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16 juin 2017

Yoshifumi Okamura : "Il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité"

Yoshifumi Okamura : "Il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité"CouvertureCrédits: Archives
 

L’ex-diplomate japonais qui était en fonction en Côte d’Ivoire en 2010, en a profité pour donner sa position sur les relations bilatérales entre son pays et la Côte d’Ivoire, mais aussi sur la réforme du Conseil de Sécurité de l’Onu, au moment où ce pays vient d’être élu membre non permanent à l’Onu.

Yoshifumi Okamura : "Il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité"

Excellence M. l’ambassadeur, quels sont les sentiments qui vous animent au moment où vous foulez à nouveau le sol de Côte d’Ivoire ?

Bien sûr, c’est la joie de revoir tous mes amis ivoiriens et de constater comment la Côte d’Ivoire a changé depuis que j’ai quitté ce pays. Il y a le 3epont, beaucoup de routes construites. J’ai fait un tour à Treichville. J’ai vu que tout a changé avec de nombreux restaurants, magasins, etc. L’essor économique est vraiment tangible. Les gens sont actifs. Je suis content de voir que la prospérité de cette ville est bien rétablie.

 

Au cours de votre séjour, vous avez été reçu par le Président Alassane Ouattara. De quoi avez-vous parlé ?

Cette visite, c’était d’abord pour renouer mon amitié personnelle avec le Président Ouattara. Mais nous avons beaucoup échangé sur le Conseil de sécurité. Vous savez que la Côte d’Ivoire vient d’être élue membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu pour la période 2018-2019. C’est une sorte de transition entre le Japon et la Côte d’Ivoire, puisque mon pays a été élu membre non permanent du Conseil de sécurité pour 2016 et 2017. Nous avons également parlé de la coopération bilatérale, des problèmes du continent africain. Le Japon et la Côte d’Ivoire travaillent ensemble sur ces questions.

 

Qu’êtes-vous devenu, après votre départ de la Côte d’Ivoire comme ambassadeur ?

Je suis d’abord retourné à Tokyo comme Directeur général de la Ticad (Conférence internationale pour le développement de l’Afrique) où je m’occupais de toutes les questions touchantà l’Afrique. J’ai organisé une conférence, dans le cadre de la Ticad, en 2013 à Yokohama, et j’ai eu la chance de compter plus de quarante chefs d’Etat africains présents. Ils ont eu une rencontre bilatérale avec le Premier ministre Shinzo Abe. Après, celui-ci m’a demandé de choisir trois pays africains pour une visite officielle. Je lui ai demandé de commencer par la Côte d’Ivoire. Et le Président Alassane Ouattara, qui est un ami à moi, a organisé quelque chose d’extraordinaire en janvier 2014 : une session extraordinaire de la Cedeao dont il était Président en exercice. Beaucoup d’entre ses homologues étaient présents, notamment Goodluck Jonathan du Nigeria. Nous avons également organisé la Ticad VI à Nairobi (Kenya) à laquelle le Président de la Côte d’Ivoire a participé et a eu une rencontre bilatérale avec le Premier ministre Shinzo Abe. Je me suis également rendu à New York comme Représentant personnel adjoint de la Mission japonaise auprès des Nations unies où mon pays était membre non permanent du Conseil de Sécurité de l’Onu. Je m’occupais des questions liées à l’Afrique, notamment les problèmes au nord du Mali, le sahel, Bokoharam, la Somalie, le Soudan du Sud…Je me suis également occupé de la fin de la crise en Côte d’Ivoire avec le départ de l’Onuci. J’ai essayé de persuader les uns et les autres que la Côte d’Ivoire n’est plus un pays de conflit. C’est ainsi qu’il a été mis fin aux activités de l’Onuci en Côte d’Ivoire parce que ce pays est désormais en paix.

 

Le fonctionnement de la Ticadvous satisfait-il, à l’heure actuelle ?

Le concept de base de la Ticad est d’encourager le développement de l’Afrique sur le principe d’appropriation. Deuxièmement, nous ne parlons pas d’assistance économique à la Ticad, mais plutôt d’investissement et de commerce. Pour cela, il faut une participation massive du secteur privé. Il faut également encourager les agriculteurs, non seulement pour la sécurité alimentaire, mais aussi pour gagner de l’argent avec le développement agricole. Mais il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité. Il faut adresser la question de la pauvreté, des déséquilibres sociaux, etc. La Ticad fait des progrès. A Nairobi, à la Ticad VI, il y a eu une importante participation du secteur privé japonais. De nombreux hommes d’affaires sont venus du Japon pour prospecter et voir la réalité des activités économiques de l’Afrique. De plus en plus, le secteur privé japonais s’intéresse à investir en Afrique. Le Ticad VII aura lieu en 2019 au Japon. C’est tous les trois ans au Japon et ensuite, en Afrique.

 

Vous êtes également à la primature de votre pays, chargé de la réforme du Conseil de sécurité de l’Onu. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

Vous savez, la réforme du Conseil de sécurité de l’Onu est une question primordiale. Plus de 70 ans après la création de l’Onu, le Conseil de sécurité n’a pas beaucoup changé, surtout au niveau des membres permanents qui sont toujours cinq. En même temps, le Japon, l’Inde, le Brésil et l’Allemagne qui forment le Groupe de quatre (G4), sont des membres inférieurs du Conseil de sécurité de l’Onu, malgré, par exemple, le niveau de contribution du Japon pour le compte des Nations unies. Ce n’est pas juste et je dirai même que c’est une injustice. Tout comme l’Afrique qui n’a aucune représentation au niveau des membres permanents. Il faut donc que le G4 et l’Afrique travaillent ensemble pour la réforme du Conseil de sécurité. Il faut que le Japon et la Côte d’Ivoireparlent surtout d’une même voix pour aborder ce sujet extrêmement important. Ce n’est pas facile et je dirai qu’il faut ce que j’appellerais une révolution.

 

Après le départ de l’Onuci, pensez-vous qu’il y a encore des défis que le pays doit relever ?

La Côte d’Ivoire n’est plus une zone de conflits et moi, je compte sur les Ivoiriens. Il y a la démocratie, la liberté et suffisamment de ressources domestiques. Je ne dis pas que le pays n’a pas de problèmes, mais les Ivoiriens doivent être capables de les résoudre par eux-mêmes. Ce n’est pas la peine d’avoir une présence onusienne.

 

Lors de votre séjour en Côte d’Ivoire, quels sont les moments qui vous ont marqué ?

C’est évidemment la crise, car j’ai été ambassadeur dans ce pays de 2008 à 2011. J’ai été non seulement témoin mais j’ai aussi survécu à la crise. Ça a été une période très dure pour tout le monde. Je suis fier des Ivoiriens. J’ai vu le courage de cepeuple, qui est sorti pour demander la paix, surtout les jeunes et les femmes qui tapaient des casseroles. C’était impressionnant ! Après six ans, je suis très confiant que la Côte d’Ivoire soit sortie du passé et j’espère en son avenir.

 

Quel message souhaiteriez-vous laisser aux Ivoiriens ?

Je suis très encouragé de voir la Côte d’Ivoire. C’est un pays qui est sorti de la crise, mais c’est aussi un pays très important, le noyau-clé de l’Afrique de l’Ouest. La prospérité et le développement économique de la Côte d’Ivoire sontaussi pour toute l’Afrique de l’Ouest. La stabilité et la démocratie de ce pays serontaussi le noyau-clé de cette sous-région. Je demande au peuple ivoirien de penser à l’avenir. La crise, c’est du passé. C’était dur. Il faut apprendre sûrement quelque chose du passé. Mais il faut penser à l’avenir. A la Côte d’Ivoire. A l’Afrique. Pourquoi sortir de l’Afrique pour aller en Europe ? Ce n’est pas le moment de sortir de l’Afrique. Cette Afrique qui a des possibilités, degrandes potentialités, un continent d’avenir.

 

Interview réalisée par Sylvain Namoya et Benoît Hili (Fraternité Matin)

14 juin 2017

Tunisie : le FMI approuve le décaissement d’un nouveau crédit de 314,4 millions de dollars

Christine Lagarde, directrice du FMI, en janvier 2015. © Alex Brandon/AP/SIPA

Après avoir achevé un audit du programme économique tunisien, le conseil d'administration du FMI a autorisé le décaissement d'une nouvelle tranche d'aide de 314,4 millions de dollars pour le pays, dans le cadre de son programme de crédit sur 4 ans.

Le FMI a annoncé, dans un communiqué publié lundi 12 juin, avoir achevé son premier audit du programme économique tunisien, qui conditionnait le déblocage d’une nouvelle tranche de crédit de 314,4 millions de dollars (280,5 millions d’euros). Au total, la Tunisie aura emprunté 628,8 millions de dollars dans le cadre de ce programme de crédit d’un montant global de 2,83 milliards de dollars et d’une durée de 4 ans, approuvé par le FMI en mai 2016.

Ce programme est conditionné par des réformes que doit mener le gouvernement tunisien, pour réduire le déficit fiscal, stabiliser la dette publique sous la barre des 70% du PIB d’ici 2020, augmenter les investissements et les dépenses sociales et introduire davantage de flexibilité dans le système de change tout en contenant l’inflation en dessous de 4%.

Le FMI salue d’important progrès

« Les autorités ont fait d’importants progrès dans la restructuration des banques publiques. La prochaine étape prévoit un changement du cadre réglementaire et juridique, pour soutenir la réduction des prêts non rentables. Il sera également important de mettre en place d’autres mesures de surveillance bancaire », a déclaré Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du FMI.

Le gouvernement doit également assurer la viabilité des pensions et mieux protéger les ménages vulnérables, tout en accélérant les réformes visant à améliorer la gouvernance et à favoriser la croissance de l’emploi et du secteur privé.

Amélioration de la gouvernance

« Les autorités sont engagées dans l’amélioration de la gouvernance et du climat des affaires. L’instauration de la haute autorité anti-corruption et de nouvelles institutions, comme le guichet unique pour les investisseurs, dont la création est prévue, ainsi que la participation de la Tunisie au programme du G20 Compact with Africa va dans le sens de ces objectifs », a ajouté Mitsuhiro Furusawa.

En terminant son audit, le conseil d’administration du FMI a accepté la demande des autorités de ne pas respecter les objectifs de performance sur les réserves de change, les actifs intérieurs net et le déficit budgétaire primaire.

En avril dernier, le FMI n’avait pas concédé la troisième tranche de 350 millions de dollars du programme de crédit, arguant que la « conjecture économique difficile » exigeait de la part des autorités tunisiennes une « riposte urgente et énergique » afin de « maintenir la stabilité macroéconomique » et de « doper la création d’emplois ».

Jeune Afrique

http://www.jeuneafrique.com

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24 mai 2017

Renforcement de la coopération agricole : le ministre Sangafowa COULIBALY à la conquête de l’expérience sud africaine

Renforcement
 
 
 
Le Ministre Ivoirien de l’Agriculture et du développement rural a, en sa qualité de Président en exercice de la conférence des Ministres Région Afrique pour la FAO, séjourné en Afrique du Sud du 15 au 20/05/17.
Plusieurs temps forts ont marqué cette visite dans le pays de Nelson Mandela. Ainsi, le ministre Mamadou Sangafowa COULIBALY a, eu une séance de travail avec le Directeur Exécutif du NEPAD, SEM Ibrahim Assane MAYAKI. Les deux personnalités ont passé en revue les défis de l’Agriculture en Afrique et abordé quelques perspectives pour rehausser ce secteur moteur de l’économie de bien de pays africains. Il ressort de cet entretien, que le NEPAD mettra à disposition du Ministre Ivoirien de l’agriculture , un document de plaidoyer auprès des chefs d’Etat Africains pour des financements publics plus conséquents dans le secteur agricole.
Ensuite, il intégrera et apportera son appui technique et financier à l’initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA) aux changements climatiques.
Par ailleurs, M. Ibrahim Assane MAYAKI a engagé son institution à apporter à la Côte d’Ivoire, une assistance technique dans formulation et la mobilisation des ressources du PNIA deuxième génération dont la table
ronde est prévue en marge du SARA.
En plus, le NEPAD a accepté de faire partie du partenariat qui lie la Côte d’Ivoire au chocolatier Mars pour la conception et la création de l’académie mondiale du chocolat à Abidjan, projet cher au Ministre SANGAFOWA.
Outre les questions liées au suivi des décisions de la 29ème conférence de la FAO, le Ministre SANGAFOWA-COULIBALY a mis son séjour à profit pour définir avec son homologue Sud Africain, les moyens de renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine agricole. En effet, les deux hommes se sont accordés sur le fait que l’Afrique du Sud, puissance agricole africaine et la Côte d’Ivoire, puissance agricole ouest-africaine, se donnent la main pour rehausser le potentiel du secteur agricole et, à terme de parvenir à l’autonomisation du continent et à une meilleure redistribution de la richesse à travers la chaîne de valeurs. Pour le matérialiser, un accord de coopération agricole renforcé sera signé entre les deux pays pendant le SARA dont l’Afrique du Sud est le pays à l’honneur.
Ainsi, aux termes de plusieurs audiences, séances de travail et conférences avec le Ministère Sud Africain de l’Agriculture, le NEPAD et le secteur Privé, quatre entreprises Sud Africaines œuvrant dans le domaine de l’agro-industrie bénéficieront de l’appui du Ministère Ivoirien de l’agriculture pour investir dans la production et la transformation du manioc, de la noix de cajou, des fruits et légumes, des maraîchers et de la mangue. Ce sont au total des milliers d’hectares et une dizaine d’unités de transformation primaire pour un investissement privé total de près 200 Milliards de FCFA qui permettront une production additionnelle de 1 000 000 de tonnes et la création de 10 000 emplois directs, dès cette année et jusqu’à fin 2019. En plus, une trentaine d’entreprises ont manifesté leur intérêt à participer au prochain SARA en vue de rechercher et nouer des partenariats avec leurs homologues Ivoiriens et ceux de la sous région.

Notons que l’une des principales régions agricoles de l’Afrique du Sud , la région du LIMPOPO, sera l’invitée spéciale du Ministre Sangafowa pour partager en marge du SARA , avec les Présidents des régions de Côte d’Ivoire , le modèle Sud Africain de contribution des régions au développement rural.
 
Publié le mardi 23 mai 2017  |  Ministères

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