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31 juillet 2018

"Les produits de couverture contre la baisse des prix du cacao ne sont pas suffisamment utilisés" (M. Abid HALIM, Directeur des Activités de Marché de la SIB)

SIB Abid Halim Dir activ des marchés.jpgLe cacao est la principale ressource d’exportation de la Côte d’Ivoire; la santé de notre économie et son développement sont significativement liés à sa valeur sur les marchés internationaux.

La chute des prix du cacao sur le marché international entre fin 2016 et début 2017, -41% en 6 mois, ainsi que ses sérieuses conséquences sur les principaux acteurs locaux du secteur en Côte d’Ivoire met sous un nouveau jour l’offre proposée depuis plus de 5 ans par la Société Ivoirienne de Banque (SIB) : la couverture contre les variations des prix du cacao.

Pour en savoir plus, nous avons rencontré le Directeur des Activités de Marché de la SIB, M. Abid HALIM.

Concrètement c’est quoi la couverture contre la variation des prix du cacao ?
La couverture contre le risque de baisse du prix du cacao est tout simplement une assurance qui offre à son détenteur la possibilité de fixer aujourd’hui un prix minimum ou un prix fixer auquel il vendra demain une quantité de cacao. Ainsi, quelle que soit l’évolution du prix sur le marché international à la date choisie, le bénéficiaire protège son chiffre d’affaires et sa marge minimale.

Vous avez évoqué un prix minimum ou un prix fixe, il y a donc plusieurs types de couvertures?
 
De même que les produits d’assurance, il existe plusieurs types et structures de couverture qui vont de la plus simple - qui consiste à fixer à l’initiation de la couverture et de façon définitive le prix de vente futur, de telle manière que, quelque soit le prix du marché à l’échéance, l’utilisateur peut vendre son cacao au prix garanti - à la plus confortable - qui permet de fixe un prix minimum de vente tout en gardant la possibilité de bénéficier d’un prix supérieur si les conditions de marché le permettent à l’échéance. Bien évidemment entre ces deux extrêmes il existe plusieurs structures ayant des profils risque adaptés et un coût de couverture optimisé.

En quoi l’utilisation des produits de couverture peut aider les exportateurs du cacao ?
Dans un système où le prix d’achat local est fixé quelques mois avant la mise en vente du produit , comme c’est le cas en Côte d’Ivoire à travers le mécanisme de fixation des prix du Conseil du Café Cacao (CCC), l’utilisation d’un produit de couverture s’avère d’une grande utilité et offre de nombreux avantages, à titre d’exemple :

1- Préserver la santé financière et assurer la survie de la société si le prix du cacao baisse fortement sur le marché international ou même si un grand client fait défaut de manière imprévue

2- Assurer un développement solide, stable et durable de la société sur la base d’une activité commerciale planifiée, en neutralisant les effets spéculatifs liés à la variation des prix du marché international

3- Créer une relation de confiance et de transparence avec l’ensemble des parties prenantes (à savoir l’Etat, le CCC, les Banques, les fournisseurs, les salariés, les actionnaires etc…) compte tenu des garanties de solvabilité offertes. Une telle relation aura des retombées positives sur l’ensemble de la chaine de création de valeur, de l’approvisionnement à la vente en passant par les conditions de financement, le budget d’investissement et les coûts de fonctionnement.

Au-delà de ces avantages offerts à chacun, la généralisation de l’utilisation des produits de couverture permettrait à la filière cacaoyère une meilleure résistance aux chocs externes et une contribution plus stable dans le PIB et le budget du pays.

Comment appréciez-vous l’évolution de ce segment du marché ?

En toute objectivité, je trouve que le niveau d’utilisation des produits de couverture contre la baisse du prix du cacao en Côte d’Ivoire n’est pas à la hauteur de la taille de la filière et du rang de premier producteur mondial qu’occupe notre pays.

Depuis 2012, l’année ou la SIB, avec le l’appui du Groupe Attijariwafa bank, a commencé la commercialisation de ces produits, seulement une poignée d’entreprises ont manifesté de l’intérêt à se couvrir et à connaitre davantage les solutions que nous proposons.
De même le nombre des banques actives dans ce segment reste très limité et insuffisant pour assurer un large encadrement des opérateurs.

Ceci étant, malgré un rythme d’avancement plutôt lent, nous restons optimistes quant à la généralisation de l’utilisation de ces produits dans un futur proche. Historiquement les périodes de grande volatilité, comme en 2016/2017 sur le marché du cacao, entraînent une forte demande sur les produits de couverture. La Côte d’Ivoire ne déroge pas à cette règle et, depuis quelques mois, nous constatons que l’outil de couvertures marché s’impose à l’ensemble des intervenants dans la filière comme option réelle et optimale d’assurance. Seulement, une volonté plus marquée des entreprises concernées couplée à des incitations du CCC et un cadre réglementaire plus favorable nous semblent nécessaires à son développement.

En attendant, quel rôle jouent les banques pour ce faire?

Du côté de la SIB - en tant que Créateur de Développement, de Bonheur et d’Avenir - nous continuons à assister nos clients et à leur recommander l’utilisation de ces produits que nous avons élaborés de la manière la plus adaptée et la plus simple possible, notre devise étant et ayant toujours été d’identifier les besoins de nos clients et d’y répondre en tenant compte de leurs réalités.
Le client craint la complexité; notre rôle c’est de démystifier ces produits au maximum afin de les rendre accessibles et courants.

Nous le démontrons, la volonté déclarée du groupe Attijariwafa bank et du management de la SIB est d’être toujours présent pour nos clients en mettant à leur disposition notre expertise et notre savoir-faire métier.
J’en profite, à ce titre, pour rappeler que la SIB dispose d’une salle des marchés mise en place selon les normes internationales et notre équipe de spécialiste en couverture du cacao se tient toujours disponible à accompagner les clients concernés.
 
Publié le mardi 31 juillet 2018  |  SIB
 

09:08 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

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