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19 mai 2017

Qui arrive en tête du classement Jeune Afrique des 500 premières entreprises africaines ?

Jeune Afrique publie son hors-série annuel sur les grandes entreprises africaines. Et constate, pour la troisième année consécutive, que leurs revenus sont en baisse.

Sonatrach, le groupe pétrolier algérien garde la tête du classement des 500 premières entreprises que publie Jeune Afrique chaque année, malgré un recul très lourd de son chiffre d’affaires exprimé en dollars, à 33,2 milliards de dollars (contre 61,8 milliards de dollars dans l’édition 2016 de ce classement). L’angolais Sonangol lui emboîte le pas, puis suivent plusieurs groupes sud-africains (Bidvest, Sasol, Eskom…).

En Afrique du Nord, le Maroc ne cesse de renforcer ses positions d’année en année et les entreprises du royaume réalisent désormais 33,5 % des revenus des 150 premières entreprises d’Afrique du Nord. Toujours numéro un en Afrique de l’Ouest, l’opérateur télécoms MTN Nigeria a, pour la première fois, vu ses revenus en monnaie locale diminuer de 3,8 %. Derrière, le classement est profondément bouleversé. Dangote Group (et ses 26000 employés) fait son arrivée dans notre palmarès, directement au 2e rang régional.

Enfin, en zone Afrique australe et océan Indien, c’est une véritable hécatombe, sa locomotive sud-africaine étant à l’arrêt. Toutes les grandes entreprises sud-africaines sont dans une situation difficile et contrastent fortement avec les lions d’Afrique de l’Est qui continuent de rugir et d’afficher des taux de croissance records.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder à la 18e édition du classement des 500 premières entreprises africaines de Jeune Afrique 

Dans un contexte économique délicat, marqué par un net ralentissement de la croissance en 2015 et en 2016, les grandes entreprises du continent traversent une mauvaise passe. Dans son dernier hors-série en kiosque, Jeune Afrique confirme que cette spirale négative ne faiblit pas, bien au contraire : en 2015, année de référence de ce classement des 500 premières entreprises africaines, leurs revenus cumulés ont chuté de 18,8 % par rapport à l’année précédente.

200 milliards de dollars de chiffre d’affaires qui ont “disparu” en trois ans.

C’est la troisième année de baisse consécutive, et le phénomène s’accélère : lors de notre précédent palmarès, nous enregistrions un recul de 7,1 %, et il était de 1,8 % il y a deux ans. Sur trois exercices, c’est plus de 200 milliards de dollars (plus de 185 milliards d’euros) de chiffre d’affaires qui ont ainsi “disparu”, avec une baisse des revenus cumulés de 757 à 561 milliards de dollars.

Cette baisse globale a plusieurs causes, dont la principale est l’évolution défavorable des taux de change, la plupart des devises africaines ayant vu leur cours dévisser contre le dollar, monnaie de référence de notre palmarès annuel. Elle est aussi liée à l’effondrement des cours du pétrole en 2015 : le secteur de l’énergie (pétrole et gaz) a ainsi vu sa part dans les 500 diminuer très nettement, passant de 22,3 % à 17,7 %.

Afrique du Sud, Algérie et Angola concentrent l’essentiel de la baisse

Tout comme la baisse du PIB africain est diversement partagée entre pays, l’évolution défavorable de notre palmarès panafricain est plus ou moins marquée selon les zones géographiques. Trois États expliquent ainsi 90 % de la baisse des revenus des 500 en 2015 : l’Afrique du Sud (– 65,9 milliards de dollars), l’Algérie (– 34 milliards, l’essentiel provenant de la baisse des revenus de la Sonatrach) et l’Angola (– 17,4 milliards), ces deux derniers étant principalement impactés par l’évolution pétrolière.

Pour autant, le durcissement du contexte économique en Afrique, marqué par une fragilisation des finances publiques, une forte croissance de la concurrence et une conjoncture économique plus délicate qu’il y a quelques années, a des conséquences dans presque tous les pays et tous les secteurs. La rentabilité des 500, dont Jeune Afrique propose un palmarès unique en son genre, en témoigne : le taux de profit (résultat net après impôt/chiffre d’affaires) a ainsi nettement reculé, passant de 6,9 % à 5,3 %.

Malgré cela, comme le souligne un sondage publié dans le hors-série, les entrepreneurs africains semblent garder le moral, seuls 2 % des sondés n’étant pas du tout optimistes sur les perspectives à moyen terme des marchés sur lesquels ils opèrent. Et 51 % sont très confiants sur les perspectives de leur entreprise, le principal frein restant selon eux le climat des affaires.

Des entrepreneurs décidés

Le hors-série de Jeune Afrique est d’ailleurs jalonné d’entrepreneurs décidés et enthousiastes, de Seydou Nantoumé, fondateur de Toguna et roi malien des engrais, à Mohamed Bensalah, à la tête d’un groupe – Holmarcom – en plein déploiement africain, en passant par les dirigeants d’Orange en Côte d’Ivoire et ceux du groupe Mabrouk, dont les investissements en cours en Tunisie se chiffrent en centaines de millions d’euros.

S’il est difficile de relier ces opérateurs évoluant dans des pays et des secteurs différents, ils semblent toutefois avoir un point commun : ils sont partis à la conquête de nouveaux marchés et de nouveaux territoires. Les grandes entreprises africaines ont en effet largement entamé leur régionalisation, source de croissance pour leurs revenus. Malgré les difficultés économiques, la plupart continuent d’ailleurs à investir, allant souvent beaucoup plus vite que les réformes économiques.

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Festival de Cannes : 5 moments mémorables pour les femmes afrodescendantes

Peu représentées, les femmes noires ont pourtant à leur manière marqué le Festival de Cannes. La preuve avec ce top 5 à l’occasion de la 70e cérémonie inaugurée hier.

Le Festival de Cannes c’est la palme d’or, le tapis rouge et les nombreuses stars présentes sur la Croisette.. Mais c’est aussi des moments marquants qui font de cette cérémonie ce qu’elle est depuis 70 ans !

Quand Sarah Maldoror est devenue une figure de proue du cinéma africain

Sarah Maldoror (1938) se sent guadeloupéenne, angolaise et française. Formée au cinéma VGIK à Moscou, elle est passionnée de cultures noires et a participé à la création de la première troupe noire à Paris, « Les griots ». Son premier documentaire Monagambé (1969) sur les tortures en Algérie lui vaut une sélection à la Quinzaine des Réalisateurs en 1971.

Quand Safi Faye a ouvert la porte aux autres femmes avec ses films

Née en 1943 à Dakar, elle a étudié le cinéma à l’École Louis Lumière à Paris. En 1979, son film Fad’jal est nommé dans la catégorie « Un Certain Regard » lors de la 32ème édition du Festival de Cannes. Safi Faye devient alors la première  femme cinéaste à représenter le Sénégal dans cette catégorie. Quelques années plus tard son projet Mossane devient un film universel. Accueilli en sélection officielle à Cannes en 1996, il raconte l’émancipation et de courage d’une belle adolescente promise à un homme… qu’elle n’aime pas.

Quand Naomi Campbell a voulu organiser un défilé humanitaire

En 2011, l’ancien top model annonçait via son association Fashion For Relief un défilé de charité au profit du Japon suite au tremblement de terre. En partenariat avec Vogue Italie, la panthère noire se mobilisait pour les plus démunis comme elle l’avait fait pour Haïti à Londres. Regardez Naomi Campbell et Franca Sozzani (ancienne rédactrice en chef de Vogue Italie) sous les projecteurs pour la promotion du défilé.

Quand Bandes de filles de Céline Sciamma nous a fait rêver

Un film au casting 100% noir et féminin qui a fait l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs en 2014. L’histoire de l’adolescente Marième, emprisonnée dans ses codes culturels mais libérée par la rencontre de trois filles, a révélé Karidja Touré (qui prépare un nouveau film).

Quand Lupita Nyong’o a captivé tous les photographes lors de la Montée des marches

Vêtue d’une robe vert amande signée Gucci, l’étoile montante du cinéma, Lupita Nyong’o a séduit tout le monde. Sourire aux lèvres, cheveux ornés de bijoux élégants, l’actrice de 12 years a Slaves nous avait ébloui en 2015.

 

 

 

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En Afrique, 26 personnes meurent toutes les heures à cause d’un accident de la circulation

Le 21 avril, un accident de la circulation a coûté la vie à une vingtaine de personnes, dont 19 élèves, lorsque le minibus qui les transportait est entré en collision avec un camion à 70 km de Tshwane, en Afrique du Sud.

Au cours du seul week-end de Pâques, 251 décès ont été enregistrés sur les routes du pays, soit une augmentation de 51 % par rapport à la même période en 2016. Pendant les fêtes de fin d’année, en 2016, 1 714 personnes ont perdu la vie pour les mêmes raisons, alors que 9 175 autres ont été arrêtées ou verbalisées.

En Afrique du Sud, 13 000 personnes meurent chaque année sur les routes. Le 8 mai, 35 passagers d’un car, dont 32 élèves de 12 à 14 ans, sont décédés dans le district de Karatu, à une centaine de kilomètres d’Arusha, en Tanzanie. Le chauffeur avait raté un virage. En mars 2015, dans le même pays, une collision entre un camion et un bus avait causé la mort de 42 personnes. Il ne sert à rien de faire le tour du continent pour mesurer l’ampleur du phénomène.

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en mars 2013, l’Afrique a le taux de mortalité routière le plus élevé au monde, soit 24,1 personnes tuées pour 100 000 habitants. C’est-à-dire deux fois et demie de plus qu’en Europe. Vingt-six personnes meurent toutes les heures sur notre continent à cause d’un accident de la circulation.

Vingt-six personnes meurent toutes les heures sur notre continent à cause d’un accident de la circulation.

Ces accidents sont la quatrième cause de mortalité des personnes âgées de 5 à 44 ans. Plus de 75 % des victimes ont entre 16 et 65 ans. Ironie du sort, le parc automobile du continent ne représente que… 2 % du parc automobile mondial ! L’OMS a dénombré 725 000 morts en 2000, soit l’équivalent de 7 % de l’ensemble des décès sur le continent. Coût de tous ces accidents : 7,3 milliards de dollars chaque année.

Comment expliquer ce paradoxe ? Encore une fois, c’est une question de gouvernance. La plupart des routes de notre continent sont délabrées et mal conçues par des ingénieurs du dimanche. La majorité des conducteurs ne connaît pas le code de la route pour n’avoir appris que la partie pratique. La signalisation est sommaire, quand elle existe. Le feu tricolore est un luxe. Les trottoirs réservés aux piétons sont tellement rares que les citoyens sont obligés de marcher sur la chaussée, mettant ainsi leur vie en danger.

Les Kinois connaissent bien le boulevard Lumumba, qui mène à l’aéroport de Ndjili. Chaque matin, ils voient des « sportifs » écervelés faire du footing en pleine chaussée, au nez et à la barbe de la police, qui reste indifférente.

La ceinture, c’est quoi encore, ça ? Je conduis depuis des années et je n’ai jamais eu d’accident. Pas question !

La limitation de la vitesse ? C’est la Formule 1 ! Le port obligatoire de la ceinture de sécurité ? Réponse de presque tous les chauffeurs : « C’est quoi encore, ça ? Je conduis depuis des années et je n’ai jamais eu d’accident. Pas question ! »

Le passager à côté de lui est dans le même état d’esprit. Pis, vous verrez, à Kinshasa, des receveurs de minibus accrochés à l’arrière des véhicules, je veux dire à l’extérieur, au grand mépris du code de la route, après avoir vendu leur place dans le véhicule à des passagers. Que dire de tous ces camions bringuebalants, surchargés de marchandises sur lesquelles des voyageurs sont assis, qui sillonnent le continent ?

Les passages piétons ? Ne rêvons pas, personne, ou presque, ne les respecte quand ils existent.

Les campagnes de prévention routière ? Rarissimes. Le rôle de la police chargée de la circulation automobile ? Racketter, au vu de tous, les conducteurs quels qu’ils soient. Les passages piétons ? Ne rêvons pas, personne, ou presque, ne les respecte quand ils existent. Le port obligatoire du casque pour les motocyclistes ? J’en ai parlé en 2002 à Cotonou, au Bénin, avec un ministre qui avait le secteur des transports dans ses attributions. Sa réponse m’avait sidéré : « Ce n’est pas la peine, personne ne se soumettra à cette réglementation. » Les maux sont connus : manque de volonté politique, laxisme, corruption, incompétence.

par Tshitenge Lubabu M.K.

Ancien journaliste à Jeune Afrique, spécialiste de la République démocratique du Congo, de l'Afrique centrale et de l'Histoire africaine, Tshitenge Lubabu écrit régulièrement des Post-scriptum depuis son pays natal.

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18 mai 2017

Sécurité alimentaire : Un défi majeur d’aujourd’hui et de demain

SAM_0501.JPGAujourd’hui, près de 33% de la population de l’Afrique subsaharienne, soit environ 200 millions de personnes, est sous-alimentée, dont 60% dans des pays en conflit. Des situations de pénuries alimentaires engendrées, entre autres, par les conflits, le changement climatique, la rareté de l’eau, la croissance démographique et la volatilité des marchés. Il est ainsi apodictique d’agir durablement d’une part pour rendre les systèmes alimentaires plus efficaces, inclusifs et résilients, et d’autre part pour mettre un terme à la faim et à toutes les formes de malnutrition.

 

Accroître la productivité et améliorer la sécurité alimentaire

Une réponse qui passe par l’augmentation de la production agricole, l’amélioration de la qualité des aliments et l’amélioration de la compétitivité des productions paysannes. L’agriculture revêt une importance essentielle pour les pays en développement. Le bon fonctionnement du secteur agricole est capital pour assurer la sécurité alimentaire. Il faut entre autres, améliorer la productivité agricole de manière durable afin de satisfaire à la demande croissante, et renforcer la résilience face aux crises de longue durée, aux catastrophes et aux conflits. Soulignons que les produits agricoles constituent une source majeure des revenus nationaux. Il faut produire plus avec moins, tout en préservant et en améliorant les moyens d'existence des petits exploitants agricoles et des agriculteurs familiaux, et d'assurer aux plus vulnérables un accès à l'alimentation. Afin d'augmenter de manière durable les activités rémunératrices des populations pauvres, l'on est invité à investir dans la protection sociale, à lutter contre la sous-alimentation et à investir en faveur des pauvres dans des activités productives, en particulier dans l'agriculture et au sein des économies rurales.

L’objectif est de promouvoir des investissements pour augmenter la production ; et la productivité agricole ; d’améliorer l’accès aux marchés.

Le concept de « sécurité alimentaire» a été défini lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996 : « La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine».

La sécurité alimentaire telle que définie par le Sommet mondial de l’alimentation de 1996 comporte quatre dimensions :i) la disponibilité physique des aliments, ii) l’accès économique et physique des aliments, iii) l’utilisation des aliments et iv) la stabilité des trois autres dimensions dans le temps.

 

L’insécurité alimentaire, un facteur qui pousse à se déplacer

Il ya un fossé entre l'utilisation de la terre et des ressources en eau dans le secteur agricole, les augmentations de production nécessaires d’une part et une hausse de la demande alimentaire d’autre part.

Au moins 40% des terres émergées de la planète sont menacées par la désertification et les Nations Unies soulignent que 40% des conflits dans le monde sont dus à des luttes pour les ressources naturelles.

Cette situation alimentaire, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, basé à Genève (HCR), est le résultat d'une multitude de facteurs comme le manque de fonds et des conflits qui provoquent des déplacements massifs de populations. Pour palier à cela, plusieurs pays émettent des réponses concomitantes aux situations de pénurie alimentaire engendrées, entre autres, par les conflits qui sévissent dans leurs territoires. C’est le cas des foires alimentaires comme une réponse d’urgence au déplacement des populations de l’est du Congo.

En 2016, l’Union européenne a alloué 165 millions pour assister les personnes frappées par la famine et par la sécheresse dans la Corne de l’Afrique, mais « l’insécurité alimentaire, a dit le vice-directeur général de la FAO, Daniel Gustafson, est un facteur qui pousse à se déplacer ou à migrer vers d’autres réalités ». L’on devrait développer les activités rémunératrices en zone rurale et lutter contre les causes de la migration.

L’on assiste des bouleversements importants qui touchent de plus en plus de communautés. Incorporer des pratiques durables dans l’agriculture semble dorénavant inévitable pour nourrir une population croissante sans détruire la planète. La durabilité est un enjeu incontournable de l’agroalimentaire de demain.

 

 

Environ 20 millions de personnes pourraient mourir de faim

« Il faut agir rapidement pour sauver la vie des populations frappées par la famine », dit José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO. Elles souffrent en particulier « dans le nord-est du Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen », précise-t-il. Pour le patron de la FAO, « Si l’on ne fait rien rapidement, environ vingt millions de personnes pourraient mourir de faim dans les six prochains mois »

Dans de telles situations de famine, ce qui compte premièrement est de pouvoir fournir une assistance alimentaire dans l’immédiat.

Selon le dernier rapport produit conjointement par le Programme alimentaire mondial (PAM), la FAO et la Commission européenne sur les crises alimentaires, en seulement douze mois, de 2015 à 2016, les personnes qui souffrent de la faim à cause d’événements climatiques extrêmes, souvent dans des zones de conflit, ont augmenté de 80 à 108 millions. Il s’agit avant tout de la sécheresse dans la Corne de l’Afrique (Somalie, Djibouti, Éthiopie et Érythrée), en particulier en Éthiopie : elle frappe essentiellement des agriculteurs avec de petites activités sur des terrains à risque de désertification.

 

Des mesures urgentes s’imposent

Selon le rapport de la FAO, l'Avenir de l'alimentation et l'agriculture : Tendances et défis, bien que des progrès majeurs aient été réalisés en matière de réduction des souffrances liées à la faim à travers le monde ces 30 dernières années, «le fait d'augmenter la production alimentaire et la croissance économique a de lourdes répercussions sur l'environnement naturel». Le rapport révèle : «Presque la moitié des forêts sur cette terre ont maintenant disparu. Les sources en eau souterraines s'amenuisent rapidement et la biodiversité a été particulièrement affectée». La simple augmentation de la production ne sera pas suffisante. La FAO appelle ainsi à des « transformations majeures dans les systèmes agricoles, les économies rurales et la gestion des ressources naturelles ». Car nous devons répondre aux nombreux défis qui se présentent à nous et exploiter pleinement le potentiel de l'alimentation et de l'agriculture en vue d'assurer un avenir radieux à tout le monde sur cette planète.

Plus d’investissements agricoles, de recherche et de développement dans l’agriculture et les systèmes alimentaires, mais également une « gouvernance cohérente et efficace à l'échelle nationale et internationale », seront indispensables si l’on souhaite atteindre l’objectif visant à éradiquer la faim d’ici à 2030.

Pour préserver la sécurité alimentaire, chaque pays devrait avoir la liberté d’exercer sa propre souveraineté alimentaire, c’est à dire de définir ses politiques agricoles et d’assurer l’autosuffisance alimentaire pour les principales productions agricoles de base.

La souveraineté alimentaire est par essence politique dans la mesure où elle se traduit, selon ses initiateurs, par le droit pour un pays/peuple de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations. L’autosuffisance alimentaire est la capacité de satisfaire tous les besoins alimentaires d’une population par la seule production nationale.

 Il faut nécessairement mettre en place des actions pouvant contribuer à créer une production alimentaire et agricole durable. L’on devrait se réorienter vers des systèmes alimentaires plus durables qui utiliseront de manière plus efficace la terre, l'eau et les autres intrants.

En plus d'augmenter la production et de renforcer la résilience, il conviendrait de créer des chaînes agroalimentaires capables de mieux connecter les agriculteurs des pays à faibles et moyens revenus aux marchés urbains et d'élaborer des mesures. Des mesures qui viseraient à garantir aux consommateurs un accès à une nourriture saine et nutritive.

Tous devraient s’employer à éradiquer l'extrême pauvreté et réduire les inégalités, et à répondre au besoin d'une gouvernance cohérente et efficace à l'échelle nationale et internationale.

« Ce que l’Afrique fait pour l’agriculture n’est pas seulement important pour elle, mais façonnera l’avenir de l’alimentation dans le monde » indique Akinwumi Adesina, ancien ministre nigérian de l’agriculture, devenu le président de la Banque africaine de développement (BAD) en mai 2015.

 

Perspectives

Si des efforts ne sont pas entrepris pour investir dans les systèmes alimentaires et les réorganiser, beaucoup trop de personnes souffriront de la faim en 2030, soit l'année limite fixée par les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) pour éradiquer l'insécurité alimentaire chronique et la malnutrition.

C’est à juste titre qu’indique David Nabarro, Conseiller spécial du Secrétaire général de l'ONU sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 «Éliminer la faim et la malnutrition sous toutes ses formes, transformer les systèmes alimentaires et agricoles de manière à autonomiser les petits exploitants et à préserver la planète est l'un des problèmes les plus épineux que pose le nouveau programme, et qui concerne tous les ODD».

Présent au 28e sommet de l’Union Africaine (UA) à Addis-Abeba, Akinwumi Adesina, président de la BAD estime que seuls des investissements conséquents dans le secteur agricole peuvent sortir de la pauvreté les 65 % d’Africains vivant en milieu rural.

Déjà présent dans la Déclaration sur les Droits de l’homme des Nations unies de 1948, le « droit à l’alimentation » est actuellement reconnu dans la Constitution de plus de 40 pays et, selon la FAO, il pourrait être un droit judiciaire dans quelques 54 pays. L’on devrait empêcher de nouvelles menaces transfrontalières sur l'agriculture et les systèmes alimentaires.

 

Patrice Kouakou




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17 mai 2017

Côte d'Ivoire : le chef de l'ONU se félicite du retour au calme après plusieurs jours de troubles

17 mai 2017 – Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, s'est félicité du retour au calme en Côte d'Ivoire suite aux actes de violence « inacceptables » commis par les soldats des Forces armées de Côte d'Ivoire (FACI) ces derniers jours.

Après quatre jours de troubles qui ont fait trois morts, selon la presse, les soldats mutins, qui réclamaient le paiement de leurs primes, ont accepté mardi un accord proposé par le gouvernement. Les soldats ont accepté de rentrer dans leurs casernes permettant un retour à la normale à Abidjan et Bouaké - les principales villes du pays.

Le Secrétaire général « félicite le gouvernement de la Côte d'Ivoire pour ses efforts qui ont permis de remédier aux tensions et de rétablir la sécurité », a dit son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse publiée mardi soir.

« Le Secrétaire général exprime le soutien constant des Nations Unies au gouvernement de la Côte d'Ivoire dans ses efforts pour préserver les avancées en matière de paix et de stabilité dans le pays qui ont été obtenues après tant d'efforts, y compris avec l'assistance de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et d'autres partenaires internationaux ».

Après 13 ans de présence en Côte d'Ivoire, l'ONUCI doit officiellement clôturer à la fin du mois de juin. L'ONUCI est en train de déléguer à l'équipe pays des Nations Unies les tâches essentielles nécessaires pour assurer la pérennité des avancées réalisées jusqu'à présent en Côte d'Ivoire.

Centre d'actualités de l'ONU

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23 mars 2017

Réconciliation nationale: Mettre sa nature au service de la paix

Carte Afrique.jpgLa concorde et les affrontements ne font pas bon ménage. C’est pourquoi les populations, les chrétiens et les musulmans élèvent leurs voix dans les ferventes prières, comme la fumée de l’encens afin de bénéficier du pardon de Dieu en considérant la triple adéquation :

accepter l’autre, pardonner et cultiver la paix. La réconciliation est signe de maturité et de fraternité.

Et d’ajouter pour l’ex Directeur Général de l’UNESCO, Federico MAYOR, une culture qui rejette la violence s’attache à prévenir les conflits à leur source et de la négociation. Au total les chrétiens, les musulmans et les populations s’invitent à mettre en évidence le plus grand commandement de Dieu. Tous les hommes et toutes les femmes doivent se réconcilier en mettant leur nature au service de la paix.

Pour Javier Pérez De CUELLAR, il faut réunir trois conditions : il faut accepter de se parler, il faut souhaiter s’entendre et il faut pouvoir se faire des concessions équilibrées.

Le temps des conversions forcées est fini, il est à la convergence des idées pour la paix tout entière. Meurtriers ou victimes nous sommes condamnés à vivre ensemble ; nous devons aller à la paix. Au total, l’UNESCO renchérit en ces termes : Les guerres prennent naissance dans l’esprit des hommes, c’est aussi dans l’esprit des hommes que doivent s’édifier les défenses de la paix.

Patrice Kouakou

 

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