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13 octobre 2018

Réconciliation : Le pardon restaure la communion brisée

IMG_3494.JPGUne société sans pardon est une société sans paix. Dans tout processus de réconciliation, force est de constater, d’abord qu’il faut affirmer certaines vérités. Car, c’est toujours possible. Ensuite il faut reconnaître que le pardon vivifie. Enfin, il faut s’accorder que le pardon pour la réconciliation est vital. Le pardon doit être priorisé à tous égards dans cette démarche. L’offenseur comme l’offensé doit le faire en laissant orgueil et violence à la recherche d’une espérance et d’un avenir de paix.

Examinons le cas offensé-offenseur. Le cas où on est offensé (offensé/victime), prenons l’exemple de Joseph. Il est vendu par ses frères, et échappe à la mort. Il va être tenté de se venger. Mais craignant Dieu, il renonce à la vengeance. Ses frères reconnaissent leurs fautes et commencent à se repentir. Joseph a pardonné sans aucune condition, et s’est mis à embrasser ses frères.

Le cas où on a offensé (offenseur), il faut l’obéissance à Dieu, la renonciation au mal et à la violence, la rencontre de l’autre et la reconnaissance de la dignité de l’autre. L’offenseur doit arriver à la repentance. La réconciliation, c’est la rencontre de la repentance avec le pardon. Autrement dit, la réconciliation, c’est quand le pardon de l’offensé rejoint l’offenseur à se repentir.

Dans cette dynamique de restauration, le pas de l’offensé ou de l’offenseur est contagieux, car, il peut amener l’autre à se repentir. Tout ce qui favorise la rencontre et l’unité doit être cher au cœur de l’offenseur et de l’offenseur. Ainsi nous ne pouvons pas fermer les yeux face à une réalité si significative.

« La non-violence: style d’une politique pour la paix » : c’est le thème du message que le pape François a donné à l’occasion de la 50e Journée mondiale de la paix, célébrée le 1er janvier 2017. « Nous devons donc faire tout le possible pour négocier des chemins de paix, même là où ces chemins semblent tortueux, voire impraticables, insiste le Pape. De cette façon, la non-violence aura une signification plus étendue, nouvelle: elle n’est pas simplement une aspiration, un désir, un rejet moral de la violence, des barrières et des impulsions destructrices, mais aussi une méthode politique réaliste, ouverte à l’espérance ».

Si je me repends, je peux aider l’autre à se repentir. Le pardon établit la fraternité vraie. Jésus indique que la chose importante n’est pas l’apparence, mais l’humilité. C’est pour cela que Saint Augustin d’Hippone a écrit «Écoute frère, Dieu est très élevé. Si tu montes, Il va plus haut ; mais si tu t’abaisses, Il vient à toi ».

Tant que nous vivons, nous devons travailler afin de promouvoir la dignité de la personne humaine et la fraternité.

Tant qu’il y a de l’espérance, nous devons continuer à œuvrer pour le vivre ensemble. Une société sans pardon, est une société qui est vouée à s’autodétruire. De même, une famille qui veut éliminer le pardon, est une famille qui est vouée à s’autodétruire. Ainsi le pardon et la réconciliation sont vitaux dans les familles, dans les pays et dans le monde. Au total, ce condensé sert de canevas pour une paix véritable et durable.

 

Patrice Kouakou   

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26 septembre 2018

Côte d’Ivoire : à Daoukro, le PDCI esquive la bataille entre pro et anti-RHDP

Réuni lundi 24 septembre en bureau politique à Daoukro, le fief d'Henri Konan Bédié, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) a officiellement quitté le processus de création du parti unifié, RHDP, qu'il affrontera aux élections municipales et régionales du 13 octobre.

En jouant à domicile, dans son fief de Daoukro, Henri Konan Bédié (HKB) avait décidé de verrouiller le 8e bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). L’événement sentait le souffre, il s’est finalement déroulé sans encombre pour l’ancien président ivoirien.

 

À l’issue de plus de trois heures de débats filmés, sous les yeux d’un huissier de justice,  les quelques 500 participants rassemblés sous la coupole de l’hôtel de la Paix ont décidé de prolonger le mandat de Bédié et des instances du parti, qui devait s’achever le 6 octobre, jusqu’au prochain congrès, dont l’organisation a été reportée à après l’élection présidentielle de 2020.

La rupture avec la coalition au pouvoir entérinée

Ces résolutions, déjà votées le 17 juin dernier, avaient été suspendues le 19 septembre par la justice ivoirienne. « Ceux qui souhaitaient affaiblir la direction de notre parti ont échoué », se réjouit un quadra du PDCI.

Comme le craignait Alassane Ouattara, qui avait fait porter la veille un message d’apaisement auprès de son aîné, le PDCI a entériné son retrait du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti unifié). L’accord politique signé le 12 avril par HKB est « dénoncé » par l’ancien parti unique, qui quitte dans le même temps le groupement politique RHDP et donne mandat à son président pour négocier « la mise en place d’une plateforme de collaboration avec les forces vives de la nation et les partis politiques ».  Scellée le 8 août lors d’un tête-à-tête entre Alassane Ouattara et Bédié, la rupture avec la coalition au pouvoir est ici entérinée.


>>> À LIRE – Élections locales en Côte d’Ivoire : la confusion règne au PDCI


Parmi le membres du PDCI partisans du RHDP, seuls le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani et le secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, ont assumé publiquement leur position. Lors de son intervention, le premier s’est opposé au retrait du parti unifié, demandant que la décision soit prise lors d’un congrès extraordinaire. De son côté, Achi est resté plus mesuré, s’interrogeant sur la nécessité de dénoncer l’accord politique du 12 avril et préférant s’abstenir lors du vote.

S’IL FAUT QUE JE MEURE, CE SERA UN GRAND SACRIFICE POUR LA COHÉSION DE LA CÔTE D’IVOIRE

Sous les huées

« Je suis bel et bien militant du PDCI. J’ai reçu mon badge et j’ai ma carte de militant. Le PDCI a pris des décisions importantes. Nous disons que, pour prendre de telles décisions, il faut nécessairement que nous allions au congrès. Il y a beaucoup de militants qui ne sont pas venus à ce bureau politique et qui observent. Quand nous serons sur le terrain, nous déciderons de la marche à suivre. Nous ne remettons pas en cause le choix du président Bédié, mais nous estimons que le PDCI a besoin de faire sa mue. Ce n’est pas les cris, les huées et autres qui vont nous faire taire. On a dit qu’Adjoumani ne pouvait pas venir, j’ai prouvé que je suis militant. S’il faut que je meure, ce sera un grand sacrifice pour la cohésion de la Côte d’Ivoire », a réagi Adjoumani, l’ancien porte-parole du PDCI, sous les huées de plusieurs dizaines de militants chauffés à blanc.

Les élections locales du 13 octobre étaient l’autre enjeux important de ce bureau politique. Alors que le chef de l’État a refusé de procéder à la réforme de la Commission électorale avant ce scrutin – une demande du PDCI et de l’opposition -, Bédié a finalement refuser de mener son parti vers un boycott des élections.


>>> À LIRE – Côte d’Ivoire : quelle réforme pour la Commission électorale indépendante ?


IL ÉTAIT SANS DOUTE TROP TARD POUR NE PAS ALLER AUX ÉLECTIONS, NOS CANDIDATS N’AURAIENT PAS RESPECTÉ CE CHOIX

L’ancien chef de l’État avait pourtant chargé plusieurs vice-présidents du PDCI, dont l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny, de plancher sur la question. Cette commission avait plaidé pour une position ferme. D’autres cadres du parti, dont Jean-Louis Billon, auraient souhaité voir le PDCI conditionner sa participation au processus électoral à la réforme de la CEI.

« Le 19 septembre, lorsque Henri Konan Bédié a réuni son secrétariat exécutif, la question de la participation aux élections n’a pas fait l’unanimité. Il était sans doute trop tard pour ne pas aller aux élections, nos candidats n’auraient pas respecté ce choix. Nous ne pouvions pas risquer de mettre à mal notre unité », explique un baron du PDCI.

Ce lundi, Bédié a notamment justifié son choix d’aller aux élections en évoquant l’importance d’être présent dans les municipalités et les régions du pays pour pouvoir « avoir un œil sur l’état civil » dans la perspective de 2020.

Par - Envoyé spécial à Daoukro

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29 juillet 2018

Constructions durables : clé d’un progrès équitable en Afrique de l’Ouest

 

abidjan.jpgEn matière d’habitat durable, le Sommet Climate Chance Abidjan 2018 a été l’occasion de créer et d’animer la coalition à l’échelle du sous-continent Ouest-africain. Coalition animée par l’Alliance mondiale pour le bâtiment et la construction (GABC).

Deux événements complémentaires  ont été organisés. S’appuyant sur la structure du Dialogue de Talanoa, la Table ronde régionale  a permis de dessiner les ambitions globales régionales du secteur de l’habitat et de la construction et de proposer des lignes d’actions pour leur atteinte, tous confondus. Ensemble, les participants, parties prenantes des collectivités locales, pays et représentants institutionnels de la région, membres de l’Alliance GABC et d’institutions financières ont réfléchi aux moyens de transformation du secteur du bâtiment  et de la construction  pour atteindre  les objectifs de zéro-émission, d’efficacité et de résilience, pour faciliter l’accès à des ressources financières suffisantes, utiliser des matériaux de construction durables, localement adaptés et abordables, etc.

L’objectif table ronde régionale est le développement d’une stratégie régionale de transformation du secteur avec une attention particulière portée sur le développement et la mise en œuvre des Contributions Déterminées au niveau National (NDCs). A sa suite, et resserrant le dialogue sur les acteurs non-étatiques et sur les enjeux spécifiques (bâtiments municipaux, habitat rural et petites ou moyennes urbanités), l’Atelier coalition Habitat Durable a permis de créer et dynamiser une coalition d’acteurs non-étatiques ouest-africains mobilisés autour d’un plaidoyer commun et d’actions concrètes en matière d’habitat durable dans une réponse opérationnelle aux enjeux d’adaptation et d’atténuation au changement climatique.

Abidjan-2.jpgLes participants ont ainsi eu l’opportunité de partager d’exemples des actions mises en œuvre dans leur ville et leur pays. Et aussi celle de réfléchir de manière constructive aux possibilités pour les acteurs de travailler ensemble à la création de solutions innovantes à l’échelle de la région.

La région connait aujourd’hui une urbanisation rapide (+2,7%). La majeure partie de cette urbanisation est attribuable à la croissance naturelle de la population urbaine. Ainsi la population urbaine en Afrique de l’Ouest est estimée, à ce jour, à 178 millions d’habitants. Elle pourrait doubler au cours des 25 prochaines années (Cf. Dadax, 2018).  Quant à la croissance de construction, elle est estimée que la demande de logements en Afrique de l’Ouest augmentera d’environ 1.4 millions par an dès 2020. L’industrie immobilière concentre son activité sur la classe supérieure (Sangodeyi & Gorelick, 2016) mais cherche à ouvrir davantage le marché.

Nonobstant une récente croissance économique dépassant les 6% dans la région, la pauvreté urbaine et les inégalités économiques demeurent des problèmes importants. Ce qui a conduit à la prolifération d’habitats et d’industries informels. D’importants investissements dans l’habitat équitable et durable et autres systèmes urbains devront etre faits.  Il faut ainsi une croissance significative dans le secteur du bâtiment et de l’habitat dans les prochaines années afin que les villes et les pays de région ouest-africaine respectent les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris et du Nouvel Agenda Urbain et atteignent les Objectifs du Développement Durable.

Patrice Kouakou