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11 janvier 2017

Économie : que peut l’Afrique face à Trump en 2017 ?

Trump et Obama.jpgL’équipe constituée par le futur locataire de la Maison Blanche se caractérise par une politique économique axée sur l’essor du business.

Si l’Afrique peut profiter de la dimension pragmatique de cette équipe en sortant des idéologies des institutions financières internationales pour implémenter uniquement ce qui marche sur le terrain, ce gouvernement d’hommes d’affaires peut aussi être un problème pour elle au cas où il n’aurait aucune considération des précautions éthiques et sociales qui devraient préserver les populations africaines vulnérables vis-à-vis des intérêts purement financiers du grand capital américain.

Trump compte rendre les États-Unis encore plus attractifs fiscalement de façon à ce que les entreprises américaines investissent prioritairement sur le plan national. Il propose dès lors de baisser l’impôt sur les sociétés de 35 à 15% et d’appliquer une taxe de 10% seulement au profit des entreprises américaines rapatriés aux États-Unis. Politique fiscale susceptible de faire baisser le nombre d’entreprises américaines investissant en Afrique.

L’avantage des matières premières

Il peut en résulter une perte d’emplois et de retours fiscaux pour l’Afrique si des entreprises américaines tirent plus d’avantages à s’installer aux États-Unis qu’en Afrique. Dans ce champ, celle-ci a un avantage comparatif naturel au sens où elle possède des matières premières qui n’existent pas sur place aux USA, et dont l’absence aux USA ou leur coût d’importation d’Afrique ne peut être compensé par le différentiel fiscal favorable du territoire américain.

 

Sous Trump, les banques américaines vont aussi bénéficier d’une nouvelle politique de dérégulation détricotant notamment la loi Dodd-Frank mise en place par l’administration Obama afin de réguler, dès 2010, les banques et d’éviter les pratiques ayant entraîné la crise des crédits hypothécaires de 2007. Dans la même veine, la loi Volker qui encadrait jusque là la capacité des banques américaines à spéculer pour elles-mêmes sera aussi annulée.

L’Afrique, face à cela, doit veiller à ce que son système bancaire, très souvent constitué de filiales de banques internationales, ne se cantonne plus à faire des placements rémunérateurs à travers le monde et à servir de plaque tournante aux capitaux flottants sans soutenir l’activité économique africaine via le canal du crédit. L’Afrique souffre déjà beaucoup de l’anomalie économique chronique d’avoir des banques commerciales surliquides qui n’accordent aucun crédit aux investisseurs africains mais font toutes  des placements spéculatifs hors d’Afrique qui, ainsi, ne sert que de zone de transit des capitaux flottants.

Les banques doivent soutenir l’économie réelle

Exiger des banques internationales qui veulent développer leurs activités en Afrique qu’elles accordent un certain pourcentage de crédit aux investisseurs africains crédibles serait une mesure capable de soutenir l’économie réelle africaine face à cette situation.

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 Trump veut aussi renégocier pied à pied les accords de libre-échange et les accords sur le climat. L’Afrique, qui a bénéficié d’une hausse de l’aide américaine au développement sous Obama, verra certainement celle-ci diminuer drastiquement ou disparaître sous Trump, axé plus sur les affaires que sur l’aide. Cela peut être un mal pour un bien si l’Afrique utilise la présence de la Chine, autre État pro-business dans son approche de l’aide, pour construire une coopération économique où seul le mieux disant sur le plan économique, social et environnemental aura ses faveurs.

À l’Afrique d’utiliser ses atouts pour exiger en retour des contreparties capables d’assurer son développement écologique, économique et social. La Chine exige des Occidentaux de lui laisser leur technologie en guise de prix à payer pour intégrer son vaste marché. Rien n’empêche à l’Afrique d’exiger le même type de contreparties des Chinois et des Occidentaux qui veulent ses matières premières.

Renégocier les Accords de partenariat économique

Par ailleurs, face à un Trump climato-sceptique, la défense des aspects favorables de la COP21 est très importante car l’Afrique ne doit pas accepter de se livrer au monde des affaires sans protéger son capital naturel sur lequel repose à la fois ses économies et une durabilité à construire comme avantage comparatif en qualité de vie par rapport à un Occident désormais dans sa phase de rendements décroissants sur le plan environnemental.

Étant donné que Trump veut aller en guerre contre la Chine, c’est à l’Afrique d’exploiter cette rivalité pour mieux se vendre et tirer profit de ses atouts convoités par ces deux pays continents. Le fait que Donald Trump veuille renégocier les accords de libre-échange est une occasion en or à saisir habilement par l’Afrique pour renégocier à son tour les Accords de partenariat économique (APE) dont plusieurs points sont peu satisfaisants par rapport à son développement.

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Par Thierry Amougou

Macroéconomiste hétérodoxe du développement. Thierry Amougou est professeur-chercheur à l'université catholique de Louvain en Belgique.

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08 janvier 2017

Le nouveau chef de l’ONU s'attaque aux abus sexuels commis par les forces onusiennes

ONU Pdt.jpgAlors que les forces de maintien de la paix de l’organisation internationale sont régulièrement accusées d'agressions sexuelles, Antonio Guterres, qui a succédé le 1er janvier à Ban Ki-moon, a nommé un groupe de travail pour s'attaquer au problème.

Le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric a fait savoir à l'agence de presse AFP que l’ONU développait actuellement une «stratégie pour arriver à des améliorations visibles et mesurables dans l’approche de l’organisation pour empêcher et répondre aux abus et à l’exploitation sexuelle».

Arrivé au poste de Secrétaire général de l'organisation le 1er janvier 2017, Antonio Guterres a ajouté qu’il avait formé un groupe de travail, composé de neuf Etats membres, afin de mettre en place un plan pour combattre les cas d’abus sexuels imputés aux forces onusiennes de maintien de la paix.

En 2016, dans son rapport annuel, l’ancien chef des Nations unies Ban Ki-moon avait répertorié 69 plaintes pour abus et exploitations sexuelles, visant des soldats onusiens de 21 pays différents.

D'après les règles de l'organisation, les pays d'origine des soldats accusés sont chargés de mener les poursuites judiciaires, mais des groupes de défense des droits de l'homme accusent les Etats de ne pas agir, ou de proposer des sanctions trop légères.

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19 décembre 2016

Gambie: la Cédéao renouvelle son soutien au président élu Adama Barrow

Cedeao Gambie.jpgLe sommet extraordinaire des chefs d'Etats de la Cédéao, réuni à Abuja, s'est achevé le samedi 17 décembre 2016 soir. Il avait pour objectif de sortir la Gambie de l'impasse politique dans laquelle elle se trouve depuis l'élection présidentielle début décembre. Les leaders ouest-africains ont annoncé une série de mesures en faveur du président élu Adama Barrow.

Pour la Cédéao, le président élu est bien Adama Barrow. La première mesure est donc de maintenir le résultat des urnes. Et il doit revenir à la Cédéao d'assurer la sécurité d'Adama Barrow, sans plus de détails.

Le 19 janvier prochain, tous les présidents des pays membres de la Cédéao sont invités à se rendre à Banjul, en Gambie, pour assister à la cérémonie de prestation de serment.

A Abuja, les onze chefs d'Etat ont donc finalement haussé le ton. Pour Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, « Yahya Jammeh doit céder le pouvoir au président nouvellement élu. Il devra partir coûte que coûte. »

Selon le communiqué final, « il faut prendre toutes les mesures nécessaires pour le respect du verdict des urnes en Gambie », adoucissant le trait en disant que la Cédéao est pour une transmission pacifique du pouvoir à Banjul.

Et pour que Jammeh accepte de plier bagage, il faut lui donner des gages. « La plupart des chefs d'Etat ont quand même insisté sur le fait qu'il faut assurer ou garantir à Yahya Jammeh sa sécurité, après sa passation de pouvoir », poursuit Barry.

Le président nigérian a été désigné médiateur dans dossier de la crise gambienne.

 

Soutien à la Gambie au Sénégal

Environ 150 militants des droits de l'homme et Gambiens en exil se sont rassemblés ce samedi place de l'Obélisque à Dakar. Une manifestation organisée par Amnesty International Sénégal, Article 19, qui défend le droit à la liberté d'expression et la Raddho, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme.

Fatou Jagne Senhgor, directrice Afrique de l'Ouest d'Article 19, explique pourquoi la mobilisation doit continuer.

Pour envoyer un message de soutien aux pauvres Gambiens qui ont déjà fait leur choix ; pour envoyer un signal fort au peuple gambien qui n'est pas seul, mais aussi aux chefs d'Etat pour dire que nous sommes tous mobilisés en Afrique de l'ouest, parce que je pense que ce qui s'est passé en Gambie est historique malgré tous les blocage, malgré toutes ces répressions. Le peuple a quand même trouvé sa voix, pour nous c'est le plus important.

Le message des manifestants était clair : Yahya Jammeh, le président sortant, doit reconnaître sa défaite aux présidentielles et quitter le pouvoir.

En wolof, une langue à la fois parlée en Gambie et au Sénégal, « na dem » signifie « qu'il parte ». C'est ce que les manifestants ont entonné ce samedi. Et sur leurs pancartes, on pouvait lire : « La Gambie a fait son choix, respectons-le », ou encore « Sauvons la démocratie en Gambie ».

En exil depuis 22 ans à Londres, Abdou Karim Sané, journaliste gambien, est venu à Dakar pour soutenir ses compatriotes. « Je suis venu montrer ma solidarité avec les Gambiens exilés à Dakar, pour leur donner de l'espoir. Pendant toutes ces années, nous nous sommes battus pour le retour de la démocratie et maintenant nous aurons une meilleure Gambie. »

Faire partir Yahya Jammeh, oui, mais sans violences, espère Seydi Gassama, le responsable de Amnesty International au Sénégal. « Nous ne souhaitons pas arriver à une solution militaire qui aurait des dégâts collatéraux avec la mort de civils innocents. Nous pensons que si les pressions sont exercées à tous les niveaux, on aura les résultats que l'on veut. »

Quelques hommes et femmes politiques du parti au pouvoir et de l'opposition étaient aussi présents, dont Moustapha Diakhaté, président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, mouvance majoritaire soutenant le chef de l'Etat. « Le président Yahya Jammeh a été battu. Il avait accepté dans un premier temps sa défaite, maintenant il fait un revirement, c'est inacceptable. Je suis venu ici pour dire au peuple gambien qu'il n'est pas seul dans la lutte pour la démocratie », explique-t-il.

Hier, place de l'Obélisque, les Gambiens exilés n'attendaient qu'une chose : que Yahya Jammeh quitte le pouvoir, pour enfin rentrer chez eux.

RFI

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15 décembre 2016

Les conflits en cours continuent d'aggraver l'insécurité alimentaire, selon la FAO

Agriculteur mais Lesotho.jpgLes conflits civils et les chocs liés aux conditions météorologiques ont fortement pesé sur la sécurité alimentaire en 2016, faisant augmenter le nombre de personnes ayant besoin d'une assistance alimentaire, selon un nouveau rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

La nouvelle édition du rapport «Perspectives de récolte et situation alimentaire», publiée jeudi, souligne que 39 pays ont besoin d'une aide extérieure pour couvrir leurs besoins alimentaires.

Alors que les perspectives sur les approvisionnements céréaliers dans le monde s'améliorent en raison de conditions de croissance favorables pour les cultures, les séquelles des dernières sécheresses persistent, tout comme les effets négatifs ressentis suite aux conflits.

Les prévisions agricoles suggèrent que les prochaines récoltes de grains seront bonnes mais que la faim va probablement s'intensifier dans certaines régions et ce, pendant les saisons maigres, avant que les nouvelles cultures n'arrivent à maturation. En Afrique australe, où les effets du phénomène El Niño ont fortement contribué à réduire la production agricole en 2016, le nombre de personnes ayant besoin d'une assistance extérieure de janvier à mars 2017 devrait augmenter de manière significative, comparé à la même période l'année précédente. Le rapport indique que les retards de croissance sont «beaucoup plus répandus» dans les zones connaissant des troubles telles que Madagascar, le Malawi et le Mozambique.

Dans certaines régions, les stocks de semences de céréales et de légumes, devenus inadéquats à la suite de deux récoltes insuffisantes et consécutives, pourraient limiter les campagnes de semis. La FAO et les gouvernements travaillent à la mise en œuvre de programmes de soutien agricole visant à améliorer l'accès aux intrants agricoles essentiels.

Les conflits jettent une ombre sur la sécurité alimentaire

Afin de faciliter la planification d'une intervention humanitaire, le rapport identifie les causes premières des crises alimentaires locales. Cela va du déficit exceptionnel de la production agricole au manque d'accès généralisé (en raison des faibles revenus, des prix élevés ou des perturbations des réseaux de distribution), en passant par les effets du conflit sur les conditions de sécurité alimentaire locale.

Les conflits civils et leurs conséquences, y compris les mouvements de réfugiés qui pèsent sur les pays d'accueil tels que le Cameroun et le Tchad, sont cités par 21 des 39 pays concernés. Les conflits généralisés peuvent conduire à la perte et à la diminution des moyens de production des ménages, comme cela est le cas en République centrafricaine, et à des problèmes de sécurité qui auront pour effet de freiner les activités agricoles, à l'image du Soudan du Sud. Dans certaines zones du pays, les récoltes, bien que meilleures, vont probablement avoir un effet éphémère en raison du conflit en cours, qui limite la pratique des activités agricoles, posant ainsi davantage de risques pour les communautés les plus vulnérables.

En Syrie, 9,4 millions de personnes ont besoin d'une assistance alimentaire, en raison de la poursuite du conflit civil. Cette année, le niveau de la production de blé devrait être environ 55% moins important que celui précédant la crise. Selon le rapport, le conflit en cours au Yémen a clairement contribué à faire augmenter le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire, dépassant largement l'évaluation de juin qui les estimaient à 14,2 millions.

Les tendances agricoles appelées à s'améliorer après une année 2016 difficile

En 2016, les sécheresses et les effets climatiques induits par le phénomène El Niño ont provoqué d'importantes pertes de récoltes dans plusieurs pays. L'ensemble de la production céréalière africaine a baissé en 2016 malgré quelques gains sous-régionaux, notamment en Afrique de l'Ouest et dans la région sahélienne, qui est en passe de battre un record avec sa production céréalière. En Afrique australe, la production de maïs a connu une forte baisse, menaçant gravement les conditions de sécurité alimentaire.

Les faibles récoltes ont entraîné une forte hausse des prix de l'incontournable maïs au Malawi, où 6,5 millions de personnes devraient vraisemblablement se retrouver en situation d'insécurité alimentaire lors de la prochaine saison maigre. D'un point de vue positif, avec la fin du phénomène El Niño, les estimations préliminaires font état d'une hausse de 27% des semis de maïs pour la campagne agricole sud-africaine de 2017, de loin le plus grand producteur de la région.

Alors que la plupart des pays d'Asie ont bénéficié de productions agricoles plutôt généreuses en 2016, notamment grâce à une nette relance en Inde, l'impact des conflits toujours en cours dans les pays du Proche-Orient continue d'amoindrir la production agricole et ce, malgré des conditions climatiques globalement favorables pour les cultures céréalières de base.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, un rebond de la production en Amérique centrale en 2016 serait apprécié, après des rendements diminués par la sécheresse l'année précédente, tandis que la campagne de semis de 2017 en Amérique du sud devrait bien démarrer après avoir enregistré une baisse des récoltes en 2016, due en grande partie aux sécheresses qui ont sévi en Bolivie, au Brésil et au Paraguay.

Les 39 pays ayant actuellement besoin d'une aide alimentaire extérieure sont : l'Afghanistan, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, la République populaire démocratique de Corée, la République démocratique du Congo, Djibouti, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Guinée, Haïti, l'Irak, le Kenya, le Lesotho, le Liberia, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Birmanie, le Népal, le Niger, le Nigéria, le Pakistan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, le Swaziland, la Syrie, l'Ouganda, le Yémen et le Zimbabwe.

Centre d'actualités de l'ONU

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Pour l'ONU, le Soudan du Sud est « à deux doigts d'une guerre civile ethnique »

SouthSudan.jpg14 décembre 2016 – A l'occasion d'une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme mercredi à Genève consacrée à la situation au Soudan du sud, plusieurs responsables de l'ONU ont souligné le risque d'un conflit ethnique généralisé.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, n'épargne personne. « Toutes les parties au conflit sont coupables de ces violations des droits de l'homme, y compris les forces gouvernementales », a-t-il indiqué.

Un niveau de violence et de tension ethnique que l'on peut observer dans le pays est sans précédent

Du point de vue du Haut-Commissaire, toutes les conditions sont en place pour que le conflit dégénère en conflit ethnique ; « mais le scénario du pire peut encore être évité », a déclaré M. Zeid, avant d'appeler le Conseil à prendre toutes les mesures pour l'éviter.

Pour la Présidente de la Commission sur les droits de l'homme au Soudan du Sud, Yasmin Sooka, le niveau de violence et de tension ethnique que l'on peut observer dans le pays est sans précédent, les Équatorias (NDLR: les trois États fédérés de la ceinture méridionale du Soudan du Sud) – jusqu'ici épargnés – étant devenus l'épicentre du conflit, a-t-elle indiqué, avant d'ajouter que la famine était en outre aux portes du pays.

« Des récits nous parviennent qui font état là-bas de cadavres trouvés le long des routes, d'attaques par des groupes armés inconnus et de contre-attaques des forces gouvernementales », a poursuivi Mme Sooka. « Un environnement propice aux violations des droits de l'homme s'est développé, alimenté par le déversement d'un discours de haine et par la déshumanisation de groupes ethniques de la part de responsables gouvernementaux, y compris le Président lui-même ». Le Soudan du Sud est à deux doigts d'une guerre civile ethnique sans merci qui pourrait déstabiliser toute la région, a conclu Mme Sooka. La communauté internationale doit agir maintenant, a-t-elle déclaré, après avoir indiqué que « la récente visite de la Commission au Soudan du Sud suggère qu'un processus de nettoyage ethnique régulier est en cours dans certaines parties du pays».

Le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide, Adam Dieng, a estimé pour sa part qu'il y avait un risque imminent et réel d'escalade de la violence entre les ethnies avec un potentiel de génocide. « Des mesures doivent être prises maintenant sans attendre pour prévenir les violences massives », a-t-il affirmé, se disant convaincu qu'il fallait un embargo sur les armes pour réduire le risque de perpétuation d'atrocités.

Des violences sexuelles qui n'épargnent pas les enfants

Cette 27ème session spéciale a également été l'occasion pour les responsables de l'ONU de dénoncer la violence sexuelle présente au Soudan du sud. M Zeid a fait état de cas de viols collectifs et d'exploitation sexuelle, touchant y compris des enfants. « Ces actes sont parfois commis sur une base purement ethnique », a-t-il précisé.

Mme Sooka a pour sa part indiqué qu'une étude menée par les Nations Unies avait révélé que 70% des femmes dans les camps avaient été violées, essentiellement par les membres de la police ou de l'armée, depuis l'éruption du conflit.

A l'issu des travaux de cette sessions spéciale, le Conseil des droits de l'homme a adopté sans vote une résolution réaffirmant le mandat de la Commission sur les droits de l'homme au Soudan du Sud en mettant de nouveau l'accent sur la nécessité d'établir les faits et les circonstances des allégations de violations de droits de l'homme afin d'assurer que les responsables aient à rendre des comptes.

A travers sa résolution, le Conseil a également condamné dans les termes les plus forts les violences sexuelles et sexistes répandues au Soudan du sud, y compris les viols et les viols de groupe, qui peuvent être utilisées comme arme de guerre, en toute impunité, par tous les groupes armés. Le Conseil demande à ladite Commission de suggérer, dès que possible et en collaboration avec l'ensemble du système des Nations Unies, des recommandations prioritaires à l'intention du Gouvernement de la République du Soudan du Sud quant à la manière de mettre fin aux violences sexuelles et sexistes. Le Conseil exhorte en outre le Gouvernement de la République du Soudan du Sud à nommer un représentant spécial sur la violence sexuelle et sexiste.

Centre d'actualités de l'ONU

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14 décembre 2016

50° Journée mondiale de la Paix: Le Pape consacre son message pour le 1er janvier 2017

PAPE FRANCOIS.jpg« En 2017, engageons-nous, par la prière et par l’action, à devenir des personnes qui ont banni de leur cœur, de leurs paroles et de leurs gestes, la violence, et à construire des communautés non-violentes, qui prennent soin de la maison commune », écrit le pape François.

Le pape consacre son message pour le 1er janvier 2017 – 50e Journée mondiale de la paix – à  « la non-violence comme style d’une politique de paix ».

Le pape affirme qu’aucune religion n’est terrorise » et qu’aucune guerre n’est « sainte »: seule la paix est « sainte ». Il plaide pour la non-violence aux niveaux international et familial. Il appelle au désarmement nucléaire notamment et à la fin de violences domestiques.

Le pape cite longuement Mère Teresa de Calcutta et il se dit impressionné par les exemples d’engagement à la non-violence. Il  cite aussi Jean-Paul II et Thérèse de Lisieux, pour demander la diffusion de cette culture de la non-violence à partir de la famille.

Il fait observer que « Jésus lui-même nous offre un ‘‘manuel’’ de cette stratégie de construction de la paix dans le Discours sur la montagne ».

AB, Zenit

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