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27 septembre 2018

Le prix Nobel alternatif attribué à «l'homme qui a arrêté le désert»

A 80 ans, Yacouba Sawadogo voit son travail récompensé. Ce cultivateur burkinabè a reçu ce 24 septembre à Stockholm, le Right Livelihood Award 2018, plus connu sous le nom de prix Nobel alternatif, pour son combat contre l'avancée du désert. Depuis plusieurs années, Yacouba Sawadogo met en œuvre, avec peu de moyens, des techniques pour lutter contre ce fléau qui affecte les zones arides du Sahel.

Surnommé affectueusement « l'homme qui a arrêté le désert »,  le Burkinabè Yacouba Sawadogo pratique l'agriculture depuis l'enfance. En observant la terre et en se mettant à son écoute, ce cultivateur de 80 ans a développé une méthode innovante, appelée le « zaï ».

Le principe est simple : il s'agit de préparer le sol en saison sèche, en creusant des trous, remplis de débris organiques. Ces débris attirent ensuite les termites, naturellement présentes dans cette zone. Ces dernières creusent des galeries, qui permettent la rétention de l'eau dans les sols. Reste alors à planter les graines.

Forêt en zone aride

Grâce à cette technique traditionnelle, Yacouba Sawadogo est parvenu à planter une forêt d'une trentaine d'hectares dans la région très aride de Ouahigouya. Cette prouesse écologique a été réalisée dans une zone devenue aride après une longue période de sécheresse dans les années 1970.

Yacouba Sawadogo travaille par ailleurs sur la médecine douce et traditionnelle. Sa méthode, quant à elle, est désormais utilisée dans certains programmes agricoles au Sénégal, au Mali et au Niger.

RFI

26 septembre 2018

Côte d'Ivoire: Tiken Jah Fakoly prépare son prochain album à Abidjan

media

Tiken Jah Fakoly prépare son nouvel album en Côte d'ivoire. (photo d'illustration)

Tiken Jah Fakoly prépare son grand retour. Le chanteur de reggae est sur le point d'entrer en studio pour réaliser son onzième album. Mais cette fois, l'artiste a décidé d'enregistrer en Côte d'Ivoire, son pays natal. L'artiste va organiser un casting de musiciens ivoiriens. Le grand gagnant aura l'honneur de participer à la conception de l'opus final.

Il faut bien chercher dans le quartier Maroc de Yopougon, mais une fois trouvée la bonne ruelle, impossible de rater les murs aux couleurs de la Jamaïque de la résidence de Tiken Jah Fakoly.

C'est ici que l'artiste ivoirien a annoncé sa prochaine rentrée en studio, trois ans après son dernier opus de reprises Racines. Pour la réalisation, cette fois, il va procéder différemment : « Ce que j’ai décidé, c’est d’enregistrer cet album ici à Abidjan, donc en Afrique. Avec les autres albums, à part Mangercratie et Cours d’Histoire, nous sommes allés soit en Jamaïque, soit à Paris. Je pense qu’il est temps de faire des choses à la maison. Notre reggae est connu mondialement aujourd’hui. On dit que c’est la troisième capitale du reggae. Moi, je pense que c’est la deuxième ».

Cinq groupes de reggae ivoiriens défileront devant l'auteur de Mangercratie dès ce lundi. Celui qui sera retenu collaborera au nouvel album de Tiken Jah Fakoly. Une manière pour le chanteur de donner une couleur totalement africaine à son prochain projet et mettre en avant le talent des jeunes pousses. « Le but, c’est vraiment retrouver le sang du reggae africain. Ces jeunes-là, ils ont un sens spécial qu’on ne retrouve pas dans le reggae jamaïcain, qu’on ne retrouve nulle part. On a un son aujourd’hui en Côte d’Ivoire qui mérite d’être écouté un peu partout dans le monde ».

Pour l'instant, le titre et les artistes invités sur l'album sont tenus secrets. Sa sortie est prévue pour le premier trimestre 2019.

 
 RFI

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Côte d’Ivoire : à Daoukro, le PDCI esquive la bataille entre pro et anti-RHDP

Réuni lundi 24 septembre en bureau politique à Daoukro, le fief d'Henri Konan Bédié, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) a officiellement quitté le processus de création du parti unifié, RHDP, qu'il affrontera aux élections municipales et régionales du 13 octobre.

En jouant à domicile, dans son fief de Daoukro, Henri Konan Bédié (HKB) avait décidé de verrouiller le 8e bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). L’événement sentait le souffre, il s’est finalement déroulé sans encombre pour l’ancien président ivoirien.

 

À l’issue de plus de trois heures de débats filmés, sous les yeux d’un huissier de justice,  les quelques 500 participants rassemblés sous la coupole de l’hôtel de la Paix ont décidé de prolonger le mandat de Bédié et des instances du parti, qui devait s’achever le 6 octobre, jusqu’au prochain congrès, dont l’organisation a été reportée à après l’élection présidentielle de 2020.

La rupture avec la coalition au pouvoir entérinée

Ces résolutions, déjà votées le 17 juin dernier, avaient été suspendues le 19 septembre par la justice ivoirienne. « Ceux qui souhaitaient affaiblir la direction de notre parti ont échoué », se réjouit un quadra du PDCI.

Comme le craignait Alassane Ouattara, qui avait fait porter la veille un message d’apaisement auprès de son aîné, le PDCI a entériné son retrait du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti unifié). L’accord politique signé le 12 avril par HKB est « dénoncé » par l’ancien parti unique, qui quitte dans le même temps le groupement politique RHDP et donne mandat à son président pour négocier « la mise en place d’une plateforme de collaboration avec les forces vives de la nation et les partis politiques ».  Scellée le 8 août lors d’un tête-à-tête entre Alassane Ouattara et Bédié, la rupture avec la coalition au pouvoir est ici entérinée.


>>> À LIRE – Élections locales en Côte d’Ivoire : la confusion règne au PDCI


Parmi le membres du PDCI partisans du RHDP, seuls le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani et le secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, ont assumé publiquement leur position. Lors de son intervention, le premier s’est opposé au retrait du parti unifié, demandant que la décision soit prise lors d’un congrès extraordinaire. De son côté, Achi est resté plus mesuré, s’interrogeant sur la nécessité de dénoncer l’accord politique du 12 avril et préférant s’abstenir lors du vote.

S’IL FAUT QUE JE MEURE, CE SERA UN GRAND SACRIFICE POUR LA COHÉSION DE LA CÔTE D’IVOIRE

Sous les huées

« Je suis bel et bien militant du PDCI. J’ai reçu mon badge et j’ai ma carte de militant. Le PDCI a pris des décisions importantes. Nous disons que, pour prendre de telles décisions, il faut nécessairement que nous allions au congrès. Il y a beaucoup de militants qui ne sont pas venus à ce bureau politique et qui observent. Quand nous serons sur le terrain, nous déciderons de la marche à suivre. Nous ne remettons pas en cause le choix du président Bédié, mais nous estimons que le PDCI a besoin de faire sa mue. Ce n’est pas les cris, les huées et autres qui vont nous faire taire. On a dit qu’Adjoumani ne pouvait pas venir, j’ai prouvé que je suis militant. S’il faut que je meure, ce sera un grand sacrifice pour la cohésion de la Côte d’Ivoire », a réagi Adjoumani, l’ancien porte-parole du PDCI, sous les huées de plusieurs dizaines de militants chauffés à blanc.

Les élections locales du 13 octobre étaient l’autre enjeux important de ce bureau politique. Alors que le chef de l’État a refusé de procéder à la réforme de la Commission électorale avant ce scrutin – une demande du PDCI et de l’opposition -, Bédié a finalement refuser de mener son parti vers un boycott des élections.


>>> À LIRE – Côte d’Ivoire : quelle réforme pour la Commission électorale indépendante ?


IL ÉTAIT SANS DOUTE TROP TARD POUR NE PAS ALLER AUX ÉLECTIONS, NOS CANDIDATS N’AURAIENT PAS RESPECTÉ CE CHOIX

L’ancien chef de l’État avait pourtant chargé plusieurs vice-présidents du PDCI, dont l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny, de plancher sur la question. Cette commission avait plaidé pour une position ferme. D’autres cadres du parti, dont Jean-Louis Billon, auraient souhaité voir le PDCI conditionner sa participation au processus électoral à la réforme de la CEI.

« Le 19 septembre, lorsque Henri Konan Bédié a réuni son secrétariat exécutif, la question de la participation aux élections n’a pas fait l’unanimité. Il était sans doute trop tard pour ne pas aller aux élections, nos candidats n’auraient pas respecté ce choix. Nous ne pouvions pas risquer de mettre à mal notre unité », explique un baron du PDCI.

Ce lundi, Bédié a notamment justifié son choix d’aller aux élections en évoquant l’importance d’être présent dans les municipalités et les régions du pays pour pouvoir « avoir un œil sur l’état civil » dans la perspective de 2020.

Par - Envoyé spécial à Daoukro

06:31 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |