de la réussite sociale n’est pas synonyme d’être bardé de liasses de billets de banque. Pour lui, réussir socialement, c’est servir l’homme, c’est l’aimer. Pour lui, réussir socialement et être renommé n’est pas synonyme de piétiner les autres et tenter de les enfoncer ou de les étouffer, de telle manière à les empêcher d’atteindre son statut. Pour lui, réussir socialement, c’est être toujours au travail et ne point se complaire dans une autosatisfaction en quelque point d’arrivée de quelque course. Cette dernière disposition offre le risque de produire un sujet distrait, arrogant et nuisible, totalement inattentif et s’imbibant de bévues d’inertie. Cet humanisme, ZADI l’a vécu dans son intellectualisme, c’est-à-dire, dans sa science, dans son art et dans sa politique. Il a dit, Jean-Paul Sartre, que l’existentialisme est un humanisme. Et je dis que l’intellectualisme est un humanisme. Il ressort de ce cogito que être intellectuel, c’est exister, au sens qualitatif s’entend. Permettez-moi de faire l’économie de sa production intellectuelle abondante de Césarienne aux Quatrains du dégoût en passant par Fer de lance, La tignasse, Les sofas, La guerre des femmes, Secreto Dei ( Le secret des dieux), A califourchon sur le dos d’un nuage, en plus de ses ouvrages scientifiques comme Césaire entre deux cultures, La parole poétique africaineJ’avoue que mon souffle n’est pas suffisant pour tout débiter  ici. Il en est arrivé à résumer sa vie artistique et scientifique au concept du Didiga. Le Didiga, comme il le dit, ce sont les puissances surnaturelles qui permettent à un chasseur d’affronter avec succès les énigmes hostiles de la brousse.  Il en a fait une récupération artistique et intellectuelle pour désigner la mystique du mot trans-civilisationnel. Pour lui, dans toutes langues du monde et, donc, dans toutes les cultures, le mot se stratifie en deux parties : une partie rationnelle et une autre, irrationnelle, qui, elle, est capable de poésie et de fécondation des intelligences. Finalement, le Didiga, c’est le mot poétique, c’est son mot poétique. Le mot poétique est mystère tout comme Didiga est mystère. Pour lui, donc, le mot poétique est un mot didigaesque . Il va jusqu’ à trouver des mots didigaesques dans les langues non officielles comme le nouchi ; son œuvre  Les quatrains du dégoût le démontre bien. En bon marxiste, il s’en sert pour vivre sa dialectique sociale.

 

 Pour son faire, ZADI est celui qui, en tant que professeur,  prêche dans un amphithéâtre archicomble, comportant même des auditeurs qui ne sont pas de la spécialité du cours ou qui ne sont même pas du département de Lettres. Il a créé beaucoup d’équipes de recherche dans son site référentiel, son sanctuaire qu’est le G.R.T.O(Groupe de recherche sur la tradition orale) , non loin du lycée technique. Tous ceux qui, universitairement, ont été formés par ZADI, l’ont été dans son  écurie du G.R.T.O. Le G.R.T.O va-t-il encore attirer du monde ? Le G.R.T.O va–t-il garder son lustre ? ZADI est le créateur de plusieurs mouvements politiques et est le formateur idéologique de  plusieurs hommes  politiques de première  ligne en Côte d’Ivoire. Il est aussi chanteur, instrumentiste, metteur en scène, cameraman, et que sais-je. On comprend donc que le deuil d’un tel homme soit fécond. Il est mort le mardi 20 Mars dernier .Et le lendemain, il ne s’est pas trouvé un seul organe de presse qui n’ait titré le départ du baobab. Internet s’est invité au festin. Dans les colonnes des journaux, s’étalaient des philosophies, des littératures, des théories, des souvenirs, des témoignages, en rapport avec le défunt, tous aussi émus les   uns que les autres .Cette fertilité médiatique est imputable à la grandeur de Bernard ZADI ZAOUROU. Et je dois dire que depuis HOUPHOUET BOIGNY, je n’ai vu de mort autant médiatisée dans notre pays. La leçon à en tirer est simple : Le pouvoir se  trouve, en réalité, dans le savoir. Ce n’est que pure élucubration que de le rechercher ailleurs.

 

  

 

Chers étudiants, Bernard ZADI ZAOUROU, un langage pour vous. Participez massivement à ses obsèques, si vous en  avez  la possibilité. C’est votre fleuron dont vous devriez être fiers et que vous devriez embaumer de vos larmes.    

 


 

 

                      Bernard ZADI ZAOUROU,

 

                      Salut mon grand

 

                      Hommage à la star

 

                       Bravo l’Artiste !

 

 

 

 

 

                                                   TOH BI Tié Emmanuel

 

                                                   Enseignant-chercheur ( Université de BKE)

 

                                                   écrivain-poète.

 

                                                                    ( Samedi 24 Mars 2012 à la Bibliothèque de 

 

                                                                      l’Université de BOUAKE) 

 

 

 

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27 avril 2012

Embellissement d’Abidjan / Des monuments, pour quoi faire?

En
circulant à Abidjan, l’automobiliste qui arrive dans cette ville pour la
première fois, ne peut rester indifférent face au nombre impressionnant de
monuments qu’elle abrite. De Port-Bouët à Cocody en passant par Adjamé jusqu’à
Yopougon, la plupart des communes d’Abidjan possèdent leurs monuments. Ces
ouvrages architecturaux et sculpturaux érigés à plusieurs carrefours de la
capitale économique ivoirienne présentent des formes aussi diverses que variées.
En les voyant, on ne peut s’empêcher de croire que leur construction a dû
engloutir des sommes colossales. Toutefois, il n’est pas rare que ces monuments
posent des problèmes. On se souvient encore des mécontentements suscités par la
construction de certains monuments sous l’ère de la refondation. Nombreux sont
les Ivoiriens qui ont reproché à ces monuments de provoquer des embouteillages,
et d’empêcher la fluidité routière. Des artistes-musiciens n’ont pas manqué de
traduire cet état de fait dans leurs chansons. Cette question a même servi les
politiques dans leur combat contre le régime des refondateurs. En clair, il se
pose indéniablement la question de l’utilité des monuments. Essayons d’être
plus clair. A quoi sert un monument?


   Le monument, symbole de grandeur et un
patrimoine historique

    En cherchant la définition exacte du
monument via un dictionnaire, l’on pourrait trouver la réponse à cette
question. Car un  monument est considéré comme
un ouvrage d’architecture ou de sculpture destiné à perpétuer le souvenir d’un
personnage ou d’un évènement. Ainsi, la ville d’Abidjan compte de nombreux
monuments représentant Houphouët-Boigny, premier Président de la République de Côte
d’Ivoire. Cet homme qui, 33 années durant, a dirigé cette portion de 322.462 km2,
est de loin celui à qui la Côte
d’Ivoire doit sa grandeur et son rayonnement au plan international. Les nombreuses
infrastructures et réalisations dont il est l’auteur ou parfois l’instigateur,
témoignent des valeurs qu’il a su incarner et inculquer aux Ivoiriens. Tous ces
monuments à son image sont simplement le témoignage que son passage sur la Terre
n’a pas été vain. Il a pu laisser des traces qui servent aujourd’hui et serviront
de boussole aux générations à venir. Sur l’échiquier politique national, nombre
d’hommes, femmes et de jeunes se réclament de son école, l’houphouetisme.
D’ailleurs, le régime actuel incarné par le président Alassane Ouattara
s’inscrit dans le sillage de cet homme dont les qualités de dirigeant et de
grand bâtisseur, aura marqué la planète toute entière. Au-delà d’Houphouët-Boigny,
plusieurs monuments représentent d’autres personnalités qui ont d’une manière
ou d’une autre marqué leur époque. On pourrait citer pêle-mêle, le monument de
Djény Kobéna (Williamsville), Philipe Yacé (Koumassi), Raoul Folléreau (Chu Cocody), Hyppocrate (Faculté
de médecine de l’Université de Cocody) etc. Certes, ces différents monuments sont
une marque de grandeur des hommes qu’ils  représentent, mais ils sont érigés pour aider
les générations qui n’ont pas connu ces hommes à s’inspirer de leurs actions et
à les considérer comme des modèles. En somme, ces monuments sont des repères
pour les jeunes d’aujourd’hui et de tous les temps. S’il est vrai que les
monuments représentants des hommes de valeur pouvant constituer des modèles,
d’autres monuments sont érigés en mémoire de personnes disparus tragiquement
qu’on décide d’immortaliser. Ce sont les monuments aux morts. En général, ils
symbolisent des batailles d’intérêt national. Il s’agit de marquer par ces
ouvrages, les moments douloureux de l’histoire de la Côte d’Ivoire afin que les
citoyens ivoiriens de tous les temps les connaissent et s’en souviennent.

  Le
monument, identité culturelle et symbole de combat politique

La
Côte d’Ivoire est connue pour son hospitalité légendaire. Un
célèbre  monument de la commune de Port-Bouët
l’atteste bien : le monument Akwaba. Ce monument est celui qui souhaite la
bienvenue à tous ceux qui arrivent à Abidjan et en Côte d’Ivoire par la commune
de Port-Bouët. Représentant deux individus entrelacés, ce monument symbolise une
valeur culturelle bien connue le “Attou”. C’est une pratique traditionnelle
africaine qui sert à accueillir une personne qui vient d’un pays ou d’un
village lointain. En outre, les années de crise qu’a traversée la Côte d’Ivoire sous l’ère de
Laurent Gbagbo, ont  révélé d’autres
facettes des ouvrages que constituent les monuments. En effet, sous la
république des refondateurs, les Ivoiriens ont vu pousser  à plusieurs carrefours, des ouvrages architecturaux
représentants l’Eléphant, emblème de la
Côte d’Ivoire. La force et la puissance de l’éléphant font de
lui un animal majestueux. De ce fait, il force le respect et la considération
des autres mammifères sauvages. L’image de l’éléphant est très souvent associée
à la noblesse, à la dignité ainsi qu’à la grandeur. Ainsi, l’érection de ces monuments
d’éléphants était une marque de patriotisme et de fierté nationale pour les
dirigeants d’alors. Ces dirigeants qui une décennie durant, ont fait du patriotisme,
leur cheval de bataille même si en fin de compte ce patriotisme a pris les
allures d’un culte de la personnalité. Aussi, l’érection du monument
représentant un esclave affranchi de ses chaînes au carrefour de Yopougon Siporex
était un symbole de la vision et du combat politique des refondateurs. En
effet, quiconque a suivi attentivement le discours politique de Laurent Gbagbo,
a  pu remarquer son attitude prétendument
messianique. Comment ne pas le penser, lorsque cet homme, se croyant investi
d’une mission divine, l’enjoignant de libérer la Côte d’Ivoire et l’Afrique du
joug colonial, a défié le monde entier? Inscrivant toutes leurs actions
politiques dans cette dynamique, les dignitaires du régime défunt avaient érigé
ce monument pour rallier les populations à leur vision politique. Ce monument
représentant cet esclave affranchi se tenant au carrefour Siporex de la commune
de Yopougon, a certainement eu un impact sur le comportement des jeunes gens de
cette commune. Ces jeunes gens qui sous le prétexte de vouloir se libérer du
joug colonial, ont développé une phobie inimaginable de l’étranger. Ce monument
a contribué à l’endoctrinement massif de ces jeunes gens. Et justement les
comportements extrémistes que l’on a pu observer lors de la crise
postélectorale, sont le fait de cet endoctrinement. Aujourd’hui, avec le vent
nouveau qui  souffle sur la Côte d’Ivoire, ce monument
n’existe plus. Il a été détruit. Dans sa déchéance, il a emporté avec lui, les
esprits du mal et de la haine.

                  Du piteux état des monuments

       Si les monuments sont des marques de grandeur
et qu’ils constituent des ouvrages de haute portée historique, comment se
fait-il qu’ils ne soient pas entretenus? Combien de monuments aujourd’hui sont
en “brousse”? Personne ne songe à leur donner une meilleure prestance, comme si
les personnes qu’ils sont censés nous rappeler, ne nous intéressent plus. En
voyant le monument représentant Houphouët-Boigny à Adjamé- liberté, on ne peut
qu’être mal à l’aise. Ce monument est si sale qu’on n’a du mal à reconnaître
“le Vieux”. D’ailleurs, cet endroit est devenu un urinoir à ciel ouvert, où des
gens viennent déverser toutes les substances liquides et solides que leur corps
rejette. Le père de la nation ivoirienne, doit certainement se retourner dans
sa tombe en voyant son image bafouée de la sorte. En dehors de ce monument,
plusieurs autres sont dans un état de délabrement avancé au point où, on n’est plus
en mesure de leur accoler le statut de monument. Ce sont de véritables
décharges. Les ordures jonchent ces espaces destinées à immortaliser des
personnalités et des valeurs qu’il convient de cultiver. De toute évidence,
nombre de personnes feignent d’ignorer une autre vocation des monuments : L’embellissement
de nos villes. Les monuments ont certes une portée culturelle et historique,
mais ils servent de parures aux villes. Ils donnent une image à la ville. Lorsque
les monuments sont sales et non entretenus, ils donnent un aspect sombre et
désagréable à la ville. Cela n’est pas fait pour favoriser l’attractivité de nos
villes. Et c’est dommage ! En plus du déguerpissement des constructions
anarchiques, il urge que les autorités actuelles fassent œuvre utile, en se
penchant sur l’entretien des monuments.    

    Francis Kouamé

      licea9@yahoo.fr



           



 



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Bibliotheque nationale de Côte d'Ivoire

 

ODI Aubruns Derliche  aux commandes de la Bibliothèque enfantine

Dans la perspective de la redynamisation  de la Bibliothèque nationale de Côte d’Ivoire, sa Direction a organisé une journée  élective ce mercredi 25 avril 2012. Objectif : désigner le  président de la Bibliothèque enfantine. A l’issue de cette journée, ODI Aubruns Derliche, élève en classe de seconde C  a été élu président de cette Institution. A travers cet évènement culturel, l’on a pu constater  que les enfants accordent un intérêt particulier  à la lecture. Tour à tour, les cinq candidats ont présenté leur programme de gouvernance.Ils entendent prêter main forte à cette Institution pour tout renouveler. D’une part, ils souhaitent améliorer, rénover et informatiser le système actuel. D’autre part, ils conviennent amener  tous à aimer la lecture. Le président ODI Aubruns Derliche est né le 1er décembre 1996. Il est aux commandes de la bibliothèque enfantine pour un mandat de deux ans.     

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Toh Bi Tié Emmanuel raconte ‘’l’Aurore d’Afrique à Sanoudja’’

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Le ministre de la Culture et de la francophonie, Maurice Kouakou Bandaman a procédé jeudi 08 septembre 2011 dernier, dans l’enceinte du GRTO (Groupe de recherche sur la tradition orale) à Cocody, à la dédicace de l’œuvre poétique : « Aurore d’Afrique à Sanoudja » de  Toh Bi Tié Emmanuel. Le  préfacier de l’ouvrage, Léon Yépri a tenu à planter le décor dès l’ouverture de la cérémonie: Sanoudja signifie dans le langage populaire ivoirien, « ça peut nous tuer » et représente dans cet essai, un petit territoire situé dans la région de Dabou, dans le district d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Poursuivant, Léon Yépri a précisé que cette œuvre ne fait point mystère des intentions de son auteur à savoir: La prophétie qui scintille d’un jour nouveau comme c’est traditionnellement le cas, avec l’image symbole de l’aurore depuis les temps homériques. Selon le préfacier, cette œuvre se fonde sur trois forces : L’intertextualité, le système de représentation et le système de l’énonciation. Léon Yepri a par la suite relevé à juste titre, le sens anthropologique et les charges iconiques de la production littéraire de Toh Bi. Présentant l’œuvre, Professeur Logbo Gnézé a quant à lui indiqué que « l’Aurore d’Afrique à Sanoudja » est une poésie rythmique.  Pour lui, c’est une histoire indélébile, une poésie de la douleur qui donne naissance à l’espoir. On y relève les morsures de la faim, les affres de la dispersion, du mépris social. Le Pr Logbo indique même que le jeune poète Toh Bi, par son ingéniosité créative en matière de poésie, est prometteur et prolifique. Ainsi, l’on relève par exemple à la page 19 de l’œuvre, une série de référents dont le trait sémantique est fortement marqué.  Ce qui traduit la douleur des enfants de Sanoudja qui ont su surmonter leur douleur. Plus en arrière, à la page 16, en lisant : « Dabou, la terre de mes mythes, que j’ai héroïquement bue à l’ombre de Jeannot. Mon âme bénit l’Eternel », l’auteur Toh Bi témoigne de sa maitrise des techniques de l’écriture. Ici, le jeu énonciateur parle de Dabou.  L’œuvre de Toh Bi est de la poésie de la destruction, du divorce. L’on y note à partir de la page 20,  la ruine matérielle du couple, la diaspora des enfants, l’organigramme alimentaire. Tout cet univers infernal nous laisse entrevoir la poétique de la souffrance des enfants abandonnés. En dépit de l’expertise de l’auteur à la poétisation des lettres, le Pr Logbo Gnézé s’appesantit aux pages  16 et 19 sur des scandales poétiques. C’est un simple jugement de réalité, osons-nous croire. Car la poésie elle-même, de son étymologie, est l’art de combiner les sonorités, les rythmes, les mots d’une langue pour évoquer des images, suggérer des sensations, des émotions. L’originalité de l’auteur réside dans l’effort de transformation des faits constitués en texte pour les convertir en un produit fini. « Le style ‘’sérieux’’ cotoie, sans sourciller, le ton du badinage. La langue courante, voire, ‘’familière’’ fait bon ménage avec un lexique sublime… Des fragments de discours ou langages socio politiques et religieux, sont marinés dans des vers (ets) spirituels, par une détermination farouche du poète de renouveler l’écriture », a précisé son préfacier. Le Pr Kodjo Michel, Vice président de l’Université de Bouaké-La-Neuve, représentant le président de cette Institution, s’est dit fier de l’auteur qui est enseignant chercheur à l’Université de Bouaké. « C’est donc une fierté pour notre Université. C’est pourquoi, j’exhorte les enseignants à réserver un espace dans leurs bibliothèques pour exposer les publications d’un des leurs », a recommandé le vice président de cette université.  Le parrain de cet événement culturel, le ministre de la Culture et de la francophonie, Maurice Bandaman, a suivi cette cérémonie de dédicace avec beaucoup de plaisir, étant entendu que l’auteur  fut un de ses élèves au lycée de Dabou. « Ses talents confirment aujourd’hui son ardeur d’autrefois à l’école. Je le félicite et je le soutiendrai dans ses productions littéraires », a promis le ministre. Le poème de Toh Bi est relaté dans le ton de la narration d’un conte gouro. Le club littéraire de l’Université de Bouaké a égayé cette sympathique cérémonie de dédicace par de très belles prestations culturelles.
 
Patrice Wanset

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30 septembre 2011

Serge Bilé présente ses trois derniers ouvrages en livres de poches


Le journaliste Serge Bilé a animé un point presse, le mardi
27 septembre 2011 au Musée d’art contemporain de Cocody. Il a présenté ses trois derniers
ouvrages publiés en livre de poche. Le choix du format livre en poche, est de
les rendre plus accessibles au public et à réduire leurs couts de vente. Serge
Bilé en a profité pour livrer aux journalistes, la quintessence de ses écrits
axés sur l’homme Noir. « Quand les
noirs avaient des esclaves blancs
 », « Et si Dieu n’aimait pas les noirs », « Blanchissez moi ces nègres », sont
les titres de ces trois productions littéraires.  Pour l’auteur a justifié la nécessité de
réaliser des écrits sur les noirs et de connaître leur histoire.
« Faisons en sorte de connaître l’histoire de l’Afrique, des Antilles…
Essayons de connaître notre histoire », a-t-il indiqué. Car l’idée qui
prévaut dans son esprit, c’est de faire vulgariser cette vision  et cette approche. Pour lui, Césaire,
Senghor  et Damas, ont fait savoir
qu’être noir ce n’était pas une tare. Entretemps, il a argué devant les
journalistes que le combat de la négritude est terminé.  Le confrère a précisé que son approche
consiste à rétablir les éléments de l’histoire dans laquelle on ne reconnaît
pas le rôle du noir. A en croire le journaliste écrivain, ce n’est pas pour
glorifier les noirs, ils sont bons, ils sont mauvais ; mais ils sont aussi
dans l’histoire. « Comme tous les êtres humains, nous avons la
capacité du bien et du mal » a-t-il ajouté. C’est pourquoi, il a précisé
qu’écrire sur les noirs est un fait et une réalité. Parce que les noirs en ont
besoin. Ainsi Serge Bilé exhorte à la connaissance d’être noir, à la
réhabilitation de ce que les noirs sont, et à s’affirmer d’être noir. Pour lui,
il faut savoir défendre l’identité et la culture du noir. Car pour l’Occident,
les noirs n’ont jamais participé à l’histoire. Le journaliste écrivain
s’insurge contre cette vision et souligne que l’Afrique aussi a participé à
l’histoire. Fort de tous ces constats, Serge Bilé indique qu’il y a un
équilibre à faire sur la coloration. « On fait un livre pour mettre la
culture à la disposition de chacun » a-t-il conclut.



Patrice Wanset



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20 septembre 2011

Wêrê Wêrê Liking (Artiste): « Elargissons notre conscience culturelle »

 

La
présidente du village Ki-yi, Wêrê Wêrê Liking a plaidé le week-end dernier, au
cours d’une conférence de presse au siège de la Fondation panafricaine
Ki-yi à Cocody Riviera 2, pour la prise en compte de la culture dans le
processus de reconstruction de la
Côte d’Ivoire. Elle a plaidé pour une place plus grande de la
culture. Pour elle, l’on ne maîtrise pas la contribution des apports en matière
de culture dans la démocratisation de la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi elle invite la
société civile, la classe politique à lutter contre la carence culturelle. La
patronne du village Ki-yi, a indiqué que des combats dans le secteur de la
culture ont été vains à cause d’un déficit culturel. Wêrê Wêrê Liking invite
les décideurs et les populations à aider tous les acteurs  culturels. Objectif : Participer à
l’essor de la culture en général et au bonheur des artistes, des artisans, des
créateurs d’art, en particulier. Dressant le bilan de sa Fondation, Wêrê Wêrê
Liking a souhaité la recherche d’une solution rapide au problème de recasement de
son institution culturelle, qui sera touchée au niveau de la Riviera 2, par les
travaux de construction de l’échangeur du 3e pont, Henri Konan
Bédié.



 



Patrice Wanset



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