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09 janvier 2017

Les citoyens Africains exhortent leurs dirigeants à abandonner le Franc CFA

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En région parisienne. De la gauche vers la droite : Toussaint Alain, responsable des relations institutionnelles et publiques d’URPANAF, Ery Djehouty, superviseur général de la conférence et membre d’URPANAF, Nicolas Agbohou, docteur en économie, écrivain – © Crédits photos : Sarah Kouaka, NOFI

Dakar, le 8 janvier 2017. L’Organisation non gouvernementale internationale Urgences Panafricanistes (URPANAF) remercie la société civile africaine qui, par son exceptionnelle mobilisation, a assuré le succès de la manifestation unitaire transcontinentale du samedi 7 janvier 2017. Cette mobilisation historique permet d’envisager avec confiance et sérénité l’avenir immédiat, à savoir l’abandon définitif du Franc CFA.

En répondant massivement à l’appel du militant panafricaniste, écrivain et chroniqueur télé Kemi Seba, leader d’URPANAF, les panafricains ont clairement exprimé leur refus du paternalisme politico-économique de la France et leur volonté d’en finir définitivement avec une monnaie qui appauvrit les populations des quinze pays où elle est en circulation.

Créé par décret le 26 décembre 1945, le Franc CFA est l’un des derniers avatars de la décolonisation inachevée. Il est en cours aux Comores et dans quatorze Etats en Afrique : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Niger, République Centrafricaine, République du Congo, Sénégal, Tchad, Togo.

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Près de 700 personnes se sont réunies en région parisienne pour participer au Front historique contre le Franc CFA – © Crédits photos : Sarah Kouaka, NOFI

L’ONG Urgences Panafricanistes a constitué un Comité d’experts économiques, financiers, juridiques et sociaux. Ces spécialistes reconnus ont pour prérogatives, entre autres, de transmettre une série de résolutions, telles que formulées par les peuples africains, aux Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Zone Franc CFA. Celles-ci étant, in fine, destinées aux Représentants officiels de la République Française.

En formant un « Front Anti Franc CFA » dans les pays membres, les initiateurs du mouvement et la société civile envoient un signal fort aux autorités françaises. Ils les invitent à prendre leurs responsabilités en renonçant à un système monétaire obsolète hérité de la colonisation. Ces accords de coopération sont désuets et doivent être dénoncés.

Plus de soixante-dix ans après la naissance du Franc CFA, la France n’a pas d’autre choix que de reconnaître enfin aux Africains le droit de battre, gérer et administrer eux-mêmes leur propre monnaie, l’un des principaux attributs de la souveraineté nationale.

Dans l’hypothèse où, en dépit du bon sens, les dirigeants français feraient obstacle aux aspirations légitimes des peuples africains, l’ONG Urgences Panafricanistes se réserve le droit d’envisager des campagnes de sanctions économiques ciblées contre les entreprises françaises opérant en Afrique.

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A Dakar, le militant panafricaniste, écrivain et chroniqueur télé Kemi Seba, leader d’URPANAF, répondant aux journalistes – © Crédits photos : DR

Pour toute information, merci d’écrire à : urpanaf@gmail.com

http://www.connectionivoirienne.net/123227/les-citoyens-africains-exhortent-leurs-dirigeants-a-abandonner-le-franc-cfa

 

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Mobilisation pour demander la fin du franc CFA en Afrique

Franc CFA.jpgA Abidjan, Bamako, Bruxelles, Dakar, Kinshasa, mais aussi Londres, Ouagadougou ou encore Paris, des rassemblements, des manifestations ou des conférences se sont tenus ce samedi 7 janvier. Un appel mondial a été lancé pour demander la fin du franc CFA, monnaie créée en 1945, arrimée à l'euro, et jugée colonialiste.

Selon les organisateurs de cette journée, le franc CFA est une survivance des colonies françaises d’Afrique et constitue une servitude monétaire à laquelle il est temps de mettre un terme.

Créé le 26 décembre 1945, le franc CFA rassemble les pays de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) et ceux de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) plus les Comores. Au total quinze pays disposant d'une monnaie commune reliée par une parité fixe au franc français jusqu'en 1999. Depuis, le franc CFA est arrimé à la monnaie unique européenne.

A (RE)LIRE → Faut-il en finir avec le Franc CFA ?

Or, c'est bien ce dont se plaignent les détracteurs du CFA. Il assure bien une stabilité financière aux pays de la zone. Mais, en revanche, il les prive de toute possibilité d'ajustement de politique monétaire. Dont celle de procéder à des dévaluations compétitives pour doper les exportations. Par ailleurs, le haut niveau de l'euro place la zone CFA dans une position souvent défavorable par rapport aux autres pays africains.Franc CFA 2.jpg

« A bas le franc CFA ! A bas le colonialisme ! »

A Dakar, le rassemblement s’est tenu place de l'Obélisque. « A bas le franc CFA ! A bas le colonialisme ! » Militants, activistes, politiques, 300 personnes se sont mobilisées ce samedi.

Malick Diouf, artiste, se revendique panafricain. Pour lui, le franc CFA est une honte. « Moi, j’ai honte du sigle franc CFA parce que c’est comme si on était toujours colonisés. Des groupes d’entreprises dans d’autres pays créent leur propre monnaie. Aujourd’hui, l’Afrique ne devrait pas accepter de fonctionner avec le franc CFA ! » lance-t-il.

Mamadou Ba se présente comme un Sénégalais lambda. Mais ce jeune homme a lu Sankara, Lumumba ou encore Ben Barka. Il souhaite désormais mobiliser les classes populaires. « Personne ne viendra nous aider. C’est à nous de mener le combat et d’enterrer une bonne fois pour tout cette monnaie. Pour cela, il faut que l’Afrique s’unisse pour qu’on puisse frapper notre propre monnaie et aller de l’avant », estime-t-il.

A (RE)LIRE → Le franc CFA, avantage ou handicap pour les économies africaines ?

Contre le Franc CFA, contre également les accords de partenariats économiques (APE) entre l'Europe et les Etats de la Cédéao. Car ils vont détruire une économie déjà fragile, estime Guy Marius Sagna, du collectif « Non au APE ». « 75% des marchandises en provenance de l’Union européenne ne payant plus de droits de douane, cela veut dire que le chômage va exploser, ça veut dire qu’on va passer de 16 Sénégalais par jour qui traversent la Méditerranée à beaucoup plus », alerte-t-il.

Si les thématiques sont fortes, sont liées à l’économie et au développement, les militants et les acteurs politiques ont néanmoins beaucoup de difficultés à mobiliser la population autour de ces problématiques.

Par RFI

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15 décembre 2016

Les conflits en cours continuent d'aggraver l'insécurité alimentaire, selon la FAO

Agriculteur mais Lesotho.jpgLes conflits civils et les chocs liés aux conditions météorologiques ont fortement pesé sur la sécurité alimentaire en 2016, faisant augmenter le nombre de personnes ayant besoin d'une assistance alimentaire, selon un nouveau rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

La nouvelle édition du rapport «Perspectives de récolte et situation alimentaire», publiée jeudi, souligne que 39 pays ont besoin d'une aide extérieure pour couvrir leurs besoins alimentaires.

Alors que les perspectives sur les approvisionnements céréaliers dans le monde s'améliorent en raison de conditions de croissance favorables pour les cultures, les séquelles des dernières sécheresses persistent, tout comme les effets négatifs ressentis suite aux conflits.

Les prévisions agricoles suggèrent que les prochaines récoltes de grains seront bonnes mais que la faim va probablement s'intensifier dans certaines régions et ce, pendant les saisons maigres, avant que les nouvelles cultures n'arrivent à maturation. En Afrique australe, où les effets du phénomène El Niño ont fortement contribué à réduire la production agricole en 2016, le nombre de personnes ayant besoin d'une assistance extérieure de janvier à mars 2017 devrait augmenter de manière significative, comparé à la même période l'année précédente. Le rapport indique que les retards de croissance sont «beaucoup plus répandus» dans les zones connaissant des troubles telles que Madagascar, le Malawi et le Mozambique.

Dans certaines régions, les stocks de semences de céréales et de légumes, devenus inadéquats à la suite de deux récoltes insuffisantes et consécutives, pourraient limiter les campagnes de semis. La FAO et les gouvernements travaillent à la mise en œuvre de programmes de soutien agricole visant à améliorer l'accès aux intrants agricoles essentiels.

Les conflits jettent une ombre sur la sécurité alimentaire

Afin de faciliter la planification d'une intervention humanitaire, le rapport identifie les causes premières des crises alimentaires locales. Cela va du déficit exceptionnel de la production agricole au manque d'accès généralisé (en raison des faibles revenus, des prix élevés ou des perturbations des réseaux de distribution), en passant par les effets du conflit sur les conditions de sécurité alimentaire locale.

Les conflits civils et leurs conséquences, y compris les mouvements de réfugiés qui pèsent sur les pays d'accueil tels que le Cameroun et le Tchad, sont cités par 21 des 39 pays concernés. Les conflits généralisés peuvent conduire à la perte et à la diminution des moyens de production des ménages, comme cela est le cas en République centrafricaine, et à des problèmes de sécurité qui auront pour effet de freiner les activités agricoles, à l'image du Soudan du Sud. Dans certaines zones du pays, les récoltes, bien que meilleures, vont probablement avoir un effet éphémère en raison du conflit en cours, qui limite la pratique des activités agricoles, posant ainsi davantage de risques pour les communautés les plus vulnérables.

En Syrie, 9,4 millions de personnes ont besoin d'une assistance alimentaire, en raison de la poursuite du conflit civil. Cette année, le niveau de la production de blé devrait être environ 55% moins important que celui précédant la crise. Selon le rapport, le conflit en cours au Yémen a clairement contribué à faire augmenter le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire, dépassant largement l'évaluation de juin qui les estimaient à 14,2 millions.

Les tendances agricoles appelées à s'améliorer après une année 2016 difficile

En 2016, les sécheresses et les effets climatiques induits par le phénomène El Niño ont provoqué d'importantes pertes de récoltes dans plusieurs pays. L'ensemble de la production céréalière africaine a baissé en 2016 malgré quelques gains sous-régionaux, notamment en Afrique de l'Ouest et dans la région sahélienne, qui est en passe de battre un record avec sa production céréalière. En Afrique australe, la production de maïs a connu une forte baisse, menaçant gravement les conditions de sécurité alimentaire.

Les faibles récoltes ont entraîné une forte hausse des prix de l'incontournable maïs au Malawi, où 6,5 millions de personnes devraient vraisemblablement se retrouver en situation d'insécurité alimentaire lors de la prochaine saison maigre. D'un point de vue positif, avec la fin du phénomène El Niño, les estimations préliminaires font état d'une hausse de 27% des semis de maïs pour la campagne agricole sud-africaine de 2017, de loin le plus grand producteur de la région.

Alors que la plupart des pays d'Asie ont bénéficié de productions agricoles plutôt généreuses en 2016, notamment grâce à une nette relance en Inde, l'impact des conflits toujours en cours dans les pays du Proche-Orient continue d'amoindrir la production agricole et ce, malgré des conditions climatiques globalement favorables pour les cultures céréalières de base.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, un rebond de la production en Amérique centrale en 2016 serait apprécié, après des rendements diminués par la sécheresse l'année précédente, tandis que la campagne de semis de 2017 en Amérique du sud devrait bien démarrer après avoir enregistré une baisse des récoltes en 2016, due en grande partie aux sécheresses qui ont sévi en Bolivie, au Brésil et au Paraguay.

Les 39 pays ayant actuellement besoin d'une aide alimentaire extérieure sont : l'Afghanistan, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, la République populaire démocratique de Corée, la République démocratique du Congo, Djibouti, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Guinée, Haïti, l'Irak, le Kenya, le Lesotho, le Liberia, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Birmanie, le Népal, le Niger, le Nigéria, le Pakistan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, le Swaziland, la Syrie, l'Ouganda, le Yémen et le Zimbabwe.

Centre d'actualités de l'ONU