topblog Ivoire blogs

26 janvier 2017

Samir Amin : «L'Afrique doit refuser l'impérialisme de l'Europe»

Prof Samir Amin.jpgPour l’économiste, l'Afrique ne peut se développer que si elle se décide à refuser la nouvelle forme d’impérialisme à laquelle s’adonnent les européens. Ce que prône le Professeur Samir Amin. Ce dernier affirme que les Africains doivent imposer à l’Europe d’ouvrir des négociations, en commençant par dénoncer les Accords de partenariat économique (Ape), qui permettent en réalité, à l’Europe, de mettre la main sur les ressources africaines, sans contrepartie profitable à l’Afrique.

«L’Afrique, effectivement, dispose de quelques grands atouts, entre autres ses ressources naturelles, minières, en terres arables. Mais ces ressources naturelles, justement parce qu’elles sont importantes, font l’objet des convoitises de l’impérialisme », a déclaré Pr Samir Amin qui était l’invité de l’émission «Objection » de la Sud Fm.

Amadou Gueye, http://senego.com/samir-amin-lafrique-doit-refuser-limperialisme-de-leurope_417870.html

21 janvier 2017

A quand l'entrée en vigueur de l'APE avec les pays de la Communauté d'Afrique de l'Est?

APE Pays CAE.pngLe projet APE, Accord de Partenariat Economique entre l‘UE et la Communauté des pays d’Afrique de l’Est, ne fait pas l'unanimité au sein de cette communauté. Certains pays refusent de coopérer.

L'Union européenne négocie actuellement un accord de libre échange avec les six pays de  la CEA, la Communauté d’Afrique de l’Est (Kenya, Burundi, Ouganda, Tanzanie, Rwanda et Soudan du Sud). Un accord censé être signé début février, mais, si le Kenya et le Rwanda ont déjà signé ce traité avec l’Union européenne de manière bilatérale, le Burundi s’y refuse, rappelle la taz, die tageszeitung. La raison  est que l’UE a gelé son aide au développement à cause de la crise politique qui agite le pays depuis les élections de 2015.  Et ce n’est qu’après de longues hésitations que l‘Ouganda a annoncé, en septembre dernier, vouloir signer ce traité appelé APE, Accord de Partenariat Economique.

Ghana Ölindustrie (imago/Xinhua)

Raffinerie au Ghana

Quant à la Tanzanie, elle n’entend toujours pas signer dans l’état actuel des choses. Le gouvernement ne voit dans ces APE que des désavantages pour la libéralisation de sa propre industrie et son développement. Mais le risque est que les pays qui refuseraient de signer voient se tarir l’aide européenne au développement.

Plusieurs accords commerciaux entre l’UE et les États de l’Afrique trouvent leur origine dans le sommet de Cotonou au Bénin en l’an 2000. Les pays africains sont censés pouvoir exporter sans taxes vers l’UE leurs produits leurs produits alimentaires comme poissons ou mangues, leurs matières premières tels que pétrole, minerais ou coton. Cela est censé renforcer l’économie et créer des emplois afin de lutter à longue échéance contre les raisons de l‘émigration des Africains vers l’Europe.

Mittelmeer Migranten und Flüchtlinge in Schlauchboot (picture-alliance/AP Photo/S. Diab)

Les APE, les Accords de Partenariat Economique entre l'UE et les pays d'Afrique sont censés apporter la prospérité et mettre fin un jour à l'émigration.

Par ailleurs, les pays en développement ont le droit de n’ouvrir que progressivement leurs marchés pour les produits de l’UE, afin de ne pas mettre en danger la production locale.

Mais  certains pays se sentent en position de dépendance vis à vis de l'UE, souligne die tageszeitung.

Afrika Kaffeeanbau Illustration (picture alliance/Tone Koene)

Production de café au Kenya

Les tergiversations sur les accords menacent déjà l’intégration régionale: comme la Communauté d’Afrique de l’Est est une union économique et douanière, il faut que les six Etats qui la composent signent tous les accords avec l’UE afin de pouvoir les appliquer. Initialement, le Kenya était opposé aux APE. Jusqu‘à ce qu’en 2014, l’UE introduise des taxes douanières sur plusieurs produits kényans. Le Kenya a alors changé sa position et s’efforce actuellement de faire pression sur ses voisins. 

La taz souligne que même les APE que l’UE a négociés ou négocie avec d’autres communautés africaines, avec la CEDEAO ou la SADC, ne font pas l’unanimité au sein même de ces communautés.

Autre thème: Les transferts d'argent des émigrés africains

Dans un article intitulé : "L’Afrique sous perfusion des émigrés ", la FAZ, la Frankfurter Allgemeine Zeitung relève que pour de nombreux pays africains, les virements d’argents de leurs émigrés sont parfois une question de survie, du moins une source financière importante pour les familles de ceux qu’on appelle en Europe des "réfugiés économiques". 

Ces transferts d’argent des émigrés africains en Europe vers leurs  pays d’origine est un aspect qui explique le manque de volonté de certains États africains de coopérer lors du rapatriement de ressortissants dont le statut de résident dans des pays européens est contesté.

Rien qu’en 2015, 35 milliards de dollars ont été transférés vers l’Afrique. Sachant cela, il est clair que l’offre de l’UE en novembre 2015 de verser aux principaux pays africains d’émigration la somme de 1,8 milliard d’euros pour la "réintégration" de demandeurs d’asile africains déboutés, ait provoqué l’hilarité au sud du Sahara, souligne la FAZ .   

L’exemple du Nigeria montre à quel point les virements d’argent à partir de l‘étranger sont importants pour l’économie de la patrie d’origine d’un émigré. Rien qu’en 2015, plus de 20 milliards d’euros ont été transférés dans ce pays le plus peuplé d’Afrique avec ses 180 millions d‘habitants. Cette somme équivaut à 4% du PIB ! Selon les estimations de la Banque Mondiale un tiers de tous les produits importés au Nigeria sont financés avec l’argent de la diaspora nigériane. 

Mobile Banking Afrika (picture-alliance/Landov)

Les migrants internes en Afrique contribuent aussi à nourrir leurs familles restées au pays.

Outre le Nigeria, le Sénégal, le Mali, le Bénin et la Gambie sont parmi les pays dont sont issus une grosse partie de ceux qu’on appelle des "réfugiés économiques" en Europe. Près d’un milliard et demi d’euros sont transférés chaque année vers le Sénégal ce qui correspond à  11,7 % du PIB. Le Mali reçoit près de 850 millions d’euros (soit 6,8% de son PIB) et même le petit Bénin reçoit de l’étranger plus de 300 millions d’euros (soit 3,6% de son PIB). Dans le cas de la Gambie, qui n’a que 2 millions d’habitants mais qui compte un grand nombre d’émigrés, plus de 22 % du PIB proviennent de l’étranger ! 

Pour de nombreux pays subsahariens les virements de l’étranger sont de loin le plus important instrument du développement, résume le journal de Francfort. Très souvent, cette manne financière ne dépasse pas seulement les montants de l’aide au développement classique, mais aussi ceux des investissements étrangers directs ! -( à l’exception des investissements chinois dans le domaine des matières premières). C’est pourquoi aucun gouvernement africain n’a sérieusement intérêt à freiner l’exode de ses concitoyens", conclut la FAZ

Auteur Philippe Pognan, Afro-presse (hebdomadaire)

http://www.dw.com/fr

 

 

17 janvier 2017

Entrepreneuriat des jeunes : excellente approche, selon la BAD

Togo Entrepreneuriat Jeunes.jpgL’engagement du gouvernement en faveur de entrepreneuriat des jeunes est remarquable et il faut l’encourager à continuer dans cette voie. Le représentant de la Banque africaine de développement (BAD) au Togo, Serge N’Guessan, n’a pas tarit d’éloges sur les actions menées par les pouvoirs publics pour inciter les jeunes à monter leur business, devenir indépendants et contribuer à créer de l’emploi.

Différents mécanismes permettent d’accorder des financements comme le FAIEJ (Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes) et le PRADEB (Programme d’appui au développement à la base).

L’entrepreneuriat, c’est un chemin d’avenir pour l’Afrique, celui qui fera du continent une région compétitive’, a déclaré M. N’Guessan.

‘Si au Togo, certains ont décidé d’entreprendre eux-mêmes avec l’appui de l’Etat, c’est à nous tous de les motiver. A ces jeunes, je leur dis, c’est en commençant petit qu’on deviendra grand. Ils doivent tout mettre en œuvre pour être leaders dans leurs domaines. Avec de la volonté, et l’innovation, ils peuvent être compétitifs et la BAD y croit à fond’, a-t-il ajouté.

La BAD compte investir  25 milliards de dollars dans les prochaines années pour accompagner la création d’entreprises par des jeunes.

Le Togo devrait bénéficier d’une partie de cette manne.

http://www.republicoftogo.com

08:45 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |