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20 septembre 2017

Restructurer le secteur agricole pour lutter contre la faim

Il est temps de repenser la façon dont nous cultivons, partageons et consommons notre alimentation. Une restructuration du secteur agricole est donc nécessaire pour maintenir le niveau de la croissance économique dans les pays  les moins avancés, et aussi pour éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition.

Le changement climatique exerce une pression encore plus forte sur les ressources dont nous dépendons et augmente les risques de catastrophes naturelles. Un changement profond du système mondial d’alimentation et d’agriculture est nécessaire  si nous voulons nourrir les 925 millions personnes qui aujourd’hui ont faim et les 2 milliards de personnes supplémentaires attendues d’ici à 2050.Korhogo9

Une personne sur neuf dans le monde est sous-alimentée (soit 795 millions). La majorité des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans un pays en développement, où 12,9% de la population est sous-alimentée.

500 millions de petites exploitations agricoles fournissent jusqu’à 80% de la nourriture consommée dans les pays en développement. Investir dans ces exploitations constitue donc un moyen considérable d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des plus pauvres, ainsi que la production alimentaire pour les marchés locaux et internationaux.

« L’Afrique dépense actuellement 35 milliards de dollars par an pour l’importation de la nourriture. Ces 35 milliards de dollars devraient être conservés sur le continent africain. Il s’agit d’un marché que les jeunes africains peuvent exploiter pour créer plus de richesses chaque année. Pour y arriver, il faut changer notre regard sur l’agriculture. L’agriculture ne devrait pas être considérée comme un mode de vie ou un secteur de développement mais plutôt comme une entreprise de création de richesses» a déclaré Akinwumi Adesina, Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) le 28 juillet 2017, à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de l’Institut International pour l’Agriculture Tropicale, organisé à Ibadan, au Nigéria.Copie (2) de SAM_0309

«Plus les Africains consomment des produits alimentaires à valeur ajoutée, moins d’importations seront nécessaires et plus d’emplois seront créés pour les Africains. En important la plupart de nos produits alimentaires, nous exportons en fait des emplois et nos économies perdent leur valeur. De nos jours, beaucoup de nos jeunes perdent leurs vies inutilement en Méditerranée à la recherche d’emplois. A l’avenir, mettons tout en œuvre pour que l’agro entreprise garantisse aux jeunes des emplois et la stabilité qu’ils méritent» a exhorté Dr Agnes Kalibata, Présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), à l’occasion de la 7ème édition du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF) à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Patrice Kouakou

 Source : #ODD

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Une agriculture durable pour nourrir les populations africaines

Le développement agricole à l’échelle de notre planète pose à l’humanité le plus grand défi de son histoire. Le monde d’aujourd’hui connaît un développement inégal et souffre de l’utilisation non durable des ressources. Les populations africaines souffrent des conséquences récurrentes et persistantes du changement climatique, d’une pauvreté et d’une malnutrition. Elles souffrent également de l’utilisation  non durable des ressources naturelles, ainsi donc une alimentation de mauvaise qualité est soumise à celles-ci.IMG0305A

Il devient urgent de changer de modèle agricole. L’agriculture doit répondre aux enjeux actuels, tels qu’énoncés encore du 04 au 08 septembre 2017, à la 7ème édition du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF) à Abidjan en Côte d’Ivoire. Les enjeux environnementaux, climatiques, alimentaires, sociaux ou économiques.

L’agriculture durable est à comprendre par tous et toutes. Une bonne perception de ce nouveau paradigme pour développer l’agriculture de demain centrée sur la nature, l’homme et le territoire.

L’agriculture durable est une agriculture d’intérêt général. Elle est bonne pour les consommateurs, la vie des campagnes et l’environnement. C’est ainsi la déclinaison pour le secteur agricole et rural des 27 principes du développement durable ratifiés par 174 pays lors de la Conférence de Rio  de Janeiro en Juin 1992.

L’agriculture durable engendre de nouveaux modèles agricoles. D’abord la vitalité économique avec des systèmes de production autonomes et permettant des revenus intéressants pour les agriculteurs. Ensuite l’équité sociale, en assurant le partage des richesses, des droits à produire et du pouvoir de décision. Enfin, la protection de l’environnement en préservant la fertilité des sols, la biodiversité, la qualité de l’air et de l’eau.IMG0361A.jpg

Ainsi, cela traduit une nouvelle attitude pour booster l’agriculture africaine : améliorer les moyens d’existence ruraux, préserver les ressources naturelles, faire fructifier l’écosystème, et garantir aux produits des agriculteurs un accès équitable au marché…

Il est temps de revoir comment les sciences et les technologies peuvent contribuer à un développement durable.

La notion de « développement durable » en anglais sustainable development a fait son apparition officielle dans le discours politique lors de la publication en 1987 du rapport demandé par les Nations unies à la Commission présidée par Gro Harlem Brundtland, premier ministre norvégien, dans le cadre de la préparation de la Conférence de Rio de Janeiro, qui l’a consacrée cinq ans plus tard, en juin 1992 : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la qualité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ».

Patrice Kouakou

Source : #UN SDGs

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16 septembre 2017

AGRF 2017 : De véritables opportunités pour l’agriculture africaine

Selon la présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), Docteur Agnes Kalibata, c’est le leadership des autorités ivoiriennes pour la place accordée à l’agriculture, facteur de création de richesses et d’emplois, qui a valu au pays d’abriter pour la première dans l’espace francophone l’AGRF 2017.

«Obtenir plus d’engagements auprès des gouvernements et autres parties prenantes afin de donner la priorité à l’agriculture et d’augmenter les investissements dans le secteur agricole en Afrique». Tel était le thème de la 7ème édition du Forum sur la révolution verte (AGRF).agrf,agra,agriculture, cote d'ivoire

 Ouverts du 04 au 08 septembre 2017 à Abidjan les travaux de cette édition de l’AGRF ont produit des résultats satisfaisants. Des décisions de grande importance ont été prises dans le cadre de la transformation agricole d’ici à 2021.

L’une des importantes de ces décisions est sans nul doute celle relative à la contribution financière substantielle de plusieurs institutions pour booster la transformation agricole.

Des  engagements d’investissements à hauteur de près de 6,5 milliards $EU ont été pris en faveur de la culture de l’huile de palme, des légumineuses, de la pomme de terre et du riz pour les huit prochaines années. Le nouveau Partenariat pour une transformation agricole inclusive en Afrique (PIATA) d’une valeur de 280 millions $EU a été lancé.

L’Objectif du PIATA est de : « catalyser et soutenir une transformation agricole inclusive dans au moins 11 pays d'Afrique, ce qui augmentera les revenus et améliorera la sécurité alimentaire de 30 millions d’exploitations agricoles familiales de petite taille ».

Lors de l’Edition de 2016 de l’AGRF, des annonces de financement d’environ 30 Milliards US ont été enregistrées. Ces annonces ont été suivies d’effets au cours de la session précédente sur le « respect des engagements. En outre, les efforts constants de la Banque Africaine de Développement (BAD), à travers son programme « Nourrir l’Afrique », et du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) sont à saluer.

A la cérémonie officielle d’ouverture de l’AGRF 2017, le Président  Alassane Ouattara a présenté le secteur agricole ivoirien comme un exemple en Afrique.

La Côte d’Ivoire qui a consolidé sa place de 1er producteur mondial de cacao, est devenue :
. 1er producteur mondial d’anacarde

. 1er producteur mondial de noix de cola

. 1er producteur africain d’hévéa

 . 1er exportateur africain d’huile de palme

 . 1er producteur africain de banane dessert

 . 1er exportateur africain de mangues.

Ces performances de la Côte d’Ivoire se traduisent surtout par des revenus stables distribués aux producteurs, qui sont passés de plus de 3000 milliards FCFA (5.5 Milliards US) en 2011 à près de 6000 milliards FCFA (11 Milliards US) en 2016, soit l’équivalent du budget national.agrf,agra,agriculture, cote d'ivoire

« Les pays d’Asie ont réussi cette révolution verte et sont aujourd’hui industrialisés », a indiqué le ministre ivoirien de l’agriculture et du développement rural, Mamadou Sangafowa Coulibaly pour qui si cela a été possible en Orient, ça l’est aussi en Afrique, un continent qui regorge de beaucoup de potentialités. Il a rassuré sur l’engagement de la Côte d’Ivoire à poursuivre ses investissements pour faire de l’agriculture la clé du développement économique.

«Le secteur primaire doit être pris comme un secteur de croissance. Les chefs d’état doivent impulser un programme cohérent pour permettre à tous d’avoir des financements à l’agriculture. Il faut aller beaucoup plus à la promotion du manufacturier et de la transformation. Il faut faire de l’agriculture, le levier de la création de richesse. Il faut contribuer à la croissance et à la promotion de l’agriculture sur notre continent» a déclaré à la cérémonie officielle d’ouverture de l’AGRF 2017, le Premier Ministre et Chef du gouvernement Togolais, Komi Selom KLASSOU. 

L’AGRF est une plate-forme pour les dirigeants mondiaux et africains pour élaborer des plans d'action qui feront avancer l'agriculture africaine. Créé en 2010, le forum est apparu comme la première plate-forme africaine qui rassemble une série d'acteurs critiques dans le paysage agricole africain pour discuter et élaborer des plans concrets pour la réalisation de la révolution verte en Afrique.

L’AGRF 2017 a permis de mobiliser tous les acteurs en faveur du développement inclusif et des investissements vitaux dans le secteur agricole. Une plateforme d’échanges de 52 sessions et plus de 300 intervenants.

 L’AGRF 2017 a mis en évidence l'importance cruciale d'exploiter un soutien renouvelé pour l'agriculture et son fort potentiel pour créer des emplois décents et stimuler la croissance économique à travers le continent.

Par les innovations dans l’agriculture, les jeunes participent à la conception de l’avenir du secteur de l’agriculture grâce à l’utilisation des TIC. « Nous espérons que les meilleures start-up se développeront et finiront par atteindre des milliers d'agriculteurs et d'agribusiness, et créeront des opportunités d'emploi pour de nombreux jeunes. » a indiqué le directeur du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) Michael Hailuagrf,agra,agriculture, cote d'ivoire

« Un partenariat crédible et une mobilisation soutenue des ressources pour financer l’Agriculture en Afrique dépendront également du respect des engagements pris à Malabo par les Etats Africains. C’est pourquoi, je suis heureux de vous annoncer que la Côte d’Ivoire respectera ses engagements en matière de financement de l’Agriculture et reste disposée à soutenir toutes les actions des Organisations régionales et sous régionales en faveur du développement de l’Agriculture » a indiqué le Président Ivoirien Alassane Ouattara.

L’AGRF a réuni des experts agricoles, des acteurs du secteur public et privé, pour débattre, partager des expériences et adopter des mesures concrètes visant à améliorer la sécurité alimentaire en Afrique.

Patrice Kouakou



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13 août 2017

Côte d’Ivoire : la guerre de la bière est déclarée à coups de publicités géantes

Bière en Côte d'Ivoire
© ISSOUF SANOGO / AFP

Le secteur brassicole en Côte d'Ivoire est en pleine croissance, à l'instar de la première économie d'Afrique de l'Ouest francophone, qui progresse de 8% par an depuis 2012. Les deux principaux brasseurs se livrent une guerre commerciale avec des publicités agressives. Et, souvent, non loin des écoles.

«Chez nous la bière, c'est Bock!» contre «Bière Ivoire, appréciée par les Ivoiriens!» : les deux grandes brasseries ivoiriennes se sont déclaré la guerre, à coup de slogans publicitaires sur des enseignes géantes, et d'autres moyens moins légaux.
 
Depuis l'arrivée en avril 2016 du groupe néerlandais Heineken, qui a brisé le monopole détenu depuis 60 ans par la Société des limonaderies et brasseries d'Afrique (Solibra), propriété du groupe viticole français Castel, la publicité pour la bière envahit les rues. Les Ivoiriens sont de grands amateurs de cette boisson, qui est également utilisée pour des libations lors de cérémonies traditionnelles, de funérailles ou de fêtes de villages.
 
Le secteur brassicole en Côte d'Ivoire est en pleine croissance, à l'instar de la première économie d'Afrique de l'Ouest francophone, qui progresse de 8% par an depuis 2012. «L'avenir du secteur est radieux en Côte d'Ivoire, où la guerre fera de plus en plus rage», prédit ainsi l'analyste Dominique Gnangoin.

Guerre bière à Abidjan
© ISSOUF SANOGO / AFP

Panneaux publicitaires
 
Dans les points de ventes, aux coins des rues ou aux grands carrefours de la mégapole abidjanaise, de larges panneaux publicitaires rivalisent de taille et de slogans, et d'images de bière fraîche qui coulent dans les verres. «Quand on dit «la guerre de la bière», c'est une vraie guerre (...) Il y a du chantage, des moyens de pression qui faussent le jeu de la concurrence», déplore Jean-Baptiste Koffi, président de l'Union fédérale des consommateurs de Côte d'Ivoire, qui regroupe 125 associations.
 
«Il n'est pas sain qu'on voie partout dans Abidjan des verres de bières exposés aux mineurs, qui sont très vulnérables», reconnaît Roger Adou, directeur adjoint de la Solibra, acteur historique du secteur depuis 1955, qui détient les marques Bock, Flag et Castel. «On est happé par cette guerre de la bière. Et je dis stop!», s'indigne-t-il, reconnaissant la responsabilité des deux brasseurs.
 
Solibra détient les deux tiers du marché et a réalisé un chiffre d'affaire de 200 milliards de FCFA (305 millions d'euros) en 2016. En face, son concurrent Brassivoire (marques Heineken et Ivoire), qui s'est emparé du tiers du marché en un an et signale ses points de vente avec des panneaux géants de 20 mètres sur 5, reconnaît que son arrivée fracassante n'a pas fait que des heureux, récusant toutefois la terminologie de «guerre».
 
Brassivoire est détenu à 51% par Heineken - premier brasseur d'Europe et numéro trois mondial derrière InBev et SABMiller - et à 49% par le groupe de distribution CFAO, très présent en Afrique et filiale du japonais Toyota.
 
La gendarmerie ouvre une enquête
«Nous avons découvert avec stupeur fin mai que plusieurs panneaux de Brassivoire installés sur les différents points de vente de la ville touristique de Grand-Bassam (près d'Abidjan) avaient été arrachés», raconte à l'AFP Bintou K. Appia, responsable de la communication de Brassivoire. Elle se dit «choquée par la violence des actes de vandalisme», à propos desquels la gendarmerie a ouvert une enquête.
 
Pour dénoncer cette situation, l'Union fédérale des consommateurs annonce une campagne prochaine contre les affichages anarchiques et les enseignes kilométriques situés près des écoles.
 
De leur côté, les chambres associatives d'affichage, qui travaillent en vue d'assainir le cadre de vie et l'urbanisme d'Abidjan, ont également interpellé les deux brasseurs. «Attention: vous vendez de l'alcool. Il n'est pas sain que la communication soit agressive vis-à-vis des personnes fragiles, dont les mineurs», ont-elles souligné dans une lettre adressée aux deux brasseries.
 
Consommation bière en Côte d'Ivoire
© ISSOUF SANOGO / AFP

Les patrons de maquis mécontents 
 
Le prix d'une bière est en général de 500 francs CFA (0,76 euro) mais il varie selon les quartiers. L'arrivée sur le marché de Brassivoire a permis d'équilibrer les prix qui variaient selon les saisons (fêtes de fin d'années, grands événements, etc...).
 
Les propriétaires de maquis (bars et restaurants populaires) de Côte d'Ivoire, qui ont salué l'ouverture du secteur à la concurrence, se sont très vite ravisés, en raison de la précarité de leur situation. «Ces brasseries s'enrichissent et font du business sur notre dos. Nos marges bénéficiaires sont faibles. La bouteille coûte plus que le liquide», déplore Josué Gnahoua, le patron du syndicat des propriétaires de maquis de Côte d'Ivoire.

Les deux compagnies promettent de faire des efforts. 
 
AFP

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25 juillet 2017

Cérémonie de présentation du cinquième rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire: allocution de monsieur le Premier Ministre, ministre du budget & du portefeuille de l’Etat chef du gouvernement

Amadou Gon Coulibaly.jpgMesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Présidents des Institutions de la République ;
Monsieur le Directeur des Opérations de la Banque Mondiale ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Bilatérales et Multilatérales de Développement ;
Monsieur le Directeur National de la BCEAO ;
Mesdames et Messieurs les Représentants du Secteur Privé et de la Société Civile ;
Excellences Mesdames et Messieurs ;
Honorables invités,
Chers amis des Medias,
Mesdames et Messieurs,


C’est avec un réel plaisir que je participe ce matin à la cérémonie de présentation du cinquième rapport de la Banque Mondiale sur la situation économique de la Côte d’Ivoire.
Je voudrais, avant tout propos, adresser les très vifs remerciements et la profonde gratitude du Gouvernement ivoirien à l’équipe pays de la Banque Mondiale pour l’occasion offerte aux acteurs économiques d’échanger, une fois de plus, autour des enjeux du développement socioéconomique de la Côte d’Ivoire.

Je salue et remercie tous les participants à cette rencontre, Membres du Gouvernement, acteurs du Secteur Privé et de la Société Civile, Partenaires au Développement et Experts de l’Administration, dont la présence nombreuse et distinguée témoigne de l’importance accordée à cet exercice d’analyse et d’échanges.

Au fil des éditions, les rapports de la Banque Mondiale sur la situation économique de la Côte d’Ivoire ont permis de mettre en exergue les problématiques majeures à adresser en vue de l’atteinte des objectifs de croissance durable et inclusive. Pour mémoire, les quatre premières éditions ont traité successivement (i) des performances économiques ivoiriennes depuis la fin de la crise post-électorale (mars 2015) ; de la problématique de l’emploi (décembre 2015) ; de la nécessité de réformer le système financier (juillet 2016) ; et (iv) du défi des compétences (février 2017).

La présente édition, la cinquième, est intitulée « Et si l’Emergence était une femme ? ou Comment la Côte d’Ivoire pourrait gagner 6 milliards de dollars US». Elle met l’accent sur la problématique de l’Equité des Genres dans le développement économique de la Côte d’Ivoire. Ce rapport a été transmis aux Ministères concernés pour observations en vue des présentes discutions.

Je voudrais saluer la dynamique de cet exercice d’analyses périodiques de l’économie ivoirienne par la Banque Mondiale. La pertinence des sujets abordés et des pistes de solutions proposées contribue significativement à relever les défis importants de notre développement.

Les performances économiques de la Côte d’Ivoire depuis l’accession à la Magistrature Suprême du Président de la République, SEM Alassane Ouattara, en avril 2011 sont remarquables. Elles ont permis de hisser le pays au rang des économies les plus dynamiques au niveau mondial avec un taux de croissance du PIB de 9 % en moyenne annuelle sur la période 2012-2016 et projeté à environ 8,2 % au cours de la période 2017-2020. L’un des leviers de cette

croissance a été le taux d’investissement qui est passé de moins de 8,9 % en 2011 à plus de 20,5 % en 2016 et anticipé à 21.4 % en 2017. Le ratio dette publique sur PIB de la Côte d'Ivoire est aujourd'hui de 42,1 %, projeté à 42,7 % à la fin de 2017, l’un des plus faibles de la région. Le taux d’inflation est demeuré maîtrisé, en dessous de la norme communautaire de 3 %.

Les politiques macroéconomiques saines, accompagnées de réformes structurelles et sectorielles dans tous les domaines, ont contribué à bâtir une économie résiliente. Notre économie a pu amortir l’important choc de chute drastique de plus de 35 % des cours du cacao du début d’année 2017.

Ainsi, en dépit de des chocs externes, les perspectives économiques sont favorables, comme l’a d’ailleurs souligné le présent rapport, en dépit des divergences de chiffres discutables.

L’objectif du Gouvernement vise à une réduction significative de la pauvreté des couches les plus vulnérables, notamment les femmes et les jeunes.

Pour ce faire, il importe d’actionner tous les leviers, sources d’opportunités de croissance partagée, notamment l’optimisation du potentiel contributif du travail des femmes.

Le Gouvernement est conscient qu’il faudra apporter une attention particulière à la gestion des revendications sociales et à la maîtrise du déficit budgétaire, comme indiqué dans le rapport.

Le dialogue avec l’ensemble des couches socio-professionnelles sera maintenu. La rigueur dans la gestion des finances publiques sera renforcée, avec une politique d’endettement en ligne avec la Stratégie de Gestion de la dette à Moyen Terme et en cohérence avec les critères du Programme Economique et Financier du FMI.

Concernant la thématique de ce rapport annuel :
Le rapport dépeint une situation urgente qui appelle des réponses diligentes afin de concrétiser le potentiel du dividende démographique féminin en Côte d’Ivoire.

En effet, le rapport fait le constat du peu de progrès enregistré dans ce domaine par la Côte d’Ivoire.

Il indique que les principales inégalités dont souffrent les femmes sont davantage constatées sur le marché du travail, dans le domaine de l’éducation ainsi qu’en matière d’accès au système de santé et au niveau du planning familial.

En dépit de ce constat, je voudrais relever les efforts entrepris par le Gouvernement en matière de

promotion de l’égalité de genre et de protection des droits de la femme. Il s’agit notamment de :
La ratification de la plupart des conventions internationales, y compris la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF) ;
L’adoption de la constitution en octobre 2016 qui renforce le cadre formel de l’égalité entre les sexes, en affirmant l’égalité pour tous et la lutte contre les discriminations dans l’accès à l’emploi, aux ressources de production et leur contrôle, et à la parité ;
L’instauration de bourses pour les filles en vue de faciliter leur accès à la formation technique et professionnelle ;
La gratuité ciblée pour la surveillance de la grossesse (Consultation Prénatale), l’accouchement et les urgences obstétricales (césarienne) depuis 2014 ;
L’adoption par le Gouvernement d’une Stratégie Nationale de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) en 2014.
De façon générale, les actions du Gouvernement s’articulent autour de trois axes majeurs, à savoir :

- L’accroissement des opportunités économiques des femmes en vue de leur autonomisation socio-économique ;
- L’amélioration des statuts légaux des femmes et de leurs droits ;
- Le renforcement de la participation et de l’inclusion des femmes dans les processus décisionnels.

S’agissant de l’autonomisation socio-économique des femmes, je voudrais particulièrement relever et saluer l’engagement de la Première Dame de notre pays, Madame Dominique OUATTARA, dont l’action vise à faciliter l’accès aux crédits financiers à travers la mise en place du « Fonds d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) ». Ce Fonds pour les femmes de Côte d’Ivoire a permis à plus de 110 000 femmes d’accéder facilement à des ressources financières à taux réduit et de leur ouvrir l’accès aux marchés, à l’information et à la technologie.

Qu’il me soit également permis de saluer l’action des partenaires au développement dans ce domaine, notamment les Agences du Systèmes des Nations Unies, qui contribuent de façon substantielle à l’autonomisation des femmes à travers l’auto-emploi, par des projets générateurs de revenus.

Au niveau de l’éducation, d’importantes réformes ont été initiées par le Gouvernement. Il s’agit notamment de la loi sur l’école obligatoire adoptée en 2015 pour tous les enfants, filles et garçons, âgées 6 à 16 ans. Un accent tout particulier est mis sur la scolarisation de la jeune fille et sur son maintien durable dans le système scolaire.

En outre, l’Etat ivoirien a développé une Politique Nationale de Protection de l’Enfant, des plans d’actions de lutte contre les grossesses en milieu scolaire, les mariages et les grossesses précoces.

Excellences Mesdames et Messieurs ;
Le Gouvernement ivoirien est conscient du besoin de renforcer et de soutenir les actions en faveur de l’équité des genres en Côte d’Ivoire. Car, plus qu’une nécessité économique, l’équité des genres est un droit humain fondamental.

Il s’agira de penser des mécanismes novateurs, multidimensionnels, impliquant toutes les couches de la société, aussi bien les femmes que les hommes. Les défis qu’engendrerait leur mise en oeuvre devront être contenues en vue de prendre en compte les contraintes sociales, culturelles et budgétaires.

Les propositions faites par la Banque Mondiale dans le rapport seront analysées avec la plus grande attention par le Gouvernement. Les échanges qui suivront à l’occasion de la présente restitution, permettront déjà de débattre de leur justesse et des conditions de leur implémentation.

Dans un cadre plus général, les interventions de la Banque Mondiale à travers notamment la mise en oeuvre de projets à portée transversale, visant l’amélioration de la compétitivité de l’économie et des conditions de vie des femmes et des jeunes, pourraient participer à réduire les inégalités entre les hommes et les femmes.

C’est sur ces mots que je voudrais clore mes propos, en appelant tous les acteurs économiques et partenaires au développement à mutualiser leurs efforts en vue de proposer des solutions viables, concrètes et efficaces à l’atteinte de l’équité des genres en Côte d’Ivoire.

Je vous remercie de votre aimable attention !

Primature

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Présentation du Cinquième Rapport Economique sur la situation économique en Côte d’Ivoire: Allocution de Pierre Laporte Directeur des Opérations de la Banque mondiale

Banque-Mondiale-CPIA-PRimature-0014.jpgAuditorium de la Primature
24 juillet 2017
Abidjan, Côte d’Ivoire

Monsieur le Premier Ministre, Ministre du Budget et du Portefeuille de l’Etat Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions de la République de Côte d’Ivoire,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et diplomates, Mesdames et Messieurs les Partenaires Techniques et Financiers, Messieurs les Directeurs Généraux, Mesdames et Messieurs les Responsables des organisations du secteur privé, Mesdames et Messieurs les Responsables des organisations de la société civile, Chers collègues, Chers amis de la Presse, Honorables invités, Mesdames et Messieurs

L’expérience internationale et des études académiques ont démontré qu’il existe un lien bénéfique entre une politique d’équité des genres et le développement économique. Malgré les efforts de développement engagés par la Côte d’Ivoire dans plusieurs domaines, beaucoup reste à faire en matière d’équité du genre.
Pour preuve, en 2016, le pays occupait la 136ème place sur 144 pays dans le monde selon l’indice du genre compilé par le World Economic Forum, et le 43ème rang sur 52 pays africains selon l’indice de l’Egalite entre les genres en Afrique, pour l’an 2015, de la Banque Africaine de Développement. Ce cinquième rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire relève cette problématique et s’étonne que le pays n’exploite pas les opportunités liées à l’égalité des genres quand on considère les retombées qui pourraient en découler.

En effet, une politique basée sur l’équité des genres pourrait aider la Côte d’Ivoire à atteindre l’Emergence tant souhaitée. Avec une meilleure éducation, un meilleur accès aux soins de santé, une meilleure représentativité au sein des centres de décisions, des entreprises et des familles, les femmes pourront offrir plus de ressources au bénéfice de l’économie et de la nation ivoiriennes. La mise en oeuvre d’une telle politique relève des défis immédiats et futurs que la Côte d’Ivoire doit relever aux fins d’améliorer sa productivité pour maintenir sa trajectoire de croissance accélérée.
En 2016, la Côte d’Ivoire a continué d’enregistrer une performance excellente - avec le deuxième taux de croissance du PIB le plus rapide en Afrique. Les perspectives restent bonnes même si les projections présentées dans ce rapport prévoient que son sentier

de croissance devrait graduellement converger autour de 6,5 % dans les années à venir.
L’économie ivoirienne a été heurtée par la baisse du prix du cacao, et les troubles sociaux survenus lors des derniers mois pourraient freiner le formidable élan de relance économique amorcée depuis 2011.
Le Gouvernement ivoirien l’a bien compris en réaffirmant son engagement à poursuivre une politique ambitieuse visant une croissance non seulement rapide, mais aussi plus partagée et inclusive.
Ce rapport sur la situation économique de la Côte d’Ivoire, le cinquième du genre, a la modeste ambition d’aider le Gouvernement dans cet objectif pour la Côte d’Ivoire. C’est donc à dessein qu’il

rappelle le rôle essentiel que peuvent y jouer les femmes.
Et bien entendu, la Banque mondiale se tient aux côtés des Ivoiriennes et des Ivoiriens pour la réussite de cette ambition, et ce en lien avec les objectifs stratégiques qui sont les nôtres.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

 Primature

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