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30 octobre 2010

Présidentielle en Côte d'Ivoire effective

Je souhaite une bonne chance aux quatorze candidats à la présidentielle en Côte d'Ivoire. Le scrutin est donc prévu pour le 31 octobre. Un fauteuil pour quatorze prétendants.Une équation difficile à résoudre; la lutte est rude. C'est ce qui justifiait l'ardeur et l'ambiance de la campagne électorale. Laquelle s'est bien déroulée dans l'ensemble.

Leur sort dépend des suffrages des populations. Rendez vous demain ( 31 octobre ) dans les bureaux de vote pour accomplir ce devoir civique afin d'élire de façon apaisée le président de la Côte d'Ivoire nouvelle.

Que les treize vaincus reconnaissent la victoire du vainqueur pour une Côte d'Ivoire réconciliée et forte, unifiée et restaurée. 

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.

Patrice Wanset 

11:53 Publié dans Politique | Tags : politique, élection présidentielle, 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Toussaint, une fête de joie

1er novembre 2010 - Fête de la Toussaint : Solennité de tous les saints

Les références des textes

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Ap 7, 2-4.9-14
Psaume 23, 1-2, 3-4ab, 5-6
1 Jn 3, 1-3
Mt 5, 1-12a

Le commentaire des lectures bibliques
par Marcel Domergue, jésuite, rédacteur à Croire aujourd'hui

A lire le commentaire précédent, nous pourrions imaginer que le nombre de ceux qui trouvent la vraie joie dans la reconnaissance du don de Dieu, don totalement gratuit puisque sans « mérite » de notre part, est forcément restreint. La doctrine du « petit nombre des sauvés » a eu des partisans dans l’Église, et cela n’a pas contribué à donner à l’Évangile son visage de Bonne Nouvelle. La fête de la Toussaint vient s’inscrire en faux contre cette interprétation désastreuse de la foi chrétienne : nous voici invités à nous réjouir de la multitude des humains assumés et accueillis par Dieu. La première lecture (Apocalypse) insiste sur des nombres symboliques pour nous faire comprendre que « l’on ne peut compter cette foule immense ». Avec hésitation il est vrai, beaucoup pensent qu’il faut traduire ici « multitude » par « totalité ». L’Église n’a-t-elle pas refusé l’affirmation, tenue par certains, que Judas était « damné » ? La Toussaint est donc la célébration de la réussite de Dieu et de l’humanité entière. Une fête de joie, même si la proximité de la fête des défunts, d’ailleurs en général mal interprétée, et la météorologie souvent maussade d’un 1er novembre, ont fini par grever cette fête d’un certain poids de mélancolie. Ajoutons la chaleur de la solidarité à la joie de la prise de conscience de la surabondance de l’amour qui nous fait être : avec tous ces « saints » nous ne faisons qu’un seul corps.

Communauté des biens
Pas de limite à l’amour de Dieu, pas de limite à Dieu qui est amour. Pas de limite aux dimensions de ce corps que le Christ se donne en rassemblant les hommes de toute race, de toute langue, de tout niveau culturel. Et même de toute religion. Pour être moi, j’ai besoin de tous les autres. Comme le dit Paul en 1 Corinthiens 12 : « Il y a plusieurs membres et cependant un seul corps. L’oeil ne peut donc dire à la main “je n’ai pas besoin de toi”, ni la tête dire aux pieds “je n’ai pas besoin de vous”. » Jetons donc un regard nouveau sur cette multitude d’inconnus qui nous ont précédés : ce ne sont pas des étrangers mais en quelque sorte une part de nous-mêmes. C’est avec eux et par eux que nous sommes membres de l’unique corps du Christ. Je deviens héritier de la pauvreté vécue par François d’Assise et tant d’autres, crédité de toute la douceur de ceux qui ont passé leur vie à aider leur prochain, consolé pour toutes les larmes que d’autres ont versées. Bien sûr je ne peux pas, à moi seul, vivre toutes les béatitudes : être persécuté pour la justice ne dépend pas d’une décision de ma part. Autre le sort de Thérèse de Lisieux, autre le sort de François Xavier ou de saint Laurent brûlé vif, mais tout cela m’appartient. La communauté des biens pratiquée, semble-t-il, par l’Église primitive signifie le partage de toutes les valeurs spirituelles et humaines des membres du Corps. C’est pour cela que l’on parle, dans un langage un peu désuet, de la « communion des saints ».

Un nouveau regard sur les autres
Ce qui vient d’être dit ne concerne pas seulement notre lien avec les hommes du passé. Apprenons à porter aussi un regard nouveau sur tous ceux et toutes celles qui nous entourent, de loin ou de près. Mais peut-on les considérer tous comme des "saints" ? C’est là que nous devons bien nous entendre sur le sens du mot "sainteté". Si nous le prenons au sens de perfection morale, d’excellence en toutes vertus, il est évident que personne ne peut s’en prévaloir. Mais le mot a un autre sens : est saint ce qui appartient à Dieu. Nous sommes saints parce qu’assumés par Dieu et personne ne peut être exclu de sa miséricorde, d’un amour qui ne connaît pas de limite. Dieu voit l’homme le plus pervers à travers le visage de son Fils. Porter un jugement, quel qu’il soit, est en dehors de nos compétences. Peut-être découvrirons-nous un jour que ceux que nous prenions pour des méchants étaient en fait des malheureux, frustrés en quelque domaine, grevés d’un héritage familial désastreux. Peut-être constaterons-nous aussi que, privilégiés, nous n’avons guère profité des cartes que nous avions en mains. Heureusement, tous nous émargeons au trésor commun de la sainteté de Dieu. Les portes du Royaume s’ouvrent toutes grandes au tout-venant quand s’ouvre le tombeau du Christ. Plutôt que de parler de tous saints, il vaudrait mieux dire : tous sanctifiés.

 Marcel Domergue, sj

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En état de manque

31 octobre 2010 - 31ème dimanche du temps ordinaire - Année C

Les références des textes de ce dimanche

Sagesse 11,23 à 12,2
Psaume 144
2 Thessaloniciens 1,11 à 2,2
Luc 19,1-10

Le commentaire des lectures bibliques
par Marcel Domergue, jésuite, rédacteur à Croire aujourd'hui

A première vue, Zachée a tout pour lui. Certes, c’est un publicain, mais c’est un notable : il est « chef des collecteurs d’impôts » et il est riche. Que demander de plus ? Pourtant, il pressent qu’il lui manque quelque chose. Le texte insiste sur la vivacité de son désir de voir qui est Jésus : il court, il grimpe sur le sycomore, ce qui n’est pas très convenable pour un homme de son rang. Sans doute a-t-il entendu parler des paroles insolites prononcées par ce Galiléen et des prodiges qu’il a accomplis mais, semble-t-il, il ne s’agit pas ici de simple curiosité : il y a en lui une sorte de certitude que ce Jésus peut lui donner tout ce qui lui manque, sa « petite taille » étant sans doute symbolique. Bref, il manifeste par son comportement qu’il est habité par une foi naissante. C’est elle qui engendre son désir de « voir qui est Jésus ». Comme le publicain de la parabole précédente, il réalise qu’il n’est pas à la hauteur et que ce Jésus peut le conduire à son accomplissement. Comme souvent dans les évangiles, la foule joue un rôle d’obstacle et empêche la rencontre, comme dans le cas de l’aveugle en Marc 10,48. Pour trouver le Christ, il faut sortir d’une foule qui, on le verra à la Passion, se méprend sur ce que le Christ vient lui donner. Le déplacement de Zachée qui court et grimpe à l’arbre répond à un autre déplacement, prodigieux : celui du Verbe de Dieu venant habiter l’humanité enfermée dans ses illusions mortelles de recherche de pouvoir et d’accumulation de richesses (Zachée est « chef » et « riche »). Si Zachée va vers Jésus c’est parce que Jésus est d’abord venu vers Zachée.

 

La rencontre

Nous n’en avons pas fini avec les déplacements. Zachée doit maintenant descendre de son arbre pour recevoir Jésus. Il voulait voir Jésus, maintenant c’est Jésus qui lève les yeux vers lui et, de plus, lui adresse la parole. Celui qui voulait seulement « voir » va maintenant entendre une révélation stupéfiante : « Il faut que j’aille demeurer chez toi ». Tous les mots comptent : « Il faut », car c’est pour venir habiter avec les pécheurs et manger avec eux que le Christ est venu dans le monde. « Aujourd’hui », car les temps sont accomplis : on approche de Jérusalem où Jésus, solidaire et victime du péché du monde, sera cloué sur l’arbre de la Croix. « Demeurer », car le thème de la demeure de Dieu parmi les hommes est central dans la Bible : il s’agit avant tout du « Saint des Saints », espace vide au coeur du Temple. Désormais, la demeure de Dieu sera le coeur de l’homme (voir Jean 4,21-24). Le Christ, Dieu, se déplace pour venir nous habiter. Il va loger chez un pécheur, et les bien-pensants s’en indignent. Zachée prend la parole : « Je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens ». Deux interprétations : ou bien Zachée dit ce qu’il pratique déjà, et ses paroles sont alors une réponse à ceux qui l’accusent d’être un « pécheur », ou bien il dit ce qu’il va faire à la suite de sa rencontre du Christ. De toute façon, Jésus conclut en disant qu’aujourd’hui (2e emploi de ce mot) le salut est arrivé en cette demeure.

 

Zachée, c’est nous

"Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison car lui aussi est un fils d’Abraham". Nous voici renvoyés à notre premier paragraphe. Qui en effet est "fils d’Abraham" ? Paul le répète en ses épîtres, par exemple en Galates 3,7 : la descendance d’Abraham n’est pas tributaire d’une hérédité charnelle, mais de la foi. Cette foi est en fin de compte foi en la Résurrection (Romains 4,16-25). On le voit, cet épisode de Zachée résume tout ce que nous apporte le Christ. Il s’agit de croire en ce Dieu qui vient chercher et sauver tout ce qui était perdu, comme le répète Jésus à la fin du récit. Nous sommes là au sommet de la foi. Mais n’oublions que si notre unité avec Dieu et notre salut trouvent leur origine dans ce "déplacement" de Dieu vers nous, il revient aux hommes d’y répondre en se déplaçant vers lui, de "courir" à sa rencontre. Nous voici invités, qui que nous soyons, à nous projeter dans le personnage de Zachée. Et cela depuis le commencement du récit, en donnant priorité au désir de connaître le Christ et en courant vers lui, jusqu’à la fin, en prenant en charge les plus démunis et en nous demandant si nous n’avons pas de dettes cachées envers bien d’autres. Mais l’essentiel reste notre accueil, l’ouverture de nos portes pour que Jésus puisse venir habiter chez nous. Il ne s’agit pas là d’un simple « sentiment spirituel » : Jésus peut venir nous trouver sous des visages multiples, à travers des gens que nous aurions souvent envie d’ignorer. Descendons, vite, de nos arbres religieusement corrects pour nous ouvrir en vérité à ceux qui frappent à nos portes. Projetons-nous aussi en Jésus, qui se déplace vers les "pécheurs".

Père Marcel Domergue, jésuite
2010

11:20 Publié dans Education | Tags : 31ème dimanche temps ordinaire année c | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Soyez prudents et simples

pat.jpgBouquet spirituel: «Soyez prudents comme des serpents, et simples comme des colombes.» Mt. 10, 16

SAINT PATRICE
Apôtre de l'Irlande
(373-464)

Saint Patrice naquit probablement près de Boulogne-sur-Mer; on croit qu'il était le neveu de saint Martin de Tours, du côté maternel. Quoi qu'il en soit, ses parents l'élevèrent dans une haute piété. Il avait seize ans, quand il fut enlevé par des brigands et conduit providentiellement dans le pays dont il devait être l'apôtre. Patrice profita des cinq ou six ans de sa dure captivité pour apprendre la langue et les usages de l'Irlande, tout en gardant des troupeaux.

Un jour qu'il vaquait à ses occupations ordinaires, un ange lui apparut sous la forme d'un jeune homme, lui ordonnant de creuser la terre, et le jeune esclave y trouva l'argent nécessaire au rachat de sa liberté. Il passa alors en France sur un navire et se rendit au monastère de Marmoutier, où il se prépara, par l'étude, la mortification et la prière, à la mission d'évangéliser l'Irlande. Quelques années plus tard, il alla, en effet, se mettre, dans ce but, à la disposition du Pape, qui l'ordonna évêque et l'envoya dans l'île que son zèle allait bientôt transformer.

Son apostolat fut une suite de merveilles. Le roi lutte en vain contre les progrès de l'Évangile; s'il lève son épée pour fendre la tête du Saint, sa main demeure paralysée; s'il envoie des émissaires pour l'assassiner dans ses courses apostoliques, Dieu le rend invisible, et il échappe à la mort; si on présente à Patrice une coupe empoisonnée, il la brise par le signe de la Croix.

La foi se répandait comme une flamme rapide dans ce pays, qui mérita plus tard d'être appelée l'île des saints. Patrice avait peu d'auxiliaires; il était l'âme de tout ce grand mouvement chrétien; il baptisait les convertis, guérissait les malades, prêchait sans cesse, visitait les rois pour les rendre favorables à son oeuvre, ne reculant devant aucune fatigue ni aucun péril.

La prière était sa force; il y passait les nuits comme les jours. Dans la première partie de la nuit, il récitait cent psaumes et faisait en même temps deux cents génuflexions; dans la seconde partie de la nuit, il se plongeait dans l'eau glacée, le coeur, les yeux, les mains tournés vers le Ciel, jusqu'à ce qu'il eût fini les cinquante derniers psaumes.

Il ne donnait au sommeil qu'un temps très court, étendu sur le rocher, avec une pierre pour oreiller, et couvert d'un cilice, pour macérer sa chair même en dormant. Est-il étonnant qu'au nom de la Sainte Trinité, il ait ressuscité trente-trois morts et fait tant d'autres prodiges? Il mourut plus que nonagénaire, malgré ses effrayantes pénitences.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

11:08 Publié dans Education | Tags : religion, saint patrice | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Prière à Saint Antoine de Padoue

antoine.jpgSaint Antoine,  toi que l'on n'a jamais invoqué en vain,



Vers toi, je me tourne encore une fois, pour que tu  m'obtiennes du Seigneur



Dieu les Grâces dont j'ai grand besoin, et particulièrement ce qui me
tient tant à coeur  ......... (Préciser votre intention)…………  



Tu as toujours été mon bon et fidèle protecteur.
Accueille ma demande, pour que grâce à ton intercession,



Dieu veuille l'exaucer, selon sa Volonté.
Que le Seigneur augmente ma Foi et me garde le coeur pur !



 







11:03 Publié dans Education | Tags : religion, prière, saint antoine de padoue | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

26 octobre 2010

Comment le capitalisme d’Etat empêche l’économie ivoirienne de décoller


 


 

   

A côté de la tenue des élections tant attendues, un autre sujet pourrait être considéré comme un point d’inquiétude en Côte d’Ivoire : celui de l’avenir de l’économie ivoirienne. Considéré encore aujourd’hui comme le pays moteur de l’économie de la « sous-région ouest-africaine francophone », la Côte d’Ivoire est pourtant un pays dont les performances et la situation économique laissent à désirer malgré ses énormes potentialités. Pour quelles raisons son décollage économique tarde-t-il à venir ? Dans cet article, Abel N’djmomon, doctorant chercheur à la Faculté d’Économie Appliquée à Aix-en-Provence,
nous propose des éléments de réponse afin de mieux comprendre les raisons de blocage de l’économie ivoirienne.

Auteur : Abel N’djomon

Considéré encore aujourd’hui comme le pays moteur de l’économie de la « sous-région ouest-africaine francophone », la Côte d’Ivoire est pourtant un pays dont les performances et la situation économique laissent à désirer malgré ses énormes potentialités. Pour quelles raisons son décollage économique tarde-t-il à venir ?

Une conception erronée de la justice sociale

L’une des origines majeures de cette situation provient du choix des dirigeants de la Côte d’Ivoire indépendante (août 1960) pour un soi-disant « capitalisme d’Etat ». Nombreux étaient les analystes économiques qui avaient cru que ce prétendu « modèle économique ivoirien » basé sur les cultures d’exportation (dont le cacao et le café) et l’omniprésence de l’Etat dans les secteurs d’activité lui ouvrirait les portes du développement économique.

Si depuis près d’une décennie, les indicateurs de la croissance économique ivoirienne ne sont pas globalement négatifs (taux de croissance moyen du PIB de 0,7% entre 1996 et 2006, et de 1,6% en 2007), le niveau de vie de la population est quant à lui très préoccupant ; selon le Document de Stratégie de Relance Economique et de Réduction de la Pauvreté (DSRP) du gouvernement ivoirien publié en Janvier 2009, 48,9% de la population ivoirienne était estimée pauvre en 2008. La crise politico-militaire (la plus grave que le pays ait jamais connue) déclenchée ouvertement le 19 septembre 2002 aurait
accentué cette baisse du niveau de bien-être de la population en général. La « justice sociale » qui avait été évoquée et continue d’être évoquée pour justifier le capitalisme d’Etat ivoirien (sous ses différentes formes) est loin d’être une réalité en Côte d’Ivoire comme le notifie le DSRP.

Les choix politiques et économiques des dirigeants ivoiriens relèvent d’un « héritage colonial » dont ces derniers semblent (quoiqu’ils en disent) ne pas vouloir se défaire puisqu’il leur est avantageux. La vie socio-économique en Côte d’Ivoire est donc restée fortement politisée. La production de services publics pour lutter contre les inégalités a souvent servi de tremplin pour justifier cette emprise du politique sur l’économique en Côte d’Ivoire. Ce système permet à ceux qui détiennent le pouvoir d’user plus facilement des « caisses publiques » avec beaucoup de
laxisme, à leur profit et à celui de leurs « supporters politiques ». Comme le reconnaît le DSRP (n° 164), le suivi d’évaluation n’est pas encore ancré dans les modes de gestion des affaires publiques, ce qui constitue donc une porte ouverte pour l’enrichissement illicite et une corruption à grande échelle.

Normalisation du comportement de recherche de rente

Depuis la mort du premier président ivoirien (en 1993) qui avait su assurer la protection de son pouvoir, aucun autre dirigeant ivoirien n’ayant eu cette capacité et ses moyens, les luttes pour la conquête du pouvoir en Côte d’Ivoire sont très engagées, voire très violentes. La crise politico-militaire actuelle peut s’expliquer en partie par cette logique de la lutte pour le pouvoir. Les enjeux de partage du pouvoir, des postes ministériels, et le pouvoir de nomination à des postes administratifs, la direction de certains établissements publics ou parapublics, etc. sont importants dans l’
« arène politique ivoirienne ».

L’activité économique en Côte d’Ivoire repose largement sur ceux qui détiennent l’appareil étatique. L’environnement économique ivoirien s’avère ainsi surtout favorable à ceux qui savent le plus profiter de leurs soutiens politiques, administratifs ou militaires pour tirer des rentes dans les activités où ils s’engagent. Ainsi, nombreux sont ceux qui au sein de la population, s’ils le peuvent, engagent toute leur énergie et leur talent dans la vie politique, administrative et militaire au détriment de la vie économique à proprement parler. L’État est encore perçu comme le meilleur
employeur ; celui qui permet le moins de prise de risque et peut donner plus d’opportunité pour la captation de rentes potentielles ; ses concours administratifs sont alors prisés et font l’objet d’un certain « marchandage ».

Dégradation de l’environnement institutionnel

La politisation généralisée de la vie des gens a augmenté les avantages liés à l’exercice même du pouvoir politique, administratif et militaire, et a entraîné ainsi l’élévation de l’enjeu des luttes pour s’emparer de ce pouvoir.

Le capitalisme d’Etat ivoirien a donc « pollué » l’environnement socio-économique en Côte d’Ivoire. Des indices de la Banque Mondiale sur « Doing Business » (rapport de 2009) montrent que la Côte d’Ivoire est loin d’être performante en matière d’environnement des affaires. L’économie ivoirienne occuperait la 161ème place sur 184 économies étudiées. Les procédures relatives aux affaires sont lourdes ; conséquences de la logique bureaucratique de l’administration et de la corruption. L’acquisition, le transfert et la protection de la propriété privée sont
très difficiles. En outre, sans assurance pour l’exécution des contrats, une sécurisation plus importante des investissements, moins d’entraves à la libre circulation des individus et des biens, etc., l’environnement des affaires restera moins incitatif pour les acteurs économiques formels.

Un processus de développement économique qui se veut viable ne peut être mené sans une importante assise entrepreneuriale, ce qui nécessite en plus d’une bonne base juridique, le moins d’ingérence possible du politique dans l’économique. Il en va du développement d’une culture d’entrepreneuriat au sein de la population. Une société civile de confiance (pas à la solde de partis ou d’hommes politiques) peut contribuer de façon efficiente à l’amélioration du climat sociopolitique et à l’environnement des affaires en Côte d’Ivoire. Elle a un rôle primordial d’éducatrice et de
formatrice à jouer pour réduire ces pesanteurs causées par le capitalisme d’Etat ivoirien

Les moyens de développement sont différenciés selon les pays. Ils dépendent des structures préexistantes et de la culture partagée par la population.

Dans les pays du Nord, le moyen de développement le plus répandu est de procéder à des adaptations juridiques et institutionnelles encourageant l'innovation, notamment grâce à la recherche), l' title=Investissement href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Investissement">investissement, l'éducation, l'accroissement de la sécurité juridique.

Le rôle de l'État est de créer les conditions de l'augmentation des compétences, afin que se développe un système efficace de production etdistribution de biens et services. Ceci est obtenu par l'amélioration de l'environnement juridique : sécurité juridique, adaptation des lois.

Surtout depuis les années 1990 et dans les pays du Nord, les entreprises cherchent également à intégrer les contraintes sociales et environnementales en adoptant des codes de conduite. Lorsque ceux-ci s'avèrent insuffisants, les États peuvent voter des lois incitant les entreprises à rendre compte des conséquences sociales et environnementales de leur activité, comme c'est le cas en France avec une disposition de la  title="Loi relative aux nouvelles régulations économiques" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_relative_aux_nouvelles_r%C3%A9gulations_%C3%A9conomiques">loi relative aux nouvelles régulations économiques

 







17:50 Publié dans Economie | Tags : côte d'ivoire, capitalisme, économie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |