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11 janvier 2017

L'Afrique, terre de développement pour les entreprises marocaines

Maroc entreprises.jpgLe Maroc s’est doté d’une stratégie ambitieuse pour stimuler sa croissance économique et s’implanter davantage sur les marchés régionaux. Le succès des entreprises marocaines dans l‘énergie et la santé a fait du Royaume, l’un des investisseurs les plus importants en Afrique. Pourquoi le Maroc investit-il dans les secteurs cruciaux ? Et dans quelle mesure les sociétés marocaines impliquées soutiennent-elles les plans de développement du continent ? C’est ce que nous découvrons dans cette édition de Target.

Le Maroc applique avec succès sa stratégie qui vise à stimuler sa croissance économique et à s’implanter davantage en Afrique. Il est devenu un modèle sur le marché africain émergent grâce aux projets portés par des entreprises marocaines dans l‘énergie et la santé. Quelles sont-elles ? C’est ce que nous allons voir à Casablanca, capitale économique du Royaume.

 

Pour accompagner le secteur privé marocain dans le développement de ses activités en Afrique, Maroc Export (le Centre de promotion des investissements marocains) collabore avec la Banque africaine de développement. Entre 2008 et 2015, les entreprises marocaines ont investi 2,2 milliards de dollars en Afrique, en particulier subsaharienne.

Des cultures proches

Récemment, Maroc Export a remis le prix Great Africa à trois entreprises pour leurs réalisations sur le continent. Parmi les lauréates, Fabrilec qui a construit au Burkina Faso, 800 kilomètres de lignes moyenne tension alimentant 87 villages.

“Le business en Afrique, c’est une aventure, reconnaît Moustapha Mouchrek, son PDG. Je crois que par notre culture qui est très proche, nous avons plus de chance, donc nous savons nous adapter un peu plus que d’autres, ajoute-t-il. Nos projets de construction consistent à faire les études et la fourniture, nous faisons assez souvent appel aux produits marocains : les câbles, les supports, les transformateurs parce que tout simplement, les produits marocains sont bons et compétitifs,” assure-t-il.

Et ces produits, Fabrilec les trouve notamment chez Energy Transfo qui a également remporté le prix Great Africa. Cette entreprise conçoit et fabrique du matériel électrique depuis plus d’un demi-siècle déjà. Elle est agréée auprès de tous les distributeurs d‘énergie du pays et s’est lancée dans les exportations vers l’Afrique en 2010.

Des cultures proches

Récemment, Maroc Export a remis le prix Great Africa à trois entreprises pour leurs réalisations sur le continent. Parmi les lauréates, Fabrilec qui a construit au Burkina Faso, 800 kilomètres de lignes moyenne tension alimentant 87 villages.

“Le business en Afrique, c’est une aventure, reconnaît Moustapha Mouchrek, son PDG. Je crois que par notre culture qui est très proche, nous avons plus de chance, donc nous savons nous adapter un peu plus que d’autres, ajoute-t-il. Nos projets de construction consistent à faire les études et la fourniture, nous faisons assez souvent appel aux produits marocains : les câbles, les supports, les transformateurs parce que tout simplement, les produits marocains sont bons et compétitifs,” assure-t-il.

Et ces produits, Fabrilec les trouve notamment chez Energy Transfo qui a également remporté le prix Great Africa. Cette entreprise conçoit et fabrique du matériel électrique depuis plus d’un demi-siècle déjà. Elle est agréée auprès de tous les distributeurs d‘énergie du pays et s’est lancée dans les exportations vers l’Afrique en 2010.

“Le secteur électrique a connu une forte croissance au Maroc, c’est ce qui a permis à son industrie de se développer, raconte Nouzha Taarji, sa dirigeante. Aujourd’hui, nous avons un large éventail d’industries marocaines qui fabriquent une multitude de matériel électrique : c’est ce qui aujourd’hui, permet aux clients africains de venir s’approvisionner sur un marché global : celui du Maroc, estime-t-elle. Nos clients, quand ils viennent nous rendre visite, se projettent vers l’avenir et se disent que si le Maroc a réussi à développer son industrie, pourquoi eux dans leurs pays ne pourraient pas la développer,” conclut-el

Développement économique et social

Le Maroc parie aussi sur la santé et l’industrie pharmaceutique : le pays soutient les exportations de ses produits nationaux, en particulier vers l’Afrique. Distinguée elle aussi par le prix Great Africa, Cooper Pharma est l’une des plus anciennes sociétés pharmaceutiques marocaines. Elle compte déjà des clients africains, mais elle va plus loin : elle prévoit de monter une usine au Rwanda.

Pour son PDG Aymen Cheikh Lahlou, investir en Afrique a aussi une dimension sociale. “Il ne peut pas y avoir de développement économique et social sans investissement dans la santé, insiste-t-il. En tant qu’entreprises pharmaceutiques, on participe à la réalisation de cet objectif : cela passe par la création d’emplois, des investissements directs étrangers, un travail sur la mise à disposition des médicaments sur le marché local, des prix faibles, un meilleur accès aux traitements, mais cela passe aussi par la formation de personnels qualifiés parce que notre industrie doit répondre à des normes internationales élevées en termes de qualité,” fait-il remarquer.

Source:http://fr.euronews.com

10:07 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

Guinée: le développement du tourisme d'affaires

Vue de Conakry, en Guinée. Le pays cherche à développer son secteur du tourisme d'affaires. Getty Images/Waldo Swiegers/Bloomberg
 

En Guinée, les grands hôtels de luxe fleurissent dans la capitale Conakry. Le Noom, nouvelle chaîne d’établissements haut de gamme à destination de l’Afrique a ouvert depuis presque deux mois. Le Sheraton devrait ouvrir prochainement. Alors que le tourisme est un secteur très peu développé en Guinée, le tourisme d'affaires semble être en plein essor.

Dans le hall, les clients sont exclusivement des hommes d’affaires. L’hôtel fait partie du nouveau groupe Mangalis qui développe l’activité à travers l’Afrique. Le Noom de Conakry est le premier hôtel de la chaîne à ouvrir.

« Après plusieurs années ou plusieurs décennies de stagnation, la Guinée est un pays qui se met debout qui se met en marche. Et c’est cette raison qui fait que les investisseurs sont de retour en Guinée. Il y a forcément un besoin d’hôtel, dit Jean-François Rémy, directeur général du Noom de Conakry. Le parc hôtelier aujourd’hui est très vieillissant, très archaïque, pas du tout aux standards de la décennie que nous vivons à savoir l’heure Internet, le confort, tout ce qu’attend aujourd’hui un visiteur d’affaire qui en général a l’habitude de tourner dans les hôtels de grande chaîne. Le parc hôtelier aujourd’hui de Conakry n’offrait pas cette qualité », déplore-t-il.

Une offre hôtelière équivalente à celle de Dakar pour 2018

Le Noom a été inauguré en présence du chef de l’État Alpha Condé. Car, selon le ministre du Tourisme Thierno Ousmane Diallo, l’ouverture de ces établissements de luxe est une stratégie des autorités pour développer le secteur et l’économie guinéenne.

« Pour intéresser les opérateurs économiques et les investisseurs, il faut d’abord créer le contact, qu’ils viennent à Conakry, explique-t-il. Quand ils viennent chez nous, ils ne vont quand même pas dormir chez le ministre du Tourisme ou sous le manguier. Il faut bien faire des hôtels. On a développé une offre. À l’orée 2018, Conakry aura le même nombre de chambres que Dakar, 2 500 lits », annonce Thierno Ousmane Diallo.

Le tourisme de découverte à ne pas négliger

Une stratégie jugée efficace par les professionnels. Hadja Aissatou Bella Diallo est la créatrice d’une des plus grosses agences de voyages du pays. Mais il ne faut pas pour autant oublier le tourisme de découverte.

« L’impact est énorme. Quand on n’a pas ces grands hôtels, on ne peut pas organiser de grands évènements, comme ceux qu’on organise dans les autres pays. Tous les secteurs du tourisme jouent un rôle indispensable pour le développement d’un pays, analyse-t-elle. Mais nous voulons développer le « vrai » tourisme, parce quand on voit les pays limitrophes, la Guinée a le potentiel du tourisme. »

Pour l’an prochain, le budget du ministère du Tourisme s’élève à 21 milliards de francs guinéens soit 2 millions d’euros. C’est l’un des ministères les moins bien dotés, selon la loi de finances 2017.

 Par Coralie Pierret

09:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

«La Mauritanie peut s’entendre à la fois avec le Maroc et l’Algérie»

Abdoul Alassane Kane, expert consultant en Intégration régionale et ancien fonctionnaire de la CEA (Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique)

Au-delà des opportunités bilatérales, le partenariat économique entre le Maroc et la Mauritanie devrait s’ouvrir sur une perspective régionale. Tel est le point de vue d’Abdoul Alassane Kane, expert consultant en Intégration régionale pour qui Nouakchott peut être dans de bons termes à la fois avec Rabat et Alger.  

Les Inspirations ÉCO : Avec la visite du chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, pensez-vous que l’imbroglio entre la Mauritanie et le Maroc est désormais derrière nous ?
Abdoul Alassane Kane : Il devrait en être ainsi, tout au moins pour la cause immédiate dudit imbroglio. Une rencontre à un si haut niveau devrait, ensemble avec les déclarations non-équivoques des officiels marocains qui l’ont précédée ou suivie, permettre de mettre un terme à l’incompréhension et à la polémique générées par les propos du responsable du Parti de l'Istiqlal. A-t-elle été suffisante pour aplanir toutes les divergences et apurer les ressentis qui semblent perceptibles depuis quelques années entre les deux pays ? Il est trop tôt pour l’affirmer. Les échéances à venir -le tout prochain sommet de l’Union africaine notamment- nous donneront probablement quelques indications ou signaux y afférents.

Comment la Mauritanie peut-elle à la fois être dans de bons termes avec Rabat et Alger ?
Question simple et complexe à la fois. Simple, si on se réfère aux idéaux et principes qui structurent les relations entre États -respect de la souveraineté de chacun, bon voisinage, coopération mutuellement avantageuse, règlement pacifique des différends-. Complexe, quand on prend en compte l’ampleur des divergences existantes entre Rabat et Alger sur le dossier du Sahara, et ce, depuis quatre décennies. L’enjeu pour la Mauritanie, c’est d’avoir sa propre diplomatie, avec une approche holistique, lisible et cohérente dans la durée. Il est communément admis que pour un pays, les facteurs structurants de la diplomatie devraient être d’abord sa géographie, ensuite ses intérêts, et enfin ses sentiments. La diplomatie régionale de la Mauritanie doit refléter sa géographie -toute sa géographie-, ne doit pas être réduite à un mouvement de balancier entre tel et tel voisin, et être sous-tendue par ses intérêts stratégiques. Il n’y a pas que Rabat et Alger autour de la Mauritanie, et son positionnement régional gagnerait en pertinence et en opportunités, s’il est inclusif de tout son voisinage. Les relations avec un pays voisin ne peuvent pas se définir par opposition à un autre voisin. Vu sous cet angle, être en bons termes avec le Maroc et l’Algérie est du domaine du possible, pour peu que les relations soient basées sur des partenariats mutuellement avantageux, et libérées autant d’un certain angélisme anachronique (du genre «nous sommes frères arabes» ou «frères africains») et des soupçons de condescendance qui ont de temps à autre pollué lesdites relations.

Comment analysez-vous les échanges économiques entre le Maroc et la Mauritanie ?
Les données statistiques de la période 2008-2014 montrent notamment que la Mauritanie est en pourcentage, le 3e partenaire commercial du Maroc en Afrique subsaharienne (ASS), avec 8,3%, juste derrière le Nigéria (15,7%) et le Sénégal (11%). Si l’on se réfère aux seules exportations de l’exercice 2014, la Mauritanie a été la première destination des produits marocains avec 12%, devant le Sénégal (9,4%) et la Côte-d’Ivoire (9,1%), loin devant le Mali (4,1%). Pour autant, la Mauritanie reste encore l’un des «parents pauvres» des IDE marocains vers l’ASS, avec seulement 1% durant la période 2003-2013 (au même niveau que le Togo), très loin derrière le Mali (15%), la Côte-d’Ivoire (9%) ou le Burkina (8%). Le ratio Exportations/IDE du Maroc n’est en équilibre qu’avec le Sénégal, la Côte d'Ivoire et -dans une moindre mesure- le Gabon. La Mauritanie fait partie des marchés porteurs pour les exportations marocaines en Afrique, mais elle n’apparaît presque pas sur les radars IDE du royaume chérifien. Il y a donc là un besoin de rééquilibrage, le renforcement et la durabilité de tout partenariat étant tributaire d’une bonne répartition des gains escomptés.

Qu’est-ce que la Mauritanie et le Maroc ont à gagner en développant, chacun leur partenariat ?
Au-delà des opportunités bilatérales, l’optimalité du partenariat économique Mauritanie-Maroc devrait être recherchée dans une perspective régionale. Le Maroc ambitionne de développer ses exportations vers l'Afrique de l’Ouest, et a donc besoin d’une économie mauritanienne ouverte et performante, notamment en matière de transport -transit inter-États, de fourniture de services logistiques et de facilitation du commerce. Le royaume chérifien gagnerait donc à accompagner la Mauritanie dans ses efforts de réalisation et d’entretien d’un réseau routier de qualité, à travers différentes formules de PPP. De son côté, la Mauritanie a un besoin impératif de diversifier son économie, encore largement tributaire du commerce de quelques produits primaires. Cela passe impérativement par une insertion dans des chaînes de valeur régionales, aux fins de promouvoir la transformation desdits produits et une industrie de services dynamique. Une arrivée soutenue d’investisseurs marocains dans le secteur manufacturier, notamment dans le cadre de la Zone franche de Nouadhibou, serait pour l’économie mauritanienne un important levier de croissance et de diversification. Mais pour une plus grande attractivité des IDE -marocains ou autres- la Mauritanie devra gagner le pari de réformes plus audacieuses pour une véritable administration de développement, une amélioration sensible de certains indicateurs de l’environnement des affaires et un retour formel dans le marché régional CEDEAO.

Pensez-vous que le Maroc peut partager avec la Mauritanie son expérience de développement économique, notamment dans des secteurs comme l’Agriculture ?
Le Maroc et la Mauritanie ont en commun un certain nombre de défis de développement dont l’importance du stress hydrique, un déficit céréalier structurel, une forte dépendance aux importations de produits énergétiques d’origine fossile. Sur ces questions, comme sur d’autres, le Maroc développe, depuis quelques années, des politiques et stratégies de réponse à long terme (Plan Maroc Vert, Masen/Énergies renouvelables…) dont les enseignements seraient très utiles pour la Mauritanie, et pas seulement. 


Une économie en quête de rebond

Après avoir fléchi en 2015, l’activité de la Mauritanie a accéléré en 2016 et devrait rester sur une bonne dynamique en 2017. La croissance devrait être soutenue par la relance de la production de la pêche qui compenserait partiellement le ralentissement de l’industrie manufacturière et minière. Le secteur primaire,  pilier majeur de l’économie, reste  particulièrement vulnérable aux fluctuations pluviométriques. Malgré le recul de la production manufacturière, le secteur secondaire reste lui aussi central et devrait être stimulé par les activités de construction et de travaux publics dans le cadre d’un programme d’investissement structurant. S’agissant du secteur tertiaire (secteur financier et commerce), celui-ci devrait poursuivre son expansion pour devenir le premier contributeur à la formation du PIB. L’activité dans le secteur manufacturier pourrait ralentir, et le secteur minier, dominé par la production de cuivre mais surtout de minerai de fer, continuerait à souffrir d’une demande extérieure peu porteuse et de l’absence de rebond du prix de ces matières premières après la baisse observée en 2015.

Par Oumar Baldé, leseco.ma

08:08 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |