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14 juin 2017

Tunisie : le FMI approuve le décaissement d’un nouveau crédit de 314,4 millions de dollars

Christine Lagarde, directrice du FMI, en janvier 2015. © Alex Brandon/AP/SIPA

Après avoir achevé un audit du programme économique tunisien, le conseil d'administration du FMI a autorisé le décaissement d'une nouvelle tranche d'aide de 314,4 millions de dollars pour le pays, dans le cadre de son programme de crédit sur 4 ans.

Le FMI a annoncé, dans un communiqué publié lundi 12 juin, avoir achevé son premier audit du programme économique tunisien, qui conditionnait le déblocage d’une nouvelle tranche de crédit de 314,4 millions de dollars (280,5 millions d’euros). Au total, la Tunisie aura emprunté 628,8 millions de dollars dans le cadre de ce programme de crédit d’un montant global de 2,83 milliards de dollars et d’une durée de 4 ans, approuvé par le FMI en mai 2016.

Ce programme est conditionné par des réformes que doit mener le gouvernement tunisien, pour réduire le déficit fiscal, stabiliser la dette publique sous la barre des 70% du PIB d’ici 2020, augmenter les investissements et les dépenses sociales et introduire davantage de flexibilité dans le système de change tout en contenant l’inflation en dessous de 4%.

Le FMI salue d’important progrès

« Les autorités ont fait d’importants progrès dans la restructuration des banques publiques. La prochaine étape prévoit un changement du cadre réglementaire et juridique, pour soutenir la réduction des prêts non rentables. Il sera également important de mettre en place d’autres mesures de surveillance bancaire », a déclaré Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du FMI.

Le gouvernement doit également assurer la viabilité des pensions et mieux protéger les ménages vulnérables, tout en accélérant les réformes visant à améliorer la gouvernance et à favoriser la croissance de l’emploi et du secteur privé.

Amélioration de la gouvernance

« Les autorités sont engagées dans l’amélioration de la gouvernance et du climat des affaires. L’instauration de la haute autorité anti-corruption et de nouvelles institutions, comme le guichet unique pour les investisseurs, dont la création est prévue, ainsi que la participation de la Tunisie au programme du G20 Compact with Africa va dans le sens de ces objectifs », a ajouté Mitsuhiro Furusawa.

En terminant son audit, le conseil d’administration du FMI a accepté la demande des autorités de ne pas respecter les objectifs de performance sur les réserves de change, les actifs intérieurs net et le déficit budgétaire primaire.

En avril dernier, le FMI n’avait pas concédé la troisième tranche de 350 millions de dollars du programme de crédit, arguant que la « conjecture économique difficile » exigeait de la part des autorités tunisiennes une « riposte urgente et énergique » afin de « maintenir la stabilité macroéconomique » et de « doper la création d’emplois ».

Jeune Afrique

http://www.jeuneafrique.com

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24 mai 2017

Renforcement de la coopération agricole : le ministre Sangafowa COULIBALY à la conquête de l’expérience sud africaine

Renforcement
 
 
 
Le Ministre Ivoirien de l’Agriculture et du développement rural a, en sa qualité de Président en exercice de la conférence des Ministres Région Afrique pour la FAO, séjourné en Afrique du Sud du 15 au 20/05/17.
Plusieurs temps forts ont marqué cette visite dans le pays de Nelson Mandela. Ainsi, le ministre Mamadou Sangafowa COULIBALY a, eu une séance de travail avec le Directeur Exécutif du NEPAD, SEM Ibrahim Assane MAYAKI. Les deux personnalités ont passé en revue les défis de l’Agriculture en Afrique et abordé quelques perspectives pour rehausser ce secteur moteur de l’économie de bien de pays africains. Il ressort de cet entretien, que le NEPAD mettra à disposition du Ministre Ivoirien de l’agriculture , un document de plaidoyer auprès des chefs d’Etat Africains pour des financements publics plus conséquents dans le secteur agricole.
Ensuite, il intégrera et apportera son appui technique et financier à l’initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA) aux changements climatiques.
Par ailleurs, M. Ibrahim Assane MAYAKI a engagé son institution à apporter à la Côte d’Ivoire, une assistance technique dans formulation et la mobilisation des ressources du PNIA deuxième génération dont la table
ronde est prévue en marge du SARA.
En plus, le NEPAD a accepté de faire partie du partenariat qui lie la Côte d’Ivoire au chocolatier Mars pour la conception et la création de l’académie mondiale du chocolat à Abidjan, projet cher au Ministre SANGAFOWA.
Outre les questions liées au suivi des décisions de la 29ème conférence de la FAO, le Ministre SANGAFOWA-COULIBALY a mis son séjour à profit pour définir avec son homologue Sud Africain, les moyens de renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine agricole. En effet, les deux hommes se sont accordés sur le fait que l’Afrique du Sud, puissance agricole africaine et la Côte d’Ivoire, puissance agricole ouest-africaine, se donnent la main pour rehausser le potentiel du secteur agricole et, à terme de parvenir à l’autonomisation du continent et à une meilleure redistribution de la richesse à travers la chaîne de valeurs. Pour le matérialiser, un accord de coopération agricole renforcé sera signé entre les deux pays pendant le SARA dont l’Afrique du Sud est le pays à l’honneur.
Ainsi, aux termes de plusieurs audiences, séances de travail et conférences avec le Ministère Sud Africain de l’Agriculture, le NEPAD et le secteur Privé, quatre entreprises Sud Africaines œuvrant dans le domaine de l’agro-industrie bénéficieront de l’appui du Ministère Ivoirien de l’agriculture pour investir dans la production et la transformation du manioc, de la noix de cajou, des fruits et légumes, des maraîchers et de la mangue. Ce sont au total des milliers d’hectares et une dizaine d’unités de transformation primaire pour un investissement privé total de près 200 Milliards de FCFA qui permettront une production additionnelle de 1 000 000 de tonnes et la création de 10 000 emplois directs, dès cette année et jusqu’à fin 2019. En plus, une trentaine d’entreprises ont manifesté leur intérêt à participer au prochain SARA en vue de rechercher et nouer des partenariats avec leurs homologues Ivoiriens et ceux de la sous région.

Notons que l’une des principales régions agricoles de l’Afrique du Sud , la région du LIMPOPO, sera l’invitée spéciale du Ministre Sangafowa pour partager en marge du SARA , avec les Présidents des régions de Côte d’Ivoire , le modèle Sud Africain de contribution des régions au développement rural.
 
Publié le mardi 23 mai 2017  |  Ministères

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Diplomatie: La Chine s’engage à renforcer la coopération avec l’Afrique en ce qui concerne l’initiative "la Ceinture et la Route" (SYNTHESE)

 
La
© Ambassade par DR
La Chine s`engage à renforcer la coopération avec l`Afrique en ce qui concerne l`initiative "la Ceinture et la Route"
La Chine souhaite renforcer la coopération avec les pays africains dans le cadre de l`initiative "la Ceinture et la Route".
 

ABIDJAN - La Chine souhaite renforcer la coopération avec les pays africains dans le cadre de l’initiative "la Ceinture et la Route", a annoncé lundi à Abidjan le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, en visite en Côte d’Ivoire.
Lors d’une conférence de presse, M. Wang a rappelé que sa tournée actuelle dans quatre pays africains intervient juste après l’organisation réussie du Forum de "la Ceinture et la Route" pour la coopération internationale à Beijing. Les quatre pays, à savoir la Mauritanie, le Cap-Vert, le Mali et la Côte d’Ivoire, ont tous exprimé leur volonté de participer à l’initiative chinoise.
De nombreux pays africains se situent au niveau de l’extension historique et naturelle de la Route de la soie maritime, a expliqué M. Wang. S’ils adhèrent à l’esprit et au concept de l’initiative "la Ceinture et la Route", ils peuvent devenir des partenaires de coopération, a ajouté le ministre.
L’initiative, qui comprend la Ceinture économique de la Route de la Soie et la Route de la Soie maritime du XXIe siècle, a été proposée en 2013 dans le but de construire un réseau commercial et infrastructurel reliant l’Asie à l’Europe et l’Afrique le long des routes antiques de la Route de la Soie et au-delà.
L’initiative "la Ceinture et la Route" a pour but de renforcer les stratégies de développement de différents pays, d’obtenir des avantages complémentaires et d’atteindre le développement et la prospérité communs, a souligné M. Wang.
L’initiative est en fait une tentative de rééquilibrage du processus de mondialisation économique, avec pour objectif ultime de construire une communauté de destin pour l’humanité, a-t-il expliqué.
"Nous pouvons combiner les dix principaux plans de coopération sino-africains proposés par le président chinois Xi Jinping avec l’initiative ’la Ceinture et la Route’", et faire en sorte qu’ils se complètent, a proposé M. Wang.
Les pays africains ont hâte de se débarrasser du mode de croissance unique d’exportation de matières premières, pour obtenir leur indépendance économique en accélérant le processus d’industrialisation et en renforçant leur capacité de développement indépendant.
Les pays africains pensent que la Chine est leur partenaire de coopération le plus idéal et le plus fiable, et souhaitent bénéficier du développement rapide de l’économie chinoise, a souligné M. Wang.
De nombreux monuments ont été construits en Afrique avec l’aide directe ou indirecte de la Chine, et beaucoup de projets d’infrastructures en Afrique sont construits par des entreprises chinoises.
La Chine est prête à développer des plans de coopération avec chaque pays africain en respectant leurs demandes, afin de les aider à renforcer leur capacité de développement durable, a fait savoir le chef de la diplomatie chinoise.
M. Wang a souligné que le développement de l’Afrique permet de renforcer la croissance générale des pays en voie de développement, qui sert les intérêts communs de l’Afrique et de la Chine.
M. Wang est revenu sur la longue histoire de l’amitié sino-africaine, expliquant que cette amitié a porté ses fruits. En Mauritanie par exemple, le port que la Chine a aidé à construire dans les années 1980 continue de fonctionner activement aujourd’hui et de soutenir le développement économique du pays. Il a été baptisé "Port de l’amitié".
Autrefois tristement connu sous le nom de "Triangle de la pauvreté", le sud de la Mauritanie est devenu le "Triangle de l’espoir" grâce aux nouvelles routes et aux nouvelles infrastructures que la Chine a aidé à construire.
Ces réalisations, selon M. Wang, représentent non seulement l’amitié sino-mauritanienne, mais incarnent également l’amitié sino-africaine.
Pendant de nombreuses années, la Chine a non seulement offert son aide économique à l’Afrique, mais a également joué un rôle actif dans les domaines tels que la santé et la sécurité sur le continent africain, a noté le ministre chinois.
Pendant plus d’un demi-siècle, les équipes médicales chinoises déployées dans différents pays africains sont venues en aide à plus de 200 millions de patients.
Ces dernières années, la Chine a également augmenté les investissements liés à la paix et la sécurité en Afrique, selon M. Wang. Actuellement, il y a plus de 2.000 soldats chinois sur le continent africain effectuant des missions de maintien de la paix de l’ONU et contribuant grandement à la paix et la sécurité en Afrique.
La Chine se tiendra toujours aux côtés des Africains dans leur poursuite du développement et de la prospérité, a promis le ministre chinois.
M. Wang effectue une tournée en Mauritanie, au Cap-Vert, au Mali et en Côte d’Ivoire du 19 au 23 mai.

Fin
Publié le mardi 23 mai 2017  |  Ambassade

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23 mai 2017

Développement : 350 millions d’Africains font désormais partie de la classe moyenne

Concernant "la santé, l'éducation et le niveau de vie", un tiers des pays africains ont atteint des niveaux de développement "moyens ou élevés", selon un rapport publié lundi par la BAD, en partenariat avec l'OCDE et le Pnud.

Même si « les progrès sur le front du développement humain restent lents et inégaux », 18 pays africains sur les 54 que compte le continent atteignent désormais un « niveau de développement moyen ou élevé », selon les « Perspectives économiques en Afrique » publiées conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

L’Afrique du Nord « affiche les niveaux les plus élevés, approchant de la moyenne mondiale, mais toutes les sous-régions ont enregistré des améliorations régulières » depuis le début du XXIe siècle, selon le document.

Cependant, « malgré les avancées obtenues depuis dix ans », 544 millions d’Africains (sur une population totale d’1,2 milliard) vivent toujours dans la pauvreté.

Lutte contre la pauvreté et couverture santé

Le Rwanda, suivi par le Ghana et le Liberia ont enregistré le plus de progrès dans la lutte contre la pauvreté depuis 2005. Le Rwanda notamment a mis en place un programme d’assurance maladie communautaire qui permet de couvrir près de 9 habitants sur 10.

En Afrique du Nord, l’Égypte et la Tunisie sont dotés de systèmes d’assurance-maladie couvrant respectivement 78% et 100% de la population.

Les dépenses dans l’éducation, cruciales pour le développement, sont supérieures à 6% du produit intérieur brut (PIB) en Afrique du Sud, au Ghana, au Maroc, au Mozambique et en Tunisie notamment. Cependant le Nigeria y consacre moins de 1% de son PIB.

Accès à l’énergie et l’assainissement

En tête des problèmes qui contribuent le plus à la pauvreté en Afrique figurent « le manque d’accès au combustible pour la cuisine, à l’électricité et à l’assainissement ». Ainsi en Afrique subsaharienne, 645 millions de personnes sont privées d’accès à l’électricité.

L’alimentation constitue un défi majeur pour l’Afrique de l’Est, tandis que le manque de scolarisation est le plus gros problème de l’Afrique de l’Ouest.

Cinq pays se distinguent sur le plan du respect de la parité hommes-femmes : au Botswana, en Namibie, au Rwanda, au Lesotho et à Maurice, « les femmes atteignent des niveaux de développement humain presque équivalents à ceux des hommes ».

La gravité du chômage des jeunes

La BAD pointe par ailleurs la gravité du phénomène du chômage des jeunes sur le continent : la moitié d’entre eux sont sans emploi et un tiers occupent des « emplois vulnérables ».

« S’ils veulent actionner le levier de sources de croissance plus stables pour stimuler le développement humain, les pays devront consentir davantage d’investissements dans le capital humain, santé, éducation et compétences », déclare le président du Groupe Banque africaine de développement, Akinwumi Ayodeji Adesina, cité dans le rapport.

Moteurs de croissance

Sur le plan économique, la croissance moyenne du continent, après 2,2% en 2016, devrait rebondir à 3,4 % en 2017, puis s’accélérer à 4,3% en 2018, sous réserve « de la poursuite du redressement des cours des matières premières, du renforcement de l’économie mondiale et de la consolidation des réformes macroéconomiques intérieures ».

L’Afrique de l’Est reste la zone la plus dynamique, grâce notamment au géant éthiopien, devant l’Afrique du Nord. L’Afrique est toujours « la deuxième région la plus dynamique du monde, derrière les pays en développement d’Asie ».

La demande intérieure, soutenue par l’accroissement démographique et la montée en puissance des classes moyennes, s’établit comme moteur de la croissance alors que les cours des ressources naturelles sont soumis aux aléas des marchés mondiaux.

La classe moyenne, que le rapport évalue à 350 millions de personnes, et dont « le pouvoir d’achat s’améliore constamment, recèle un immense potentiel en termes de prospérité ».

Par Jeune Afrique avec AFP

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19 mai 2017

Qui arrive en tête du classement Jeune Afrique des 500 premières entreprises africaines ?

Jeune Afrique publie son hors-série annuel sur les grandes entreprises africaines. Et constate, pour la troisième année consécutive, que leurs revenus sont en baisse.

Sonatrach, le groupe pétrolier algérien garde la tête du classement des 500 premières entreprises que publie Jeune Afrique chaque année, malgré un recul très lourd de son chiffre d’affaires exprimé en dollars, à 33,2 milliards de dollars (contre 61,8 milliards de dollars dans l’édition 2016 de ce classement). L’angolais Sonangol lui emboîte le pas, puis suivent plusieurs groupes sud-africains (Bidvest, Sasol, Eskom…).

En Afrique du Nord, le Maroc ne cesse de renforcer ses positions d’année en année et les entreprises du royaume réalisent désormais 33,5 % des revenus des 150 premières entreprises d’Afrique du Nord. Toujours numéro un en Afrique de l’Ouest, l’opérateur télécoms MTN Nigeria a, pour la première fois, vu ses revenus en monnaie locale diminuer de 3,8 %. Derrière, le classement est profondément bouleversé. Dangote Group (et ses 26000 employés) fait son arrivée dans notre palmarès, directement au 2e rang régional.

Enfin, en zone Afrique australe et océan Indien, c’est une véritable hécatombe, sa locomotive sud-africaine étant à l’arrêt. Toutes les grandes entreprises sud-africaines sont dans une situation difficile et contrastent fortement avec les lions d’Afrique de l’Est qui continuent de rugir et d’afficher des taux de croissance records.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder à la 18e édition du classement des 500 premières entreprises africaines de Jeune Afrique 

Dans un contexte économique délicat, marqué par un net ralentissement de la croissance en 2015 et en 2016, les grandes entreprises du continent traversent une mauvaise passe. Dans son dernier hors-série en kiosque, Jeune Afrique confirme que cette spirale négative ne faiblit pas, bien au contraire : en 2015, année de référence de ce classement des 500 premières entreprises africaines, leurs revenus cumulés ont chuté de 18,8 % par rapport à l’année précédente.

200 milliards de dollars de chiffre d’affaires qui ont “disparu” en trois ans.

C’est la troisième année de baisse consécutive, et le phénomène s’accélère : lors de notre précédent palmarès, nous enregistrions un recul de 7,1 %, et il était de 1,8 % il y a deux ans. Sur trois exercices, c’est plus de 200 milliards de dollars (plus de 185 milliards d’euros) de chiffre d’affaires qui ont ainsi “disparu”, avec une baisse des revenus cumulés de 757 à 561 milliards de dollars.

Cette baisse globale a plusieurs causes, dont la principale est l’évolution défavorable des taux de change, la plupart des devises africaines ayant vu leur cours dévisser contre le dollar, monnaie de référence de notre palmarès annuel. Elle est aussi liée à l’effondrement des cours du pétrole en 2015 : le secteur de l’énergie (pétrole et gaz) a ainsi vu sa part dans les 500 diminuer très nettement, passant de 22,3 % à 17,7 %.

Afrique du Sud, Algérie et Angola concentrent l’essentiel de la baisse

Tout comme la baisse du PIB africain est diversement partagée entre pays, l’évolution défavorable de notre palmarès panafricain est plus ou moins marquée selon les zones géographiques. Trois États expliquent ainsi 90 % de la baisse des revenus des 500 en 2015 : l’Afrique du Sud (– 65,9 milliards de dollars), l’Algérie (– 34 milliards, l’essentiel provenant de la baisse des revenus de la Sonatrach) et l’Angola (– 17,4 milliards), ces deux derniers étant principalement impactés par l’évolution pétrolière.

Pour autant, le durcissement du contexte économique en Afrique, marqué par une fragilisation des finances publiques, une forte croissance de la concurrence et une conjoncture économique plus délicate qu’il y a quelques années, a des conséquences dans presque tous les pays et tous les secteurs. La rentabilité des 500, dont Jeune Afrique propose un palmarès unique en son genre, en témoigne : le taux de profit (résultat net après impôt/chiffre d’affaires) a ainsi nettement reculé, passant de 6,9 % à 5,3 %.

Malgré cela, comme le souligne un sondage publié dans le hors-série, les entrepreneurs africains semblent garder le moral, seuls 2 % des sondés n’étant pas du tout optimistes sur les perspectives à moyen terme des marchés sur lesquels ils opèrent. Et 51 % sont très confiants sur les perspectives de leur entreprise, le principal frein restant selon eux le climat des affaires.

Des entrepreneurs décidés

Le hors-série de Jeune Afrique est d’ailleurs jalonné d’entrepreneurs décidés et enthousiastes, de Seydou Nantoumé, fondateur de Toguna et roi malien des engrais, à Mohamed Bensalah, à la tête d’un groupe – Holmarcom – en plein déploiement africain, en passant par les dirigeants d’Orange en Côte d’Ivoire et ceux du groupe Mabrouk, dont les investissements en cours en Tunisie se chiffrent en centaines de millions d’euros.

S’il est difficile de relier ces opérateurs évoluant dans des pays et des secteurs différents, ils semblent toutefois avoir un point commun : ils sont partis à la conquête de nouveaux marchés et de nouveaux territoires. Les grandes entreprises africaines ont en effet largement entamé leur régionalisation, source de croissance pour leurs revenus. Malgré les difficultés économiques, la plupart continuent d’ailleurs à investir, allant souvent beaucoup plus vite que les réformes économiques.

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19 février 2017

« En Afrique, il faut briser le triangle du désastre pour en finir avec le terrorisme »

Pour le président de la Banque africaine de développement (BAD), la lutte contre le chômage des jeunes et pour l’agriculture et l’accès à l’énergie sont indispensables.

Akinwumi Adesina à Abidjan, le 21 mars 2016.

Présent au 28e sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, défend une réponse africaine à la menace terroriste qui associe sécurité et développement. L’ancien ministre nigérian de l’agriculture, devenu président de la BAD en mai 2015, plaide particulièrement pour l’accès des Africains à l’énergie et la création massive d’emplois pour les jeunes. Il estime également que seuls des investissements conséquents dans le secteur agricole peuvent sortir de la pauvreté les 65 % d’Africains vivant en milieu rural.

La menace terroriste n’a jamais été aussi pressante sur le continent avec les chabab, Boko Haram, Al-Qaida au Maghreb islamique, Ansare Dine, l’organisation Etat islamique… Comment construire une réponse africaine efficace et durable ?

A regarder attentivement la cartographie de la menace terroriste en Afrique, on s’aperçoit qu’elle correspond à ce que j’appelle le triangle du désastre. Le premier indicateur, c’est le niveau de pauvreté très élevé dans le monde rural. Le second élément, c’est le très fort taux de chômage chez les jeunes. Il y a enfin la dégradation de l’environnement du fait du changement climatique. Partout en Afrique où vous trouvez ce triangle du désastre, vous trouvez la menace terroriste : au nord-Mali avec Al-Qaida au Maghreb islamique, Ansare Dine, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ; au nord du Kenya avec les chabab ; au sud-est du Niger et au nord-est du Nigeria avec Boko Haram.

Si nous voulons en finir avec ces menaces et actions terroristes, nous devons, outre sur la sécurité, agir sur un certain nombre de leviers. Premièrement, il nous faut transformer les zones de misère en zones de prospérité. Il nous faut également offrir à la jeunesse africaine des perspectives d’emplois. L’Afrique compte aujourd’hui près de 480 millions de jeunes. Chaque année près de 13 millions de jeunes Africains arrivent sur le marché de l’emploi alors qu’il n’existe que 3 millions de postes. Que faire des 10 autres millions ?

Certains se désespèrent et s’engagent dans des aventures périlleuses comme on a pu le voir avec ces bateaux de fortune de migrants lancés à l’assaut de la Méditerranée. D’autres deviennent des proies faciles pour les groupes terroristes. A cet enjeu majeur, il faut une solution globale et inclusive. C’est pourquoi la Banque africaine de développement (BAD) ambitionne d’aider les Etats africains à créer 25 millions d’emplois pour les jeunes Africains sur les dix prochaines années.

Lire l’entretien :   « Le Sahel est une bombe démographique »

« L’accès à l’énergie est autant une question de développement qu’un enjeu de sécurité »
 

Certains Etats en situation d’extrême fragilité comme la Somalie peinent à convaincre les bailleurs de financer la reconstruction et le développement. Comment éviter de leur imposer une double peine, en leur refusant l’accès aux guichets alors qu’ils paient déjà un lourd tribut au terrorisme ?

Il est important de continuer à accompagner et soutenir les Etats en situation de fragilité. Dans le cas particulier de la Somalie, nous travaillons avec le Royaume-Uni pour doter le pays d’infrastructures de qualité. La BAD dispose d’un instrument spécifique pour accompagner les Etats en transition : le Fonds africain du développement, qui a fait l’objet d’une reconstruction de près de 7,2 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) en novembre 2016 à Luxembourg.

Cet instrument nous a permis de soutenir les efforts de la Côte d’Ivoire pour sortir de la fragilité et devenir une des économies les plus dynamiques du continent avec près de 10 % de croissance. Partout où il y a fragilité de l’Etat, il y a faiblesse des institutions, déficit d’énergie, faible niveau de formation. Nous devons être aux côtés des Etats concernés pour les aider à renforcer leur résilience. L’exemple de la Côte d’Ivoire conforte mon optimisme et m’amène à penser que même les pays du continent actuellement en difficulté extrême ne sont pas définitivement condamnés.

Aux côtés des Etats et des bailleurs de fonds traditionnels, le secteur privé peut-il jouer un rôle dans les efforts pour sortir de la fragilité des pays comme le Burundi, le Soudan du Sud, la Centrafrique, la République démocratique du Congo ?

Le piège serait justement ne pas investir dans ces pays sous prétexte qu’ils sont en situation de fragilité. Nous comprenons les réticences du secteur privé qui peut considérer l’absence d’institutions fortes et d’infrastructures comme des freins. Il faut donc en même temps éviter que ces pays-là soient abandonnés à leur sort. C’est pour cette raison que nous, à la BAD, avons créé un instrument doté de 250 millions de dollars (233 millions d’euros) pour encourager le secteur privé à investir dans les Etats en transition comme la Centrafrique, la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud. Il s’agit pour la BAD de se tenir aux côtés des hommes d’affaires pour partager les risques liés à leurs investissements dans ces pays.

Lire aussi :   La Bourse de Nairobi est-elle la pire au monde ?

A en croire une étude du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), seuls deux pays d’Afrique subsaharienne, Maurice et les Seychelles, assurent l’électricité à tous leurs habitants. Dans d’autres pays, le taux d’accès tourne autour de 10 %. Comment l’Afrique peut-elle relever cet immense défi ?

J’ai honte de la situation de l’accès à l’énergie en Afrique. Sans énergie, on ne peut même pas assurer une éducation de qualité aux enfants. Les terroristes profitent de l’obscurité entraînée par l’absence d’électricité pour commettre leurs forfaits – c’est autant un problème de développement qu’une question de sécurité. J’ai donc décidé dès mon entrée en fonction en 2015 de faire de l’accès à l’énergie un chantier majeur de mon mandat. Nous avons lancé le « Nouveau pacte pour l’énergie pour l’Afrique » qui vise à résoudre durablement le problème. Il ne s’agit pas seulement d’éclairer mais aussi de faire en sorte que l’Afrique nourrisse l’Afrique à travers le développement de l’agro-industrie, l’industrialisation, l’intégration régionale.

« Nous voulons arriver à un premier niveau de transformation des matières premières sur place afin qu’elles apportent une valeur ajoutée »

 

L’énergie est un préalable et la BAD l’a compris. C’est pour cette raison qu’elle va mettre sur la table 12 milliards de dollars (11,2 milliards d’euros) pour les dix prochaines années. Nous escomptons, à partir de notre mise, un effet de levier de 50 milliards de dollars en faveur de l’accès à l’énergie en Afrique. Rien que pour 2016, nous avons investi près de 1,7 milliard de dollars sur ce point, ce qui a entraîné 2,8 milliards apportés par le secteur privé. Signe de la priorité que nous accordons à l’urgence énergétique, une vice-présidence de la Banque chapeaute un complexe spécifiquement créé pour l’énergie : c’est un cas unique dans les organisations multilatérales. Il colle à l’immensité du défi.

Nous n’aurons d’autre choix que d’exploiter au maximum les opportunités offertes par les énergies renouvelables : le solaire, l’hydroélectrique, le géothermique et même le charbon puisqu’il existe des techniques pour le rendre moins polluant. Avec l’Union africaine, nous avons mis en place l’« Initiative énergie renouvelable pour l’Afrique ». La cellule technique d’implantation de cette initiative est déjà en place à la BAD. Nous sommes fermement convaincus que résoudre le problème d’accès à l’énergie en Afrique, c’est aussi résoudre les problèmes de stabilité et de développement.

Lire la série de reportages :   Traversée d’une Afrique bientôt électrique

Vous qui prônez un « retour du continent à la terre » – l’agriculture –, quelle est votre position sur l’achat des terres agricoles africaines par des investisseurs étrangers, notamment de la Chine et du Golfe ?

Si les terres africaines suscitent tant de convoitises, c’est parce qu’elles présentent un potentiel immense. L’Afrique concentre près de 65 % des terres arables dans le monde. Paradoxalement, elle importe chaque année pour près de 35 milliards de dollars de produits alimentaires. Il faut sortir de cette situation inacceptable ! En passant d’abord d’une agriculture de subsistance à une agriculture business qui produit de la richesse. Près de 65 % d’Africains, les plus pauvres, vivent dans le milieu rural et dépendent de l’agriculture. Moi qui suis enfant de paysan, j’ai vécu la pauvreté dans ma chair. Et je souhaite aider les agriculteurs africains à en sortir.

Sur les dix prochaines années, la BAD envisage ainsi d’investir 24 milliards de dollars dans l’agriculture, l’enjeu étant de mettre un terme à la situation actuelle qui amène nos Etats à exporter sans transformation nos matières premières agricoles telles que le café, le cacao, le coton. Nous voulons plutôt arriver à un premier niveau de transformation de ces matières premières sur place afin qu’elles apportent une valeur ajoutée à nos économies et créent des emplois.

Plus stratégiquement, nous avons décidé d’accompagner l’émergence d’une génération de jeunes agro-entrepreneurs africains auxquels nous apporterons le financement et l’accompagnement technique. L’Afrique ne peut plus continuer à pratiquer l’agriculture pour créer des emplois et de la richesse pour les autres. L’avenir de notre continent sera fonction de ce qu’il fera de son agriculture. C’est par elle que passe également la solution durable et efficace à la pauvreté et à la misère qui nourrissent le terrorisme et l’instabilité.

Seidik Abba (Addis-Abeba - contributeur Le Monde Afrique)

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