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09 juin 2015

Santé animale: Combattre la peste des petits ruminants

peste des petits ruminants,santé animaleL'objectif de la première conférence pour l’éradication de la peste des petits ruminants (PPR) en Côte d'Ivoire, était d’approuver la stratégie mondiale de contrôle et d’éradication  de cette maladie virale. Les enjeux socio-économiques et stratégiques de cette lutte sont importants et préoccupants. La PPR est une maladie animale très contagieuse pour les caprins et les ovins. Une fois introduit dans les élevages, le virus peut infecter jusqu’à 90% d’un troupeau et peut tuer jusqu’à 70% des animaux infectés. Aussi la PPR menace-t-elle environ 80% du cheptel mondial, soit près de 2 milliards de petits ruminants dans plus de 70 pays. L’ampleur des pertes estimées ci-dessus constitue une réelle menace pour la sécurité alimentaire et un facteur aggravant de la pauvreté en milieu rural. Comme chacun le sait la sécurité alimentaire passe par le développement de l’agriculture et des ressources animales. L’initiative de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) d’accompagner les Etats touchés par la PPR à retrouver un statut de pays indemne et de confirmer l’absence de circulation du virus dans le monde est appréciable. C’est en Côte d’Ivoire que le virus de la PPR a été mis en évidence pour la première fois en 1942.

Patrice Kouakou Wanset

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04 juin 2015

Côte d'Ivoire: La CEI vote pour l'électronique

élections, politique, election présidentielle en côte d'ivoire, technologiesDans un souci de transparence, la Commission électorale indépendante (CEI), que préside Youssouf Bakayoko, devrait, lors de l'élection présidentielle du mois d'octobre, mettre en place un système de transfert électronique des résultats vers son siège abidjanais. 

L'objectif est d'éviter les tensions et le stress provoqués par l'attente de leur publication. Il devrait ainsi être possible de connaître le nom du vainqueur dès le milieu de la nuit suivante. Mais le plus dur reste de réunir l'argent nécessaire à l'organisation du scrutin. Trente milliards de F CFA (45,7 millions d'euros) sont inscrits au budget 2015, mais le gouvernement compte sur une enveloppe de 5,3 milliards de F CFA supplémentaires allouée par la communauté internationale.

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03 juin 2015

Côte d'Ivoire / Réduction des violences électorales à travers des systèmes nationaux d’alerte précoce

election presidentielle, paix, violences électorales, cote d'ivoireAbidjan – Aujourd’hui, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a lancé, en partenariat avec le Réseau ouest-africain d’Édification de la Paix (WANEP) un projet de cinq ans : Réduction des violences électorales à travers des systèmes nationaux d’alerte précoce (NEWS).  Dans le cadre des efforts que fait le gouvernement américain pour soutenir la Côte d’Ivoire dans l’organisation des élections de 2015, le NEWS collectera et analysera des informations sur les éventuels facteurs déclencheurs de violences électorales, et élaborera des recommandations sur des activités de renforcement de la paix afin d’aider à prévenir ou à contenir l’éclatement de violences électorales.    

« Quand bien même l’instabilité politique et l’éclatement d’un conflit national procèdent d’une multitude de facteurs, des recherches ont montré que les élections s’accompagnent fréquemment d’une violence à grande échelle et d’instabilité » a affirmé le Chargé d’affaires de l’Ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, Andrew B. Haviland. « Nous sommes convaincus que renforcer le système d’alerte et de réponse précoce autour de cette élection crucial en Côte d’Ivoire, et dans d’autres régions où se tiendront des élections clé, contribuera à accroitre la stabilité au niveau régional et à réduire le potentiel d’éclatement d’un conflit futur. »

L’USAID soutient une plus grande participation au processus démocratique en offrant une somme de U.S $2,5 millions sur une période de cinq ans pour permettre au large réseau d’organisations communautaires du WANEP d’identifier les facteurs potentiels de déclenchement de violences lors des prochaines élections en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, en Guinée, au Niger et en Sierra Leone.

Le WANEP assistera les organisations en élaborant et en suivant un ensemble d’indicateurs personnalisés et en analysant les données qui en seront issues. Les recommandations qui seront faites sur des activités de prévention de conflits seront partagées avec une grande diversité d’acteurs nationaux et régionaux pour une prise de mesures avant toute escalation  de violence. 

Le Directeur exécutif du WANEP, M. Chukwuemeka Eze, s’est félicité du soutien du gouvernement américain en ces termes, « il permettra au WANEP d’œuvrer vers la tenue d’élections sans heurts, crédibles et transparentes en Côte d’Ivoire ». Il a ajouté que « les récentes élections au Nigéria, au Sénégal et au Ghana ont posé les bases permettant de croire que l’Afrique et ses citoyens sont capables d’organiser correctement des élections, grâce à un bon partenariat et soutien ».   

 

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11 mai 2015

Côte d'Ivoire / Conférence des Évêques:Les conditions d’une réconciliation vraie pour des élections apaisées

 cote d'ivoire, reconciliation, presidentielle, conference des evêquesAu terme de la 99ème Assemblée plénière de notre Conférence, tenue à Abengourou, nous avons adressé un message à la nation. Dans ce message, nous avons fait une analyse de la situation qui prévaut dans notre pays la Côte d’Ivoire en vue de proposer une voie de sortie susceptible de consolider la paix.
Dans cette nouvelle adresse, nous souhaitons, une fois encore, partager avec vous, nos compatriotes, le souci de la construction d’une société ivoirienne toujours plus fraternelle et ouverte à tous, respectueuse de la dignité et des droits de la personne humaine et préoccupée d’établir entre tous les citoyens des liens d’amitié, de confiance et de respect mutuel. En effet, il est de la mission de l’Eglise de s’engager à promouvoir en son sein et dans la société, une culture soucieuse de la primauté du droit (cf. Africae Munus 81). Pour ce faire, vos Pères, les Archevêques et Évêques de Côte d’Ivoire, vous rappellent à nouveau les conditions d’une vraie réconciliation, pour des élections apaisées. Cela nécessite tout d’abord que l’on fasse brièvement l’état de la situation actuelle.

I-SITUATION ACTUELLE

Au sortir de la crise née des dernières élections, les nouvelles autorités du pays, conscientes de la fracture sociale, ont opté pour la réconciliation des fils et des filles du pays. Aussi avaient-elles mis en place la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), dont la mission principale consistait à ramener la paix et la concorde entre les différentes composantes de la société ivoirienne. Cette mission serait vaine sans le désarmement. C’est pourquoi les autorités compétentes ont procédé à la création d’un organe chargé de désarmer les ex-belligérants et de les réinsérer dans le tissu social.
Ainsi l’on a vu le retour progressif à la vie civile de plusieurs ex- combattants qui, aujourd’hui, après une formation reçue dans les centres d’apprentissage, mènent une activité génératrice de revenus.

Parmi les actions réalisées par le pouvoir, il faut relever le procès d’un grand nombre de détenus de la crise post-électorale, le retour au pays de certains exilés et le dégel des avoirs de certains concitoyens. Toutes ces actions visaient sûrement à ramener la confiance et la concorde perdues entre les fils et les filles de notre pays.
Cependant malgré toutes ces actions menées en si peu de temps, force est de constater que beaucoup reste à faire. En effet, la CDVR qui avait si bien commencé et qui suscitait beaucoup d’espoir chez les populations, est arrivé au terme de son mandat sans avoir relevé le défi de la Réconciliation. A vrai dire, les rancœurs, les tensions, les frustrations, les traumatismes et la pratique du rattrapage ethnique sont toujours présents dans notre pays. Le pouvoir et l’opposition continuent de se défier. L’on reste toujours arc-bouté à son appartenance régionale, tribale ou ethnique. Par ailleurs le problème foncier reste entier dans certaines régions.
Aujourd’hui, cette commission s’est vue remplacée par une autre structure appelée à parachever le travail déjà entrepris, cette fois-ci, en insistant sur l’indemnisation des victimes.

Par ailleurs le front social en ébullition ces derniers temps nous inquiète tous. Aussi les archevêques et évêques encouragent – ils les uns et les autres à créer les conditions d’une réconciliation vraie.

II- LES CONDITIONS D’UNE VRAIE RÉCONCILIATION

Une vraie réconciliation, dans notre contexte actuel, nécessite un certain nombre de conditions dont, entre autres : la rencontre entre les leaders politiques, l’unité au sein de chaque parti politique, le désarmement, la vérité, une justice équitable et le pardon.

1. Rencontre et dialogue entre les leaders politiques
« Si ton frère a quelque chose contre toi…va d’abord te réconcilier avec lui et viens… » (Mt 5,23-24). Une vraie réconciliation exige une rencontre entre les belligérants d’hier. C’est pourquoi nous souhaitons vivement que tous les leaders politiques se rencontrent et fassent la paix.

2. Unité au sein de chaque parti politique
Nous invitons les partis politiques à œuvrer à l’unité et à la paix en leur propre sein pour contribuer ainsi à la réconciliation du pays.

3. Désarmement
Nous encourageons la poursuite et l’achèvement effectif du processus de désarmement, condition indispensable pour des élections apaisées.

4. Vérité
Il est évident qu’on ne peut pas arriver à une vraie réconciliation dans le mensonge. C’est pourquoi, chacun devra reconnaître sa responsabilité dans les crises successives qui ont secoué notre pays. En effet, trop de mensonges ont été semés dans la vie socio-politique de notre nation. L’heure est venue de sortir courageusement de cette culture de mensonge pour accéder à la vérité.

5. Justice équitable
Dans la crise ivoirienne, des crimes ont été commis dans les deux camps. Une justice équitable devrait juger les coupables de l’un et l’autre camp.

6. Pardon
Sans le pardon demandé et reçu, il n’y a pas de réconciliation authentique. Nous invitons donc les bourreaux de l’un et l’autre camps à regretter leurs torts, à en demander pardon avec la ferme résolution de ne plus recommencer. Quant aux victimes, elles devront faire un effort de pardon et de dépassement.

III-BÂTIR UNE CÔTE D’IVOIRE RÉCONCILIÉE ET PROSPÈRE

A ce stade de notre propos, nous voulons nous adresser aux différents acteurs de la vie socio-politique de notre pays.

Aux leaders Politiques

Vous vous présentez comme des éveilleurs de conscience et des modèles de citoyens. A ce titre, vous êtes appelés à être les repères et les guides des militants de vos partis politiques. Pour cela, vous devrez incarner vous-mêmes les valeurs humaines et démocratiques que vous prônez dans vos projets de société et programmes de gouvernement. Dans vos discours et comportements, vous veillerez à ne mépriser personne et à n’insulter personne. L’autre candidat n’est qu’un adversaire politique et non un ennemi. Aussi doit-il être traité avec courtoisie.

Quels que soient les résultats des votes des prochaines élections, vous devrez placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de toute autre considération ; vous ferez montre de grandeur d’âme pour ne pas considérer la victoire comme une occasion de domination et la défaite comme une déchéance humaine. Dans cette dynamique, le vainqueur devra tendre la main aux vaincus qui accepteront en toute humilité et honnêteté de collaborer à l’unique construction du pays.

Au regard de l’histoire récente de notre pays où beaucoup de jeunes par dizaines ont été sacrifiés sur l’autel des ambitions politiques partisanes, nous vous recommandons vivement de vous abstenir de les impliquer dans vos aventures idéologiques meurtrières.

Aux militants
Vous constituez la base et la force des partis politiques. Mais en même temps, sans le vouloir, vous pouvez en être la faiblesse. Par votre propre faute, à travers l’usage de la violence, le refus de la contradiction, le tribalisme, l’ethnicisme et le fanatisme religieux, vos partis peuvent perdre en crédibilité. Au contraire, vous devez faire preuve de tolérance en acceptant le droit à la différence d’opinion et en traitant avec bienveillance vos adversaires, à défaut de les aimer. Dans la manifestation légitime de votre joie, en cas de victoire de votre candidat, vous ne devez ni provoquer ni humilier les perdants. Victoires et défaites ne doivent pas être des occasions pour poser des actes de vandalisme qui contredisent l’esprit civique (descentes dans les rues, pillages, incendies, meurtres, viols, etc.).

Aux journalistes
Pour permettre à la Côte d’Ivoire de vivre des élections sereines et apaisées, il s’impose d’une part que vous évitiez d’écrire des articles incendiaires de nature à mettre le feu aux poudres et à compromettre la paix fragile qui pointe à l’horizon. Il est impératif d’autre part que l’équité soit respectée dans l’accès de chaque candidat aux médias d’Etat.

Aux jeunes
L’avenir d’un pays repose sur sa jeunesse. A ce sujet, l’Eglise a raison lorsqu’elle affirme que « la jeunesse n’est pas seulement le présent mais surtout l’avenir de l’humanité » (Ecclesia in Africa, n°93). Nous le savons tous, vous les jeunes, vous constituez une force.

Tout en vous félicitant pour votre générosité à répondre aux appels qui vous sont adressés, nous vous invitons à beaucoup de vigilance et à plus de maturité dans vos engagements politiques et idéologiques. Vous ne devrez pas vous laisser manipuler et instrumentaliser par les hommes politiques. Refusez systématiquement le faux martyre qui ne servirait qu’à la gloire d’un individu se souciant peu ou même pas de votre véritable avenir. Rejetez également tout acte qui serait de nature à détruire aussi bien les acquis que le pays lui-même.

Aux autorités religieuses
Nous, autorités religieuses, sommes les guides et les éclaireurs des consciences des hommes, des femmes et des communautés au nom de la foi en Dieu. A ce titre, nous ne devrions pas avoir peur de dire la vérité qui s’impose et qui seule libère. Pour y parvenir, nous, autorités religieuses, préserverons notre liberté vis-à-vis des leaders des partis politiques, des pressions et des logiques ethniques. Nous devons avoir le courage de dénoncer ouvertement les pratiques occultes liées aux élections qui hélas, vont quelquefois jusqu’aux sacrifices humains. Dans nos diverses interventions, nous rappellerons aux leaders politiques le vrai sens de leur engagement qui est d’abord et essentiellement un service de la communauté. Il n’est nullement un moyen d’enrichissement individuel et rapide, encore moins la recherche d’une gloire personnelle ou d’une revanche sur des adversaires.

CONCLUSION
Nous ne saurions terminer cette adresse sans vous inviter à tracer les sillons d’une réconciliation vraie pour le retour d’une paix durable en Côte d’Ivoire. Ainsi les fils et filles de ce pays pourront se mettre ensemble pour construire une société plus digne et plus fraternelle. Puisse la Vierge Marie, Notre-Dame de la Paix, nous accompagner toujours dans nos efforts pour bâtir la patrie de la vraie fraternité.

Fait à Taabo dans le diocèse d’Agboville, le 10 mai 2015
Vos Pères, les Archevêques et Evêques catholiques de Côte d’Ivoire

 

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Afrique : Candidature de Nkurunziza à un 3ème mandat, l'UA joue sa crédibilité

Publié le lundi 11 mai 2015  |  Le Paysafrique, candidature, nkurunziza, 3ème mandat, ua, crédibilité

C’est dans un contexte marqué par la répression meurtrière au quotidien et un concert de désapprobation aussi bien au plan domestique qu’international, que Pierre Nkurunziza poursuit son passage en force vers la confiscation du pouvoir. En effet, en plus de la détermination de l’opposition burundaise qui se bat chaque jour que Dieu fait pour lui barrer la route, l’on peut ajouter la sorite de l’Union africaine (UA) qui, pour la première fois, a rompu avec le clair-obscur qui avait toujours caractérisé sa position sur le tripatouillage des Constitutions par les princes régnants, pour déclarer que la candidature de Pierre Nkurunziza à un 3e mandat est anticonstitutionnelle et contraire à l’esprit des accords d’Arusha, qui avaient été paraphés, on se rappelle, sous sa houlette en 2010. Cette position de l’UA, qu’il faut apprécier à sa juste valeur, constitue une lueur d’espoir pour le peuple burundais en particulier et de manière générale pour tous les peuples d’Afrique en lutte contre l’arbitraire et pour la démocratie.
Rien ne semble arrêter Nkurunziza

La question que l’on peut se poser aujourd’hui est de savoir si l’UA ira au-delà de cette déclaration de principe pour poser des actes forts à l’effet de sauver véritablement la démocratie au Burundi. Cette question est d’autant plus pertinente que l’on sait que dans ce genre de situations, la communauté internationale, généralement, par acquis de conscience, se contente de condamner du bout des lèvres. Tant que ses intérêts ne sont pas en jeu, comme ce fut le cas de la Libye, la communauté internationale ne descend jamais dans l’arène pour sauver les peuples des griffes des satrapes. Ce constat peut être fait surtout en Afrique où l’on peut avoir l’impression que la démocratie des « Nègres » et notamment celle des « Bantous » est le cadet des soucis de la communauté internationale. Cette façon de faire est attentatoire à la démocratie et fait de toute évidence l’affaire des dictateurs.

Malheureusement, c’est ce à quoi l’on pourrait assister de la part de la communauté internationale, au Burundi. Dans le même ordre d’idées, l’on peut faire le reproche à l’UA de n’avoir jamais rien envisagé de concret pour dissuader les antidémocrates d’Afrique de sévir contre leur peuple. Si la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a pu sauver la démocratie au Mali sous la férule du Général Sanogo et en Guinée-Bissau en n’ayant pas exclu de recourir à la force et aux sanctions s’il en était besoin, l’on peut se poser la question de savoir pourquoi l’UA ne le ferait pas ici et maintenant au Burundi. Cela d’autant plus que rien ne semble pour le moment arrêter Nkurunziza dans sa volonté de massacrer les populations de son pays pour protéger son trône. Une autre raison que l’UA peut avancer pour intervenir concrètement au Burundi, est que si d’aventure Nkurunziza réussissait à exécuter son plan contre la démocratie, ce serait alors le requiem de la démocratie dans ce pays et plus généralement dans cette partie de l’Afrique où les peuples de bien des pays de cette zone vivent dans l’angoisse de connaître à leur tour la situation que vit aujourd’hui le pays de l’ancien professeur d’éducation physique et sportive. Pour toutes ces raisons, l’on peut dire que l’UA joue aujourd’hui sa crédibilité au Burundi.

L’UA et la communauté internationale doivent travailler à empêcher le triomphe de la force et de l’arbitraire au Burundi

Si Pierre Nkurunziza réussit son coup, à force de réprimer dans le sang les Burundais qui se sont insurgés contre son 3e mandat et ce malgré les mises en garde de l’UA, cela confirmerait l’idée déjà répandue chez certains Africains, selon laquelle l’UA serait un machin au service de la corporation des princes qui nous gouvernent. L’UA a donc l’opportunité de déconstruire cette image qui lui colle à la peau depuis toujours. Elle ne doit surtout pas la rater d’autant plus que dans le cas d’espèce, sa position est non seulement en phase avec les aspirations du peuple burundais, mais aussi avec les vues de certaines chancelleries occidentales sur la crise au pays de Pierre Nkurunziza. De ce point de vue, l’on peut nourrir l’espoir de voir l’UA monter en puissance dans sa position contre le 3e mandat du président burundais. L’on peut se risquer à dire que c’est cet espoir qui a dû motiver des personnalités majeures de l’opposition burundaise à déposer leur candidature pour la présidentielle à venir et ce, malgré le climat délétère qui prévaut dans le pays. Outre cela, les opposants burundais ont d’autres raisons de ne pas boycotter ce scrutin présidentiel. D’abord, ils ont dû tirer leçon de la présidentielle de 2010 où ils n’avaient pas daigné se présenter contre Nkurunziza. Cela avait permis à ce dernier de s’assurer une victoire tranquille et de travailler par la suite à empêcher toute possibilité d’alternance démocratique au Burundi, en instrumentalisant toutes les institutions du pays.

Ensuite, l’opposition a dû se rendre à l’évidence que les dictateurs ne se soucient guère de savoir si leur élection est légitime ou pas. Ce qui les préoccupe, c’est le pouvoir. Les considérations morales qui y sont liées importent peu à leurs yeux.

Enfin, la motivation des opposants burundais pourrait être liée à leur volonté de ne pas être en- porte-à-faux avec la légalité. En effet, s’ils n’avaient pas déposer leur candidature dans les délais prescrits par la loi, et dans l’hypothèse où Nkurunziza se verrait contraint par la pression des Burundais et celle de la communauté internationale, à renoncer à un 3e mandat, cela serait du pain bénit pour les candidats que Nkurunziza a lui-même suscités pour l’accompagner à l’occasion de la présidentielle à venir. Cela dit, tous les démocrates dignes de ce non, l’UA et la communauté internationale doivent travailler davantage à empêcher le triomphe de la force et de l’arbitraire au Burundi. Si le sommet du 13 mai prochain de Dar-es- Salam devrait s’écarter de cet objectif, il serait purement et simplement inutile. Malheureusement, l’on peut craindre qu’il en soit ainsi. Car, dans leur écrasante majorité, les dirigeants des pays qui doivent y prendre part sont de véritables prédateurs de la démocratie. De ce point de vue, et craignant tout effet domino, ils pourraient faire bloc autour d’un des leurs pour lui permettre de s’accrocher au pouvoir. Quand viendra leur tour de poignarder la démocratie dans leur pays, Nkrurunziza ne manquera pas de leur retourner l’ascenseur.

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02 juillet 2014

Côte d’Ivoire : Houphouët-Boigny, bataille familiale autour d’un héritage

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C'est l'histoire d'un héritage fabuleux, estimé à près de 100 millions d'euros, autour duquel des membres de la famille de l'ancien président ivoirien continuent de se déchirer. Quitte à contester les dispositions prises par le "Vieux". Enquête.
Deux décennies se sont écoulées depuis la disparition de Félix Houphouët-Boigny, et son héritage, sans doute le plus formidable de ce dernier demi-siècle au sud du Sahara avec celui d'Omar Bongo Ondimba (lui aussi non encore soldé), alimente toujours les fantasmes et les polémiques.
>> À lire aussi : vingt ans après, Félix Houphouët-Boigny en partage
Sur les sept enfants reconnus du "Vieux" (dont deux sont aujourd'hui décédés), six se sont satisfaits de leur part alors que l'une des trois filles, Hélène, continue de faire bande à part, n'hésitant pas à accuser sur son blog les présidents Bédié et Ouattara... de complicité d'escroquerie. Quant à Marie-Thérèse Houphouët-Boigny née Brou, 83 ans, la veuve du défunt, elle vient à nouveau de déposer plainte à Paris pour recel et détournement d'une succession dont elle estime avoir été indûment écartée dès les premiers jours.
Cette situation inextricable, qui a mobilisé depuis 1994 un bataillon d'avocats, de notaires, d'huissiers, de juristes et d'experts en tous genres, est due pour l'essentiel à l'absence de tout testament écrit de la part du défunt, qui n'a pas non plus laissé un inventaire de ses multiples biens.
Il ne reste d'Houphouët qu'un simple legs verbal, prononcé puis réitéré de son vivant devant témoins, certes reconnu par le droit traditionnel lié à la coutume en Côte d'Ivoire, mais inconnu dans les pays où les actifs concernés sont localisés et où ces références traditionnelles n'ont aucune force de loi. La porte était donc grande ouverte à un tsunami de contestations et de chicaneries juridiques.

Jeune Afrique (Mardi 1er Juillet 2014)