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31 janvier 2017

A Addis-Abeba, le chef de l'ONU plaide pour un renforcement de la coopération avec l'Union africaine

ONU 01-30-2017 AfricaUnion.jpg30 janvier 2017 – Au Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, en Ethiopie, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a plaidé lundi pour un renforcement de la coopération et du partenariat des Nations Unies avec cette organisation régionale afin de prévenir les conflits et mettre en oeuvre le programme de développement durable.

« Je me réjouis de vos idées sur la meilleure façon de renforcer notre coopération et notre partenariat en fonction des priorités et des besoins de la population africaine », a dit M. Guterres dans un discours devant les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine.

Il a proposé tout d'abord de « relever le niveau de notre partenariat stratégique dans la mise en œuvre de l'Agenda 2063 [de développement de l'Union africaine] et du Programme 2030 [de développement durable de l'ONU] et dans la promotion de la paix et de la sécurité et des droits de l'homme ».

« Pour que les populations africaines tirent pleinement parti du partenariat mondial pour le développement durable, ces deux plans doivent faire l'objet d'un alignement stratégique », a-t-il souligné.

« Deuxièmement, nous espérons travailler avec vous pour renforcer le partenariat de l'ONU avec les huit communautés économiques régionales de l'Afrique. Elles sont à l'avant-garde des efforts pour parvenir à la paix et à la sécurité sur le continent et elles sont les moteurs de la réalisation des objectifs de développement de l'Afrique », a-t-il ajouté.

AUDIO: António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies

Le chef de l'ONU a aussi proposé d'intensifier le soutien des Nations Unies à l'architecture africaine de gouvernance, y compris le mécanisme africain d'évaluation par les pairs, qui a contribué, selon lui, à améliorer la gouvernance dans de nombreux pays.

« L'ONU renforcera son soutien pour promouvoir davantage la bonne gouvernance et renforcer le lien entre la paix, la sécurité et le développement », a-t-il dit.

M. Guterres a également indiqué que les Nations Unies soutiendront les efforts africains pour réaliser l'initiative 'Faire taire les fusils d'ici 2020', ou même avant, en renforçant notamment le soutien à l'architecture africaine de paix et de sécurité.

« J'ai l'intention de travailler avec l'Union africaine pour présenter au Conseil de sécurité des propositions concrètes sur un financement prévisible, fiable et durable des opérations de paix de l'Union africaine », a-t-il précisé.

Enfin, le Secrétaire général de l'ONU a déclaré que les Nations Unies appuieront l'intégration régionale, y compris les efforts visant à établir la Zone de libre-échange continental. « Je sais que vous avez jugé cela essentiel pour réaliser l'Agenda 2063 », a-t-il souligné.

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06:42 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

21 janvier 2017

Message au président Trump: le souci des pauvres fera la grandeur de l’Amérique

PAPE FRANCOIS.jpgLe pape François souhaite au président Donald Trump que sous sa direction « la stature de l’Amérique puisse continuer à être mesurée surtout par son souci des pauvres ».

Le pape a en effet adressé un message au nouveau président américain Donald Trump, qui a inauguré sa présidence ce vendredi 20 janvier 2017, au Capitole, à Washington DC.

« A l’occasion de votre investiture comme 45e président des Etats-Unis d’Amérique, je vous présente mes bons vœux cordiaux et l’assurance de ma prière pour que le Dieu Tout-Puissant vous accorde sagesse et force dans l’exercice de cette haute tâche », écrit le pape François.

Le pape rappelle les valeurs qui ont fait la grandeur des Etats-Unis : « À une époque où notre famille humaine est assaillie par de graves crises humanitaires exigeant des réponses politiques prévoyantes et unies, je prie pour que vos décisions soient guidées par les riches valeurs spirituelles et éthiques qui ont façonné l’histoire du peuple américain et l’engagement de votre nation à promouvoir la dignité humaine et la liberté dans le monde. »

Et, allusion au vœu du président des Etats-Unis de redonner à son pays sa grandeur, le pape fait observer d’où la nation peut tirer sa grandeur : « Sous votre direction, puisse la stature de l’Amérique continuer à être mesurée surtout par son souci des pauvres, des exclus et des nécessiteux qui, comme Lazare, se tiennent devant notre porte. ».

« Avec ces sentiments, conclut le pape, je demande au Seigneur de vous accorder à vous et à votre famille et au cher peuple américain tout entier ses bénédictions de paix et de concorde et toute prospérité matérielle et spirituelle. »

Posted by Anita Bourdin, ZENIT on 20 January, 2017

A quand l'entrée en vigueur de l'APE avec les pays de la Communauté d'Afrique de l'Est?

APE Pays CAE.pngLe projet APE, Accord de Partenariat Economique entre l‘UE et la Communauté des pays d’Afrique de l’Est, ne fait pas l'unanimité au sein de cette communauté. Certains pays refusent de coopérer.

L'Union européenne négocie actuellement un accord de libre échange avec les six pays de  la CEA, la Communauté d’Afrique de l’Est (Kenya, Burundi, Ouganda, Tanzanie, Rwanda et Soudan du Sud). Un accord censé être signé début février, mais, si le Kenya et le Rwanda ont déjà signé ce traité avec l’Union européenne de manière bilatérale, le Burundi s’y refuse, rappelle la taz, die tageszeitung. La raison  est que l’UE a gelé son aide au développement à cause de la crise politique qui agite le pays depuis les élections de 2015.  Et ce n’est qu’après de longues hésitations que l‘Ouganda a annoncé, en septembre dernier, vouloir signer ce traité appelé APE, Accord de Partenariat Economique.

Ghana Ölindustrie (imago/Xinhua)

Raffinerie au Ghana

Quant à la Tanzanie, elle n’entend toujours pas signer dans l’état actuel des choses. Le gouvernement ne voit dans ces APE que des désavantages pour la libéralisation de sa propre industrie et son développement. Mais le risque est que les pays qui refuseraient de signer voient se tarir l’aide européenne au développement.

Plusieurs accords commerciaux entre l’UE et les États de l’Afrique trouvent leur origine dans le sommet de Cotonou au Bénin en l’an 2000. Les pays africains sont censés pouvoir exporter sans taxes vers l’UE leurs produits leurs produits alimentaires comme poissons ou mangues, leurs matières premières tels que pétrole, minerais ou coton. Cela est censé renforcer l’économie et créer des emplois afin de lutter à longue échéance contre les raisons de l‘émigration des Africains vers l’Europe.

Mittelmeer Migranten und Flüchtlinge in Schlauchboot (picture-alliance/AP Photo/S. Diab)

Les APE, les Accords de Partenariat Economique entre l'UE et les pays d'Afrique sont censés apporter la prospérité et mettre fin un jour à l'émigration.

Par ailleurs, les pays en développement ont le droit de n’ouvrir que progressivement leurs marchés pour les produits de l’UE, afin de ne pas mettre en danger la production locale.

Mais  certains pays se sentent en position de dépendance vis à vis de l'UE, souligne die tageszeitung.

Afrika Kaffeeanbau Illustration (picture alliance/Tone Koene)

Production de café au Kenya

Les tergiversations sur les accords menacent déjà l’intégration régionale: comme la Communauté d’Afrique de l’Est est une union économique et douanière, il faut que les six Etats qui la composent signent tous les accords avec l’UE afin de pouvoir les appliquer. Initialement, le Kenya était opposé aux APE. Jusqu‘à ce qu’en 2014, l’UE introduise des taxes douanières sur plusieurs produits kényans. Le Kenya a alors changé sa position et s’efforce actuellement de faire pression sur ses voisins. 

La taz souligne que même les APE que l’UE a négociés ou négocie avec d’autres communautés africaines, avec la CEDEAO ou la SADC, ne font pas l’unanimité au sein même de ces communautés.

Autre thème: Les transferts d'argent des émigrés africains

Dans un article intitulé : "L’Afrique sous perfusion des émigrés ", la FAZ, la Frankfurter Allgemeine Zeitung relève que pour de nombreux pays africains, les virements d’argents de leurs émigrés sont parfois une question de survie, du moins une source financière importante pour les familles de ceux qu’on appelle en Europe des "réfugiés économiques". 

Ces transferts d’argent des émigrés africains en Europe vers leurs  pays d’origine est un aspect qui explique le manque de volonté de certains États africains de coopérer lors du rapatriement de ressortissants dont le statut de résident dans des pays européens est contesté.

Rien qu’en 2015, 35 milliards de dollars ont été transférés vers l’Afrique. Sachant cela, il est clair que l’offre de l’UE en novembre 2015 de verser aux principaux pays africains d’émigration la somme de 1,8 milliard d’euros pour la "réintégration" de demandeurs d’asile africains déboutés, ait provoqué l’hilarité au sud du Sahara, souligne la FAZ .   

L’exemple du Nigeria montre à quel point les virements d’argent à partir de l‘étranger sont importants pour l’économie de la patrie d’origine d’un émigré. Rien qu’en 2015, plus de 20 milliards d’euros ont été transférés dans ce pays le plus peuplé d’Afrique avec ses 180 millions d‘habitants. Cette somme équivaut à 4% du PIB ! Selon les estimations de la Banque Mondiale un tiers de tous les produits importés au Nigeria sont financés avec l’argent de la diaspora nigériane. 

Mobile Banking Afrika (picture-alliance/Landov)

Les migrants internes en Afrique contribuent aussi à nourrir leurs familles restées au pays.

Outre le Nigeria, le Sénégal, le Mali, le Bénin et la Gambie sont parmi les pays dont sont issus une grosse partie de ceux qu’on appelle des "réfugiés économiques" en Europe. Près d’un milliard et demi d’euros sont transférés chaque année vers le Sénégal ce qui correspond à  11,7 % du PIB. Le Mali reçoit près de 850 millions d’euros (soit 6,8% de son PIB) et même le petit Bénin reçoit de l’étranger plus de 300 millions d’euros (soit 3,6% de son PIB). Dans le cas de la Gambie, qui n’a que 2 millions d’habitants mais qui compte un grand nombre d’émigrés, plus de 22 % du PIB proviennent de l’étranger ! 

Pour de nombreux pays subsahariens les virements de l’étranger sont de loin le plus important instrument du développement, résume le journal de Francfort. Très souvent, cette manne financière ne dépasse pas seulement les montants de l’aide au développement classique, mais aussi ceux des investissements étrangers directs ! -( à l’exception des investissements chinois dans le domaine des matières premières). C’est pourquoi aucun gouvernement africain n’a sérieusement intérêt à freiner l’exode de ses concitoyens", conclut la FAZ

Auteur Philippe Pognan, Afro-presse (hebdomadaire)

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