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23 novembre 2016

Discours à la FAO pour la Journée mondiale de la pêche

basilica_san_pietro_sm-600x338.jpgIntervention du cardinal Parolin

Monsieur le Directeur général,
Monsieur le Cardinal,
Messieurs les Ambassadeurs et Représentants permanents,
Messieurs les Fonctionnaires de la FAO
et Représentants de la société civile
Mesdames et Messieurs les Intervenants,
Mesdames et Messieurs,

  1. Je suis reconnaissant envers le directeur général de la FAO, le Professeur José Graziano da Silva, pour ses aimables paroles de bienvenue. Je voudrais exprimer mon estime pour le travail de la FAO et pour son attention à de nombreuses questions liées au développement humain, que l’Église catholique et le Saint-Siège suivent avec attention. Je salue aussi les intervenants qui, avec leur expérience bien connue, donneront le juste relief à cet événement à l’occasion de la Journée mondiale de la pêche.

Comme nous le savons tous, le secteur de la pêche contribue de manière décisive à la sécurité alimentaire mondiale, au bien-être humain et à la prospérité économique, et il est particulièrement important pour la survie des communautés de pêche à petite échelle dans de nombreux États. Le poisson continue d’être un des produits alimentaires les plus commercialisés dans le monde entier et le travail dans ce secteur a augmenté à des rythmes plus soutenus que ceux de la population mondiale (cf. FAO, Report on The State of World Fisheries and Aquaculture 2014). La pêche emploie des millions de personnes et permet la subsistance de familles, de groupes et de communautés. Cela est particulièrement important pour les pays en voie de développement où les produits du poisson représentent souvent la moitié de la valeur totale des marchandises échangées.

Toutefois, il est nécessaire que la vision économique n’oublie pas la garantie d’un bien-être humain compatible avec la protection de l’environnement, afin de créer de la prospérité à long terme et une perspective durable pour les générations actuelles et futures. Pour ces raisons, la promotion d’une pêche et d’une aquaculture durables et responsables doit être une préoccupation fondamentale pour toutes les actions internes et internationales. Dans l’encyclique Laudato si’, nous rappelant l’importance de protéger notre « maison commune », le pape François souligne que « les océans non seulement constituent la majeure partie de l’eau de la planète, mais aussi la majeure partie de la grande variété des êtres vivants, dont beaucoup nous sont encore inconnus et sont menacés par diverses causes. D’autre part, la vie dans les fleuves, les lacs, les mers et les océans, qui alimente une grande partie de la population mondiale, se voit affectée par l’extraction désordonnée des ressources de pêche, provoquant des diminutions drastiques de certaines espèces. Des formes sélectives de pêche, qui gaspillent une grande partie des espèces capturées, continuent encore de se développer. Les organismes marins que nous ne prenons pas en considération sont spécialement menacés, comme certaines formes de plancton qui constituent une composante très importante dans la chaîne alimentaire marine, et dont dépendent, en définitive, les espèces servant à notre subsistance.» (n.40)

Comme l’indique l’introduction du Code de conduite de la FAO pour la pêche responsable, adopté il y a vingt ans, « la pêche, y compris l’aquaculture, représente une source vitale d’alimentation, de travail de temps libre, de commerce et de bien-être économique pour les personnes dans le monde entier, pour les générations actuelles comme pour les générations futures et doit par conséquent être menée de manière responsable ». Malheureusement, dans de nombreuses régions, un niveau insoutenable d’exploitation a été atteint et les interventions de la Communauté internationale, y compris à travers le Code de conduite mentionné, ont substantiellement empêché que la situation n’empire.

  1. Il y a cependant une autre perception plus directement humaine et, j’oserais dire, humanitaire, en suivant les plus récents critères exprimés par le Sommet d’Istanbul en mai dernier, qui préoccupe le Saint-Siège et, je crois, toutes les personnes qui voient avec sagesse la pêche comme une ressource importante pour l’avenir de la famille humaine.

Deux siècles après l’abolition de la traite transatlantique des esclaves, au moins 20,9 millions de personnes continuent de travailler sous la contrainte, en grande partie dans l’économie informelle et illégale (cf. ILO, Global estimates 2012). Environ 90 pour cent du travail forcé, aujourd’hui, est imposé par le secteur privé, surtout dans les activités à haute intensité de main-d’œuvre, comme la pêche. L’étude et le travail des Organisations internationales compétentes – je me réfère en particulier à la FAO et à l’OIL, mais sans négliger les organisations de la société civile – soulignent que la pêche et l’aquaculture sont devenues des activités mondiales qui emploient un grand nombre de travailleurs, souvent déjà rendus vulnérables parce que migrants, victimes de la traite ou du travail forcé.

Les travailleurs, embauchés à travers des agences de travail, vivent constamment la précarité de l’emploi puisque leurs contrats, en général, vont de cinq à six mois. La même précarité est vécue par les travailleurs embauchés par les coopératives, du moment que l’une des conditions pour rester dans la coopérative est d’y rester employé alors qu’à chaque échéance du contrat il n’y a aucune garantie d’être réembauché.

Les travailleurs embarqués sur des bateaux de pêche sont effectivement isolés pendant de longues périodes, privés non seulement de garanties contractuelles mais aussi des droits les plus fondamentaux. Les bateaux de pêche, en particulier ceux qui sont utilisés dans la pêche en haute mer, ont une capacité de plus en plus grande de rester en mer pendant de longues périodes, même pendant plusieurs années. Plutôt que d’accoster régulièrement, ces embarcations peuvent « transborder » le poisson capturé et se refournir en carburant à travers des embarcations plus petites. Pour les équipages, cela signifie vivre dans des conditions dégradantes, dans des espaces restreints, presque en détention, sans documents, qui ne leur sont restitués que rarement après de longues périodes de travail forcé et sous-payé.

Tout cela peut signifier que l’équipage de ces navire n’a pas accès aux ports et n’est donc pas en mesure de fuir, d’empêcher les abus ou de demander assistance. En outre, à bord des bateaux, les travailleurs ont rarement la possibilité de communiquer avec le monde extérieur. Les téléphones portables sont hors de portée des signaux ou il leur est interdit d’utiliser d’autres moyens de communication de bord tels que la radio ou les téléphones satellitaires. Au fond, nous sommes devant des personnes privées de leur identité, avec un bas salaire et qui, si elles étaient libres, ne sont pas en mesure de reconstruire leur vie parce qu’elles sont victimes d’un véritable système d’esclavage. Cette situation est aggravée dans le cas de la pêche illégale, non déclarée et non règlementée.

Nous ne devons pas oublier que le secteur industriel du travail de la pêche continue de s’intéresser à ce qu’on appelle le travail « informel » plutôt qu’à des formes typiques de contrats avec des embauches régulières, sans échéance déterminées et avec des conditions qui prévoient les garanties sociales minimum. Les travailleurs employés à travers des intermédiaires ou des agents de main-d’œuvre, vivent constamment dans la précarité du travail qui se caractérise par des contrats limités dans le temps et uniquement gérés par les donneurs de travail.

Nous sommes témoins d’une situation face à laquelle la Communauté internationale et ses institutions font tous leurs efforts pour établir et développer des solutions spécifiques afin d’éliminer le travail forcé de la chaîne mondiale de la production. Je pense au nouveau Cadre de politique stratégique, adopté par l’ILO en 2010 ou aux récentes décisions du Comité de la pêche de la FAO sur les activités illicites liées au secteur de la pêche.

Les conventions de l’ILO, en particulier la Convention de travail forcé, 1930 (n° 29) et la Convention sur le travail dans la pêche, 2007 (n° 188), l’Accord de la FAO sur les mesures de l’État du port, adopté en 2009 et aujourd’hui en vigueur, le Code de conduite pour une pêche responsables et les Lignes-guides volontaires pour la protection de la petite pêche durable dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’élimination de la pauvreté de 2014, fournissent d’importantes indications et des moyens réels pour chercher à endiguer ce phénomène. Reste cependant le problème de leur mise en œuvre effective et donc de la bonne volonté des différentes parties impliquées.

  1. Face à ces défis, le Saint-Siège considère comme fondamental de développer, en particulier, les capacités de surveiller, d’identifier et de sauver les pêcheurs victimes de la traite, du trafic et de traitements dégradants. Les normes actuelles du droit international nous imposent d’aller au-delà des raisons pour lesquelles les personnes s’adressent à des contrebandiers et des trafiquants. Non avons non seulement le devoir moral de donner d’autres opportunités aux personnes, mais aussi un devoir contraignant de leur fournir une autre possibilité.

Une première réponse pratique peut être représentée par des mesures légales plus strictes et par des procédures de mise en œuvre dont peuvent bénéficier les migrants qui travaillent dans le secteur de la pêche, afin de fuir le trafic et la traite des êtres humains. Il serait possible de donner l’importance nécessaire aux résultats du Forum de Bali de mars 2016, qui ne peuvent être limités à la seule région du sud-est asiatique, du moment que nous sommes face à un phénomène enraciné dans toutes les zones et les régions. Cela aidera à éliminer les affaires illicites de contrebandiers et de trafiquants.

Au niveau intergouvernemental, ensuite, il faut reconnaître que les Agences spécialisées des Nations Unies, ainsi que les autres Organisations internationales, ont maintenant la capacité de prévoir des alternatives durables ; il suffit de penser à l’hypothèse de visas humanitaires, au visa de brève durée, aux visas pour les travailleurs saisonniers. La législation sur les visas, en général, n’a pas réussi à suivre le rythme des changements de la technologie, avec la révolution numérique et avec le progrès qui change et qui a changé le monde ces dernières années.

Les pays d’origine, ensuite, ont la responsabilité de faciliter la mobilité du travail intra-régional pour ceux qui cherchent de meilleures conditions de vie. Cela peut signifier garantir des politiques en matière d’immigration par rapport aux obligations établies dans l’article 18 du Protocole à la Convention de Palerme sur la criminalité organisée transnationale en matière de prévention, de répression et de persécution de la traite et du trafic des êtres humains. De telles dispositions demandent à l’État de faciliter et d’accepter le retour des victimes de la traite et du trafic, qui sont ses citoyens ou qui avaient un droit de séjour permanent sur son territoire en tant que droit acquis au moment de leur entrée dans cet État dans le respect de sa législation nationale.

En renforçant la gestion humanitaire des frontières, nous serons en mesure de garantir des frontières sûres, libres des abus de la traite et du trafic d’êtres humains, fournissant un accès à la protection pour ceux qui y ont droit, comme dans le cas des pêcheurs soumis au travail forcé. Cette approche aurait aussi l’avantage de distinguer entre criminels et victimes, de manière objective et complète. C’est pourquoi, il faudrait considérer un ensemble d’options en faveur des pêcheurs forcés, identifiés comme des personnes qui ne possèdent aucune protection internationale ou qui n’ont pas de droit de séjour. Ces options devraient comprendre aussi une assistance pour les aider à rentrer volontairement chez eux, avec un soutien financier pendant la phase de réinsertion.

Comme nous le rappelle le pape François, « les migrants sont nos frères et sœurs qui cherchent une vie meilleure loin de la pauvreté, de la faim, de l’exploitation et de l’injuste distribution des ressources de la planète qui devraient être équitablement partagées entre tous. N’est-ce pas le désir de chacun d’améliorer ses conditions de vie et d’obtenir un honnête et légitime bien-être à partager avec ses proches ? » (Message pour la journée des migrants 2016).

  1. En répondant aux exigences d’un monde qui change et qui est constamment à la recherche de justice, de solidarité, de dignité et de respect des droits de chaque personne, en particulier des plus faibles et des plus vulnérables, chacun de nous est appelé à donner sa contribution, proportionnellement à ses capacités, pour libérer les esclaves du commerce humain pratiqué aujourd’hui à une échelle mondiale. Ce n’est qu’en travaillant ensemble, avec nos efforts conjoints, que nous serons en mesure de briser la chaîne de l’exploitation évidente qui influence les activités de pêche dans de nombreux pays et que nous pourrons dénoncer qu’elle contient tous les éléments d’un véritable crime contre l’humanité selon le droit international.

Nous devons le faire en nous concentrant sur trois objectifs fondamentaux : les aides pour les pêcheurs exploités et dégradés, afin de faciliter leur réhabilitation et leur réinsertion ; le respect, de la part des États et des gouvernements, des normes internationales en vigueur en matière de pêche et, en particulier, sur le travail dans le secteur de la pêche ; la lutte contre le trafic et la traite avec des moyens, y compris des mesures coercitives, capables d’imposer l’état de droit et les standards sur les droits humains. L’objectif final est de préserver la légalité aussi sur les mers qui, depuis des siècles, est un signe de liberté et de civilisation.

Le Saint-Siège est très proche des Organisations internationales comme la FAO et l’ILO qui promeuvent ces objectifs et, à travers les institutions de l’Église catholique dans les différents pays, il est prêt à contribuer à cet effort. Un objectif qui, dans la vision chrétienne, signifie œuvrer pour « rendre la liberté aux opprimés » (Lc 4,18-19).

Merci pour votre attention.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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Le cardinal Parolin appelle à « briser la chaîne de l’exploitation » dans le secteur de la pêche

Pêche ZENIT.jpgLe cardinal Pietro Parolin a appelé la communauté internationale à « briser la chaîne de l’exploitation qui influence les activités de pêche dans de nombreux pays » : une chaîne qui contient « tous les éléments d’un véritable crime contre l’humanité », a prévenu le secrétaire d’Etat du Saint-Siège lors d’un colloque le 21 novembre 2016 au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome.

Au cours de cet événement co-organisé par le Conseil pontifical pour les migrants à l’occasion de la Journée mondiale de la pêche, le « numéro 2 » du Vatican a appelé la Communauté internationale à se concentrer sur « trois objectifs fondamentaux » : les aides pour les pêcheurs exploités et dégradés ; le respect, de la part des États et des gouvernements, des normes internationales en vigueur en matière de pêche ; la lutte contre le trafic et la traite avec des moyens, y compris des mesures coercitives, capables d’imposer l’état de droit et les standards sur les droits humains.

Au fil de son intervention, le cardinal Parolin a plaidé la cause des migrants, victimes de la traite ou du travail forcé dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture : « un véritable système d’esclavage », a-t-il dénoncé, avec « des conditions de travail dégradantes », « presque en détention, sans documents ».

L’événement avait pour thème « La violation des droits humains dans le secteur de la pêche et la pêche illégale, non déclarée et non-réglementée » (The violation of human rights within the fishing sector and illegal, unreported and unregulated (IUU) fishing)

AK, ZENIT

16:34 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

22 novembre 2016

Abidjan:Lancement régional du Rapport sur le développement rural 2016 du FIDA

image001.pngLe Fonds international de développement agricole (FIDA) et la Banque africaine de développement (BAD) feront la présentation régionale du Rapport sur le développement rural 2016, le mercredi 23 novembre 2016 à  l’Amphithéâtre de la BAD, immeuble CCIA à Abidjan. Le thème retenu pour cet événement régional est : Encourager une transformation inclusive du monde rural.

Le Rapport sur le développement rural 2016, publication phare du FIDA, lance un appel de ralliement aux décideurs et aux praticiens du développement pour gagner la guerre menée contre la pauvreté à l’échelle planétaire. Un ensemble de personnalités éminentes y analysent les expériences de développement rural dans plus de 60 pays en développement.

En Afrique de l’Ouest et du Centre, le chômage des jeunes, le manque d’infrastructures de base, l’insécurité foncière et l’insuffisance des crédits et des assurances sont les principaux obstacles à la transformation rurale inclusive. Le rapport appelle à l’autonomisation des jeunes ruraux comme première étape vers l’élimination des inégalités dans la région.

Malgré le ralentissement économique, il existe également des opportunités pour investir dans les populations rurales, car les gouvernements sont désormais contraints d’accorder une importance primordiale aux exportations agricoles, aux marchés régionaux, à la sécurité alimentaire et au développement des filières inclusives pour soutenir la transformation rurale. La réforme des règlements qui limitent l’accès et l’investissement du secteur privé dans les filières qui desservent les petits exploitants doit être considérée comme une priorité, indique le rapport.

Cet événement sera ponctué d’importantes communications d’experts en la matière. Les panélistes sont Nouhoun Coulibaly, directeur général de la Planification, contrôle des projets et statistiques, ministère de l’Agriculture et du développement rural de Côte d’Ivoire ; Angela Dannson, directeur, ministère de l’Alimentation de l’agriculture du Ghana ; Mamadou Cissoko, président d’honneur du Réseau des organisations paysannes de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) ; Samuel Bruce-Olivier, directeur de la division Partenariat et renforcement des capacités d’AfricaRice ; Ada Osakwe, directeur exécutif d’Agrolay Ventures du Nigeria ; Adolfo Brizzi, directeur de la division des Politiques et du conseil technique du FIDA.

Le directeur régional pour la division Afrique de l’Ouest et du Centre du FIDA, Ides de Willebois,  présentera les perspectives régionales du rapport. Les principales conclusions du rapport dans son ensemble seront présentées par le spécialiste principal, mobilisation mondiale FIDA, Torben Nilson.

L’Experte principale en agriculture, Benedict Kanu présentera la stratégie de la BAD, « Nourrir l’Afrique ».

Un débat sur le rôle du secteur agricole, du secteur privé et des jeunes dans la transformation rurale inclusive en Afrique de l’Ouest et du Centre sera animé par le directeur du cabinet Afrique Communication au Sénégal et consultant international, Thiendou Niang.

Le FIDA appelle à des politiques visant à renforcer la capacité des jeunes ruraux, à investir dans les infrastructures et à accroître l’accès à la terre et au financement pour mettre fin aux inégalités en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Ce lancement régional verra la participation d’éminentes personnalités du développement agricole et rural ; et économique et social ; notamment Michel Mordasini, vice-président du FIDA ; Kapil Kapoor, vice-président par intérim chargé des Opérations sectorielles et directeur de la Stratégie et des politiques opérationnelles de la BAD et Minayaha Coulibaly, chef de cabinet, ministère de l’Agriculture et du développement rural de Côte d’Ivoire.

Patrice Kouakou

21:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

21 novembre 2016

COP 22/ Panel sur un dialogue multipartite pour des partenariats public-privé plus performants : l’allocution du ministre Sangafowa à Marrakech

sangafowa-discrs cop 22.jpgMonsieur AZIZ Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime du Royaume du Maroc ;

Monsieur Stephane LE FOLL, Ministre français de l’Agriculture et de l’Agroforesterie ;

Mesdames et Messieurs les Ministres de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche;

Monsieur GRAZIANO DA SILVA, Directeur Général de la FAO ;

Mesdames et Messieurs les partenaires au développement ;

Mesdames et Messieurs, en vos rangs, grades et qualités ;
Chers participants ;

Permettez qu'avant tout propos, qu’au nom des ministres africains de l’agriculture et en mon nom propre, j'exprime ma fierté en tant qu'africain aux autorités Marocaines pour la qualité de l'organisation de cet événement planétaire.

Sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu l'assiste, par son leadership, œuvre chaque jour pour le rayonnement d'une Afrique décomplexée.

Monsieur le Ministre Marocain de l'Agriculture et de la Pêche Maritime et cher ami, vous qui êtes l'un des principaux artisans de l’organisation de cet événement, nous vous prions de bien vouloir traduire à sa Majesté notre infinie reconnaissance et toute notre admiration.

Mesdames et Messieurs,
À la COP22, COP de l'action, il me faut être clair. Nous sommes ici pour donner à l'agriculture toute la place qui lui revient de droit dans le débat sur le changement climatique.

En effet, la COP21 a connu un succès historique. Cependant, elle n'a pas permis de mesurer la pertinence d'une contribution du secteur agricole, notamment africain, face au défi du réchauffement de la planète et d'en tirer toutes les conséquences, en particulier celles liées aux nécessaires investissements dans ce secteur.

Je voudrais donc, d'une part, saluer le Ministre français de l'agriculture dont l'initiative 4 pour 1000 permet, par la séquestration du carbone dans le sol, de positionner l'agriculture non plus seulement comme l'un des problèmes, mais comme l'une des solutions aux émissions de gaz à effet de serre.

Je voudrais ensuite rappeler que l'agriculture est l'une des principales victimes du dérèglement climatique. Or du fait de la croissance démographique, il nous faudra produire plus avec de moins en moins de ressources naturelles disponibles pour satisfaire les besoins alimentaires sans cesse croissants de l'humanité.

Avec plus des deux tiers des ressources naturelles de la planète encore disponibles, l'Afrique est au cœur du défi de la Sécurité alimentaire de la planète. Son agriculture mérite donc, ne serait-ce que pour cette seule raison une meilleure attention des décideurs réunis, ici à la COP22.

Au surplus, il se trouve que notre continent qui n'est responsable que de 4% des émissions de gaz à effet de serre est le plus frappé par les impacts du changement climatique et le plus fragile pour adapter ses moyens de production agricole.

L'atténuation des émissions est certainement la solution pour contenir et même stopper le réchauffement de la planète. Seulement, ramener à l'échelle du continent, je me demande encore ce que cela signifie. Car si l'Afrique parvenait à éliminer toutes ses émissions cela n'aura qu'une incidence imperceptible sur le climat.
Le défi pour nous est donc, d'adapter aux effets du changement climatique, avec le soutien des pays développés, notre modèle de développement et donc nos moyens de production notamment agricole.

Voilà pourquoi, et sans réserve, nous sommes venus, en notre qualité de Président de la 29 ème Conférence Régionale de la FAO pour l’Afrique ; promouvoir avec le Ministre Aziz Akhannouch l'initiative pour l'Adaptation de l'Agriculture Africaine en abrégé AAA.
Cette initiative vise, non seulement la promotion des solutions d'adaptation de l'agriculture africaine, mais bien plus, elle vise la répartition équitable des ressources annoncées entre l'atténuation et l'adaptation.

Mesdames et Messieurs,
De ce qui précède, l'Agriculture Africaine est en droit d'attendre des pays développés des ressources conséquentes et de l'assistance technique.

Notre attente est d'autant plus justifiée que nous payons à la nature et plus que le reste du monde, la facture du développement des pays dits avancés.

En effet, comme le rappelait hier le président français François HOLLANDE à l’ouverture de cette COP22, 36 des 50 pays les plus affectés par le changement climatique au monde sont africains. Notre continent compte aujourd'hui plus de 10 millions de réfugiés climatiques. De plus, en Afrique, contrairement à ce qui est répandu, ce n’est pas l’agriculture qui est la principale responsable de la déforestation accélérée sur le continent mais bien l’exploitation forestière qui continue d’alimenter l’industrie des pays développés.
Mon pays n'est pas passé en moins d'un demi-siècle de 16 millions d'hectares de forêts à moins de 2 millions d’hectares du simple fait d'une agriculture encore familiale. Voilà pourquoi nous pensons que l’essentiel des ressources affectées à l’Adaptation doivent revenir à l’Agriculture Africaine.

Mesdames et Messieurs,
Une fois les engagements sur les ressources annoncées tenus, la mise en place d'un thermomètre mondial permettant de mesurer les efforts de chaque pays et les récompenser en conséquence, deviendra nécessaire. Cette étape est un défi pour les experts de la planète. Mais, la mise au point des programmes d'adaptation structurés, pertinents capables de mobiliser les ressources annoncées et la gouvernance africaine notamment celle liée à l'agriculture sont des défis pour les experts africains.

C'est à ce niveau que je voudrais en appeler aux institutions africaines notamment la Banque Africaine de Développement qui nous accueille cet après midi, pour relever les défis qui sont les nôtres.

Car, en plus du défi sur le climat, nous sommes concernés au plus haut point par ceux sur l'immigration et le terrorisme.

La réponse commune du continent face à ces défis est la création de richesses partagées sur place par une économie structurée et diversifiée, dont l'agriculture constitue de notre point de vu le fer de lance.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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20 novembre 2016

Discours du Chargé d’Affaires Andrew Haviland pour le lancement de la garantie de crédit USAID-Oikocredit

Je suis heureux du privilège qui m’est offert de m’adresser à vous en ce jour concernant une nouvelle opportunité d’accroitre les prêts aux différentes étapes deschaînes de valeur dans le secteur agricole. Le partenariat de l’USAID avec Oikocredit est un portefeuille de garantie de crédit couvrant jusqu’à 24 millions de dollars de nouveaux prêts. Ce programme rendra possible qu’un nombre plus large de petites et moyennes entreprises accèdent aux crédits nécessaires pour développer leurs activités. Cela aura l’impact de créer des emplois et accroitre les opportunités économiques en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.

La semaine mondiale de l’entreprenariat est un moment de célébration des innovateurs et créateurs d’emplois qui lancent des startups, concrétisent les idées, et stimulent la croissance économique. Mais nous savons que le manque d’accès au financement est une contrainte majeure à laquelle sont confrontés plusieurs entrepreneurs, particulièrement en Afrique de l’Ouest. Le portefeuille de garantie de crédit que nous lançons aujourd’hui est conçu pour répondre directement à cette question en soutenant les efforts d’Oikocredit International visant à accroitre les prêts aux PME dans les chaines de valeur axées sur les exportations. Bien que les banques soient impliquées dans le financement du commerce agricole en provenance d’Afrique de l’Ouest, elles ciblent principalement les entreprises plus grandes qui exportent des marchandises largement utilisées, telles que le cacao, le café et le coton. L’accès au financement est plus limité pour les PME, coopératives et associations, en particulier celle étant dans les chaines de valeur émergentes telles que la noix de cajou transformée, le beurre de karité, le manioc, les fruits tropicaux et les vêtements, ou dans les produits commercialisés au niveau régional comme le bétail et les céréales. Nous sommes fiers de soutenir les efforts d’Oikocredit International, qui a une solide présence sur le terrain en Afrique de l’Ouest et un important vivier d’emprunteurs.

Les États-Unis sont à l’avant-garde dans la promotion de l’entreprenariat au niveau mondial à travers le développement des systèmes innovants ; le plaidoyer en faveur de climats plus propices aux affaires ; la promotion de l’entreprenariat des femmes, des jeunes, et des communautés marginalisées ; et la mobilisation du secteur privé pour étendre l’impact. Cette garantie de crédit fait partie intégrante d’une assistance plus globale du Gouvernement des États-Unis en Côte d’Ivoire et dans la région, afin de promouvoir le commerce et la croissance économique. En particulier, le Centre du Commerce et d’Investissements en Afrique de l’Ouest, un projet de l’USAID, dispose d’un réseau de conseillers financiers qui peuvent aider les PME à développer des plans d’affaires solides qui remplissent les conditions de prêts bancaires. J’encourage toute personne intéressée à s’entretenir avec les représentants de l’Incubateur du Commerce présents ici aujourd’hui. Dans le cadre de notre initiative Trade Africa, nous collaborons également avec le gouvernement de Côte d’Ivoire afin d’appuyer et améliorer ses efforts de promotion des investissements et de réduire les barrières au commerce.

Nous nous réjouissons d’ajouter ce partenariat avec Oikocredit International à nos efforts d’assistance, et nous savons qu’il contribuera à notre objectif de favoriser une large croissance

économique et la résilience en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest.

Je vous remercie.

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USAID et Oikocredit unissent leurs forces pour financer l’agriculture en Afrique de l’ouest

IMG_2491.JPGUn nouvel accord entre USAID et Oikocredit de plus de 24 millions de dollars (soit 12 milliards de francs CFA) garantira des prêts aux petits exploitants agricoles dans les chaînes de valeur des filières de la noix de cajou, des fruits et des céréales

L'Agence américaine pour le développement international (USAID) et la société financière coopérative Oikocredit ont annoncé, le 16 novembre 2016, un nouveau partenariat pour soutenir l'agriculture en Afrique de l’ouest. Ce partenariat de trois ans permettra à l'USAID de fournir une facilité de garantie allant jusqu'à 24 millions de dollars sur les prêts qu’Oikocredit accordera, en Afrique de l’ouest, aux petites et moyennes entreprises (PME), aux coopératives et aux associations régionales et internationales orientées vers l'exportation et impliquées dans les chaînes de valeur agricoles.

Grâce à la facilité de garantie, les risques de crédit sont partagés permettant ainsi à Oikocredit de fournir davantage de prêts et d'étendre l'accès au financement accordé aux petits exploitants agricoles des secteurs de noix de cajou, des céréales, du bétail, des mangues, de karité et d'autres chaînes de valeur agricoles.

Investir dans l'agriculture constitue l'un des moyens les plus efficaces de réduire la pauvreté rurale et d'améliorer la sécurité alimentaire. Ce partenariat avec l'USAID est une composante essentielle de la stratégie d'investissement dans le domaine agricole d'Oikocredit en Afrique de l'ouest.

 Oikocredit opère en Afrique de l'ouest depuis plus de 20 ans et finance des organisations partenaires au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Mali, au Sénégal et au Togo. Les investissements d'Oikocredit dans le domaine de l'agriculture durable offrent aux agriculteurs la possibilité d’être compétitifs sur les marchés locaux, régionaux et internationaux.

Lors du lancement de ce jour, le Chargé d'Affaires de l'Ambassade des États-Unis à Abidjan a déclaré : « Les États-Unis ont joué un rôle de leader dans la promotion de l’entreprenariat à l'échelle mondiale à travers la création d’écosystèmes innovants ; le plaidoyer pour un climat des affaires plus fort ; la promotion de l'esprit d'entreprise pour les femmes, les jeunes et les communautés marginalisées ; et la mobilisation du secteur privé en vue de l’élargissement de l'impact. Cette garantie de crédit fait partie d'un plus grand tableau d’aide du gouvernement américain en Côte d'Ivoire et dans la région, en vue de la promotion du commerce et de la croissance économique ».

Le Directeur régional d'Oikocredit pour l'Afrique de l'ouest, Yves Komaclo, s’est quant à lui dit : « très heureux de conclure ce partenariat, qui se fonde sur une relation fructueuse de longue date entre Oikocredit et l'USAID ».

 « Cette facilité de garantie dédié aux PME du secteur agricole nous permettra d’élargir en toute sécurité notre portefeuille dans le secteur agricole grâce à une exposition accrue aux secteurs des noix de cajou, des fruits et des céréales, qui ont tous un fort impact en termes de développement. Ce mécanisme soutiendra également notre expansion dans des projets de rajeunissement des plantations et facilitera notre soutien aux coopératives de petits exploitants certifiés et aux PME socialement responsables » a-t-il conclu.

 

À propos d’Oikocredit

Oikocredit a une expérience de plus de 40 ans dans les organisations des partenaires de financement actives dans le domaine de la finance inclusive (y compris la microfinance), l'agriculture et l'énergie renouvelable. Les prêts et les investissements d'Oikocredit permettent aux personnes à faible revenu d'améliorer de manière durable leurs conditions de vie. Oikocredit finance plus de 790 partenaires dans plus de 70 pays et son capital en circulation se chiffre à 941 millions euros. www.oikocredit.coop

 

À propos de l’USAID

Afin de lutter contre les défis en matière de développement et de saisir les opportunités qui se présentent dans la région, la Mission régionale de l’USAID en Afrique de l’ouest, basée à Accra (Ghana), met en œuvre des activités régionales innovantes pour résoudre les problèmes transfrontaliers, ainsi que des activités dans les pays où il n'existe pas une mission de l'USAID. Étant donné que les pays de l’Afrique de l’ouest sont souvent confrontés aux mêmes problèmes, les activités régionales sont conçues pour compléter et améliorer les programmes spécifiques à chaque pays. Nous soutenons le développement régional dans les domaines suivants : agriculture, énergie, commerce, gouvernance, environnement, santé et stabilité. Pour plus d'informations sur les programmes régionaux en Afrique de l'ouest, consultez la page https://www.usaid.gov/west-africa-regional.

 

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