topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

30 juin 2016

Burkina Faso : Sankara, le passé qui ne passe pas

C'est l'histoire d'un meurtre non élucidé qui, depuis presque trente ans, hante le Burkina et pour lequel Blaise Compaoré pourrait un jour devoir rendre des comptes. Que risque-t-il vraiment ? Enquête.

Le fantôme de Thomas Sankara n’a sans doute jamais été aussi présent dans l’esprit de Blaise Compaoré. Après avoir entravé l’enquête sur l’assassinat de son « frère » tout au long de ses vingt-sept ans de règne, l’ancien président burkinabè, destitué par la rue ouagalaise le 31 octobre 2014, se retrouve seul face à son passé. Il a beau avoir trouvé refuge en Côte d’Ivoire, il est, à 65 ans, dans le viseur d’une justice qu’il ne contrôle plus et qui entend bien lui faire rendre des comptes.

S’il n’a cessé de nier son implication dans l’opération commando qui a coûté la vie au leader de la révolution, le 15 octobre 1987, Compaoré a toujours été considéré comme le suspect numéro un dans cette affaire qui tient le Burkina en haleine depuis trois décennies. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice militaire burkinabè, il est pour l’instant protégé par son ami de longue date Alassane Ouattara.

Mais jusqu’à quand ? Toutes proportions gardées, la récente condamnation de l’ex-président tchadien Hissène Habré à la prison à perpétuité pour crimes contre l’humanité est là pour le rappeler : peu importe leur puissance passée, peu importe le temps qui s’est écoulé, les anciens chefs d’État du continent peuvent dorénavant être jugés et condamnés.

Que lui reproche-t-on ?

Les faits remontent au 15 octobre 1987. En milieu d’après-midi, Thomas Sankara est en réunion avec sa garde rapprochée au Conseil de l’entente, l’épicentre du régime sankariste, à Ouagadougou. Vers 16 h 30, des hommes en armes font irruption autour du bâtiment. Ils abattent « Thom Sank » puis douze de ses collaborateurs à bout portant. Leurs corps seront enterrés en catimini, de nuit, à la périphérie de la capitale.

Six des assaillants étaient des militaires du Centre national d’entraînement commando (CNEC) de Pô et obéissaient aux ordres du fidèle adjoint de Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré. Ce dernier, qui ne s’est exprimé qu’une seule fois sur ces événements, affirmera que le but était d’arrêter Sankara, pas de le tuer. À l’entendre, l’opération aurait mal tourné. De son côté, Compaoré était officiellement souffrant et à son domicile au moment des faits.

A-t-il ordonné à ses subordonnés d’exécuter Sankara ? Il l’a toujours nié, affirmant même s’être « mis en colère contre les responsables du carnage ». A-t-il, comme d’autres le pensent, perdu le contrôle de la situation ? Aujourd’hui encore, le mystère reste entier, et François Yaméogo, le juge d’instruction chargé de l’enquête au tribunal militaire de Ouagadougou, est bien décidé à entendre la version du président déchu, formellement inculpé d’assassinat et de recel de cadavres.

Le 4 décembre 2015, la justice a émis un mandat d’arrêt international à son encontre. Conformément aux usages en pareilles circonstances, ce mandat a été notifié à Interpol puis transmis aux autorités ivoiriennes par canal diplomatique.

Peut-il être extradé ?

Sauf retournement de situation, tout laisse penser que Blaise Compaoré n’est pas près de quitter sa confortable villa du quartier de Cocody-Ambassades, à Abidjan.

D’abord parce que le président ivoirien est un vieux compagnon de route de Compaoré, à qui il doit beaucoup. Il l’a accueilli au lendemain de sa chute et n’a visiblement pas l’intention de le laisser tomber. Voilà qui rend très improbable une extradition, d’autant qu’Interpol refuse habituellement d’appliquer les mandats d’arrêt internationaux émis par des juridictions d’exception, dont font partie les tribunaux militaires. La Côte d’Ivoire pourrait aussi faire valoir que, pour les crimes qui lui sont reprochés, Blaise Compaoré (qui a acquis la nationalité ivoirienne) encourt la peine de mort, même si celle-ci n’est plus appliquée depuis des années au Burkina.

Si les Ivoiriens refusent de l’extrader, rétorquent plusieurs responsables burkinabè, ils seraient alors tenus de juger Compaoré sur leur territoire, en vertu d’une convention d’entraide judiciaire signée le 30 juillet 2014. Mais est-ce vraiment envisageable ? « Tout n’est qu’une question de volonté politique, résume Me Prosper Farama, l’un des avocats de la famille Sankara. En février, les autorités ivoiriennes ont bien extradé l’adjudant-chef Moussa Nébié [l’un des meneurs du putsch manqué contre le régime de transition burkinabè, en septembre 2015]. »

À Ouaga, un autre scénario commence à émerger : celui d’un procès par contumace. « Les gens exigent la vérité et la justice. Un procès avec ou sans Blaise Compaoré demeure un procès », affirme une source proche du dossier. Cette solution permettrait notamment d’assurer une procédure rapide, conformément au souhait de Roch Marc Christian Kaboré.

Début juin, le commandant Alioune Zanré, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire (l’équivalent du procureur), a d’ailleurs affirmé devant la presse que les procès dans cette affaire et dans celle du coup d’État manqué de septembre 2015 devraient débuter « d’ici à la fin de l’année 2016 ».

 

 ARCHIVES JEUNE AFRIQUE

 

Qu’en pensent Kaboré et Ouattara ?

Bien que le président burkinabè et son homologue ivoirien entretiennent des relations cordiales depuis de longues années, l’exil doré de Blaise Compaoré au bord de la lagune Ébrié constitue un point de crispation entre Ouaga et Abidjan. Réputé pour son sens du consensus, Kaboré tente de jouer l’apaisement. Il n’en reste pas moins soumis à la pression de son opinion publique et de la famille Sankara, qui continue de se battre pour obtenir la condamnation des coupables. « Nous voulons savoir ce qui s’est passé, martèle Mariam Sankara, la veuve de Thomas. Blaise Compaoré a profité de cet assassinat et doit donc être jugé. »

Selon l’entourage du président burkinabè, et contrairement à ce qui se murmure des deux côtés de la frontière, aucun « deal » n’a été passé avec Abidjan. Kaboré n’aurait pas l’intention de négocier le sort de son prédécesseur. « Il n’y a pas de débat : Compaoré ne bénéficiera d’aucune impunité. S’il rentre au Burkina, ce sera pour répondre de ses actes », assure un collaborateur du chef de l’État.

Début juin, l’annonce par la justice burkinabè qu’elle renonçait au mandat d’arrêt international contre Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, suspecté de soutien au putsch manqué, a toutefois rappelé une chose : à un tel niveau, les procédures judiciaires peuvent se faire et se défaire au gré des intérêts politiques ou diplomatiques des uns et des autres…

Malgré la fermeté affichée à Ouagadougou, les responsables burkinabè savent parfaitement qu’Alassane Ouattara n’extradera pas son ami Blaise. Les deux hommes se voient régulièrement à Abidjan, et l’ancien président burkinabè est souvent convié à venir se détendre dans la résidence du chef de l’État ivoirien à Assinie, station balnéaire huppée proche de la capitale. Et quand Ouattara quittera le pouvoir, en 2020 ? Tout dépendra de son successeur. « Ouattara finira par partir. Et tôt ou tard, Blaise devra faire face à son passé », glisse un cadre de l’exécutif à Ouaga.

Où en est l’enquête judiciaire ?

Plus d’une cinquantaine de personnes ont été entendues par le juge Yaméogo depuis la réouverture de l’enquête, en mars 2015. Douze personnes ont été inculpées, dont plusieurs militaires accusés d’avoir participé à l’opération du 15 octobre 1987.

Ils sont actuellement détenus à la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca), tout comme le général Gilbert Diendéré, inculpé d’assassinat et de recel de cadavres. En revanche, Hyacinthe Kafando, ex-chef de la garde rapprochée de Blaise Compaoré et meneur du groupe qui a assassiné Sankara, n’a jamais répondu aux convocations du juge. Il aurait fui le pays et est visé par un mandat d’arrêt international.

Enfin, après l’échec des premières analyses d’échantillons ADN prélevés dans la tombe présumée de l’ancien leader de la révolution, en mai 2015, sa famille et ses avocats ont sollicité une contre-expertise auprès de la justice militaire. Celle-ci devrait être réalisée dans les semaines à venir dans un laboratoire suisse ou espagnol.

Compaoré est-il inquiet ?

Ceux qui l’ont vu ces derniers mois l’assurent : l’homme est serein. Il s’attendait à ce qu’une telle procédure voie le jour après avoir quitté le pouvoir et a encore, outre la protection ivoirienne, quelques cartes en main. « Il sait très bien que certains dirigeants actuels du Burkina, à commencer par Salif Diallo [le président de l’Assemblée nationale], qui était l’un de ses bras droits, n’ont pas intérêt à trop remuer les affaires du passé », explique un bon connaisseur de la politique burkinabè.

Compaoré sait aussi qu’il peut faire confiance au général Diendéré. D’après tous ceux qui l’ont fréquenté, cet homme de principes, qui a toujours fait preuve d’une fidélité sans faille envers l’ex-président, devrait rester muet si on l’interroge sur l’implication de son ancien patron.

« Blaise Compaoré a adopté une stratégie du déni, conclut une source proche de l’enquête. Il fait comme si cette procédure judiciaire n’existait pas et compte sur ses nombreux appuis politiques pour s’en sortir. » Mais ses adversaires jurent que cela ne l’empêchera pas d’être un jour jugé.

Ce que l’on sait du juge Yaméogo

Ancien officier de police judiciaire, l’homme est discret et ne communique pas. Il est juge d’instruction au tribunal militaire de Ouagadougou depuis 2006.Il a, à plusieurs reprises, officié en tant que conseiller pour la Monusco en RD Congo,puis pour la Minusma au Mali.Il est chargé de l’enquête sur l’assassinat de Sankara depuis qu’elle a été relancée par le régime de transition, EN mars 2015.il est, à ce jour, le seul juge d’instruction du tribunal militaire à ne pas avoir été limogé par Roch Marc Christian Karobé.

Benjamin Roger

08:23 Publié dans Politique | Tags : blaise compaoré, thomas sankara, politique au burkina faso, assassinat, putsch | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Côte d’Ivoire – Pascal Affi N’Guessan : « Que celui qui se dit plus populaire que moi vienne m’affronter au prochain Congrès »

rs62234_vf15062514590004-scr-592x296

De passage à Paris il y a quelques jours, le président du Front populaire ivoirien (FPI), chef de file de l’opposition ivoirienne, a beaucoup travaillé à l’image de son parti. Plus offensif que jamais, il a répondu aux questions de Jeune Afrique.

Son message, au fil des rencontres avec les médias, les militants et les acteurs institutionnels français n’a pas varié : le FPI est prêt pour un nouveau départ et participera aux prochaines élections législatives. Il est également revenu sur les divisions qui minent toujours son parti et sur ces « frondeurs » qui contestent sa légitimité depuis plusieurs mois.

Jeune Afrique : Le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé se poursuit à La Haye et il risque d’être très long. Que pensez-vous de son déroulement jusqu’ici ?

Pascal Affi N’Guessan : Nous le déplorons. C’est un spectacle humiliant, frustrant, qui cristallise les rancœurs au sein de la société ivoirienne. Une image dégradante, dont la Côte d’Ivoire n’a pas besoin à l’heure actuelle. Dès le début, nous avions dit que le problème n’était pas d’ordre pénal. Après la crise que nous avons vécue, il aurait fallu traiter le problème sous un autre angle, avoir recours à une justice transitionnelle.

C’est dans ce sens que nous avons proposé les États généraux de la République comme cadre  idéal,  permettant aux Ivoiriens de faire la lumière sur les événements d’hier tout en leur permettant de se réconcilier.

Simone Gbagbo est jugée à Abidjan. Le FPI peut-il surmonter ses divisions tant que ces deux procès seront en cours ?

Ces procès auront toujours un impact sur notre formation, c’est évident. En termes de dispersion des énergies, notamment. On ne peut pas suivre les procès, se préoccuper du sort du président Gbagbo et être concentré sur le travail de rassemblement, de restauration du parti, de participation à la vie politique du pays. D’ailleurs, ce que l’on appelle « la fronde » interne  n’est qu’une manifestation  de cette dispersion des énergies.

Une dispersion qui va sans doute vous amener à vous présenter en ordre « dispersé » aux prochaines législatives…

Nous travaillons à éviter cela. Nos camarades, qui à cause des différents défis auxquels nous sommes confrontés ont pensé qu’il y avait une autre voie,  se rendent bien compte qu’en définitive la participation à la vie nationale est incontournable. Cela a été une erreur stratégique de leur part, une faute politique grave. Mais dans la vie politique, on peut commettre des erreurs d’appréciation, d’analyse. Le tout est d’en prendre conscience à un moment donné. Pour eux, ce moment-là est arrivé.

Ils peuvent aujourd’hui reprendre leur place, sans frais, sans dommages. Si certains sont capables de nous faire gagner des sièges de députés, nous sommes prêts à les  soutenir. À la suite du dernier comité central, nous avons d’ailleurs mis en place, un groupe de contact  de cinq membres, chargé de  mener des actions d’approche vers eux, pour que l’on aille ensemble à ces législatives, et ensuite au Congrès du parti.

Je pense  qu’ils vont saisir cette occasion, car il n’y a pas d’autres solutions. Vont-ils créer un autre parti ? Cela serait suicidaire. Ils sont des militants du FPI et ne l’ont jusqu’à présent jamais renier. Notre porte est ouverte.

Le dossier Gbagbo est politique, et ce n’est que par la politique que nous pourrons le régler

Face aux divisions qui minent votre parti depuis des mois, avez-vous pensé, à un moment donné, à créer votre propre parti ? Un FPI nouveau ?

Jamais. L’idée ne nous a jamais effleuré l’esprit.  Le FPI, nous y militons depuis vingt, trente ans pour certains.  Nous considérons que le parti est le fruit de cette lutte, de notre engagement à tous. Aujourd’hui nous avons des divergences, comme nous en avons déjà eu dans le passé. Si certains estiment que celles-ci sont insurmontables, au point de le quitter, qu’ils le fassent…

Mais ce n’est pas parce qu’ils quittent le navire que nous devons faire de même. Je dirais même que leur fronde nous a permis d’avancer. Nous avons  augmenté le nombre de fédérations sur le territoire, participé au dialogue politique et aux présidentielles, obtenu la libération de prisonniers,  favorisé le retour des camarades exilés… Le parti est de plus en plus fort, grâce à une stratégie progressive.

À l’inverse, nos camarades qui ont pris l’autre voie, se retrouvent sans moyens d’atteindre leur seul objectif, qui est de libérer Gbagbo. Un objectif qui est aussi le nôtre d’ailleurs, mais que nous sommes plus en mesure d’atteindre qu’eux. Qu’ont-ils apporté à la cause du président Gbagbo ? Rien. Sinon un discours démobilisateur qui brouille l’image du président, dessert sa cause. Le dossier Gbagbo est politique, et ce n’est que par la politique que nous pourrons le régler.

Vos détracteurs disent que vous ne pouvez créer votre propre parti car les bases militantes, et populaires, du FPI, ne vous suivraient pas. Que leur répondez-vous ?

Que je n’ai jamais eu l’intention de créer un club de soutien autour de ma personne. Un parti cela se construit autour de valeurs et non autour d’une ambition personnelle.  Je ne considère pas le FPI comme ma propriété. J’en suis un militant et personne ne peut m’obliger à quitter le parti, pour son seul plaisir. Pourquoi veulent-ils que je parte créer un nouveau parti ? Il faudrait être insensé pour être à la tête d’un parti qui fonctionne et l’abandonner. Si je suis là, c’est que les militants le souhaitent…

Je suis un militant du FPI et continuerai à l’être

Les militants de la base aussi ?

Bien sûr. Ils sont d’accord avec moi. Que ceux qui se disent plus populaires que moi viennent m’affronter au Congrès pour en faire la démonstration. En décembre 2014, j’y étais déjà prêt. Et c’est à ce moment-là, que ces « frondeurs » ont sorti de leur chapeau la candidature de Laurent Gbagbo. Parce qu’ils savaient qu’à ce moment-là, aucun d’entre eux ne pouvait me battre au congrès. Et qu’ils se rassurent, si je suis démocratiquement battu au congrès, je ne quitterai pas non plus le FPI… Je suis un militant du FPI et continuerai à l’être.

Ils veulent donner le sentiment que c’est une affaire de personne, Affi contre Abdoudrahmane Sangaré ou Laurent Akoun, mais ce n’est pas cela. C’est une affaire de ligne de parti. Dans mon équipe, il y a plusieurs anciens ministres, des hauts cadres de l’administration, et ils ne sont pas là pour faire de la figuration.  Ils sont tout aussi capables d’occuper le poste de président de parti. Donc même sans moi l’affrontement entre les deux lignes du parti continuerait.

Et ceux qui vous accusent d’accointances avec le pouvoir…

Ce sont des prétextes. Eux-mêmes savent que ce que nous faisons actuellement vise à prendre la place d’Alassane Ouattara, à accéder au pouvoir. Personne ne peut douter de cela. Ce sont des arguments qui servent à cacher des ambitions personnelles, des enfantillages.

Et nous, on ne veut pas se rabaisser à cela, car c’est la vie des Ivoiriens et le futur de la côte d’Ivoire qui sont en jeu. Ces frondeurs sous-estiment le FPI. Ils n’ont pas compris que le président Gbagbo n’était pas le seul à avoir besoin du parti. Ils n’ont pas saisi que c’était un instrument sur lequel comptait la population pour construire son avenir. Donc ils s’amusent avec notre formation, font n’importe quoi.

Aujourd’hui certains se promènent partout, dans le pays ou à l’extérieur, avec des titres qu’ils n’ont pas, au nom du parti. Des titres officieux, illégaux. C’est de la « voyouterie » politique. De la part de personnes qui ont occupé des hautes fonctions dans ce pays, n’est-ce pas honteux, franchement !

Haby Niakate

JA

06:18 Publié dans Politique | Tags : polémiques, militants fpi, cote d'ivoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Ce que Barack Obama a écrit à Joseph Kabila à l’occasion des festivités de l’indépendance de la RD Congo 30 juin 2016

obama-592x296-1467219154

Dans un message de vœux de Barack Obama adressé mardi au président Joseph Kabila à l’occasion du 56e anniversaire d’indépendance de la RDC et dont Jeune Afrique a pu consulter une copie, le président américain affirme soutenir « le premier passage pacifique et démocratique imminent du pouvoir » en RDC.

« Votre pays est sorti des ravages de la guerre et a atteint une stabilité et une prospérité accrues », souligne Barack Obama, mardi 28 juin, dans un message de vœux adressé à son homologue congolais Joseph Kabila à l’occasion du 56eanniversaire d’indépendance de la RD Congo qui sera célébré le 30 juin à Kindu, dans l’est du pays.

« Le peuple des États-Unis se joint à moi pour vous exprimer ainsi qu’au peuple de la RD Congo les meilleurs voeux (…) », écrit le président américain dans sa lettre dont Jeune Afrique a pu consulter mercredi une copie.

« Premier passage pacifique imminent du pouvoir »

« Nous sommes aux côtés du peuple de la RD Congo et nous soutenons le premier passage pacifique et démocratique imminent du pouvoir », ajoute-t-il.

Nous attendons avec impatience nos relations futures avec une RDC stable »

Barack Obama semble ainsi faire allusion à la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président congolais, le 19 décembre. Et, en état actuel de la Constitution du pays, Joseph Kabila ne peut plus se représenter pour un troisième mandat, offrant à la RD Congo la possibilité de connaître une première alternance pacifique de son histoire.

Alors que plusieurs signaux indiquent que la présidentielle prévue initialement le 27 novembre n’aura pas lieu dans les délais constitutionnels, Barack Obama insiste : « Nous attendons avec impatience nos relations futures avec une République démocratique du Congo stable, démocratique et prospère. » Qu’en pense Joseph Kabila ? Réponse sans doute lors de son message à la nation à l’occasion des festivités commémoratives de l’indépendance de la RD Congo.

Trésor Kibangula

JA

05:53 Publié dans Politique | Tags : rd congo, kabila, présidentielle, obama pour une rdc stable | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

28 juin 2016

Le Pr Francis Wodié dément avoir promis de « garder désormais le silence » au sujet de la nouvelle constitution

 Passation
L’ex-président du Conseil constitutionnel ivoirien, Pr Francis Vangah Wodié, dément avoir promis de « garder désormais le silence » dans le débat autour la nouvelle constitution de la Côte d’Ivoire, tel qu’annoncé récemment par des médias.

« Ayant une claire conscience de mes droits et devoirs, je ne puis, en aucune manière et pour quelque raison, m’engager, d’avance, à me taire sur les questions d’intérêt national », affirme M. Wodié dans une « mise au point » transmise lundi à l’AIP.

« En parfait accord avec moi-même, je parlerai ou j’agirai, selon les situations et les circonstances, le tout à mon seul jugement, dans le sens de ce qui m’apparait être le bien de la collectivité. Telle est ma liberté ! Telle est ma responsabilité ! », poursuit-il.

Lors de la cérémonie de remise « des Mélanges dédiés au Doyen Francis Wodié », le 22 juin, ce dernier, mettant fin à son discours, avait dit : « je garde, à présent, le silence ! Puisse le silence nous garder tous », rappelle-t-on. Mais l’ex-président du Conseil constitutionnel exprime son étonnement d’avoir découvert, le lendemain, « que certains journaux (lui) ont fait dire qu’(il) garde, désormais, le silence ».
« Certains en déduisant mon intention de me taire relativement à la Constitution – dont l’élaboration ou la révision ne laisse pas de préoccuper, légitimement, nombre d’ivoiriens ; (…) A l’attention de tous ceux, de bonne foi, qui ont pu être induits en erreur, je précise que cette expression :+ je garde à présent (et non désormais) le silence …+, ne pouvait et ne peut se rapporter qu’à la dite cérémonie+ », clarifie le constitutionnaliste.

Alors que la Côte d’Ivoire se prépare à adopter une nouvelle constitution par référendum, fin octobre, le Pr Francis Wodié a fait des sorties ces derniers jours pour émettre des critiques à l’encontre de la procédure de ce processus.

akn/tm,
 
Publié le lundi 27 juin 2016  |  AIP

04:02 Publié dans Politique | Tags : le pr francis wodié, nouvelle constitution, côte d'ivoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Brexit: la livre à son niveau le plus bas en 2 ans

Le Parisien: Lundi 27 juin, dans la salle des échanges de ETX Capital. L'économie britannique encaisse les incertitudes sur les modalités et le calendrier du Brexit.
© (AFP/Daniel Leal-Olivas.) Lundi 27 juin, dans la salle des échanges de ETX Capital. L'économie britannique encaisse les incertitudes sur les modalités et le calendrier du Brexit.

Quatre jours après le résultat du référendum sur le Brexit, le ministre britannique des Finances, George Osborne, a prévenu lundi que le Royaume-Uni n'activera l'article 50 pour quitter l'UE qu'au moment opportun, contrairement aux demandes qui lui sont faites en Europe, assurant que l'économie britannique était prête à affronter les turbulences à venir.

Après six ans de politique conservatrice au côté de David Cameron, Osborne a jugé que l'économie était en bien meilleure situation, avec une croissance robuste, des banques bien capitalisées et un déficit budgétaire réduit. « Résultat, notre économie est plus robuste pour affronter les défis auxquels notre pays fait face », a-t-il souligné.

EXCLUSIF. L'appel commun des maires de Londres et Paris

Les chambres de commerce du pays ont lancé un appel à la clarification de la suite des événements. La livre et les marchés boursiers ont continué de baisser ce lundi après avoir lourdement chuté vendredi, réagissant au choc du résultat de la victoire des partisans du « leave  E.U.» au référendum. La

compagnie aérienne britannique EasyJet a estimé lundi que la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne devrait affecter son chiffre d'affaires à hauteur d'au moins 5% sur le second semestre. Du coup, l'action a perdu 10,7% après une demi-heure d'échanges à la Bourse de Londres, après avoir périclité plus de 21% ces deux derniers jours.

La maison-mère de British Airways, International Airlines Group (IAG), a perdu ce lundi matin 9,36%. Parmi les banques, la Royal Bank of Scotland (RBS) perdait 15,25%, le Lloyds Banking Group 8,89% et Barclays 10,23%.

La livre au plus bas niveau face à l'euro

Quant à la livre sterling, elle est tombée à son plus bas niveau, depuis plus de deux ans, face à l'euro (83,26 pence).

L'institut des directeurs (IoD), fédération britannique de chefs d'entreprises, a publié ce lundi les résultats d'un sondage effectué entre vendredi et dimanche auprès de plus d'un millier de ses membres. Il en ressort qu'un quart (24%) des patrons prévoit de geler les embauches et plus d'un sur cinq (22%) envisage de délocaliser certaines opérations.

« Une majorité d'entreprises pensent que le Brexit sera mauvais pour elles (64%), et du coup les projets d'investissement et d'embauches sont gelés ou leur échelle est réduite », a commenté Simon Walker, directeur général de l'IoD.

Dans la foulée, le très médiatique patron du groupe Virgin, Richard Branson, a appelé le parlement britannique à « prendre au sérieux » demandant un deuxième référendum. « La décision sur l'avenir du Royaume-Uni s'est fondée sur de fausses promesses qui ont poussé une minorité de l'ensemble des électeurs à voter » pour une sortie du pays de l'UE, «Please, sign this petition », conclut-il avec un lien vers le site dédié. Ce lundi, à 11 heures, plus de 3,6 millions de personnes avaient signé ce document. 

  Le Parisien

03:43 Publié dans Economie | Tags : brexit, la livre à son niveau, le plus bas | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

27 juin 2016

Benoît XVI, premier pape émérite, explique le pape François

   
   
Visite du pape François au pape émérite Benoît XVI, L'Osservatore Romano

Benoît XVI est le « grand-père sage … qui me protège par sa prière »: c’est lui le premier pape émérite, comme il y a eu naguère les premiers évêques émérite, explique le pape François sur le vol Erevan-Rome, le dimanche 26 juin 2016.
Benoit XVI est « le pape émérite – non pas le second pape, affirme le pape François, – qui est fidèle à sa parole et qui est un homme de Dieu ». « Mais il n’y a qu’un seul pape », souligne-t-il.
C’est ainsi que le pape a répondu en espagnol à la question d’une journaliste argentine de savoir s’il y avait « deux papes » actuellement.
« Pour moi il est le pape émérite, a dit le pape François de son prédécesseur, il est le « grand-père sage, il est l’homme qui soutient mes épaules et mon dos par sa prière. » « C’était une grâce d’avoir à la maison le « grand-père » sage, a-t-il ajouté. Je l’ai même dit devant lui et il a ri. »
Le pape a rappelé qu’il avait déjà « remercié publiquement » le pape Benoit XVI « d’avoir ouvert la porte aux papes émérites ». « Il y a 70 ans, a-t-il expliqué, les évêques émérites n’existaient pas ; aujourd’hui, il y en a. Mais avec cet allongement de la vie, peut-on diriger une Église à un certain âge avec des ennuis de santé ou pas ? Et lui, courageusement – courageusement ! – et par la prière, et aussi avec science, avec théologie, il a décidé d’ouvrir cette porte. Et je crois que c’est bon pour l’Église. »
« Jamais je n’oublie ce discours qu’il nous a adressé, aux cardinaux, le 28 février, a avoué le pape. « Un de vous sera certainement mon successeur. Je promets obéissance ». Et il l’a fait. »
Le pape François a raconté une histoire qui caractérise bien, selon lui, le pape émérite.
« Je ne sais pas si c’est vrai, a-t-il dit, – je souligne : j’ai entendu, ce sont peut-être des bruits de couloir, mais cela va bien avec son caractère, que certains sont allés le voir pour se plaindre parce que « ce nouveau pape… » et il les a chassés ! Dans le meilleur style bavarois : bien élevé, mais il les a chassés. Et si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé, parce que cet homme est comme cela : c’est un homme de parole, un homme droit, droit, droit ! »
Le pape a confirmé sa présence le mardi 28 juin à la célébration à l’occasion de 65e anniversaire de l’ordination sacerdotale du pape Benoit.
« Il y aura son frère Georges [cette présence n’a pas été confirmée] parce qu’ils ont tous les deux été ordonnés ensemble, a-t-il dit. Et il y aura un petit geste, avec les chefs des dicastères et quelques personnes peu nombreuses parce qu’il préfère ainsi… Il a accepté, mais très modestement ; et j’y serai moi aussi. »
Avec une traduction de Constance Roques

Source: ZENIT, Posted by Marina Droujinina on 27 June, 2016

23:53 Publié dans Education | Tags : benoît xvi, premier pape émérite, explications, pape françois | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |