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18 décembre 2017

Ce qu’il faut retenir du 52e sommet de la Cedeao

52ème sommet, cedeao, jean claude bNomination de l'Ivoirien Jean-Claude Brou à la présidence de commission de la Cedeao, situations du Togo, de la Guinée-Bissau et de la Gambie, intégration économique insuffisante... Jeune Afrique décrypte le communiqué final de la 52e Conférence de la Cedeao, qui s'est tenue le 16 décembre à Abuja.

Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont tenu samedi 16 décembre leur 52e Conférence à Abuja, au Nigeria. Une occasion de faire un point sur tous les dossiers en cours dans la région.

  • Une intégration économique encore faible

Selon le communiqué final diffusé par l’institution, les participants ont déploré le faible niveau du taux d’intégration économique après plus de quarante ans d’existence de la Cedeao, et ont appelé à l’accélération des projets et programmes intégrateurs, « aussi bien dans le domaine des infrastructures que dans le domaine plus global de l’amélioration de l’environnement des affaires et de la compétitivité des entreprises ».

Le projet de création d’une union monétaire n’est par exemple qu’un lointain objectif, pour lequel la conférence a exhorté les États « à prendre les mesures nécessaires pour le respect des principaux critères de convergence nécessaire à la mise en place d’une union monétaire viable et crédible ».

Pour la libre circulation des personnes et des biens, la Conférence a pris note de « la persistance de barrières tarifaires et non-tarifaires ainsi que des pratiques anormales sur les corridors et les frontières des États membres ». Elle a de ce fait accédé à la requête du président de la Task Force de renforcer ses prérogatives lui permettant d’effectuer des contrôles inopinés pour débusquer des agents indélicats et d’en faire rapport aux autorités politiques des États membres visités.

  • Le code des douanes adopté

La Conférence de la Cedeao a en revanche pu adopter le code des douanes de la Cedeao, « qui établira un cadre juridique commun pour les procédures douanières dans tous les États membres et contribuera ainsi à l’amélioration de l’environnement des affaires et à la facilitation des échanges dans l’espace Cedeao.

  • Des perspectives économiques encourageantes

La Conférence s’est félicitée des bonnes perspectives en matière de croissance économique de la région dont le taux de progression du PIB réel est projeté à 2,1 % en 2017 et 3, 1 % en 2018, contre 0,2 % en 2016, principalement en raison de la reprise prévue des prix des principaux produits exportés par les États membres de la Cedeao, ainsi que de l’amélioration de la sécurité dans les zones de production pétrolière. Afin de conforter ces résultats, la Conférence a exhorté les États membres à poursuivre les réformes structurelles engagées pour s’affranchir des fluctuations des cours des matières premières et permettre à leurs économies d’être plus résilientes face aux chocs exogènes.

En revanche, la Conférence a exprimé sa préoccupation « au regard de la campagne agropastorale qui a été mitigée et de la situation alimentaire et nutritionnelle de millions de personnes dans l’espace Cedeao qui sont en besoin d’assistance » et s’est engagée « à mobiliser tous les efforts nécessaires dans les pays et à l’échelle régionale pour venir en aide aux personnes vulnérables ».

  • Terrorisme : la Cedeao demande des soutiens financiers pour le G5 Sahel 

Si la Conférence s’est félicitée « des résultats positifs enregistrés par la Force multinationale mixte du Bassin du Lac Tchad dans la lutte contre Boko Haram et des avancées considérables réalisées dans l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel », elle « reste préoccupée face à l’expansion des attaques terroristes dans la région ». Elle a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte son soutien financier au G5 Sahel.

La Conférence a encouragé les États membres de la Cedeao « à mieux partager les renseignements et informations entre eux afin de lutter contre le terrorisme dans la région » et a annoncé son soutien au Système d’information policière de l’Afrique de l’Ouest (Sipao), destiné à accroître la capacité des services de sécurité à combattre la criminalité transnationale et le terrorisme.

  • Migrants en Libye : « l’esclavage moderne » fermement condamné

Exprimant sa « profonde indignation face aux traitements inhumains infligés aux migrants et réfugiés africains en Libye » la Conférence « s’engage à travailler avec les organisations internationales partenaires pour mettre rapidement fin à ces pratiques barbares ». Elle soutient la demande de l’Union Africaine pour qu’une enquête internationale soit diligentée et que les auteurs de ces actes criminels soient identifiés et punis.

  • Guinée-Bissau : un mois pour faire respecter l’Accord de Conakry

La Conférence, qui « regrette profondément le manque d’avancées dans le processus de paix en Guinée-Bissau », a demandé aux présidents guinéen Alpha Condé et togolais Faure Gnassingbé « de mener les consultations avec toutes les parties prenantes à l’Accord de Conakry dans un délai de un mois, faute de quoi des sanctions collectives et individuelles seront appliquées à toutes les personnes qui entravent la mise en œuvre de ces accords ».

  • Togo : Faure Gnassingbé à la tribune, de nombreux manifestants dans la rue

Alors que Faure Gnassingbé, chef de l’État togolais, assurait la présidence de la conférence, des milliers de personnes étaient à nouveau descendues dans les rues de Lomé, comme depuis plusieurs semaines, pour réclamer des réformes constitutionnelles et institutionnelles, rapporte l’AFP. La situation politique togolaise a été jugée « préoccupante » par la Conférence qui a « condamné fermement toutes les formes de violences et de débordements » et « s’est félicite des mesures d’apaisement et de décrispation adoptées par le gouvernement togolais afin de créer un environnement propice à l’ouverture du dialogue national ». Les chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao ont appelé les acteurs politiques togolais « à s’engager pleinement et dans les plus brefs délais, dans un dialogue inclusif pour parvenir à la mise en œuvre des réformes politiques ».

  • Au Mali, une situation « toujours préoccupante »

Si la Conférence s’est réjouie de la signature d’une trêve entre les belligérants, le 23 août 2017, les chefs d’État et de gouvernement « demeurent préoccupés par la multiplication des attaques terroristes au nord et au centre du pays ».

  • Gestion de l’après-Jammeh en Gambie

La Conférence a salué la mise en place de la Commission Vérité, réconciliation et réparations (CVRR) en Gambie et a exhorté Banjul « à veiller à ce que la volonté de rendre justice aux victimes du régime de l’ancien président Yahya Jammeh le soit dans le strict respect des lois gambiennes et des normes et principes internationaux ». Elle a en outre appelé la communauté internationale à « soutenir, de manière coordonnée, les efforts entrepris par le Gouvernement gambien afin d’assurer la relance économique et la stabilité du pays ».

  • Élections au Liberia

La Conférence a « pris note de la convocation du corps électoral pour le second tour de l’élection présidentielle le 26 décembre 2017 », et a exhorté les deux candidats, George Weah et Joseph Boakai, « à mener une campagne pacifique et à ne recourir qu’aux moyens légaux pour régler tout éventuel différend électoral ». Le communiqué final diffusé par la Cedeao ne mentionne pas la demande de report de l’élection déposé le 14 décembre par le parti de l’Unité, la formation de Joseph Boakai.

  • Un comité pour étudier la candidature de nouveaux membres

Le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie ayant déposé des demandes d’adhésion à la Cedeao – le premier en qualité de membre, le deuxième en qualité de membre observateur et le dernier en qualité de membre associé – la Conférence a estimé que ces différents dossiers « devraient être précédés par la mise en place de cadre institutionnel approprié qui devrait constituer la base juridique de telle décision ». Elle a décidé de mettre en place un comité de chefs d’État et de gouvernement pour superviser l’étude approfondie des implications de ces adhésions, composé de représentants du Togo, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée et du Nigeria.

  • Jean-Claude Brou devient président de la Commission

Lors du 48e sommet de la Cedeao, qui s’était tenu les 16 et 17 décembre 2015 à Abuja, les chefs d’État et de gouvernement avaient décidé de la fin des mandats en cours des fonctionnaires statutaires pour le 28 février 2018. En application de cette décision, Jean Claude Brou, actuellement ministre de l’Industrie et des Mines de Côte d’Ivoire a été nommé président de la commission de la Cedeao, pour un mandat de quatre ans à compter du 1er mars 2018. Il remplace à ce poste le Béninois Marcel de Souza.

  • Prochain sommet

La prochaine session ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement aura lieu à Lomé, au Togo, en juin 2018.

 

Jeune Afrique

Développement durable: Le Vice-Président de la République de Cote d'Ivoire a visité le Centre d’Excellence contre la faim au Brésil

sécurité alimentaire,faim,alimentation, brésil, cote d'ivoireEn mission d’imprégnation à Brasilia, capitale de la République fédérative du Brésil, le vice-Président de la République, SEM Daniel Kablan DUNCAN, a visité, mercredi après-midi, le Centre d’Excellence contre la faim dans ce pays.

Ce centre, symbole et référence mondiale en matière d’alimentation scolaire et de sécurité alimentaire et nutritionnelle, intéresse la Côte d’Ivoire qui ambitionne d’abriter un centre d’excellence identique.

Facilitateur national pour la campagne dénommée ‘’faim zéro’’, le vice vice-Président de la République multiplie au Brésil les contacts pour une bonne connaissance de l’expérience du Brésil en la matière. Le centre indique en effet des voies pour atteindre un monde ‘’faim zéro’’ dans le cadre du développement durable.

Ainsi donc, en présence du directeur régional du Programme alimentaire mondial (Pam) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, le sénégalais Abdou DIENG, de l’ambassadeur représentant la Côte d’Ivoire auprès de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (Fao), du Fonds international de Développement agricole (Fida) et du Pam, SEM Seydou CISSE, le vice-Président de la République s’est fait longuement présenter les objectifs et le fonctionnement du centre d’excellence brésilien contre la faim, par le directeur, M. Daniel BALABAN, et le chef du projet, Mme Christiane VOUANE.

Auparavant dans la matinée, le vice-Président de la République avait pris part à une importante session sur la même thématique de l’élimination de la faim. C’était dans les locaux du prestigieux palais d’Itamaraty qui abrite le ministère brésilien des Relations extérieures

L’autre temps fort aura été la rencontre que le vice-Président de la République et sa suite ont eue avec le ministre brésilien du Développement social M. Osmar TERRA. L’essentiel de cette séance de travail a porté sur les voies et moyens de donner un coup de fouet à la coopération ivoiro-brésilienne.

Le ministre brésilien a exprimé sa ferme volonté de développer la coopération avec la Côte d’Ivoire. « Nous sommes disposé à développer des échanges pour qu’on travaille ensemble. Nous sommes heureux de pouvoir disposer de cette possibilité de coopération », a souline le ministre brésilien.

Le vice-Président de la République, qui a rappelé la volonté du Président de la République, SEM Alassane OUATTARA d’œuvrer à une croissance ivoirienne de plus en plus inclusive, s’est réjoui de cette coopération dans le domaine du développement social.
Le dossier nutrition et d’autres points s’inscrivent absolument dans cette quête d’un développement inclusif que veulent les autorités ivoiriennes.

Pour amplifier et entrer dans les détails de cette coopération ivoiro-brésilienne dans le domaine du développement social, le ministre de l’emploi et de la protection sociale, M. Jean Claude KOUASSI qui accompagne le vice-Président de la République dans cette tournée d’induction, a eu une autre rencontre avec les services du ministère brésilien du Développement social. Le ministre Jean Claude KOUASSI avait à ses côtés ses conseillers et collaborateurs.

Dans la soirée, l’ambassadeur Sylvestre AKA a convie le vice-Président de la République et toute sa délégation a une réception dans les locaux de l’ambassade ivoirienne sis dans le prestigieux quartier d’Asa Norte en présence du corps diplomatique et de nombreux Ivoiriens établis au pays du roi Pelé, des amis de la Côte d’Ivoire.

Dans l’échange de toasts, l’ambassadeur du Cameroun, SEM Martin MBEGUE, doyen du corps diplomatique africain en exercice, et le vice-Président de la République ont, tour à tour, loué la qualité des relations avec le Brésil depuis déjà de nombreuses décennies et ont plaidé en faveur d’un Développement basé sur la paix et la coopération.

Pour sa part, l’ambassadeur Sylvestre AKA a loué les grandes qualités du vice-Président de la République et son engament résolu et déterminé aux côtés du Président Alassane OUATTARA pour le développement et, surtout, pour l’émergence de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2020.


Le Service Communication du vice-Président de la République

Cédéao: l’Ivoirien Jean-Claude Brou nommé à la présidence de la commission

cedeao, cote d'ivoire, cap vertL'Ivoirien Jean-Claude Brou succédera au Béninois Marcel De Souza à la présidence de la commission de la Cédéao. C'est l'une des décisions du sommet qui s'est tenu samedi à Abuja au Nigeria. Il prendra ses fonctions le 1er mars prochain pour 4 ans. Mais sa nomination fait grincer des dents au Cap-Vert.

Ministre de l’Industrie de Côte d'Ivoire depuis 2012 et des Mines depuis 2013, Jean-Claude Brou est un ancien haut-fonctionnaire international. Titulaire d'un doctorat de l'université de Cincinnati aux Etats-Unis, cet économiste de formation de 64 ans est notamment passé par le FMI, la Banque mondiale et la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest.

En Côte d'Ivoire, il a notamment été directeur de cabinet du Premier ministre Daniel Kablan Duncan entre 1996 et 1999. Un CV calibré pour la fonction, proposé par Alassane Ouattara.

Problème : la présidence de la commission de la Cédéao aurait dû échoir cette année à un candidat capverdien, en vertu d'un usage qui veut que les pays se succèdent par ordre alphabétique à la tête de la commission.

« Le CV a été beaucoup moins déterminant que les considérations politiques, commente un responsable ouest-africain. Le Cap-Vert n'est pas à jour de ses cotisations et Alassane Ouattara a su habilement exploiter cette situation pour pousser son candidat » ajoute-t-il.

Dans une interview à la télévision nationale, le président capverdien Jorge Carlos Fonseca n'a pas caché sa colère dénonçant des « arrangements politiques ». Le Cap-Vert qui fait valoir qu'il a payé ses cotisations 2017 devrait toujours 25 millions de dollars à l'organisation. Lors du huis clos des chefs d'Etat, le président Fonseca aurait dénoncé la manière dont la question de la présidence de la commission a été traitée. Il aurait demandé à ce que sa position figure dans la déclaration finale. Ce qu'il n'a pas obtenu.

RFI