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20 juin 2017

L’économie nigériane enregistre des signes positifs

L’économie nigériane enregistre des signes positifs

L’économie du Nigeria, la nation la plus peuplée en Afrique, est en train de sortir techniquement de la récession avec des signes positifs, a déclaré dimanche un haut fonctionnaire du pays.

“Si tous les prix ne s’effondraient pas, d’ici 2018, nous aurions récupéré”, a déclaré Yemi Kale, statisticien général du pays aux journalistes à Abuja, la capitale du pays.

“C’était une période extrêmement difficile et nous l’avons tous ressenti. Je dirais que la plupart des indicateurs suggèrent que nous en sortirions”, a-t-il ajouté, notant que sans autres contraintes, l’économie nigériane sortirait de la récession en 2018.

“Comme si le pire avait déjà eu lieu et ce serait un lent processus de récupération. Maintenant, ce que nous appelons la récupération technique est différent de la reprise que les Nigérians préfèrent”, a nuancé M. Kale aux journalistes.

L’inflation du pays a chuté à 16,25% en mai, contre 17,24% en avril. Il s’agit de la quatrième baisse consécutive du taux d’inflation depuis janvier, selon le Bureau national des statistiques.

LAGOS, 18 juin (Xinhua)

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Les performances de l’économie ivoirienne séduisent les Européens

Les performances de l’économie ivoirienne séduisent les Européens

«Grâce à la diversification et à une base industrielle, la Côte-d’Ivoire se classe parmi les économies les plus dynamiques du monde. Avec une croissance estimée à 8% cette année, elle se place en tête du continent africain. La Côte-d’Ivoire doit servir d’exemple à d’autres pays du continent, en particulier en Afrique de l’Ouest», a déclaré le Président du Parlement européen à l’issue de sa rencontre avec le Président de la Côte-d’Ivoire, Alassane Ouattara.

«Nous devons approfondir notre partenariat et notre coopération avec la Côte d’Ivoire dans de nombreux domaines» a souligné Tajani, expliquant que : «la venue en plénière du Président Ouattara, un mois après celle du Président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat, confirme que l’Afrique est une priorité pour l’Union européenne».

Le Président Tajani a poursuivi : «la Côte d’Ivoire a un enjeu démographique mais un potentiel économique extraordinaire. Il faut donc investir dans la jeunesse en donnant des perspectives futures. Pour cela, une vraie diplomatie économique est nécessaire qui encourage les PME, l’entrepreneuriat, aussi féminin, et regarde aux secteurs porteurs de croissance comme le numérique.»

«Je salue aussi le fort engagement du Président Ouattara dans la lutte contre la menace terroriste. Il ne faut pas oublier que la Côte d’Ivoire aussi a été frappée par des attaques. La coopération entre l’Union européenne, la CÉDÉAO et l’Union Africaine est cruciale dans ce domaine, en particulier dans le Sahel et en Libye pour éviter que les groupes terroristes se propagent dans d’autres régions du continent africain», a conclu Tajani.

africanmanager

10:27 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

17 juin 2017

Cérémonie de dissémination et de vulgarisation du PND et de l’étude nationale prospective Côte d’ivoire 2040 : l’allocution de la ministre Kaba Nialé

Niale_KABA_PND_ENPCI.jpgMesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions de la République ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Ministères ;
Monsieur le Préfet de Région de Yamoussoukro ;
Mesdames et Messieurs les membres du Corps Préfectoral ;
Madame le Représentant du Gouverneur du District de Yamoussoukro ;
Monsieur le Représentant du Maire de Yamoussoukro ;
Mesdames et Messieurs les Elus ;
Madame le Représentant du Président de la Commission de l’Union Africaine ;
Monsieur le Représentant de la CEDEAO ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales ;
Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux, Directeurs centraux et Chefs de Services ;
Honorables Chefs coutumiers et religieux,
Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé et de la Société Civile ;
Honorables invités ;
Chers amis de la presse ;
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, au nom de Monsieur le Premier Ministre SEM Amadou Gon COULIBALY que j’ai l’insigne honneur de représenter, vous exprimer le grand plaisir et l’immense privilège que je ressens en présidant la présente cérémonie de « dissémination et de vulgarisation du Plan National de Développement et de l’Etude Nationale Prospective Côte d’Ivoire 2040 ».

Monsieur le Premier Ministre aurait bien voulu y prendre part mais, des contraintes indépendantes de sa volonté l’en ont empêché.


Honorables invités,
Mesdames et messieurs,
Avant tout propos, permettez-moi de saluer les autorités politiques et administratives de Yamoussoukro, nos hôtes, à qui je voudrais, ici, exprimer notre profonde reconnaissance.
Le plaisir que chacun de nous ressent à séjourner dans cette ville, ne tient pas uniquement à sa beauté et aux conditions de travail remarquables. Il tient également et surtout aux marques d’amitié, de fraternité dont nous sommes l’objet chaque fois que nous y sommes. Monsieur le Maire, Monsieur le Gouverneur, soyez en remerciés.
Il me plait également de saluer la présence de mes Collègues du Gouvernement qui, en dépit des nombreuses obligations, ont tenu à rehausser cette cérémonie de leur présence.
Je me réjouis particulièrement de la présence distinguée du corps préfectoral et des élus (députés, conseils généraux et maires), nous rassurant sur la dissémination et la vulgarisation des études et documents qui sont examinés a ce séminaire auprès des populations de toutes les régions de Côte d’Ivoire.
Je voudrais aussi saluer tous les experts et spécialistes issus de l’administration, du secteur privé national, de la société civile, et du monde universitaire, pour le travail déjà accompli lors de l’élaboration des documents qui nous réunissent aujourd’hui.
Qu’il me soit enfin permis d’adresser mes vives et chaleureuses salutations à l’ensemble des partenaires au développement, dont le soutien à tous les niveaux, n’a jamais fait défaut à la CI.

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais voir en votre disponibilité et votre forte mobilisation de ce jour, le signe du rassemblement des filles et fils du pays autour d’un objectif commun : comprendre la vision de la CI pour l’horizon 2040 et s’approprier les choix stratégiques qui en ont découlés, ainsi que leur opérationnalisation dans le Plan National de Développement 2016-2020, pour mieux contribuer au développement du pays.
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs

Un bref rappel historique nous apprend que la CI s’est bâtie en appuyant sur deux instruments essentiels : la prospective et la planification.
En effet, la première étude nationale prospective date de 1973-1974 avec la réalisation de CI-2000. Elle a coïncidé avec le développement de l’approche prospective au plan international, et je voudrais ici saluer le PNUD qui, déjà à cette époque, a inscrit la CI au nombre des pays africains précurseurs en la matière.
Plus récemment, le Gouvernement a renoué avec la tradition prospective, en adoptant le ……..la quatrième ENP de la CI, l’ENP CI-2040. Ce faisant, nous renouons avec cette volonté de scruter l’horizon futur, largement et en profondeur, pour dégager les évolutions possibles de notre société en vue d’opérer des choix stratégiques les meilleurs.

Quant à la planification, elle a toujours fait partie de l’arsenal des instruments de gestion de notre économie, et le pays s’est dotée en 2015 du Plan National de Développement 2016-2020, sous la vision et les orientations du Président de la République, SEM Alassane OUATTARA.

C’est donc deux instruments essentiels que le Gouvernement a adoptés en 2015, l’ENP CI-2040 et le PND 2016-2020.

Ces instruments sont importants, car comme vous le savez, c’est le développement et la mise en cohérence de la prospective et de la planification, depuis le début des indépendances, qui a permis à pays de réaliser d’importants investissements dans les secteurs sociaux et dans les infrastructures économiques.


L’ENP CI-2040 nous proposé trois visions d’évolutions de notre pays, parmi lesquels nous avons opté pour le scénario de « l’Eléphant Emergent » qui s’énonce comme suit : la Côte d’Ivoire puissance industrielle, unie dans sa diversité culturelle, démocratique et ouverte sur le monde.

La mise en œuvre harmonieuse des Plan Nationaux de Développement devrait conduire le pays vers le futur souhaité à l’horizon 2040. Le premier Plan, le PND 2012-2015, a permis : i) de stabiliser et de relancer l’économie au sortir de la crise, ii) de réhabiliter les infrastructures socioéconomiques existantes et d’élargir considérablement la base d’infrastructures (routes, ponts, ports, énergie, écoles, santé, etc. ). Des réformes structurelles et sectorielles ont consolidé le cadre macroéconomique et amélioré l’environnement des affaires.
Le PND 2016-2020 devrait accélérer la marche de notre pays vers le statut de pays émergent avec une base industrielle solide. Pour ce faire, le pays entend s’appuyer sur les cinq piliers qui résultent de l’analyse stratégique. Il s’agit : (i) du renforcement de la qualité des institutions et de la bonne gouvernance; (ii) de l’accélération du développement du capital humain et du bien-être social; (iii) de l’accélération de la transformation structurelle de l’économie par l’industrialisation; (iv) du développement des infrastructures harmonieusement réparties sur le territoire national et la préservation de l’environnement et ; (v) le renforcement de l’intégration régionale et de la coopération internationale.

Sa mise en œuvre devrait se traduire par une réduction significative de la pauvreté et une montée concomitante de la classe moyenne pour soutenir durablement le processus de croissance.
Ce plan est fondé sur la conviction selon laquelle l’accélération de l’industrialisation et la transformation de nos matières premières sont essentielles à la consolidation et à la pérennisation d’une croissance forte et durable pour les prochaines années.
Il s’agit donc pour le Gouvernement de consolider les nombreux acquis, d’accélérer les réformes, de faire face, avec détermination, aux défis majeurs qui persistent, tels que l’emploi des jeunes et l’amélioration des revenus des couches sociales les moins favorisées.

Efficience, efficacité, durabilité, cohésion sociale et égalité des chances sont les principes directeurs qui doivent caractériser l’action publique.

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Faire de la Côte d’Ivoire un pays émergeant est aujourd’hui un projet national, à la réalisation duquel chaque habitant devrait jouer sa partition. Il s’agira notamment pour vous et pour nous, d’opter pour l’avènement d’un citoyen nouveau, contribuant à maintenir un climat de paix, de sécurité et et cohésion sociale, préalable a tout développement.
Aux Présidents des Conseils Régionaux et Maires, responsables et gestionnaires au quotidien de nos collectivités locales, vous avez un rôle essentiel à jouer dans la création de la dynamique locale et la traduction du Plan National de Développement et la vision prospective en projets et programmes pour l’amélioration du bien-être de nos populations.
Par votre position, vous connaissez mieux que quiconque les aspirations et les attentes de nos concitoyens, mais aussi et surtout les atouts et potentialités de vos territoires. Vous devez mettre en évidence, préparer et mobiliser les synergies pour la pleine contribution de vos régions et départements a à l’émergence de la Côte d’Ivoire.
Je voudrais également insister sur le rôle prépondérant du secteur privé, principal moteur de la croissance économique, qui devra a stimuler l’innovation et le transfert de technologies.
Enfin, les partenaires au développement devraient, pour leur part, continuer d’apporter leur appui technique et financier à la réalisation de nos objectifs.
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Le succès dans la mise en œuvre du Plan National de Développement et de l’Etude Nationale Prospective Côte d’Ivoire 2040 dépend de l’implication de tous. C’est pourquoi, la rencontre de ce matin m’offre l’occasion de vous exhorter à vous approprier ces documents de référence, pour que ensemble, nous puissions hisser notre pays au rang des pays émergents et de puissance industrielle.
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Je ne saurais clore mon propos sans renouveler une fois encore mes remerciements à l’ensemble des personnalités présentes ce matin pour leur participation hautement appréciable à cette cérémonie.
Sur cette attente forte, je déclare ouverte, au nom de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, la Cérémonie de diffusion et de vulgarisation de l’Etude Nationale Prospective Côte d’Ivoire 2040 et du Plan National de Développement (PND) 2016-2020.

Je vous remercie.

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16 juin 2017

Israël est de retour en Afrique

La participation du Premier ministre israélien Benyamin Netanyaou au 51ème sommet de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) du 4 juin 2017 n’est que le point d’orgue de l’offensive diplomatique de l’État hébreu en Afrique. Elle avait débuté bien avant les élections des présidents Trump et Macron.

Cette offensive diplomatique a pris son véritable élan en juillet 2016, lorsque Benyamin Netanyaou s’est rendu au Kenya, en Ouganda, en Éthiopie et au Rwanda. Le slogan « Israël revient en Afrique, l’Afrique revient en Israël », lancé en février 2016, a été repris abondamment lors de ce premier périple africain d’un Premier ministre israélien, depuis la Guerre des six jours en 1967.

Un alignement des planètes

Le désengagement annoncé des États-Unis d’Amérique de Trump vis-à-vis de l’Afrique, conjugué à la nouvelle politique africaine de la France du président Macron, davantage ancrée dans le multilatéralisme et la politique européenne de développement, laisse un vide qu’Israël ne peut ignorer. La crise pétrolière qui affaiblit les intérêts géostratégiques des États du Golfe constitue une autre opportunité à saisir, d’autant que l’affrontement entre le wahhabisme et les Frères musulmans est un facteur d’affaiblissement de l’influence musulmane en Afrique et de division entre États hostiles à Israël.

En Afrique subsaharienne, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Cameroun et le Tchad, frappés par le terrorisme islamiste, sont demandeurs d’une aide multiforme, à laquelle Israël peut répondre. Israël peut aussi compter sur le président guinéen, Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine, et sur le président togolais, Faure Gnassingbé, élu président de la Cedeao, ce qui est un atout pour l’organisation du sommet Afrique-Israël, prévu à Lomé, en octobre 2017.

Des intérêts économiques liés à la géostratégie

La lutte contre le terrorisme et l’aide au développement sous-tendent cette offensive diplomatique. Il faut aussi ajouter, à l’arrière-plan, la dimension business et la stratégie de rompre l’isolement d’Israël au sein des instances onusiennes. Derrière l’Afrique se profile l’ONU.

Les traditionnelles ventes d’armes et le commerce des pierres précieuses sont évidemment toujours d’actualité, mais le catalogue s’est enrichi de l’agrobusiness, de l’énergie solaire, des domaines de l’eau et surtout des questions sécuritaires, telles que le renseignement, les écoutes, la numérisation des données individuelles et la protection des personnalités, particulièrement prisées par les dirigeants africains.

Les financements israéliens ne font pas défaut, comme en témoigne l’annonce, faite à Monrovia, de doter les États de la Cedeao d’un programme d’un milliard de dollars pour le développement de l’énergie solaire. Le groupe israélien Energiya Global devrait mettre en œuvre ce programme. En contrepartie, Israël souhaite un appui pour obtenir le statut d’Observateur de l’Union africaine au prochain sommet de l’Union africaine.

L’Afrique revient en Israël

On ne compte plus les visites officielles de personnalités africaines, ponctuées de déclarations bien intentionnées vis-à-vis d’Israël. Des cérémonies connotées sont organisées, comme celle de la plantation d’arbres au Jerusalem Grove of Nations ou le recueillement devant le Mur des Lamentations. Certaines personnalités en oublieraient presque que Jérusalem n’est pas reconnue internationalement comme capitale de l’État hébreu.

Si Israël est revenu en Afrique avec le concours d’États africains, il n’en reste pas moins que leur opinion publique est souvent loin d’y être favorable. En revanche, d’autres États, notamment ceux du Maghreb, y sont franchement hostiles. Le roi Mohammed VI n’a t-il pas renoncé au sommet de Monrovia, alors que son pays allait obtenir un feu vert pour son adhésion à la Cedeao ? L’organisation du sommet Afrique-Israël promet d’aviver les clivages entre les États africains et Israël et de mobiliser certaines opinions publiques.

 par Didier Niewiadowski

Didier Niewiadowski est un Juriste français. Il a été en service durant 38 ans au ministère de la Coopération et à celui des Affaires étrangères

08:46 Publié dans Economie, Intégration Africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Développement en Afrique: Paris et Rabat en tandem pour restaurer l’équilibre

Développement en Afrique: Paris et Rabat en tandem pour restaurer l’équilibre

Le président français, Emmanuel Macron, s’est réjoui, mercredi 14 juin à Rabat, du rôle «croissant » joué par le Maroc en Afrique, soulignant que Rabat et Paris ont une politique commune à conduire dans ce continent. « Cette politique consistera à développer, avec l’aide des entrepreneurs privés et du monde éducatif et culturel, un modèle visant à repenser une relation équilibrée en Afrique en s’appuyant sur la société civile », a affirmé le président français lors d’une conférence de presse tenue au Palais royal de Rabat dans le cadre de la visite d’amitié et de travail de deux jours qu’il effectue au Maroc, à l’invitation du Roi Mohammed VI.
A une question sur l’intérêt particulier accordé, d’un côté, par le Maroc à l’Afrique, à travers des partenariats gagnant-gagnant et la volonté de la France de développer un nouveau partenariat tripartite entre l’Europe, le Maghreb et l’Afrique, de l’autre, le chef de l’État français a estimé que les deux pays doivent conjuguer leurs politiques africaines et travailler ensemble davantage de manière partenariale. « C’est une chance réciproque », a-t-il relevé.
Les deux pays sont animés par la même volonté de développement et de croissance du continent, a-t-il souligné se déclarant certain que l’adhésion du Maroc à la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) y contribuera pour beaucoup. Il s’agira notamment, a indiqué le président Macron, de développer des infrastructures routières et énergétiques et d’aider les sociétés civiles à se développer.
S’agissant de la crise du Golfe, le chef de l’État Français a souligné qu’il a eu, au même titre que le Roi Mohammed VI, plusieurs entretiens avec les dirigeants des pays protagonistes de cette crise pour tenter de désamorcer la tension dans cette région.
« Notre souhait est de parvenir à faciliter le dialogue et à clarifier tous les liens et financements des groupes terroristes d’où qu’ils viennent », a-t-il affirmé.

08:14 Publié dans Economie, Intégration Africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Yoshifumi Okamura : "Il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité"

Yoshifumi Okamura : "Il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité"CouvertureCrédits: Archives
 

L’ex-diplomate japonais qui était en fonction en Côte d’Ivoire en 2010, en a profité pour donner sa position sur les relations bilatérales entre son pays et la Côte d’Ivoire, mais aussi sur la réforme du Conseil de Sécurité de l’Onu, au moment où ce pays vient d’être élu membre non permanent à l’Onu.

Yoshifumi Okamura : "Il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité"

Excellence M. l’ambassadeur, quels sont les sentiments qui vous animent au moment où vous foulez à nouveau le sol de Côte d’Ivoire ?

Bien sûr, c’est la joie de revoir tous mes amis ivoiriens et de constater comment la Côte d’Ivoire a changé depuis que j’ai quitté ce pays. Il y a le 3epont, beaucoup de routes construites. J’ai fait un tour à Treichville. J’ai vu que tout a changé avec de nombreux restaurants, magasins, etc. L’essor économique est vraiment tangible. Les gens sont actifs. Je suis content de voir que la prospérité de cette ville est bien rétablie.

 

Au cours de votre séjour, vous avez été reçu par le Président Alassane Ouattara. De quoi avez-vous parlé ?

Cette visite, c’était d’abord pour renouer mon amitié personnelle avec le Président Ouattara. Mais nous avons beaucoup échangé sur le Conseil de sécurité. Vous savez que la Côte d’Ivoire vient d’être élue membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu pour la période 2018-2019. C’est une sorte de transition entre le Japon et la Côte d’Ivoire, puisque mon pays a été élu membre non permanent du Conseil de sécurité pour 2016 et 2017. Nous avons également parlé de la coopération bilatérale, des problèmes du continent africain. Le Japon et la Côte d’Ivoire travaillent ensemble sur ces questions.

 

Qu’êtes-vous devenu, après votre départ de la Côte d’Ivoire comme ambassadeur ?

Je suis d’abord retourné à Tokyo comme Directeur général de la Ticad (Conférence internationale pour le développement de l’Afrique) où je m’occupais de toutes les questions touchantà l’Afrique. J’ai organisé une conférence, dans le cadre de la Ticad, en 2013 à Yokohama, et j’ai eu la chance de compter plus de quarante chefs d’Etat africains présents. Ils ont eu une rencontre bilatérale avec le Premier ministre Shinzo Abe. Après, celui-ci m’a demandé de choisir trois pays africains pour une visite officielle. Je lui ai demandé de commencer par la Côte d’Ivoire. Et le Président Alassane Ouattara, qui est un ami à moi, a organisé quelque chose d’extraordinaire en janvier 2014 : une session extraordinaire de la Cedeao dont il était Président en exercice. Beaucoup d’entre ses homologues étaient présents, notamment Goodluck Jonathan du Nigeria. Nous avons également organisé la Ticad VI à Nairobi (Kenya) à laquelle le Président de la Côte d’Ivoire a participé et a eu une rencontre bilatérale avec le Premier ministre Shinzo Abe. Je me suis également rendu à New York comme Représentant personnel adjoint de la Mission japonaise auprès des Nations unies où mon pays était membre non permanent du Conseil de Sécurité de l’Onu. Je m’occupais des questions liées à l’Afrique, notamment les problèmes au nord du Mali, le sahel, Bokoharam, la Somalie, le Soudan du Sud…Je me suis également occupé de la fin de la crise en Côte d’Ivoire avec le départ de l’Onuci. J’ai essayé de persuader les uns et les autres que la Côte d’Ivoire n’est plus un pays de conflit. C’est ainsi qu’il a été mis fin aux activités de l’Onuci en Côte d’Ivoire parce que ce pays est désormais en paix.

 

Le fonctionnement de la Ticadvous satisfait-il, à l’heure actuelle ?

Le concept de base de la Ticad est d’encourager le développement de l’Afrique sur le principe d’appropriation. Deuxièmement, nous ne parlons pas d’assistance économique à la Ticad, mais plutôt d’investissement et de commerce. Pour cela, il faut une participation massive du secteur privé. Il faut également encourager les agriculteurs, non seulement pour la sécurité alimentaire, mais aussi pour gagner de l’argent avec le développement agricole. Mais il faut préparer le terrain du développement qui est la paix et la sécurité. Il faut adresser la question de la pauvreté, des déséquilibres sociaux, etc. La Ticad fait des progrès. A Nairobi, à la Ticad VI, il y a eu une importante participation du secteur privé japonais. De nombreux hommes d’affaires sont venus du Japon pour prospecter et voir la réalité des activités économiques de l’Afrique. De plus en plus, le secteur privé japonais s’intéresse à investir en Afrique. Le Ticad VII aura lieu en 2019 au Japon. C’est tous les trois ans au Japon et ensuite, en Afrique.

 

Vous êtes également à la primature de votre pays, chargé de la réforme du Conseil de sécurité de l’Onu. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

Vous savez, la réforme du Conseil de sécurité de l’Onu est une question primordiale. Plus de 70 ans après la création de l’Onu, le Conseil de sécurité n’a pas beaucoup changé, surtout au niveau des membres permanents qui sont toujours cinq. En même temps, le Japon, l’Inde, le Brésil et l’Allemagne qui forment le Groupe de quatre (G4), sont des membres inférieurs du Conseil de sécurité de l’Onu, malgré, par exemple, le niveau de contribution du Japon pour le compte des Nations unies. Ce n’est pas juste et je dirai même que c’est une injustice. Tout comme l’Afrique qui n’a aucune représentation au niveau des membres permanents. Il faut donc que le G4 et l’Afrique travaillent ensemble pour la réforme du Conseil de sécurité. Il faut que le Japon et la Côte d’Ivoireparlent surtout d’une même voix pour aborder ce sujet extrêmement important. Ce n’est pas facile et je dirai qu’il faut ce que j’appellerais une révolution.

 

Après le départ de l’Onuci, pensez-vous qu’il y a encore des défis que le pays doit relever ?

La Côte d’Ivoire n’est plus une zone de conflits et moi, je compte sur les Ivoiriens. Il y a la démocratie, la liberté et suffisamment de ressources domestiques. Je ne dis pas que le pays n’a pas de problèmes, mais les Ivoiriens doivent être capables de les résoudre par eux-mêmes. Ce n’est pas la peine d’avoir une présence onusienne.

 

Lors de votre séjour en Côte d’Ivoire, quels sont les moments qui vous ont marqué ?

C’est évidemment la crise, car j’ai été ambassadeur dans ce pays de 2008 à 2011. J’ai été non seulement témoin mais j’ai aussi survécu à la crise. Ça a été une période très dure pour tout le monde. Je suis fier des Ivoiriens. J’ai vu le courage de cepeuple, qui est sorti pour demander la paix, surtout les jeunes et les femmes qui tapaient des casseroles. C’était impressionnant ! Après six ans, je suis très confiant que la Côte d’Ivoire soit sortie du passé et j’espère en son avenir.

 

Quel message souhaiteriez-vous laisser aux Ivoiriens ?

Je suis très encouragé de voir la Côte d’Ivoire. C’est un pays qui est sorti de la crise, mais c’est aussi un pays très important, le noyau-clé de l’Afrique de l’Ouest. La prospérité et le développement économique de la Côte d’Ivoire sontaussi pour toute l’Afrique de l’Ouest. La stabilité et la démocratie de ce pays serontaussi le noyau-clé de cette sous-région. Je demande au peuple ivoirien de penser à l’avenir. La crise, c’est du passé. C’était dur. Il faut apprendre sûrement quelque chose du passé. Mais il faut penser à l’avenir. A la Côte d’Ivoire. A l’Afrique. Pourquoi sortir de l’Afrique pour aller en Europe ? Ce n’est pas le moment de sortir de l’Afrique. Cette Afrique qui a des possibilités, degrandes potentialités, un continent d’avenir.

 

Interview réalisée par Sylvain Namoya et Benoît Hili (Fraternité Matin)

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