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15 août 2016

La Chine, premier investisseur d’Afrique en énergies renouvelables

La Chine, premier investisseur d’Afrique en énergies renouvelables
 
« On peut dire qu’un mégawatt sur deux est chinois », résume dans le Monde David Bénazéraf, responsable du programme Chine à l’AIE et auteur du rapport

Connue pour la forte pollution qui touche ses grandes agglomérations, la Chine s’est engagée pleinement depuis plusieurs années dans le développement des énergies renouvelables. A tel point qu’elle est devenue aujourd’hui le premier investisseur mondial dans le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité et joue un rôle déterminant dans le développement des énergies vertes sur le continent africain.

« Un mégawatt sur deux est chinois »

Avec près de 90 milliards de dollars consacrés aux énergies renouvelables chaque année depuis 2014, la Chine domine le classement des plus gros investisseurs dans les filières renouvelables, et dirige une large part de ses fonds vers les pays d’Afrique. Selon le dernier rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), plus de 13 milliards de dollars de contrats ont été réalisés en Afrique l’année dernière et les entreprises chinoises construisent actuellement 30 % des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne, soit plus de deux cents projets entre 2010 et 2020. Les deux tiers de ces investissements sont dirigés vers le sud et l’est de l’Afrique, contre 26 % pour l’Afrique de l’Ouest et seulement 8 % pour l’Afrique centrale.

« On peut dire qu’un mégawatt sur deux est chinois », résume dans le Monde David Bénazéraf, responsable du programme Chine à l’AIE et auteur du rapport. « Si on met à part les investissements réalisés en Afrique du Sud, c’est même 46 % des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne qui sont construites par des entreprises chinoises avec une large place faîte aux barrages », poursuit-il.

L’hydroélectricité chinoise en tête

La filière hydroélectrique accapare en effet une grosse part des investissements chinois sur le continent, qui représentent plus de 60 % des barrages construits actuellement en Afrique. La Chine s’est spécialisée progressivement dans ce secteur de production (de nombreux projets sont en cours sur le territoire chinois dont quelques uns des plus gros barrages au monde) et exporte désormais une technologie largement adaptée aux nouveaux objectifs de réduction des émissions de CO2. « Ce sont des ressources très importantes pour le continent car il s’agit d’une énergie renouvelable et qui n’émet pas de CO2 », précise David Bénazéraf.

La majorité des projets en cours sont prévus pour alimenter le réseau électrique national et jouent donc également un rôle important dans l’électrification des pays africains. « Près de 635 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. Avec ces projets réalisés par la Chine, ce sont 120 millions de personnes qui auront accès à l’énergie ».

Une puissance de financement déterminante

Mais la Chine n’est bien sûr pas la seule puissance à investir sur le continent africain. D’autres pays comme la France, l’Italie ou la Suisse sont présents mais peinent généralement à rivaliser avec la force de financement des entreprises chinoises, déterminante dans le cadre d’infrastructures très coûteuses – caractéristiques du secteur hydraulique.

Près de 60 % des projets chinois en Afrique sont financés par l’Exim bank of China. La banque chinoise d’import-export apporte des prêts bonifiés et concessionnels, et propose des « offres intégrées » qui regroupent les études préliminaires, la construction et le financement, et qui sont donc très avantageuses pour des pays en manque cruel de liquidités. Résultat, les grands groupes publics chinois sont très attractifs et remportent de nombreux contrats. Sinohydro par exemple, a remporté l’équivalent de 8 milliards de dollars de contrats sur le continent africain pour la seule année 2013.

 

lenergeek.com

 David Bénazéraf, est spécialiste des investissements chinois en Afrique. Il a vécu plusieurs années en Chine (Institut d’Urbanisme de Tsinghua, Ambassade de France à Pékin) et en Afrique (Kenya, Rwanda, Afrique du Sud, Sénégal, Angola).

Associé au Centre for Chinese Studies (Stellenbosch University) en Afrique du Sud, David Bénazéraf contribue à la revue China Analysis d’Asia Centre et intervient pour des médias spécialisés sur la Chine.

David Bénazéraf est diplômé de Science Po (2006) et est affilié à l’IHEDN. Il est également titulaire d’un master de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sur les Pays émergents et en développement et parle le mandarin.

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