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12 mai 2015

Qu’est-ce que la cirrhose du foie ?

cirrhose, foie, santéLa cirrhose est une maladie du foie qui endommage irréversiblement cet organe digestif.

L’abus d’alcool en est la cause principale. Elle peut aussi survenir à la suite d’une hépatite virale chronique ou d’une maladie rare.

La cirrhose est un ensemble de lésions diffuses et irréversibles du foie. Les tissus hépatiques sont envahis de fibrose, qui détruit la structure du foie et crée des nodules anormaux. La cirrhose peut être stable, ou bien évoluer. Mais elle ne peut pas régresser : une fois installée, elle est toujours définitive.

La cirrhose a plusieurs conséquences :

  • le foie ne remplit plus ses fonctions normales : il ne peut plus filtrer les substances contenues dans le sang ou secréter la bile ;
  • une augmentation de la pression à l’intérieur du système veineux portal (qui conduit le sang en provenance de l’appareil digestif jusqu’au foie) se développe : c’est l’hypertension portale. Elle favorise la formation dans l’œsophage de varices qui peuvent saigner ;
  • un cancer du foie peut survenir dans les 15 à 20 ans qui suivent la formation de la cirrhose

Le foie, un organe essentiel

C’est un organe associé au tube digestif. Il joue le rôle d’une vaste usine chimique, synthétisant et sécrétant la bile, utile à la digestion. Il intervient dans la fabrication des protides (ex : l’albumine), des glucides (ex : le glucose) et des lipides (ex : le cholestérol).

Ces fonctions sont assurées par des cellules appelées hépatocytes. Lors d’une cirrhose du foie, ces cellules sont progressivement détruites et remplacées par de la fibrose.

 Quelles sont les causes de la cirrhose du foie ?

 La cirrhose se développe dans plusieurs situations :

  • la consommation excessive et prolongée d’alcoolest à l’origine de 50 à 75 % des cas de cirrhose ;
  • l’hépatite chronique virale, maladie du foie due à l’infection par des virus, est la seconde cause de cirrhose. L’hépatite C est impliquée dans 15 à 25 % des cas, contre 5 % pour l’hépatite B ;
  • d’autres maladies, plus rares, sont impliquées dans 5 % des cas : hémochromatose génétique, maladies métaboliques (responsables d’accumulation de graisses au niveau du foie par exemple) ou auto-immunes (ex : cirrhose biliaire primitive).


TOHA JEAN PHILIPPE et .ameli-sante , La Régionale.com

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Université Houphouet-Boigny/Grève des enseignants: Les étudiants exigent la reprise des cours

université houphouet boigny, grève des enseignants, manifestation des etudiants, reprise des coursLa police ivoirienne a dispersé lundi une manifestation d’environ 500 étudiants ivoiriens de l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan (la plus grande de Côte d’Ivoire) prévue devant la siège de la télévision nationale (Cocody, est d’Abidjan) pour exiger la reprise des cours perturbée par une grève des enseignants, a appris Alerte Info d’une source syndicale.

« Après un rassemblement au campus, nous avons été dispersés par la police au niveau du Centre hospitalier universitaire de Cocody (50 mètres de l’université), a déclaré à Alerte Info, Zoumana Koné, secrétaire national de la Ligue ivoirienne des groupements estudiantins et scolaires (LIGES), un syndicat estudiantin, précisant que les étudiants « comptaient se rendre » au siège de la télévision nationale à Cocody pour crier leur « ras-le-bol ».

Les professeurs des universités et grandes écoles publiques observent depuis plus de trois semaines « une grève illimitée » pour des revendications salariales et une amélioration de leurs conditions de travail.

 La Coordination nationale des enseignants et chercheurs de Côte d’Ivoire (CNEC) a décidé vendredi à l’issue d’une assemblée générale de continuer la « grève illimitée » qu’elle observe jusqu’à ce que de « sérieuses discussions plus sommet de l’Etat soient « engagées ».

 La police avait dispersé il y’a une semaine, plus de 300 étudiants réunis à l’esplanade de l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, pour exiger la reprise des cours perturbée par la grève des enseignants et en avait arrêté quinze qui ont été libérés après avoir été entendus par un juge.

 Le secrétaire national de la LIGES a évoqué des arrestations sans toutefois communiquer de chiffres.

 A l’occasion de la fête du travail le 1er mai, le président ivoirien, Alassane Ouattara a annoncé le déblocage des salaires des fonctionnaires ivoiriens.

 ABL

 Alerte Info

Côte d’Ivoire: Un nouveau Directeur Général pour la Banque Atlantique

Économie,focus,international,intelligenceArrivé de la Standard Chartered Bank où il venait d’être promu Director Metal & Mining dans la filiale de Shanghai en Chine, l’Ivoirien Hassan Kaba, un ancien de Citibank et diplômé d’Oxford et de Paris Dauphine a dirigé depuis mai 2010 la Banque Atlantique Sénégal. Il cède son fauteuil, à compter de fin mai 2015, au Marocain Younès Oujenha.

Pari réussi pour ce brillant et discret banquier, de nationalité ivoirienne, qui a fait de la Banque atlantique du Sénégal (BAS) un acteur financier incontournable du pays passant d’une taille de bilan de 36 milliards de f CFA à environ 300 milliards de f CFA en 5 ans, avec à la clé des bénéfices cumulés et un PNB (Produit net bancaire) multiplié par 6 permettant ainsi de résorber toutes les pertes antérieures. Les administrateurs de la BAS ont loué sa rigueur et son professionnalisme qui ont permis à la banque de retrouver son embellie, nous a-t-on soufflé. Un challenge d’inverser la balance de pertes vers des profits.

Deal de 250 milliards de f CFA. Sa plus grande réalisation fut le financement de 250 milliards f CFA, arrangé pour le compte de l’Etat du Sénégal, une première en son genre dans toute la zone Uemoa et de surcroît premier financement bilatéral admissible au refinancement auprès des guichets de la Bceao.

Selon des sources autorisées contactées par Les Afriques, c’est à sa demande et afin de se rapprocher de sa famille basée á Montréal, son groupe passé dans le giron de la Banque Populaire du Maroc lui a accordé une mise en disponibilité de 12 mois. «Au terme de cette période, il devrait rejoindre la holding à Abidjan», confirme notre source.

Par Ismael Aidara, Rédacteur en chef
Lesafriques.com

 

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11 mai 2015

Côte d'Ivoire / Conférence des Évêques:Les conditions d’une réconciliation vraie pour des élections apaisées

 cote d'ivoire, reconciliation, presidentielle, conference des evêquesAu terme de la 99ème Assemblée plénière de notre Conférence, tenue à Abengourou, nous avons adressé un message à la nation. Dans ce message, nous avons fait une analyse de la situation qui prévaut dans notre pays la Côte d’Ivoire en vue de proposer une voie de sortie susceptible de consolider la paix.
Dans cette nouvelle adresse, nous souhaitons, une fois encore, partager avec vous, nos compatriotes, le souci de la construction d’une société ivoirienne toujours plus fraternelle et ouverte à tous, respectueuse de la dignité et des droits de la personne humaine et préoccupée d’établir entre tous les citoyens des liens d’amitié, de confiance et de respect mutuel. En effet, il est de la mission de l’Eglise de s’engager à promouvoir en son sein et dans la société, une culture soucieuse de la primauté du droit (cf. Africae Munus 81). Pour ce faire, vos Pères, les Archevêques et Évêques de Côte d’Ivoire, vous rappellent à nouveau les conditions d’une vraie réconciliation, pour des élections apaisées. Cela nécessite tout d’abord que l’on fasse brièvement l’état de la situation actuelle.

I-SITUATION ACTUELLE

Au sortir de la crise née des dernières élections, les nouvelles autorités du pays, conscientes de la fracture sociale, ont opté pour la réconciliation des fils et des filles du pays. Aussi avaient-elles mis en place la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), dont la mission principale consistait à ramener la paix et la concorde entre les différentes composantes de la société ivoirienne. Cette mission serait vaine sans le désarmement. C’est pourquoi les autorités compétentes ont procédé à la création d’un organe chargé de désarmer les ex-belligérants et de les réinsérer dans le tissu social.
Ainsi l’on a vu le retour progressif à la vie civile de plusieurs ex- combattants qui, aujourd’hui, après une formation reçue dans les centres d’apprentissage, mènent une activité génératrice de revenus.

Parmi les actions réalisées par le pouvoir, il faut relever le procès d’un grand nombre de détenus de la crise post-électorale, le retour au pays de certains exilés et le dégel des avoirs de certains concitoyens. Toutes ces actions visaient sûrement à ramener la confiance et la concorde perdues entre les fils et les filles de notre pays.
Cependant malgré toutes ces actions menées en si peu de temps, force est de constater que beaucoup reste à faire. En effet, la CDVR qui avait si bien commencé et qui suscitait beaucoup d’espoir chez les populations, est arrivé au terme de son mandat sans avoir relevé le défi de la Réconciliation. A vrai dire, les rancœurs, les tensions, les frustrations, les traumatismes et la pratique du rattrapage ethnique sont toujours présents dans notre pays. Le pouvoir et l’opposition continuent de se défier. L’on reste toujours arc-bouté à son appartenance régionale, tribale ou ethnique. Par ailleurs le problème foncier reste entier dans certaines régions.
Aujourd’hui, cette commission s’est vue remplacée par une autre structure appelée à parachever le travail déjà entrepris, cette fois-ci, en insistant sur l’indemnisation des victimes.

Par ailleurs le front social en ébullition ces derniers temps nous inquiète tous. Aussi les archevêques et évêques encouragent – ils les uns et les autres à créer les conditions d’une réconciliation vraie.

II- LES CONDITIONS D’UNE VRAIE RÉCONCILIATION

Une vraie réconciliation, dans notre contexte actuel, nécessite un certain nombre de conditions dont, entre autres : la rencontre entre les leaders politiques, l’unité au sein de chaque parti politique, le désarmement, la vérité, une justice équitable et le pardon.

1. Rencontre et dialogue entre les leaders politiques
« Si ton frère a quelque chose contre toi…va d’abord te réconcilier avec lui et viens… » (Mt 5,23-24). Une vraie réconciliation exige une rencontre entre les belligérants d’hier. C’est pourquoi nous souhaitons vivement que tous les leaders politiques se rencontrent et fassent la paix.

2. Unité au sein de chaque parti politique
Nous invitons les partis politiques à œuvrer à l’unité et à la paix en leur propre sein pour contribuer ainsi à la réconciliation du pays.

3. Désarmement
Nous encourageons la poursuite et l’achèvement effectif du processus de désarmement, condition indispensable pour des élections apaisées.

4. Vérité
Il est évident qu’on ne peut pas arriver à une vraie réconciliation dans le mensonge. C’est pourquoi, chacun devra reconnaître sa responsabilité dans les crises successives qui ont secoué notre pays. En effet, trop de mensonges ont été semés dans la vie socio-politique de notre nation. L’heure est venue de sortir courageusement de cette culture de mensonge pour accéder à la vérité.

5. Justice équitable
Dans la crise ivoirienne, des crimes ont été commis dans les deux camps. Une justice équitable devrait juger les coupables de l’un et l’autre camp.

6. Pardon
Sans le pardon demandé et reçu, il n’y a pas de réconciliation authentique. Nous invitons donc les bourreaux de l’un et l’autre camps à regretter leurs torts, à en demander pardon avec la ferme résolution de ne plus recommencer. Quant aux victimes, elles devront faire un effort de pardon et de dépassement.

III-BÂTIR UNE CÔTE D’IVOIRE RÉCONCILIÉE ET PROSPÈRE

A ce stade de notre propos, nous voulons nous adresser aux différents acteurs de la vie socio-politique de notre pays.

Aux leaders Politiques

Vous vous présentez comme des éveilleurs de conscience et des modèles de citoyens. A ce titre, vous êtes appelés à être les repères et les guides des militants de vos partis politiques. Pour cela, vous devrez incarner vous-mêmes les valeurs humaines et démocratiques que vous prônez dans vos projets de société et programmes de gouvernement. Dans vos discours et comportements, vous veillerez à ne mépriser personne et à n’insulter personne. L’autre candidat n’est qu’un adversaire politique et non un ennemi. Aussi doit-il être traité avec courtoisie.

Quels que soient les résultats des votes des prochaines élections, vous devrez placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de toute autre considération ; vous ferez montre de grandeur d’âme pour ne pas considérer la victoire comme une occasion de domination et la défaite comme une déchéance humaine. Dans cette dynamique, le vainqueur devra tendre la main aux vaincus qui accepteront en toute humilité et honnêteté de collaborer à l’unique construction du pays.

Au regard de l’histoire récente de notre pays où beaucoup de jeunes par dizaines ont été sacrifiés sur l’autel des ambitions politiques partisanes, nous vous recommandons vivement de vous abstenir de les impliquer dans vos aventures idéologiques meurtrières.

Aux militants
Vous constituez la base et la force des partis politiques. Mais en même temps, sans le vouloir, vous pouvez en être la faiblesse. Par votre propre faute, à travers l’usage de la violence, le refus de la contradiction, le tribalisme, l’ethnicisme et le fanatisme religieux, vos partis peuvent perdre en crédibilité. Au contraire, vous devez faire preuve de tolérance en acceptant le droit à la différence d’opinion et en traitant avec bienveillance vos adversaires, à défaut de les aimer. Dans la manifestation légitime de votre joie, en cas de victoire de votre candidat, vous ne devez ni provoquer ni humilier les perdants. Victoires et défaites ne doivent pas être des occasions pour poser des actes de vandalisme qui contredisent l’esprit civique (descentes dans les rues, pillages, incendies, meurtres, viols, etc.).

Aux journalistes
Pour permettre à la Côte d’Ivoire de vivre des élections sereines et apaisées, il s’impose d’une part que vous évitiez d’écrire des articles incendiaires de nature à mettre le feu aux poudres et à compromettre la paix fragile qui pointe à l’horizon. Il est impératif d’autre part que l’équité soit respectée dans l’accès de chaque candidat aux médias d’Etat.

Aux jeunes
L’avenir d’un pays repose sur sa jeunesse. A ce sujet, l’Eglise a raison lorsqu’elle affirme que « la jeunesse n’est pas seulement le présent mais surtout l’avenir de l’humanité » (Ecclesia in Africa, n°93). Nous le savons tous, vous les jeunes, vous constituez une force.

Tout en vous félicitant pour votre générosité à répondre aux appels qui vous sont adressés, nous vous invitons à beaucoup de vigilance et à plus de maturité dans vos engagements politiques et idéologiques. Vous ne devrez pas vous laisser manipuler et instrumentaliser par les hommes politiques. Refusez systématiquement le faux martyre qui ne servirait qu’à la gloire d’un individu se souciant peu ou même pas de votre véritable avenir. Rejetez également tout acte qui serait de nature à détruire aussi bien les acquis que le pays lui-même.

Aux autorités religieuses
Nous, autorités religieuses, sommes les guides et les éclaireurs des consciences des hommes, des femmes et des communautés au nom de la foi en Dieu. A ce titre, nous ne devrions pas avoir peur de dire la vérité qui s’impose et qui seule libère. Pour y parvenir, nous, autorités religieuses, préserverons notre liberté vis-à-vis des leaders des partis politiques, des pressions et des logiques ethniques. Nous devons avoir le courage de dénoncer ouvertement les pratiques occultes liées aux élections qui hélas, vont quelquefois jusqu’aux sacrifices humains. Dans nos diverses interventions, nous rappellerons aux leaders politiques le vrai sens de leur engagement qui est d’abord et essentiellement un service de la communauté. Il n’est nullement un moyen d’enrichissement individuel et rapide, encore moins la recherche d’une gloire personnelle ou d’une revanche sur des adversaires.

CONCLUSION
Nous ne saurions terminer cette adresse sans vous inviter à tracer les sillons d’une réconciliation vraie pour le retour d’une paix durable en Côte d’Ivoire. Ainsi les fils et filles de ce pays pourront se mettre ensemble pour construire une société plus digne et plus fraternelle. Puisse la Vierge Marie, Notre-Dame de la Paix, nous accompagner toujours dans nos efforts pour bâtir la patrie de la vraie fraternité.

Fait à Taabo dans le diocèse d’Agboville, le 10 mai 2015
Vos Pères, les Archevêques et Evêques catholiques de Côte d’Ivoire

 

19:09 Publié dans Politique | Tags : election presidentielle, réconciliation, conférence des évêques, conditions | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Afrique : Candidature de Nkurunziza à un 3ème mandat, l'UA joue sa crédibilité

Publié le lundi 11 mai 2015  |  Le Paysafrique, candidature, nkurunziza, 3ème mandat, ua, crédibilité

C’est dans un contexte marqué par la répression meurtrière au quotidien et un concert de désapprobation aussi bien au plan domestique qu’international, que Pierre Nkurunziza poursuit son passage en force vers la confiscation du pouvoir. En effet, en plus de la détermination de l’opposition burundaise qui se bat chaque jour que Dieu fait pour lui barrer la route, l’on peut ajouter la sorite de l’Union africaine (UA) qui, pour la première fois, a rompu avec le clair-obscur qui avait toujours caractérisé sa position sur le tripatouillage des Constitutions par les princes régnants, pour déclarer que la candidature de Pierre Nkurunziza à un 3e mandat est anticonstitutionnelle et contraire à l’esprit des accords d’Arusha, qui avaient été paraphés, on se rappelle, sous sa houlette en 2010. Cette position de l’UA, qu’il faut apprécier à sa juste valeur, constitue une lueur d’espoir pour le peuple burundais en particulier et de manière générale pour tous les peuples d’Afrique en lutte contre l’arbitraire et pour la démocratie.
Rien ne semble arrêter Nkurunziza

La question que l’on peut se poser aujourd’hui est de savoir si l’UA ira au-delà de cette déclaration de principe pour poser des actes forts à l’effet de sauver véritablement la démocratie au Burundi. Cette question est d’autant plus pertinente que l’on sait que dans ce genre de situations, la communauté internationale, généralement, par acquis de conscience, se contente de condamner du bout des lèvres. Tant que ses intérêts ne sont pas en jeu, comme ce fut le cas de la Libye, la communauté internationale ne descend jamais dans l’arène pour sauver les peuples des griffes des satrapes. Ce constat peut être fait surtout en Afrique où l’on peut avoir l’impression que la démocratie des « Nègres » et notamment celle des « Bantous » est le cadet des soucis de la communauté internationale. Cette façon de faire est attentatoire à la démocratie et fait de toute évidence l’affaire des dictateurs.

Malheureusement, c’est ce à quoi l’on pourrait assister de la part de la communauté internationale, au Burundi. Dans le même ordre d’idées, l’on peut faire le reproche à l’UA de n’avoir jamais rien envisagé de concret pour dissuader les antidémocrates d’Afrique de sévir contre leur peuple. Si la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a pu sauver la démocratie au Mali sous la férule du Général Sanogo et en Guinée-Bissau en n’ayant pas exclu de recourir à la force et aux sanctions s’il en était besoin, l’on peut se poser la question de savoir pourquoi l’UA ne le ferait pas ici et maintenant au Burundi. Cela d’autant plus que rien ne semble pour le moment arrêter Nkurunziza dans sa volonté de massacrer les populations de son pays pour protéger son trône. Une autre raison que l’UA peut avancer pour intervenir concrètement au Burundi, est que si d’aventure Nkurunziza réussissait à exécuter son plan contre la démocratie, ce serait alors le requiem de la démocratie dans ce pays et plus généralement dans cette partie de l’Afrique où les peuples de bien des pays de cette zone vivent dans l’angoisse de connaître à leur tour la situation que vit aujourd’hui le pays de l’ancien professeur d’éducation physique et sportive. Pour toutes ces raisons, l’on peut dire que l’UA joue aujourd’hui sa crédibilité au Burundi.

L’UA et la communauté internationale doivent travailler à empêcher le triomphe de la force et de l’arbitraire au Burundi

Si Pierre Nkurunziza réussit son coup, à force de réprimer dans le sang les Burundais qui se sont insurgés contre son 3e mandat et ce malgré les mises en garde de l’UA, cela confirmerait l’idée déjà répandue chez certains Africains, selon laquelle l’UA serait un machin au service de la corporation des princes qui nous gouvernent. L’UA a donc l’opportunité de déconstruire cette image qui lui colle à la peau depuis toujours. Elle ne doit surtout pas la rater d’autant plus que dans le cas d’espèce, sa position est non seulement en phase avec les aspirations du peuple burundais, mais aussi avec les vues de certaines chancelleries occidentales sur la crise au pays de Pierre Nkurunziza. De ce point de vue, l’on peut nourrir l’espoir de voir l’UA monter en puissance dans sa position contre le 3e mandat du président burundais. L’on peut se risquer à dire que c’est cet espoir qui a dû motiver des personnalités majeures de l’opposition burundaise à déposer leur candidature pour la présidentielle à venir et ce, malgré le climat délétère qui prévaut dans le pays. Outre cela, les opposants burundais ont d’autres raisons de ne pas boycotter ce scrutin présidentiel. D’abord, ils ont dû tirer leçon de la présidentielle de 2010 où ils n’avaient pas daigné se présenter contre Nkurunziza. Cela avait permis à ce dernier de s’assurer une victoire tranquille et de travailler par la suite à empêcher toute possibilité d’alternance démocratique au Burundi, en instrumentalisant toutes les institutions du pays.

Ensuite, l’opposition a dû se rendre à l’évidence que les dictateurs ne se soucient guère de savoir si leur élection est légitime ou pas. Ce qui les préoccupe, c’est le pouvoir. Les considérations morales qui y sont liées importent peu à leurs yeux.

Enfin, la motivation des opposants burundais pourrait être liée à leur volonté de ne pas être en- porte-à-faux avec la légalité. En effet, s’ils n’avaient pas déposer leur candidature dans les délais prescrits par la loi, et dans l’hypothèse où Nkurunziza se verrait contraint par la pression des Burundais et celle de la communauté internationale, à renoncer à un 3e mandat, cela serait du pain bénit pour les candidats que Nkurunziza a lui-même suscités pour l’accompagner à l’occasion de la présidentielle à venir. Cela dit, tous les démocrates dignes de ce non, l’UA et la communauté internationale doivent travailler davantage à empêcher le triomphe de la force et de l’arbitraire au Burundi. Si le sommet du 13 mai prochain de Dar-es- Salam devrait s’écarter de cet objectif, il serait purement et simplement inutile. Malheureusement, l’on peut craindre qu’il en soit ainsi. Car, dans leur écrasante majorité, les dirigeants des pays qui doivent y prendre part sont de véritables prédateurs de la démocratie. De ce point de vue, et craignant tout effet domino, ils pourraient faire bloc autour d’un des leurs pour lui permettre de s’accrocher au pouvoir. Quand viendra leur tour de poignarder la démocratie dans leur pays, Nkrurunziza ne manquera pas de leur retourner l’ascenseur.

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10 mai 2015

COTE D’IVOIRE/LITTERATURE: LES CLEFS D’UN ESPOIR JAMAIS PERDU.

RCI 1.jpgLa Côte d’Ivoire, jadis modèle de stabilité, de prospérité et d’intégration sous-régionale, est aujourd’hui en proie à de sérieux doutes. Depuis près de 15 ans, les agitations tragiques qui marquent les successions au pouvoir d’Etat, ont fini par convaincre du malaise profond qui mine le tissu social. Tel un être humain jouissant d’une solide santé quarantenaire, ressent brusquement les symptômes d’une pathologie de nature obscure, une pathologie qu’il développe sans en avoir pourtant contracté le germe, une pathologie qu’on peut aisément contenir ou étouffer, du moins, apparemment, mais qui décime allègrement son sujet, une pathologie à lui adaptée ou communiquée de la part d’auteurs obscurantistes et ancrée de fatalité. C’est le diagnostic, fût-il décontenancé. Ce diagnostic, la science ne saurait l’accepter longtemps, saisie qu’elle est par la dynamique du déterminisme, au nom de la logique du phénomène, fait observable et, donc, scientifiquement déterminé, opposé au Noumène désignant les réalités supra-sensibles, comme l’établit Emmanuel KANT. Ainsi, le phénomène, réalité sensible et observable, est matière d’application de la raison, faculté humaine naturellement encadrée par les normes Espace-Temps. C’est que, pendant près de quatre décennies, la Côte d’Ivoire fut une lumière de convergence, un îlot de paix et de quiétude sociale, relativement s’entend.Toutefois, cette idylle ouest-africaine semblait ne tenir qu’à un fil, reposant sur un seul pilier : Félix HOUPHOUET BOIGNY, virtuose et charismatique, du reste, beau relais de transmission entre l’ex-puissance coloniale, les communautés ethniques de Côte d’Ivoire et leurs voisins d’Afrique occidentale. Le décès du chef en 1993 a dévoilé les contradictions latentes, les contradictions que son ombrage couvrait. Depuis 2002, notamment, les déchirements entre communautés ethniques, ressortissants de la CEDEAO et la France, étaient évidents ; l’éclatement de la rébellion politico-armée n’a qu’exposé  les difficultés de coexistence et les divergences d’intérêts à l’intérieur de la Côte d’Ivoire et entre la Côte d’Ivoire et ses légendaires partenaires diplomatiques. Le spectacle des deux présidents sortis du scrutin du 28 Novembre 2010 en dit long sur la question. Seule une guerre fratricide put les départager. L’îlot de paix a préféré se dévêtir de son accoutrement devenu ancien et gênant, peut-être, pour revêtir les parures de l’instabilité, lui paraissant mieux adaptées au contexte. La conséquence, c’est que la Côte d’Ivoire est visiblement la risée de ses ex-admirateurs quand elle ne sert de meuble aux chroniqueurs politiques en mal de contenance. Cependant, aussi appréciable que cela puisse paraître, la Côte d’Ivoire n’a jamais perdu la foi en elle de ses propres fils et même du monde entier ; ses atouts étant légion. La Côte d’Ivoire, c’est d’abord un peuplement aux origines microcosmiques de la sous- région ouest-africaine. Quatre grands groupes ethniques la composent : Les Mandés constitués des groupes ethniques « Malinké », « Gouro », « Dan » dans le Nord, le  Nord-Ouest et l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Les Akans constitués des groupes ethniques « Baoulé », « Agni », « Abron » dans le centre et l’Est du pays. Les Krous regroupant les ethnies « Guéré », « Bété », « Dida » dans l’Ouest et le Sud-Ouest. Les Voltaïques que constituent les « Senoufo », « Lobi » et « Koulango » dans le Nord et le Nord-Est du pays. Historiquement, tous ces groupes ethniques ont pour zones d’émigration les pays frontaliers Mali, Burkina, Ghana, Libéria. Ce microcosme culturel s’inscrit, à n’en point douter, comme la conscience communautaire de toute l’Afrique de l’Ouest, tenue de préserver et de pérenniser ce qu’elle peut convenir d’appeler sa seconde patrie. Ensuite, la Côte d’Ivoire, c’est la faveur de conditions naturelles énormes ; on y dénote de réelles étendues d’eau et forestière et une pluviométrie abondante, ferment d’une pratique agricole à succès. A toutes fins utiles, il faut souligner que l’agriculture, avec son corollaire d’acquisition de devises et d’autosuffisance alimentaire, est l’art économique prisé de ces peuples de la sous-région ouest-africaine.Cette interconnexion entre conditions naturelles propices et réalisations agricoles en Côte d’Ivoire, le président Léopold Sédar Senghor, à l’issue de sa visite en Décembre 1971, l’a mentionnée dans l’une de ses correspondances, notamment, à son ami Siradou Diallo : « J’ai vu les (…) immenses plantations. C’est bien. Les ivoiriens ont travaillé. Mais vous savez, Diallo, il y a une grande différence, ici, avec le Sénégal, et une seule, il pleut. Avec de l’eau, j’aurais fait des miracles. Alors, Houphouët a cette chance. » (Jeune Afrique du 16 au 20 Octobre 1996). L’Afrique de l’Ouest, donc, selon toute vraisemblance et pour sa survie, a intérêt à mettre tout en œuvre pour la stabilité de ce grenier d’espérance. C’est le bon sens. En outre, la Côte d’Ivoire, ce sont des infrastructures économiques. C’est, en particulier, un port autonome qui défie toute concurrence, le deuxième d’Afrique après celui de Durban en Afrique du Sud. En effet, le port d’Abidjan dispose d’équipements et d’infrastructures très modernes, inégalées dans la sous-région. On ne saurait passer sous silence le fait que ce trésor infrastructurel profite de la position médiane du pays sur les côtes de l’Atlantique. C’est naturellement, peut-être, que ce pays glane au moins 40% des flux de capitaux au sein de l’UEMOA et que plus de 26% de sa population est étrangère.Enfin, la Côte d’Ivoire, c’est  le creuset de ressources humaines de qualité, consubstantielle à une forte scolarisation de ses fils, compétitifs en Afrique et dans le monde. Tout ce tableau dressé au sujet de la Côte d’Ivoire le présente comme une oasis au milieu d’un désert exigeant et persécuteur. On peut comprendre que l’actualité politique en Côte d’Ivoire tente fortement l’immixtion de l’étranger, instinctive du reste, au point d’entamer désespérément la quiétude souveraine du pays. La très grande médiatisation des crises ivoiriennes depuis 1993 en est un indice probant. Par culte de réalisme, des mesures de responsabilité plurielle s’imposent : Il importe de désethniciser la politique. Une campagne de sensibilisation s’impose à ce sujet. En amont, on inculquera au citoyen ivoirien qu’il ne devra sa stabilité sociale qu’au travail consciencieux, acharné et persévérant, et non à un apparentement à quelque leader politique. De façon telle que la promotion du travail deviendrait un gage de réconciliation nationale ; la sublimation des compétences offrirait la faveur de briser la réclusion ethnique,  jadis génétique. La culture du mérite provoquant nécessairement une extraversion entre Ivoiriens qui se verraient unis autour de valeurs saines, constructives et élitistes. Est-il besoin de mentionner que la mentalité de l’excellence phagocyte logiquement la corruption à quelque niveau de gestion des affaires de l’Etat ? D’Houphouët à Bédié,les Baoulés ont totalisé près de 50 ans de pouvoir d’Etat, qui n’ont pourtant pas hissé ce groupe ethnique au firmament de la vie sociale. Enjambons la parenthèse des 10 mois de règne du Général Guéi. Pas de bilan, donc, pour le peuple du grand Ouest. De 2000 à 2010, sous Gbagbo, les Bétés ont totalisé 10 ans de pouvoir. Ils n’en sont pas sortis plus épanouis non plus. La conclusion de notre métaphysique est que le salut réside dans le travail et non dans l’ethnie. C’est d’ailleurs une meilleure sécurité pour les dirigeants politiques que de le comprendre. L’essor national en découlerait. Cette rigueur de vie sociale, expression d’une pauvreté de cœur, devrait déteindre sur l’élection d’une constitution prévoyant, de façon non négociable, la limitation du mandat présidentiel. Cette légifération réduirait fortement les tentations aux sempiternels coups d’Etat qui affichent l’inconvénient de freiner la marche vers le développement, du moins, de l’inscrire dans un cyclisme accablant. Ce faisant, il conviendrait de se régler tous les comptes dans un cadre politique. Et tout individu ou groupe d’individus qui tenterait de contourner l’état d’esprit édicté devrait faire l’objet d’hostilité ou de vives réprobations par tous les organes de l’Etat. D’autre part, la Côte d’Ivoire pourrait faire l’économie d’une persécution en ne couvant pas ses richesses comme la poule le fait de ses œufs. Ce ne serait pas de bonne disposition que ses voisins admireraient cet oasis dans le désert. Cette persécution me paraît naturelle, sanguine presque. Par souci d’appartenance commune, le pays pourrait aider à soulager le désastre de ses voisins en leur accordant quelques privilèges. Des réflexions d’experts pourraient être sollicitées à ce propos, pour examiner une bonne applicabilité de la suggestion émise, susceptible d’entretenir de bons rapports entre la Côte d’Ivoire et ses entourants.Par culte de réalisme. L’exemple nous en est donné par l’Union Européenne qui réussit ce travail permanent de rehaussement de l’économie de ses membres en crise. Les cas de la Grèce et de l’Espagne intervenus dernièrement l’ont bien montré. Cela ne relève pas nécessairement d’une magnanimité mais, plutôt, d’un acte de sécurisation de son environnement. Tant il est vrai que le voisin dans la misère est une menace perpétuelle. Pour leur part, les ressortissants des pays voisins de la Côte d’Ivoire doivent avoir, entre autres, la préoccupation de développer leur pays d’accueil en s’érigeant en artisans de paix, respectueux des lois, et en investisseurs locaux. Par culte de réalisme. La stabilité de la Côte d’Ivoire ouvrant la vanne à leur épanouissement personnel et à la bonne marche relative de leur pays d’origine. C’est la loi du Boomerang. La métropole, quant à elle, du fait de sa politique expansionniste qui ne s’est pas limitée à la colonisation, devrait, objectivité oblige, aider à asseoir en Côte d’Ivoire des institutions fortes pour la bonne santé de la section ouest-africaine de la communauté française du 4 Décembre 1958. Bien entendu, un partenariat économique, qui ne piétine pas, avec désinvolture, les intérêts de l’une des parties, serait fortement recommandé. La Côte d’Ivoire a grandement besoin de la France. Et la France n’a certainement pas envie de perdre la sympathie de la Côte d’Ivoire ; les liens historiques scellant le sort conjoint des deux Etats. A l’aune de ce millénaire mondialisant, secoué par les avatars technologiques, où les cultures s’imbriquent, où les démographies flambent et que le citoyen n’acquerra sa dignité qu’en sortant de son autarcie, les peuples ont de plus en plus de besoins.Pourquoi ne pas aborder, avec franchise, cette question pour éviter définitivement, sinon, durablement, le folklore des crises à répétition qui dégage le relent d’exposer les deux entités nationales sur la place publique ? Toutefois, ce n’est ni par une politique d’armement, ni par nos mobilisations frénétiques et nos zèles forcenés aux meetings que nous parviendrons à contraindre l’Occident à accéder à quelques unes de nos requêtes, mais, plutôt, par le moyen de notre unité. S’il doit y avoir une mobilisation, c’est bien celle pour l’unité. Sans se berner, qu’il ne soit pas fait allusion à cette unité à l’enseigne monopartisanne. Il s’agit, surtout, d’une unité autour de l’essentiel, c’est-à-dire, le respect mutuel entre compatriotes et une entente "culturelle" au sujet de ce qui peut être perçu comme l’intérêt de la Côte d’Ivoire. Ce ne sont pas ces idées qui manquent à nos dirigeants politiques d’Afrique et d’Occident. Encore faut-il un peu de volonté pour que les actes posés soient en adéquation avec les discours transcendants, médiatiquement relayés. Cela requiert, peut-être, le sacrifice d’intérêts égocentriques à profit éphémère pour se hisser à un idéalisme. Par culte de réalisme.

         Dr TOH BI Tié Emmanuel

                 Ecrivain-poète

           Maître Assistant-UFR
CMS-Université de Bouaké-Côte d’Ivoire.

 

08:14 Publié dans Culture | Tags : côted'ivoire, clefs, espoir, paix | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |