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15 janvier 2017

Gambie : la mission de la Cédéao quitte Banjul, des milliers de personnes fuient le pays

Yahya Jammey ex pdt Gambie.jpgDes dirigeants ouest-africains ont tenté de nouveau vendredi à Banjul de convaincre le président gambien Yahya Jammeh de céder le pouvoir le 19 janvier à son successeur élu Adama Barrow, pour mettre fin à la crise qui a provoqué l'exode de milliers de Gambiens.

Ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest est plongé dans la crise depuis que M. Jammeh a annoncé le 9 décembre qu’il ne reconnaissait plus les résultats de l’élection présidentielle du 1er décembre, une semaine après avoir pourtant félicité M. Barrow pour sa victoire.

« L’équipe de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) a décidé de partir de Banjul ce soir en compagnie du président élu Barrow pour Bamako, au Mali », où doit se tenir samedi un sommet Afrique-France, a déclaré le ministre nigérian des Affaires étrangères Geoffrey Onyeama à des journalistes après des entretiens avec Adama Barrow et Yahya Jammeh.

Le chef de l’État nigérian Muhammadu Buhari conduisait la mission avec son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf, présidente en exercice de la Cédéao, qui réunit 15 pays. Faisait également partie de la délégation l’ex-président ghanéen John Dramani Mahama.

« Le but de la visite est de rencontrer le président Jammeh, afin que tout le monde puisse s’entendre sur une feuille de route. Nous sommes plutôt optimistes que cette fois, les discussions n’échoueront pas », avait déclaré auparavant M. Onyeama.

A la question de savoir s’il était confiant cette fois-ci dans une réponse favorable de Yahya Jammeh à la demande de la Cédéao, le président Buhari avait simplement lâché: « Seul Dieu le sait ».

Empêcher la prestation de serment

Les trois dirigeants faisaient déjà partie d’une mission dépêchée par la Cédéao exactement un mois auparavant pour presser Yahya Jammeh, qui gouverne sans partage la Gambie depuis 22 ans, de quitter le pouvoir le 19 janvier, après l’expiration de son mandat.

 Yahya Jammeh a saisi la justice pour faire annuler les résultats de l’élection, arguant d’irrégularités dans la comptabilisation des votes et l’organisation du scrutin. Il s’est dit déterminé à rester au pouvoir tant qu’elle n’aurait pas statué sur ses recours, ce qui prendra des mois, le temps de remplacer les juges manquants à la Cour suprême.

De son côté, Adama Barrow a affirmé qu’il serait investi le 19 janvier et se considérerait comme président à compter de cette date.

Jeudi, l’avocat de M. Jammeh a déposé à la Cour suprême une nouvelle requête pour empêcher la prestation de serment de M. Barrow.

Ce climat d’incertitude a poussé des milliers de Gambiens à fuir le pays, en particulier vers le Sénégal, unique voisin terrestre de la Gambie, et la Guinée-Bissau, plus au sud.

« Plusieurs milliers de Gambiens se sont rendus au Sénégal ces dix derniers jours pour fuir la tension qui est montée concernant les résultats de l’élection présidentielle », a indiqué vendredi le le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Il s’agit « principalement d’enfants », selon cette agence de l’ONU, expliquant que beaucoup de parents « craignant des troubles potentiels » ont décidé d’évacuer leurs enfants au Sénégal.

Plus d’un millier de Gambiens entrés en Guinée-Bissau depuis une semaine, essentiellement des femmes, enfants et personnes âgées, a affirmé pour sa part le coordinateur national du Commissariat pour les réfugiés et déplacés, Tibna Sambé Na Wana.

Menace de recours à la force

Depuis son revirement, Yahya Jammeh subit de nombreuses pressions extérieures.

L’Union africaine (UA) l’a sommé vendredi de quitter le pouvoir pacifiquement, le menaçant de « sérieuses conséquences » dans le cas contraire et prévenant qu’elle ne le considérerait plus comme légitime à partir du 19 janvier.

Adama Barrow a pour sa part quitté la Gambie vendredi soir pour participer à Bamako au sommet d’une trentaine de chefs d’État et de gouvernement d’Afrique francophone et anglophone.

Au sommet Afrique-France, le ministre ivoirien des Affaires étrangères Marcel Amon Tanoh a rappelé qu’un recours à la force n’était pas exclu.

« Sur la Gambie, l’objectif reste le même: que le verdict des urnes soit respecté. Nous espérons ne pas être obligés d’utiliser la force. Mais les moyens seront mobilisés pour que le verdict des urnes soit respecté », a-t-il déclaré à la presse.

La crise en Gambie figure à l’agenda du sommet, qui sera dominé par les questions de sécurité, de démocratie et de développement, au moment où Paris plaide pour le renforcement des capacités de défense africaines et le respect des règles constitutionnelles sur le continent.

Par AFP

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13 janvier 2017

Croix Rouge: Abidjan abrite en avril la conférence panafricaine sur l’investissement en Afrique

croix-rouge.jpegAbidjan (Côte d’Ivoire) - La 9 ème conférence panafricaine des sociétés de la Croix –rouge et du Croissant –Rouge se tiendra, du 9 au 12 avril prochain avec environ 600 participants à Abidjan, a appris jeudi, APA dans la capitale économique ivoirienne.

« La conférence d’Abidjan réunira 600 participants et sera une vitrine privilégiée pour la Croix Rouge de Côte d’Ivoire afin de mieux faire connaître l’ensemble de ses activités et de renforcer les relations de coopération et de partenariat avec les sociétés nationales sœurs », a expliqué Karidiata Souaré, la Présidente de la Société nationale de la Croix-Rouge de Côte d’Ivoire (SN CRCI).

Selon la Présidente Souaré, « à cette occasion, 54 sociétés nationales africaines se réunissent pour réfléchir ensemble sur les priorités humanitaires actuelles du continent, afin de déterminer l’orientation des efforts que le Mouvement doit fournir pour y apporter des réponses dans les 4 années à venir ».

La Côte d’Ivoire, a-t-elle ajouté, sera la ''plateforme humanitaire avec la présence des 190 pays où la Croix rouge est représentée''.

Emmanuel Kouadio, le Secrétaire général de la SN CRCI a pour sa part précisé que « la présente rencontre place l’investissement en Afrique au cœur des débats notamment la réduction de la vulnérabilité et les souffrances des populations sur le continent africain ».

Ainsi, la réponse aux catastrophes naturelles, l’insécurité alimentaire, l’immigration, les problèmes de santé sont, entre autres, les sujets qui seront évoqués au cours de cette rencontre internationale à en croire M.Kouadio.

Le gouvernement ivoirien a donné son accord pour cette conférence internationale qui sera marquée par des panels, des conférences, des expositions et un dîner gala, au cours d’un Conseil des ministres qui s’est tenu le 6 juin dernier. La précédente réunion s'est tenue à Addis-Abeba en Ethiopie.

Créée le 13 octobre 1960, la Croix-Rouge de Côte d’Ivoire (CRCI) a été reconnue le 18 avril 1963, association d’utilité publique.La CRCI devient membre de la fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge le 28 août 1963.

Elle a pour missions de prévenir et alléger en tout temps et en tout lieu les souffrances humaines, protéger la vie et la santé, faire respecter la dignité de la personne humaine.

SY/hs/ls/APA

05:23 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Promotion de la littérature : Un concours pour les jeunes africains

Carte Afrique.jpgL’objectif de ce concours est de valoriser la littérature africaine, l’identité culturelle des peuples africains, des nations et leur civilisation. C’est une ‘’compétition intellectuelle’’ qui vise à détecter de jeunes talents qui verront leur rêve d’être édité gratuitement.

Le promoteur de ce concours, Ali Diaby soutient que l’objectif est à la fois personnel et collectif dans la mesure où le concours vient apporter une innovation en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, il indique que ‘’Afrique Concours Talent’’, structure en charge du concours a pour objectif de promouvoir le livre et la lecture. Car à l’en croire, la littérature n’a pas de barrière, c’est un facteur de rapprochement entre les peuples.

La thématique retenue pour cette première édition est : ‘’La préservation de l’environnement’’. Le concours entend informer, former sur l’environnement socioculturel ivoirien et africain sur des thèmes d’actualités. Les candidats, quel que soit leur lieu de résidence peuvent apporter des solutions à travers leur manuscrit. Il faut le dire, ce cadre de compétition est une interface qui va permettre de donner le goût de l’écriture aux jeunes africains qui veulent s’y essayer.

Le manuscrit du candidat doit être uniquement envoyé en ligne sur la plateforme d’inscription www.afriqueconcourstalent.ci en 2 ou 3 pages maximum en format Word ou Pdf, Taille 12, interligne 1,5, et style de police Times New Roman.

Pour participer, il faut être africain d’origine, avoir entre 18 ans et 35 ans au maximum, et la date de clôture de ce concours est fixée au 30 Avril 2017 à minuit, délai de rigueur. Tous les candidats africains d’origine remplissant les conditions peuvent postuler même, s’ils ne résident pas en Côte d’Ivoire ou en Afrique.

Les critères de sélection et de notation du concours sont clairs du fait que les thèmes sont proposés par les partenaires. Au total, ces jeunes talents bénéficieront des lots de la part des partenaires pour faire carrière dans le milieu littérature. Pour l’initiateur Ali Diaby,  ce  concours d’écriture est à la fois panafricain et innovant. Ainsi chaque candidat enverra seulement son manuscrit en ligne. En somme, un jury se chargera de l’étudier lors de sa phase de correction.

L’initiateur de ce concours, Ali Diaby encourage les candidats à y participer pour la promotion de l’écriture africaine.

Patrice Kouakou Wanset

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12 janvier 2017

François Hollande au Mali : un bilan africain teinté de realpolitik

Alors que doit s’ouvrir à Bamako le 27e sommet Afrique-France, le quinquennat Hollande a été marqué par des interventions militaires sur le continent.

Un soldat de l’opération « Barkhane » sur la base de Gao, dans l’est du Mali, le 2 janvier 2015.

Bamako, clap de fin. La dernière grande séquence africaine de François Hollande – le sommet Afrique-France, qui doit se tenir les vendredi 13 et samedi 14 janvier – s’écrit là même où s’est révélé l’essentiel de sa politique à l’égard du continent. C’est au Mali que ce président, tant décrié sur la scène nationale pour son incapacité à trancher les conflits, a endossé une inattendue tunique de chef de guerre, n’hésitant pas à lancer, en janvier 2013, l’armée française dans une intervention contre des groupes djihadistes qui menaçaient de prendre le contrôle de tout le pays.

Lire aussi :   Fin de « Sangaris », violences persistantes en Centrafrique

C’est là qu’il a certainement prononcé son discours de politique étrangère le plus ému et le plus émouvant. « Je n’oublie pas que lorsque la France a été elle-même attaquée (…), qui est alors venu ? C’est l’Afrique. C’est le Mali. (…) Nous payons aujourd’hui notre dette à votre égard », lançait-il, trois semaines après le début de l’opération « Serval », devant une foule en liesse et tout un continent qui attendait ces mots depuis longtemps. « C’est sans doute la journée la plus importante de ma vie politique », glissait-il à cet instant.

« Frapper et transférer »

Ces propos annonçaient une singularité de ce président qui, avant son entrée en fonction, ne connaissait pas l’Afrique. Jacques Chirac s’était engagé sur cette voie, mais François Hollande, dès que l’occasion s’est présentée, a su admettre publiquement une partie des errements de Paris dans ses anciennes colonies. Sans aller jusqu’à prononcer des excuses officielles et faire acte de repentance, il a reconnu la participation de l’Etat français à des répressions meurtrières en Algérie, au Sénégal, au Cameroun ou à Madagascar.

Ces tabous brisés seront sûrement une trace que laissera M. Hollande dans l’histoire franco-africaine, mais son empreinte restera avant tout sécuritaire. Incarnée par son ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, qui n’a pas tardé à devenir « le ministre de l’Afrique » de la présidence Hollande, cette tendance a placé l’armée au cœur de la politique africaine de la France. L’opération « Serval », devenue « Barkhane », pour mener la guerre aux djihadistes dans le nord du Mali puis dispersés sur l’ensemble du Sahara et du Sahel. « Sangaris », en Centrafrique, pour éteindre le feu d’une guerre civile qui a pris le masque d’un conflit interconfessionnel entre chrétiens et musulmans.

Lire aussi :   Avec « Barkhane » à la frontière Mali-Niger, pour « taper dans la fourmilière »

Ces actions militaires, déclenchées dans l’urgence, se sont fondées sur un concept simple : « frapper et transférer » au plus vite le dossier à des organisations internationales, Union africaine ou Nations unies. Reste que quatre ans après le déclenchement de l’intervention au Mali et trois ans après celle en Centrafrique, les problèmes politiques qui ont mené ces deux pays au bord de l’abîme sont encore loin d’être réglés, malgré la communication officielle française qui ne voudrait retenir que les succès de ces opérations.

Pressions minimales

Ce prisme sécuritaire sur les questions africaines a fait le bonheur de certains dirigeants peu connus pour leurs vertus démocratiques. L’exemple le plus évident est celui d’Idriss Déby Itno. Alors qu’aux premiers mois de la présidence Hollande, chacun spéculait sur le moment où le président français tenterait de lui faire payer la disparition en 2008 de son camarade socialiste, l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, le chef de l’Etat tchadien a su réaliser un coup de maître en se plaçant comme le meilleur allié de Paris dans « la guerre contre le terrorisme islamiste ». Comment en effet critiquer ouvertement un régime qui envoie ses soldats mourir aux côtés des vôtres dans les confins désertiques du Mali ?

De manière plus générale, les autocrates du continent, qui ont toujours eu un penchant pour la droite française, n’ont pas eu à se plaindre de ces cinq années de pouvoir de gauche. Les principaux relais de François Hollande en Afrique sont à chercher parmi ses pairs rencontrés au sein de l’Internationale socialiste : le Guinéen Alpha Condé, le Malien Ibrahim Boubacar Keïta ou le Nigérien Mahamadou Issoufou. Mais le Congolais Denis Sassou-Nguesso, le Gabonais Ali Bongo ou le Djiboutien Ismaël Omar Guelleh n’ont finalement été soumis qu’à des pressions minimales de Paris après leur réélection contestée en 2016.

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Les vieux réseaux de la Françafrique, qui perduraient sous la présidence de Nicolas Sarkozy, ont disparu. Pas la realpolitik. Le Quai d’Orsay a bien tenté d’établir une plus grande distance avec les pays du « pré carré » – la zone d’influence traditionnelle des pays francophones – pour se réorienter vers une Afrique orientale jugée plus dynamique économiquement mais « cette politique, note Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques, n’a pas eu les résultats escomptés dans la mesure où le secteur privé, en dehors des grands groupes déjà fortement implantés, n’a pas pris le relais. »

Viatiques du développement

Conscient que la France n’a plus les moyens de mener en cavalier seul sa politique africaine, François Hollande s’est évertué à impliquer ses partenaires européens dans la résolution des crises continentales. Avec un succès très mitigé. Aucun acteur majeur de la diplomatie européenne n’est venu prêter main-forte à Paris en Centrafrique et, si l’Allemagne a commencé à déployer des hommes au Sahel, c’est avant tout la question migratoire qui la préoccupe.

Pour ce dernier tour de piste africaine, François Hollande devrait, selon toute vraisemblance, rappeler quels sont, selon lui, les viatiques du développement : la bonne gouvernance, des alternances apaisées, des Constitutions respectées, des emplois pour les millions de jeunes qui n’en ont pas… Seulement, que pèse auprès de ses interlocuteurs la parole d’un chef d’Etat dont l’autorité ne passera pas le printemps ?

 

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11 janvier 2017

Samir Amin : «L'Afrique doit refuser l'impérialisme de l'Europe»

Prof Samir Amin.jpgPour l’économiste, l'Afrique ne peut se développer que si elle se décide à refuser la nouvelle forme d’impérialisme à laquelle s’adonnent les européens. Ce que prône le Professeur Samir Amin. Ce dernier affirme que les Africains doivent imposer à l’Europe d’ouvrir des négociations, en commençant par dénoncer les Accords de partenariat économique (Ape), qui permettent en réalité, à l’Europe, de mettre la main sur les ressources africaines, sans contrepartie profitable à l’Afrique.

«L’Afrique, effectivement, dispose de quelques grands atouts, entre autres ses ressources naturelles, minières, en terres arables. Mais ces ressources naturelles, justement parce qu’elles sont importantes, font l’objet des convoitises de l’impérialisme », a déclaré Pr Samir Amin qui était l’invité de l’émission «Objection » de la Sud Fm.

Amadou Gueye, http://senego.com/samir-amin-lafrique-doit-refuser-limperialisme-de-leurope_417870.html

 

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Économie : que peut l’Afrique face à Trump en 2017 ?

Trump et Obama.jpgL’équipe constituée par le futur locataire de la Maison Blanche se caractérise par une politique économique axée sur l’essor du business.

Si l’Afrique peut profiter de la dimension pragmatique de cette équipe en sortant des idéologies des institutions financières internationales pour implémenter uniquement ce qui marche sur le terrain, ce gouvernement d’hommes d’affaires peut aussi être un problème pour elle au cas où il n’aurait aucune considération des précautions éthiques et sociales qui devraient préserver les populations africaines vulnérables vis-à-vis des intérêts purement financiers du grand capital américain.

Trump compte rendre les États-Unis encore plus attractifs fiscalement de façon à ce que les entreprises américaines investissent prioritairement sur le plan national. Il propose dès lors de baisser l’impôt sur les sociétés de 35 à 15% et d’appliquer une taxe de 10% seulement au profit des entreprises américaines rapatriés aux États-Unis. Politique fiscale susceptible de faire baisser le nombre d’entreprises américaines investissant en Afrique.

L’avantage des matières premières

Il peut en résulter une perte d’emplois et de retours fiscaux pour l’Afrique si des entreprises américaines tirent plus d’avantages à s’installer aux États-Unis qu’en Afrique. Dans ce champ, celle-ci a un avantage comparatif naturel au sens où elle possède des matières premières qui n’existent pas sur place aux USA, et dont l’absence aux USA ou leur coût d’importation d’Afrique ne peut être compensé par le différentiel fiscal favorable du territoire américain.

 

Sous Trump, les banques américaines vont aussi bénéficier d’une nouvelle politique de dérégulation détricotant notamment la loi Dodd-Frank mise en place par l’administration Obama afin de réguler, dès 2010, les banques et d’éviter les pratiques ayant entraîné la crise des crédits hypothécaires de 2007. Dans la même veine, la loi Volker qui encadrait jusque là la capacité des banques américaines à spéculer pour elles-mêmes sera aussi annulée.

L’Afrique, face à cela, doit veiller à ce que son système bancaire, très souvent constitué de filiales de banques internationales, ne se cantonne plus à faire des placements rémunérateurs à travers le monde et à servir de plaque tournante aux capitaux flottants sans soutenir l’activité économique africaine via le canal du crédit. L’Afrique souffre déjà beaucoup de l’anomalie économique chronique d’avoir des banques commerciales surliquides qui n’accordent aucun crédit aux investisseurs africains mais font toutes  des placements spéculatifs hors d’Afrique qui, ainsi, ne sert que de zone de transit des capitaux flottants.

Les banques doivent soutenir l’économie réelle

Exiger des banques internationales qui veulent développer leurs activités en Afrique qu’elles accordent un certain pourcentage de crédit aux investisseurs africains crédibles serait une mesure capable de soutenir l’économie réelle africaine face à cette situation.

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 Trump veut aussi renégocier pied à pied les accords de libre-échange et les accords sur le climat. L’Afrique, qui a bénéficié d’une hausse de l’aide américaine au développement sous Obama, verra certainement celle-ci diminuer drastiquement ou disparaître sous Trump, axé plus sur les affaires que sur l’aide. Cela peut être un mal pour un bien si l’Afrique utilise la présence de la Chine, autre État pro-business dans son approche de l’aide, pour construire une coopération économique où seul le mieux disant sur le plan économique, social et environnemental aura ses faveurs.

À l’Afrique d’utiliser ses atouts pour exiger en retour des contreparties capables d’assurer son développement écologique, économique et social. La Chine exige des Occidentaux de lui laisser leur technologie en guise de prix à payer pour intégrer son vaste marché. Rien n’empêche à l’Afrique d’exiger le même type de contreparties des Chinois et des Occidentaux qui veulent ses matières premières.

Renégocier les Accords de partenariat économique

Par ailleurs, face à un Trump climato-sceptique, la défense des aspects favorables de la COP21 est très importante car l’Afrique ne doit pas accepter de se livrer au monde des affaires sans protéger son capital naturel sur lequel repose à la fois ses économies et une durabilité à construire comme avantage comparatif en qualité de vie par rapport à un Occident désormais dans sa phase de rendements décroissants sur le plan environnemental.

Étant donné que Trump veut aller en guerre contre la Chine, c’est à l’Afrique d’exploiter cette rivalité pour mieux se vendre et tirer profit de ses atouts convoités par ces deux pays continents. Le fait que Donald Trump veuille renégocier les accords de libre-échange est une occasion en or à saisir habilement par l’Afrique pour renégocier à son tour les Accords de partenariat économique (APE) dont plusieurs points sont peu satisfaisants par rapport à son développement.

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Par Thierry Amougou

Macroéconomiste hétérodoxe du développement. Thierry Amougou est professeur-chercheur à l'université catholique de Louvain en Belgique.

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