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12 février 2012

« Donner un sens à la souffrance », par Mgr Perrier


ROME, jeudi 9 février 2012 (ZENIT.org)
– « Le défi principal, dans notre culture actuelle, est de donner sens à
une souffrance », explique Mgr Jacques Perrier, évêque de
Tarbes-Lourdes, dans cet entretien à l’occasion de la Journée mondiale
du Malade, fixée par Jean-Paul II au 11 février, en la fête de Notre
Dame de Lourdes, donc, samedi prochain.

Zenit -  Mgr
Perrier, Jean-Paul II a choisi que la Journée mondiale du malade
coïnciderait avec la fête de Notre Dame de Lourdes: pourquoi une telle
journée et pourquoi Lourdes?



Mgr Jacques Perrier - Evidemment, l’institution du
Conseil pontifical pour le Monde de la Santé et la Journée Mondiale du
Malade viennent de l’expérience personnelle de Jean Paul II. Il a mis
très longtemps pour retrouver une activité normale après l’attentat du
13 mai 1981, dont il a toujours gardé des séquelles. Mais ce n’est pas
la seule raison. Jean Paul II avait la conviction que la prière et
l’offrande des malades jouaient un rôle important dans la sanctification
de l’Eglise et l’évangélisation. Le titre de sa Lettre apostolique, Salvifici doloris, est tout autant révélateur de sa pensée que provocateur pour l’opinion.


Quant au choix de Lourdes, qui est connue pour ses guérisons, il
montre que Dieu est promesse de vie, que le désir de guérir est
tout-à-fait légitime et que l’activité des soignants doit être appréciée
et soutenue par l’Eglise. Bernadette, devenue religieuse, fut une
remarquable infirmière, malgré sa faible formation initiale.



A Lourdes, quels sont les différents aspects de cette journée?


 

La bizarrerie, c’est qu’à lourdes, le 11 février, les malades sont
très peu nombreux. Les Accueils ne sont pas ouverts en plein hiver. Ce
sont donc les personnes malades et handicapées de Lourdes même qui
représentent toutes celles qui viendront durant les mois suivants.



Cette année, le message de Benoît XVI insiste sur les sacrements de la guérison: pouvez-vous nous en dire davantage?


 

Depuis le concile Vatican II et la réforme liturgique qu’il a
induite, l’Eglise ne parle plus d’ « extrême onction », avec ce que ces
mots comportaient de funèbre dans la mentalité commune. Mais c’est une
erreur de qualifier l’onction des malades de « sacrement des malades »,
comme si elle était le seul sacrement qui soit adapté à la situation des
malades. La réconciliation et l’Eucharistie sont aussi des sacrements
des malades. L’Eucharistie n’est-elle pas le gage de la vie éternelle ?
« Qui mange ce pain vivra pour toujours. » 



Il y a un type de maladie particulièrement difficile à
accompagner, la maladie mentale: vous recommandez les sacrements aussi
pour ces maladies?


 

Oui. Pourquoi en seraient-ils exclus ? La maladie psychique et la
grâce du sacrement ne se situent pas sur le même plan. Mais l’être
humain est unifié. Les interactions sont possibles. Mais les sacrements
de guérison spirituelle ne dispensent pas des soins médicaux, qu’ils
soient corporels ou psychiques.



A Lourdes, il n'y a pas que la Grotte, il y a des hôpitaux et
des aumôniers: quels sont les défis que les aumôniers d'hôpitaux
doivent affronter aujourd'hui?


 

Le défi principal, dans notre culture actuelle, est de donner sens à
une souffrance que les progrès de la médecine ont permis de réduire,
mais non d’éliminer. Cette souffrance est elle-même multiple, et pas
seulement physique. L’itinéraire qui mène à l’offrande est un chemin
ardu. Le pape Jean Paul en avait humblement parlé à Lourdes le 15 août
1983. C’est un vrai chemin de conversion : la prière de la communauté
chrétienne et de la communion des saints doit être sollicitée.


Propos recueillis par Anita Bourdin

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