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29 novembre 2017

Sommet UA-UE : demandez le programme !

5 ème Sommet UA UE.jpgLe sommet Union africaine-Union européenne a débuté ce mercredi à Abidjan. Au programme des échanges : les thèmes de la jeunesse, de l'éducation, de la sécurité et des relations économiques entre les deux continents.

Mardi 28 novembre, tard dans la soirée, une délégation ivoirienne inspecte les couloirs du centre de conférences de l’hôtel Ivoire. Dans quelques heures, le 5e sommet UA-UE ouvre officiellement ses portes. Alors, il faut s’assurer que tout est prêt, veiller au moindre détail. L’organisation de ce sommet a été un gros défi pour les autorités ivoiriennes.

Forte affluence à Abidjan

De fait, pendant deux jours, Abidjan affiche complet. Sont attendus dans la capitale économique ivoirienne pas moins de 43 chefs d’État et de gouvernement africains. Malgré la présence du Front polisario, dont Rabat nie la légitimité, le roi du Maroc, Mohammed VI, est arrivé dimanche pour une visite d’amitié et de travail et il devrait participer au sommet. Voici une liste non-exhaustive des présidents africains présents : Macky Sall (Sénégal), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Denis Sassou Nguesso (Congo-brazzaville), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale), Muhammadu Buhari (Nigeria), Nana Akuffo-Addo (Ghana), Idriss Déby Itno (Tchad), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Paul Kagamé (Rwanda), Alpha Condé (Guinée), Béji Caïd Essebsi (Tunisie)Mahamadou Issoufou (Niger), Paul Biya (Cameroun), João Lourenco (Angola), Patrice Talon (Bénin) et Serrag Faiez (Conseil national de transition libyen) et Faure Gnassingbé (Togo).

Du côté européen, les 28 pays membres seront représentés, dont 16 chefs d’État, notamment Angela Merkel, la chancelière allemande, et Emmannuel Macron.

La partition d’Emmanuel Macron

Après le Burkina Faso (mardi) et avant le Ghana (jeudi), la Côte d’Ivoire est la deuxième étape de la tournée africaine du président français. À Abidjan où il arrivera mercredi à la mi-journée, pas de discours devant les étudiants mais, outre sa participation au sommet UA-UE, une conférence de presse à la résidence de l’ambassadeur de France, un tête-à-tête avec Alassane Ouattara suivi de l’inauguration de la construction du métro d’Abidjan, réalisé avec l’appui budgétaire de la France.

Le programme officiel

Le sommet ouvrira officiellement mercredi en début d’après midi après un déjeuner officiel offert par les autorités ivoiriennes. Les discours d’ouverture seront prononcés par le chef de l’État Alassane Ouattara et le président en exercice de l’Union africaine, Alpha Condé. Après la traditionnelle photo de groupe, les débats se poursuivront à huis-clos. Paul Kagamé, président du Rwanda, abordera d’abord la question de la réforme de l’UA.

Les décisions se prendront davantage en coulisses, lors de rencontres souvent bilatérales, que lors des plénières programmées

Trois thématiques seront ensuite abordées : celles des opportunités économiques pour les jeunes, de la migration et de la mobilité, et enfin de la coopération UA-UE sur la paix et la sécurité. Idriss Déby Itno, Mohammed VI et Jacob Zuma doivent s’exprimer. Le sommet s’achèvera jeudi matin avec une dernière séance à huis-clos consacrée à la coopération UA-UE sur la gouvernance.

Plusieurs autres événements ont été organisés par l’UE et la France notamment, en parallèle du sommet. Loin du faste de l’hôtel Ivoire, un forum citoyen a réuni plus de 600 participants venus d’Europe et d’Afrique pendant trois jours dans l’amphithéâtre de la bourse du travail de Treichville. Mais mardi, la dernière cession de ce sommet « bis » a été mystérieusement interdite par la police.

La portée d’un sommet

Qu’attendre de ce sommet ? Le thème officiel est « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable ». Mais comme c’est souvent le cas lors de ces grandes messes diplomatiques, les décisions se prendront davantage en coulisses, lors de rencontres souvent bilatérales, que lors des plénières programmées. Surtout, les discours pleins de bonnes intentions sont rarement suivis d’actes forts. Alors que l’indignation suscitée par la diffusion d’une vidéo de migrants subsahariens vendus comme esclaves en Libye n’est pas retombée, beaucoup espèrent que la question sera prise à bras le corps par les dirigeants africains et européens.

Par  - envoyé spécial à Abidjan

16 septembre 2017

AGRF 2017 : De véritables opportunités pour l’agriculture africaine

Selon la présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), Docteur Agnes Kalibata, c’est le leadership des autorités ivoiriennes pour la place accordée à l’agriculture, facteur de création de richesses et d’emplois, qui a valu au pays d’abriter pour la première dans l’espace francophone l’AGRF 2017.

«Obtenir plus d’engagements auprès des gouvernements et autres parties prenantes afin de donner la priorité à l’agriculture et d’augmenter les investissements dans le secteur agricole en Afrique». Tel était le thème de la 7ème édition du Forum sur la révolution verte (AGRF).agrf,agra,agriculture, cote d'ivoire

 Ouverts du 04 au 08 septembre 2017 à Abidjan les travaux de cette édition de l’AGRF ont produit des résultats satisfaisants. Des décisions de grande importance ont été prises dans le cadre de la transformation agricole d’ici à 2021.

L’une des importantes de ces décisions est sans nul doute celle relative à la contribution financière substantielle de plusieurs institutions pour booster la transformation agricole.

Des  engagements d’investissements à hauteur de près de 6,5 milliards $EU ont été pris en faveur de la culture de l’huile de palme, des légumineuses, de la pomme de terre et du riz pour les huit prochaines années. Le nouveau Partenariat pour une transformation agricole inclusive en Afrique (PIATA) d’une valeur de 280 millions $EU a été lancé.

L’Objectif du PIATA est de : « catalyser et soutenir une transformation agricole inclusive dans au moins 11 pays d'Afrique, ce qui augmentera les revenus et améliorera la sécurité alimentaire de 30 millions d’exploitations agricoles familiales de petite taille ».

Lors de l’Edition de 2016 de l’AGRF, des annonces de financement d’environ 30 Milliards US ont été enregistrées. Ces annonces ont été suivies d’effets au cours de la session précédente sur le « respect des engagements. En outre, les efforts constants de la Banque Africaine de Développement (BAD), à travers son programme « Nourrir l’Afrique », et du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) sont à saluer.

A la cérémonie officielle d’ouverture de l’AGRF 2017, le Président  Alassane Ouattara a présenté le secteur agricole ivoirien comme un exemple en Afrique.

La Côte d’Ivoire qui a consolidé sa place de 1er producteur mondial de cacao, est devenue :
. 1er producteur mondial d’anacarde

. 1er producteur mondial de noix de cola

. 1er producteur africain d’hévéa

 . 1er exportateur africain d’huile de palme

 . 1er producteur africain de banane dessert

 . 1er exportateur africain de mangues.

Ces performances de la Côte d’Ivoire se traduisent surtout par des revenus stables distribués aux producteurs, qui sont passés de plus de 3000 milliards FCFA (5.5 Milliards US) en 2011 à près de 6000 milliards FCFA (11 Milliards US) en 2016, soit l’équivalent du budget national.agrf,agra,agriculture, cote d'ivoire

« Les pays d’Asie ont réussi cette révolution verte et sont aujourd’hui industrialisés », a indiqué le ministre ivoirien de l’agriculture et du développement rural, Mamadou Sangafowa Coulibaly pour qui si cela a été possible en Orient, ça l’est aussi en Afrique, un continent qui regorge de beaucoup de potentialités. Il a rassuré sur l’engagement de la Côte d’Ivoire à poursuivre ses investissements pour faire de l’agriculture la clé du développement économique.

«Le secteur primaire doit être pris comme un secteur de croissance. Les chefs d’état doivent impulser un programme cohérent pour permettre à tous d’avoir des financements à l’agriculture. Il faut aller beaucoup plus à la promotion du manufacturier et de la transformation. Il faut faire de l’agriculture, le levier de la création de richesse. Il faut contribuer à la croissance et à la promotion de l’agriculture sur notre continent» a déclaré à la cérémonie officielle d’ouverture de l’AGRF 2017, le Premier Ministre et Chef du gouvernement Togolais, Komi Selom KLASSOU. 

L’AGRF est une plate-forme pour les dirigeants mondiaux et africains pour élaborer des plans d'action qui feront avancer l'agriculture africaine. Créé en 2010, le forum est apparu comme la première plate-forme africaine qui rassemble une série d'acteurs critiques dans le paysage agricole africain pour discuter et élaborer des plans concrets pour la réalisation de la révolution verte en Afrique.

L’AGRF 2017 a permis de mobiliser tous les acteurs en faveur du développement inclusif et des investissements vitaux dans le secteur agricole. Une plateforme d’échanges de 52 sessions et plus de 300 intervenants.

 L’AGRF 2017 a mis en évidence l'importance cruciale d'exploiter un soutien renouvelé pour l'agriculture et son fort potentiel pour créer des emplois décents et stimuler la croissance économique à travers le continent.

Par les innovations dans l’agriculture, les jeunes participent à la conception de l’avenir du secteur de l’agriculture grâce à l’utilisation des TIC. « Nous espérons que les meilleures start-up se développeront et finiront par atteindre des milliers d'agriculteurs et d'agribusiness, et créeront des opportunités d'emploi pour de nombreux jeunes. » a indiqué le directeur du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) Michael Hailuagrf,agra,agriculture, cote d'ivoire

« Un partenariat crédible et une mobilisation soutenue des ressources pour financer l’Agriculture en Afrique dépendront également du respect des engagements pris à Malabo par les Etats Africains. C’est pourquoi, je suis heureux de vous annoncer que la Côte d’Ivoire respectera ses engagements en matière de financement de l’Agriculture et reste disposée à soutenir toutes les actions des Organisations régionales et sous régionales en faveur du développement de l’Agriculture » a indiqué le Président Ivoirien Alassane Ouattara.

L’AGRF a réuni des experts agricoles, des acteurs du secteur public et privé, pour débattre, partager des expériences et adopter des mesures concrètes visant à améliorer la sécurité alimentaire en Afrique.

Patrice Kouakou



08 août 2017

ODD/Objectif 2030 : Plateforme de la francophonie pour susciter des projets concrets

DSC_0288.JPGLe développement durable a bénéficié en 2015 d’un cadre stratégique universel adopté par les Nations Unies. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 est un plan d’action pour l’humanité, la planète, la paix et la prospérité. Décliné en une série de 17 objectifs de développement durable (ODD), il vise à mettre fin à la pauvreté et transformer nos vies tout en protégeant la planète pour les générations futures, sur la base d’un partenariat renouvelé entre tous les pays et les acteurs de la société. Le grand défi de ce Programme est maintenant de rassembler et de mobiliser ces acteurs dans toute leur richesse et leur diversité. Le développement durable se doit d’être une révolution sociétale porteuse d’humanisme.

 L’initiative « Objectif 2030 » vise ainsi à favoriser des progrès concrets en matière de développement durable par la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Dédiée aux acteurs non étatiques, elle cherche à répondre à leur besoin d’informations et à soutenir des actions et solutions novatrices qui allient inclusion sociale, progrès économique et protection de la planète. Il s’agit ici de construire et renforcer un mouvement citoyen engagé qui traduise le Programme de développement durable à l’horizon 2030 en actions et solutions exemplaires et adaptées.

 Articulée autour d’une plateforme numérique, l’initiative « Objectif 2030 », se décline en trois composantes :

  • Un cours en ligne ouvert et massif (CLOM ou MOOC en anglais) pour former et sensibiliser les populations aux enjeux du développement durable. Animé par l’Université Senghor d’Alexandrie, ce cours donne aux apprenants la possibilité de comprendre et d’analyser les enjeux et actions du développement durable. A l’issue de cette formation, les participants disposent de compétences utiles afin d’être aptes à générer des projets de  développement durable et des informations fiables sur ce sujet.

 

  • Un outil participatif de financement et d’appui technique qui soutient des solutions concrètes, simples et mesurables dédiées à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et crée des communautés de solutions autour d’elles. Les utilisateurs de la plateforme peuvent ensuite collaborer de plusieurs façons : don financier, mobilisation des ressources, bénévolat, partage d’informations et de bonnes pratiques ... Seules les actions permettant d’obtenir des résultats concrets et rapides sont retenues.

 

  • Un espace de présentation et de capitalisation des meilleurs projets pour favoriser les synergies facilitant leur réalisation. Il permet la diffusion d’études de cas et de reportages audiovisuels montrant les progrès de développement générés de façon participative.

 

Quelques chiffres en 2017

  • Six modules pédagogiques déclinés en 30 vidéos sont accessibles en ligne
  • 2600 étudiants issus de 99 pays ont suivi le cours du 1er au 31 mars 2017
  • 21 projets concrets sur les 215 soumis sur la plate-forme bénéficient de l’outil participatif technique et financier
  • Les 21 projets en ligne sont en faveur de 69 932 bénéficiaires provenant de 14 pays
  • Six projets déjà entièrement financés sont en faveur de 8 508 bénéficiaires
  • Deux partenariats confirmés en faveur de l’initiative (Université Senghor d’Alexandrie, RDEE Ontario)

 

Patrice Kouakou