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23 mars 2017

Réconciliation nationale: Mettre sa nature au service de la paix

Carte Afrique.jpgLa concorde et les affrontements ne font pas bon ménage. C’est pourquoi les populations, les chrétiens et les musulmans élèvent leurs voix dans les ferventes prières, comme la fumée de l’encens afin de bénéficier du pardon de Dieu en considérant la triple adéquation :

accepter l’autre, pardonner et cultiver la paix. La réconciliation est signe de maturité et de fraternité.

Et d’ajouter pour l’ex Directeur Général de l’UNESCO, Federico MAYOR, une culture qui rejette la violence s’attache à prévenir les conflits à leur source et de la négociation. Au total les chrétiens, les musulmans et les populations s’invitent à mettre en évidence le plus grand commandement de Dieu. Tous les hommes et toutes les femmes doivent se réconcilier en mettant leur nature au service de la paix.

Pour Javier Pérez De CUELLAR, il faut réunir trois conditions : il faut accepter de se parler, il faut souhaiter s’entendre et il faut pouvoir se faire des concessions équilibrées.

Le temps des conversions forcées est fini, il est à la convergence des idées pour la paix tout entière. Meurtriers ou victimes nous sommes condamnés à vivre ensemble ; nous devons aller à la paix. Au total, l’UNESCO renchérit en ces termes : Les guerres prennent naissance dans l’esprit des hommes, c’est aussi dans l’esprit des hommes que doivent s’édifier les défenses de la paix.

Patrice Kouakou

 

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15 mars 2017

Médias : Associez la vérité à vos écrits

Médias 22.jpgL’exactitude est un principe de base de tout service d’information. Si l’exactitude fait défaut, il manque son objectif auprès du public et perd sa crédibilité. Quand les faits sont remplacés par des contre vérités et des inexactitudes, la distorsion des informations intervient. L’esprit de réconciliation infusé dans les pays en crise contribuera à restaurer la communion brisée et à effacer la douloureuse parenthèse de leur histoire. La presse devrait accompagner cette politique de cohésion sociale. Dans les zones de tensions, la presse devrait jouer son rôle distinctif dans l’établissement d’un véritable système démocratique. La responsabilité des journalistes est de plus en plus importante. Car la presse est le lien principal entre gouvernants et gouvernés. Devoir de mémoire, la démocratie est la forme de gouvernement qui propose que les grandes décisions concernant la vie de tous soient prises par la majorité des citoyens mais que la minorité puisse s’exprimer librement et même être représentée.  La souveraineté appartient alors à l’ensemble de la collectivité. Voilà pourquoi Abraham Lincoln a pu dire de la démocratie qu’elle est : « Le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple ».  L’idéologie démocratique valorise donc l’égalité politique, l’égalité des chances, la confiance. Les journalistes sont invités à exercer selon la déontologie du métier, l’éthique, et la loi sur la presse. Encore faut il, évidemment, que les organes de presse remplissent correctement leur rôle : le niveau et l’efficacité de la participation politique des citoyens, fondement  même de la démocratie, dépendent de la qualité et de la quantité d’informations dont ils disposent. N’utilisez pas la rumeur ; un organe de presse ne doit pas se livrer à des conjectures et ne doit également pas émettre d’opinions. En dépit de toutes ses bonnes intentions, des journalistes doivent faire leur mue et leur autocritique. Les fautes professionnelles sont encore nombreuses relativement à la grille de lecture et d’écoute des médias. Dérapages et dérives se multiplient dans les médias de masse. Au total, nous notons les manquements aux règles du métier de journaliste, ainsi que les fautes d’éthique et de déontologie. Ne t il pas pour cela qu’on reproche aux journalistes leur engagement politique partisan, leur accointance avec les hommes politiques, leur manque de professionnalisme conséquence de leur formation ? L’on invite cette corporation à faire fi des manquements à l’éthique et à la déontologie du journalisme. Car la sagesse exige que ce soit par cette voie que les médias pourront aider à la consolidation d’une société démocratique et réconciliée.

Patrice Kouakou

 

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17 février 2017

20 millions de personnes risquent de mourir de faim: "Au XXIe siècle, cela paraît impensable"

Plus de 20 millions de personnes risquent de mourir de faim dans les six prochains mois sur la Terre. La FAO, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, pointe quatre famines particulièrement meurtrières.

Quelles sont les régions menacées? Pourquoi celles-ci? Comment intervenir? Dominique Burgeon,directeur de la division des urgences de la FAO, nous livre un éclairage en trois questions.

Quelles sont les régions menacées? 

"Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation alimentaire dans quatre pays où le risque de famine est bien réel. Pour le Yémen, le Soudan du Sud, le Nigéria et la Somalie, ce sont bien 20 millions de personnes qui sont en insécurité alimentaire sévère.

Extrêmement préoccupés par cette situation

Non seulement ils ne peuvent plus subvenir à leurs besoins alimentaires de base mais en plus ils sont obligés de vendre leurs biens, leurs outils, leurs animaux, parfois même des gens qui ont pu rencontré leurs pairs pour parvenir à s’alimenter. Nous sommes donc extrêmement préoccupés par cette situation.

Je pense qu’il est important de souligner, comme vous l’avez dit, que jamais au cours des 20 dernières années, nous avons eu une situation telle que celle-ci, où on a autant de personnes au bord de la famine".

Cela signifie que c'est quelque chose qui ne s’est pas produit avant? 

"Il est important de se souvenir que la dernière famine qu’on a eue, c’était en 2011, c’était en Somalie, elle a tué 250 000 personnes. Je pense qu’il est donc important de souligner que le dénominateur commun à ces crises est souvent la situation de conflit. Aujourd'hui, c’est le cas dans les quatre pays cités plus haut.

Malheureusement, et c’est le cas pour l’instant en Somalie, au conflit viennent parfois s’ajouter les événements climatiques extrêmes, comme la sécheresse. Nous sommes donc vraiment très inquiets par cette situation. Et se retrouver dans des situations de famine au XXIe siècle, ça paraît presque impensable".

Comment des organisations telles que la FAO peuvent intervenir dans ces zones de conflits?

"Tout d’abord, je pense qu’il faut se mobiliser parce que le dénominateur commun à ces crises, ce sont bien les situations de conflit. Il faut donc, bien sûr, essayer de trouver des solutions politiques. En ce qui nous concerne, je pense qu’il est important de permettre aux agences onusiennes et aux ONG d’avoir les moyens de fournir une assistance alimentaire. Quand on est dans des situations de famine, ce qui compte est de pouvoir fournir une assistance alimentaire dans l’immédiat.

Avoir un futur à plus long terme

Il faut en effet bien se rendre compte que dans ces situations, 80 % des gens dépendent de l’agriculture pour assurer non seulement leur propre alimentation, mais aussi pour générer des revenus. Et donc, pour couvrir leurs besoins primaires, leurs besoins d’éducation, leurs besoins de santé.

Quand les conflits viennent détruire les infrastructures et casser les chaînes d’approvisionnement, une organisation comme la FAO se mobilise pour leur fournir des semences, des outils, des engrais, des équipements de pêche, pour vacciner leurs animaux ou encore leur fournir du travail pour la réparation d’infrastructures collectives, d’irrigation par exemple.

Je pense qu’il est important de se rendre compte que dans ces situations, l’agriculture est fondamentale et que, outre survivre grâce à l’aide alimentaire, elle leur permet de vivre et d’avoir un futur à plus long terme".

rtbf.be

 

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De quoi la crise autour du Franc CFA est-elle le nom ?

(Crédits : LTA)
A sa création il y a plus de sept décennies, elle désignait le « Franc des Colonies Françaises en Afrique ». Elle a depuis troqué cette appellation pour «Franc de la communauté financière d’Afrique» en zone UEMOA ou «franc de la coopération financière en Afrique centrale» au sein de la CEMAC. Peu importe la signification réelle de l’acronyme FCFA, cette monnaie commune à 14 pays d’Afrique Francophone est devenue le symbole d’une ligne de fracture vivace entre ceux qui souhaitent la conserver au nom de la stabilité, et ceux qui veulent s’en affranchir, y voyant l’ultime avatar d’un néocolonialisme économique. Mais de quoi la crise grandissante autour du Franc CFA est-elle véritablement le nom ?

Il n'aura pas échappé à l'observateur que le débat autour du FCFA est en train de cristalliser. Pas une conversation sur l'avenir de l'Afrique Francophone sans que soutiens et détracteurs de la monnaie ne s'écharpent, brandissant tour à tour arguments techniques ou plaidoyers vibrants pour que le continent « mette à la retraite » le CFA, 60 ans après la vague d'indépendances africaines.

 Faut-il « mettre à la retraite » le CFA soixante ans après les indépendances africaines ?

 Et depuis trois mois, le débat s'est même internationalisé, un « front anti CFA » trouvant de plus en plus d'écho dans de grandes villes européennes telles Lausanne, Londres ou Paris. La pression est telle que même l'austère patronne du FMI, Christine Lagarde, a du effectuer une rarissime opération de communication de crise en décembre dernier, après que certains de ses propos relatifs à une possible dévaluation de la monnaie en Afrique centrale aient mis le feu aux poudres.

Il faut dire que le sujet a tout pour déchainer les passions. Les détracteurs de la monnaie unique y voient en effet un instrument qui favorise les multinationales européennes et un frein à l'ajustement par les pays de leurs politiques monétaires en fonction de la situation de leurs économies. De même, ils fustigent la gestion d'une part importante des réserves en devises du CFA par la Banque de France, afin de garantir la convertibilité de la monnaie. Pour eux, à l'instar du sénégalais Felwine Sarr, un régime de change flottant adossé à un panier de monnaies serait plus judicieux et plus efficace pour les économies de la zone.

Les partisans du maintien du CFA avancent quant à eux la crainte de voir certains dirigeants africains être tentés par l'utilisation de la « planche à billet »- argument paternaliste selon certains- entraînant inflation et dévaluation massive. Ils mettent également en avant  le fait que le CFA a été un moteur de l'intégration régionale en Afrique de l'Ouest et Centrale, favorisant les échanges et garantissant la stabilité macro-économique.

Les deux camps ont en partie raison. Mais là n'est pas l'essentiel

Les deux camps ont en partie raison, mais aucun des deux ne raconte l'histoire en entier. En effet, la crise autour du FCFA doit d'abord être examinée à l'aune des acteurs qui la composent, et appréhendée comme le signe d'une vitalité intellectuelle du continent.

En effet, à la faveur de cette polémique, l'on constate l'émergence d'une génération d'économistes africains qui mettent de côté le traditionnel discours anticolonial parfois mâtiné de théories conspirationnistes pour avancer un réel argumentaire technique. Gage de cette montée en puissance d'une production de connaissance africaine, la parution récente d'un ouvrage dédiée spécifiquement à ce sujet, intitulé « Sortir l'Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA? » rédigé par un collectif d'économistes dirigés par Kako Nubukpo.

Il faut supprimer le mot « Franc » du FCFA

Quel que soit le sort réservé au FCFA par les gouvernements concernés, une chose au moins devrait faire consensus et serait très simple à mettre en pratique : la suppression du mot « Franc » du CFA.

Dans un continent où les symboles sont extrêmement importants, faute d'indépendance monétaire, cela permettrait au moins l'indépendance lexicale et la réappropriation du nom de cette monnaie par les nations qui en ont l'usage. De fait, cela permettrait aussi de centrer le débat sur le terrain économique et d'en évacuer les discussions autour de la prévalence d'une post-colonisation économique, sujet qui mérite un débat séparé et à part entière.

En ce domaine, il est utile de méditer les propos d'un ancien président français, Jacques Chirac, lequel indiquait dans une interview télévisée après son départ du pouvoir qu'une « grande partie  de l'argent qui est dans notre porte-monnaie vient de l'exploitation pendant des siècles de l'Afrique (...) il faut avoir un peu de bon sens, de justice pour rendre aux africains ce qu'on leur a pris, d'autant plus que c'est nécessaire si l'on veut éviter les pires convulsions ». Reste donc à ouvrir sans attendre et dans la sérénité cette conversation cruciale pour l'avenir du continent et de ses partenaires.

Abdelmalek Alaoui

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Agriculture : la BAD dresse un constat alarmant dans sa revue annuelle

(Crédits : Pixabay)
Environ 70% des Africains dépendent du secteur agricole pour leur emploi et leur subsistance. Cependant, les rendements agricoles, qui sont encore inférieurs à ceux des autres régions en développement, ont stagné pendant de nombreuses années, maintenant des millions d’agriculteurs africains dans une situation de précarité. C’est en substance le contenu de la revue de la Banque Africaine de Développement (BAD), édition 2016 sur l’efficacité du développement dans le domaine de l’agriculture. L’Afrique doit donc faire mieux mais comment ? Eléments de réponse.

L'Afrique est en perte de vitesse et de repères dans le domaine de l'agriculture. Le berceau de l'humanité produit peu mais consomme beaucoup. Au cours des dernières décennies, les échanges commerciaux de produits agricoles de l'Afrique n'ont représenté que 5% du total mondial, bien en deçà de son potentiel.

Une question se pose cependant : pourquoi ?  N'allez pas chercher très loin la réponse. Les agriculteurs africains disposent de peu de moyens pour s'adapter et devenir plus résilients face aux difficultés climatiques. L'efficacité d'une industrie agroalimentaire est l'autre défi majeur du continent.

Que faire maintenant ?

La revue de la BAD met l'accent sur deux axes majeurs. « La promotion de la prospérité du secteur agricole, ce qui implique l'insertion des agriculteurs et l'industrie agroalimentaire dans des chaînes de valeur efficaces en vue d'accroître la productivité ».

« Mettre en évidence l'importance de la promotion d'une agriculture durable dans le contexte de la réponse de l'Afrique au changement climatique et de la transition du continent vers une croissance verte ».

Une politique qui doit prendre également en compte l'insertion des petits exploitants agricoles dans des chaînes de valeur plus larges pour leur faciliter l'accès aux échanges au niveau local, régional et mondial.

Objectifs ambitieux mais...

Pourtant, ce ne sont pas les politiques qui manquent pour booster la production agricole africaine. En 2003, les chefs d'États et de gouvernements de l'Union Africaine ont adopté un programme détaillé pour le développement de l'agriculture en Afrique (PDDAA), par lequel ils s'engageaient sur une série d'initiatives et de priorités de dépenses visant à atteindre une croissance annuelle de 6% dans l'agriculture. Les dirigeants avaient convenu de consacrer 10% des budgets nationaux à l'agriculture à l'horizon 2008. Cependant, cet objectif s'est révélé trop ambitieux.

Dans la pratique, cette part de budget a fortement reculé au cours de la période, de 4,5% en 2001 à seulement 2,5% en 2012, dans un contexte de ressources rares. Seuls quelques pays ont réussi à atteindre cet objectif, notamment le Burkina Faso, la Guinée, le Malawi, le Mali, le Niger et le Sénégal.

En 2014, les pays africains ont consacré 12 milliards de $ à l'agriculture dans un environnement budgétaire restreint, ce qui est inférieur à l'objectif de 40 milliards de $ pour cette année. Cela démontre que le secteur privé doit compléter le financement public dans l'agriculture.

La Tribune Afrique

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Afrique : quels programmes américains d’aide au développement Donald Trump pourrait-il supprimer ?

Commerce (Agoa), santé (Pepfar), énergie (Power Africa Fund)… Les trois anciens présidents américains Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont tous lancé leur programme de développement à destination des pays les moins avancés. Mais le tout nouveau locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, menace, lui, de couper dans les budgets.

Tour d’horizon des trois grands plans dont la remise en question pourrait affecter le continent.

Michael Pauron, Jeune Afrique

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