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07 janvier 2017

Le nouveau président ghanéen investi

Akufo-Addo Pdt du Ghana.jpgDans son discours d’investiture, Nana Akufo-Addo a promis de s’attaquer à la corruption et de relancer le secteur privé.

Ancien chef de file de l’opposition ghanéenne, le nouveau président Nana Akufo-Addo, 72 ans, a prêté serment samedi 7 janvier à Accra et appelé à rétablir « l’intégrité dans la vie publique ». « Les caisses de l’Etat ne doivent pas servir de butin au parti vainqueur d’une élection, mais [doivent être] des ressources pour le développement économique et social du pays », a déclaré l’ancien défenseur des droits de l’homme devant plusieurs milliers de personnes et certains chefs d’Etat africains.

Nana Akufo-Addo est le fils d’Edward Akufo-Addo, l’un des pères de l’indépendance et éphémère président de la République (d’août 1970 à janvier 1972), avant d’être renversé par un coup d’Etat. Il a également promis de relancer le secteur privé après sa victoire électorale le mois dernier sur le dirigeant sortant John Dramani Mahama, qui assistait à la cérémonie d’investiture. Lors de sa campagne, il avait promis de soutenir les entrepreneurs privés et d’attirer les investissements pour relancer la croissance.

« Nous allons réduire les impôts pour remettre du dynamisme dans notre économie. Le Ghana est de nouveau ouvert aux affaires », a-t-il lancé samedi.

Modèle de stabilité

Les forces de police avaient renforcé la sécurité notamment sur les principaux axes autour du lieu choisi pour la cérémonie. Les commerçants avaient installé leurs stands dès la veille de l’investiture pour vendre des drapeaux du Ghana et des gadgets du Nouveau Parti patriotique du président élu.

La victoire électorale de M. Akufo-Addo et la transition pacifique du pouvoir ont renforcé l’image du Ghana comme un modèle de stabilité dans une Afrique de l’Ouest souvent turbulente. En Côte d’Ivoire voisine, le président Alassane Ouattara, venu assister à l’investiture, affronte depuis vendredi une mutinerie de militaires.

Le Ghana est l’un des rares pays d’Afrique cette année où les résultats de l’élection présidentielle n’ont pas été contestés.

Le Monde.fr avec AFP

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Côte d’Ivoire : le président Ouattara annonce donner son accord aux revendications des mutins

Le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé samedi 7 janvier avoir donné son accord à des revendications de certains soldats, après des mutineries qui se sont étendues dans de grandes villes du pays, dont Abidjan.

« Je confirme mon accord pour la prise en compte des revendications relatives aux primes et à l’amélioration des conditions de vie des soldats », a-t-il affirmé, dans une déclaration télévisée. Il a également demandé « à tous les soldats de regagner leurs casernes pour permettre l’exécution de ces décisions dans le calme. »

Un conseil des ministres extraordinaire a démarré samedi en fin de journée à Abidjan, au retour du chef de l’Etat, qui était au Ghana, à l’investiture du nouveau président, Akufo-Addo.

Le ministre ivoirien de la défense, Alain Donwahi, était en discussion, samedi dans l’après-midi, avec les représentants des mutins à Bouaké (centre du pays). Cette rencontre avait été différée dans un premier temps alors que, dans d’autres grandes villes du pays, le mouvement se généralise.

Un mouvement étendu à plusieurs grandes villes

Le mouvement d’humeur s’est également emparé de Man, la plus grande ville de l’ouest du pays. Selon l’agence de presse Reuters et des sources locales de la BBC, les mutineries ont également commencé à toucher la capitale économique du pays, Abidjan. Les mutins ont fait feu sur les bâtiments de l’état-major de l’armée, avant de s’engouffrer dans ceux du ministère de la défense, qui se situent juste en face.

En fin d’après-midi, l’AFP, citant des sources concordantes, a fait état de tirs entendus dans un camp militaire d’un quartier chic de la capitale économique ivoirienne. « Des tirs ont été entendus ici à Abidjan à la caserne d’Akouédo », a affirmé un présentateur lors d’un flash d’informations sur la télévision nationale. Des militaires ont bloqué l’accès à un grand carrefour situé à proximité de ce camp et desservant plusieurs quartiers, provoquant d’importants embouteillages, selon des journalistes de l’AFP.

« Nous avons l’impression de revivre septembre 2002 »

A Bouaké, le ministre de la défense, Alain Donwahi, est arrivé par avion samedi 7 janvier, pendant que son cortège terrestre restait bloqué par des insurgés à l’entrée sud de la ville, raconte un témoin. Le signe d’une tension perceptible dans une zone, qui a passé une première nuit sous le contrôle des mutins, au rythme des rafales de kalachnikov, des rodéos de soldats encagoulés. Le mouvement ne dispose pas encore de visage.

« Nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit. Nous avons l’impression de revivre septembre 2002 (début de la précédente rébellion armée dans le pays). Ils font la loi, ne s’en prennent à personne, mais on ne sait pas quand tout cela va finir », explique, au téléphone, Berthé Fofana, enseignant à Bouaké.

Lors de son intervention télévisée, vendredi soir, le ministre de la défense a expliqué que les revendications des soldats étaient d’ordre corporatiste. « Ils réclament l’augmentation de salaires, la réduction du temps passé dans les grades et les éclaircissements à propos d’une supposée prime [ECOMOG] », a dit le ministre. « Si les revendications sont fondées, nous ferons face », a promis Donwahi, appelant les mutins à retourner dans les casernes.

Pas de violences à l’égard des populations

Mais une fois à Bouaké, le ministre a pu se rendre compte que son message n’avait pas été entendu. Pas plus que dans les villes de Daloa et Korhogo, passées sous le contrôle des mutins. Commerces, banques et écoles sont fermés. A Odienné et Daoukro, ville de l’ancien président Henri Konan Bédié, le calme est revenu après une manifestation de militaires.

Samedi, des camps militaires, comme celui d’Akouédo (est d’Abidjan), plus grand camp du pays et de Tai (ouest, frontière du Liberia) ont tenu à se signaler en tirant des rafales en l’air. Toutefois, les mouvements demeuraient sans violence à l’égard des populations.

A Abidjan, la peur s’est emparée progressivement de la ville. « Nous vaquons à nos occupations, sans trop aller loin de la maison. On voit les forces de l’ordre en patrouille pour nous rassurer, mais en Côte d’Ivoire, nous savons que tout peut aller vite. On reste donc prudents », confie, tremblante, Aline Bilé, une étudiante.

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Côte d'Ivoire : les mutineries s'étendent dans tout le pays

Mutinerie Bouaké.jpgLes soldats réclament une revalorisation de leur solde ainsi que le paiement de primes. Vendredi soir, certains ont pris le contrôle de Bouaké, la deuxième ville du pays.

La situation s'envenime en Côte d'Ivoire. Les mutineries de soldats, qui réclament une revalorisation de leur solde ainsi que le paiement de primes, se sont étendues, samedi 7 janvier, jusqu'à gagner Abidjan, la capitale économique du pays.

Samedi après-midi, la présence de mutins a été signalée à l'intérieur du ministère de la Défense, à Abidjan, au moment où le ministre Alain-Richard Donwahi se trouvait à Bouaké, d'où est parti le mouvement de revendication, pour "écouter et trouver une solution" avec les chefs des mutins.

"Il y a de nombreux tirs en l'air à l'intérieur du ministère de la Défense", a déclaré un diplomate témoin de la scène, qui a ajouté que des mutins avaient également pénétré à l'intérieur du quartier général de l'armée.

Prise de Bouaké, deuxième ville du pays

Des soldats se sont emparés vendredi de Bouaké, la deuxième ville de Côte d'Ivoire, et la contestation s'est depuis propagée à au moins quatre autres localités. A Bouaké, ville d'un demi-million d'habitants où les mutins ont établi des barrages vendredi pour empêcher l'arrivée de renforts dépêchés par le gouvernement, de nouveaux tirs ont éclaté samedi vers 6 heures du matin (7 heures, heure de Paris) avant de s'estomper dans la matinée.

Des coups de feu nourris ont été entendus dans la nuit à Khorogo dans le nord et à Bouaké samedi matin. Des fusillades ont également été signalées à Man dans l'ouest, à Touleupleu et à Abidjan où sont situés les administrations et le parlement.

D'anciens membres des Forces nouvelles à la manœuvre

A Abidjan, un journaliste de Reuters a vu des forces loyalistes, notamment des soldats de la Garde présidentielle, prendre position aux abords des trois ponts qui enjambent le lagon séparant le nord et le sud de la ville.

"Des coups de feu ont aussi éclaté dans notre caserne", a déclaré un soldat du complexe militaire d'Akouedo situé dans un quartier résidentiel d'Abidjan. Les raisons de ces tirs n'ont pas été clairement établies mais un soldat mutin a expliqué que des mouvements suspects avaient été observés à l'extérieur de la caserne locale.

Un journaliste de Reuters qui s'est rendu à Bouaké et a pu rencontrer certains mutins a précisé que la plupart étaient des soldats du rang ainsi que des combattants démobilisés. La majorité semblait être d'anciens membres des Forces nouvelles, mouvement qui avait mené une rébellion et fait de Bouaké sa capitale de fait de 2002 jusqu'à la fin de la guerre civile en 2011.

Révolte "compréhensible mais déplorable"

Le président Alassane Ouattara a tenu une réunion de crise vendredi soir avec le ministre de la Défense et les responsables des forces armées. Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le ministre de la Défense a appelé les soldats "à garder leur calme et à rentrer dans les casernes en vue de permettre la recherche de solutions durables""Nous allons discuter avec nos hommes, recueillir leurs préoccupations et trouver des solutions à cette situation", a-t-il ajouté à l'issue de la réunion d'urgence.

Il a estimé que la révolte était "compréhensible mais déplorable. Déplorable pour l'image de notre pays et pour le travail qui a été fait par le Président de la République depuis la sortie de crise".

http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/cote-d-ivoire-les-mutineries-s-etendent-dans-tout-le-pays_2006383.html

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03 janvier 2017

«Bien mal acquis» : le train de vie fastueux du fils du Président guinéen

Theodorin Obiang.jpgLe tribunal correctionnel de Paris dira demain s'il reporte ou non le procès de Teodorin Obiang, le fils du Président de Guinée équatoriale, accusé de s'être frauduleusement bâti en France, en détournant des fonds publics, un patrimoine considérable. C'est sur cette question qu'ont porté hier les débats de ce premier procès des «biens mal acquis».

Hier, premier jour d'audience, les débats ont donc été principalement consacrés à la demande des avocats du fils du Président de Guinée équatoriale, qui veulent un délai pour préparer la défense de leur client.

 

Demande à laquelle le parquet national financier comme l'avocat de l'association Transparency International, William Bourdon, qui avait porté plainte en 2007, se sont vigoureusement opposés, dénonçant des manœuvres «dilatoires».

La présidente du tribunal a, quant à elle, insisté sur l'impact d'une décision rendue le 7 décembre dernier par la Cour internationale de justice. Si elle n'a pas suspendu la procédure contre Teodorin Obiang, comme le demandait la Guinée équatoriale, elle a prié d'assurer l'inviolabilité de l'immeuble luxueux du fils du vice-président équato-guinéen, présenté comme des locaux diplomatiques.

Cette décision interdirait l'exécution d'une éventuelle mesure de confiscation, encourue par le prévenu.

Ancien ministre de l'Agriculture et des forêts, promu fin juin par son père Teodoro Obiang Nguema vice-président de ce petit pays pétrolier d'Afrique centrale, Teodorin Obiang est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d'abus de confiance et de corruption.

De l'argent du Trésor public

L'enquête, ouverte après des plaintes des associations Sherpa et Transparency International, a mis au jour le patrimoine considérable de Teodorin Obiang, 47 ans : outre le fameux immeuble de l'avenue Foch, situé dans l'un des quartiers les plus huppés de Paris et estimé à 107 millions d'euros, y figurent des voitures de luxe et de sport (Porsche, Ferrari, Bentley, Bugatti).

Ses dépenses somptuaires en France étaient très éloignées du quotidien de son pays du golfe de Guinée, dont plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Quand il est à Paris, Teodorin Obiang, éternel célibataire au look savamment étudié (lunettes noires, cheveux gominés, barbe taillée), dépense des mallettes entières de liquide chez les couturiers de l'avenue Montaigne. Dans ses appartements de l'avenue Foch, les robinets sont recouverts de feuilles d'or, le maître des lieux dispose d'un hammam, d'une salle de sport, d'une discothèque, d'un salon de coiffure, d'une salle de cinéma.

Au terme de l'instruction, les juges ont estimé qu'il s'est bâti son patrimoine en France en y investissant le produit «des détournements de fonds publics», de la corruption.

Le fils du président équato-guinéen «a toujours dit qu'il a gagné légalement son argent dans son pays», assure Me Marsigny, l'un de ses défenseurs.

Entre 2004 et 2011, près de 110 millions d'euros provenant du Trésor public de Guinée équatoriale sont venus créditer le compte personnel de Teodorin Obiang, selon les juges d'instruction.

Les enquêteurs estiment qu'il avait imposé une «taxe révolutionnaire» sur le bois, dont le paiement, au nom de la Somagui Forestal, devait lui être directement remis. Cette entreprise est chargée de l'exploitation du bois précieux qui représente avec le pétrole l'une des principales richesses du pays.


Il a multiplié les recours

Teodorin Obiang a multiplié les voies de recours. Mis en examen en 2014, il a essayé en vain de faire annuler les poursuites à son encontre, invoquant son statut à l'époque de deuxième vice-président de Guinée équatoriale, qui octroyait à ses yeux une immunité.

Mais la Cour de cassation avait estimé que les faits reprochés avaient été commis à «des fins personnelles», relevant de sa vie privée et donc détachables des fonctions étatiques protégées par la coutume internationale. L'affaire des «biens mal acquis» dépasse en tout cas le cas Obiang. La justice française enquête également sur les patrimoines bâtis en France par les familles de plusieurs autres dirigeants africains, celle de Denis Sassou Nguesso (Congo), du défunt Omar Bongo (Gabon).

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19 décembre 2016

Gambie: la Cédéao renouvelle son soutien au président élu Adama Barrow

Cedeao Gambie.jpgLe sommet extraordinaire des chefs d'Etats de la Cédéao, réuni à Abuja, s'est achevé le samedi 17 décembre 2016 soir. Il avait pour objectif de sortir la Gambie de l'impasse politique dans laquelle elle se trouve depuis l'élection présidentielle début décembre. Les leaders ouest-africains ont annoncé une série de mesures en faveur du président élu Adama Barrow.

Pour la Cédéao, le président élu est bien Adama Barrow. La première mesure est donc de maintenir le résultat des urnes. Et il doit revenir à la Cédéao d'assurer la sécurité d'Adama Barrow, sans plus de détails.

Le 19 janvier prochain, tous les présidents des pays membres de la Cédéao sont invités à se rendre à Banjul, en Gambie, pour assister à la cérémonie de prestation de serment.

A Abuja, les onze chefs d'Etat ont donc finalement haussé le ton. Pour Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, « Yahya Jammeh doit céder le pouvoir au président nouvellement élu. Il devra partir coûte que coûte. »

Selon le communiqué final, « il faut prendre toutes les mesures nécessaires pour le respect du verdict des urnes en Gambie », adoucissant le trait en disant que la Cédéao est pour une transmission pacifique du pouvoir à Banjul.

Et pour que Jammeh accepte de plier bagage, il faut lui donner des gages. « La plupart des chefs d'Etat ont quand même insisté sur le fait qu'il faut assurer ou garantir à Yahya Jammeh sa sécurité, après sa passation de pouvoir », poursuit Barry.

Le président nigérian a été désigné médiateur dans dossier de la crise gambienne.

 

Soutien à la Gambie au Sénégal

Environ 150 militants des droits de l'homme et Gambiens en exil se sont rassemblés ce samedi place de l'Obélisque à Dakar. Une manifestation organisée par Amnesty International Sénégal, Article 19, qui défend le droit à la liberté d'expression et la Raddho, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme.

Fatou Jagne Senhgor, directrice Afrique de l'Ouest d'Article 19, explique pourquoi la mobilisation doit continuer.

Pour envoyer un message de soutien aux pauvres Gambiens qui ont déjà fait leur choix ; pour envoyer un signal fort au peuple gambien qui n'est pas seul, mais aussi aux chefs d'Etat pour dire que nous sommes tous mobilisés en Afrique de l'ouest, parce que je pense que ce qui s'est passé en Gambie est historique malgré tous les blocage, malgré toutes ces répressions. Le peuple a quand même trouvé sa voix, pour nous c'est le plus important.

Le message des manifestants était clair : Yahya Jammeh, le président sortant, doit reconnaître sa défaite aux présidentielles et quitter le pouvoir.

En wolof, une langue à la fois parlée en Gambie et au Sénégal, « na dem » signifie « qu'il parte ». C'est ce que les manifestants ont entonné ce samedi. Et sur leurs pancartes, on pouvait lire : « La Gambie a fait son choix, respectons-le », ou encore « Sauvons la démocratie en Gambie ».

En exil depuis 22 ans à Londres, Abdou Karim Sané, journaliste gambien, est venu à Dakar pour soutenir ses compatriotes. « Je suis venu montrer ma solidarité avec les Gambiens exilés à Dakar, pour leur donner de l'espoir. Pendant toutes ces années, nous nous sommes battus pour le retour de la démocratie et maintenant nous aurons une meilleure Gambie. »

Faire partir Yahya Jammeh, oui, mais sans violences, espère Seydi Gassama, le responsable de Amnesty International au Sénégal. « Nous ne souhaitons pas arriver à une solution militaire qui aurait des dégâts collatéraux avec la mort de civils innocents. Nous pensons que si les pressions sont exercées à tous les niveaux, on aura les résultats que l'on veut. »

Quelques hommes et femmes politiques du parti au pouvoir et de l'opposition étaient aussi présents, dont Moustapha Diakhaté, président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, mouvance majoritaire soutenant le chef de l'Etat. « Le président Yahya Jammeh a été battu. Il avait accepté dans un premier temps sa défaite, maintenant il fait un revirement, c'est inacceptable. Je suis venu ici pour dire au peuple gambien qu'il n'est pas seul dans la lutte pour la démocratie », explique-t-il.

Hier, place de l'Obélisque, les Gambiens exilés n'attendaient qu'une chose : que Yahya Jammeh quitte le pouvoir, pour enfin rentrer chez eux.

RFI

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15 décembre 2016

Pour l'ONU, le Soudan du Sud est « à deux doigts d'une guerre civile ethnique »

SouthSudan.jpg14 décembre 2016 – A l'occasion d'une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme mercredi à Genève consacrée à la situation au Soudan du sud, plusieurs responsables de l'ONU ont souligné le risque d'un conflit ethnique généralisé.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, n'épargne personne. « Toutes les parties au conflit sont coupables de ces violations des droits de l'homme, y compris les forces gouvernementales », a-t-il indiqué.

Un niveau de violence et de tension ethnique que l'on peut observer dans le pays est sans précédent

Du point de vue du Haut-Commissaire, toutes les conditions sont en place pour que le conflit dégénère en conflit ethnique ; « mais le scénario du pire peut encore être évité », a déclaré M. Zeid, avant d'appeler le Conseil à prendre toutes les mesures pour l'éviter.

Pour la Présidente de la Commission sur les droits de l'homme au Soudan du Sud, Yasmin Sooka, le niveau de violence et de tension ethnique que l'on peut observer dans le pays est sans précédent, les Équatorias (NDLR: les trois États fédérés de la ceinture méridionale du Soudan du Sud) – jusqu'ici épargnés – étant devenus l'épicentre du conflit, a-t-elle indiqué, avant d'ajouter que la famine était en outre aux portes du pays.

« Des récits nous parviennent qui font état là-bas de cadavres trouvés le long des routes, d'attaques par des groupes armés inconnus et de contre-attaques des forces gouvernementales », a poursuivi Mme Sooka. « Un environnement propice aux violations des droits de l'homme s'est développé, alimenté par le déversement d'un discours de haine et par la déshumanisation de groupes ethniques de la part de responsables gouvernementaux, y compris le Président lui-même ». Le Soudan du Sud est à deux doigts d'une guerre civile ethnique sans merci qui pourrait déstabiliser toute la région, a conclu Mme Sooka. La communauté internationale doit agir maintenant, a-t-elle déclaré, après avoir indiqué que « la récente visite de la Commission au Soudan du Sud suggère qu'un processus de nettoyage ethnique régulier est en cours dans certaines parties du pays».

Le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide, Adam Dieng, a estimé pour sa part qu'il y avait un risque imminent et réel d'escalade de la violence entre les ethnies avec un potentiel de génocide. « Des mesures doivent être prises maintenant sans attendre pour prévenir les violences massives », a-t-il affirmé, se disant convaincu qu'il fallait un embargo sur les armes pour réduire le risque de perpétuation d'atrocités.

Des violences sexuelles qui n'épargnent pas les enfants

Cette 27ème session spéciale a également été l'occasion pour les responsables de l'ONU de dénoncer la violence sexuelle présente au Soudan du sud. M Zeid a fait état de cas de viols collectifs et d'exploitation sexuelle, touchant y compris des enfants. « Ces actes sont parfois commis sur une base purement ethnique », a-t-il précisé.

Mme Sooka a pour sa part indiqué qu'une étude menée par les Nations Unies avait révélé que 70% des femmes dans les camps avaient été violées, essentiellement par les membres de la police ou de l'armée, depuis l'éruption du conflit.

A l'issu des travaux de cette sessions spéciale, le Conseil des droits de l'homme a adopté sans vote une résolution réaffirmant le mandat de la Commission sur les droits de l'homme au Soudan du Sud en mettant de nouveau l'accent sur la nécessité d'établir les faits et les circonstances des allégations de violations de droits de l'homme afin d'assurer que les responsables aient à rendre des comptes.

A travers sa résolution, le Conseil a également condamné dans les termes les plus forts les violences sexuelles et sexistes répandues au Soudan du sud, y compris les viols et les viols de groupe, qui peuvent être utilisées comme arme de guerre, en toute impunité, par tous les groupes armés. Le Conseil demande à ladite Commission de suggérer, dès que possible et en collaboration avec l'ensemble du système des Nations Unies, des recommandations prioritaires à l'intention du Gouvernement de la République du Soudan du Sud quant à la manière de mettre fin aux violences sexuelles et sexistes. Le Conseil exhorte en outre le Gouvernement de la République du Soudan du Sud à nommer un représentant spécial sur la violence sexuelle et sexiste.

Centre d'actualités de l'ONU

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