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29 juillet 2018

Côte d'Ivoire : Billon rencontre Laurent Gbagbo

Probable candidat à la prochaine présidentielle en Côte d'Ivoire, Jean-Louis Billon, membre d'un des deux principaux partis de la coalition présidentielle, s'est rendu à la Haye pour rencontrer l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo, jugé pour des crimes contre l'humanité, a-t-on appris samedi auprès de leurs entourages.

M. Billon, ancien porte-parole adjoint du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), un des deux grands partis de la coalition au pouvoir, "a visité M. Gbagbo jeudi et vendredi ainsi que son ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé", tous deux jugés par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour des crimes contre l'humanité commis au cours de violences post-électorales qui avaient fait 3.000 morts en cinq mois.

C'est la première rencontre connue d'une personnalité importante et proche du pouvoir avec l'ancien chef de l'Etat depuis son transfert à la Haye en 2012.

Les relations entre le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) d'Henri Konan Bédié et le Rassemblement des Républicains (RDR) du président Alassane Ouattara, qui dirigent le pays depuis 2011, sont tendues depuis plusieurs mois en raison du lancement par le président Ouattara de la formation d'un grand "parti unifié" dans lequel les deux formations sont censées se fondre.

La direction PDCI refuse de rejoindre ce parti unifié, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), qui n'était jusqu'à présent qu'une alliance électorale, formée depuis 2005 mais plusieurs de ses membres, dont des ministres, y sont favorables.

L'ancien président Gbagbo, aujourd'hui âgé de 73 ans, ainsi que Charles Blé Goudé, ancien chef du mouvement des Jeunes patriotes fidèles à l'ex-dirigeant, sont jugés à la CPI pour quatre chefs de crimes contre l'humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Les deux hommes ont plaidé non coupable.

M. Billon a fait sensation en mars en demandant la mise en place d'une nouvelle commission électorale avant la présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire, à l'instar de l'opposition qui en a fait son cheval de bataille.

La Commission électorale indépendante (CEI) "répondait à l'époque à une réalité qui était celle de la crise ivoirienne, ce n'est plus la même aujourd'hui, il faut coller à la réalité du moment", avait-il expliqué.

"Une CEI crédible et légitime est nécessaire pour crédibiliser les élections en 2020. Il faut la faire évoluer, on ne peut arriver en 2020 avec la même commission qu'on avait en 2010", avait-il martelé.

Pour lui, les "Ivoiriens ont été traumatisés par la crise post-électorale (qui a fait 3.000 morts en 2011). On doit éviter tout ce qui peut nous conduire vers une autre crise. La crédibilité de la CEI contribue à éviter une autre crise".

LIRE AUSSI :

» La justice internationale joue sa crédibilité avec le procès Gbagbo

 
Le Figaro

03:31 Publié dans Politique | Tags : billon, visite, gbagbo, blé goudé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

11 juillet 2018

Côte d’Ivoire : un nouveau gouvernement ivoirien aux couleurs du RHDP

nouveau gouvernement, cote d'ivoire, rhdpLe nouveau gouvernement ivoirien a été formé mardi. À noter : l’entrée de 10 nouvelles personnalités et la répartition de certains portefeuilles pour contenter les nouveaux alliés du RHDP.

Le suspens n’aura duré que six jours en Côte d’Ivoire, après la dissolution du gouvernement, le 4 juillet dernier, suite aux fortes divergences entre le chef de l’État, Alassane Ouattara, et son allié Henri Konan Bédié, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), sur la question fondamentale du timing du parti unifié, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Le président Alassane Ouattara l’avait prévenu : le gouvernement ne serait constitué que des membres du RHDP et de la société civile, et il a tenu parole.

La liste du gouvernement de Amadou Gon Coulibaly II a donc été rendue public, mardi 10 juillet, par Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence. Sans surprise, tous les ministres de l’ancienne équipe ont été reconduits, dans un exercice de jeu de chaises musicales et de redistribution des postes en vue de la préparation de la présidentielle de 2020. Hamed Bakoyoko ou Kandia Camara n’ont ainsi pas bougé. « Ce gouvernement n’est pas définitif. Un réajustement sera fait après les élections locales prévues avant la fin de l’année », confie à Jeune Afrique un proche du chef de l’État, qui a requis l’anonymat.

Albert Toikeusse Mabri de retour

Le gouvernement de 40 membres est composé de 35 ministres et de 5 secrétaires d’État. Abdallah Albert Toikeusse Mabri, le leader de l’Union pour la démocratie et la paix (UDPCI), qui avait été limogé fin 2016 pour son refus de se présenter aux législatives sous les couleurs du RHDP, fait son retour au gouvernement en qualité de ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Il remplace ainsi Ramata Ly-Bakayoko (qui récupère le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant), fortement contestée par les étudiants de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci).

Laurent Tchagba, le numéro deux de l’UDPCI, prend les fonctions de ministre de l’Hydraulique, ministère nouvellement créée. Sidiki Konaté, un ancien ministre proche de Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale, revient et s’installe à l’Artisanat, un poste qu’il avait occupé dans le gouvernement de Laurent Gbagbo. Quelques frictions sont néanmoins intervenues entre Sidiki Konaté et Guillaume Soro au cours de ces dernières semaines, suite à la volonté du premier de revenir au gouvernement tout en se rapprochant de Hamed Bakayoko, le ministre d’État de la Défense.

Souleymane Diarrassouba, ex-ministre du Commerce, de l’Artisanat, de la promotion des PME, et ministre par interim des Mines et de l’Industrie, conserve le Commerce et l’Industrie. Jean-Claude Kouassi reprend quant à lui le ministère des Mines et de la Géologie. Raymonde Goudou Coffie, la ministre de la Santé sortante, laisse son poste au profit du docteur Eugène Aka Aouélé, baron du PDCI dans le sud-est et proche du vice-président Daniel Kablan Duncan. Raymonde Goudou Coffie devient elle ministre de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public.

Sidi Tiémoko Touré devient porte-parole du gouvernement

Bruno Koné, gendre du chef de l’État, ex-ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Poste, prend désormais en charge la Construction et l’Urbanisme. Et laisse sa place à Isaac Dé, ancien titulaire de ce dernier portefeuille. Sidi Tiémoko Touré, ex-ministre de la Jeunesse, s’installe à la Communication et devient le porte-parole du gouvernement. Paulin Claude Danho, le maire de la commune d’Attécoubé, devient ministre des Sports. L’ancien titulaire du poste, François Amichia, prend un nouveau ministère, celui de la Ville.

TOUS LES MINISTRES INITIATEURS DU MOUVEMENT « SUR LES TRACES D’HOUPHOUËT BOIGNY » ONT ÉTÉ RECONDUITS

On peut noter donc que tous les ministres initiateurs du mouvement « Sur les traces d’Houphouët Boigny », destiné à défier Henri Konan Bédié dans sa fin de non recevoir à la fondation d’un parti unique RHDP, ont été reconduits, mais aussi que certains initiateurs de ce courant interne au PDCI (Paulin Danho, Aka Aoulé) sont même entrés au gouvernement.

Enfin, Mamadou Touré, ancien secrétaire d’Etat chargé de la formation professionnelle, devient ministre de plein exercice à la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes (et porte-parole adjoint du gouvernement), tandis que Joseph Séka Séka, président du Parti des travailleurs (PIT), pro-RHDP est nommé ministre de l’Environnement et du développement durable. Au titre des secrétariats d’Etat, on compte quatre nouvelles entrées, en plus de Moussa Sanogo, qui est en charge du Budget et du portefeuille de l’Etat depuis juillet 2017. Felix Anoblé, député de San Pedro qui avait défié Henri Konan Bédié et qui est sous le coup d’une suspension au PDCI est nommé secrétaire d’Etat en charge de la promotion des PME. Nomel Essis, le directeur général du Centre de Promotion des investissements devient secrétaire d’Etat chargé de la promotion de l’investissement privé. Siaka Ouattara, membre de la dissidence du micro-parti Mouvement des Forces de l’Avenir (MFA), favorable au RHDP, a quant à lui été nommé secrétaire d’Etat chargé du service civique, tandis que la haute magistrate Aimée Zebeyoux devient secrétaire d’Etat chargée des droits de l’homme.


La composition du gouvernement Amadou Gon Coulibaly II :

1- M. Amadou Gon COULIBALY, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Ministre du Budget et du Portefeuille de l’Etat
2- Ministre d’Etat, Ministre de la Défense : M. Hamed BAKAYOKO
3- Ministre des Affaires Etrangères : M. Marcel AMON-TANOH
4- Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : M. Abdallah Albert Toikeusse MABRI
5- Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle : Mme Kandia KAMISSOKO CAMARA
6- Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme : M. Sansan KAMBILE
7- Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité : M. Sidiki DIAKITE
8- Ministre des Eaux et Forêts : M. Alain Richard DONWAHI
9- Ministre de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur : M. Ally COULIBALY
10- Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural : M. Mamadou Sangafowa COULIBALY
11- Ministre des Ressources Animales et Halieutiques : M. Kobenan Kouassi ADJOUMANI
12- Ministre du Plan et du Développement : Mme Nialé KABA
13- Ministre des Transports : M. Amadou KONE
14- Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale : M. Pascal Abinan KOUAKOU
15- Ministre de l’Economie et des Finances : M. Adama KONE
16- Ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme : M. Bruno Nabagné KONE
17- Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique : M. Aouélé Eugène AKA
18- Ministre de la Ville M. François Albert AMICHIA
19- Ministre des Mines et de la Géologie : M. Jean Claude KOUASSI
20- Ministre de l’Assainissement et de la Salubrité : Mme Anne Désirée OULOTO
21- Ministre de la Modernisation de l’Administration et de l’Innovation du Service Public : Mme Raymonde GOUDOU – COFFIE
22- Ministre de la Culture et de la Francophonie : M. Maurice Kouakou BANDAMAN
23- Ministre de l’Equipement et de l’Entretien Routier : M. Amedé Koffi KOUAKOU
24- Ministre du Pétrole, de l’Energie et des Energies Renouvelables : M. Thierry TANOH
25- Ministre de l’Environnement et du Développement Durable : M. Joseph SEKA SEKA
26- Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant : Mme Ramata LY-BAKAYOKO
27- Ministre de la Solidarité, de la Cohésion Sociale et de la Lutte contre la Pauvreté : Mme Mariatou KONE
28- Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME : M. Souleymane DIARRASSOUBA
29- Ministre de l’Artisanat : M. Sidiki KONATE
30- Ministre de l’Economie Numérique et de la Poste : M. Claude Isaac DE
31- Ministre de la Fonction Publique : M. Issa COULIBALY
32- Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement : M. Sidi Tiémoko TOURE
33- Ministre du Tourisme et des Loisirs : M. Siandou FOFANA
34- Ministre des Sports : M. Paulin DANHO
35- Ministre de l’Hydraulique : M. Laurent TCHAGBA
36- Ministre de la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Porte-parole adjoint du Gouvernement : M. Mamadou TOURE

Secrétariats d’Etat
1- Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargé du Budget et du Portefeuille de l’Etat : M. Moussa SANOGO
2- Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargé de la Promotion de l’Investissement Privé : M. Emmanuel Esmel ESSIS
3- Secrétaire d’Etat chargé du Service Civique : M. Siaka OUATTARA
4- Secrétaire d’Etat auprès du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, chargée des Droits de l’Homme : Mme Aimée ZEBEYOUX
5- Secrétaire d’Etat auprès Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME, chargé de la Promotion des PME : M. Félix ANOBLE

 

10 juillet 2018

Economie: Transformation du NEPAD en Agence de développement de l'Union africaine

transformation nepad, agence de développement, union africaine(NEPAD) - Lors de la 31e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine à Nouakchott, en Mauritanie, les chefs d'État et de gouvernement africains ont reçu plusieurs rapports, y compris l'état de la mise en œuvre des réformes institutionnelles de l'UA, présentées par le président rwandais Paul Kagame. Le Président Kagame est l'actuel président de l'Union africaine et le champion du processus de réformes institutionnelles de l'UA.

Lors du Sommet de Nouakchott, une décision officielle a été prise sur la transformation de l'Agence de planification et de coordination du NEPAD en Agence de développement de l'Union africaine. 

La Conférence a approuvé la création de l'Agence de développement de l'Union africaine en tant qu'organe technique de l'Union africaine doté de sa propre identité juridique et de ses propres statuts. Ces statuts seront développés et présentés pour adoption au prochain Sommet de l'UA en janvier 2019.

L'Assemblée a félicité le Président sénégalais, S.E. Macky Sall, Président en exercice du Comité d'orientation des chefs d'État et de gouvernement du NEPAD, pour avoir renforcé la crédibilité du NEPAD, une institution reconnue par la communauté internationale, y compris  par le G20 et par le G7.

Les réformes en cours à l'UA sont une affirmation par les États membres de leur engagement envers l'Agence du NEPAD en tant qu'instrument de l'UA établi pour appuyer les pays et les organismes régionaux dans la mise en œuvre de la vision du développement du continent - telle qu'articulée dans les sept aspirations et les 20 objectifs de l'Agenda 2063.

Ibrahim Assane Mayaki, Secrétaire exécutif de l'Agence du NEPAD, a déclaré : « Un aspect essentiel des réformes en cours consiste à rationaliser et à améliorer l'efficacité et l'efficience dans la mise en œuvre des décisions, politiques et programmes de l'UA à travers tous ses organes et institutions. En ce sens, comme l'Agence du NEPAD est l'agence de mise en œuvre technique de l'UA, une recommandation spécifique du rapport Kagame consiste à la transformer en Agence de développement de l'UA. Nous sommes enthousiasmés par cette transformation, qui permettra de déployer encore plus efficacement nos programmes au service du développement de notre continent. »

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