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01 février 2017

Moussa Faki élu Président de la Commission de l’Union africaine. Qui est-il ? (Portrait)

Moussa Faki Pdt Commission UA.jpgLe 28e sommet de l’Union africaine a commencé ce 30 janvier à Addis-Abeba en Éthiopie. La communauté africaine devra se prononcer sur plusieurs dossiers durant deux jours. Avant, elle a tranché sur la présidence de la Commission de l’Union africaine et c’est le tchadien Moussa Faki qui a été élu. Il était en lice contre quatre autres candidats.

Ministre des Affaires étrangères au Tchad depuis 2008, Moussa Faki Mahamat né le 21 juin 1960 faisait partie des favoris à la succession de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma. Le Sénégalais Abdoulaye Bathily et la Kényane Amina Mohamed faisaient eux aussi figure de favoris. Malgré l’absence de consensus sur une candidature unique en Afrique Centrale, 39 des 54 chefs d’États africains ont décidé de porter le tchadien à la tête de la CUA.

Juriste de formation, il est titulaire d’une licence et d’un DESS en droit public obtenus à l’université Marien Ngouabi de Brazzaville. En 1992, commence sa longue carrière politique. Jusqu’à 1997, il sera passé par, la Commission électorale nationale indépendante où il occupait la fonction de Grand Rapporteur général, le ministère du plan et aussi le ministère des Postes et des Télécommunications où il était Directeur général. Il devient Directeur du Cabinet civil du Président Idriss Deby en 1999 jusqu’en 2002 où il devient ministre des Travaux publics et des Transports. De juin 2003 à février 2005 il est Premier ministre, Chef du Gouvernement avant d’être nommé en 2008, ministre des Affaires étrangères.

Sur le plan international, il a œuvré pour l’entrée du Tchad en tant que membre non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il a joué un grand rôle dans l’accession du Tchad à la Présidence tournante de l’UA en 2016. Il a donc été nommé par la suite Président du conseil exécutif de l’Union africaine et dans le cadre de la lutte contre Boko-Haram, la force mixte multinationale (FMM) dans le bassin du Lac Tchad a été mise en place.

Sous son impulsion, la FMM a obtenu un mandat de l’UA. Il a mené les travaux sur la charte de Lomé et de la décision de Kigali sur le financement de l’UA. Sa connaissance de grands dossiers lui donne l’expertise nécessaire et sa longévité lui a aussi permis d’apprendre aux côtés de Jean Ping et de Nkosazana Dlamini-Zuma.

Moussa Faki Mahamat, un panafricain

Le nouveau président de la commission de l’Union africaine se positionne comme un panafricain, qui compte faire entendre la voix de l’Afrique dans le concert des nations. D’ailleurs, dans une interview accordée à Jeune Afrique, le quinquagénaire tchadien déclarait  « le Tchad est mon village, l’Afrique est mon pays ». Son discours à ce  propos est étoffé par de nombreuses actions à son actif, ou simplement qu’il a eu à soutenir.

Estimant que, l’instabilité et l’absence de paix sont de sérieux freins aux ambitions africaines, il s’est employé dans de nombreuses missions de  paix ou des interventions militaires de soutien à des pays africains faisant face aux agressions par les milices religieuses et terroristes.

On lui connait d’ailleurs une grande implication dans les négociations ayant abouti à l’Accord d’Addis-Abeba pour le retour de la paix au Soudan du Sud en sa qualité de membre du Groupe de cinq de l’IGAD Plus (Afrique du Sud, Algérie, Nigéria, Rwanda et Tchad) , dans les pourparlers inter maliens sous l’égide de l’Algérie ayant abouti à l’Accord d’Alger pour la paix au Mali , en tant que représentant du Tchad , ainsi que la mise en place de la Force mixte multinationale de lutte contre Boko Haram dans le bassin du Lac-Tchad et son opérationnalisation .

Interrogé à  propos des interventions du Tchad dans la sous-région, il a intimé qu’il considérait  l’intervention du Tchad, comme une obligation et a ajouté  « C’est un devoir de solidarité ».

Le développement et la sécurité, comme axe de sa politique.

Dans sa vision de l’Afrique dans l’avenir, l’ancien ministre tchadien met l’accent sur deux aspects primordiaux à savoir le développement et la sécurité, qui vont de pair selon lui. Dans son programme il déclarait à ce sujet « L’expérience personnelle […], ajoutée à celle de mon pays, m’ont convaincu que tous les rêves que nous

pouvons légitimement nourrir pour notre continent et pour ses peuples demeurent des chimères tant que la paix, la stabilité et la sécurité n’auront pas définitivement prévalu ».

De manière plus explicite, les points d’ancrage de la vision de Moussa Faki sont :

  • Faire de la sécurité et stabilité, une exigence, avec comme objectif de faire taire les armes d’ici 2020.
  • Revigorer la jeunesse africaine , en prenant en compte ses besoins en matière de liberté, de modernité, de changement, d’éducation, de santé, d’emploi, et d’épanouissement physique, moral  et intellectuel .
  • Rehausser la femme en Afrique en ancrant le modèle démocratique  et des valeurs  de liberté, d’égalité, d’équité et de justice, qui s’opposerait à toutes formes de marginalisation et d’oppression de la gent féminine Africaine
  • renforcer la Gouvernance par la lutte pour une gouvernance démocratique et économique, tenant compte des réalités et des besoins des populations, et lutter contre la gabegie, l’enrichissement illicite et la corruption
  • placer l’environnement et le problème de migration au cœur des préoccupations par la mise en place des stratégies visant à faire respecter les engagements internationaux pour l’environnement et trouver des politiques régionales pour limiter considérablement les flux migratoires.
  • Un partenariat dynamique et égalitaire entre les pays africains et leurs partenaires internationaux
  • Rénover l’Union africaine, des points de vue administratifs et programmatiques et de ses processus décisionnels.
  • Dans son programme , Moussa Faki Mahamat conclut en disant « C’est à une prise en charge de nous-mêmes que je voudrais, avec le soutien de tous, inspirer et animer avec détermination  le renouveau tant souhaité de l’Union africaine. »

    Silver Agondjo et John Nzenze, http://africapostnews.com

31 janvier 2017

Ibrahim Assane Mayaki : « Le Nepad pourrait devenir le PNUD africain »

NEPAD.jpgÀ la tête du Nepad depuis 2009, le Nigérien Ibrahim Assane Mayaki évoque avec Jeune Afrique l'évolution de cette institution et le défi du financement de l'organisation panafricaine.

Ibrahim Assane Mayaki, 65 ans, a été nommé en 2009 à la tête du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). Ancien ministre des Affaires étrangères (1996-1997) et ancien Premier ministre du Niger (1997-2000), il s’est attelé à réformer cette institution qui a fêté ses 15 ans en 2016, et à l’intégrer au sein de l’Union africaine (UA).

Né en 2001 de la fusion du plan Omega, porté par le président sénégalais Abdoulaye Wade, et du Millennium African Plan de trois de ses homologues, le Sud-Africain Thabo Mbeki, le Nigérian Olusegun Obasanjo et l’Algérien Abdelaziz Bouteflika, l’organisation regroupe aujourd’hui 20 pays. Longtemps critiqué pour son inefficacité et son manque de communication, le Nepad pourrait devenir une véritable agence de développement africaine.

Le projet muri de longue date fait partie de la grande réforme de l’UA qui sera présentée lors de la retraite des présidents africains, ce dimanche soir à Addis-Abeba, veille de l’ouverture du 28e sommet de l’institution.

L’une de vos missions était d’intégrer le Nepad à l’Union africaine. Où en êtes-vous ?

L’intégration a été finalisée puisque que j’ai moi-même un statut de commissaire. J’ai un contrat signé par le président de la Commission. Tous nos systèmes sont ceux de l’Union africaine. Notre budget est adopté par la Commission. Du point de vue administratif et technique, cette intégration est faite.

Vous appelez aussi de vos vœux l’élargissement des compétences du Nepad, afin d’en faire une agence africaine de développement…

Tout ceci est intégré au projet de réforme de l’UA, supervisé par le président Kagame et qui sera soumis aux chefs d’État lors de leur retraite, ce soir. Si cette agence de développement se met en place, ce sera comme le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Cela permettra une cohérence entre la fonction stratégique de la commission de l’UA et l’exécution prise en charge par cette agence de déploiement.

Cette grande réforme dont tout le monde parle, et dont le Nepad fait partie, aura-t-elle l’adhésion des chefs d’Etat ?

Je suis confiant, puisque ce sont ces mêmes chefs d’État qui ont demandé à ce que cette réforme ait lieu. Ensuite, le président Kagame ne l’a pas faite seul. Il a monté un comité qui représentait tout le continent, toutes les spécialités, il a fait des consultations très larges, il a créé les bases d’un consensus.

L’un des points essentiels, qui aura un impact sur le budget de la future agence de développement, est le futur mode de financement de l’organisation. La solution proposée, à savoir taxer les importations de tout le continent à hauteur de 0,2%, est-elle la bonne ?

Le grand avantage de cette formule est qu’elle a été éprouvée au niveau de la Cedeao. La formule a fait l’objet de quelques débats, puisqu’il y a quelques pays qui ont basé leur économie sur des zones duty free, mais les ministres des Finances ont finalement abouti à un accord pour sa mise en œuvre. Cela triplera les ressources de l’Union africaine. Le Nepad pourra être doté d’un budget plus important, pour nos programmes d’infrastructures, d’agricultures, ou liés au changement climatique.

L’UA a-t-elle les capacités d’absorber cette future manne financière ?

La gestion sera bien sûr un défi. Mais faites confiance aux ambassadeurs en poste à Addis-Abeba et au Conseil exécutif pour mettre la pression sur la Commission afin que cet argent ne soit pas gaspillé. La capacité d’absorption de l’UA devra être l’une des priorités du prochain président de la Commission. Il faudra que les dépenses correspondent à des résultats, qu’il soient quantifiables et visibles.

Votre pays, le Niger, a mis en place un Comité d’orientation stratégique pour le programme électronucléaire (Cospen). L’idée serait de produire de l’énergie nucléaire civil d’ici 2030.  Est-ce une bonne chose ?

Cela ne ferait pas sens qu’on n’y réfléchisse pas. Les Sud-Africains l’ont déjà fait. Nous avons la matière première : cela fait presque 50 ans que l’on produit du yellow cake (combustible nucléaire, ndlr) pour l’exportation. Nous avons notre coopération avec Areva, des ingénieurs formés de puis trente ans… On peut donc envisager un processus supervisé par l’AIEA qui nous amènerait vers une production pacifique et civile.

Votre deuxième mandat à la tête du Nepad se termine cette année. Quelle sera la suite ?

Mon mandat ne se terminera pas tout à fait à la date prévue, car les réformes en cours nécessiteront certainement une période de transition. Mais ce sont les chefs d’Etat qui décideront si c’est moi qui la mène.

Vous serez de nouveau candidat ?

Non, deux mandats sont largement suffisants.

Que ferez-vous ensuite ? Pensez-vous refaire de la politique au Niger ?

Non, pas du tout ! Je prendrai ma retraite et je m’occuperai de mes petits enfants !

Michael Pauron  & Vincent Duhem

Des nouvelles pièces de monnaie au Vatican, sans le pape

Posted by Anne Kurian on 28 January, 2017

   
   
Monnaie du Vatican © eur-lex.europa.eu

A partir de mars 2017, de nouvelles pièces de monnaies en euros seront en circulation au Vatican : elles ne seront plus à l’effigie du pape François mais porteront simplement son blason. La nouveauté a été annoncée le 24 janvier au Journal officiel de l’Union européenne.

Le bulletin publie les caractéristiques des dessins de chaque nouvelle pièce, de 1 centime à 2 euros : « Le dessin représente les armoiries du souverain de l’État de la Cité du Vatican, le pape François. La marque d’atelier ‘R’ figure dans la partie inférieure gauche, et l’année d’émission ‘2017’ dans la partie inférieure droite. L’anneau extérieur de la pièce représente les douze étoiles du drapeau européen ».

Le blason du pape argentin porte le symbole de la Compagnie de Jésus: le soleil d’or du Christ, les trois lettres IHS qui signifient soit « Iesus Hominum Salvator » – Jésus Sauveur des hommes –, soit simplement le nom de Jésus – IEHSUS -, la Croix et les trois clous noirs de la Passion du Christ, qui peuvent représenter les vœux religieux de pauvreté, chasteté et obéissance. En bas, à gauche, l’étoile d’or de Marie, et à droite, la fleur de nard de saint Joseph, selon une tradition iconographique hispaniste. Outre la devise épiscopale de Jorge Mario Bergoglio « Miserando atque eligendo » – « par miséricorde et par élection » – le blason est surmonté des symboles pontificaux (mitre, clefs, cordon).

En 2016 en revanche, comme il est de tradition, les 8 pièces de monnaies portaient une gravure représentant le visage du pape François, le texte « Città del Vaticano » et douze étoiles, comme l’indique le Bureau philatélique et numismatique du petit Etat, et comme pour ses prédécesseurs, Jean-Paul II et Benoît XVI