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09 janvier 2017

Hissène Habré jugé en appel à partir de lundi

Hissène Habré.jpgLe président tchadien déchu sera jugé à partir de lundi à Dakar, sept mois après sa condamnation à perpétuité par un tribunal spécial africain.

La perpétuité. Le verdict de la première instance avait été considéré comme historique, le 30 mai 2016, lorsque Hissène Habré, 73 ans et ancien dictateur tchadien à la retraite, normalement promis comme beaucoup de ses collègues africains à l'impunité, avait finalement été puni pour ses actes: crimes de guerre, crimes contre l'humanité, tortures et viols. Il a ensuite été condamné en juillet à payer jusqu'à 20 millions de francs CFA (plus de 30.000 euros) par victime.

Hissène Habré avait été jugé par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), créées en vertu d'un accord entre l'Union africaine (UA) et le Sénégal, où il s'est réfugié après avoir été renversé en décembre 1990 par l'actuel président tchadien Idriss Déby Itno.

Face à son refus, tout au long du procès, qui s'était ouvert le 20 juillet 2015, de s'exprimer ou d'être représenté devant une juridiction qu'il récuse, la Cour présidée par un magistrat burkinabè, Gberdao Gustave Kam, a désigné trois avocats commis d'office pour assurer sa défense. Ce sont ces trois avocats qui ont fait appel de sa condamnation et non les conseils désignés par l'accusé qui, selon ses instructions, ont boycotté les débats.

Présence incertaine

«Nous avons motivé notre appel par des vices de forme, des violations de la loi et (des droits) de la défense, des erreurs de procédure», explique l'un des avocats commis d'office, Me Mbaye Sène. La présence lundi à la barre de l'ex-président tchadien (1982-1990), qui avait été contraint par la force publique à comparaître en première instance, était incertaine. Les avocats désignés par l'accusé continueront pour leur part à boycotter «un procès d'appel pour les avocats commis d'office», a affirmé l'un d'entre eux, Ibrahima Diawara. «Habré estime que cela ne le regarde ni de près, ni de loin. Il ne va pas comparaître. On verra si la Chambre usera de la force pour le faire venir comme la dernière fois.»

Verdict définitif

Après un propos introductif du président lundi, la parole sera donnée à la défense, puis aux parties civiles et au parquet, pour se conclure par les plaidoiries des parties civiles puis de la défense. «On n'aura pas de témoin à auditionner. C'est une décision souveraine de la Chambre qui a décidé de ne pas donner suite aux demandes des avocats de Habré», a souligné Marcel Mendy. La défense avait demandé l'audition de huit témoins, dont Idriss Déby Itno et Khadija Hassan Zidane, qui avait affirmé pendant le procès avoir été violée par Hissène Habré lui-même, un témoignage qui avait convaincu la cour.

Les débats devraient durer plusieurs jours, la décision finale étant attendue le 30 avril au plus tard, date de la fin du mandat des juges d'appel. Le verdict sera définitif. En cas de condamnation, Hissène Habré purgera sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l'UA.

  • Par lefigaro.fr
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08 janvier 2017

En Angola, la fille du président s’empare de la principale banque du pays

Fille du Pdt angolais José Eduardo Dos Santos.jpgIsabel dos Santos, la fille aînée du président angolais José Eduardo dos Santos et femme la plus riche d’Afrique, a pris le contrôle de la principale banque du pays, a-t-on appris, vendredi 6 janvier, de sources concordantes.

Le plus grand opérateur de téléphonie mobile en Angola, Unitel, qui appartient à Isabel dos Santos, a annoncé dans un communiqué être devenu l’actionnaire majoritaire de la plus grande banque du pays, la BFA (Banco de Fomento Angola).

Unitel, qui possédait 49 % de BFA, a indiqué avoir acheté 2 % supplémentaires du capital de la banque et contrôle désormais « 51,9 % (du capital) de l’institution financière angolaise ». « Mario Leite da Silva assume le poste du président du conseil d’administration de BFA, en remplacement de Fernando Ulrich », a ajouté le communiqué d’Unitel.

Mario Leite da Silva est considéré comme un homme très proche d’Isabel dos Santos, a précisé sous couvert d’anonymat à l’AFP un haut responsable d’Unitel.

Critiques des adversaires

En acquérant la BFA, Isabel dos Santos, dont le patrimoine est estimé à 3,3 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros) par le magazine américain Forbes, continue à construire son vaste empire. La femme d’affaires de 43 ans possède des parts dans plusieurs compagnies en Angola et au Portugal, notamment dans la banque et la téléphonie mobile.

Sa nomination en juin à la tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol avait suscité les critiques des adversaires du président, qui l’accusent d’avoir fait fortune grâce à la protection de son père, au pouvoir depuis 1979.

Dans un arrêt rendu en décembre 2016, la Cour suprême saisie par l’opposition a jugé la nomination d’Isabel dos Santos conforme à la loi. Les plaignants ont annoncé leur intention de porter l’affaire devant la Cour constitutionnelle du pays.

Le Monde.fr avec AFP

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Côte d'Ivoire: accalmie après l'accord avec les soldats mutins

Mutinerie Bouaké 3 ministre et soldats.jpgLa Côte d'Ivoire semblait se diriger vers une sortie de crise après l'accord conclu entre le gouvernement et les soldats mutins qui réclament une amélioration de leurs conditions.

Cet accord avait été scellé samedi à Bouaké à l'issue d'une rencontre entre le ministre ivoirien de la Défense Alain Richard Donwahi et des soldats mutins, qui réclament le paiement de primes, des augmentations de solde, une promotion plus rapide entre les grades et des logements.

Des militaires en colère avaient cependant empêché le ministre et sa délégation de quitter la résidence du sous-préfet en tirant des rafales de Kalachnikov et à l'arme lourde.

M. Donwahi et sa délégation n'ont finalement été retenus que pendant un peu plus de deux heures, avant de quitter la deuxième ville du pays. Ni le ministre ni les représentants des mutins n'ont fait de déclaration à leur sortie.

Après la libération du ministre, les militaires ont levé les barrages interdisant l'entrée dans Bouaké.

 

Une délégation de soldats mutins ivoiriens prennent part à des négociations, le 7 janvier 2017  à Bouaké  © Sia KAMBOU AFP
Une délégation de soldats mutins ivoiriens prennent part à des négociations, le 7 janvier 2017 à Bouaké © Sia KAMBOU AFP

Dans une brève allocution télévisée en début de soirée, M. Ouattara avait annoncé son "accord pour la prise en compte des revendications relatives aux primes et à l'amélioration des conditions de vie des soldats". "Ayant marqué mon accord, je demande à tous les soldats de regagner leurs casernes pour permettre l'exécution de ces décisions dans le calme", avait-il dit.

- Barrages levés -

A Abidjan également, la capitale économique ivoirienne, - siège de la présidence, du gouvernement et du Parlement de ce pays d'Afrique de l'Ouest - la situation s'était tendue samedi.

"Des tirs ont été entendus ici à Abidjan à la caserne d'Akouédo", a affirmé un présentateur sur la télévision nationale.

Des soldats ont bloqué l'accès à un carrefour stratégique situé près de ce camp militaire, dans le quartier chic de Cocody.

"Les militaires étaient arrêtés au rond-point devant le camp, demandant aux automobilistes de faire demi-tour. Ca a créé la panique. Tous les magasins aux alentours ont fermé. Les militaires portaient des cagoules", a rapporté un journaliste ivoirien à l'AFP.

Selon des images diffusées à la télévision nationale samedi soir, le calme était cependant revenu devant le camp où la circulation a repris.

Des journalistes de l'AFP avaient également vu des barricades près d'une caserne de sapeurs-pompiers, dans le centre d'Abidjan. Une dizaine de militaires en treillis et armés ordonnaient aux véhicules de faire demi-tour.

Des militaires du groupement de la sécurité présidentielle (GSPR), un corps d'élite, puissamment armés sillonnaient le quartier désert du Plateau, siège de la présidence ivoirienne.

- Situation inédite -

Cette situation est inédite à Abidjan depuis décembre 1999, où la mutinerie des militaires avait débouché sur la chute de l'ex-président Henri Konan Bédié (1993-1999).

Vendredi, le mouvement s'était étendu aux villes de Daloa et Daoukro (centre), Korhogo et Odienné (nord), où la situation semblait être revenue au calme dès samedi. Le mouvement avait cependant gagné Man, la grande ville de l'Ouest, où des tirs ont été entendus et des militaires ont paradé en ville.

A Bouaké, des tirs sporadiques samedi après-midi avaient succédé aux tirs d'arme lourde de la matinée et de la nuit. Mais ces tirs ont cessé après la libération du ministre.

Ecoles et commerces sont restés fermés samedi dans cette ex-capitale de la rébellion qui contrôlait le nord du pays lorsqu'il était coupé en deux entre 2002 et 2011. Cette rébellion était favorable au président Ouattara, alors que le sud du pays était tenu par les forces loyales à l'ex-président Laurent Gbagbo.

Fin 2010, M. Gbagbo avait refusé de reconnaître sa défaite à la présidentielle et le pays avait plongé dans cinq mois de violences qui ont fait 3.000 morts.

M. Ouattara, qui s'était rendu samedi au Ghana pour l'investiture du nouveau chef de l'Etat, avait regagné Abidjan dans l'après-midi pour tenir un conseil des ministres extraordinaire.

En novembre 2014 déjà, une vague de protestation de soldats était partie de Bouaké pour s'étendre à d'autres villes pour des raisons liées au non-paiement d'arriérés de solde.

Le gouvernement a présenté récemment une ambitieuse loi de programmation militaire jusqu'en 2020 qui prévoit achats d'équipements et refonte des effectifs. L'armée ivoirienne - 22.000 hommes au total - compte beaucoup trop de gradés pour peu de soldats.

08/01/2017 04:38:41 -  Bouaké (Côte d'Ivoire) (AFP) -  © 2017 AFP

06:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |