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03 juin 2018

Protection de l’Environnement/CEDEAO : De l’action de l’homme, préservons la Terre

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La prise en compte de la situation environnementale s’impose aujourd’hui. Avec pour objectif de vivre dans un environnement sûr et de qualité. La Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) s’invite aux défis actuels de la gouvernance environnementale. De plus en plus les citoyens de la sous-région sont intégrés, où la nécessité de la libre circulation des biens et des personnes dans l’espace se fait de plus en plus ressentir. Il est donc temps de réfléchir sur la question de la responsabilité de tous.

Les enjeux couvrent de multiples aspects, qui sont entre autres, aménager des territoires durables (les villes et les campagnes), maîtriser les transports (des humains, des marchandises et du bétail), réduire l’effet de serre afin de limiter la variabilité climatique, préserver ou restaurer la qualité de l’air, de l’eau, des écosystèmes, et préserver et gérer les risques majeurs naturels et technologiques.

Les citoyens de la CEDEAO et d’ailleurs n’auront pas d’autres choix que de s’approprier la bonne gouvernance environnementale et les accords sur l’environnement qui se sont élaborés. Il leur faudra apprendre à maitriser les crises et les défis de la gouvernance environnementale.

Un des défis majeurs de l’agriculture concerne notre environnement : l’agriculture de demain doit s’inventer plus économe en ressources naturelles et plus respectueuse de l’environnement, et cela, en étant plus productive. L’agriculture et l’élevage participent aujourd’hui largement à la dégradation de l’environnement puisqu’ils seraient responsables de 30 % des émissions de gaz à effet de serre, une part en hausse de 75 % par rapport à 1990, via la déforestation, l’utilisation d’engrais chimiques comportant des composants pétroliers, la digestion des ruminants et les labours.

Les changements climatiques auxquels doivent faire face les citoyens de notre sous-région constituent un défi, plus encore pour l’Afrique, qui en subit des effets dévastateurs. Alors qu’elle ne contribue que pour 2,3% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les effets des changements climatiques affectent tous les secteurs vitaux : énergie, environnement, santé, élevage et agriculture.

A propos, devant le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le 8 janvier 2018, le pape François appelle à réduire les émissions de gaz nocifs : « Les changements climatiques, avec la hausse générale des températures et les effets dévastateurs qu’elle entraîne sont aussi une conséquence de l’action de l’homme ». Le pape a en ainsi défendu les droits fondamentaux de la Déclaration Universelle de 1948 mais s’est aussi arrêté sur « les devoirs » des individus envers la communauté.

Parmi les devoirs particulièrement impérieux, a-t-il estimé, « il y a aujourd’hui celui de prendre soin de notre terre » : « Nous savons que la nature peut être en elle-même meurtrière même quand il n’y a pas de responsabilité de l’homme… Cependant, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi une importante responsabilité de l’homme dans l’interaction avec la Nature».

Les principaux facteurs entraînant la dégradation de l’environnement sont : la croissance accélérée de la consommation ; la destruction de la biodiversité ; la croissance démographique : selon la moyenne des prévisions, la Terre comptera 8,9 milliards d’habitants en 2050.

Cette situation inquiète tant les pays développés, les pays en développement, et la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). La gravité galopante des problèmes environnementaux dus au changement climatique, et la crise due au caractère fulgurant de l’impact des activités humaines sur la Nature menacent d’étouffer les réponses des acteurs et spécialistes de l’environnement.

Selon la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples: « tous les peuples ont un droit à un cadre de vie satisfaisant et global, propice à leur développement ». Yann Arthus Bertrand le montre si bien : «chacun est responsable de la planète et doit la protéger à son échelle ».

Ainsi, dans le domaine de la protection de l’environnement, la communauté scientifique est appelée à marcher en tête en indiquant des solutions durables. L’objectif est de se mettre véritablement au service d’un nouvel équilibre écologique global, pour protéger l’environnement, menacé d’un effondrement écologique, et souffrant d’une très grave perte de biodiversité. L’atteinte des objectifs du développement durable (ODD) passe nécessairement par une bonne gouvernance de l’environnement à tous les niveaux de décisions, en vue de trouver des solutions aux problèmes actuels.

Les mesures de protection de l’environnement sont encore très insuffisantes. La grave crise environnementale semble échapper beaucoup de pays, cela n’a pas suscité de réponse commune. Face à ces enjeux économiques et environnementaux, qui atténuent la soutenabilité environnementale, les citoyens en général, et ceux de la CEDEAO en particulier devront augmenter durablement leur potentiel agricole pour répondre à la sécurité alimentaire. Ils devront aussi développer une agriculture de conservation, qui n’épuise pas les ressources de la Nature, et qui puisse s’affranchir des calamités climatiques qui se multiplieront.

Il faut promouvoir le remboursement de la dette écologique et la justice environnementale. La dette écologique évoque les responsabilités socio-environnementales et les obligations qui en découlent dans un esprit de justice sur le plan de l’accès équitablement partagé aux ressources. Il faut renforcer la légitimité démocratique de la gouvernance environnementale.

Dans la lutte contre le réchauffement climatique, l’Accord de Paris sur le climat, adopté en décembre 2015 et désormais signé par 192 pays, marque une étape importante des négociations climatiques en devenant le premier accord international destiné à réduire les émissions humaines de gaz à effet de serre (GES).

Les accords sur l’environnement visent à protéger et à restaurer l’environnement et contribuer au développement durable. Ce sont entre autres, la Convention de Ramsar sur les zones humides (1971), la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Convention de Washington, 1973), la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (1992) et le Protocole de Kyoto (1997). Les accords multilatéraux sur l’environnement jouent un rôle fondamental pour servir les pays, renforcer les communautés, favoriser le bien-être de ceux qui en font partie, et inciter à la compréhension mutuelle et à la paix.

 

Patrice KOUAKOU

 

13 janvier 2018

Afrique:Restructurer le secteur agricole pour lutter contre la faim

Il est temps de repenser la façon dont nous cultivons, partageons et consommons notre alimentation. Une restructuration du secteur agricole est donc nécessaire pour maintenir le niveau de la croissance économique dans les pays  les moins avancés, et aussi pour éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition.

Le changement climatique exerce une pression encore plus forte sur les ressources dont nous dépendons et augmente les risques de catastrophes naturelles. Un changement profond du système mondial d’alimentation et d’agriculture est nécessaire  si nous voulons nourrir les 925 millions personnes qui aujourd’hui ont faim et les 2 milliards de personnes supplémentaires attendues d’ici à 2050.Korhogo9

Une personne sur neuf dans le monde est sous-alimentée (soit 795 millions). La majorité des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans un pays en développement, où 12,9% de la population est sous-alimentée.

500 millions de petites exploitations agricoles fournissent jusqu’à 80% de la nourriture consommée dans les pays en développement. Investir dans ces exploitations constitue donc un moyen considérable d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des plus pauvres, ainsi que la production alimentaire pour les marchés locaux et internationaux.

« L’Afrique dépense actuellement 35 milliards de dollars par an pour l’importation de la nourriture. Ces 35 milliards de dollars devraient être conservés sur le continent africain. Il s’agit d’un marché que les jeunes africains peuvent exploiter pour créer plus de richesses chaque année. Pour y arriver, il faut changer notre regard sur l’agriculture. L’agriculture ne devrait pas être considérée comme un mode de vie ou un secteur de développement mais plutôt comme une entreprise de création de richesses» a déclaré Akinwumi Adesina, Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) le 28 juillet 2017, à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de l’Institut International pour l’Agriculture Tropicale, organisé à Ibadan, au Nigéria.Copie (2) de SAM_0309

«Plus les Africains consomment des produits alimentaires à valeur ajoutée, moins d’importations seront nécessaires et plus d’emplois seront créés pour les Africains. En important la plupart de nos produits alimentaires, nous exportons en fait des emplois et nos économies perdent leur valeur. De nos jours, beaucoup de nos jeunes perdent leurs vies inutilement en Méditerranée à la recherche d’emplois. A l’avenir, mettons tout en œuvre pour que l’agro entreprise garantisse aux jeunes des emplois et la stabilité qu’ils méritent» a exhorté Dr Agnes Kalibata, Présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), à l’occasion de la 7ème édition du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF) à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Patrice Kouakou

 Source : #ODD

08 janvier 2018

En RDC, le gouvernement durcit le ton face à l’Église

Cardinal Monsengwo Archeveque de Kinshasa.jpgLe gouvernement a condamné avec virulence le cardinal Monsengwo, archevêque de Kinshasa, après qu’il a dénoncé la répression brutale de la marche pacifique organisée le 31 décembre par une association de laïcs.

Samedi, le Vatican a déploré « la réaction disproportionnée des forces de sécurité congolaises » et estimé « probable » la tenue de nouvelles manifestations.

En République démocratique du Congo (RDC), le ton continue de monter entre le pouvoir et l’Église catholique.

Le gouvernement a jugé « injurieux », vendredi 5 janvier, les propos tenus par le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, 78 ans, « à l’endroit des dirigeants du pays ainsi que des forces de l’ordre ». L’archevêque de Kinshasa avait qualifié de « barbarie » l’intervention des forces de sécurité, le 31 décembre dernier, qui avaient violemment réprimé des manifestations dans les églises du pays, faisant plusieurs morts. « Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD-Congo », avait déclaré le cardinal Monsengwo.

A lire : En RD-Congo, une association de laïcs appelle les chrétiens à se mobiliser contre les abus du pouvoir

Le gouvernement «ne peut accepter que de tels propos viennent d’un ministre de Dieu», a répliqué le conseil des ministres, dans son compte rendu vendredi, insistant sur «la laïcité de l’État Congolais». Dans ce même communiqué, l’exécutif « condamne fermement les événements survenus le 31 décembre 2017 ». Il demande « à la justice de se saisir du dossier et d’établir des responsabilités (…) pour arrêter le cycle de violence en perspective pour cette année 2018 ». Enfin, il invite les catholiques à ne pas «récidiver». En effet, pendant le conseil des ministres, le ministre de l’intérieur a « fait part des autres manifestations programmées par le même comité laïc de Coordination de l’Église catholique et son incitateur ».

De fait, le 1er janvier, le père Vincent Tshomba, responsable du collège des doyens de Kinshasa, et Thierry Nlandu, membre du CLC, ont appelé les chrétiens à « maintenir la pression ». Jeudi dernier, comme tous les jeudis depuis le 14 décembre, les cloches des paroisses ont sonné pour réclamer l’application de l’accord de la Saint-Sylvestre. « La mobilisation continue et nous allons maintenir la pression », assurait à La Croix le père Tshomba.

> À lire : RD-Congo, l’accord de la Saint-Sylvestre

Le Vatican a lui aussi estimé « probable » la tenue de nouvelles manifestations malgré les mises en garde du gouvernement. «Tenant compte de la popularité de la marche du 31 décembre 2017, il est fort probable que d’autres initiatives seront organisées dans les prochains mois», a écrit le nonce dans une lettre au clergé congolais datée du 5 janvier. Le représentant du Saint-Siège à Kinshasa, Mgr Luis Mariano Montemayor, a déploré lui aussi «la réaction disproportionnée des forces de sécurité congolaises», qui « n’a pas respecté le caractère pacifique de cette manifestation».

Ce sont les marches organisées, le 31 décembre, à Kinshasa, la capitale, à l’appel d’une association de laïcs proche de l’Église, qui ont mis le feu aux poudres. En effet, lors de ces marches pacifiques, les organisateurs et les manifestants ont demandé au président Joseph Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016, de déclarer publiquement qu’il avait bien l’intention de quitter le pouvoir. Cette invite à s’engager à partir a manifestement fortement déplu et les manifestants ont été violemment dispersés.

> À lire aussi : En RD-Congo, un an de tension entre l’Église et le pouvoir

Depuis, le gouvernement a affirmé, à plusieurs reprises, qu’il n’y a pas eu de morts «en lien avec les manifestations du 31 décembre». Ce n’est évidemment pas ce qu’a constaté l’Église catholique. D’ailleurs, jeudi 4 janvier, la nonciature apostolique (ambassade du Vatican) avait confirmé dans une note un bilan d’au moins cinq morts dont «un fidèle catholique», ainsi que l’arrestation de six prêtres, le 31 décembre.

P.B. , La Croix Africa (avec AFP)