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17 février 2017

20 millions de personnes risquent de mourir de faim: "Au XXIe siècle, cela paraît impensable"

Plus de 20 millions de personnes risquent de mourir de faim dans les six prochains mois sur la Terre. La FAO, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, pointe quatre famines particulièrement meurtrières.

Quelles sont les régions menacées? Pourquoi celles-ci? Comment intervenir? Dominique Burgeon,directeur de la division des urgences de la FAO, nous livre un éclairage en trois questions.

Quelles sont les régions menacées? 

"Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation alimentaire dans quatre pays où le risque de famine est bien réel. Pour le Yémen, le Soudan du Sud, le Nigéria et la Somalie, ce sont bien 20 millions de personnes qui sont en insécurité alimentaire sévère.

Extrêmement préoccupés par cette situation

Non seulement ils ne peuvent plus subvenir à leurs besoins alimentaires de base mais en plus ils sont obligés de vendre leurs biens, leurs outils, leurs animaux, parfois même des gens qui ont pu rencontré leurs pairs pour parvenir à s’alimenter. Nous sommes donc extrêmement préoccupés par cette situation.

Je pense qu’il est important de souligner, comme vous l’avez dit, que jamais au cours des 20 dernières années, nous avons eu une situation telle que celle-ci, où on a autant de personnes au bord de la famine".

Cela signifie que c'est quelque chose qui ne s’est pas produit avant? 

"Il est important de se souvenir que la dernière famine qu’on a eue, c’était en 2011, c’était en Somalie, elle a tué 250 000 personnes. Je pense qu’il est donc important de souligner que le dénominateur commun à ces crises est souvent la situation de conflit. Aujourd'hui, c’est le cas dans les quatre pays cités plus haut.

Malheureusement, et c’est le cas pour l’instant en Somalie, au conflit viennent parfois s’ajouter les événements climatiques extrêmes, comme la sécheresse. Nous sommes donc vraiment très inquiets par cette situation. Et se retrouver dans des situations de famine au XXIe siècle, ça paraît presque impensable".

Comment des organisations telles que la FAO peuvent intervenir dans ces zones de conflits?

"Tout d’abord, je pense qu’il faut se mobiliser parce que le dénominateur commun à ces crises, ce sont bien les situations de conflit. Il faut donc, bien sûr, essayer de trouver des solutions politiques. En ce qui nous concerne, je pense qu’il est important de permettre aux agences onusiennes et aux ONG d’avoir les moyens de fournir une assistance alimentaire. Quand on est dans des situations de famine, ce qui compte est de pouvoir fournir une assistance alimentaire dans l’immédiat.

Avoir un futur à plus long terme

Il faut en effet bien se rendre compte que dans ces situations, 80 % des gens dépendent de l’agriculture pour assurer non seulement leur propre alimentation, mais aussi pour générer des revenus. Et donc, pour couvrir leurs besoins primaires, leurs besoins d’éducation, leurs besoins de santé.

Quand les conflits viennent détruire les infrastructures et casser les chaînes d’approvisionnement, une organisation comme la FAO se mobilise pour leur fournir des semences, des outils, des engrais, des équipements de pêche, pour vacciner leurs animaux ou encore leur fournir du travail pour la réparation d’infrastructures collectives, d’irrigation par exemple.

Je pense qu’il est important de se rendre compte que dans ces situations, l’agriculture est fondamentale et que, outre survivre grâce à l’aide alimentaire, elle leur permet de vivre et d’avoir un futur à plus long terme".

rtbf.be

 

20:38 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

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