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16 janvier 2017

Gambie - Investiture : Barrow insiste, Jammeh résiste

Adama Barrow Nvo Pdt Gambien.jpgInvestiture à Banjul ou à Dakar ? Le président élu, actuellement à Dakar, semble parti pour ne pas céder, si l'on en croit son porte-parole.

« Le mandat de Jammeh se finira le 19 janvier, et à cette date commencera le mandat du président élu Barrow. (...) Il sera investi et assumera alors sa fonction sans faillir », a affirmé dimanche son porte-parole, Mai Fatty, cité par l'AFP, et présent avec lui dans la capitale sénégalaise. Intimidation ou décision ferme alors que la Cour suprême doit en principe se prononcer, ce lundi, sur les derniers recours déposés la semaine dernière par les avocats de Yahya Jammeh ?

Faut-il le rappeler : Yahya Jammeh demande purement et simplement l'annulation de la cérémonie d'investiture d'Adama Barrow. Pire, le président Jammeh est allé jusqu'à « interdire » à toute personne investie de pouvoir judiciaire de permettre à Adama Barrow de prêter serment ce jeudi. Une attitude qui illustre un raidissement plus fort de sa part, mais aussi certainement l'inquiétude face à un scénario de plus en plus précis du côté de Dakar et de la communauté ouest-africaine qui, à l'occasion du sommet Afrique-France, a manifesté sa solidarité avec le président Barrow. En attendant, le porte-parole s'est refusé à préciser si l'investiture d'Adama Barrow était prévue à Dakar ou bien dans la capitale gambienne Banjul.

Le scénario du drame gambien

La Gambie est plongée dans une grave crise depuis que M. Jammeh a annoncé, le 9 décembre, qu'il ne reconnaissait plus les résultats de l'élection présidentielle du 1er décembre, une semaine après avoir pourtant félicité M. Barrow pour sa victoire. Yahya Jammeh dirige sans partage depuis 1994 ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest de moins de 2 millions d'habitants, enclavé dans le Sénégal à l'exception de sa façade atlantique. Son mandat expire mercredi prochain. Depuis son revirement, M. Jammeh subit de nombreuses pressions extérieures et apparaît de plus en plus isolé. Il a saisi la justice pour faire annuler les résultats de la présidentielle et se dit donc déterminé à rester président tant qu'elle n'aura pas statué sur ses recours.

La Cedeao se mobilise

Samedi, un mini-sommet sur cette crise gambienne s'est tenu dans Bamako en marge du 27e sommet Afrique-France, réunissant notamment M. Barrow, les dirigeants nigérian Muhammadu Buhari, libérien Ellen Johnson Sirleaf ainsi que l'ex-président ghanéen John Dramani Mahama. Une source de la présidence sénégalaise a confirmé dimanche à l'AFP que M. Barrow se trouvait dans la capitale sénégalaise Dakar à la suite de consultations avec des responsables de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao, 15 pays), en marge de ce sommet de Bamako. Entre-temps, une mission de la Cedeao s'est rendue à deux reprises à Banjul pour convaincre M. Jammeh de céder le pouvoir sans heurts. L'Union africaine (UA) aussi l'a sommé de quitter le pouvoir pacifiquement, le menaçant de « graves conséquences » dans le cas contraire et prévenant qu'elle ne le considérerait plus comme légitime à partir de jeudi.

Du côté du président élu, l'information est que « M. Barrow est à Dakar depuis dimanche » très tôt, a rapporté l'Agence de presse sénégalaise (APS), citant une source officielle. « Le président de la République du Sénégal (Macky Sall) a répondu favorablement à la demande de son homologue du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf », présidente en exercice de la Cedeao, « en marge du sommet France-Afrique », selon l'agence. La présidente Sirleaf, qui avait fait le déplacement à Bamako en compagnie du président élu de la Gambie, « a demandé au chef de l'État sénégalais d'accueillir Adama Barrow jusqu'à son investiture prochaine, ce qu'a accepté Macky Sall « au nom de l'hospitalité sénégalaise » », a ajouté l'APS.Adama Barrow Nvo Pdt Gambien 2.jpg

De nombreux départs de Gambiens

Pendant ce temps, note l'AFP, le climat d'incertitude à l'intérieur du pays a récemment poussé des milliers de Gambiens à fuir le pays, en particulier vers le Sénégal, et la Guinée-Bissau, plus au sud. Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), « les personnes ayant fui au Sénégal ces deux dernières semaines sont principalement des enfants ». Et d'ajouter que « beaucoup de parents craignant des troubles potentiels » ont décidé d'évacuer leurs enfants dans ce pays.

Un recours à la force pas exclu

Par ailleurs, de hauts responsables militaires de la Cedeao venant notamment du Sénégal, du Liberia et du Ghana se sont récemment réunis dans la capitale fédérale nigériane Abuja pour discuter de « l'impasse politique » en Gambie, selon l'état-major nigérian. La Cedeao n'a pas exclu une intervention militaire en dernier recours, même si l'armée nigériane a récemment nié qu'elle préparait ses troupes à intervenir en Gambie.

Au sommet Afrique-France de Bamako, le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Marcel Amon Tanoh, a rappelé qu'un recours à la force n'était pas exclu. Vendredi, le représentant de l'ONU en Afrique de l'Ouest, Mohamed Ibn Chambas, avait fait savoir que la Cedeao pourrait demander au Conseil de sécurité de l'ONU le déploiement de troupes en Gambie si M. Jammeh persistait à refuser de quitter le pouvoir.

 
Publié le | Le Point Afrique

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15 janvier 2017

Gambie : la mission de la Cédéao quitte Banjul, des milliers de personnes fuient le pays

Yahya Jammey ex pdt Gambie.jpgDes dirigeants ouest-africains ont tenté de nouveau vendredi à Banjul de convaincre le président gambien Yahya Jammeh de céder le pouvoir le 19 janvier à son successeur élu Adama Barrow, pour mettre fin à la crise qui a provoqué l'exode de milliers de Gambiens.

Ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest est plongé dans la crise depuis que M. Jammeh a annoncé le 9 décembre qu’il ne reconnaissait plus les résultats de l’élection présidentielle du 1er décembre, une semaine après avoir pourtant félicité M. Barrow pour sa victoire.

« L’équipe de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) a décidé de partir de Banjul ce soir en compagnie du président élu Barrow pour Bamako, au Mali », où doit se tenir samedi un sommet Afrique-France, a déclaré le ministre nigérian des Affaires étrangères Geoffrey Onyeama à des journalistes après des entretiens avec Adama Barrow et Yahya Jammeh.

Le chef de l’État nigérian Muhammadu Buhari conduisait la mission avec son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf, présidente en exercice de la Cédéao, qui réunit 15 pays. Faisait également partie de la délégation l’ex-président ghanéen John Dramani Mahama.

« Le but de la visite est de rencontrer le président Jammeh, afin que tout le monde puisse s’entendre sur une feuille de route. Nous sommes plutôt optimistes que cette fois, les discussions n’échoueront pas », avait déclaré auparavant M. Onyeama.

A la question de savoir s’il était confiant cette fois-ci dans une réponse favorable de Yahya Jammeh à la demande de la Cédéao, le président Buhari avait simplement lâché: « Seul Dieu le sait ».

Empêcher la prestation de serment

Les trois dirigeants faisaient déjà partie d’une mission dépêchée par la Cédéao exactement un mois auparavant pour presser Yahya Jammeh, qui gouverne sans partage la Gambie depuis 22 ans, de quitter le pouvoir le 19 janvier, après l’expiration de son mandat.

 Yahya Jammeh a saisi la justice pour faire annuler les résultats de l’élection, arguant d’irrégularités dans la comptabilisation des votes et l’organisation du scrutin. Il s’est dit déterminé à rester au pouvoir tant qu’elle n’aurait pas statué sur ses recours, ce qui prendra des mois, le temps de remplacer les juges manquants à la Cour suprême.

De son côté, Adama Barrow a affirmé qu’il serait investi le 19 janvier et se considérerait comme président à compter de cette date.

Jeudi, l’avocat de M. Jammeh a déposé à la Cour suprême une nouvelle requête pour empêcher la prestation de serment de M. Barrow.

Ce climat d’incertitude a poussé des milliers de Gambiens à fuir le pays, en particulier vers le Sénégal, unique voisin terrestre de la Gambie, et la Guinée-Bissau, plus au sud.

« Plusieurs milliers de Gambiens se sont rendus au Sénégal ces dix derniers jours pour fuir la tension qui est montée concernant les résultats de l’élection présidentielle », a indiqué vendredi le le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Il s’agit « principalement d’enfants », selon cette agence de l’ONU, expliquant que beaucoup de parents « craignant des troubles potentiels » ont décidé d’évacuer leurs enfants au Sénégal.

Plus d’un millier de Gambiens entrés en Guinée-Bissau depuis une semaine, essentiellement des femmes, enfants et personnes âgées, a affirmé pour sa part le coordinateur national du Commissariat pour les réfugiés et déplacés, Tibna Sambé Na Wana.

Menace de recours à la force

Depuis son revirement, Yahya Jammeh subit de nombreuses pressions extérieures.

L’Union africaine (UA) l’a sommé vendredi de quitter le pouvoir pacifiquement, le menaçant de « sérieuses conséquences » dans le cas contraire et prévenant qu’elle ne le considérerait plus comme légitime à partir du 19 janvier.

Adama Barrow a pour sa part quitté la Gambie vendredi soir pour participer à Bamako au sommet d’une trentaine de chefs d’État et de gouvernement d’Afrique francophone et anglophone.

Au sommet Afrique-France, le ministre ivoirien des Affaires étrangères Marcel Amon Tanoh a rappelé qu’un recours à la force n’était pas exclu.

« Sur la Gambie, l’objectif reste le même: que le verdict des urnes soit respecté. Nous espérons ne pas être obligés d’utiliser la force. Mais les moyens seront mobilisés pour que le verdict des urnes soit respecté », a-t-il déclaré à la presse.

La crise en Gambie figure à l’agenda du sommet, qui sera dominé par les questions de sécurité, de démocratie et de développement, au moment où Paris plaide pour le renforcement des capacités de défense africaines et le respect des règles constitutionnelles sur le continent.

Par AFP

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11 janvier 2017

Une délégation d’opérateurs agricoles africains visite des projets de la région du Souss

Region du Souss.jpgUne délégation d’opérateurs agricoles et d’institutionnels africains a effectué, lundi, des visites à des projets agricoles de la région du Souss afin de s’informer du potentiel de cette région en matière de production et d’exportation des fruits et légumes.

La visite de cette délégation, composée de 33 personnalités du Sénégal, Gabon, Côté d’Ivoire, Burkina Faso et d’Egypte, s’inscrit dans le cadre des activités programmées dans le cadre de la huitième édition des Trophées de la filière fruits et légumes (Trofel), organisée les 10 et 11 janvier à Agadir. Les opérateurs agricoles et institutionnels africains se sont enquis lors de ces visites des moyens et techniques modernes déployés dans des unités de conditionnement de légumes et fruits destinés à l’export de même que des domaines privés dédiés à la culture des agrumes.
“La visite de cette délégation africaine s’inscrit dans le cadre des efforts des professionnels de la filière “fruits et légumes” visant à mettre en œuvre les accords conclus récemment entre le Maroc et certains pays africains ayant pour objectif de développer la coopération et le partenariat dans le domaine agricole”, a indiqué Abderahmane Rifaï, membre du comité d’organisation de Trofel 2017.
Contrairement aux édition précédentes qui étaient tournées vers l’Europe en tant que marché traditionnel pour les exportateurs marocains, les organisateurs de cette 8ème édition de Trofel ont décidé de s’ouvrir sur le continent africain, alliant ainsi de pair le choix du Royaume de diversifier les marchés et d’opter pour une coopération Sud-Sud plus intense notamment avec les pays africains, a-t-il souligné dans une déclaration à la MAP.
Les membres de cette délégation vont tenir des rencontres B to B avec les producteurs et exportateurs marocains afin d’examiner les opportunités offertes pour les deux parties, a-t-il ajouté.

A noter que les initiateurs de cette édition, organisée sous l’égide du ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime et le parrainage de l’Etablissement de contrôle et de coordination des exportations en partenariat avec les associations professionnelles représentant la filière “fruits et légumes” au Maroc, ont prévu un prix pour une personnalité africaine qui a excellé dans le domaine agricole.

Mercredi 11 janvier 2017 / http://www.libe.ma/Une-delegation-d-operateurs-agricoles-africains-visite-des-projets-de-la-region-du-Souss_a82427.html

06:28 Publié dans Economie, Intégration Africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

08 janvier 2017

Cotonou, Abidjan, Bamako… Après l’urbanisation incontrôlée, place au déguerpissement

Quartier commercial de Ganhi Cotonou.jpgLes autorités béninoises ont lancé une grande opération de déguerpissement des huit principales villes du pays. En Afrique, le Bénin n'est pas le seul pays à appliquer ces politiques. Tour d'horizon, de Bamako à Kigali.

À Cotonou, la volonté des autorités de libérer les espaces publics occupés illégalement est annoncée depuis le mois d’octobre. Ces dernières semaines, de grands panneaux d’affichage appelaient les populations à prendre acte de cette décision d’ici au 31 décembre 2016. L’opération a pris du retard et a débuté mercredi 4 janvier, dans le calme, après des semaines de polémique.

Des centaines de bâtiments marqués d’une croix rouge, des restaurants et des petits commerces doivent encore être démolis.

« Ces occupations ont une histoire »

La plupart des observateurs ont critiqué la brutalité et le manque de concertation des autorités. Surtout, beaucoup d’interrogent sur le sort réservé à ces populations alors que la situation économique du pays est difficile. « C’est trop brutal, se plaint un commerçant du quartier Fidjrosse à Cotonou. Ces occupations ont une histoire. Le commerce itinérant a toujours existé. Il a commencé à se sédentariser dans les villes en occupant l’espace public, occupation légalisée de manière informelle puisque la ville s’est mise à prélever un impôt. »

Le gouvernement a justifié sa décision par la nécessité d’assainir les grandes villes du pays, notamment pour poser les bases d’une refonte du réseau routier, une des promesses du gouvernement de Patrice Talon.

En Afrique, l’explosion urbaine a entraîné la saturation des quartiers centraux et péricentraux, occupés en majorité par des habitations précaires, même si le phénomène est nettement moins développé au Maghreb, où les lois foncières et d’aménagement public sont aujourd’hui plus réglementées. Le Bénin n’est donc pas le seul pays du continent à mettre en place ces politiques d’aménagement ou de restructuration urbaine.

Au Niger, le gouverneur de Niamey a ordonné une opération de ce type en septembre, provoquant la colère des commerçants. Il a déclaré vouloir faire de la capitale « une ville coquette » en la débarrassant de tout ce commerce encombrant sur les parkings et trottoirs.

« Le cadre juridique est rarement en faveur des populations »

En juin, les autorités maliennes ont lancé une série d’opérations, à Bamako notamment, en vue du sommet Afrique-France de mi-janvier. Et à Abidjan les « déguerpissements » font partie du quotidien depuis quelques années déjà. Plusieurs quartiers de Port-Bouët ont été notamment détruits pour l’autoroute de Bassam et l’embellissement du littoral.

D’autres exemples existent au Cameroun, au Gabon, au Kenya ou au Rwanda. « À chaque fois, le problème de l’accompagnement de ces mesures revient. Car le cadre juridique est rarement en faveur des populations qui se retrouvent sans rien du jour au lendemain », conclut Vandi Vache, chercheur à l’Université de Strasbourg et spécialiste des questions foncières en Afrique Centrale.

Voici une carte non exhaustive des pays dans lesquels de telles politiques ont été mises en place ces cinq dernières années.

Vincent Duhem, Jeune Afrique

05:15 Publié dans Intégration Africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

15 août 2016

La Côte d’Ivoire prête à ratifier un APE intérimaire avec l’UE

La Côte d’Ivoire prête à ratifier un APE intérimaire avec l’UE
Les députés ivoiriens viennent de donner carte blanche au président Alassane Ouattara pour la ratification d’un Accord de partenariat économique (APE) intérimaire avec l’Union européenne. L’autorisation a été accordée au cours d’une session parlementaire ce 10 août, dans le sillage de la volonté exprimée par le gouvernement en conseil des ministres le 3 août dernier.

« En attendant la mise en œuvre de l’APE régional, l’Union européenne a prorogé jusqu’au 1er octobre 2016 l’accès à son marché sans droit de douanes à la Côte d’Ivoire. Si nous ne ratifions pas cet accord, la Côte d’Ivoire se verra exclue du nouveau règlement d’accès au marché en franchise de droit de l’UE (…) qui sera entériné le 8 septembre prochain », a expliqué Ally Coulibaly, le ministre en charge de l’Intégration africaine, venu exposé le projet devant la représentation nationale.

L’enjeu pour le pays est donc de continuer à bénéficier du régime de préférence douanier pour ses exportations (cacao, café, banane, conserve de thon, etc.) vers l’UE, son principal partenaire commercial avec qui il a échangé 4 653,4 milliards FCFA, soit environ 7,09 milliards d’euros, de marchandises en 2015 selon les chiffres officiels.

« Cet accord ne fragilisera pas notre économie mais lui permettra d’être encore plus compétitive », notamment par rapport aux pays d’Amérique latine qui proposent quasiment les mêmes produits agricoles sur le marché européen, a tenté de rassurer le ministre.

C’est en 2008 que la Côte d’Ivoire a signé l’APE pour se préserver du désastre économique qu’aurait entrainée une taxation de ses produits à l’entrée des ports européens. Et l’APE intermédiaire permet de préserver cet acquis dans l’attente de la ratification de l’Accord régional au niveau de la CEDEAO

Jean-Mermoz KONANDI / financialafrik.com

11:03 Publié dans Intégration Africaine, Politique | Tags : cote d'ivoire, ue, ratification, ape intérimaire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

01 août 2016

CAMEROUN :: COMPRENDRE LES APE : Les contraintes d'accès au marché européen

CAMEROUN :: COMPRENDRE LES APE : Les contraintes d?acc?s au march? europ?en :: CAMEROON

L’Accord de partenariat économique (APE) conclu avec l’Union européenne (UE) permet au Cameroun de conserver son accès au marché européen en franchise de droits de douane pour l’essentiel de ses exportations. Cette opportunité, le pays l’a depuis près de 40 ans mais, en a très peu profitée de l’avis même des autorités camerounaises.

En cause, les barrières non tarifaires au commerce. Et ces mesures qui empêchent les produits fabriqués au Cameroun d’être vendus sur le marché européen, n’ont pas été levées avec cet APE. Il s’agit notamment des règles d’origine, des obstacles techniques au commerce, des mesures sanitaires et phytosanitaires, des subventions agricoles, des mesures antidumping et des tracasseries administratives.  

Le rôle de l’Etat

Par exemple, dans le cadre de l’APE Cameroun-UE, les règles d’origine actuelles sont telles que «si le Cameroun veut fabriquer des stylos, il ne pourra les exporter vers l’UE que si le pourcentage de la valeur des matières premières importées ayant servi à leur fabrication ne dépasse pas 15%» explique Jacob Kotcho, expert en politiques commerciales internationales, dans une communication faite fin août 2014 lors d’un séminaire organisé par la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (Ccima).

Conséquence, pour accéder au marché européen, le pays doit atteindre un certain niveau de développement industriel qui permet d’avoir une capacité de transformation de la matière première locale. Et cela ne se fera pas juste avec le Bureau de mise à niveau des entreprises. Cette structure, dotée d’un budget d’à peine 3 milliards de francs CFA, a pour objectif de mettre à niveau 600 entreprises à l’horizon 2016. Le pays en compte pourtant environ 100 mille donc 90% sont des PME.

D’ailleurs, selon cet exposé fait devant les membres de la Ccima, la mise à niveau des entreprises devrait être précédée par l’élaboration d’une véritable politique d’industrialisation reposant sur des secteurs pilotes porteur de développement à l’exemple de l’exploitation du fer, du Gaz ou de l’agroindustrie. Ce qui fait actuellement défaut au Cameroun.

Parallèlement, soutient Jacob Kotcho, le Cameroun doit négocier des dispositions plus favorables en matière de règles d’origine, notamment en ce qui concerne les critères de transformation suffisante des produits dits originaires; de même que des flexibilités plus importantes ou des exemptions concernant les règlements techniques, les normes, les procédures d’évaluation de la conformité ainsi que les mesures sanitaires et phytosanitaires.

En principe prévus pour protéger le consommateur européen, l’UE utilise ces mesures pour protéger illégalement son marché. Aussi, l’expert en politiques commerciales internationales encourage l’Etat du Cameroun à recourir au règlement des différends pour obtenir des réparations et mettre un terme aux abus et violations des règles par l’UE.

Le rôle du secteur privé

A l’observation, il faudra donc un secteur privé actif et efficace pour profiter de l’accès en franchise de droit de douane au marché européen. Cette efficacité passe estime Jacob Kotcho, par la mise en place au sein des entreprises des services d’expertises appropriés pour des réflexions stratégiques. «Les procédures du commerce international comportent des subtilités qu’il n’est pas aisé de maîtriser pour un acteur non initié» estime-t-il.

Dans ce sens, l’ancien secrétaire permanent de l’Association de défense des intérêts collectifs conseille au Ccima «d’élaborer des guides pratiques des opérations d’exportations visant toutes les procédures spécifiques en matières de règles d’origine, les règlements techniques, des procédures d’évaluation de la conformité, les mesures sanitaires et phytosanitaires, pour les produits de chaque position tarifaire de la nomenclature du système harmonisé, pour autant que ces produits représentent un intérêt stratégique pour les opérateurs privés».

C’est à ce prix que le Cameroun pourrait véritablement bénéficier de la suppression des droits de douane sur ses exportations en  direction de l’UE.

07:46 Publié dans Intégration Africaine | Tags : cameroun, ape, contraintes, devant, marché, européen | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |