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17 mars 2019

Un fœtus sauvé grâce à une greffe de moelle osseuse in utero

 

foetus, greffe, moelle osseuseUne belle réussite médicale avec toutefois une vraie question éthique : peut-on disposer du corps d'un enfant déjà né pour guérir le foetus que l'on porte ?

Les faits sont les suivants : le fœtus était porteur d’une rare mutation génétique rendant inopérant son système immunitaire. Il a pu être sauvé grâce à une greffe de moelle osseuse in utero, moelle osseuse prélevée chez sa soeur de 4 ans. 

La maladie rare du foetus pouvait en principe être facilement guérie grâce à une greffe de moelle osseuse après l’accouchement. Mais la maman avait contracté la toxoplasmose au début du second trimestre de la grossesse. Cette maladie infectieuse mettait de fait la vie de l’enfant en danger, son système immunitaire déficient ne pouvant l'en protéger.

Le docteur Alessandra Magnani, pédiatre à l’hôpital Trousseau de Paris, a alors décidé de travailler avec l’hôpital Necker (Paris) pour procéder à la greffe de moelle osseuse durant la grossesse, sans attendre le terme. L’opération est très délicate, extrêmement rare et donc risquée. Des cellules souches ont été prélevées chez la grande sœur âgée de quatre ans, donneuse compatible, puis introduites chez son frère in utero via le cordon ombilical. L'enfant est né à terme et en bonne santé. Il n’a dû suivre aucun traitement médical et n’a aucune séquelle. Les médecins ont prudemment souhaité attendre trois ans et demi pour confirmer la réussite de l’opération.

Un tel succès donne beaucoup d’espoir pour guérir des fœtus durant la grossesse, plutôt que de procéder à un avortement "thérapeutique", comme cela est permis jusqu'au terme de la grossesse en France et en Belgique.

Toutefois, se pose ici la question éthique de l’indisponibilité du corps de la grande soeur à qui l'on a prélevé des cellules souches : la fin thérapeutique de l'opération justifie-t-elle qu'on prélève du matériel corporel (on connaît la lourdeur d'un prélèvement de moelle osseuse) sur une enfant de 4 ans dont on ne peut, à cet âge, s'assurer du consentement ? Peut-on, dans ce cas, réellement parler de "don" ou se limite-t-on au "prélèvement" ? 

Sources : aphp.fr, Blood advances, sciencesetavenir.fr, IEB

MSF prône la légalisation de l’avortement dans les pays en développement

 

Après Amnesty International, c’est au tour de Médecins Sans Frontière Belgique de réaffirmer sa position en faveur de la légalisation de l’avortement dans les pays en développement. Ce 4 mars, l’ONG publiait un long communiqué de presse pour justifier son opinion (« Les avortements non médicalisés : une urgence oubliée »).  

Ainsi, l’organisation soulève que près de 7 millions de femmes dans le monde subissent chaque année les séquelles d’un avortement non médicalisé et qu’environ 22.000 d’entre elles en meurent. MSF ajoute que la majorité des avortements clandestins ont lieu dans les pays en développement d’Amérique latine, d’Asie du Sud et de l’Ouest et d’Afrique.

En réponse à cette grave problématique, MSF « s’est engagée formellement à intégrer l’accès à l’interruption volontaire de grossesse dans les soins de santé maternelle qu’elle offre sur ses terrains ». Ainsi, le groupe promeut et pratique l’avortement médicalisé dans le cadre de ses missions depuis 2004. Mais l'ONG va encore plus loin : « dans les pays où la législation sur l’avortement est particulièrement restrictive, ce sont les volontaires internationaux de MSF qui assument la responsabilité de le pratiquer ». Elle n'a donc pas peur de pratiquer des avortement considérés comme illégaux dans certains pays où elle intervient.

L’organisation présente l’avortement médicalisé (avec la contraception) comme le seul moyen de limiter les décès provoqués par un avortement et le considère d’ailleurs comme un « soin ». Si l'on ne peut accepter que des femmes meurent des suites d'un avortement, il conviendrait surtout de favoriser un meilleur accès aux soins médicaux en général. En effet, des soins tels que les antibiotiques mais aussi une prise en charge adéquate permettent, en plus d'un réel accompagnement des femmes, de vaincre les infections causées par un avortement et ainsi de réduire la mortalité maternelle.

Sans dénier tout le bien que font les soignants de MSF, ne s'étonnera-t-on pas du rôle de lobbying qu'ils adoptent de plus en plus ?

Source : msf-azg.becqv.qc.ca

11 mars 2019

DECLARATION DE WANEP-COTE D’IVOIRE RELATIVE A LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME 2019

afrique de l'ouestde l'ouest, cote d'ivoire, droits de la femmeDepuis 1977, le monde entier, célèbre la journée internationale de la femme. Cette journée est dédiée à la promotion des droits de la femme dans le but de réduire les inégalités entre hommes et femmes et de propulser l’autonomisation de la femme. Elle est aussi l’occasion de réfléchir aux progrès accomplis et d’appeler au changement. Cette année, le thème prioritaire est « Les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et les infrastructures durables au service de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles». Il s’agit de réfléchir aux moyens innovants permettant de faire progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, notamment dans les domaines relatifs aux systèmes de protection sociale, à l’accès aux services publics et à la construction d’infrastructures durables.

C’est dans cette dynamique mondiale que la Côte d’Ivoire a retenu comme thème national «le numérique une solution à l’autonomisation de la femme». En effet, le numérique est un secteur en pleine expansion et représente un véritable vivier d’emplois (développeur web mobile, architecte web, ingénieur e-commerce ; etc.) où les femmes ont leur place.

En côte d’Ivoire, le taux de femmes connectées est faible. Selon Mme la Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, seulement 4 femmes sur 10 utilisent l’internet et 3 femmes sur 10 le téléphone mobile pour leurs transactions commerciales. Une meilleure inclusion des femmes dans le monde numérique est un pas vers leur autonomisation. Face à ce constat, le Réseau Ouest Africain pour l’Edification de la Paix (WANEP-CI) a entrepris des actions afin d’améliorer cette situation.

Ainsi ; le projet « Redynamisation de la Case de la Paix de la commune d’Abobo » financé par Médica Mondiale sur 6 mois a permis d’équiper cette case en matériel informatique et initié ses animatrices à l’utilisation de l’outil informatique. Cette action a permis l’informatisation de la base de données des victimes reçues par la case. A l’occasion de la 43eme Journée Internationale de la Femme (JIF), le WANEP-CI en collaboration avec l’ONG Lève-toi Femme d’Afrique (LFA), une de ses organisations membres de WANEP-CI compte former 50 femmes marché de Béssikoi, marché dont l’ONG LFA est l’initiatrice à l’usage de l’internet à travers le téléphone portable.

Il s’agira de faire comprendre aux femmes l’importance de la journée internationale de la femme, et de les former à l’utilisation efficace des réseaux sociaux pour la commercialisation de leurs produits ou pour communiquer simplement avec leurs proches. Par ailleurs, le WANEPCI note avec satisfaction que le Conseil des Ministres du 6 mars 2019 a adopté le projet de loi favorisant la représentation des femmes dans les assemblées élues, donnant ainsi de réelles raisons d’espérer un changement effectif de leur situation après des dizaines d’années de lutte. Cette adoption en conseil des Ministres est pour les femmes, un véritable cadeau à l’occasion de ces journées qui les honorent. C’est aussi l’occasion pour le WANEPCI d’encourager le gouvernement à aller au bout de ses efforts en soumettant rapidement cette loi à l’Assemblée Nationale pourqu’elle soit votée et promulguée et appliquée à la faveur des élections de 2020.

C’est l’occasion pour le WANEPCI de féliciter son excellence M. le Président de la république sans la volonté de qui cette évolution n’aurait pas été possible ; Mme la Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant pour le travail abattu ainsi que Mme la Ministre de la solidarité, de la Cohésion sociale et de la lutte contre la pauvreté dont la contribution à ce résultat est inestimable. C’est l’occasion aussi de féliciter la société civile qui contribué à ce résultat par un combat sans relâche ponctué de déclarations, de plaidoyers, de conférences de presse, de sit-in. Le résultat de ce dur labeur est aujourd’hui visible grâce à votre ténacité. Ce résultat est aussi le vôtre.

Vive la Côte-d’Ivoire qui, pour son développement compte équitablement aussi bien sur ses filles que sur ses fils !

Fait à Abidjan, le 07/03/2019