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27 juin 2016

CEDEAO: Duncan appelle à «une coopération plus accrue et à la mutualisation des efforts

Le chef du gouvernement ivoirien, Daniel Kablan Duncan a invité, lundi les pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à « une coopération plus accrue et à la mutualisation de nos efforts » face aux défis sécuritaires qui guettent cette région, a constaté l’Agence de Presse Africaine (APA) sur place dans la capitale économique ivoirienne.

«L’actualité des attaques terroristes et de pirateries dans différents pays de notre région nous invite à une coopération plus accrue et à la mutualisation de nos efforts », a fait remarquer le premier ministre ivoirien à l’ouverture des nouveaux locaux de la représentation permanente de la CEDEAO à Abidjan.

Pour Daniel Kablan Duncan, «la résilience face à ces menaces doit nous permettre de maintenir la stabilité et la paix dans notre espace, préalable à tout développement de chacun de nos pays ».

« Ce bâtiment entièrement réhabilité à hauteur de 423 100 672 de Francs CFA par l’Etat ivoirien et mis à la disposition de cette institution», à en croire Daniel Kablan Duncan, est la preuve de « l’engagement de la Côte d’Ivoire de mettre tout en œuvre pour que la CEDEAO puisse mener ses activités dans des conditions les plus appropriées ».

Le nouveau siège qui couvre une superficie de 2230 m2 offrant une capacité de 16 bureaux, deux parkings et deux garages, est situé sur le Boulevard de France dans le quartier chic de Cocody à l’Est Abidjan où flottent les différents drapeaux des pays membres.
« C’est une grande fierté, un honneur pour notre pays d’avoir continué à la réalisation de cet important ouvrage qui est désormais la maison de la CEDEAO en Côte d’Ivoire qui doit contribuer au rayonnement de notre institution commune », a conclu M. Duncan qui a promis le soutien de son gouvernement pour l’achèvement des travaux notamment la salle de conférences et le restaurant.

Le Représentant permanent de la CEDEAO en terre ivoirienne, Babacar Carlos Mbaye, « très reconnaissant » à cet acte posé par la Côte d’ Ivoire a salué « les réelles avancées de la CEDEAO, cet instrument efficace au service de l’intégration ».

Il s’agit entre autres de « la suppression des visas pour les ressortissants des Etats membres, l’adoption d’une carte d’identité biométrique unique pour remplacer le permis de résidence, le lancement du projet autoroute Abidjan- Lagos, la mise en place d’un tarif extérieur commun, un efficacité accrue dans la prévention et le règlement des crises », a-t-il cité.

« Ces progrès ne nous font pas perdre de vue que le chemin qui mène à l’intégration de nos rêves, reste encore long, (…) passer de la CEDEAO des Etats à la CEDEAO des Peuples », a reconnu M. Mbaye.

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) est une organisation intergouvernementale ouest-africaine créée le 28 mai 1975 qui comprend 15 pays membres et huit monnaies différentes.

Il s'agit du Franc CFA (8 Etats), du Dollar libérien (Libéria), du Naira (Nigeria), du Cedi (Ghana), du Franc Guinéen (Guinée Conakry), de l'Escudo (Cap Vert), du Leone (Sierra Leone) et du Dalassi (Gambie) avec plus de 300 millions d’habitants.
L’actuel Président de la Commission de la CEDEAO est le Béninois Marcel de Souza qui a succédé au Burkinabé Désiré Kadré Ouédraogo en avril 2016.

SY/hs/ls/APA
 

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Brexit : quelles conséquences pour l’Afrique ?

Les Britanniques ont voté en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE). "The Africa Report" fait le point sur les conséquences possibles en Afrique : volatilité des marchés, pression sur les conditions de financement, renégociation d'accords commerciaux...

Alors que vendredi, à l’aune des résultats du référundum britannique, plusieurs indicateurs boursiers européens chutaient lourdement (-8% pour le CAC 40 à Paris, -10% pour le DAX en Allemagne), « l’impact immédiat d’un vote en faveur du « Brexit » concernera la volatilité des marchés financiers qui affectera négativement les places africaines aussi », a estimé Razia Khan, interrogée par The Africa Report (publication du groupe Jeune Afrique).

Des financements internationaux contraints et impacts sur la croissance

Selon l’économiste en chef pour l’Afrique de la banque Standard Chartered, les conditions de financement sur les marchés internationaux, « déjà difficiles, le deviendraient encore davantage », indiquait-elle jeudi. « Les accords commerciaux de plus long terme devront être revus dans un cadre d’incertitude macro-économique qui pèsera sur la croissance. »

Au Kenya, par exemple, le gouverneur de la Banque centrale, Patrick Njoroge, a estimé que le pays pâtirait de la récession globale enclenchée par la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne (UE). En Afrique du Sud, le « Brexit » pourrait faire perdre 0,1% de croissance à l’économie, déjà proche de la récession.

Exportations britanniques en Afrique

Nombre d’accords commerciaux entre le Royaume-Uni et des pays africains devront probablement être renégociés puisqu’ils ont été conclus via l’UE. Les principaux pays affectés seront l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Botswana, l’Angola, le Kenya, le Ghana et le Sénégal, avec lesquels, selon Barclays, 80% des exportations britanniques en Afrique subsaharienne se font.

Le ministre britannique pour l’Afrique, James Duddridge a mené campagne pour la sortie du Royaume-Uni. À ses yeux, l’UE est « une manière tout à fait inappropriée de définir les relations entre le Royaume-Uni et l’Afrique », promettant des engagements nouveaux avec le continent après la sortie de l’UE.

« Un impact direct sur la capacité du Royaume-Uni à jouer un rôle de leader »

« Le résultat du référendum aura un impact direct sur la capacité du Royaume-Uni à jouer un rôle de leader dans les efforts globaux pour atteindre les objectifs de développement. Dans ce domaine, si les Britanniques veulent s’appuyer sur le levier européen, encore faut-il faire partie du club européen », a pour sa part estimé Kevin Watkins, directeur exécutif du Overseas Development Institute.

Source: Jeune Afrique, Par et

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Brexit : les marchés africains se préparent avant la tempête

Les marchés africains n'ont pas échappé au vent d'inquiétude provoqué à l'annonce de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Les autorités se veulent rassurantes, cependant les effets pourraient se faire sentir pendant plusieurs années. "The Africa Report" a fait le point.

Les marchés africains se préparent à affronter la tempête. Il faut dire que le vote des Britanniques en faveur d’une sortie de l’Union européenne a provoqué une onde de choc sur tous les marchés financiers internationaux, et ébranlé la foi de plus d’un dans l’un des projets politiques les plus ambitieux de l’histoire moderne.

Avec la concrétisation du Brexit, la livre sterling a atteint son plus bas niveau depuis plus de 30 ans, et connu une variation record de 10% entre son plus haut et son plus bas niveau sur une seule journée.

Le rendement des obligations du Trésor américain a grimpé sans discontinuer après le vote, selon Bloomberg. L’or, considéré comme une valeur refuge pendant les périodes d’instabilité financière, est monté en flèche.

L’Afrique du sud fortement touchée

Le rand sud-africain est quant à lui tombé à son plus bas niveau depuis 2008, perdant 8% de sa valeur par rapport au dollar et 6,6% par rapport au yen. La bourse de Johannesburg a chuté au moment de l’annonce du Brexit, à son plus bas niveau depuis janvier.

Le marché des changes sud-africain a réagi d’une façon particulièrement brutale à l’annonce du Brexit, selon Razia Khan, économiste en chef pour l’Afrique de la banque Standard Chartered. « Ailleurs la réaction immédiate des marchés a été moins violente », a-t-elle confié à The Africa Report (publication du groupe Jeune Afrique)..

Le président sud-africain Jacob Zuma s’est dit confiant dans la capacité des banques et des institutions financières du pays à résister à toute répercussion du Brexit. « Nous sommes équipés pour faire face aux chocs financiers, nous l’avons déjà montré lors de la crise de 2008-2009 », a-t-il  indiqué dans un communiqué émis par la présidence.

Les investissements au Nigeria compromis

Le Nigeria pourrait également faire les frais du Brexit. Les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et la première économie africaine atteignaient 8,3 milliards de dollars l’année dernière, et étaient partis pour s’élever jusqu’à 28 milliards d’ici la fin de la décennie.

À cause du Brexit, les accords commerciaux précédemment passés en conformité avec les directives européennes pourraient être renégociés. En outre, la plupart des spécialistes s’accordent sur le fait que le Brexit devrait faire entrer le Royaume-Uni  en récession. Or c’est de là que proviennent la majorité des investissements directs au Nigeria. Plus largement, c’est l’ensemble des investissements en direction du continent africain qui pourraient ralentir.

Des autorités qui se veulent rassurantes

Le ministre des finances du Kenya Henry Rotich a indiqué que son pays se tenait prêt à faire face aux retombées économiques du Brexit, ayant pour cela « suffisamment de ressources sur le marché des changes ». « Nous saurons réagir en cas d’effet collatéral », a-t-il affirmé à l’agence Reuters.

Des projets politiques régionaux en Afrique pourraient avoir à pâtir de la décision des Britanniques de se séparer de l’Union européenne : il est en effet possible d’y voir un message négatif sur l’impossibilité de réunir plusieurs nations dans une seule entité. La Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), composée du Burundi, du Kenya, de la Tanzanie, du Rwanda et de l’Ouganda a cependant tenu à réaffirmer sa volonté d’aller vers une union renforcée. « Notre union est plus forte car nous avons tiré des enseignements de notre effondrement [en 1977] », a déclaré son secrétaire général Liberat Mfumukeko, qui a ajouté qu’un projet de constitution serait bientôt proposé.

Le Maroc à la place du Royaume-Uni ?

Au Maroc, des utilisateurs de Twitter préfèrent en plaisanter, suggérant que leur pays pourrait prendre la place laissée vacante par le Royaume-Uni. Cependant le Brexit pourrait compromettre le projet d’intégration du Maroc dans l’UE, selon Nabil Adel, enseignant à la Business School de Casablanca interrogé par le Huffington Post, car il pousse à davantage privilégier les accords bilatéraux, aux dépens des espaces commerciaux multilatéraux.

L’écrivain malawien Levi Kabwato estime pour sa part que le Brexit pourrait avoir de bons côtés, car il affaiblirait le Royaume-Uni et l’Union européenne, deux structures qui ont mis en place des accords commerciaux souvent défavorables aux intérêts africains. Sans parler des courants d’extrême droite européens qui « appellent à ce que les migrants – et beaucoup d’Africains en font partie – se voient refuser l’accès au continent, sans avoir à l’esprit que, dans la plupart des cas, le chaos qu’ils fuient est provoqué par le Royaume-Uni et ses alliés encore plus puissants de l’UE. »

Le Premier ministre britannique David Cameron, qui a annoncé peu de temps après l’annonce du résultat du référendum son intention de quitter le pouvoir avant octobre, restera dans l’histoire comme « le dernier premier ministre du Royaume-Uni », selon l’expression de Zito Kabwe, membre de l’opposition en Tanzanie.

Source: Jeune Afrique, Par , et

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FAO: l’inquiétude du pape François face à la «bureaucratie» internationale

Rencontre du pape et de Graziano Sliva, 23 juin 2016, courtoisie de FAO.ORG

Rencontre du pape et de Graziano Sliva, 23 juin 2016, courtoisie de FAO.ORG

Le pape François confie ses inquiétudes concernant « la bureaucratie actuelle au sein des organisations internationales » : le système des Nations Unies devrait « travailler davantage dans l’intérêt de ses Etats membres ».

C’est ce que rapporte un communiqué de l’Organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) qui a son siège à Rome. Son directeur général, M. José Graziano da Silva, a en effet été reçu en audience privée au Vatican par le pape François, jeudi, 23 juin. A l’ordre du jour des conversations : l’initiative «Espoir bleu» et l’impact du phénomène climatique El Niño.

Le pape François a salué « les efforts de l’Organisation en matière de migration en Méditerranée, ainsi que le travail accompli en vue de promouvoir les liens étroits entre paix et sécurité alimentaire, et changement climatique et développement durable », indique le communiqué.

Pour sa part, M. José Graziano da Silva a présenté l’initiative «Espoir bleu» (« Blue Hope ») de la FAO, qui vise à « transformer les communautés des zones côtières de la région sud-méditerranéenne en moteurs de stabilité et de croissance, notamment en soutenant la pêche artisanale ».

«Les questions de migration lui tiennent vraiment à cœur. Davantage doit être fait pour faire face à la situation en mer Méditerranée où, selon les estimations, plus de 2500 personnes sont mortes cette année en tentant de rejoindre l’Europe par la mer», a déclaré le directeur général au terme de l’audience.

Le pape et M. José Graziano da Silva ont également évoqué « les efforts de paix en cours en Colombie et en République centrafricaine » et souhaitant que « des solutions durables soient trouvées pour mettre fin au conflit dans les deux pays ».

La FAO vise a expliqué M. José Graziano da Silva, « à augmenter les investissements dans la sécurité alimentaire et dans le développement rural durable, mais également à encourager les efforts visant à adapter l’agriculture au changement climatique » : « L’objectif est de contribuer à la création d’un environnement au sein duquel les populations, en particulier les jeunes, ne seront plus obligées d’abandonner leurs terres pour partir à la recherche d’une vie meilleure. »

Le directeur général a aussi abordé question de la migration et le rôle de l’Organisation dans la réussite des efforts entrepris pour atteindre les Objectifs de développement durable établis par la communauté internationale, y compris l’éradication de la faim d’ici à 2030.

Pour ce qui est de « El Niño » le pape François a exprimé ses « inquiétudes » concernant « l’impact direct du phénomène climatique sur les grandes étendues du monde, à savoir les graves sécheresses et les inondations », indique la même source. Le Forum global des Nations Unies sur la sécurité alimentaire et la nutrition, dont le Directeur général est le vice-président, venait de tenir,  mercredi, 22 juin, une session spéciale sur El Niño.

M. José Graziano da Silva a informé le pape que la FAO accueillera deux réunions de haut-niveau, les 30 juin et 6 juillet prochains, afin d’évaluer l’impact du phénomène El Niño dans le «couloir sec» d’Amérique centrale , ainsi qu’en Afrique, en Asie et dans la région du Pacifique.

Le directeur général a constaté que le changement climatique « menace les moyens d’existence de millions de petits agriculteurs familiaux à travers le monde, dont la majorité est  fortement tributaire de l’agriculture de subsistance ».

Il a en outre souligné l’importance « d’investir dans l’amélioration de la capacité des populations rurales défavorisées à accéder aux terres, au crédit et aux autres ressources en réponse aux effets du changement climatique, tout en leur garantissant des services de base tels que l’eau, l’assainissement, la santé, l’éducation, les infrastructures de transport et l’électricité »

05:18 Publié dans Economie, Monde | Tags : fao, inquiétude du pape françois, face, bureaucratie internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

25 juin 2016

« Nourrir l’Afrique » : la BAD adopte sa stratégie pour révolutionner l’agriculture africaine

 
Abidjan – Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé une stratégie de transformation de l’agriculture africaine pour un secteur agroalimentaire compétitif et inclusif, à même de créer de la richesse, d’améliorer les conditions de vie de ses populations et de sauvegarder l’environnement.

Intitulé « Nourrir l’Afrique : stratégie pour la transformation agricole de l’Afrique, 2016-2025 », le document a été approuvé à l’unanimité, mercredi 22 juin 2016, par les administrateurs du Groupe de la Banque réunis à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ce, après avoir fait l’objet d’un examen approfondi par les parties prenantes internationales, les organisations sectorielles et les partenaires, en sus de consultations régionales organisées à Rabat, Kinshasa, Lusaka, Dar-es-Salaam et Accra.

Cette stratégie vise à éradiquer la faim et la pauvreté rurale en Afrique dans les dix ans à venir. Pour ce faire, elle mise sur une transformation fondée sur un développement à grande échelle de l’agriculture en tant qu’activité commerciale à forte valeur ajoutée, stimulée par le secteur privé et soutenue par le secteur public, et qui recourt à des mécanismes de financement innovants.

Il s’agit de la deuxième des Cinq grandes priorités de la Banque, dites Top 5 — Éclairer l’Afrique et l’alimenter en électricité,Nourrir l’Afrique, Industrialiser l’Afrique, Intégrer l’Afrique et Améliorer la qualité de vie des populations de l’Afrique — qui constituent un plan d’action pour la mise en œuvre de sa Stratégie décennale 2013-2022.
Atteindre de tels objectifs exige d’accroître la productivité, la valeur ajoutée et les investissements en infrastructures, de mettre en place un environnement favorable à l’industrie agroalimentaire, de catalyser les flux de capitaux et de préserver le caractère inclusif et durable de l’agriculture et sa capacité à fournir une alimentation de qualité, et ce, de manière coordonnée.

La stratégie de transformation définit 15 chaînes de valeur prioritaires pour des produits de base, en fonction de zones agro-écologiques précises, le but étant d’atteindre l’autosuffisance pour certains produits comme le riz, le blé, le poisson, l’huile de palme, l’horticulture et le manioc ; de gravir les échelons des chaines de valeur pour les produits principalement destinés à l’exportation comme le cacao, le café, le coton et les noix de cajou ; d’assurer la sécurité alimentaire au Sahel grâce au sorgho, au mil et à l’élevage ; et d’exploiter le potentiel de la savane guinéenne pour la production de maïs, de soja et de bétail.

La stratégie « Nourrir l’Afrique » soutient, de manière convaincante, qu’il est possible d’inverser la situation d’un continent qui dépense chaque année 35,4 milliards de dollars EU pour ses importations de denrées alimentaires, alors qu’il héberge près de 65 % des terres arables sous-exploitées dans le monde.

Quelque 70 % de la population africaine et 80 % des pauvres du continent qui vivent en milieu rural dépendent de l’agriculture et d’entreprises rurales non agricoles pour leurs moyens de subsistance. Il est de plus en plus difficile pour eux de répondre à leurs besoins alimentaires de base, au fur et à mesure que s’accroît la pression démographique ; les terres et l’eau deviennent des ressources rares qui se dégradent, et la productivité agricole n’augmente plus.

Conduire ce programme de transformation au cours des 10 prochaines années exigerait de 315 à 400 milliards de dollars EU d’investissements, selon les calculs, avec un retour sur investissement annuel de 85 milliards de dollars EU dans l’hypothèse d’un financement intégral.
La Banque investira 24 milliards de dollars EU elle-même et mobilisera des financements supplémentaires au moyen de prises de participation (fonds propres et quasi-fonds propres) et d’instruments de crédit et de risque, afin de catalyser les investissements à grande échelle en provenance du secteur privé ainsi que les cofinancements des donateurs traditionnels et des nouveaux acteurs. Le déficit de financement, évalué à 23 milliards de dollars EU, pourra être comblé grâce à l’utilisation d’outils innovants d’atténuation des risques, et à des financements mixtes en provenance de fonds souverains, de fonds de pension et de capitaux propres, de l’avis de Chiji Ojukwu, directeur du Département d’agriculture et d’industrie agroalimentaire de la Banque, qui présentait la stratégie au Conseil d’administration.

Le Conseil a félicité le personnel et l’équipe dirigeante pour cette stratégie bien conçue, soulignant la nécessité d’en suivre de près la mise en œuvre, en accordant une attention particulière aux aspects liés à l’inclusion, à la gestion des terres et à la mobilisation des ressources. Il a également appelé à tenir compte des petits États insulaires et des États fragiles, et à veiller à l’intégration des questions de politique ainsi qu’au dialogue avec le secteur privé et la société civile.

Pour sa part, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, qui présidait le Conseil, a souligné le soutien massif apporté au programme de transformation agricole de la Banque par les institutions partenaires telles que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international pour le développement agricole (IFAD) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), ainsi que par le secteur privé et les gouvernements.

Les priorités du Top 5 dans leur ensemble, et celles du programme agricole en particulier, sont cruciales dans le contexte actuel, où « quasi toutes les zones rurales en Afrique sont devenues des zones de misère économique, juge le président Adesina. Nous devrions les transformer en zones de prospérité ».
 
Publié le vendredi 24 juin 2016  |  BAD

09:55 Publié dans Economie, Monde | Tags : « afrique, la bad, adoption stratégie, pour révolutionner, agriculture africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

IFC et la MasterCard Foundation Misent sur le Potentiel pour Développer l`Inclusion Financière en Afrique de l`Ouest

Abidjan, un membre du Groupe de la Banque Mondiale, organise aujourd’hui à Abidjan une conférence de deux jours sur le secteur financier en Afrique subsaharienne afin de promouvoir la microfinance et les services financiers numériques et développer l’inclusion financière.

Une étude intitulée ‘’ Opportunités de Services Financiers Numériques dans la Chaine de Valeur du Cacao en Côte d’Ivoire’’, publiée à l’ occasion de l’évènement, analyse le comportement financier des petits agriculteurs dans le vaste secteur du cacao ivoirien ainsi que les solutions pour utiliser les services financiers numériques pour accéder aux services financiers dans les zones rurales. L’étude conclut que peu d’agriculteurs ont accès à des services bancaires traditionnels, mais adoptent les services d’argent mobile bien plus rapidement que les populations urbaines.

« La plupart des exploitants de cacao semblent considérer que les banques sont destinées davantage ‘aux riches’ et par conséquent ne sont pas une option pertinente pour eux. Toutefois, les différents services d’argent mobile offerts par les opérateurs de réseaux mobiles ivoiriens n’ont apparemment pas les mêmes contraintes et ont un fort taux d’adoption, à 53 pour cent parmi les exploitants de cacao », constate l’étude.

L’accès aux services financiers a augmenté rapidement au cours des 8 dernières années grâce à l’utilisation de nouvelles technologies et a des modèles commerciaux innovateurs comme l’argent mobile et les intermédiaires bancaires. Il s’agit de la plus grande et rapide augmentation en Afrique subsaharienne, ou les défis sont aussi les plus importants. Le nombre d’utilisateurs d’argent mobile en Afrique de l’ouest a doublé au cours des trois dernières années et atteint aujourd’hui 21 millions d’individus.

Ann Miles, Directeur de l’Inclusion Financière et du Développement des Jeunes, The MasterCard Foundation, a dit : « Globalement, nous avons fait d’énormes progrès pour l’inclusion financière, avec un déclin de 20 pour cent dans les années récentes du nombre de ceux qui sont financièrement exclus. Le Partenariat pour l’Inclusion Financière démontre que, lorsque plusieurs organisations travaillent ensemble avec ambition, créativité et la détermination de changer les choses, un grand nombre d’individus peut bénéficier d’un accès aux services financiers pour améliorer leur quotidien. »

Aliou Maiga, Directeur Régional d’IFC du Département Institutions Financières en Afrique subsaharienne a dit : « L’histoire autour de l’argent mobile en Afrique de l’est est bien connue de tous, particulièrement le succès remarquable de M-PESA au Kenya. Nous avons souhaité tenir cet évènement en Côte d’Ivoire pour souligner les progrès rapides que nous observons en Afrique de l’Ouest ainsi que les opportunités pour développer davantage l’inclusion financière dans la région. »

L’évènement est organisé par le Partenariat pour l’Inclusion Financière, une initiative conjointe de $37,4 millions d’IFC et The MasterCard Foundation et a pour but de promouvoir la microfinance et développer les services financiers numériques en Afrique subsaharienne. Crée en 2012, le Partenariat a déjà permis à 2,7 millions d’individus de bénéficier d’un accès aux services financiers grâce aux partenaires qui ont appuyés le programme. Le Partenariat compte doubler ce chiffre d’ici 2018.

L’étude complète, Opportunités de Services Financiers Numériques dans la Chaine de Valeur du Cacao en Côte d’Ivoire, est disponible en ligne en Français et en Anglais.

03:23 Publié dans Economie, Monde | Tags : mastercardfoundation, ifc, services financiers, côte d'ivoire, afrique microfinance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |