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24 septembre 2010

Les journalistes ivoiriens à l’école des élections

journalist.jpgDans le cadre des prochaines élections, la structure Sud Actions Média a organisé récemment un atelier d’imprégnation sur le journalisme à Abidjan Plateau. L’objectif de cette formation est d’accompagner les journalistes dans leur mission d’informer les citoyens tout au long  du processus électoral.


 


Conscient de la difficile mission des médias la Structure Sud Actions Médias a formé des journalistes issus des différents organes de presse de Côte d’Ivoire.

"Comment couvrir efficacement les élections ?" C’est le thème de cet atelier d’imprégnation sur le journalisme en période électorale. Cette formation vient à point nommé, car la presse a un rôle important à jouer dans le processus électoral. Pour le formateur Samba Koné, cet atelier entend amener les journalistes à faire en sorte d’avoir un comportement équilibré, nonobstant les lignes éditoriales. La période électorale est toujours une période d’extrême délicatesse. Période sensible où parfois, la passion éclipse la raison chez certains acteurs. Samba Koné indique que l’information se révèle être la principale denrée durant le processus électoral. Et le moyen le plus usité c’est la communication. Les journalistes sont l’interface entre les Institutions, les Ministères (Intérieur, Justice, Défense), les partis politiques et les citoyens. Ainsi les citoyens s’orientent vers les médias. Car ils ont un besoin et un souci de compréhension du processus électoral. Malgré les lignes éditoriales, le citoyen lambda attend des informations précises et complètes. La responsabilité des journalistes est grande et ne fait que croître. La presse est un élément indispensable de la démocratie, car elle constitue le lien principal, la voie de communication, entre les citoyens et leur gouvernement, entre l’Etat et l’homme et entre les citoyens eux-mêmes, renchérit Kristin Helmore.

Force est de constater que pendant la période électorale, la fièvre des élections s’empare des rédactions. Ainsi l’offre et la demande d’informations se trouvent à leur sommet. Les partis politiques et les candidats souhaitent communiquer davantage. Quant aux citoyens, ils ont besoin de comprendre au niveau des candidats, les enjeux des élections, les plans de campagnes et les programmes des candidats. Entre les deux, les journalistes se trouvent au devant de la scène. En dépit de toutes les pesanteurs (manipulation, surabondance …) qu’impose la période électorale, les journalistes doivent couvrir le processus électoral avec équité, intégrité et honnêteté par rapport aux idées, normes et valeurs éthiques ou déontologiques. En un mot, ils doivent exercer  avec rigueur et professionnalisme.Les journalistes sont ainsi amenés à informer sur les programmes et les projets de société des différents candidats. Cependant, ils doivent veiller à rendre compte scrupuleusement du déroulement du processus électoral dans son intégrité.

Le processus électoral englobe un certain nombre d’opérations qui intègrent les trois phases essentielles à savoir avant, pendant et après les élections. Ainsi, le processus électoral peut s’étendre sur une période plus ou moins longue. Il incombe aux journalistes d’observer si chacune des étapes de ce processus se déroule conformément aux textes réglementaires en vigueur. Quatre principales opérations s’inscrivent dans le cadre de ce processus dont la mise en œuvre doit être effective.

Premièrement, les opérations prépa ratoires portent sur la mise en place de la Commission Electorale Indépendante (CEI) l’établissement des listes électorales et l’établissement et la distribution des cartes d’électeurs.Deuxièmement, les préliminaires des opérations électorales renferment la convocation du corps électoral, la déclaration de candidature, la campagne électorale, l’affichage des listes de bureau de vote, l’identification des bureaux de vote et l’affichage des listes électorales.Troisièmement, les opérations électorales concernent l’organisation des bureaux de vote, l’opération de vote, le dépouillement du scrutin et le procès-verbal.Quatrième le contentieux électoral porte sur les contestations ou réclamations exprimées, les instances compétentes et l’éventualité d’une requête.Les missions traditionnelles des médias sont : informer, éduquer, distraire. Le formateur Samba Koné précise qu’informer n’est pas la critique systématique. Pour lui, informer c’est faire comprendre à quelqu’un, au citoyen les évènements extérieurs. Afin que le citoyen à son niveau fasse son analyse et anticipation des situations et prenne une décision. Informer c’est également ouvrir des espaces des débats publics, développer l’esprit critique. La période électorale exige par ailleurs des missions spécifiques aux journalistes. Ce sont entre autres : surveiller le déroulement du processus électoral, observer les partis politiques et les candidats.

En outre, l’envoyé de Sud Actions Médias rappelle que le choix et le traitement de l’information doivent passer à la fois par une information véridique (conforme, réalité aux faits) et une information précise (complète dans sa description). Samba Koné interpelle en termes : "les journalistes ne sont pas des juges". C’est pourquoi il exhorte les journalistes à éviter les jugements de valeurs pendant cette période électorale. S’agissant de l’attitude à adopter face aux sources, le formateur invite à rester critique. Car il y a une multitude de sources en ce moment.Il faut donc la défiance systématique, l’indépendance d’esprit, la franchise à l’égard des sources, l’exigence de transparence, faire preuve d’humilité.A ce propos, Georges Clémenceau enseigne : "on ne ment jamais autant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse."Le formateur de cet atelier d’imprégnation sur le journalisme en période électorale fait noter qu’une des premières règles c’est d’être exact.Les journalistes qui veillent à l’exactitude de leurs notes et qui recherchent des sources d’informations de première main, chaque fois que c’est possible, sont les mieux armés pour respecter les trois règles du journalisme édictées par l’ancien journaliste et éditeur Joseph Pulitzer : "Exactitude, exactitude, exactitude." Toujours le formateur Samba Koné apprend qu’il faut éviter, pendant cette période électorale, les stéréotypes ; procéder à toutes les vérifications ; et être à même de défendre sa démarche de vérification des informations reçues. Selon Ross Howard, un bon journalisme est comme un remède efficace : sa composition n’est ni politique, ni culturelle, ni raciale. Son rôle est de renforcer
la
bonne santé de la démocratie. Les journalistes ivoiriens sont donc invités, durant cette période  sensible, à contribuer à l’édification d’une société démocratique. La contribution des journalistes à des élections crédibles est à ce prix.


Patrice Kouakou Wanset


 


 


21:21 Publié dans Société | Tags : côte d'ivoire, formation des journalistes, élections | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

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