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18 juillet 2017

Cacao/Côte d’Ivoire : Des chocolatiers européens pour le développement de la filière

Cacao JJJJJJJ.jpgLa Maison Chocolat «Guerin-Boutron» s’engage à travailler les fèves ivoiriennes. Cette structure est de marque parisienne et de savoir-faire belge. C’est la 2ème vieille  maison de chocolat à Paris fondée en 1775.

Pour le Président Directeur Général de cette maison de chocolat, Johann Domas-Conzemius, les défis de la filière cacao sont grands. « C’est pourquoi, l’on s’emploie à travailler afin d’impacter positivement les producteurs, les consommateurs et l’ensemble des populations. L’un des défis est de faire le lobbying des affaires ivoiriennes en Europe»  a-t-il indiqué.

En somme, la Maison Chocolat «Guerin-Boutron» prévoit assurer la traçabilité du cacao du champ jusqu’au consommateur. Elle veut être au service d’un commerce équitable et solidaire permettant de soutenir les producteurs de cacao, et les plantations en veillant à développer un bien-être social, économique et environnemental de la communauté.

Fort de ce qui précède, la Maison Chocolat «Guerin-Boutron» envisage booster l’économie cacaoyère en redorant le blason des fèves ivoiriennes.

Cette initiative empreinte de développement humain de la filière cacao en Côte d’Ivoire passe nécessairement par l’amélioration des conditions de travail et de vie des planteurs et de leurs familles, l’augmentation des revenus, la formation professionnelle des jeunes, la transformation au pays pour une fabrication artisanale d’un chocolat 100% ivoirien. Des acquis de la Maison Chocolat «Guerin-Boutron» en Côte d’Ivoire sont déjà effectués, entre autres dans la région du Sanwi à Aboisso.

A en croire, le Président Directeur Général, Johann Domas-Conzemius, sa structure de chocolat entend créer une communauté autour de sa marque bio dont les membres seront des ambassadeurs et ambassadrices.

 « A la mère de famille » est la 1ère plus ancienne maison de chocolat parisienne fondée en 1761.

La Maison Chocolat «Guerin-Boutron» a été fournisseur breveté de Leurs Altesses Royales le Dauphin de France et du Comte de Chambord.

Patrice Kouakou

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16 juillet 2017

MAEP : Consultations citoyennes en Côte d’Ivoire

MAEP 1.jpgLa Commission nationale du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (CN MAEP) et les Organisations de la Société Civile (OSC) ont organisé le lancement des consultations citoyennes les 11 et 12 juillet 2017 à la Maison de l’Entreprise (CGECI) à Abidjan Plateau.

Les consultations citoyennes constituent un maillon très important dans la chaîne de mise en œuvre du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP) en Côte d’Ivoire.

Ces consultations s’inscrivent dans le cadre de l’auto-évaluation de la gouvernance. L’objet est de permettre aux populations à la base de participer en profondeur à l’évaluation de la gouvernance en Côte d’Ivoire.

Le MAEP a un caractère participatif, évolutif et inclusif. C’est l’occasion de faire des propositions concrètes afin d’améliorer la gouvernance. Celles-ci donnent un rôle  central aux OSCs . C’est ce qui explique l’implication de la Société civile ivoirienne organisée en groupes majeurs dont le réseau couvre toute l’étendue du territoire national.

Plus de 200 personnes des zones pré définies ont participé au lancement de ces consultations citoyennes à Abidjan. Notamment des femmes, des jeunes, des syndicats, des religieux, des personnes en situation de handicap, des organisations paysannes, des organisations professionnelles des médias, et une trentaine de participants de l’administration.

Ces consultations se dérouleront sur 3 semaines, à partir du 07 juillet 2017, sous forme d’un atelier éclaté dans les 6 zones géographiques de la Côte d’Ivoire.

Après les consultations d’Abidjan, ce seront celles des 5 zones de l’intérieur du pays. Une consultation sera menée par les groupes majeurs dans chacune des zones selon le découpage ci :

Zone 1 : Abidjan (District d’Abidjan, Lagunes et Sud Comoé)

Zone 2 : Bouaké (Vallée du Bandama, Lacs)

Zone 3 : Gagnoa (Sassandra, Marahoué, Gôh, Djiboua, Bas-Sassandra)

Zone 4 : Korhogo (Denguélé, Savanes)

Zone 5 : Man (Montagne, Woroba)

Zone 6 : Abengourou (Zanzan, Indénié- Djuablin).

Le MAEP privilégie le dialogue et les échanges. Cela implique les citoyens, favorise leur participation aux outils de la base ; permet de connaître les attentes et les contraintes des différents groupes présents sur le territoire national. Les peuples sont donc consultés pour entendre leurs avis. «Le MAEP est la voix des sans voix» a argué le Président de la CN MAEP, Bernard Konan.

Pendant les consultations, les participants seront repartis en 4 sous-groupes de travail correspondant au 4 thématiques du MAEP.

Thématique 1 : La démocratie et la bonne gouvernance politique ;

Thématique 2 : La gestion et gouvernance économique ;

Thématique 3 : La gouvernance des entreprises ;

Thématique 4 : Le développement socio-économique.

La phase de lancement des consultations citoyennes a permis de sortir un Rapport consignant les observations d’Abidjan. Cela sera réédité dans les grandes villes pré définies de la Côte d’Ivoire selon le découpage prévu.

A propos de Rapport, le Président du panel des éminentes personnalités,  le Professeur Kayal   du MAEP continental recommande à tous un Document final reflétant l’expression du peuple de Côte d’Ivoire : un Document factuel et réaliste. «Ayez à cœur la qualité de ce Document» a-t-il conclu.

Le MAEP est un moteur d’accélération de la gouvernance. Les consultations citoyennes constituent la clé de voûte  du processus du MAEP.

Le processus a bénéficié de l’appui stratégique et financier de la Communauté Economique pour l’Afrique (CEA) et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

 Patrice Kouakou

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16 juin 2017

Yoshifumi Okamura : "Il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité"

Yoshifumi Okamura : "Il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité"CouvertureCrédits: Archives
 

L’ex-diplomate japonais qui était en fonction en Côte d’Ivoire en 2010, en a profité pour donner sa position sur les relations bilatérales entre son pays et la Côte d’Ivoire, mais aussi sur la réforme du Conseil de Sécurité de l’Onu, au moment où ce pays vient d’être élu membre non permanent à l’Onu.

Yoshifumi Okamura : "Il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité"

Excellence M. l’ambassadeur, quels sont les sentiments qui vous animent au moment où vous foulez à nouveau le sol de Côte d’Ivoire ?

Bien sûr, c’est la joie de revoir tous mes amis ivoiriens et de constater comment la Côte d’Ivoire a changé depuis que j’ai quitté ce pays. Il y a le 3epont, beaucoup de routes construites. J’ai fait un tour à Treichville. J’ai vu que tout a changé avec de nombreux restaurants, magasins, etc. L’essor économique est vraiment tangible. Les gens sont actifs. Je suis content de voir que la prospérité de cette ville est bien rétablie.

 

Au cours de votre séjour, vous avez été reçu par le Président Alassane Ouattara. De quoi avez-vous parlé ?

Cette visite, c’était d’abord pour renouer mon amitié personnelle avec le Président Ouattara. Mais nous avons beaucoup échangé sur le Conseil de sécurité. Vous savez que la Côte d’Ivoire vient d’être élue membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu pour la période 2018-2019. C’est une sorte de transition entre le Japon et la Côte d’Ivoire, puisque mon pays a été élu membre non permanent du Conseil de sécurité pour 2016 et 2017. Nous avons également parlé de la coopération bilatérale, des problèmes du continent africain. Le Japon et la Côte d’Ivoire travaillent ensemble sur ces questions.

 

Qu’êtes-vous devenu, après votre départ de la Côte d’Ivoire comme ambassadeur ?

Je suis d’abord retourné à Tokyo comme Directeur général de la Ticad (Conférence internationale pour le développement de l’Afrique) où je m’occupais de toutes les questions touchantà l’Afrique. J’ai organisé une conférence, dans le cadre de la Ticad, en 2013 à Yokohama, et j’ai eu la chance de compter plus de quarante chefs d’Etat africains présents. Ils ont eu une rencontre bilatérale avec le Premier ministre Shinzo Abe. Après, celui-ci m’a demandé de choisir trois pays africains pour une visite officielle. Je lui ai demandé de commencer par la Côte d’Ivoire. Et le Président Alassane Ouattara, qui est un ami à moi, a organisé quelque chose d’extraordinaire en janvier 2014 : une session extraordinaire de la Cedeao dont il était Président en exercice. Beaucoup d’entre ses homologues étaient présents, notamment Goodluck Jonathan du Nigeria. Nous avons également organisé la Ticad VI à Nairobi (Kenya) à laquelle le Président de la Côte d’Ivoire a participé et a eu une rencontre bilatérale avec le Premier ministre Shinzo Abe. Je me suis également rendu à New York comme Représentant personnel adjoint de la Mission japonaise auprès des Nations unies où mon pays était membre non permanent du Conseil de Sécurité de l’Onu. Je m’occupais des questions liées à l’Afrique, notamment les problèmes au nord du Mali, le sahel, Bokoharam, la Somalie, le Soudan du Sud…Je me suis également occupé de la fin de la crise en Côte d’Ivoire avec le départ de l’Onuci. J’ai essayé de persuader les uns et les autres que la Côte d’Ivoire n’est plus un pays de conflit. C’est ainsi qu’il a été mis fin aux activités de l’Onuci en Côte d’Ivoire parce que ce pays est désormais en paix.

 

Le fonctionnement de la Ticadvous satisfait-il, à l’heure actuelle ?

Le concept de base de la Ticad est d’encourager le développement de l’Afrique sur le principe d’appropriation. Deuxièmement, nous ne parlons pas d’assistance économique à la Ticad, mais plutôt d’investissement et de commerce. Pour cela, il faut une participation massive du secteur privé. Il faut également encourager les agriculteurs, non seulement pour la sécurité alimentaire, mais aussi pour gagner de l’argent avec le développement agricole. Mais il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité. Il faut adresser la question de la pauvreté, des déséquilibres sociaux, etc. La Ticad fait des progrès. A Nairobi, à la Ticad VI, il y a eu une importante participation du secteur privé japonais. De nombreux hommes d’affaires sont venus du Japon pour prospecter et voir la réalité des activités économiques de l’Afrique. De plus en plus, le secteur privé japonais s’intéresse à investir en Afrique. Le Ticad VII aura lieu en 2019 au Japon. C’est tous les trois ans au Japon et ensuite, en Afrique.

 

Vous êtes également à la primature de votre pays, chargé de la réforme du Conseil de sécurité de l’Onu. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

Vous savez, la réforme du Conseil de sécurité de l’Onu est une question primordiale. Plus de 70 ans après la création de l’Onu, le Conseil de sécurité n’a pas beaucoup changé, surtout au niveau des membres permanents qui sont toujours cinq. En même temps, le Japon, l’Inde, le Brésil et l’Allemagne qui forment le Groupe de quatre (G4), sont des membres inférieurs du Conseil de sécurité de l’Onu, malgré, par exemple, le niveau de contribution du Japon pour le compte des Nations unies. Ce n’est pas juste et je dirai même que c’est une injustice. Tout comme l’Afrique qui n’a aucune représentation au niveau des membres permanents. Il faut donc que le G4 et l’Afrique travaillent ensemble pour la réforme du Conseil de sécurité. Il faut que le Japon et la Côte d’Ivoireparlent surtout d’une même voix pour aborder ce sujet extrêmement important. Ce n’est pas facile et je dirai qu’il faut ce que j’appellerais une révolution.

 

Après le départ de l’Onuci, pensez-vous qu’il y a encore des défis que le pays doit relever ?

La Côte d’Ivoire n’est plus une zone de conflits et moi, je compte sur les Ivoiriens. Il y a la démocratie, la liberté et suffisamment de ressources domestiques. Je ne dis pas que le pays n’a pas de problèmes, mais les Ivoiriens doivent être capables de les résoudre par eux-mêmes. Ce n’est pas la peine d’avoir une présence onusienne.

 

Lors de votre séjour en Côte d’Ivoire, quels sont les moments qui vous ont marqué ?

C’est évidemment la crise, car j’ai été ambassadeur dans ce pays de 2008 à 2011. J’ai été non seulement témoin mais j’ai aussi survécu à la crise. Ça a été une période très dure pour tout le monde. Je suis fier des Ivoiriens. J’ai vu le courage de cepeuple, qui est sorti pour demander la paix, surtout les jeunes et les femmes qui tapaient des casseroles. C’était impressionnant ! Après six ans, je suis très confiant que la Côte d’Ivoire soit sortie du passé et j’espère en son avenir.

 

Quel message souhaiteriez-vous laisser aux Ivoiriens ?

Je suis très encouragé de voir la Côte d’Ivoire. C’est un pays qui est sorti de la crise, mais c’est aussi un pays très important, le noyau-clé de l’Afrique de l’Ouest. La prospérité et le développement économique de la Côte d’Ivoire sontaussi pour toute l’Afrique de l’Ouest. La stabilité et la démocratie de ce pays serontaussi le noyau-clé de cette sous-région. Je demande au peuple ivoirien de penser à l’avenir. La crise, c’est du passé. C’était dur. Il faut apprendre sûrement quelque chose du passé. Mais il faut penser à l’avenir. A la Côte d’Ivoire. A l’Afrique. Pourquoi sortir de l’Afrique pour aller en Europe ? Ce n’est pas le moment de sortir de l’Afrique. Cette Afrique qui a des possibilités, degrandes potentialités, un continent d’avenir.

 

Interview réalisée par Sylvain Namoya et Benoît Hili (Fraternité Matin)

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25 mai 2017

Pour la première fois, l’OMS va être dirigée par un Africain

INTERVIEW - L’Éthiopien Tedros Adhanom a été élu ce mardi pour diriger l’Organisation mondiale de la santé. Florian Kastler de l’Institut Droit et Santé décrypte les défis qui l’attendent.

Les 168 pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont élu hier soir le directeur général de l’agence onusienne au terme d’une campagne d’une vigueur inédite pour l’institution. Chercheur renommé sur le paludisme et ancien ministre de la Santé, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus succédera le 1er juillet à la Chinoise Margaret Chan. C’est la première fois qu’un Africain va diriger l’OMS. Florian Kastler, chercheur à l’Institut Droit et santé (Inserm/université Paris-Descartes) et enseignant à Sciences Po, décrypte les défis qui attendent le nouveau patron de l’agence.

LE FIGARO. - Comment se déroule cette élection?

Florian KASTLER. - Pour la première fois dans l’histoire de l’OMS, cette élection se tiendra à bulletins secrets, ce qui a contribué à une vraie compétition. Jusqu’au bout, l’incertitude a persisté. Jusqu’alors, tout se jouait en coulisses entre les États avant le jour J. La réélection de Margaret Chan en 2012 ne s’est accompagnée d’aucun suspense puisque, à l’issue de l’audition des candidats, un processus de présélection habituel à l’OMS, seule sa candidature avait été maintenue! La vitalité électorale que l’on a observée cette fois entre 6, puis 3 postulants, révèle la volonté de renforcer la légitimité du patron de l’OMS, en obligeant les candidats à présenter un programme structuré dont ils seront ensuite comptables.

Que savez-vous du nouveau directeur?

Tedros Adhanom a sans doute bénéficié de sa nationalité, l’Afrique n’ayant encore jamais donné de directeur à l’OMS. Mais c’est aussi un homme compétent et apprécié, et sa double expérience de ministre des Affaires étrangères et de la Santé en Éthiopie correspond bien aux compétences attendues du patron de l’OMS, à la fois diplomatiques et médicales. Sa candidature a été entachée d’accusations sérieuses - un professeur de droit américain affirme qu’il a dissimulé des épidémies de choléra pendant qu’il était ministre de la Santé -, mais cela n’a visiblement pas rebuté les pays votants.

De quelle latitude dispose le directeur général de l’OMS?

L’OMS est une organisation internationale: son budget et ses axes d’action sont déterminés par les pays réunis en assemblée. Le directeur n’agit que sur mandat des États membres. Il dispose toutefois de compétences propres, comme déclarer un état d’urgence sanitaire mondiale, dont il endosse alors la responsabilité. Il y a par ailleurs différentes façons d’incarner ce rôle. Gro Harlem Brundtland, directrice de 1998 à 2003, était ainsi parvenue à imposer la convention cadre pour la lutte contre le tabac, qui reste à ce jour la seule norme internationale contraignante sur le sujet. Margaret Chan était bien plus consensuelle.

Justement, que retient-on de ses 11 années à la tête de l’OMS?

Son bilan est assez mitigé. Elle a cherché à satisfaire les États membres mais aussi les contributeurs non étatiques privés, comme la Fondation Bill et Melinda Gates. Une logique critiquée par certains pays, bien qu’ils soient les principaux contributeurs au budget global de l’OMS. Elle a ensuite cherché à se rattraper en améliorant la transparence au sein de l’organisation. On lui a aussi reproché sa réaction tardive à la crise sanitaire d’Ebola en Afrique de l’Ouest. À l’inverse, certains lui ont presque reproché d’avoir surréagi devant le virus Zika. Sa principale réussite est sa prise de position en faveur de la couverture sanitaire universelle, principe selon lequel tout État doit permettre à ses citoyens d’être soignés où qu’ils vivent et quels que soient leurs revenus. Il ne s’agit pas que l’OMS gère des structures de terrain mais qu’elle mette son expertise et son soutien financier au service des États pour qu’ils progressent vers l’autonomie des systèmes de santé.

Quels défis attendent le nouveau DG?

Il va devoir restaurer la légitimité de l’OMS en améliorant l’efficacité des actions entreprises et en les faisant connaître. Pour cela, il faut trancher: l’OMS doit-elle rester une agence technique d’experts, productrice de connaissances scientifiques et normatives? Doit-elle devenir opérationnelle, en conduisant des interventions sur le terrain? Actuellement ce n’est pas le cas, même si Margaret Chan a annoncé l’an dernier la création d’une force d’intervention en cas d’urgence sanitaire, un peu comme des Casques blancs. Mais le projet repose sur le volontariat des pays et on est loin du compte. Je pense enfin que l’OMS devrait s’engager davantage sur deux problématiques majeures: les maladies non transmissibles (comme l’obésité, le tabagisme…) qui sont devenues la première cause de mortalité au monde devant les maladies infectieuses ou la malnutrition et l’impact du changement climatique sur la santé.

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54 ans après la création de l’OUA, où en est le panafricanisme?

Siège de l'Union africaine, à Addis Abeba (Ethiopie).
© REUTERS/Tiksa Negeri

Le continent africain célèbre ce 25 mai la Journée mondiale de l'Afrique, qui correspond à la création de l'OUA, l'Organisation de l'unité africaine le 25 mai 1963. Mais 54 ans plus tard, qu’en est-il du panafricanisme et de ses projets ? Ses partisans mettent en avant les différentes missions de maintien de la paix sur le continent, le passeport de l'UA lancé l'année dernière. En revanche ses détracteurs pointent du doigt ses institutions défaillantes. Qu’en est-il du Parlement panafricain, un des onze organes de l'Union africaine dont le siège est en Afrique du Sud ?

Treize ans d'existence et le Parlement panafricain n'a toujours pas de pouvoir législatif. A sa création, sous l'impulsion de l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, l'idée était innovante, voire révolutionnaire : un Parlement composé de députés provenant de tous les pays africains, y compris des députés de l'opposition.Dans un premier temps ce Parlement devait faire office d'organe consultatif, et peu à peu obtenir les pleins pouvoirs législatifs.

Mais la transition ne s'est jamais faite. Et pour cause, le Parlement panafricain est perçu par certains comme une menace à la souveraineté des Etats. Par exemple, un Parlement panafricain qui légifèrerait en faveur d'une limitation du nombre de mandats présidentiels.

Aujourd'hui donc le Parlement se limite à être consultatif malgré des propositions intéressantes. Et à Addis Abeba, des voix s'élèvent pour dire que cet organe coûte trop cher pour ce qu'il apporte. Les premiers étant les Sud-Africains qui assurent entièrement les frais de fonctionnement de l'institution.

Par RFI Publié le 25-05-2017

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24 mai 2017

Diplomatie: La Chine s’engage à renforcer la coopération avec l’Afrique en ce qui concerne l’initiative "la Ceinture et la Route" (SYNTHESE)

 
La
© Ambassade par DR
La Chine s`engage à renforcer la coopération avec l`Afrique en ce qui concerne l`initiative "la Ceinture et la Route"
La Chine souhaite renforcer la coopération avec les pays africains dans le cadre de l`initiative "la Ceinture et la Route".
 

ABIDJAN - La Chine souhaite renforcer la coopération avec les pays africains dans le cadre de l’initiative "la Ceinture et la Route", a annoncé lundi à Abidjan le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, en visite en Côte d’Ivoire.
Lors d’une conférence de presse, M. Wang a rappelé que sa tournée actuelle dans quatre pays africains intervient juste après l’organisation réussie du Forum de "la Ceinture et la Route" pour la coopération internationale à Beijing. Les quatre pays, à savoir la Mauritanie, le Cap-Vert, le Mali et la Côte d’Ivoire, ont tous exprimé leur volonté de participer à l’initiative chinoise.
De nombreux pays africains se situent au niveau de l’extension historique et naturelle de la Route de la soie maritime, a expliqué M. Wang. S’ils adhèrent à l’esprit et au concept de l’initiative "la Ceinture et la Route", ils peuvent devenir des partenaires de coopération, a ajouté le ministre.
L’initiative, qui comprend la Ceinture économique de la Route de la Soie et la Route de la Soie maritime du XXIe siècle, a été proposée en 2013 dans le but de construire un réseau commercial et infrastructurel reliant l’Asie à l’Europe et l’Afrique le long des routes antiques de la Route de la Soie et au-delà.
L’initiative "la Ceinture et la Route" a pour but de renforcer les stratégies de développement de différents pays, d’obtenir des avantages complémentaires et d’atteindre le développement et la prospérité communs, a souligné M. Wang.
L’initiative est en fait une tentative de rééquilibrage du processus de mondialisation économique, avec pour objectif ultime de construire une communauté de destin pour l’humanité, a-t-il expliqué.
"Nous pouvons combiner les dix principaux plans de coopération sino-africains proposés par le président chinois Xi Jinping avec l’initiative ’la Ceinture et la Route’", et faire en sorte qu’ils se complètent, a proposé M. Wang.
Les pays africains ont hâte de se débarrasser du mode de croissance unique d’exportation de matières premières, pour obtenir leur indépendance économique en accélérant le processus d’industrialisation et en renforçant leur capacité de développement indépendant.
Les pays africains pensent que la Chine est leur partenaire de coopération le plus idéal et le plus fiable, et souhaitent bénéficier du développement rapide de l’économie chinoise, a souligné M. Wang.
De nombreux monuments ont été construits en Afrique avec l’aide directe ou indirecte de la Chine, et beaucoup de projets d’infrastructures en Afrique sont construits par des entreprises chinoises.
La Chine est prête à développer des plans de coopération avec chaque pays africain en respectant leurs demandes, afin de les aider à renforcer leur capacité de développement durable, a fait savoir le chef de la diplomatie chinoise.
M. Wang a souligné que le développement de l’Afrique permet de renforcer la croissance générale des pays en voie de développement, qui sert les intérêts communs de l’Afrique et de la Chine.
M. Wang est revenu sur la longue histoire de l’amitié sino-africaine, expliquant que cette amitié a porté ses fruits. En Mauritanie par exemple, le port que la Chine a aidé à construire dans les années 1980 continue de fonctionner activement aujourd’hui et de soutenir le développement économique du pays. Il a été baptisé "Port de l’amitié".
Autrefois tristement connu sous le nom de "Triangle de la pauvreté", le sud de la Mauritanie est devenu le "Triangle de l’espoir" grâce aux nouvelles routes et aux nouvelles infrastructures que la Chine a aidé à construire.
Ces réalisations, selon M. Wang, représentent non seulement l’amitié sino-mauritanienne, mais incarnent également l’amitié sino-africaine.
Pendant de nombreuses années, la Chine a non seulement offert son aide économique à l’Afrique, mais a également joué un rôle actif dans les domaines tels que la santé et la sécurité sur le continent africain, a noté le ministre chinois.
Pendant plus d’un demi-siècle, les équipes médicales chinoises déployées dans différents pays africains sont venues en aide à plus de 200 millions de patients.
Ces dernières années, la Chine a également augmenté les investissements liés à la paix et la sécurité en Afrique, selon M. Wang. Actuellement, il y a plus de 2.000 soldats chinois sur le continent africain effectuant des missions de maintien de la paix de l’ONU et contribuant grandement à la paix et la sécurité en Afrique.
La Chine se tiendra toujours aux côtés des Africains dans leur poursuite du développement et de la prospérité, a promis le ministre chinois.
M. Wang effectue une tournée en Mauritanie, au Cap-Vert, au Mali et en Côte d’Ivoire du 19 au 23 mai.

Fin
Publié le mardi 23 mai 2017  |  Ambassade

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