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12.12.2011

Benoît XVI invite à une attente « vigilante » du Messie

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« Vivre l’Avent sans se laisser distraire  et en sachant donner aux choses leur juste valeur » : c’est l’invitation adressée par Benoît XVI  aux visiteurs venus place Saint-Pierre écouter ses paroles et  prier avec lui l’angélus de ce dimanche 11 décembre.
Après avoir célébré la messe dans une paroisse de Rome,  Sainte-Marie-des-Grâces, à l’occasion du troisième dimanche de l’Avent, Benoît XVI est retourné au Vatican et, depuis la fenêtre de son bureau, il s’est adressé en plusieurs langues aux milliers de pèlerins et visiteurs, dont de nombreux enfants venus faire bénir la représentation de l’« Enfant Jésus » qu’ils mettront ensuite dans les crèches de leurs familles, de leurs écoles ou de leurs paroisses.
Après avoir rappelé que les textes liturgiques de cette période de l’Avent sont « une invitation à vivre à nouveau dans l’attente de Jésus », Benoît XVI  a invité les baptisés à « ne pas cesser d’attendre » le Christ, à avoir « le cœur vigilant ».
« Bien que la crise économique les ait fait baisser d’un ton, ce sont toujours les mêmes messages, d’ordre commercial, qui sont proposés », a fait observer le pape.
Or l’Avent est une période que le chrétien est invité à vivre «  sans se laisser distraire par les lumières, en sachant donner aux choses leur juste valeur », pour savoir «  poser un regard intérieur sur le Christ », a insisté Benoît XVI.
Si nous restons « vigilants dans la prière», a-t-il dit, et « heureux de chanter la louange du Seigneur», nos yeux seront capables de « reconnaître en Lui la vraie lumière du monde, qui vient éclaircir nos ténèbres ».
Benoît XVI a reconnu qu’il est important que « les rythmes quotidiens, souvent frénétiques, soient espacés de moments de repos et de détente », mais  qu’il n’y a pas de vraie joie sans cette « relation » qui nous unit à Dieu.
« Qui a rencontré le Christ dans sa vie, éprouve dans son cœur une sérénité et une joie que ni personne ni aucune situation ne saurait enlever », a-t-il affirmé.
« La vraie joie n’est pas le fruit du divertissement », a-t-il insisté, c’est-à-dire «  sortir des engagements de la vie et de ses responsabilités » : c’est « quelque chose de plus profond ».
Cette « vraie joie », a-t-il expliqué, n’est pas « un simple état d’âme passager, ni quelque chose que l’on obtient avec ses propres forces », mais  «  un don «  qui naît de « la rencontre avec la personne vivante de Jésus, de l’espace que nous lui faisons en nous, de l’accueil que nous réservons à l’Esprit Saint qui guide notre vie ».
Benoît XVI a insisté sur cette atmosphère de l’Avent en s’adressant aux Polonais dans leur langue : « Chers frères et sœurs polonais, une joie particulière traverse la liturgie de ce dimanche de l’Avent. Mais que sa source ne déborde pas de l’atmosphère des dépenses de Noël, ni même de la beauté des lumières qui éclairent boutiques et rues. Celle-ci est la présence de Dieu qui vient remplir nos cœurs de bonté, de bonheur, d’espérance dans le salut éternel: « Soyez toujours dans la joie du Seigneur … le Seigneur est proche ». Ouvrons donc nos cœurs au mystère de Dieu pour être capables de reconnaître le Christ quand il viendra au milieu de nous. »

Isabelle Cousturié

30.09.2011

LITTERATURE / COTE D’IVOIRE, LES CLEFS D’UN ESPOIR JAMAIS PERDU.













La Côte d’Ivoire, jadis modèle
de stabilité, de prospérité et d’intégration sous-régionale, est aujourd’hui en
proie à de sérieux doutes. Depuis près de 15 ans, les agitations tragiques qui
marquent les successions au pouvoir d’Etat, ont fini par convaincre du malaise
profond qui mine le tissu social. Tel un être humain jouissant d’une solide
santé quarantenaire, ressent brusquement les symptômes d’une pathologie de
nature obscure, une pathologie qu’il développe sans en avoir pourtant contracté
le germe, une pathologie qu’on peut aisément contenir ou étouffer, du moins,
apparemment, mais qui décime allègrement son sujet, une pathologie à lui
adaptée ou communiquée de la part d’auteurs obscurantistes et ancrée de
fatalité. C’est le diagnostic, fût-il décontenancé. Ce diagnostic, la science
ne saurait l’accepter longtemps, saisie qu’elle est par la dynamique du
déterminisme, au nom de la logique du phénomène, fait observable et, donc, scientifiquement
déterminé, opposé au Noumène désignant les réalités supra-sensibles, comme
l’établit Emmanuel KANT. Ainsi, le phénomène, réalité sensible et observable,
est matière d’application de la raison, faculté humaine naturellement encadrée
par les normes Espace-Temps. C’est que, pendant près de quatre décennies, la Côte d’Ivoire fut une lumière
de convergence, un îlot de paix et de quiétude sociale, relativement s’entend.
Toutefois, cette idylle ouest-africaine semblait ne tenir qu’à un fil, reposant
sur un seul pilier : Félix HOUPHOUET BOIGNY, virtuose et charismatique, du
reste, beau relais de transmission entre l’ex-puissance coloniale, les
communautés ethniques de Côte d’Ivoire et leurs voisins d’Afrique occidentale.
Le décès du chef en 1993 a
dévoilé les contradictions latentes, les contradictions que son ombrage
couvrait. Depuis 2002, notamment, les déchirements entre communautés ethniques,
ressortissants de la CEDEAO
et la France,
étaient évidents ; l’éclatement de la rébellion politico-armée n’a
qu’exposé  les difficultés de coexistence
et les divergences d’intérêts à l’intérieur de la Côte d’Ivoire et entre la Côte d’Ivoire et ses
légendaires partenaires diplomatiques. Le spectacle des deux présidents sortis
du scrutin du 28 Novembre 2010 en dit long sur la question. Seule une guerre
fratricide put les départager. L’îlot de paix a préféré se dévêtir de son
accoutrement devenu ancien et gênant, peut-être, pour revêtir les parures de
l’instabilité, lui paraissant mieux adaptées au contexte. La conséquence, c’est
que la Côte
d’Ivoire est visiblement la risée de ses ex-admirateurs quand elle ne sert de
meuble aux chroniqueurs politiques en mal de contenance. Cependant, aussi
appréciable que cela puisse paraître, la Côte d’Ivoire n’a jamais perdu la foi en elle de
ses propres fils et même du monde entier ; ses atouts étant légion. La Côte d’Ivoire, c’est d’abord
un peuplement aux origines microcosmiques de la sous- région ouest-africaine.
Quatre grands groupes ethniques la composent : Les Mandés constitués des
groupes ethniques « Malinké », « Gouro », « Dan »
dans le Nord, le  Nord-Ouest et l’Ouest
de la Côte
d’Ivoire. Les Akans constitués des groupes ethniques « Baoulé », « Agni »,
« Abron » dans le centre et l’Est du pays. Les Krous regroupant les
ethnies « Guéré », « Bété », « Dida » dans
l’Ouest et le Sud-Ouest. Les Voltaïques que constituent les
« Senoufo », « Lobi » et « Koulango » dans le
Nord et le Nord-Est du pays. Historiquement, tous ces groupes ethniques ont
pour zones d’émigration les pays frontaliers Mali, Burkina, Ghana, Libéria. Ce
microcosme culturel s’inscrit, à n’en point douter, comme la conscience
communautaire de toute l’Afrique de l’Ouest, tenue de préserver et de
pérenniser ce qu’elle peut convenir d’appeler sa seconde patrie. Ensuite, la Côte d’Ivoire, c’est la
faveur de conditions naturelles énormes ; on y dénote de réelles étendues
d’eau et forestière et une pluviométrie abondante, ferment d’une pratique
agricole à succès. A toutes fins utiles, il faut souligner que l’agriculture,
avec son corollaire d’acquisition de devises et d’autosuffisance alimentaire,
est l’art économique prisé de ces peuples de la sous-région ouest-africaine.
Cette interconnexion entre conditions naturelles propices et réalisations
agricoles en Côte d’Ivoire, le président Léopold Sédar Senghor, à l’issue de sa
visite en Décembre 1971, l’a mentionnée dans l’une de ses correspondances,
notamment, à son ami Siradou Diallo : « J’ai vu les (…) immenses
plantations. C’est bien. Les ivoiriens ont travaillé. Mais vous savez, Diallo,
il y a une grande différence, ici, avec le Sénégal, et une seule, il pleut.
Avec de l’eau, j’aurais fait des miracles. Alors, Houphouët a cette chance. »
(Jeune Afrique du 16 au 20 Octobre 1996). L’Afrique de l’Ouest, donc, selon
toute vraisemblance et pour sa survie, a intérêt à mettre tout en œuvre pour la
stabilité de ce grenier d’espérance. C’est le bon sens. En outre, la Côte d’Ivoire, ce sont des
infrastructures économiques. C’est, en particulier, un port autonome qui défie
toute concurrence, le deuxième d’Afrique après celui de Durban en Afrique du
Sud. En effet, le port d’Abidjan dispose d’équipements et d’infrastructures
très modernes, inégalées dans la sous-région. On ne saurait passer sous silence
le fait que ce trésor infrastructurel profite de la position médiane du pays
sur les côtes de l’Atlantique. C’est naturellement, peut-être, que ce pays
glane au moins 40% des flux de capitaux au sein de l’UEMOA et que plus de 26%
de sa population est étrangère.



Enfin, la Côte d’Ivoire, c’est  le creuset de ressources humaines de qualité,
consubstantielle à une forte scolarisation de ses fils, compétitifs en Afrique
et dans le monde. Tout ce tableau dressé au sujet de la Côte d’Ivoire le présente comme
une oasis au milieu d’un désert exigeant et persécuteur. On peut comprendre que
l’actualité politique en Côte d’Ivoire tente fortement l’immixtion de
l’étranger, instinctive du reste, au point d’entamer désespérément la quiétude
souveraine du pays. La très grande médiatisation des crises ivoiriennes depuis
1993 en est un indice probant. Par culte de réalisme, des mesures de
responsabilité plurielle s’imposent : Il importe de désethniciser la
politique. Une campagne de sensibilisation s’impose à ce sujet. En amont, on
inculquera au citoyen ivoirien qu’il ne devra sa stabilité sociale qu’au
travail consciencieux, acharné et persévérant, et non à un apparentement à
quelque leader politique. De façon telle que la promotion du travail deviendrait
un gage de réconciliation nationale ; la sublimation des compétences
offrirait la faveur de briser la réclusion ethnique,  jadis génétique. La culture du mérite
provoquant nécessairement une extraversion entre Ivoiriens qui se verraient
unis autour de valeurs saines, constructives et élitistes. Est-il besoin de
mentionner que la mentalité de l’excellence phagocyte logiquement la corruption
à quelque niveau de gestion des affaires de l’Etat ? D’Houphouët à Bédié,
les Baoulés ont totalisé près de 50 ans de pouvoir d’Etat, qui n’ont pourtant
pas hissé ce groupe ethnique au firmament de la vie sociale. Enjambons la parenthèse
des 10 mois de règne du Général Guéi. Pas de bilan, donc, pour le peuple du
grand Ouest. De 2000 à 2010, sous Gbagbo, les Bétés ont totalisé 10 ans de
pouvoir. Ils n’en sont pas sortis plus épanouis non plus. La conclusion de
notre métaphysique est que le salut réside dans le travail et non dans
l’ethnie. C’est d’ailleurs une meilleure sécurité pour les dirigeants
politiques que de le comprendre. L’essor national en découlerait. Cette rigueur
de vie sociale, expression d’une pauvreté de cœur, devrait déteindre sur
l’élection d’une constitution prévoyant, de façon non négociable, la limitation
du mandat présidentiel. Cette légifération réduirait fortement les tentations
aux sempiternels coups d’Etat qui affichent l’inconvénient de freiner la marche
vers le développement, du moins, de l’inscrire dans un cyclisme accablant. Ce
faisant, il conviendrait de se régler tous les comptes dans un cadre politique.
Et tout individu ou groupe d’individus qui tenterait de contourner l’état
d’esprit édicté devrait faire l’objet d’hostilité ou de vives réprobations par tous
les organes de l’Etat. D’autre part, la
Côte d’Ivoire pourrait faire l’économie d’une persécution en
ne couvant pas ses richesses comme la poule le fait de ses œufs. Ce ne serait
pas de bonne disposition que ses voisins admireraient cet oasis dans le désert.
Cette persécution me paraît naturelle, sanguine presque. Par souci
d’appartenance commune, le pays pourrait aider à soulager le désastre de ses
voisins en leur accordant quelques privilèges. Des réflexions d’experts
pourraient être sollicitées à ce propos, pour examiner une bonne applicabilité
de la suggestion émise, susceptible d’entretenir de bons rapports entre la Côte d’Ivoire et ses entourants.
Par culte de réalisme. L’exemple nous en est donné par l’Union Européenne qui
réussit ce travail permanent de rehaussement de l’économie de ses membres en
crise. Les cas de la Grèce
et de l’Espagne intervenus dernièrement l’ont bien montré. Cela ne relève pas
nécessairement d’une magnanimité mais, plutôt, d’un acte de sécurisation de son
environnement. Tant il est vrai que le voisin dans la misère est une menace
perpétuelle. Pour leur part, les ressortissants des pays voisins de la Côte d’Ivoire doivent avoir,
entre autres, la préoccupation de développer leur pays d’accueil en s’érigeant
en artisans de paix, respectueux des lois, et en investisseurs locaux. Par
culte de réalisme. La stabilité de la
Côte d’Ivoire ouvrant la vanne à leur épanouissement
personnel et à la bonne marche relative de leur pays d’origine. C’est la loi du
Boomerang. La métropole, quant à elle, du fait de sa politique expansionniste
qui ne s’est pas limitée à la colonisation, devrait, objectivité oblige, aider
à asseoir en Côte d’Ivoire des institutions fortes pour la bonne santé de la
section ouest-africaine de la communauté française du 4 Décembre 1958. Bien
entendu, un partenariat économique, qui ne piétine pas, avec désinvolture, les
intérêts de l’une des parties, serait fortement recommandé. La Côte d’Ivoire a grandement
besoin de la France. Et
la France n’a
certainement pas envie de perdre la sympathie de la Côte d’Ivoire ; les
liens historiques scellant le sort conjoint des deux Etats. A l’aune de ce
millénaire mondialisant, secoué par les avatars technologiques, où les cultures
s’imbriquent, où les démographies flambent et que le citoyen n’acquerra sa
dignité qu’en sortant de son autarcie, les peuples ont de plus en plus de
besoins. Pourquoi ne pas aborder, avec franchise, cette question pour éviter
définitivement, sinon, durablement, le folklore des crises à répétition qui
dégage le relent d’exposer les deux entités nationales sur la place
publique ? Toutefois, ce n’est ni par une politique d’armement, ni par nos
mobilisations frénétiques et nos zèles forcenés aux meetings que nous
parviendrons à contraindre l’Occident à accéder à quelques unes de nos
requêtes, mais, plutôt, par le moyen de notre unité. S’il doit y avoir une
mobilisation, c’est bien celle pour l’unité. Sans se berner, qu’il ne soit pas
fait allusion à cette unité à l’enseigne monopartisanne. Il s’agit, surtout,
d’une unité autour de l’essentiel, c’est-à-dire, le respect mutuel entre
compatriotes et une entente "culturelle" au sujet de ce qui peut être
perçu comme l’intérêt de la Côte
d’Ivoire. Ce ne sont pas ces idées qui manquent à nos dirigeants politiques
d’Afrique et d’Occident. Encore faut-il un peu de volonté pour que les actes
posés soient en adéquation avec les discours transcendants, médiatiquement relayés.
Cela requiert, peut-être, le sacrifice d’intérêts égocentriques à profit
éphémère pour se hisser à un idéalisme. Par culte de réalisme.



                                                                         



 



                         Dr TOH BI Tié Emmanuel



                          Ecrivain-poète



                         Maître Assistant-UFR
CMS-Université de Bouaké-Côte d’Ivoire.







Développement de l’audiovisuel en Côte d'Ivoire / Sy Savané (Pdt Haca) : « Se tourn er résolument vers le numérique »



La libéralisation du secteur
de l’espace audiovisuel (Télévision et la radio), est une conditionnalité indispensable
au développement de ces médias. L’ouverture du secteur de l’audio visuel a été
amorcée en Côte d’Ivoire, dès 2004 avec l’avènement des radios de proximité, commerciales,
communautaires et radios privées aux cotés des medias de service public (les
deux chaines de radio et de la télévision d’Etat). Mais le contexte de cette
loi a durablement été influencé. A en croire le président de la Haute autorité de la communication
audiovisuelle (Haca), Ibrahim Sy Savané, de nombreuses contradictions sont contenues
dans cette loi du fait du contexte de la crise qu’a connue la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi,
il indique qu’il y a nécessité à traduire ces décisions dans les faits. Car
pour lui, la démocratie fonctionne mieux avec tous ces moyens d’expression. A
l’exemple d’André Malraux pour qui le cinéma est une industrie, le président Sy
Savané reste convaincu que la télévision est tout aussi une industrie.
L’audiovisuel étant devenu une véritable industrie, l’abandon de l’analogie
s’impose au profit du numérique. Selon le président de l’organe régulateur de
l’audio visuel en Côte d’Ivoire, le processus vers le numérique doit être
parachevé en 2012, au plus tard. Sy Savané souhaite voir tous les pays être au
numérique à l’horizon 2015-2020. Le président Ibrahim Sy Savané révèle que dans
ce domaine, la Côte
d’Ivoire affiche de grosses compétences et de réelles potentialités. En effet pour
lui, le ministère des Ntic que dirige Koné Bruno, a créé un groupe de
travail  au sein de la Haute autorité pour
réfléchir justement sur la question et le choix technologique à adopter. Pour
mieux assurer ce basculement vers le numérique, les pays s’accrochent, se
concertent à travers un agenda visant à en établir les clauses. Ainsi, la
révolution technologique et les décisions qui lui sont  conséquentes, nécessitent un effort et une
prise de conscience nationale. Le processus de libéralisation peut donc servir
de levier à la révolution technologique. C’est pourquoi, le président du Haca souligne
sans ambages, que la mutation technologique est primordiale. Le passage de l’analogie
au numérique offre plusieurs opportunités pour le développement. La
libéralisation donne beaucoup plus de possibilités à la radio qu’à la télévision.
Mais le patron de la Haca,
dont la structure est chargée d’accélérer le rythme de la libéralisation dans
notre pays, fait la mise en garde suivante : « Il faut veiller à
l’équilibre de l’économie ». Opérant sur le principe de la pédagogie, de la
concertation et de la médiation, le Haca vise en cela, l’implication des hommes
de culture et de la société civile. Pour finir, précisons que selon des statistiques
officielles, la Côte
d’Ivoire compte à ce jour, 150 radios autorisées et 100 autres radios locales dont
la mise en règle, devrait se faire les prochaines semaines.



Patrice Wanset




Serge Bilé présente ses trois derniers ouvrages en livres de poches









Le journaliste Serge Bilé a animé un point presse, le mardi
27 septembre 2011 au Musée d’art contemporain de Cocody. Il a présenté ses trois derniers
ouvrages publiés en livre de poche. Le choix du format livre en poche, est de
les rendre plus accessibles au public et à réduire leurs couts de vente. Serge
Bilé en a profité pour livrer aux journalistes, la quintessence de ses écrits
axés sur l’homme Noir. « Quand les
noirs avaient des esclaves blancs
 », « Et si Dieu n’aimait pas les noirs », « Blanchissez moi ces nègres », sont
les titres de ces trois productions littéraires.  Pour l’auteur a justifié la nécessité de
réaliser des écrits sur les noirs et de connaître leur histoire.
« Faisons en sorte de connaître l’histoire de l’Afrique, des Antilles…
Essayons de connaître notre histoire », a-t-il indiqué. Car l’idée qui
prévaut dans son esprit, c’est de faire vulgariser cette vision  et cette approche. Pour lui, Césaire,
Senghor  et Damas, ont fait savoir
qu’être noir ce n’était pas une tare. Entretemps, il a argué devant les
journalistes que le combat de la négritude est terminé.  Le confrère a précisé que son approche
consiste à rétablir les éléments de l’histoire dans laquelle on ne reconnaît
pas le rôle du noir. A en croire le journaliste écrivain, ce n’est pas pour
glorifier les noirs, ils sont bons, ils sont mauvais ; mais ils sont aussi
dans l’histoire. « Comme tous les êtres humains, nous avons la
capacité du bien et du mal » a-t-il ajouté. C’est pourquoi, il a précisé
qu’écrire sur les noirs est un fait et une réalité. Parce que les noirs en ont
besoin. Ainsi Serge Bilé exhorte à la connaissance d’être noir, à la
réhabilitation de ce que les noirs sont, et à s’affirmer d’être noir. Pour lui,
il faut savoir défendre l’identité et la culture du noir. Car pour l’Occident,
les noirs n’ont jamais participé à l’histoire. Le journaliste écrivain
s’insurge contre cette vision et souligne que l’Afrique aussi a participé à
l’histoire. Fort de tous ces constats, Serge Bilé indique qu’il y a un
équilibre à faire sur la coloration. « On fait un livre pour mettre la
culture à la disposition de chacun » a-t-il conclut.



Patrice Wanset




20.09.2011

Embellissement d’Abidjan / Des monuments, pour quoi faire?

En
circulant à Abidjan, l’automobiliste qui arrive dans cette ville pour la
première fois, ne peut rester indifférent face au nombre impressionnant de
monuments qu’elle abrite. De Port-Bouët à Cocody en passant par Adjamé jusqu’à
Yopougon, la plupart des communes d’Abidjan possèdent leurs monuments. Ces
ouvrages architecturaux et sculpturaux érigés à plusieurs carrefours de la
capitale économique ivoirienne présentent des formes aussi diverses que variées.
En les voyant, on ne peut s’empêcher de croire que leur construction a dû
engloutir des sommes colossales. Toutefois, il n’est pas rare que ces monuments
posent des problèmes. On se souvient encore des mécontentements suscités par la
construction de certains monuments sous l’ère de la refondation. Nombreux sont
les Ivoiriens qui ont reproché à ces monuments de provoquer des embouteillages,
et d’empêcher la fluidité routière. Des artistes-musiciens n’ont pas manqué de
traduire cet état de fait dans leurs chansons. Cette question a même servi les
politiques dans leur combat contre le régime des refondateurs. En clair, il se
pose indéniablement la question de l’utilité des monuments. Essayons d’être
plus clair. A quoi sert un monument?


 



  
   Le monument, symbole de grandeur et un
patrimoine historique



 



    En cherchant la définition exacte du
monument via un dictionnaire, l’on pourrait trouver la réponse à cette
question. Car un  monument est considéré comme
un ouvrage d’architecture ou de sculpture destiné à perpétuer le souvenir d’un
personnage ou d’un évènement. Ainsi, la ville d’Abidjan compte de nombreux
monuments représentant Houphouët-Boigny, premier Président de la République de Côte
d’Ivoire. Cet homme qui, 33 années durant, a dirigé cette portion de 322.462 km2,
est de loin celui à qui la Côte
d’Ivoire doit sa grandeur et son rayonnement au plan international. Les nombreuses
infrastructures et réalisations dont il est l’auteur ou parfois l’instigateur,
témoignent des valeurs qu’il a su incarner et inculquer aux Ivoiriens. Tous ces
monuments à son image sont simplement le témoignage que son passage sur la Terre
n’a pas été vain. Il a pu laisser des traces qui servent aujourd’hui et serviront
de boussole aux générations à venir. Sur l’échiquier politique national, nombre
d’hommes, femmes et de jeunes se réclament de son école, l’houphouetisme.
D’ailleurs, le régime actuel incarné par le président Alassane Ouattara
s’inscrit dans le sillage de cet homme dont les qualités de dirigeant et de
grand bâtisseur, aura marqué la planète toute entière. Au-delà d’Houphouët-Boigny,
plusieurs monuments représentent d’autres personnalités qui ont d’une manière
ou d’une autre marqué leur époque. On pourrait citer pêle-mêle, le monument de
Djény Kobéna (Williamsville), Philipe Yacé (Koumassi), Raoul Folléreau (Chu Cocody), Hyppocrate (Faculté
de médecine de l’Université de Cocody) etc. Certes, ces différents monuments sont
une marque de grandeur des hommes qu’ils  représentent, mais ils sont érigés pour aider
les générations qui n’ont pas connu ces hommes à s’inspirer de leurs actions et
à les considérer comme des modèles. En somme, ces monuments sont des repères
pour les jeunes d’aujourd’hui et de tous les temps. S’il est vrai que les
monuments représentants des hommes de valeur pouvant constituer des modèles,
d’autres monuments sont érigés en mémoire de personnes disparus tragiquement
qu’on décide d’immortaliser. Ce sont les monuments aux morts. En général, ils
symbolisent des batailles d’intérêt national. Il s’agit de marquer par ces
ouvrages, les moments douloureux de l’histoire de la Côte d’Ivoire afin que les
citoyens ivoiriens de tous les temps les connaissent et s’en souviennent.



 



  Le
monument, identité culturelle et symbole de combat politique



 



     La
Côte d’Ivoire est connue pour son hospitalité légendaire. Un
célèbre  monument de la commune de Port-Bouët
l’atteste bien : le monument Akwaba. Ce monument est celui qui souhaite la
bienvenue à tous ceux qui arrivent à Abidjan et en Côte d’Ivoire par la commune
de Port-Bouët. Représentant deux individus entrelacés, ce monument symbolise une
valeur culturelle bien connue le “Attou”. C’est une pratique traditionnelle
africaine qui sert à accueillir une personne qui vient d’un pays ou d’un
village lointain. En outre, les années de crise qu’a traversée la Côte d’Ivoire sous l’ère de
Laurent Gbagbo, ont  révélé d’autres
facettes des ouvrages que constituent les monuments. En effet, sous la
république des refondateurs, les Ivoiriens ont vu pousser  à plusieurs carrefours, des ouvrages architecturaux
représentants l’Eléphant, emblème de la
Côte d’Ivoire. La force et la puissance de l’éléphant font de
lui un animal majestueux. De ce fait, il force le respect et la considération
des autres mammifères sauvages. L’image de l’éléphant est très souvent associée
à la noblesse, à la dignité ainsi qu’à la grandeur. Ainsi, l’érection de ces monuments
d’éléphants était une marque de patriotisme et de fierté nationale pour les
dirigeants d’alors. Ces dirigeants qui une décennie durant, ont fait du patriotisme,
leur cheval de bataille même si en fin de compte ce patriotisme a pris les
allures d’un culte de la personnalité. Aussi, l’érection du monument
représentant un esclave affranchi de ses chaînes au carrefour de Yopougon Siporex
était un symbole de la vision et du combat politique des refondateurs. En
effet, quiconque a suivi attentivement le discours politique de Laurent Gbagbo,
a  pu remarquer son attitude prétendument
messianique. Comment ne pas le penser, lorsque cet homme, se croyant investi
d’une mission divine, l’enjoignant de libérer la Côte d’Ivoire et l’Afrique du
joug colonial, a défié le monde entier? Inscrivant toutes leurs actions
politiques dans cette dynamique, les dignitaires du régime défunt avaient érigé
ce monument pour rallier les populations à leur vision politique. Ce monument
représentant cet esclave affranchi se tenant au carrefour Siporex de la commune
de Yopougon, a certainement eu un impact sur le comportement des jeunes gens de
cette commune. Ces jeunes gens qui sous le prétexte de vouloir se libérer du
joug colonial, ont développé une phobie inimaginable de l’étranger. Ce monument
a contribué à l’endoctrinement massif de ces jeunes gens. Et justement les
comportements extrémistes que l’on a pu observer lors de la crise
postélectorale, sont le fait de cet endoctrinement. Aujourd’hui, avec le vent
nouveau qui  souffle sur la Côte d’Ivoire, ce monument
n’existe plus. Il a été détruit. Dans sa déchéance, il a emporté avec lui, les
esprits du mal et de la haine.



 



                  Du piteux état des monuments



 



       Si les monuments sont des marques de grandeur
et qu’ils constituent des ouvrages de haute portée historique, comment se
fait-il qu’ils ne soient pas entretenus? Combien de monuments aujourd’hui sont
en “brousse”? Personne ne songe à leur donner une meilleure prestance, comme si
les personnes qu’ils sont censés nous rappeler, ne nous intéressent plus. En
voyant le monument représentant Houphouët-Boigny à Adjamé- liberté, on ne peut
qu’être mal à l’aise. Ce monument est si sale qu’on n’a du mal à reconnaître
“le Vieux”. D’ailleurs, cet endroit est devenu un urinoir à ciel ouvert, où des
gens viennent déverser toutes les substances liquides et solides que leur corps
rejette. Le père de la nation ivoirienne, doit certainement se retourner dans
sa tombe en voyant son image bafouée de la sorte. En dehors de ce monument,
plusieurs autres sont dans un état de délabrement avancé au point où, on n’est plus
en mesure de leur accoler le statut de monument. Ce sont de véritables
décharges. Les ordures jonchent ces espaces destinées à immortaliser des
personnalités et des valeurs qu’il convient de cultiver. De toute évidence,
nombre de personnes feignent d’ignorer une autre vocation des monuments : L’embellissement
de nos villes. Les monuments ont certes une portée culturelle et historique,
mais ils servent de parures aux villes. Ils donnent une image à la ville. Lorsque
les monuments sont sales et non entretenus, ils donnent un aspect sombre et
désagréable à la ville. Cela n’est pas fait pour favoriser l’attractivité de nos
villes. Et c’est dommage ! En plus du déguerpissement des constructions
anarchiques, il urge que les autorités actuelles fassent œuvre utile, en se
penchant sur l’entretien des monuments.     



 



  



    Francis Kouamé



      licea9@yahoo.fr



           



 




Sécurité des journalistes / Les Nations Unies prennent leur responsabilité

Selon des
statistiques confirmées récemment par l’Unesco, plus de 500 professionnels des
medias, ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions au cours de ces dix (10)
dernières années. Cette organisation des Nations unies pour la science,
l’éducation et la culture, révèle également qu’autant de journalistes ont été
attaqués, enlevés, agressés sexuellement, intimidés, harcelés, arrêtés ou
détenus illégalement dans l’exercice de leur fonction. C’est donc pour palier
ce fléau, qu’un projet de plan d’action destiné à améliorer la sécurité des
journalistes et combattre l’impunité des crimes commis contre cette les membres
de cette corporation, vient d’être rédigé par des représentants des Agences,
programmes et fonds des Nations Unies. Cette volonté a été exprimée à l’occasion
d’une réunion au siège de l’Organisation à Paris (France). Dans la perspective
de promouvoir "la libre circulation des idées, par le mot et l'image",
l’Unesco s’y attèle à travers des rencontres en vue de mettre en place une
approche coordonnée, à l'échelle des Nations Unies, pour prévenir et combattre
ces crimes. C’est pourquoi, au titre des mesures palliatives, la création d'un
mécanisme coordonné inter-agences destiné à traiter des questions relatives à
la sécurité des journalistes et à l'impunité, a surtout été envisagée. Ce mécanisme
aura aussi en charge de suivre les progrès réalisés aux niveaux national et
international. Afin d’améliorer la prévention, des campagnes de sensibilisation
seront par ailleurs lancées auprès des Etats membres, de la société civile, des
organisations non gouvernementales et des organes concernés par la liberté
d'expression, la sécurité des journalistes et le danger de l'impunité sur les démocraties,
souligne le document de l’Unesco. Le projet de plan prévoit également de
développer le travail déjà mis en œuvre par l'Unesco pour prévenir les crimes
commis contre les professionnels des médias, comme l'aide apportée aux pays
pour développer des législations et des mécanismes favorables à la liberté
d'expression et d'information. Ce projet de plan d'action destiné à la sécurité
des journalistes sera présenté devant le Programme international pour le
développement et la communication (PIDC) de l'Unesco, lors de sa prochaine
session en mars 2012, avant d’être soumis aux organes en charge de la
coordination au niveau des Nations Unies pour adoption définitive, précise la
note d’information.







 



Patrice Wanset