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21 juin 2016

Côte d'Ivoire/Emploi des jeunes : le COJEDA invite les autorités ivoiriennes à s’inspirer du modèle allemand

Publié le mardi 21 juin 2016  |  Abidjan.net
EmploiPlus de cinq mois après leur rencontre avec Andréas Lâmmel, député de la droite démocrate-chrétienne et conservatrice de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), siégeant au Bundestag (parlement allemand), les jeunes du District autonome d’Abidjan, réunis au sein du Conseil des jeunes du District d’Abidjan (Cojeda), ont échangé avec un autre allemand, Christoph Kannengisser, directeur de l’Association économique germano-Afrique pour parler de la politique de l’emploi des jeunes du District d’Abidjan.
Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du partenariat entre le Cojeda et la Fondation allemande Konrad Adenaeur présidée par Mme Elk Erlecker, a eu pour cadre la salle Delafosse de l’Hôtel du District au Plateau, le 16 juin 2016.

Pour le conférencier qui intervenait sur : "L’emploi des jeunes et le défi de l’immigration", l’économie de son pays est basée sur l’économie sociale du marché dans lequel l’Etat n’est pas directement impliqué pour la création de l’emploi. « Ce sont les entreprises qui sont chargées de créer les emplois. L’Etat allemand se charge de rendre le cadre favorable à leur création», confie M. Kannengisser.
Ce système permet donc à la première puissance économique européenne d’avoir un taux de chômage des plus bas dans le monde. En plus, l’école allemande forme les jeunes pour l’emploi. Formation dans laquelle les entreprises ont un regard très attentif pour détecter des jeunes très qualifiés. « Ceux qui ne travaillent pas pour la plupart sont mal formés », relève-t-il, car les entreprises allemandes consacrent plus d’attention à la formation des cadres.

Un autre maillon de ce succès, le taux de natalité qui est en dessous des 2%. Ce qui fait que la population demandeuse d’emploi est faible. Mais ce pays, dont le système économique a été fortement endommagé au cours de la Seconde guerre mondiale et qui a perdu plus de prestige et beaucoup d’avantages, a regagné en confiance grâce à une économie tournée et ouverte vers l’extérieur. Les entreprises allemandes sont des plus compétitives au monde. Avec un maillon de petites et moyennes entreprises (PME) très compétitives.
Pour le conférencier, plus d’un million de personnes ont migré dans ce pays dont une grande partie vient du Moyen-Orient. Et cela s’explique par la guerre civile, les conflits intérieurs dans lesquels beaucoup de personnes subissent des pressions politiques et, enfin, des migrants personnels. Il faut donc pour mettre un frein à cela en créer dans les pays d’origine, les conditions du maintien de la jeunesse mais aussi celles favorables à l’investissement, surtout des entreprises allemandes. Et ces conditions sont d’ordre politique. Il s’agit de rendre le cadre politique fiable à la prise des décisions, en évitant la corruption tous azimuts. Il faut également un cadre juridique viable afin de rassurer les investisseurs.

Face à ces paroles fort réjouissantes, le directeur de l’Emploi jeunes, M. Benson N’Krouma, a exhorté les jeunes à aller à la création de leur propre entreprise. « Les jeunes doivent arrêter de trop parler et passer à l’action. La Côte d’Ivoire offre des opportunités. Mais les jeunes sont-ils prêts à s’engager. (…) Soyez des entrepreneurs et abandonnez l’esprit de bureaucrate», a-t-il dit.

Quant au président du COJEDA, M. Soloman Sanago, il a s’est réjoui de la tenue de tels échanges entre les jeunes et des personnalités du monde de l’emploi, qui plus est, viennent d’un pays qui a un modèle de développement remarquable dans le monde. Il a déploré l’immigration clandestine qui fait plusieurs morts en mer. « Il ne s’agit pas d’empêcher l’immigration mais d’enrayer l’immigration clandestine», lance-t-il. Avant d’appeler les dirigeants africains à mettre l’accent sur l’emploi des jeunes et d’assainir le système d’implantation des entreprises en Côte d’Ivoire.

Notons que le Directeur de l’Emploi, M. Benson N’Krouma et le président du COJEDA ont rendu un vibrant hommage au Gouverneur du District autonome d’Abidjan, M. Robert Beugré Mambé qui, confient-ils, lutte personnellement pour l’emploi des jeunes dans le district. d’Abidjan.

D.Tagro

07:24 Publié dans Economie | Tags : cote d'ivoire, emploi jeune, modele allemand | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

19 juin 2016

Semer les graines d’une meilleure récolte en Afrique de l’Ouest

 

LES POINTS MARQUANTS
  • Le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (WAAPP) collabore avec la Côte d’Ivoire et d’autres pays de la sous-région pour revitaliser ou renforcer des systèmes de production de semences réduits à néant par le manque d’infrastructures et d’investissements.
  • Les semences de ferme sont de meilleure qualité que les variétés traditionnelles : elles résistent mieux aux ennemis des cultures et entraînent une augmentation de la production pouvant aller jusqu’à 50 %.
  • En Côte d’Ivoire, près de 50 000 agriculteurs ont pu accroître de 30 % à 150 % une production qui s’étend sur 100 000 hectares.

Dimbokro, Côte d’Ivoire —Malgré la chaleur écrasante de la mi-journée, la cadence ne ralentit pas sur l’exploitation de Bilohf, en Côte d’Ivoire. Située dans la ville de Dimbokro au centre du pays, on y produit des graines de riz de qualité supérieure. À l’œuvre depuis l’aube, des ouvriers mettent en sac plusieurs tonnes de semences qui seront ensuite chargées sur des camions et vendues à des cultivateurs dans tout le pays.

On prête généralement trop peu d’attention aux semences, alors qu’il s’agit d’un intrant décisif pour une récolte.

D’après le directeur de Bilohf, Faustin Lohouri, « les semences de ferme sont de meilleure qualité que les variétés traditionnelles : elles résistent mieux aux ennemis des cultures et entraînent une augmentation de la production pouvant aller jusqu’à 50 %. À l’inverse, les semences habituelles qui sont cultivées localement sont davantage vulnérables aux nuisibles et aux champignons, ce qui peut détruire une récolte ».

Ainsi, des graines de qualité médiocre peuvent être à l’origine d’une mauvaise récolte et avoir par conséquent des effets néfastes aussi bien sur les revenus des agriculteurs que sur l’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires de base.

Si la qualité des graines est donc essentielle, encore faut-il que ces semences performantes soient disponibles.

Elles ne l’ont pas été pendant longtemps en Côte d’Ivoire, où l’instabilité politique et l’absence d’infrastructures et d’investissements ont anéanti le système de production et de distribution des graines. Au fil des années, les banques de semences se sont épuisées. Dans un contexte marqué par l’effondrement du système semencier national, les scientifiques peinaient à trouver les moyens nécessaires pour mettre au point des variétés améliorées de semences et diversifier la production. Cette absence de ressources a également empêché les agriculteurs multiplicateurs de planter le stock disponible et de produire davantage de semences pour des cultivateurs plus nombreux.

Ces derniers n’ont pas eu d’autre choix que de recourir à des graines de qualité moindre, d’où une production plus faible. De ce fait, le volume de denrées alimentaires cultivées et livrées sur les marchés, en particulier de denrées de base, s’est avéré insuffisant alors même que la demande était en pleine expansion. Le riz, qui constitue un élément essentiel de l’alimentation en Côte d’Ivoire — en moyenne, chaque Ivoirien en consomme 70 kg par an — n’a pas été épargné : la Côte d’Ivoire importe chaque année pour près de 500 millions de dollars de riz.

Pour nourrir tout le monde, tout le temps, et dans tous les pays, il faut des graines de qualité.

C’est pour cette raison que, dans le cadre de son Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (WAAPP), la Banque mondiale collabore avec la Côte d’Ivoire comme avec d’autres pays de la sous-région pour revitaliser ou renforcer les systèmes de production de semences. « L’expérience de la Côte d’Ivoire montre qu’il est primordial d’impliquer les diverses parties prenantes afin de cultiver et de fournir des graines de qualité grâce auxquelles on peut accroître la productivité agricole et la disponibilité de produits alimentaires », explique Pierre Laporte, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire. « Ces dernières années, l’Association internationale de développement a soutenu plusieurs réformes qui ont permis d’accroître la compétitivité du secteur agricole et, pour les petits exploitants, d’améliorer significativement leurs revenus, la sécurité alimentaire et le bien-être. »

 

« L’expérience de la Côte d’Ivoire montre qu’il est primordial d’impliquer les diverses parties prenantes afin de cultiver et de fournir des graines de qualité grâce auxquelles on peut accroître la productivité agricole et la disponibilité de produits alimentaires. »

Pierre Laporte

Directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire

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Dans toute l’Afrique de l’Ouest, le WAAPP apporte son soutien aux efforts déployés par les pays pour élaborer et mettre en œuvre des stratégies en faveur des systèmes semenciers, pour optimiser les règlements régionaux et pour renforcer les systèmes de certification des graines. Un projet de cette ampleur repose sur la collaboration : le WAAPP travaille notamment avec des scientifiques, des agriculteurs et des entreprises privées afin de faire en sorte que davantage de personnes aient accès à des semences améliorées de riz, de bananier plantain et d’autres cultures de base.

En Côte d’Ivoire, les programmes d’amélioration des semences mis en place par l’Office national de développement de la riziculture (ONDR) ont des effets tangibles. L’ONDR soutient six centres de multiplication de semences. Il travaille avec les agriculteurs et les producteurs de graines afin de collecter les semences, de les nettoyer, puis de les placer dans des installations de stockage financées par le WAAPP et qui préservent les qualités des graines pendant de longues périodes. Enfin, l’ONDR renforce les réseaux de distribution grâce à des coopératives agricoles.

En panne depuis la fermeture, en 1994, de l’Office national pour les semences et les plantes, le système semencier ivoirien a pu renaître grâce au WAAPP. Il est désormais presque entièrement opérationnel. La production totale de graines de riz certifiées et de qualité cultivées à l’aide des fonds du WAAPP a atteint 6 600 tonnes entre 2012 et 2015. Près de 50 000 agriculteurs en bénéficient et ont pu accroître de 30 % à 150 % une production qui s’étend sur 100 000 hectares.

Tout le mérite de ce bond de productivité revient à des semenciers tels que Faustin Lohouri : Bilohf, l’entreprise qu’il dirige, produit actuellement quatre variétés de semences de riz pluvial sur 100 hectares. Cet entrepreneur ivoirien a de grandes idées pour l’avenir et espère pouvoir produire assez de graines de riz pour couvrir la moitié des besoins de son pays. Il encourage les habitants des autres pays d’Afrique de l’Ouest à trouver leurs propres moyens de développer les systèmes semenciers. « Avant, je travaillais dans de grandes entreprises agricoles, je portais des costumes et je voyageais en classe Affaires. Aujourd’hui, j’affronte des serpents dans les champs », confie-t-il. « Mais je suis plus fier de moi et plus heureux comme cela. Ce que je fais désormais a plus d’importance pour les autres. C’est ce qui compte vraiment. »

16:15 Publié dans Economie | Tags : graines, semences, qualité, afrique de l'ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Le PIB de la Californie dépasse celui de la France

economie,californie,france,pibLa Californie est devenue en 2015 la sixième puissance mondiale devant la France, selon le ministère californien des finances

La Californie est devenue l'an dernier la sixième puissance économique mondiale, devant la France, a rapporté vendredi le ministère californien des Finances.

L'Etat le plus peuplé des Etats-Unis, avec environ 39 millions d'habitants, affiche un produit intérieur brut (PIB) de 2.460 milliards de dollars (2.180 milliards d'euros). La France est la septième puissance économique avec un PIB de 2.420 milliards et l'Inde la huitième avec 2.090 milliards de dollars, selon les chiffres du Fonds monétaire international.

4,1% de croissance

La croissance californienne a été de 4,1% en termes réels l'an dernier, contre 2,4% pour l'ensemble des Etats-Unis. La Californie, qui était la huitième économie mondiale en 2014, a affiché une performance "exceptionnellement bonne" en 2015, a déclaré Irena Asmundson, économiste en chef du ministère des Finances.

Deux secteurs sont particulièrement dynamiques en termes de création de richesse et d'emplois : les technologies de pointe de la Silicon Valley et l'industrie du cinéma à Hollywood. Malgré une sécheresse sévère, le secteur agricole s'est également bien comporté.

Reuters


 

Deux secteurs sont particulièrement dynamiques en termes de création de richesse et d'emplois : les technologies de pointe de la Silicon Valley et l'industrie du cinéma à Hollywood. Malgré une sécheresse sévère, le secteur agricole s'est également bien comporté.Reuters

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Nigeria: le Benue, théâtre des rivalités meurtrières entre paysans et pasteurs

Elevage Pêche Nigeria.jpgPoussés par le changement climatique dans le nord du Nigeria, les bergers peuls et leurs troupeaux descendent vers le Sud à la recherche de pâturages et d'eau. Dans le Middle Belt du Nigeria, ils sont confrontés à de moins en moins d'espace disponible et à une hostilité croissante. Les fermiers locaux n'acceptent plus d'accueillir sur leurs terres des têtes de bétail toujours plus nombreuses. C'est la situation que vit L'Etat du Benue, où s'exercent des rivalités meurtrières entre paysans et pasteurs.

De notre envoyé spécial dans l’Etat du Benue,

Trois mois que Tor Tyav n'a pas remis les pieds à Mbathie, un des districts de Buruku à une cinquantaine de kilomètres de Markudi, la capitale de l'Etat de Benue. Après une riche carrière de technicien hospitalier, rare spécialiste au Nigeria des appareils de dialyse rénale, Tor Tyav pensait pouvoir profiter de sa retraite pour lancer le projet qui lui a toujours tenu à cœur : créer une structure de santé dans son village. Et soulager les fermiers des environs. Il faut parfois parcourir des kilomètres pour se soigner. Cette clinique aurait été un vrai plus pour Mbathie.

Il ne restait plus que la dernière étape avant l'ouverture. Le passage devant la commission d'homologation. Une étape reportée sine die. Tor Tyav est amer : « Il y a trop d'insécurité en ce moment à Mbathie. Il y a trois semaines, un groupe de pasteurs peuls faisaient encore régner sa loi. Aujourd'hui, ils se sont repliés ailleurs, mais peuvent revenir à tout moment ».

Mbathie s'est vidé de sa population et donne l'impression d'être une zone fantôme. L'intensité des heurts avec des groupes de pasteurs peuls a provoqué un exode massif. « Rien que sur Mbathie, nous avons recensé plus de 12 000 personnes déplacées », assure Tor Tyav, en tournant les feuillets de son classeur où il répertorie et compile toutes les informations possibles. « Certains fermiers viennent parfois en journée pour labourer leurs champs. Vous savez, nous sommes en pleine saison de culture du manioc, du millet et de l'igname. Mais le soir, personne ne reste dormir à Mbathie, c'est trop dangereux. Il n'y a pas de camps à proprement parler ». Lui-même a déserté les lieux et habite avec son épouse une petite maison à à peine cinq kilomètres de Mbathie. Il se raccroche à la présidence du comité pour la paix de Mbathie, pour ne pas sombrer dans la dépression. Car de fait, Tor Tyav est aussi un déplacé interne. « Mes enfants ne comprennent pas pourquoi ma compagne et moi nous restons en zone dangereuse. Ils préféraient nous savoir à Markudi. Mais, que voulez-vous, c'est plus fort que moi ».

« Le dialogue est impossible »

 

Des fermiers tivs de l'Etat de Bernue, Nigeria. © RFI/Moïse Gomis

En tant que président du comité, il sillonne avec son adjoint Asen Neer régulièrement tous les secteurs de Buruku, pour s'enquérir des nouvelles des uns, constater les dégâts sur l'habitat. Et surtout, les deux hommes apportent un réconfort psychologique à une communauté fermière, traumatisée de devoir abandonner ses terres, humiliée de ne pas être en capacité de pouvoir répondre aux rapports de forces instituées par des bergers peuls. A Mpaaben, non loin de Mbathie, Mbakorkaa Awase est revenu en pointillé dans sa maison. Il s'est calé sur la présence de l'armée, basée désormais aux portes de Buruku et filtrant les entrées du village avec des civils volontaires. Et se tient prêt à repartir au premier accrochage : « Si un berger pénètre avec son troupeau sur votre champ, vous aurez beau lui dire que vous êtes en train de cultiver, il vous rétorquera que pour lui c'est la brousse. Pour lui, ses vaches et bœufs mangent de l'herbe et des feuilles. Et que pour lui ces bêtes ne mangent que ça sur ce terrain-là. Bref il estimera, pourquoi lui contester le droit de nourrir ses animaux. Donc le dialogue est impossible ».

Plus près de Markudi, la situation est moins tendue, même si les échos et rumeurs des frictions et ressentiments dans l'hinterland remontent en ricochet. Néanmoins, Peuls et Tivs conservent contre vents et marées des alliances dans certains villages. Locations de terrain, partages de point d'eau. La parenté à plaisanterie a préservé le lien unissant bergers nomades et fermiers sédentaires, un lien fragilisé par la récurrence de heurts, mais lien toujours vivant. C'est le cas par exemple à Daudu, où une communauté peule et musulmane a eu l'autorisation d'installer son campement permanent. Juste à proximité d'un édifice ouvert aux 4 vents et servant de lieu de culte chrétien, et d'où l'on aperçoit au bout du chemin les premiers toits en paille du principal hameau où résident les fermiers.

Cycles de violence

Daudu a connu une crise majeure en 2013, avec toujours comme toile de fond une compétition sans merci et acharnée pour l'accès aux pâturages et aux points d'eau. Venant du l'Etat de Kaduna, dans le nord du Nigeria, Alhaji Salimu était déjà là à l'époque avec son clan et son troupeau. Deux de ses frères sont tombés en conduisant le troupeau, victimes d'un guet-apens meurtrier tendu par des fermiers présumés. Alhaji Salimu reste marqué : « Vous savez quand en mars j'ai entendu parler des gros incidents à l'autre bout de l'Etat de Benue, à Agatu, j'ai pris peur. Pendant deux mois et demi, je n'ai plus mis les pieds à Markudi, car je sais suffisamment comment les choses se peuvent se passent ». Sur l'origine des violences attribuée à des bergers peuls armés, Alhaji n'a pas de réponse précise. Néanmoins, il reconnaît « que la violence n'est pas une solution ».

Ibrahim Hassan connait bien la communauté peule de Daudu, ainsi que leurs voisins Tiv. Ibrahim Hassan est médiateur au sein de Pastorale Resolve, une organisation non gouvernementale spécialisée dans la résolution de conflits en milieu rural. Il est intervenu avec un groupe de médiateurs parlant peul et tiv pour apaiser les tensions de Daudu post 2013. Pour Ibrahim Hassan, la résurgence des problèmes, ce sont « malheureusement des conflits qui étaient circonscrits à des localités, dégénérant en des proportions dramatiques. Ces groupes de bergers armés, je ne sais pas si ce sont des mercenaires, en tout cas attaquent des fermiers. Et ces fermiers victimes se vengent sur les bergers et leur troupeau vivant à proximité. Bien souvent des bergers qu'ils connaissent qu'ils fréquentent. Et on entre ainsi dans un cercle vicieux de vengeances sans fin et surtout indistinctes ».

Ces cycles de violence dans l'Etat du Benue, mais aussi ailleurs dans le Middle Belt du Nigeria sont un nouveau motif d'inquiétude pour les autorités fédérales, obnubilées jusque-là par l'insurrection dans le Nord-Est et le réveil de la rébellion dans le delta du Niger. Fin avril, le président Muhammadu Buhari est sorti de son silence et a donné l'ordre aux forces de défense et de police de restaurer la cohésion publique dans un certain nombre de localités frappées par des tueries entre bergers et fermiers. La stratégie du gouvernement fédéral étant de travailler en parallèle sur la mise en place de réserve de pâturage, et surtout d'espace de « ranching ». A Daudu, Alhaji Salimu attend que ces projets voient le jour, car il estime que « si le gouvernement fait ça, ça voudra dire qu'il y aura aussi la mise en place d'école pour nos enfants et de centres vétérinaires pour nos animaux. Ce jour-là, nous aurons une vraie reconnaissance ».

Par Moïse Gomis/RFI

03:25 Publié dans Economie | Tags : nigeria, agriculture, elévage | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Côte d'Ivoire: les victimes du «Probo Koala» seront indemnisées

Dix ans après l'affaire dite du Probo Koala, les victimes vont toutes être indemnisées, après une décision de justice prise à Londres. Les faits remontent à 2006, lorsqu'un cargo, le Probo Koala, a déversé des tonnes de résidus toxiques autour d'Abidjan, faisant officiellement 17 morts, et des dizaines de milliers de victimes. C'est une grande victoire pour les victimes des déchets toxiques en Côte d'Ivoire.

Entre négociations internationales et détournement d'argent, l'affaire semblait indémêlable et sans fin pour les victimes. La justice anglaise vient de leur donner gain de cause. Elle a constaté la négligence du cabinet chargé de les indemniser. Celui-ci avait en effet versé l'argent à un intermédiaire ivoirien peu digne de confiance et une partie de la somme destinée aux victimes avait été détournée. Dix ans après l'arrivée du Probo Koala dans le port d'Abidjan, toutes vont enfin recevoir leurs 750 000 FCFA. Un soulagement pour Denis Yao Pipira, le président de l'Union nationale des victimes de déchets toxiques de Côte d'Ivoire.

« C'est une victoire importante parce que des gens ont souffert. Les conséquences ont été multiples : psychologiques, morales, des problèmes de santé récurrents, la perte du travail. Nous pensons que justice a été rendue et c'est un grand soulagement pour nous. »

Au total, 17 morts et plus de 43 000 victimes avaient officiellement été recensés suite à la catastrophe. C'était en 2006. Le Probo Koala, un cargo pétrolier avait alors déchargé dans le port d'Abidjan plus de 500 tonnes de déchets hautement toxiques. L'armateur du paquebot, condamné, n'a toutefois jamais reconnu sa responsabilité.

Par RFI Publié le 18-06-2016 Modifié le 18-06-2016 à 03:19

03:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

01 octobre 2015

Economie ivoirienne: Le Fmi fait de nouvelles prévisions sur le taux de croissance

Le Fonds monétaire international (Fmi) vient de communiquer ses estimations sur le taux de croissance de l'économie ivoirienne.

Cette institution a indiqué que ce taux devrait se situer autour de 8,4% par an, en 2015 et en 2016. « Les perspectives macroéconomiques pour 2015 et à moyen terme sont positives. Les estimations du rythme de croissance du Pib réel ont été revues à la hausse pour atteindre 8,4% à la fois en 2015 et en 2016 avec une inflation modérée», a déclaré Michel Lazare, sous-directeur au département Afrique du Fmi, au terme d'une  mission d’experts qu'il a conduite en Côte d’Ivoire du 9 au 25 septembre. « Les performances macroéconomiques durant la première moitié de 2015 sont demeurées bonnes, avec une inflation modérée et une croissance forte de l’activité économique. L’exécution budgétaire a été également satisfaisante, avec des recettes budgétaires supérieures aux objectifs et des dépenses plus élevées qu’attendues en raison de l’accélération dans l’exécution des projets d’investissement. Les dépenses pro pauvres ont dépassé le montant prévu. Tous les critères de performance et repères indicatifs retenus pour fin juin 2015 dans l’accord au titre de la Fec ont été respectés », indique l'expert.
... suite de l'article sur L’Inter

05:24 Publié dans Economie | Tags : prevision, taux de croissance, fmi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |